Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Accents poétiques

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Supraville

Featured Replies

Posté(e)

Elle s’élève

Monstrueuse

Jusqu’au ciel

Ville tentaculaire

Aux jambes d’acier

Ornières extravasées

En artères purulentes

Qui jonchent les lacets

De franges biscornues

En un réseau fangeux

De gorges tubulaires

Que ceint la pluie

 

Elle s’élève

Perle adamantine

Sous un ciel étoilé

Brisant les harmoniques

Sur des berges intestines

Cascades de nacres

Entrelacées de voix

Rives centaurées de brun

Sur des corsages vernaculaires

En ourlets nébuleux

De tissus cellulaires

Sur un corps de métal

 

L’or noir au firmament

S’affirme en une suie

Le long de bras visqueux

Comme un torrent d’abîme

Sur les flancs constrictors

D’aqueducs au napalm

En un furieux repas

De tripes vomissantes

Les poutres équarries

Sur un corset de bruine

Dans les plis ombrageux

D’embrasements lunaires

 

Elle côtoie le pinacle

Aux nues peuplées d’orages

Tels les pans esseulés

D’aubes damasquinées

Aux commissures de bronze

Charriant des étincelles

De câbles engoncés

En ornements de fer

Itinéraires pavés

D’encablures abyssales

Mourant sur la margelle

D’un fossé inouï

 

Elle s’orne de méfaits

Dans l’essaim outragé

D’un rêve ascensionnel

Migrante exponentielle

D’estuaires et de cols

Sur les bras incendiaires

D’affluents cramoisis

Qui serpentent et s’enlacent

Dans le cœur palpitant

D’une engeance morbide

La dépouille nomade

De contrées titanesques

 

Elle borne l’horizon

De ceintures accablantes

Le corps dispensateur

De rivages endeuillés

Les parois scarifiées

De faisceaux magmatiques

Coulées vertigineuses

Aux confins de la nuit

Le port monumental

Projeté sur la toile

D’une œuvre scélérate

Sillonnant les abîmes

 

Sur les landes ombrageuses

L’arcature corrosive

Imprègne les arceaux

Sous un ciel en lambeaux

Aragne lambrissée

De goudron horrifique

Meute inassouvie

De loques carnassières

Les chairs ensanglantées

D’ouvrages méphitiques

S’offrent en un tombeau

De corps ensevelis

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Même si je n’adhère pas totalement au procédé des vers libres courts qui, pour moi, ne sont qu’une prose poétique déguisée, je salue ici la description inspirée d’une ville méphitique.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Les Babel du monde…

Modifié par Tarentaise

Posté(e)

wouah !  quelle évocation ! bravo pour la richesse du vocabulaire , j'en reste pantois...

Posté(e)
  • Administrateur

Je rejoins @Jeep sur son propos concernant les vers courts mais cela ne retire rien à mon envie de déposer deux étoiles sur ce poème tant sa force d'évocation et sa richesse sémantique me parle. Mais bon, il n'est possible que de laisser une étoile. Il faudra que j'en parle à l'administrateur 😉 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

J'ai aimé ces vers courts comme autant de coups de pinceaux sur la toile de vos mots. Bravo, Epsilon !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Magnifique tableau dystopique qui rejoint les plus impressionnants sur le sujet. Les images sont puissantes et particulièrement évocatrices.

Modifié par Thy Jeanin

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 18 heures, Jeep a écrit :

Même si je n’adhère pas totalement au procédé des vers libres courts qui, pour moi, ne sont qu’une prose poétique déguisée, je salue ici la description inspirée d’une ville méphitique.

Bonjour @Jeep,

 

Tout d'abord merci d'avoir pris un peu de votre temps pour lire et commenter ce poème.

 

Vous avez mis le doigt sur un problème récurrent chez moi, qui est celui d'une forme poétique souvent proche de la prose mais qui n'en est pas une du fait d'un procédé de vers courts que j'emploie délibérément. Cela m'avait parfois été "reproché" par le passé (très justement), et je me pose toujours la question de savoir s'il serait préférable de reconstituer ces vers pour en faire de véritables phrases, avec la ponctuation de rigueur.

 

Il y a deux raisons principales pour lesquelles j'opte pour des vers courts : la première vient du fait que ne n'apprécie pas particulièrement la prose - ce qui est un paradoxe sachant que mon style s'en rapproche de très près ; la seconde est que je souhaite m'affranchir totalement (sauf à de rares exceptions près) de la ponctuation.

 

Une autre raison mérite que l'on regarde de plus près ces vers libres : on observe alors que les trois quarts (à vue d'oeil) de ceux-ci pourraient être assemblés au sein d'une strophe pour constituer des phrases correctement écrites, mais que un quart d'entre eux ne le pourraient pas. En effet, je dissémine certains vers afin de créer une sorte de rupture - ou cassure - pour justement désassembler certaines phrases, ceci afin que que le lecteur puisse lui-même fixer son propre rythme, en quelque sorte...

 

De plus, la quasi totalité des vers sont des hexasyllabes et pourraient constituer des alexandrins si on les assemblaient. D'ailleurs, nombre de mes poèmes écrits en vers libres s'apparentent soit à des hexasyllabes, soit à des alexandrins, et je préfère garder ce rythme que d'écrire en prose.

 

Il m'est arrivé d'écrire en prose, notamment avec "Une nuit sans fin" et "Nuit d'encre", parce qu'il m'était impossible d'écrire autrement. 

 

Je ne pense pas que la forme que j'utilise soit "déguisée", du moins ce n'est pas l'objectif voulu, car je pourrai assez facilement réécrire nombre de mes poèmes en prose sans trop de problèmes, c'est un choix délibéré et parfaitement assumé.

 

Merci en tout cas pour votre remarque légitime. Il est toujours intéressant d'échanger librement pour essayer de comprendre ce qui motive un auteur, quelle est sa démarche, etc. Et merci pour votre sympathie et la richesse que vous apportez à Accents Poétiques.

 

Au plaisir de vous lire,

 

Epsilon

Il y a 11 heures, Tarentaise a écrit :

Les Babel du monde…

En quelque sorte ; merci @Tarentaise!

Il y a 9 heures, Martialis a écrit :

wouah !  quelle évocation ! bravo pour la richesse du vocabulaire , j'en reste pantois...

Merci @Martialispour votre enthousiasme !

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 8 heures, Eathanor a écrit :

Je rejoins @Jeep sur son propos concernant les vers courts mais cela ne retire rien à mon envie de déposer deux étoiles sur ce poème tant sa force d'évocation et sa richesse sémantique me parle. Mais bon, il n'est possible que de laisser une étoile. Il faudra que j'en parle à l'administrateur 😉 

Une étoile me satisfera amplement, bien que je ne sois pas contre le fait de demander à l'Administrateur de m'en décerner une deuxième (mais où est-il, celui-là ?! 😉)

Merci @Eathanor !

Il y a 6 heures, Sophie a écrit :

J'ai aimé ces vers courts comme autant de coups de pinceaux sur la toile de vos mots. Bravo, Epsilon !

Merci @Sophiepour votre enthousiasme !

Au plaisir de vous lire...

il y a 48 minutes, Thy Jeanin a écrit :

Magnifique tableau dystopique qui rejoint les plus impressionnants sur le sujet. Les images sont puissantes et particulièrement évocatrices.

Dystopie est bien le terme, merci @Thy Jeanin!

Posté(e)

Bonjour @Epsiløn, je rejoins @Sophiequant à sa perception du texte, notamment sur la forme. La (les?) villes sont décrites en vers courts

comme autant d'uppercuts; on pense à la vision exacerbée d'un peintre impressionniste. Car il s'agit de créer une sorte de sidération

par la violence des images autant que par le format; de lyriques alexandrins ne conviendraient pas car trop lisses. De plus c'est la verticalité

qui est suggérée. L'intérêt et la grande force du texte est de proposer une ville protéiforme qui s'élance dans un mouvement ascendant et 

qui se répand en ruissellements dantesques à la fois. suggérant par endroit  des ambiances à la ' blade Runner 1er' ou de 'ground zero'

suite à la tragédie des twin Towers. Dans tout les cas une poésie comme 'en fusion'

Etoile🌠          

Modifié par Filae77

Posté(e)
  • Semeur d’échos
Il y a 4 heures, Epsiløn a écrit :

y a deux raisons principales pour lesquelles j'opte pour des vers courts :

Vous m’avez convaincu, ainsi que l’analyse de @Filae77!

Modifié par Jeep

Posté(e)
  • Auteur
Il y a 13 heures, Filae77 a écrit :

Bonjour @Epsiløn, je rejoins @Sophiequant à sa perception du texte, notamment sur la forme. La (les?) villes sont décrites en vers courts

comme autant d'uppercuts; on pense à la vision exacerbée d'un peintre impressionniste. Car il s'agit de créer une sorte de sidération

par la violence des images autant que par le format; de lyriques alexandrins ne conviendraient pas car trop lisses. De plus c'est la verticalité

qui est suggérée. L'intérêt et la grande force du texte est de proposer une ville protéiforme qui s'élance dans un mouvement ascendant et 

qui se répand en ruissellements dantesques à la fois. suggérant par endroit  des ambiances à la ' blade Runner 1er' ou de 'ground zero'

suite à la tragédie des twin Towers. Dans tout les cas une poésie comme 'en fusion'

Etoile🌠          

Bonjour @Filae77,

 

Vous avez raison sur la verticalité suggérée par ce format de strophes en hexasyllabes, à l'image d'une structure immense s'élevant jusqu'au ciel tout en s'étendant horizontalement pour former une sorte d'agglomérat (le terme de "ville protéiforme" est tout à fait juste). La référence à "Ground Zero" m'a fait sourire dans la mesure où j'ai écris un poème portant le même titre.

 

Merci pour votre commentaire et l'appréciation.

 

Epsilon

Posté(e)

Votre poème façonne un tableau au fil de sa lecture. Félicitations @Epsiløn. J'ai ce tableau devant les yeux toutes les fois que je traverse une ville, mais je ne l'aurais pas si bien décrit.

Posté(e)

@Epsiløn

 

J'ai lu ton poème dans la rue en respirant les odeurs de la ville et j'ai aimé (tes vers et en même temps la ville). Hop ! encore top.

Posté(e)

On dirait la peinture cauchemardesque (mais je pense plus à un dessin de B.D.) d'une ville dans un film de science-fiction. Je pense aux dessins psychédéliques des années 70... Cette vision est pourtant bien d'actualité...

La forme de vers courts donne une dimension verticale qui illustre admirablement le texte.

  • 2 mois plus tard...
Posté(e)
Le 27/01/2022 à 20:29, Epsiløn a écrit :

Elle s’élève

Perle adamantine

Sous un ciel étoilé

Brisant les harmoniques

Sur des berges intestines

Cascades de nacres

Entrelacées de voix

Rives centaurées de brun

Sur des corsages vernaculaires

En ourlets nébuleux

De tissus cellulaires

Sur un corps de métal

Toutes sont de belle facture mais je choisirais volontiers cette strophe rien que pour le mot "adamantine"( ce mot m'est particulier pour sa sonorité, allez savoir pourquoi). Des vers brefs et des strophes en grand nombre (ce n'est pas une critique)  qui sont autant de tours dans une sorte de Big Apple de synthèse : toute grande ville est dépeinte dans vos vers, de Gotham à Gomorrhe -si je remplace le vice que met la Bible dans la dernière par celui d'une société qui s'époumone et se détruit consciencieusement-

 

Un souffle épique émane de votre poème. Bravo @Epsiløn

 

 

Account

Navigation

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.