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Algérie 1957

Featured Replies

Posté(e)

Terre de sang et de larmes, de soldats infestée.

Assourdissants youyous jusque dans la vallée.

Pleurs de femmes outragées dans de pauvres villages

Perchés sur des pitons accrochés aux nuages.

 

Officiers de vingt ans dans la hâte formés,

De galons dérisoires tirant autorité.

Dos aux murs écroulés, lignés, des vieillards

Comme bêtes entravées, menées à l'abattoir.

 

Dans un ciel d'azur, comme pour des vacances

Des oiseaux de malheur mènent leur triste danse.

Ces corps calcinés, touchés par le napalm,

Peut-être, à certains, vaudront-ils une palme.

 

Rustres en bande, armés de droit et de courage

Aux vergers, dévastés, ne laissant que feuillage.

Les treillis déformés et gonflés comme une outre,

Elle vient de pacifier, l'armée reprend sa route.

 

Nous étions quelques- uns, peu nombreux je le crains,

Assistant impuissants, avec désolation

A ce déferlement de haine et de passions

De garçons de vingt ans livrés à leurs instincts.

 

Elle n'avait pas douze ans, sa robe bariolées

Voilait un corps d'enfant de misères imprégné.

Pour m'offrir une orange, elle est venue vers moi

Et le ciel soudain retrouva son éclat.

 

Depuis ce triste jour de larmes et de fange,

Lorsque, pour mes erreurs mon ciel se désenchante,

Comme un bouquet de fleurs, une main innocente

Surgit dans mon brouillard pour m'offrir une orange.

 

Modifié par Zanoni

Posté(e)
Il y a 4 heures, Zanoni a écrit :

Elle vient de pacifier, l'armée reprend sa route.

Bonjour et merci @Zanonipour ce texte fort et courageux. Il est du devoir de l'homme de plume et c'est là sa grandeur de dénoncer

le scandale et l'horreur où ils sont en toute conscience. Quant au passage cité, Pacifier,  à chaque fois qu'une armée est déployée sur un

sol étranger, la question doit se poser: que sommes-nous réellement venus faire et que faisons nous vraiment ici ?  Et si tout ce qui vient

du ciel n'est pas béni (oiseaux de malheur / avions, hélicoptères,) le seul rayon d'humanité viendra sous les traits d'une fillette (du camp adverse)

et c'est cela que voudra retenir l'auteur (trés belle dernière strophe)

Etoile🌠   

Modifié par Filae77

Posté(e)
Il y a 6 heures, Zanoni a écrit :

Terre de sang et de larmes, de soldats infestée.

Assourdissants youyous jusque dans la vallée.

Pleurs de femmes outragées dans de pauvres villages

Perchés sur des pitons accrochés aux nuages.

 

Officiers de vingt ans dans la hâte formés,

De gallons dérisoires tirant autorité.

Dos aux murs écroulés, lignés, des vieillards

Comme bêtes entravées, menées à l'abattoir.

 

Dans un ciel d'azur, comme pour des vacances

Des oiseaux de malheur mènent leur triste danse.

Ces corps calcinés, touchés par le napalm,

Peut-être, à certains, vaudront-ils une palme.

 

Rustres en bande, armés de droit et de courage

Aux vergés, dévastés, ne laissant que feuillage.

Les treillis déformés et gonflés comme une outre,

Elle vient de pacifier, l'armée reprend sa route.

 

Nous étions quelques- uns, peu nombreux je le crains,

Assistant impuissants, avec désolation

A ce déferlement de haine et de passions

De garçons de vingt ans livrés à leurs instincts.

 

Elle n'avait pas douze ans, sa robe bariolées

Voilait un corps d'enfant de misères imprégné.

Pour m'offrir une orange, elle est venue vers moi

Et le ciel soudain retrouva son éclat.

 

Depuis ce triste jour de larmes et de fange,

Lorsque, pour mes erreurs mon ciel se désenchante,

Comme un bouquet de fleurs, une main innocente

Surgit dans mon brouillard pour m'offrir une orange.

 

Tout est dit dans cette offrande ! L’orange l’espace d’un instant pour vous et encore à présent marque l’inattendu et le sublime que les enfants savent manifester  ! 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Émouvants ces souvenirs de guerre quand s’y glisse un instant d’humanité.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une page peu glorieuse de notre histoire, alors que nous sortions pourtant nous-mêmes de l'enfer nazi! Bravo pour ce poème engagé de haute tenue.

Posté(e)

Courageux pour aborder ce sujet dont beaucoup se voilent la face. Merci pour cette tranche d'innocence qui parvient à vous sauver.

Posté(e)
  • Auteur

Merci à sophie et merci à Jeep de bien vouloir corriger mes étourderies

Posté(e)
Le 07/04/2022 à 11:11, Zanoni a écrit :

Depuis ce triste jour de larmes et de fange,

Lorsque, pour mes erreurs mon ciel se désenchante,

Comme un bouquet de fleurs, une main innocente

Surgit dans mon brouillard pour m'offrir une orange.

 

Je rejoins pleinement le commentaire de @Filae77

 

Souvent ce sont les enfants qui, dans leur candeur, nous donnent les leçons de vie les plus marquantes.

Posté(e)

@Zanoni

 

Un poème fort, comme on aime. ET hop ! au top.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Les deux derrière strophes et la candeur de l'enfance nous ramène à la vie... Merci @Zanoni

  • 4 mois plus tard...
Posté(e)

La guerre est affreuse partout et en tout temps, tout comme est merveilleuse 'innocence désarmante (si je puis dire) des enfants qui offrent des souvenirs pour une vie et sans s'en rendre compte. Très beau témoignage serti dans un poème qui ne l'est pas moins. 

Modifié par Bollinger

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