[Clip musical] Orbital Lounge
Avec Orbital Lounge, j’ai moins voulu composer une vidéo qu’une atmosphère. Raconter une histoire de science-fiction au sens classique ne m'intéressait pas. Nulle intrigue, nulle résolution. Ce qui m’intéressait était ailleurs : dans la recherche d’un monde suspendu, silencieux et presque déserté, mais luxueux, où le regard glisse d’un salon orbital à une piscine lunaire, d’un bar chromé à une baie vitrée ouverte sur les étoiles. J'ai tenté d'explorer une solitude qui ne soit ni noire, ni tragique, mais élégante et presque choisie. Cette solitude, certains l'apprécient. Elle est celle qui ne crie pas, mais qui demeure, se tenant dans un rideau qui bouge à peine devant une baie cosmique.
L’univers visuel d’Orbital Lounge assume de puiser dans le rétrofuturisme pulp, le mid-century sci-fi, le Space Age et l’Atomic Age. Ce trouble temporel permet d'imaginer le futur non pas tel que nous le concevons aujourd’hui, mais tel qu’il aurait pu être rêvé depuis les années 1950-1960.
Rêvons un peu : ce futur-là n’est ni sale, ni militarisé ou post-apocalyptique. Bien au contraire, il est séduisant, imaginant des fusées élégantes, des salons panoramiques, des motels lunaires, des piscines turquoise sous verrière, des bars silencieux et des stations orbitales conçues comme des palaces.
Ce n’est pas un futur probable. C’est un futur rêvé.
Et c’est précisément ce qui m’intéresse : cette manière qu’a le rétrofuturisme de produire une nostalgie paradoxale, la nostalgie d’un avenir qui n’a jamais eu lieu.
Une vidéo sans récit linéaire
J’ai conçu cette vidéo comme une suite de tableaux où chaque image devait pouvoir se suffire à elle-même, comme une photographie ancienne retrouvée dans l’album d’un futur impossible.
Aucun personnage principal si ce n'est l’absence elle-même.
Vous le verrez. Les lieux semblent attendre quelqu’un. Une chambre est prête. Un verre est posé. Une silhouette traverse parfois le fond d’un lounge avant de disparaître. Rien n’est expliqué, rien n’est appuyé. Vous pouvez imaginer ce que bon vos semblera : un rêve, un souvenir, une solitude choisie ou subie.
Je tenais à cette ambiguïté qui permet à la vidéo de ne pas se fermer sur un sens unique.
Des lieux trop beaux pour être vraiment habités
Ce qui m’a guidé, c’est aussi l’idée de lieux presque trop parfaits. Des salons sans désordre. Des piscines sans nageurs. Des bars sans conversations. Des chambres sans sommeil. Des terrasses sans voix. Tout est propre, calme, réglé, lumineux. Et c’est justement cette perfection qui finit par créer l’étrangeté.
Pour une fois, contrairement à ce que j'affectionne souvent, je ne voulais pas d’un univers inquiétant. Rien ici ne relève de l’horreur. Mais cela n'empêche pas le vide d'agir en transformant le glamour en mélancolie.
Dans Orbital Lounge, la solitude n’est pas montrée par des visages ou des gestes dramatiques, mais elle naît du décalage entre le luxe des lieux et leur silence. Entre les promesses d’un futur radieux et l’impression que quelque chose, ou quelqu’un manque toujours.
Une rêverie entre image, musique et IA
Ce projet s’inscrit aussi dans ma démarche actuelle autour de l’image générée, de la vidéo et de la musique assistées par IA. Ce qui m’intéresse dans ces outils n’est pas seulement leur capacité à produire vite, mais leur capacité à permettre la construction d’univers cohérents, à condition de les diriger avec précision.
L’IA ne remplace pas l’intention. Elle amplifie ce qu’on lui donne. Si l’intention est floue, le résultat le sera aussi. Pour Orbital Lounge, il a donc fallu définir les motifs et penser les transitions tout en contrôlant les dérives pour préserver une identité visuelle forte d’une image à l’autre.
La création n’a pas consisté à demander “de belles images de science-fiction”, mais à construire un monde avec ses couleurs, ses matières, ses silences, ses absences.
En conclusion
Regardez cette vidéo comme vous traverseriez paisiblement un rêve.
Orbital Lounge parle surtout d’un état intérieur, ce moment où l’on se tient à distance du monde pour mieux écouter ce que le silence fait apparaître.
Nb. Avec mes excuses pour le titre en anglais, retenu afin de toucher un public plus large sur les réseaux sociaux.
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