C’est une longue route trouant les horizons,
Pleine de marcheurs usés jusqu’à la moelle,
Englués dans le goudron de leurs obsessions.
Bitume dans la bouche comme sur les semelles.
Les regards essorés sèchent sur la ligne d’arrêt.
Leurs iris sont épinglés dans le mur des doutes.
La courbe prend la tangente dans les yeux défaits.
Les perspectives s’enfuient, mises en déroute.
Au bord de la chaussée, des silhouettes accroupies.
Des hommes grattent les lézardes dans l’asphalte.
Dans un espoir vain, ils cherchent un pauvre pissenlit
À offrir à leur femme, cadeau d’une dernière halte. 

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