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Accents poétiques

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Inspirations, mes champs de blé

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Posté(e)

 

 

À force de lire, peut-être, sans doute, Shakespeare qui avait prévu le pire et faisait des omelettes bien avant que je respire, est-ce cela qui m'inspire ?

Je pourrais dire ici un truc en anglais, « that is the question » et ça ferait bien dans un poème qui ne veut pas poser de problème ou dans une prose qui redoute l'ankylose.

 

Pour étoffer, on peut toujours dire n'importe quoi, ramener des tissus précieux et des parfums d'orient , ça a toujours un succès fou, parler des dunes et des soirs orangés, du chant des abeilles, de la douceur des treilles

ou, au contraire, déverser à grandes eaux de la nostalgie, ça plaît aussi ; la nature fait bonne figure au palmarès des incompris, on peut parler des roses apprivoisées dont on est responsable et faire surgir un mouton dans le sable.

Le chat est valeur sûre, l'enfance ne connaît pas de carence, quant à l'amour, il reste en tête de gondole ; étoile fugitive et toujours poursuivie ; ange mystérieux qui marchait dans ma vie , me montrant le chemin … (Sainte Beuve)

On peut tout mélanger dans le saladier de grès avec de l'huile d'olive, une cigale ou deux sous les grands pins, on prépare le mesclun* (1)

Le poète vieille école s'oblige à faire une rime avec un mot qui déprime, tant pis, dommage, s'il avait été moins sage il aurait pu se démarquer ; il me semble coincé sauf s'il est vraiment sûr de lui, mais quand même, tout est si impeccable qu'à côté on peut se sentir minable et pourtant …

Le proseur  sachant proser sans ses chaussons ne compte pas ses pieds, ni ses heures, assis sur les manuels usés où les oiseaux sont venus mourir de ne pouvoir s'envoler, il est pur, plus qu'un puriste qui a lu toutes les listes de la poésie, il n'a pas de limites, comme le temps qu'on ne peut dessiner, l'amour qu'on ne peut décrire et des semelles de vent. (Rimbaud)

 

Je lis tous les délires, cahin-caha, je me mouche parfois ou je rigole franchement mais le plus souvent, je suis charmée par une poésie qui respire la fée et les champs de soucis.

Un petit mélange de miel et de pelures d'oranges, c'est ma tasse de thé où s'exhale un jasmin arrivé sur une jonque un soir d'été entêté de joncs.

Jamais je ne me lasse, même dans les rimes les plus salaces ; la mélancolie m'absorbe, des papillons claquent des ailes dans mon ventre, je m'enivre de parfums, de lumière et d'azur, secouant, jeune encor la poudre de mes ailes, je m'envole comme un souffle aux voûtes éternelles, voilà du papillon le destin enchanté ! (Alphonse de Lamartine)

Tout parle d'aventure, de la couleur des sorbes, du vent qui s'infiltre sous les robes, et à la fenêtre la nuit descend lentement, je la connais par cœur et quand elle met son moteur en route le chat bâille ; parfois je reste de glace mais c'est rare, il faut vraiment qu'il fasse froid ; j'aime les étoiles qui brillent dans les encriers, même si chacun sait qu'ils sont réduits à des claviers où bien sûr aucune plume ne se prélasse plus et que la poésie s'efface … en restera-t-il une trace ?

Certainement.

Sur la neige les pas s'effacent et quand le vent rugit le courant passe et puis voilà le printemps si l'on veut, d'un coup de plume. 

On peut tout faire en écrivant, faire croire qu'on a un bureau avec plein de tiroirs dorés comme des yeux de chat, pleins de profondeurs inexplorées et qu'on n'a qu'à les ouvrir pour que s'échappent les mots multicolores, comme un jour « du Mondial Air Ballons »* (2)

ou des mots tout noirs, parfois, parce que ce n'était pas le moment, qu'il y avait du désespoir, qu'on avait cassé quelques miroirs et l'impression de ne plus rien voir.

Je vais, je viens dans ces cercles impudiques où s'étalent des âmes prolifiques qui racontent avec ou sans musique des histoires puisées en dedans.

Tout ceci s'imprime dans mon esprit et laisse de jolies pelotes roses

comme des pattes de félin dont le velours n'est pas une feinte, quand il veut bien.

Sur l'arbre à chat maintenant je ronronne ; je ne compte sur personne c'est l'heure où je ramasse des mots qui font des entrechats sur les touches du piano ; peut-être, à force de lire, de transcrire, serai-je accusée de plagiat ou finirai-je sur une île dans une maison d'idylles douce comme du taffetas ?

L'histoire ne le dit pas.

Elle laisse entrer l'imaginaire ; les étoiles, la lune et tant d'ombres où des lucioles enchantées dansent la ronde sur les pas de Pagnol qui rigole de son bien au-delà de tout ça.

Sous le Garlaban couronné de chèvres, je regarde les derniers chevriers.

Je sais qu'écrire marche sur d'autres pas, d'autres empreintes, et ma surprise n'est pas feinte

quand je lis parfois, ayant dépassé les murs d'enceinte, des vers que j'aurais pu écrire, que j'ai écrits peut-être, poursuivie par les mêmes délires.

Copier serait bien insipide, les vibrisses ne remueraient pas, la patte resterait invalide et qui irait s'occuper des souris dans leurs cages morbides  ?

Mais puiser l'inspiration dans le filet à provisions, dans le filet à papillons, donne parfois le la et sur la partition les notes virevoltent pour en faire une chanson de chat.

Les muses se régalent. On dirait, que, prises de fringale, elle mangent dans sa gamelle des restes de croquettes dont il ne voudrait pas.

Il miaule et c'est tout un symbole : il va écrire de sa griffe la plus acérée quelque histoire, tandis que par la nuit hypnotisée, je resterai là sans bouger.

Mais demain, dès l'aube où blanchit la campagne, (Victor Hugo) je boirai un café au lait, celui qui sent l'enfance, le chat viendra laper sa pitance et s'endormira sur son coussin ; les muses auront réintégré les tiroirs dorés, épuisées.

Dans mon rêve familier, par les sentiers bleus d'été, picotée par les blés, (Paul Verlaine) je ramasserai tous les mots pour en faire une stance … ratée.

Ça restera mon champ de blé.

Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé.

Tu es responsable de ta prose...

Je suis responsable de ma prose... je répète,  afin de me souvenir (Antoine de St Exupéry)

Laissons l'esprit fleurir sur les collines en de capricieux chemins de vanité et faisons simple accueil à la sincérité. ( Emile Verhaeren)

 

(joailes – juillet 2022)

 

 

* (1) : mesclun : mélange de jeunes salades typiquement niçois qui, à l’origine, contenait des laitues grasses, des romaines, des chicorées et des herbes (pissenlit, roquette, cerfeuil).

* (2) : Mondial Air Ballons : le plus grand rassemblement de montgolfières du monde, en Lorraine, qui a lieu entre juillet et août.

 

Modifié par Joailes

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Vous savez à merveille moissonner les champs de mots en évitant tous les poncifs qui menacent l’inspiration du poète au risque de la facilité et de la complaisance.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une intime navigation intertextuelle où l'on entend ronronner chaleureusement, un greffier présent jusque dans le choix de la police. Les mots à la fête!

Posté(e)
  • Auteur

Eh bien, @Bruant, ne vous gênez pas. Emboîtez, je vous en prie ! 😉 

Posté(e)

Joailes ose, Joailes cause, Joailes lâche sa prose, toute en verve, toute en verbes.

 

Greffier, fais ton office. Allez hop, à Cayenne !

😉

Modifié par Le Hamster

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