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Bretagne VI

Featured Replies

Posté(e)

Bretagne VI

                                       I

Chaque époque a son lot d'infortunés naufrages.

Les Louvre, Marie-Louise et le Sainte-Anne coulent

corps et âmes au bouillon, tragédies d'un autre âge.

Les tempêtes et le grain font soulever la houle.

Notre époque verra faillites et naufrages.

 

Et tous se souviendront longtemps de ce jeudi*

quand les enfants bretons quittèrent Loctudy

et qu'une vague folle emporta le chalut.

Le jour et sa lumière ici n'arrivent plus;

Bretagne tes enfants** sont partis ce jeudi. 

                                        II

Léviathan de métal, sous-marins et frégates!

Vos échos lourds effraient l'équerre et le sextant.

La croche molle est fourbe, la vague scélérate.

(Le pavillon baisser tant qu'il est encor' temps..) 

 

Sur ton destin pesait le ciel des mauvais jours;

et ce ciel était sombre et la mer était haute

égarant les marins, faisant les bateaux sourds

mais les hommes sur l'eau ont rejeté la faute.

 

L'étrave éperonnée, le bateau a coulé. 

Pêle-mêle équipages, filets et hameçons;

poupe proue cargaison. Quand seuls miraculés,

par sa cale éventrée s'échappaient les poissons!

 

Poissons aux ventres blancs et le dos plein d'écailles;

cylindres fuselés aux corps fins et tendus,

et d'autres moins racés: Menu fretin, poiscaille

tous rendus à la mer: prodige inattendu..

                                        III

Mais qui sait à quoi rêve l'aquanaute qui songe? 

L'amertume des jours tant m'attriste et me pèse

et dans ces profondeurs océanes où je plonge

la houle au fond de l'eau me console et m'apaise.

Me rêver aquanaute est ce à quoi je songe.

 

(GB_09122021)

 

 * le Bugaled Breizh coule un jeudi (15 janvier 2004)

** Bugaled Breizh = enfants de Bretagne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Modifié par Filae77

Posté(e)

Cher @Filae77, je ressens beaucoup d'émotion à la lecture de ce poème. La sincérité est au rendez-vous par des évocations où les détails rivalisent de franchise avec un style qui ne saurait mentir. La précision dans l'évocation de certains objets ne s'oppose jamais à la beauté des images qui frappent inévitablement au plus profond de nos âmes. La mer peut être très dure et vous le rappelez avec des mots magnifiques.

Posté(e)

Un hommage mérité à la Bretagne et à ses marins.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Toute la Bretagne dans sa profonde beauté que vous évoquez de si belle manière…

Posté(e)

La mer est nourricière autant qu'impitoyable, des vers pleins d'estime et d'empathie pour les marins naufragés. 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Merci pour ces vers somptueux en hommage à l’Ar Mor et à ses bugaled péris en mer.

Posté(e)

Il semble que le naufrage se soit passé si vite que les marins n'ont pas eu le temps de se mettre à l'abri. J'aime le contraste avec l'aquanaute qui semble rêveur au fond de la mer. 

Posté(e)

@Filae77

 

Pourquoi mettre tout son talent sur la Bretagne, quand la Normandie est mille fois plus belle ? Et hop ! sans rancune, au top !

Posté(e)

Il y a de la peinture dans vos vers ... et les mots ont pris la mer ... et sous la mer la vue du silence !

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Terrible mésaventure non encore éclaircie... Et en même temps, superbe hommage à ces hommes dont la mer est la première compagne.

Posté(e)
  • Auteur

Bonjour ami(e)s poète qui m'avez lu, commenté, étoilé.

@Michèle, @Lina, @Thy Jeanin, @O Salto, @Marc Hiver, @Cisco, @Jeep, @Tarentaise, @Illiz, @Mercoyrol

 

Le Bugaled Breizh a coulé en environ 40 secondes avec 5 marins expérimentés à son bord. Pas de traces d'explosions à bord ni d'incendie..

A-t-il été la proie d'un 'énorme poisson' ? Puisse un jour le génial  barde en faire une chanson..

 

Gérard_Filae77

 

Posté(e)

Texte très fort, comme toujours.

Bretagne, Normandie, les ports de pêche cèdent face aux ports de plaisance.

Les travailleurs de la mer, forçats de la mer, d'un côté, et le poisson, tjs plus petit, plus rare, plus toxique aussi, de l'autre.

Triste monde, mais vous nous proposez une... évasion. Je prends !

  • 4 semaines plus tard...
Posté(e)

Il y a quelque chose d'épique dans ce poème qui alterne entre vers réguliers et vers irréguliers. Vous changez leur coupe au fil de l'inspiration et c'est sans doute une judicieuse façon de faire. Si je passe outre quelques détails qui ont heurté ma lecture, j'apprécie que votre fresque poétique ait un vrai sujet. Je dois avouer que l'envie de jouer sur les mots précède souvent chez moi la recherche de "liant sémantique". Corps et âmes au bouillon = 7 syllabes. La croche molle est fourbe, la vague scélérate = vous faites l'élision d'un e normalement muet quand il se trouve placé là. Idem pour "pêle-mêle équipages" mais que faire alors de "filets, hameçons" ? Le sens se substitue donc aux règles prosodiques en l'occurrence et ce n'est pas un mal en soi. Mais les puristes (et nous avons eu une discussion à ce sujet) trouveraient tout de suite à cet égard plus d'un "diable dans les détails". Exemple de solution : Filets et hameçons avec tout l'équipage. Mais il faudrait repenser la structure.

 

Pour ma part, je me préoccupe tout d'abord de faire entrer le vers dans le cadre et fais ensuite avec le résultat ainsi obtenu. Ceux qui ont abandonné la versification, pour peu qu'ils se soient essayés aux vers classiques, ont sans doute rencontré cet écueil assez fatal à l'expression. Il s'agit sans doute de peser les deux à la fois : ayant l'idée en tête, de la plier à la forme.

 

C'est le premier poème que je lis de vous et je vous remercie pour ce moment de lecture qui m'a donné à réfléchir ! Hugo aurait sans doute traité un tel sujet avec la verve qu'on lui connaît. Dans l'ensemble, votre poème rend justice au thème. Enfin, mes remarques s'inscrivent dans un contexte particulier : celui auquel je me frotte moi-même au moment de composer mes sonnets. Elles ne visent pas à diminuer la qualité de ce chapitre homérique.

Modifié par Franco

Posté(e)

Magnifique poème dont on ne ressort pas indemne dés la première lecture. J'ai pensé à Oceano nox de Victor Hugo pour son côté tragique. Une merveille votre poésie. Un grand bravo.

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