Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Le voyageur

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le voyageur

 

Sa maison c’est le vent qui s’engouffre

et le monde qui grouille autour

les portes du désir ouvertes sans limite

il connaît tous les chemins

tous les frimas tous les temps

les rêves avortés au pas des passantes

il a dormi  dans la neige déjà

aube et crépuscule manteau et drap

la peau des boulevards la nue des avenues

les traquenards des rues

il les connaît tous

les coteaux gris aussi

même les champs fleuris

il y a bien longtemps il était petit

mais petit à petit

les parterres déserts

la pestilence des parkings

les arômes de la ville

les chiens sont ses amis

les chats faméliques les oiseaux perdus

et les enfants qui rient peur de la nuit

au bords des fontaines il a bu toute sa vie

les promeneurs ne voient en lui

qu’un monsieur triste

un clochard magnifique

sur la route de la vie

discret ô combien

de sa naissance il n’a jamais rien cru

à l’heure de sa mort il n’aura rien dit

le destin n’est qu’une putain

qui a trop vieilli

un homme une femme

un ange un animal

on ne sait rien de lui

il a failli vendre son âme

pour courir un autre cheval

que le sien

un qu’on achève bien

il y a du sang sur son écharpe

des nuages hantent ses bagages

ses mains ses pieds sont bleus

dans les jardins aux roses

il semble Apollon qui se repose

il est parfois trop nu

on voit ses rais de beauté

ses oreilles de Bouddha

on se perd à ses pattes d’oie

où mènent ces marches du palais

la seule femme qu’il a connue

lui a offert du thé pour le déshabiller

incognito sur le sable chaud

aux quatre coins des chœurs cardinaux

il dort quand il ne marche plus

un jour contre une porte on trouvera

son petit sac et son litron

tout seuls éberlués

il sera parti trop loin encore

sans ses souliers troués.

Modifié par Thy Jeanin

Posté(e)

Un poème en prose ou une prose poétique , c’est selon,

qui nous invite à marcher sur les traces de ce chemineau magnifique, en imagination….

Modifié par Martialis

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Vivre en dehors de la société, un idéal de liberté ou une pathologie source de souffrances? Le poème montre avec sensibilité la dure existence du chemineau qui s’est exclu du monde ordinaire.

Modifié par Jeep

Posté(e)
Il y a 14 heures, Thy Jeanin a écrit :

Le voyageur

 

Sa maison c’est le vent qui s’engouffre

et le monde qui grouille autour

les portes du désir ouvertes sans limite

il connaît tous les chemins

tous les frimas tous les temps

les rêves avortés au pas des passantes

il a dormi  dans la neige déjà

aube et crépuscule manteau et drap

la peau des boulevards la nue des avenues

les traquenards des rues

il les connaît tous

les coteaux gris aussi

même les champs fleuris

il y a bien longtemps il était petit

mais petit à petit

les parterres déserts

la pestilence des parkings

les arômes de la ville

les chiens sont ses amis

les chats faméliques les oiseaux perdus

et les enfants qui rient peur de la nuit

au bords des fontaines il a bu toute sa vie

les promeneurs ne voient en lui

qu’un monsieur triste

un clochard magnifique

sur la route de la vie

discret ô combien

de sa naissance il n’a jamais rien cru

à l’heure de sa mort il n’aura rien dit

le destin n’est qu’une putain

qui a trop vieilli

un homme une femme

un ange un animal

on ne sait rien de lui

il a failli vendre son âme

pour courir un autre cheval

que le sien

un qu’on achève bien

il y a du sang sur son écharpe

des nuages hantent ses bagages

ses mains ses pieds sont bleus

dans les jardins aux roses

il semble Apollon qui se repose

il est parfois trop nu

on voit ses rais de beauté

ses oreilles de Bouddha

on se perd à ses pattes d’oie

où mènent ces marches du palais

la seule femme qu’il a connue

lui a offert du thé pour le déshabiller

incognito sur le sable chaud

aux quatre coins des chœurs cardinaux

il dort quand il ne marche plus

un jour contre une porte on trouvera

son petit sac et son litron

tout seuls éberlués

il sera parti trop loin encore

sans ses souliers troués.

Quelle délicatesse se dégage à travers vos mots , ( notamment votre titre « le voyageur ») un sentiment touchant profondément solitaire et solidaire sous votre œil imaginaire qui nous entraîne vers un « voyage » d’une vie aux milles suppositions  ! Merci Thy Jeanin 

Posté(e)

Un très beau poème, @Thy Jeanin qui se lit avec la lenteur qui lui est due. 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

O combien vos mots rendent attachant ce voyageur, Thy Jeanin ! Bravo pour ce très beau poème !!!

Modifié par Sophie

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Le 21/07/2022 à 01:17, Thy Jeanin a écrit :

il dort quand il ne marche plus

un jour contre une porte on trouvera

son petit sac et son litron

tout seuls éberlués

il sera parti trop loin encore

sans ses souliers troués.

Une évocation magnifique de la solitude et de l'errance qui peut tous nous concerner un jour...

Posté(e)

Le portrait est superbement dépeint :    un clochard magnifique 

Posté(e)

Je songe avec ravissement à la beat generation , au souffle de Kérouac et aux échos lointains de woody Guthrie...

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci d'avoir cheminé un moment ensemble!

Posté(e)

A lire à petits pas, les yeux fermés pour gouter toute la saveur des mots.

  • 2 mois plus tard...
Posté(e)

Ce "voyageur" au sort pourtant pas enviable tant il semble se passer dans la rue, sans confort matériel et sans amour ou si peu, vous le rendez humain et c'est déjà beaucoup. Vos vers ciselés le rendent même au-delà de l'humain, avec déjà dans le regard une parcelle d'éternité. 

Il nous prend par la main jusqu'à la fin et vous avez la délicatesse de mettre en valeur ses dons de clairvoyance. Ce qui arrive parfois lorsque seul reste l'os de l'âme. 

 

Le 20/07/2022 à 18:17, Thy Jeanin a écrit :

Sa maison c’est le vent qui s’engouffre

et le monde qui grouille autour

les portes du désir ouvertes sans limite

il connaît tous les chemins

tous les frimas tous les temps

les rêves avortés au pas des passantes

 

 

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.