«La pensée vole et les mots vont à pied.»
Julien Green

Sur la route de l’infini les pas s’ensevelissent
dans la poussière ocre au carrefour des attentes
se croisent l’est et l’ouest le nord semble ignorer le sud
les routes s’éloignent des brumes passagères
vagabondent. Je pianote je détricote
l’esprit brumaille les volutes ouatées nauséeuses
poussent l’invisible captent la source
d’un je-ne-sais-quoi d’absurde
je marche droit devant somnambule de vie
vers cette lumière acre qui décolore tout
les mouches sont vertes les blés sont rouges
mes yeux clignent s’assèchent se dérobent
à la vue dépolie entropie diptyque
les mots s’entremêlent
aux confins de l’inconscient les voitures grondent
s’enrubannent se disloquent
farandole erratique étoilée de noirceur carnivore
et des voix de muses lointaines jouent les causeuses inutiles
il y a un temps où les mots ne parlent plus
ils écoutent juste ce que l’on n’a pas dit
ou pas su dire ou mal dit
bref ils n’ont plus d’existence
plus de légitimé ils errent comme mes paupières voient
les dentelles de clochers abandonnés
adieux les volées tournantes les notes envoûtantes
tempo fatigué la vie m’empêche de sommeiller
engourdi d’images raturées noircies excavées
hors sol tendresse envolée
font la ronde dans le firmament
les cloches silencieuses observées
là-haut il se passe toujours quelque chose
quand les hommes s’entre-déchirent s’entre-tuent
pour des non-dits une querelle une frontière
une religion une terre arable un puits d’eau
que sais je encore… l’amour peut-être !
Visages de formes difformes je vois
le ciel moutonné coloré pastellisé
embruns rosés entortillés de mirages
abondamment présents ascendants
décervelés de vie s’agitent les hippocampes
célestes noyés dans l’asphalte je pars
vers un monde inconnu je pars vers toi
mon éphémère du temps vécu. Ma joie.

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