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Lettre d'errance

Featured Replies

Posté(e)

Lettre d’errance

 

De mon âme déviant les halos tapageurs et autres rixes de chaleur de ce résidu d’été, comme je m’apprêtais à repasser tes silences, voilà qu’un souffle long et frais est venu surprendre ma plume arrimeuse de charme et de folie. C’est à juste titre la plus jolie leçon de penser à toi, coincé dans mon bunker bleu narquois qui maintenant six mois se résigne à déteindre de solitude.

Rassure-toi, je ne vais pas narrer et narguer cette dernière, furoncle de l’ennui, camouflée derrière ma frimousse. Non, bien au contraire puisque tu es là avec mon âme, une nouvelle première fois, obtempérant à une grâce définitivement sublimée et au doigté de feu. Ô ma belle vibrante !  Dès la pétition des cendres, te voilà obole de la nuit. Ma nuit. Nuit ou flamme ? Nue et femme. Ma femme.

Petit brin du soir aux clochettes d’ombres mutines sonnant un graffiti merveilleux de fragrances salines. Princesse des alpages célestes sous l’aisselle des roses, aux petits pieds légers chaussés d’un firmament et qui tout chuchotés de moire, trottinent parmi les oiseaux pour s’envoler la joie aux trousses en fine rescousse jusqu’à la Grande-Ourse graduer de tes cils le scintillement régulier des étoiles.

Ma douce nuit ! Tu as le timbre de voix rétif à tout ce qui n’est pas l’opéra de l’invisible. Mon amour, je te veux et je t’aime. Aimer, Simple et déroutant vocable, pauvre et perdu dont l’odieuse indigence en pleine mendicité s’affiche sur les chemins déraisonnables de mon avenir pré-poétique.

Pourtant, tu me le signes de ton regard comme une chouette-effraie entre deux proies barbouillées de sépulcre et soudain, sous tes serres, je comprends et je réalise que dans ton nid de plaintes et de râles je demeure ton scribe d’amour. Un scribe d’amour tatoueur de rêves doté d’une expression parfois si servile…mais authentique.

J’ai trouvé mon exil sur tes lèvres en radeau de musique et d’extase.

Baiser ou embarcadère ?

En quête de mots sexués, en violeur de ténèbres, moi vadrouilleur à l’assaut dans mes vers ahuris, j’ai défloré entre deux nuages couchés sur un récif l’enjambement cristallin d’un cri pianoté par la mer : TOI, ma muse, ma mélodie, mon parfum, mon étoile, ma soie vespérale, nue et offerte, aux hanches d’iris, sauvage et chevaucheuse de lune, dansant pour moi et la symphonie des vents au rythme des vagues vertes et opales. TOI, mon poème prélevé dans mes abîmes vierges, dans les insurrections folles de ma verge onirique.

Pour tout cela, ma nébuleuse aux yeux des odyssées vertes dont la couleur rappelle les souks nabatéens, le manioc et le safran pâle, il me reste et il me restera à jamais l’envie et le goût aventureux de te faire l’amour sur le quartier pulpeux d’une lune ou d’une orange ; de te baiser… oh oui te baiser aussi et surtout avec ma foi de chaman entre office et sacrement dans l’interstice venimeux des crocs d’un cobra.

Pulsar de mes jardins intérieurs, je te languis déjà après avoir quitté il y a tout juste une heure le petit havre de stances posé sur ton cou délicat.

La rancœur hormonale ne me fera pas abdiquer malgré la distance qui nous sépare.

La nuit se disloque, elle mouille sur mes lèvres sèches.

Je n’ai plus que ton goût dans la bouche…

Posté(e)

Un texte en prose surprenant (dans le bon sens du terme) de votre part et qui a su me séduire, bravo @Frédéric Cogno !

Posté(e)

De la très belle écriture. Un hymne amoureux qu'on découvre au départ idyllique et suave, mais la suite nous en délivre une vision plus âpre, plus violente, voire sexuelle. Néanmoins, le langage reste à la hauteur, quelle que soit l'affect exprimé. Sur le plan stylistique, c'est remarquablement fluide. De la prose véritablement poétique qui nous entraîne dans une extase onirique.

Posté(e)
  • Administrateur

Une prose magnifique Frédéric qui confirme le ressenti que j'avais eu lors de votre précédent sujet lui aussi en prose : la prose vous sied fort bien 🙂 

Posté(e)

Je partage les commentaires de @Ferrandeix et @Eathanor 

Modifié par Invité

Posté(e)
  • Semeur d’échos

Verbe enchanteur que celui de Frédéric, que ce soit prose ou vers.

Posté(e)

Séduite et admirative de ce talent que tu as, de la finesse dans l'émotion et de cette imagination omniprésente.

L'inspiratrice de cette superbe lettre doit être comblée ! Bravo...tu me laisses toujours sans voix @Frédéric Cogno
 

Modifié par Epicene

Posté(e)

Bonjour Frédéric je retrouve avec bonheur ton écriture qui me charme toujours au plus haut point. Chaque mot se savoure avec délectation, un grand bravo ! 

Posté(e)

Un beau poème, sûrement, avec beaucoup de beaux passages, mais trop longs à mettre ici, mieux vaut relire le texte. Un de vos plus réussis, je trouve. 

  • 4 semaines plus tard...
Posté(e)

Dans quels merveilleux mondes l'on pénètre à la lecture (aux lectures !) de cette magnifique "Lettre d'errance". Les errements de l'esprit nous conduisent du constat magnifiquement évoqué de l'absence en tant que sensation éthérée :

 

"Rassure-toi, je ne vais pas narrer et narguer cette dernière, furoncle de l’ennui, camouflée derrière ma frimousse. Non, bien au contraire puisque tu es là avec mon âme, une nouvelle première fois, obtempérant à une grâce définitivement sublimée et au doigté de feu. Ô ma belle vibrante !  Dès la pétition des cendres, te voilà obole de la nuit. Ma nuit. Nuit ou flamme ?"

 

pour faire monter le sang du désir charnel sans vulgarité aucune où l'acte d'amour contient lui-même une portée spirituelle 

 

"Pour tout cela, ma nébuleuse aux yeux des odyssées vertes dont la couleur rappelle les souks nabatéens, le manioc et le safran pâle, il me reste et il me restera à jamais l’envie et le goût aventureux de te faire l’amour sur le quartier pulpeux d’une lune ou d’une orange ; de te baiser… oh oui te baiser aussi et surtout avec ma foi de chaman entre office et sacrement dans l’interstice venimeux des crocs d’un cobra."

 

Une très belle correspondance. Bravo @Frédéric Cogno

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