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Les vendanges d'antan

Featured Replies

Posté(e)

Ô ! les beaux souvenirs des vendanges d'antan

Perchés sur la charrette, chahuteurs et braillards,

Dans l'air froid du matin, nous partions en chantant,

Nos haleines fumantes épousaient le brouillard.

 

Filles et garçons joyeux, résolus et vaillants

Allant ravir leurs grappes aux vignes des coteaux.

Ces rires et ces chants, toujours je les entends

Et mon coeur les chérit comme un divin dépôt.

 

Agenouillés aux ceps, les mains sur les raisins,

Au chant des sécateurs, enivrantes crécelles,

Nous travaillions des heures, le jus poissant nos mains?

Et la sueur perlant au creux de nos aisselles.  

 

Quand parfois, brusquement, des ondées orageuses,

En s'abattant sur nous, nous trempaient jusqu'aux os,

Vendangeurs intrépides et belles vendangeuses,

Continuaient de couper, l'eau ruisselant des dos.

 

Le travail était rude, mais vu notre jeunesse,

Et le sang qui coulait dans de neuves artères,

Des caprices du temps, qu'importait la rudesse

Rien ne pouvait nous mettre plus d'un genoux à terre.

 

Par un rideau de pampres, séparée, face à face,

Nous vendangions par deux, une fille un garçon.

L'intimité, très vite, naissait de cet espace,

D'un regard, d'un sourire, du chant de son prénom.

 

Deux mains qui se posaient sur une même grappe

S'effleuraient un instant avant de se saisir.

De furtives prémices à de tendres agapes,

Cupidon par Bacchus allumait le désir.

 

La journée terminée, dédaignant la charrette,

Des couples s'égaillaient sur les petits chemins

Fleurissant les bosquets de tendres amourettes.

Les arbres se gravaient de coeurs  enfantins.

 

Vendangeuses d'hier, mes belles cavalières,

Lorsque sur le chemin, vous montiez sur mon dos,

Imitant en riant des poses cavalières,

Nul porteur de hotte connu plus doux fardeaux

 

A la table de chêne, rustique et centenaire,

Le soir nos repas étaient longs et copieux.

Près des pichets de vin qui emplissaient nos verres,

Trônaient de lourds pâtés au fumet généreux.

 

Puis, les énormes pains du four de la fermière,

Passaient de main en main aiguisant l'appétit 

D'une tablée joyeuse, bruyante et sans manières 

Tout en se régalent de fortes plaisanteries.

 

Jean avait vu Monique qui embrassait Alain

Un soir, dans la cour, près du petit lavoir.

Monique rougissait en disant : " c'est malin ! "

Aux curieux excités qui voulaient tout savoir.

 

Alain, ne voulant pas que les autres le raillent,

Affirmait qu'il avait seulement enlevé,

Des cheveux de Monique un simple brin de paille.

Ce baiser, Jean, jaloux, sans doute l'avait rêvé.

 

Repus d'un bon repas, assis sur de grands bancs 

Devant la cheminée , aux flammes des sarments,

Nous buvions lentement nos cafés, dans la joie

Et restions à veiller devant le feu de bois.

 

Les garçons proposaient, quand les bancs étaient pleins,

Sur leurs genoux, aux filles, une place de choix,

Jouissant de la chaleur qui montait de leurs reins,

La brulant caresse éveillait des émois.

 

Instants privilégiés où le calme régnait.

La fatigue était là, mais, le coeur  apaisé,

Nous quittions ce refuge quand l'âtre s'éteignait.

Des couples échangeaient un ultime baiser.

 

Au premier  chant du coq il fallait se lever.

La fermière, matinale, nous sonnait le réveil :

"Debout les vendangeurs ou je vais vous doucher,

La vigne vous attend, c'est un jour de soleil".

 

Puis, avant de partir et pour nous restaurer, 

Nous rejoignions la table, de bols encombrée.

Matinales agapes de jambon, de pâtés,

Qualifiées, ici, de petit déjeuné.

 

Gaillards, nous partions, aux premières lumières,

Ballottés rudement, au gré des fondrières,

Retrouver, dans un rang ou Pierrette ou Aline,

Le chant des sécateurs dans le sang de la vigne.

 

Vignes, qui me vit jouir, en ma tendre jeunesse,

En récoltant tes fruits et en buvant ton vin,

Qu'en moi vive toujours le souvenir divin

De tes grappes vermeilles  et des belles Drôlesses.

 

Mais hélas, aujourd'hui de tristes mécaniques

Suppriment à jamais les vendanges d'antan.

Son esprit et la joie de ses instants ludiques.

Elles tuent la poésie attachée aux sarments !

 

 

 

 

Modifié par Zanoni

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Des souvenirs vivants de vendanges où l’on ne cueillait pas que des grappes de raisin. Rassurez-vous @Zanoni, il y a encore des jeunes gens et des vendanges manuelles.

Posté(e)

J'adore, bravo pour ce touchant tableau empli de sincérité et de vérité. 

Posté(e)
  • Auteur

Merci Jeep. Sans doute y a t-il encore des vendanges manuelles tentant de restituer cette ambiance d'antan, mais cela reste du folklore car la "culture" et l'ambiance actuelle ne se prête pas à ce climat de sérénité. Trop de "portables" viendraient chasser le chant des oiseaux qui disputaient quelques grains aux vendangeurs. C'est un regret, évidemment, mais c'est aussi une simple constatation.. Ainsi va la vie !  Mais où nous mène t-elle ?

Modifié par Zanoni

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Joli tableau dépeint en vos vers, Zanoni ! La joie déborde de ces derniers et c'est un plaisir de lecture.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Un charme fou, cette évocation des vendanges vintage et des amours champêtres.

Posté(e)

Votre poème me donne soudain envie de faire les vendanges.

Posté(e)
  • Auteur

S'il y a des vignes dans votre région ! Mais vous risquez de rencontrer plus de machines que de vendangeuses. Merci pour votre message,  Illiz.

Posté(e)
  • Administrateur

Il ne me semble pas encore avoir lu sur AP un poème aussi long de votre plume @Zanoni. Comme il est de plus de fort bonne facture, il est bien normal que la vendange de ces vers produise des étoiles au cépage de qualité 🙂 

Posté(e)

Gros travail d'écriture. Bravo @Zanoni!

Posté(e)

et le vin était bon, même piquette !

Posté(e)

Quoi ? Qu'apprends-je ? Vous m'avez battue ? 😉 je croyais détenir le record des longs poèmes 🙂 Plaisanterie mise à part, j'aime beaucoup cette odeur inégalable des vendanges d'autrefois, qui se dégage tout au long de votre authentique poème  ... 

Posté(e)

Quand la beauté du réalisme poétique s'exprime avec la précision d'une étude ethnologique ! Et surtout, comme on le devine aux « Nous », avec l'émotion de la mémoire ! Et quels souvenirs ! Les dos et les mains étaient ruinés mais les coeurs épanouis. Il faudra relire ce poème impeccable le 22 janvier, à la Saint-Vincent tournante !

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