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Fourmi morte

Featured Replies

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un jour que je jouais petitement dehors,

Je vis une fourmi ; elle gisait là, morte ;

Le vent s’était levé, faisait claquer la porte ;

Le ciel était bien gris ; mon cœur aussi, alors.

 

Car j’étais orphelin d’un père disparu ;

On me réconfortait en m’incitant à croire

Qu’il était tout là-haut, dans la Voûte de Gloire ;

Mais je m’interrogeais : Père es-tu, n’es-tu plus ?

 

Je ne parvenais pas à faire en vrai mon deuil.

Qu’est-ce que c’est, la mort, si l’on survit encore,

Loin dans un au-delà, fût-il vermeil cercueil ?

 

Délaissant cet abstrait où gît ce qu’on ignore,

J’inhumais en pleurant ce pauvre corps inerte,

Et je saisis enfin qu’éternelle est la perte !

Posté(e)

Et c'est ainsi qu'on finit par lire les chants de Maldoror !! 

 

La mort c'est avant tout une révolte qu'il faut s'autoriser.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

"Les plus désespérés sont les chants les plus beaux. Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots"

Vos vers d'une tristesse infinie sont aussi infiniment beaux.

 

Modifié par Sophie

Posté(e)
  • Semeur d’échos

L’émotion est au rendez-vous de ce sonnet  qui évoque avec pudeur le traumatisme majeur de la mort du père pour un enfant et la confrontation à la réalité de la mort.

Modifié par Jeep

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Il y a 13 heures, Thy Jeanin a écrit :

Un jour que je jouais petitement dehors,

Je vis une fourmi ; elle gisait là, morte ;

Le vent s’était levé, faisait claquer la porte ;

Le ciel était bien gris ; mon cœur aussi, alors.

Superbe de simplicité le premier quatrain de votre sonnet qui nous introduit si bien au cœur du drame vécu par cet enfant...

Posté(e)

Une grande sensibilité émane de ces vers qui expriment si bien l'incompréhension face à la mort. 

Posté(e)

Les insectes et leur personnalisation ( fourmi, papillon..) inspirent nos poètes actuellement…

Texte émouvant.

Posté(e)
Il y a 15 heures, Thy Jeanin a écrit :

Délaissant cet abstrait où gît ce qu’on ignore,

J’inhumais en pleurant ce pauvre corps inerte,

Et je saisis enfin qu’éternelle est la perte !

Bonjour @Thy Jeanin, conclusion magistrale: effectivement, si on ne peut que spéculer sur l'état de mort, le chagrin et le désarroi liés à la perte des vivants

sont là bien réels et leurs signes bien tangibles.

Etoile🌟 

Posté(e)

Criant de vérité.

 

Posté(e)

@Thy Jeanin

 

Et si, finalement, cette fourmi, c'était l'eprit de ton père ? Et hop ! super top.

Posté(e)
  • Auteur
  • Semeur d’échos

Merci à tous pour ce partage!

  • 2 mois plus tard...
Posté(e)
Le 08/07/2022 à 19:25, Thy Jeanin a écrit :

Délaissant cet abstrait où gît ce qu’on ignore,

J’inhumais en pleurant ce pauvre corps inerte,

Et je saisis enfin qu’éternelle est la perte !

Ce dernier tercet permet une résurrection de la sensation réelle du vide laissé au vivant par cette mort dont on pense qu'elle n'est qu'un passage. Non, on ne reverra plus jamais la personne aimée et la fourmi enterrée en devient la preuve tangible, que l'on soit enfant ou plus âgé.

Posté(e)
Le 08/07/2022 à 19:25, Thy Jeanin a écrit :

On me réconfortait en m’incitant à croire

Machine humaine à fabriquer le doute.

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