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Dans le petit mazet,* (1) le bonheur est prisonnier

Featured Replies

Posté(e)

 

 

Le bonheur s'est enfui

un beau matin sans prévenir

par la porte grande ouverte

sur les champs d'oliviers

et la lande déserte

il a abandonné les ancolies bleues

et quelques bruyères

pour le souvenir d'hier,

 

a fermé quelques yeux

avant de s'enfuir en riant,

quel enfant !

 

Sa première fugue !

 

J'implorais Mozart en ut mineur

je Le cherchais pour Le ramener

à la maison

mais Il était déjà loin

 

Sa migration avait commencé

un oiseau n'est jamais en retard

ni même en avance

il va, il vient, se pose

part, revient, repart

il tient à peu de choses ;

parfois arrive par hasard

ou par la force des roses …

 

Le chien m'a suivie

sur les chemins caillouteux

et d'ombres engourdis

je crois qu'on a couru

par instants, croyant Le voir

dans les buissons d'épines

aux baies rouges

comme ces cœurs transpercés

au lit des ravines

 

Et si c'était Lui,

l'éphémère

le sourire de ma mère

que je n'ai jamais vu,

le souvenir de tes caresses

mon consolant

ma tendresse,

caché dans la nuit 

tous ces instants papillonnent

 

Lui aurais-je mis un collier,

une laisse ?

 

Le chien en a pleuré,

m'a regardée avec détresse

j'ai compris dans ses yeux

qu'il aimait mieux gambader

qu'il était fou.

 

J'ai jeté loin le collier

et la laisse

il est allé les chercher,

fidèle jusqu'au bout

je l'ai sifflé

il a hurlé de tendresse

 

Et puis,

l'orage est arrivé

le soir, sans prévenir

nous nous sommes réfugiés

comme deux tristes sires

au petit mazet aux pierres endormies

si chaudes

 

il  s'est ébroué ,

confiant,

aux pieds de sa maîtresse

 

J'ai ouvert grand la fenêtre

Il est entré

avec son parfum de pluie,

innocent,

comme si c'était la première fois

qu'il voyageait avec l'orage,

élégant

tout à son avantage

 

surtout ne pas pleurer

ne pas penser avant

ni demain

profiter de l'insomnie

jusqu'au petit matin

 

Il m'a dit coucou me revoici

comme si Il était parti hier

comment lui en vouloir ?

 

Il était revenu

et je savais inutile

de fermer la porte et la fenêtre

 

c'est un grand pèlerin

qu'on ne saurait retenir

on ne sait d'où il vient,

ni où il va partir.

 

J'ai lavé sa cape,

astiqué son bâton

 

que demander encore ?

qu'Il cesse son chemin ?

 

Nous resterons au mazet

le chien et moi

il restera de Lui

quelques fragrances

et quand le vent soufflera

qu'il y aura des étoiles,

on saura qu'Il est là

dans notre petit nid

de Basse-Provence

 

Il dort, pour l'instant,

n'allons pas L'éveiller !

 

Chut …

Il est là, dans le petit mazet

 

il n'y a que moi qui ne dors pas

je respire

l'odeur de la terre

et je caresse ses paupières

 

quand tu es parti dormir,

j'arpentais le cimetière

Il était là en train de revenir

caché dans le sourire

des ancolies et des bruyères

sur l'échine du chien. 

 

(joailes – juillet 2022)

 

*mazet (Basse Provence) : Petit abri de pierres sèches à l'usage des hommes et des bêtes en cas d'orage ou pour ranger des outils

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Très beau, très émouvant. J’ai pensé au Petit Bonheur de Félix Leclerc.

Posté(e)

Un bien joli moment de poésie  qui me rappelle le texte de Prévert "Le bonheur en partant m’a dit qu’il reviendrait..." . Délicieuse lecture ! 

Posté(e)

C'est un bien joli petit bonheur que vous avez ramassé là !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Quel bonheur ce matin d'ouvrir la porte du petit mazet et de vous y retrouver avec le chien et LUI...

Posté(e)

Cette écriture amoureuse où tu te glisses ... !       C'est de la laine accrochée aux épines des roses !

 

 

 

 

 

Posté(e)
Le 15/07/2022 à 17:43, O Salto a écrit :

Cette écriture amoureuse où tu te glisses ... !       C'est de la laine accrochée aux épines des roses !

 

 

 

Quelle jolie image vraiment….et la chanson de l’homme et l’enfant est une pure merveille 

je pense toutefois à la lecture de ses textes que @Joailes  est profondément femme en dépit de ses contes de l’enfant  qu elle a dû être ...

qu elle me pardonne cet aparté 😉

 

Le 13/07/2022 à 23:04, Joailes a écrit :

Et si c'était Lui,

l'éphémère

le sourire de ma mère

que je n'ai jamais vu,

le souvenir de tes caresses

mon consolant

ma tendresse,

caché dans la nuit 

tous ces instants papillonnent

 

Lui aurais-je mis un collier,

une laisse ?

Non…mais selon moî l’essentiel du texte 

Ne pas regretter , ne pas pleurer, ne penser qu aux bons moments . Et vivre ..

Posté(e)
  • Auteur
il y a 23 minutes, Volute bleue a écrit :

Quelle jolie image vraiment….et la chanson de l’homme et l’enfant est une pure merveille 

je pense toutefois à la lecture de ses textes que @Joailes  est profondément femme en dépit de ses contes de l’enfant  qu elle a dû être ...

qu elle me pardonne cet aparté 😉

je te pardonne, et je dirai même mieux, te remercie !

Mais le "est profondément femme en dépit de ses contes de l’enfant  qu elle a dû être ..." m'amuse beaucoup. 

Sans indiscrétion, tu as quel âge ? 

Posté(e)
il y a 1 minute, Joailes a écrit :

je te pardonne, et je dirai même mieux, te remercie !

Mais le "est profondément femme en dépit de ses contes de l’enfant  qu elle a dû être ..." m'amuse beaucoup. 

Sans indiscrétion, tu as quel âge ? 

Quand j écris : 15 ans …

En  réalité je ne suis peut être pas très loin de toî ….enfin on va dire que  je suis dans la deuxième moitié , ne pas se fier aux avatars 💃

Posté(e)
  • Auteur
il y a 1 minute, Volute bleue a écrit :

Quand j écris : 15 ans …

En  réalité je ne suis peut être pas très loin de toî ….enfin on va dire que  je suis dans la deuxième moitié , ne pas se fier aux avatars

non, je ne m'y fie pas, justement ! 🙂 

Posté(e)
il y a 1 minute, Joailes a écrit :

non, je ne m'y fie pas, justement ! 🙂 

Ah ben mince , alors j’ai l’air si vieille que ça dans mes écrits joailes ? 😅

Posté(e)
  • Auteur
il y a 1 minute, Volute bleue a écrit :

Ah ben mince , alors j’ai l’air si vieille que ça dans mes écrits joailes ? 😅

au contraire, au contraire, chère @Volute bleue

Posté(e)
à l’instant, Joailes a écrit :

au contraire, au contraire, chère @Volute bleue

Ah tu me rassures, j’ai eu un petit moment d effroi comme doit en éprouver

la vieille blouse de soie qu il faut passer au fer à vapeur pour la défroisser .. 🥴😘

Posté(e)
  • Auteur
il y a 14 minutes, Volute bleue a écrit :

Ah tu me rassures, j’ai eu un petit moment d effroi comme doit en éprouver

la vieille blouse de soie qu il faut passer au fer à vapeur pour la défroisser .. 🥴😘

la vieille blouse de soie connaît le fer à vapeur, ceci explique cela. J'en étais restée aux vieux fers en fonte ! =D 

Posté(e)
il y a 4 minutes, Joailes a écrit :

la vieille blouse de soie connaît le fer à vapeur, ceci explique cela. J'en étais restée aux vieux fers en fonte ! =D 

Alors ça je n’y crois pas une minute 😁

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Très joli texte qui taquine à merveille la métaphore et la réalité. Je pense personnellement plutôt au dernier couplet du "Mal de vivre" de Barbara, lorsque ce qui arrive est la joie de vivre.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

J'ai un grand coup de coeur pour votre poème, Joailes. Je ne parviens plus à commenter quand je suis émue. Seuls restent vos mots de toute beauté.

  • 2 mois plus tard...
Posté(e)

Ce poème est un de vos plus beaux tant il semble toucher à l'intime de "mille" façons, Le Bonheur recherché, perdu, retrouvé, égaré et en majuscule tout au long du texte, la référence à des paysages qui vous semblent familiers (et tellement que vous les rendez nôtres ou presque), les jeux de mots bien sûr ( la fugue / Mozart), les allusions animales et familiales. Et pour finir le cimetière. Toute une vie en somme.

 

Mais si je dois retenir un vers, un bout de strophe, c'est celui tout discret du sourire de votre mère que nous n'avez jamais vu (et cet accord masculin qui est chargé d'une émotion non dite). Bravo.

 

Le 13/07/2022 à 23:04, Joailes a écrit :

le sourire de ma mère

que je n'ai jamais vu,

 

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