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Créer avec l’IA : une affaire de dialogue et de vertige

31 juil..jpgQuand l’imaginaire rencontre la machine, entre émotion, doute et création assumée

Il y a encore peu, j’écrivais sans pouvoir illustrer mes mondes. J’écoutais de la musique en rêvant d’images qui n’existaient pas. Je visualisais des scènes entières que je n’ai jamais su dessiner. L’IA a changé cela. D’abord timidement, puis avec de plus en plus de justesse, elle m’a offert une manière d’incarner ce que j’imagine, sans pour autant remplacer la part humaine. Elle m’a donné un outil de création hybride permettant de prolonger mon intuition.

Mais avec elle sont venues des questions profondes : qu’est-ce que créer aujourd’hui ? Peut-on encore parler d’art lorsqu’une machine intervient ? Que reste-t-il de l’auteur dans un processus partagé avec un algorithme ? Ce sont ces interrogations, vécues de l’intérieur, que je souhaite poser ici, en tant que poète, sculpteur d’idées et en tant qu’individu, tout simplement traversé par l’envie de créer

L’IA, une réponse à une frustration ancienne

J’ai commencé à intégrer l’intelligence artificielle dans ma pratique artistique il y a environ trois ans. Ce fut d’abord par l’image. Je ne sais pas dessiner, incapacité qui a toujours été source d'une immense frustration. J’avais en moi des mondes mais je ne pouvais pas les représenter. Les écrire, oui. Mais les visualiser, non. L’IA est donc arrivée pour combler un manque. Au début, les résultats furent décevants. Puis les outils ont évolué, et moi avec. Peu à peu, une maîtrise s’est installée. J’ai appris à dialoguer avec l’IA, la guider et surtout, à me laisser surprendre par elle.

Un dialogue fertile et un rôle clair

Je vois l’IA comme un assistant créatif, non comme un moteur autonome. Le dialogue est bidirectionnel : je donne des instructions, je corrige mais je n’hésite pas non plus à lui demander de me questionner, de me pousser plus loin. C’est un travail de sculpture d’idées. Et même si je m’appuie sur une machine, c’est bien moi qui décide.

L’IA m’aide à explorer des univers qui me sont chers : le gothique, le surréalisme, les ambiances sombres, mystérieuses, un peu hantées. J’y injecte mes obsessions, mes angoisses. Mais je reste fidèle à ce que je ressens. Je ne crée pas pour plaire à une communauté, ni pour "répondre à la tendance". Je suis mon propre fil.

L’abondance ne fait pas l’émotion

Ce que je vois parfois dans les galeries IA me laisse froid. Beaucoup d’images circulent sans but. En vain, j'y cherche une âme. L’abondance ne fait pas la qualité. Générer n’est pas créer. Sans émotion, il ne reste qu’un décor vide. Moi, j’essaie, à mon modeste niveau, de transmettre quelque chose de vrai. Un vertige. Une chaleur. Un malaise. Une beauté trouble. Ce que chacun en reçoit, je ne le contrôle pas. Mais je le cherche.

Un art… ou pas ?

Douter est ma seconde nature et en matière d'IA, cela est encore plus vrai. Je me demande souvent si je suis encore l’auteur. Après tout, ai-je le droit de parler d’art ? Cette question me hante plus encore en poésie, domaine dans lequel je me sens un peu plus légitime. Je peine à qualifier mes images générées comme des œuvres d’art. Et pourtant… elles portent une intention, une émotion. Elles proposent un regard. Leurs racines puisent dans quelque chose de sincère.

Aucune œuvre ne naît du néant. Tout créateur est nourri par d’autres. L’IA, dans ce sens, ne fait pas exception. Elle s’inscrit dans cette chaîne. La seule vraie différence, c’est sa rapidité, sa capacité à proposer, à composer à partir de modèles. Mais pour que cela devienne une œuvre, il faut y mettre une présence humaine qui puisse s'incarner dans une exigence.

Créer oui, mais surtout, dire

Ce qui me semble crucial, c’est d’assumer l’usage de l’IA. Je le dis, à chaque fois. Je précise quand une création a été générée, même partiellement car cela ne doit pas être une honte mais juste un devoir d’honnêteté. Une création IA n’est pas moins valable qu’une autre mais il faut en connaître l’origine. Le spectateur ou le lecteur doit pouvoir situer ce qu’il regarde. Pus qu'une simple question de valeur, il s'agit de vérité.

Vers quoi aller ?

L’IA a fertilisé ma pratique, me poussant à explorer des territoires que je n’aurais jamais osé aborder seul. Elle m’a permis de rêver autrement. Je dois cependant avouer garder un certain recul , surtout en poésie. Là, je n’ai pas envie de lâcher la bride. Peut-être parce que c’est le lieu où je me sens le plus moi-même. Pourtant je sais que l’IA est déjà là. Elle écrit. Elle compose. Elle imite. Et parfois, n'ayons pas peur de l'admettre, elle sait toucher juste.

Interdire l’IA serait absurde. Elle est là et ne disparaîtra pas. Autant l’apprivoiser et la connaître plutôt que de la fuir.

D'après moi, créer avec l’IA n’est pas renoncer à l’art mais le redéfinir sans cesse. C’est composer avec un autre regard, plus vaste et instable, mais toujours nourri d’humain. C’est faire le pari que l'humanité peut encore passer, même à travers les circuits froids d’une machine.

En fin de ce billet, vous pouvez trouver ma galerie Créations mentales qui regroupe certaines de mes images créées avec l'assistance d'une intelligence artificielle (IA).  Pour les vidéos, cela se trouve sur ma chaîne YouTube https://www.youtube.com/@eathanor/


Images

  1. La tour aux corbeaux
  2. Élégie du héron
  3. Descente dans la folie
  4. Les jumelles
  5. Rêve parmi les tissures du Temps
  6. Le dernier repos
  7. Chute d'un Dieu oublié
  8. Puzzle de l'identité humaine
  9. Tempête sur les mers oubliées
  10. Marche des souverains mystiques
  11. Les gardiens de l'obscurité
  12. Chemin au clair de lune
  13. Vue de l'esprit
  14. Réalité fragmentée
  15. Se noyer dans ses rêves
  16. Muse galactique
  17. Le château onirique
  18. Le donjon de la chute rouge
  19. Reflets de rose : Les mystères du lac écarlate
  20. L'oeil universel
Voir l'intégralité de l'album Créations mentales

16 Commentaires

Commentaires recommandés

Joailes Plume expérimentée

Joailes

Membre

Posté(e)

IA et céativité : héritage ou menace ?


Curieuse de nature, je me documente activement en ce moment sur cette incroyable avancée avec des podcasts et ouvrages sérieux ; si j'étais très réticente au début, (peur des dérives surtout. Car tout est là.) je n'ai pas l'esprit fermé de ceux qui condamnent sans chercher plus loin.

Je sais qu'il faut vivre avec son temps et intégrer le progrès, comme je l'ai fait autrefois, doucement, en passant de la machine à écrire à l'ordinateur ... et Internet !

Je recommande, à ce titre, le podcast de 86 épisodes sur France Inter "Le code a changé" de Xavier Delaporte, et les articles de blog de Olivier Ertzscheid "caméraI café sucré à l'IA", (affordance-info) entre autres.

 

Tes paroles soulèvent des points essentiels pour un débat sur l'IA et la création, en particulier dans le domaine artistique ou littéraire.

Voici quelques angles d'analyse que j'ai développés dans mon étude en cours :

L'IA comme héritière de la tradition créative :

l'argument rappelle que toute création s'appuie sur des influences passées (aucune œuvre ne naît du néant).

L'IA fonctionne effectivement par apprentissage à partir de données existantes (textes, musiques, tableaux …).

On pourrait en discuter indéfiniment !

En quoi cela diffère-t-il de l'inspiration humaine ?

Un artiste recompose aussi des influences, mais avec une intention subjective.

La question de l'originalité : l'IA ne crée pas ex nihilo, mais produit des combinaisons nouvelles. Est-ce fondamentalement différent de la créativité humaine ?

 Rapidité et absence de filtre humain :

la vitesse de production de l'IA est un atout (prototypes, variantes), mais soulève des questions :

la curation comme acte créatif : l'IA génère, mais c'est l'humain qui sélectionne et affine. (pas de copié-collé, mais un formidable équipier)

Faut-il considérer l'utilisateur de l'IA comme le vrai créateur ?

Risque de saturation : si l'IA produit massivement, comment préserver la valeur symbolique d'une œuvre ?

 L'exigence humaine, condition sine qua non :

le passage clé est "il faut y mettre une présence humaine."

Cela ouvre des pistes :

L'IA comme outil : comparable à un pinceau ou un logiciel de MAO, elle ne vaut que par son usage.

La dimension intentionnelle : une œuvre est-elle légitime si elle naît d'une commande algorithmique sans émotion ? Peut-on parler d'œuvre sans projet derrière ?

Éthique et responsabilité : qui est l'auteur ? Celui qui entraîne l'IA, celui qui la paramètre, ou l'IA elle-même ?

 Contre-arguments possibles :

L'IA peut-elle développer une exigence ? Certains systèmes (comme AlphaGo) ont inventé des stratégies inédites. Quid d'une IA qui dépasse ses modèles ?

La notion de présence humaine est-elle floue ? Un artiste qui utilise l'IA de manière marginale doit-il être jugé différemment ?

Pour illustrer le débat :

Pro-IA : le projet DALL-E 2 ou ChatGPT utilisé par des écrivains pour briser la page blanche.

Anti-IA : les polémiques sur les voix clones en musique (ex : fausse chanson de Drake/Weeknd générée par IA, clip musical qui a obtenu plus de dix millions de vues) ou les plagiats involontaires (ou pas), dans les images et les textes.

Conclusion possible :

Ces paroles défendent une vision humaniste de l'IA : un outil puissant, mais subordonné à l'intention et au jugement humain.

Le débat pourrait porter sur la frontière entre assistant et co-créateur, et interroger ce qui fonde la valeur d'une œuvre (processus ou résultat ?).

On peut aussi opposer cette vision à des positions plus radicales (exemples : les transhumanistes pour qui l'IA finira par devenir autonome, ou les critiques qui y voient une menace pour l'emploi artistique).

J'ai fait un parallèle entre l'IA et les chiens :

cette analogie permet en effet d'éclairer le débat sous un angle frappant.


Un berger allemand peut être chien d'aveugle ou chien d'attaque selon son dressage.

De même, une IA peut générer des poèmes (ce qui défigure, à mon sens, la valeur de l'essence même de la poésie) ou des deepfakes haineux. (et voilà les dérives !)

Dépendance au maître :
Un chien non éduqué devient dangereux par négligence (pitbulls dressés pour combattre).
De même, une IA mal paramétrée amplifie les biais (par exemple, parmi tant d'autres, recrutement sexiste d'Amazon en 2018).

Responsabilité indirecte :
On ne reproche pas à un chien de mordre, mais à son propriétaire de l'avoir rendu agressif.
De même, on devrait sanctionner non l'IA, mais ceux qui la manipulent mal ou avec des intentions de tricher ou de nuire.


Il n'y a pas de mauvaises IA, que de mauvais humains !

Les 3 types de maîtres toxiques de l'IA :

Les inconscients :

Utilisent l'IA sans comprendre ses limites (exemple : médecins suivant aveuglément des diagnostics algorithmiques erronés, ce qui peut être très dangereux).

Comparaison : comme un maître qui laisse son chien sans laisse près d'une école.

 Les opportunistes :

ils exploitent les failles pour du profit (exemple : entreprises remplaçant abusivement des employés par des chatbots).

Comparaison : comme ceux qui font des combats de chiens clandestins.

 Les malveillants :

ils arment délibérément l'IA (exemple : hackers créant des ransomware via ChatGPT).

Comparaison : comme les terroristes dressant des chiens comme bombes vivantes.

Obligation de transparence (watermarking des contenus IA, comme le prévoit l'UE).

Interdiction des usages dangereux (lois contre les armes autonomes).

Comparaison : comme la loi obligeant à tenir en laisse et à museler les chiens dangereux.

Cours d'éthique numérique dans les écoles (apprendre à interroger ChatGPT et à l'utiliser à de bonnes fins).

Certifications pour les développeurs (équivalent du permis de détention d'animaux à risque).

Comparaison : comme les stages obligatoires pour propriétaires de pitbulls.

Pistes :

Blockchain pour tracer l'origine des données d'entraînement.

Journaux de bord des IA (comme les puces vétérinaires).

Comparaison : comme le fichier national canin.

Limites de l'analogie

Une différence cruciale :
un chien a une conscience limitée, tandis qu'une IA n'a aucune intention. Elle est un miroir déformant de l'humanité, y compris de ses pires travers.

Un risque supplémentaire :
Contrairement aux chiens, les IA peuvent se répliquer à l'infini (exemple : propagation virale de deepfakes).

Cas pratiques : quand l'analogie éclaire des solutions.

Problème : des États utilisent l'IA pour surveiller les minorités.

Solution canine : comme les lois anti-cruauté envers les animaux, créer des tribunaux internationaux pour les crimes algorithmiques.

Conclusion : vers une société protectrice des IA ?

Mon analogie révèle une vérité profonde : la technologie n'est qu'un amplificateur d'humanité.

Pour éviter les dérives, il faut : reconnaître que l'IA n'est qu'un outil (comme un chien n'est qu'un animal).

Sanctionner sévèrement les mauvais usages (comme on punit les maîtres négligents).

Éduquer massivement à l'empathie numérique.

Débat ouvert :

Faut-il un permis de conduire pour utiliser des IA avancées ?

Peut-on imaginer des IA chiens de garde pour surveiller les autres IA ?

Et si la vraie question était : sommes-nous collectivement assez mûrs pour domestiquer cette nouvelle espèce technologique ?

Cela fait beaucoup de questions, et sans doute toutes ne trouveront pas réponses, mais tout ceci est passionnant !

Merci pour ce post qui est une partie éclairante sur l'usage intelligent que l'on peut faire de l'IA.

Tu expliques fort bien :

"D'après moi, créer avec l’IA n’est pas renoncer à l’art mais le redéfinir sans cesse. C’est composer avec un autre regard, plus vaste et instable, mais toujours nourri d’humain. C’est faire le pari que l'humanité peut encore passer, même à travers les circuits froids d’une machine."


Eobb Plume affirmée

Eobb

Membre

Posté(e)

Questionnée sur le sujet par Daniel juste avant qu'il ne soit banni alors que je revenais sur le site après une pause, voilà ce que je lui ai répondu :

L'IA.

Elle est là et tant que les moyens technologiques sont là pour elle, elle va grandir sans que l'on sache où débute la créativité avec ou sans elle.

Je ne l'utilise pas.

Je chante souvent mais je n'ai pas le talent chanteuse, je m'invente des mélodies avec des paroles mais je ne sais pas écrire la musique. Si je demande à l'IA de m'écouter et de traduire en notes, est-ce tout de même ma création ?

Si je ne chantais pas, si je ne m'inventais pas de mélodies et que je demandais à l'IA de créer une composition vocale et musicale pour accompagner un de mes poèmes, serait-ce un glas qui sonne pour les auteurs compositeurs et interprètes ? Devrais-je plutôt solliciter une personne qui aurait ces talents ?

Je pense que les deux peuvent et vont devoir cohabiter avec la mention "IA" quand cette technologie est utilisée.

Pour l'instant je ne suis pas tentée, peut-être le serai-je plus tard et sûrement cette facilité me conviendra. Je continuerai cependant de chanter et d'inventer les mélodies de la journée. Ensuite je demanderai à l'IA d'optimiser toutes mes actions, de les faire à ma place et le poète "crayon papier", le musicien "instrument, portée" auront disparu. Le cerveau humain prendra le chemin du surpoids par manque d'activités mais dans le sens opposé, il va rétrécir. J'imagine des humains "ballon" avec une tête "épingle".

Nous somme peut-être des gardiens d'un autre espace-temps.

Joailes Plume expérimentée

Joailes

Membre

Posté(e)

"Si je ne chantais pas, si je ne m'inventais pas de mélodies et que je demandais à l'IA de créer une composition vocale et musicale pour accompagner un de mes poèmes, serait-ce un glas qui sonne pour les auteurs compositeurs et interprètes ? "

je ne pense pas (après mûre réflexion), car ceux qui ont réellement du talent ne sont pas pour autant reconnus à leur juste valeur : peut-être n'entendront pas le glas ... puisqu'ils n'ont pas entendu les trompettes de la renommée ...

(ou à titre souvent posthume.)

Tout est une question de temps : chante, invente des mélodies, écris des poèmes ... et puis un jour, l'espace s'élargit et la curiosité va plus loin.

Sophie Plume habituée

Sophie

Semeur d’échos

Posté(e)

  • Semeur d’échos

D'après moi, créer avec l’IA n’est pas renoncer à l’art mais le redéfinir sans cesse. C’est composer avec un autre regard, plus vaste et instable, mais toujours nourri d’humain. C’est faire le pari que l'humanité peut encore passer, même à travers les circuits froids d’une machine.

Rêver autrement, j' aime infiniment ces mots, @Eathanor

Mais pour que cela devienne une œuvre, il faut y mettre une présence humaine qui puisse s'incarner dans une exigence.

Cela est si vrai... @Eathanor C'est l'élément fondateur de la création.

Art ou pas... Seul, l'avenir tranchera.

Qu'est-ce que l'art, au fond ?

L'art est une activité créatrice. Il est lié à la question du beau et de l'universalité.

Il permet de transcender ses limites, de se réapproprier le monde et tant encore...

Je dessine et je peins depuis toujours. Pourtant, je commence à m'intéresser à l'utilisation de l'IA dans ce domaine sans jamais abandonner

mon amour du crayon et du pinceau. Nous ne cessons d'apprendre.

Avec l'IA, c'est créer et penser autrement.

L'intention préside toujours à la création.

L'art demeure l'expression d'une émotion.

A mon sens, c'est une nouvelle forme d'art.

Je pense que nous ne sommes qu'au début de cette révolution.

Joailes Plume expérimentée

Joailes

Membre

Posté(e)

Intéressant :

En pleine tournée promotionnelle du livre GHOSTS OF HIROSHIMA, que James Cameron adaptera à l’écran, il s’est exprimé sur son ressenti face à l’utilisation de l’IA à des fins militaires.

Bien que le réalisateur soit curieux des multiples usages de l’IA, il évoque son inquiétude sur sa place dans l’armement, et rappelle les dérives avec son propre film TERMINATOR : « Je pense qu’il existe toujours un danger d’une apocalypse à la Terminator, où l’on associerait l’IA à des systèmes d’armement, y compris jusqu’aux armes nucléaires et aux systèmes de contre-attaque nucléaire. »

James Cameron reste quand même ouvert à l'utilisation de l’IA, notamment pour l’optimisation des tâches relatives au cinéma et la réduction des coûts pour les blockbusters : « Il faut qu’on trouve comment réduire les coûts de moitié. Et ça ne veut pas dire licencier la moitié des équipes dans les studios d’effets spéciaux. Il s’agit plutôt de doubler la vitesse d’exécution sur chaque plan, d’accélérer le rythme et le cycle de production, pour que les artistes puissent passer plus vite à d’autres projets intéressants… puis encore à d’autres. C’est un peu ma vision des choses. »

L’adaptation de GHOSTS OF HIROSHIMA par James Cameron, est prévu pour une sortie en 2027.

(Senscritique.com)

Eathanor Plume habituée

Posté(e)

  • Administrateur
Il y a 4 heures, Joailes a écrit :

En pleine tournée promotionnelle du livre GHOSTS OF HIROSHIMA, que James Cameron adaptera à l’écran, il s’est exprimé sur son ressenti face à l’utilisation de l’IA à des fins militaires.

Oui, j'ai entendu cela il y a peu. Voici une vidéo résumant son propos et sa pensée sur le sujet :
L'avertissement de James Cameron : IA et armes, une apocalypse à la Terminator ?
Je partage son inquiétude sur les dérives potentielles d'une IA qui serait greffée sur les armes nucléaires. Je crois malheureusement que c'est une évolution inévitable...

Joailes Plume expérimentée

Joailes

Membre

Posté(e)

A propos de l'IA employée en musique, je viens de lire cet article très intéressant que je vous partage ici : https://www.letemps.ch/videos/actualite/en-video-savez-vous-reconnaitre-un-morceau-genere-par-l-ia

Toujours très controversé, bien entendu.

"Cette accélération pose des questions éthiques majeures. Les modèles d’IA sont entraînés sur des catalogues entiers d’œuvres protégées, sans consentement des auteurs. Certains prônent la transparence et voudraient que les morceaux générés par l’IA soient clairement indiqués comme tels. Plusieurs artistes, dont Paul McCartney, Kate Bush ou Hans Zimmer publient d’ailleurs un album quasi-silencieux pour dénoncer un projet de loi facilitant l’usage des œuvres par l’IA."

Nâau Plume régulière

Nâau

Membre

Posté(e)

Merci Joailes pour cette info intéressante…

Qui a créé quoi ? Création ou spoliation ?

Création par inspiration..

je ne suis pas à l’aise avec le terme « d’œuvre » générée par une IA…

Une œuvre (du latin opera : « travail ») est l'objet physique ou virtuel résultant d'un travail anthropique, c'est-à-dire réalisé par l'Homme, ou plus généralement d'interactions naturelles.😉🙃

Joailes Plume expérimentée

Joailes

Membre

Posté(e)

Je comprends tout à fait ton point de vue, et tu as raison de souligner l’étymologie du mot œuvre, qui renvoie traditionnellement à un travail humain.

C’est justement pour cela que le terme peut sembler déplacé lorsqu’on parle de productions issues de l’intelligence artificielle.

Cependant, le langage évolue avec les réalités qu’il décrit.

Aujourd’hui, on utilise le mot œuvre dans un sens élargi pour désigner un résultat créé, même lorsqu’il y a une part d’automatisation ou de collaboration avec des outils technologiques.

Une photographie est considérée comme une œuvre, bien que l’appareil joue un rôle technique essentiel.

De même, une œuvre générée par IA reste le fruit d’un processus créatif initié et supervisé par un être humain : choix du sujet, des instructions, de la composition, etc.

Si le terme te dérange, on peut préférer des expressions comme création IA, production algorithmique ou image générée, qui reflètent peut-être mieux la nature de ce processus.

L’important est de reconnaître que derrière chaque résultat, il y a une intention humaine : même si l’outil a une part d’autonomie ?

Un outil peut être très utile ; hélas, il y aura toujours des dérives ... Merci @Nâau pour cette intervention très judicieuse.

Nâau Plume régulière

Nâau

Membre

Posté(e)

Bonsoir Joailes,

Merci de ce retour 😃

Pourquoi pas opter pour « PIA » 🤪 : Production Intelligence Artificielle

ou PIAF : Production Artificielle Formatée 😅

Je blague 🙃

Production Algorithmique c’est pas mal 👌

Bonne soirée Joailes et vive la création poétique purement humaine avec tout ce qu’elle a « d’humain », sensibilités imperfections… le plus beau de nous mêmes inspiré des profondeurs du mystère de l’inspiration 😌

Errances Plume montante

Errances

Membre

Posté(e)

Bonjour à toutes,

Très intéressant débat.

Oui, il faut vivre avec son temps, et comme toujours une nouvelle technologie implique des dérives.

J'utilise l'IA musicale. Je me suis posé beaucoup de questions avant de l'utiliser.

Parce que je connais des artistes, musiciens, peintres, sculpteurs, artites de rues.

Et j'adore la musique. Mais je n'ai aucune formation musicale, le solfège est un gros mot...

Pourtant, je suis passé à la création IA pour la musique. Uniquement la musique. Parce que la musique possède une vibration qui fait trembler, frissonner, dans le meilleur des sens, mon être.

Cet utilisation, je la vois comme une maquette, qui me permettrait de voir ce qui me plairait dans un de mes textes basculé en chanson. Une maquette en quelque sorte. Et je ne diffuse peu, à des amis qui connaissent ma part créative, à mes filles.

Le but, si l'entreprise se fait en réel, sera de sortir une vraie composition avec un chanteur ou une chanteuse, un groupe de musiciens ou musiciennes.

Aujourd'hui, je n'ai qu'une chanson écoutable en ligne, pour lire les retours.

Et dans le processus créatif, comme je suis loin de posséder toutes les ficelles de la création sur IA, j'apprends, je modifie, j'efface, je recommence.

Mais je préfèrerai, avoir un échange avec des musiciens ou des musiciennes pour de la création. Est-ce que ce sera un échange ? Devrais-je les payer ? Et là, l'IA, au niveau où je l'utilise, est gratuite.

L'utilisation de l'IA, pose la légitimité de l'artiste. Comme à la naissance de la musique "électronique", des artistes qui mixent, qui samplent.

J'ai un ami qui bossait à son compte dans les arts graphiques. Depuis, l'IA, il est au chômage. Plus de contrats, plus d'appels. Même les mairies. Et pourtant, cela faisait 20 ans qu'il officiait dans son secteur géographique.

Joailes Plume expérimentée

Joailes

Membre

Posté(e)

Celui qui dit qu'il ne boit pas l'eau d'une fontaine moderne me paraît suspect. C'est bien d'assumer et de dire que l'IA peut servir (et même pallier) à bien des choses. Au début, j'ai fait ma rebelle et mes poils se hérissaient rien que d'en entendre parler. Le problème dans cette histoire incroyable, c'est qu'elle offre d'immenses et vastes perspectives, et qu'elle va, comme l'a fait Internet petit à petit, développer des dérives dont on n'a même pas idée.

C'est toujours pareil, si toutes les intelligences voulaient se donner la main, on pourrait faire une ronde autour du monde. Mais, (car il y a toujours un mais) yin et yang :

"J'ai un ami qui bossait à son compte dans les arts graphiques. Depuis, l'IA, il est au chômage. Plus de contrats, plus d'appels. Même les mairies. Et pourtant, cela faisait 20 ans qu'il officiait dans son secteur géographique."

Ainsi, du simple utilisateur curieux qui s'amuse à découvrir, à copiner avec une entité (pardon !) on en arrive forcément au fourbe qui y voit l'avantage pervers.

"Mais je préfèrerai, avoir un échange avec des musiciens ou des musiciennes pour de la création. Est-ce que ce sera un échange ? Devrais-je les payer ? Et là, l'IA, au niveau où je l'utilise, est gratuite."

Bien sûr, ceci explique aussi cela chez les artistes.

Vous avez en quelques secondes vos paroles mises en chanson, vous qui aimez la musique mais êtes incapable de la créer. Et c'est toujours flatteur, même si on aurait préféré échanger avec des humains !

Nul ne pourra plus maintenant se soustraire à cette emprise ; je ne serai plus là pour le voir et n'ai pas trop envie d'aller faire des pronostics sur l'avenir, même si je le vois bien robotisé.

Les poètes les plus lus comme Baudelaire ou Michaux ont abordé les drogues en observateurs critiques, parfois pour en dénoncer les illusions.

Pour d’autres, Rimbaud, Burroughs, la drogue faisait partie d’une rébellion existentielle et stylistique.

Beaucoup ont payé le prix fort : dépendance, détérioration de la santé, mort précoce.

Le débat est sans fin.

A chaque époque, on peut croire que c'est la fin du monde.

C'est juste, à chaque fois, la fin d'Un monde et puis tout recommence.

Différemment.

"Très intéressant débat." : bienvenue au club !



Thy Jeanin Plume habituée

Thy Jeanin

Semeur d’échos

Posté(e)

  • Semeur d’échos

Un débat nécessaire et très intéressant, sur un fil dont je viens juste de prendre connaissance. Je n'ai pas de réponse définitive, personnellement. A priori, l'IA m'horrifie. Parce qu'elle est en principe, me dis-je, un dévoiement de l'authenticité humaine, un sournois encouragement à la démission, à la paresse. Et pourtant...

Je me souviens de ma réaction négative lorsque, à seize ans, mélomane passionné, je découvrais la musique contemporaine et, dans la foulée, Iannis Xenakis. On disait au dos du disque que le compositeur s'aidait des algorithmes d'un ordinateur. Objet encore rare à l'époque. "Donc, cet homme n'est pas créateur, c'est l'ordinateur qui fait tout!" m'insurgeais-je, déçu. Et pourtant...

Les surréalistes prétendaient (non sans hypocrisie) confier tout à leur inconscient (existe-t-il seulement?). Les classiques (Ronsard, par exemple, mordicus) et bien des romantiques, affirmaient que l'inspiration leur venait de Dieu. Ils n'étaient que sa plume. Alors: créateurs ou imposteurs?

Surtout (sur ce point je rejoins l'analyse de Guillaume qui me paraît pleine de clairvoyance): si puissant et autonome soit-il, l'ordinateur n'est qu'une super-plume ultra-perfectionnée, pour ainsi dire, mais l'auteur est son maître. C'est ce qui fait que si aujourd'hui presque tous les compositeurs contemporains se servent couramment de l'outil numérique, la musique de Xenakis ne ressemble à aucune autre et que son écoute émeut autant une oreille humaine qu'une œuvre classique. Et pourtant...

Dans des domaines esthétiques particuliers, l'IA continue de me poser problème:

  • en matière de peinture et de sculpture, j'ai du mal à concevoir que la main se contente d'un clavier. Elle me semble essentielle: la touche, la patte sont-elles remplaçables? Rien à voir avec une main sur un clavier. Je ne peux dire pour autant que figurée ou réalisée par une tierce machine, une œuvre ne soit pas d'art. C'est un autre niveau. Reste à débattre: moins de mérite? Par rapport à quel critère? La seule tradition?

  • dans le cas de l'écrivain et du poète, évidemment que plume ou clavier, cela revient à utiliser sa main de manière équivalente (quoique... adieu, ô calligraphie et style personnel d'écriture), mais le trajet des neurones à celle-ci est modifié: la conception ne se fait pas de la même façon. Or, est-il plus grave de confier une part même importante de la forme et du fond à l'ordinateur que de s'aider d'un dictionnaire des rimes ? Je ne parle pas du dialogue intertextuel, parce qu'il relève de l'intention de l'auteur. C'est recevable, tandis que l'IA qui vous aide à écrire, ne l'oublions pas, pille tant de sources qu'il n'est pas interdit de la considérer comme un plagiaire de grande envergure. Et pourtant... vous aussi, même sans l'IA, puisque la culture mondiale hante votre mémoire. Même inconsciemment, vous y puisez.

Je ne me précipite donc pas dans le débat parce que je n'ai pas de réponse définitive. Dans le cas de l'IA comme sur tout autre sujet, il n'y a pas de vérité unique, mais une infinité de nuances à faire pour tenter de s'approcher de la pertinence.

Pour ma part, le choix est clair: je refuse tout appui de type IA quand je crée. Je veux que ma créativité soit authentique de A à Z, c'est-à-dire qu'aucun mot, aucune idée, aucun signe de ponctuation, aucune forme poétique ne me soit soufflé par une machine mimant l'humain. L'idée qu'un robot fasse la moitié du travail, moi qui parle de l'humain dans mes textes, m’écœure et me fait honte, comme si je trompais mes lecteurs.

Et pourtant... je ne refuse pas (même si c'est rare) le dictionnaire des rimes, ni ne dédaigne, nécessairement, de me nourrir... aux mêmes sources que l'IA.

Joailes Plume expérimentée

Joailes

Membre

Posté(e)

Le 27/12/2025 à 11:45, Thy Jeanin a écrit :

Pour ma part, le choix est clair: je refuse tout appui de type IA quand je crée. Je veux que ma créativité soit authentique de A à Z, c'est-à-dire qu'aucun mot, aucune idée, aucun signe de ponctuation, aucune forme poétique ne me soit soufflé par une machine mimant l'humain. L'idée qu'un robot fasse la moitié du travail, moi qui parle de l'humain dans mes textes, m’écœure et me fait honte, comme si je trompais mes lecteurs.

Quand on assume aussi sincèrement sa position, son refus de céder à l'appel du diable (mais oui !) on peut au moins se sentir en paix avec soi-même et regarder sa plume sans honte aucune.

Et tes écrits sont si authentiques que nul n'en a douté, j'en suis bien sûre !

Errances Plume montante

Errances

Membre

Posté(e)

Je vous rejoins, @Thy Jeanin @Joailes

Écrire est pour moi un acte unique. Intime. L'IA le déflorerai. Et dans quel but l'utiliserai-je ?

C'est peut-être et sans doute prétentieux, cependant j'ai trouvé "une écriture" qui me ressemble. Et même, si parfois, je suis en peine et en panne, je préfère être muet ou mauvais que fruit d'un programme.

Joailes Plume expérimentée

Joailes

Membre

Posté(e)

Il y a 21 heures, Errances a écrit :

Écrire est pour moi un acte unique. Intime. L'IA le déflorerai. Et dans quel but l'utiliserai-je ?

Je pense à écrire dans tous les beaux sens du terme : avec une plume trempée dans un encrier, sur des feuilles de cahier ... avec le geste, le parfum, le buvard peut-être ..? Et ce poète là n'est plus ! Il tape avec ses doigts sur des lettres qui s'impriment sur un écran, magie du progrès !

Et le voilà réduit à aller encore plus loin : ne serait-il pas curieux ?

Il y a 21 heures, Errances a écrit :

je suis en peine et en panne, je préfère être muet ou mauvais que fruit d'un programme.

bravo ! Cependant, l'IA ouvre des perspectives, il faut bien le reconnaître : si tant est que vous sachiez discerner l'arbre et le fruit, l'ombre et la lumière, le yin et le yang : c'est toujours le même choix !

Je pense que chacun d'entre nous a été fortement influencé par ses lectures, par ses préférences de poésies mais toujours le cercle s'élargit : peut-on dédaigner un outil ? L'homme de la préhistoire frottait des pierres pour faire du feu, aujourd'hui il y a l'allumette ...

Totalement contre au début, je me suis dit qu'elle était inéluctable.

Alors j'ai fouillé, cherché et puis j'ai fait la part des choses.

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