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Cruel printemps

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Posté(e)
  • Semeur d’échos

                             Quatre oiseaux un jour se posèrent en chœur sur les branches d’un cerisier en fleurs. Ils regardaient quelqu’un avec grand pitié.

 

 

                             « Vois-tu Tit’ ? 

                             -  Es-tu têtu, Tit’ !

                             - Où as-tu la tête, Tit’ ?

                             - Souris, Tit’ ! »

 

 

                             De la maison d’à côté sortait une très douce plainte. La jeune voisine, dans sa chambre que le soleil caressait, entrait en jouissance en soupirant : « Qu’il me plaît, ce garçon ! Et si gentil ! Que n’ai-je, pour m’enlacer, ses bras autour de mon cœur, ses jambes à mes reins... »                         

                              Et les oiseaux sifflaient gaiement :

 

 

                             « ‘L’est là, Tit’ !

                             - Vois-tu Tit’ ?

                             - T’entends, Tit’ ?

                             - Hâte-toi, Tit’ ! »

 

 

                             Mais la voix retourna au silence.

                             Et Tit’, écartelé dans son jardin, souffrait atrocement, agrippé par la mort qui morcelait son cœur trop usé par l’immensité déserte de la solitude.

 

 

                             « Vois, Tit’ !

                             - L’ciel si bleu, Tit’ !

                             - Ta chance, Tit’ !

                             - T’ l’as en toi, Tit’! »

 

 

                             Mais Tit’ pleurait de lassitude, dévoré par le mal entré en lui avec sa vie. Il pensait ne plus jamais revoir les étoiles, ces ingrates. Le soleil, qui l’avait lacéré jusqu’au crépuscule, s’apprêtait, satisfait, à disparaître, sans scrupule. Tit’ gisait. Il n’avait plus d’ami. Il haletait, presque sans vie.

 

 

                             Alors, les oiseaux quittèrent en chœur les branches et s’approchèrent de lui. Ils saisirent délicatement chacun dans ses petites pattes un coin de son âme trempée et s’envolèrent à tire d’aile en la déployant, telle une voile, pour la faire sécher au zéphyr printanier.

 

 

                             Ils laissèrent ainsi Tit’ assis par terre, qui les attend encore, sidéré. Depuis, on espère, prudemment, qu’il retrouvera un jour ses esprits.

 

 

                             En attendant, la voisine a déménagé.

 

 

 

 

 

Modifié par Thy Jeanin

Posté(e)

Pauvre petite mésange 😭 C'est triste à en pleurer ... 

"Et Tit’, écartelé dans son jardin, souffrait atrocement, agrippé par la mort qui morcelait son cœur trop usé par l’immensité déserte de la solitude."

 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le rendez-vous manqué nourrit l’espoir en un monde parallèle dans lequel Tit’ entendra le chant des oiseaux et rencontrera sa voisine.

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