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Demain la lune en sa soupière

Featured Replies

Posté(e)

Demain la lune en sa soupière

 

Des pans entiers de tôles

glissent et trépident

fracassent la vallée

emplie de flots et de pluies

sombres et de cris

d’arbres qui se cordent

dans les surplis des orages

les prêches

arase des montagnes

poussières et vapeurs

sous le ventre ruisselant

d’un amphibien géant

aux bâts des mélèzes

versent les gravières

la nuit le jour

 

Ainsi vint l’été

d’acier    de verre

les colosses de cire

les torrents de certitudes

et les peuples soumis

au crible

 

Les foules se pressent

dans les essoreuses

de la foi

et les mains de la providence

annoncent des soleils

brûlant sur la peau

les vilaines cicatrices

pour décor de rêve

et les amours libérés

des mots de pass

que les ours privés de dessert

aillent se fondre en mer

peu me chaut

et les ailes bleues des papillons

faner au pinacle des poèmes !

la neige sera boue

sous nos pas

empêtrés dans la toile

 

Ainsi venait l’été

la pluie tombait toute la nuit

sur la mémoire

Kayan Kalhor jouait The rain

les phares longeaient les sillons

comme le diamant coupe

la blessure

où les lèvres s’emboîtent

comme des corps

qui se perdent

sur le verso des flaques

la route en lacets

jusqu’au dernier

ne plus penser les formes

les couleurs

ne plus panser les mots

continuer à pieds

marcher marcher encore

qui sait    debout

demain peut-être

après tout

toucher la peau

pincer l’embellie

en pincer pour elle

au cimetière des mots

une goutte d’épine

sur la poitrine

Posté(e)

Cher @O Salto  votre choix de titre est prometteur, votre poème se savoure lentement, comme une soupe qui a longtemps mijoté et donne un véritable nectar ... j'en pince pour lui : étoile ! 😉 

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Une prose poétique qui m’a fait découvrir la musique prenante de Kayhan Kahlor. Merci!

Modifié par Jeep

Posté(e)
Il y a 8 heures, O Salto a écrit :

Les foules se pressent

dans les essoreuses

de la foi

Que d'images! Je suis troublé par ce geyser de métaphores qui exhorte le lecteur à faire des pauses pour reprendre son souffle. Annoncer l'été de cette façon avec causticité réveille l'âme un peu trop moite et paresseuse en ces jours brûlants... J'ai adoré. Plume que je sais talentueuse depuis fort longtemps. Un très grand bravo pour vos oeuvres.

Posté(e)

On ne peut saluer que le talent de cette plume féconde qui déverse son flot d'images inquiétantes, inquiétantes pour l'avenir sombre qui est déjà en marche et dont nous

Sommes un peu les spectateurs dépassés et impuissants.

Posté(e)

Ainsi les homme marchent à travers les délires du temps qui rejoignent parfois leurs propres délires.

Ainsi saignent les êtres sensibles à ces horizons mouvants et improbables qui parsèment nos jours.

Posté(e)

Prose remarquable, tout comme son titre. 

Posté(e)

J'aime tellement ce rythme avalanche qui caractérise vos textes. Je termine toujours la lecture de vos poèmes en proie à un certain vertige. J'adore.

Posté(e)

L'animal géant demeure petit face à la montagne et sous la tente posée à son pied, l'animal deux pieds n'a plus de mise portant sur le front un phare et par intermittence la lumière, celle d'une musique et cette épine de ronce qui rêve d'une rose.

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Chaque fois, j'ai cette vision d'un champ parsemé de mots comme autant de fleurs vivaces, à vous lire! 

  • 1 mois plus tard...
Posté(e)

Un poème très riche d'images qui restent dans la mémoire avec ces vers par exemple :

Le 20/07/2021 à 22:53, O Salto a écrit :

Les foules se pressent

dans les essoreuses

de la foi

De plus il y a comme une glissade dans la structure même du texte qui renvoie (à mon interprétation) à une sorte de carambolage de sensations et d'événements, peu ou prou peut-être en rapport avec ce titre énigmatique.

On croit lire les trois premiers vers d'une traite  mais l'adjectif qualificatif du quatrième "emplie" fait remonter le lecteur au vers précédent, et on repart pour "les pluies / sombres et de cris / d'arbres".  Les respirations faites, si on lit à haute voix, succombent au sens et il ne faut pas s'arrêter (je ne sais si je suis clair).

Ce sont des cataractes de vers pour un fleuve d'images (j'y reviens).

Bravo @O Salto

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