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Faut tout laisser

Featured Replies

Posté(e)

 

 

 

Là,

s'agenouillent des maisons vides

dans la torpeur des crépuscules

et des silences piqués d'aubépines

delà 

le soupir des asphodèles

 

Là,

il est des genêts d'or,

de hautes herbes ivres de peinture

de pinceaux furieux

desséchés sur des palettes muettes

et puis des cris englués dans l'encre,

des musiques perdues dans l'invisible

 

faut tout laisser

paraît qu'on ne peut rien emporter

 

Là,

où pleurent des âmes dévouées corps

dans les limbes des justes

forcées à l'exil

sur des chemins de cimetière

où de petits poucets ont semé des cailloux

les pins exhalent leurs résines

et leur voix ne dit rien

que ce leitmotiv

 

faut tout laisser

paraît qu'on ne peut rien emporter

 

Il est des océans si pacifiques

bleu vert, au plastron écarlate

des oiseaux sacrés immobiles

des bateaux échoués sur le ventre

de sirènes paisibles,

des la aux cordes vides des violons

des lunes mortes

et des lunes vives,

du vent

 

faut tout laisser

paraît qu'on ne peut rien emporter

 

 

Là,

dans cet atelier fou éclairé la nuit

par les yeux des hiboux

il est un réverbère éclaboussé d'océan

déguisé en phare

qui perce les portes dérisoires

des cahiers d'hier

guidés par des muses enfuies

qui ont éteint la lumière

et l'abat-jour se meurt

sur leurs derniers échos

 

faut tout laisser

paraît qu'on ne peut rien emporter

 

Là,

on va pleurer un peu,

beaucoup,  passionnément à la folie

les marguerites déshabillées tant de fois

ne savent pas porter le deuil des pissenlits

mangés par la racine

elles n'ont plus qu'un tutu jaune

comme la lune désemparée

qui tremble sur le lac

pour sa sempiternelle nuit

 

faut tout laisser

paraît qu'on ne peut rien emporter

 

Là,

ailleurs,

il y aura d'autres pétales

d'autres couleurs

d'autres musiques

d'autres parfums

d'autres endroits

toutes ces insomnies

bleues

sombreront dans le néant

on oubliera

 

 

faut tout laisser

paraît qu'on ne peut rien emporter

 

 

 

(joailes – mars 2022)

 

 

Modifié par Joailes

Posté(e)

La beauté appartient à ceux qui savent l'apprécier alors faisons la partager.

Très jolis vers.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

L’expression légère masque la profondeur du propos qui sous-entend que rien ne nous appartient des choses de la vie, mais dans ce poème tout est à prendre!

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Bravo Joailes pour ces vers très émouvants ! Le sujet douloureux de l'exil est traité avec brio par votre plume qui se fait pinceau.

Modifié par Sophie

Posté(e)

Où sont-ils désormais ce paradis perdu et cette insouciance qui étaient nôtres, qui étaient leurs hier ?

 

Poème subtil et juste, avec la touche d'espoir qu'il faut leur garder, le bout du tunnel et la lumière, au bout de vos vers.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une très belle complainte, très imagée, vivante dont j'imagine qu'elle parle de bien des choses: de départ, en particulier, de migration vers autre chose, et l'on sent regret et lassitude. Partir d'Ukraine, partir de la vie...

Posté(e)

@Joailes

 

Ah ! Si Poutine avait lu tes poèmes... hop ! top.

Posté(e)
  • Auteur

Merci à tous pour vos interprétations diverses et bienveillantes @Illiz @Jeep @Sophie @Le Hamster  @Thy Jeanin @Marc Hiver et puis pour les étoiles silencieuses des autres. 

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Le 20/03/2022 à 06:39, Joailes a écrit :

des la aux cordes vides des violons

Pourra-t-on les accorder à nouveau un jour ? Merci @Joailes

  • 4 mois plus tard...
Posté(e)

Ce poème me rappelle (j'ignore pourquoi) le view-master de notre enfance : il propose de belles images et les offre en relief mais elles se figent et déjà rappellent que rien ne dure. Ma strophe préférée  pour les "derniers échos" :

Le 19/03/2022 à 22:39, Joailes a écrit :

Là,

dans cet atelier fou éclairé la nuit

par les yeux des hiboux

il est un réverbère éclaboussé d'océan

déguisé en phare

qui perce les portes dérisoires

des cahiers d'hier

guidés par des muses enfuies

qui ont éteint la lumière

et l'abat-jour se meurt

sur leurs derniers échos

 

Posté(e)
  • Auteur

Et pourquoi pas ? Le poème, du moment qu'il inspire et fait naître de l'émotion, n'est pas vain. 

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