Envahies de tourments, mes nuits erraient naguère,
Transformant mon esprit en vagabond du soir,
Traînant au cœur du noir, à mon grand désespoir,
Conservant de mes jours des reflets de galère.

Insomnies, cauchemars, affres en parodies
Me sortaient hors du lit pour écrire ou pleurer ;
L’horloge et son tic-tac tentaient de m’écœurer,
Ressuscitant alors mes épreuves enfouies.

Ressentant en mon cœur battre la solitude,
Malgré ce cher époux à qui j’avais dit oui,
Mais dont les fleurs d’amour se fanaient dans l’oubli,
J’osais un premier pas vers une finitude.

Recommençant de rien, la houle prit ma couche ;
Éveils et grands sommeils s’imposant tour à tour,
Puis dame volonté vint me faire la cour :
Chaque hésitation se vit botter en touche.

Repartant d’un bon pied, effaçant chaque cerne,
Dès lors un beau galant me soutint vaillamment.
Je fis peu à peu fi du moindre bâillement,
En chassant mes démons jusqu’à les mettre en berne.

Dans un coussin moelleux, je plongeai mon visage,
Insomnies, cauchemars, je vous tournai le dos,
Je redevins l’enfant adorant ses dodos ;
Morphée, tout en douceur, me traça un sillage.

Quand, dans ces temps nouveaux, une insomnie me hèle,
Tenaillant mon esprit, cousant mes yeux ouverts,
C’est qu’au sombre d’un soir, la vie va de travers
Ou qu’une impulsion mon calame interpelle.

J’accepte en composant quand le sort se déchaîne,
Attendant qu’un bonheur enterre ce revers,
Mais si, pleine d’allant, je dessine des vers,
Je m’adonne hors du temps à cette envie soudaine.

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