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L'Abîme des jours

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L’Abîme des jours                                                                     

C’était au temps où l’on avait perdu jusqu’au goût de l’eau, jusqu’à la mémoire de l’aube sur les montagnes avoisinantes, jusqu’à la conscience du sourire sur le filigrane desséché de nos lèvres.

La perle bleue de ton regard chavirait, chavirait…

C’est cela que Mody racontait. Fatou se souvenait de l’amplitude rauque de sa voix quand il évoquait ces heures-là, ces heures où ta vie basculait, s’engouffrait dans les abîmes de la souffrance, hurlait mais gardait ses secrets.

Alors les membres de notre famille de cœur avaient scellé un pacte autour de toi, avaient uni leurs mains et leurs pensées dans une longue danse dont tu étais le centre. Les enfants dessinaient sur le sol, les femmes retrouvaient la douceur de bercer, les hommes offraient à la douleur leur nuque et leurs épaules pour qu’elle se détourne un peu de toi.

Le père était là, aussi présent, aussi aimant. Nul en ce temps-là mieux que lui ne connaissait les secrets de ta souffrance. Le mot de passe était « amour ». Il semblait que ce mot-là luttait mieux que toutes ces machines reliées à ton corps, contre le pus et la fièvre, les coulées acides et les hémorragies.

Ainsi était la traversée, tantôt folle et terrifiante, tantôt plus calme, plus confiante. Nous avions perdu le port et même la saveur de la terre. Ton courage servait de barre au bateau fou, et nous, les petits mousses, nous unissions nos mains si fort que jamais la lumière ne fut tout à fait absente.

Ainsi s’étirait l’hiver. Quelque chose en moi hurlait de ne pas te voir, de ne pouvoir tenir ta main physiquement. Pourtant, je t’offrais la corbeille de mes bras, jour et nuit, et plus d’une fois je t’ai admiré, tentant de comprendre, d’entendre ce qui se jouait là.

Alors je scrutais la nuit et le silence, et je lisais la promesse du printemps sur ton visage épuisé.

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  • Administrateur

Comme souvent, il y a des images, des bruits et des senteurs de terres africaines qui naissent en lisant vos textes. Celui-ci n'échappe pas à la règle. Et... tant mieux 😉 

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