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Au cimetière

Featured Replies

Posté(e)

 

 

Fausses fleurs aux parfums forts

débordant d'urnes sans fond

froid du chemin, fadaises

ex-voto inanimés

fatigue, cœur fissuré

fourmis rassasiées

résine de pins peints de pleurs ;

 

des marbres fabuleux venus de Carrare

des croix de bois, collées, clouées

de bois ou de fer -si je mens, je vais en enfer -

 

Ici, la mort n'est pas un cas rare

on persiste et se signe encore

on implore

de se réveiller d'un cauchemar

sachant qu'il est trop tard

 

le pas doit rester fort

ne pas perdre la foi

ne serait-ce qu'une seule fois

même pas derrière un corbillard

où est la lumière

il fait si noir

 

De longues allées à la droiture farouche

frisent l'infini du silence des lèvres

sur un gravier qui fait du bruit

comme pour signaler une visite

 

Faut-il prévenir les défunts

ne pas leur donner la fièvre

nos pas résonnent-ils dans le cimetière

et préparent-ils le café ?

 

 

Là, des noms s'effacent

personne n'est venu

depuis cinq Toussaint

alors on les déplace

comme des plus rien

comme deux fois le néant

 

Quand le temps est à la pluie

les elfes s'enfuient

aucun arbre n'offre de refuge

soldats cyprès, drôles d'armées

qui font de l'ombre

à ceux qui y sont déjà plongés

 

Là-bas, dans les fosses communes,

je sais un espace de fagots et d'arbres hauts

d'ombrelles perdues,

- il y a même du thym -

la terre parfumée enfante des fleurs

arrosées de ciel

et de larmes divines

 

les croix jouent

les crucifiés s'amusent

débarrassés de leurs clous

le vent a emporté le temps

on n'y pleure pas

sur les ailes des muses

on écrit, survivant

de l'amour

cahin-caha

dans l'ombre de Judas

 

Les stèles pleines de ruse

se sont mélangées

nous sommes enfin frères

de toute éternité

nos racines entremêlées

de ci, de là, fusent

apaisent le tonnerre

 

 

Sous cet arbre où bat l'orage

j'entends ta voix

qui me met en garde

je n'ai pas peur de la foudre

mon amour

que l'arbre me mène

au marbre

de ton dernier séjour

 

Dans la catacombe

plane un air de guitare

tu ris plus fort que le blizzard

tu joues encore au billard ?

Ci-gît une colombe ...

 

Ici, je sais que tu es là.

(joailes – mai 2022)

Posté(e)

Les os allongés recouverts encore d'un dernier costume et parfois cette image de toi, ovale qui sourit, sans concession, un endroit où passer. Merci pour ce passage et croquer la vie.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une visite au cimetière légère, triste, poignante.

Posté(e)

Je salue l'originalité de la rime CARRARE / CAS RARE. Une promenade de plus au cimetière, je ne m'en lasse pas !

Posté(e)
  • Administrateur

Des lignes que j'ai trouvé très poignantes.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Le cimetière dans tous ses états. Il arrive que ces lieux soient hautement poétiques. Bien vu, drôle parfois. La chute est déchirante.

Modifié par Thy Jeanin

Posté(e)

@Joailes

 

Pour ma part, je suis un adepte du Père-Lachaise et des Catacombes.... Et hop ! au top.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Infiniment beau ! La palette des sentiments étincèle sous votre plume, Joailes.  BRAVO !!!

Posté(e)

Une visite au cimetière qui commence un peu comme un inventaire à la Prévert, pertinent et impertinent à la fois, et qui se termine de manière très poignante, bouleversante même.

Le 16/05/2022 à 22:40, Joailes a écrit :

Sous cet arbre où bat l'orage

j'entends ta voix

qui me met en garde

je n'ai pas peur de la foudre

mon amour

que l'arbre me mène

au marbre

de ton dernier séjour

 

Dans la catacombe

plane un air de guitare

tu ris plus fort que le blizzard

tu joues encore au billard ?

Ci-gît une colombe ...

 

Ici, je sais que tu es là.

 

Posté(e)
Le 16/05/2022 à 22:40, Joailes a écrit :

sur un gravier qui fait du bruit

comme pour signaler une visite

 

Faut-il prévenir les défunts

ne pas leur donner la fièvre

nos pas résonnent-ils dans le cimetière

et préparent-ils le café ?

 

Ah! Les cimetières....Avec toi les mots n'ont pas la gorge nouée. Le silence, ton complice, joue ici les joyeux drilles et soudain tout disparait pour ne laisser que ton âme en bonne compagnie au milieu des marbres inquiétants. Le chagrin apprivoisé est chez toi dans un coffret. Tu entrouvres parfois, cet écrin, suivant ton humeur pour distiller cette tristesse comme un parfum de rose. J'aime ta pudeur Joailes parce qu'elle ressemble à celle d'un ange qui cacherait son trop grand amour pour les confitures. J'adore.

Un cri d'affection pour tes poésies. 

Posté(e)
  • Auteur

Merci infiniment @Eobb @Jeep @Thomas @Eathanor @Marc Hiver @Sophie @Danivan et @Frédéric Cogno (quel magnifique commentaire, merci pour l'émotion !) 

ainsi que @Filae77 @Marioutch @Martialis @Lina pour vos silences étoilés. 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Je suis en retard et les graviers se sont peut-être tus...

Le 17/05/2022 à 05:40, Joailes a écrit :

De longues allées à la droiture farouche

frisent l'infini du silence des lèvres

sur un gravier qui fait du bruit

comme pour signaler une visite

Alors @Joailes je vous dis simplement quelle émotion en vous lisant... Merci !

  • 3 mois plus tard...
Posté(e)
Le 16/05/2022 à 22:40, Joailes a écrit :

Là, des noms s'effacent

personne n'est venu

depuis cinq Toussaint

alors on les déplace

comme des plus rien

comme deux fois le néant

Pour des raisons très personnelles, cette strophe me touche beaucoup et me rappelle que je dois effectuer certaines démarches au plus vite. La poésie au service de la dernière demeure, qui l'eût cru !

 

Pour revenir à votre poème, il est comme une ballade (musicalement par les images proposées) au sein de nos chers disparus, comme le dit l'expression, et me rappelle la délicatesse lue dans le roman de Valérie Perrin : "Changer l'eau des fleurs".

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