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  1. Il pleut dans le vieux cimetière, Une aube noire agenouillée Tombe l'étoffe de prière Sur le silence des allées. Des pardessus gris de nuages, Des statues velues de moisi, La veuve aux funèbres voilages Froisse les larmes de l'oubli. Ici, un reste de couronne, Des visages qui ne sont plus, L'ovale usé d'une personne Mouillée de pluie au vent perdu. Un soldat, tombé dans la Somme, Là, des brodeuses de chagrin, Oui, vous serez ce que nous sommes... Dit la plaque rouille-gredin. Un angel
  2. Il y a tant de mystères qu'emporte le vent Dans ses tombeaux de poussières Tant de cerfs-volants en détresse Et de ballons éparpillés Comme des bulles dans l'eau du ciel. Souffle-moi tes secrets, souffle donc tes histoires Vente les promesses envolées, les paroles à l'emporte-pièce Et le pollen léger que tu traînes à mes pieds Comme un poème chargé de particules en liesse. Ouvre le bal de ta danse enfiévrée Fais virevolter les feuilles en tornades Que valsent leurs robes de princesses défuntes Aux silhouettes peintes de
  3. Elle m'aime Sur les divans du soir, Les matelas fendus Sous l'arc long de ses jambes Qui dessinent un puits Où je me noie ; je l'aime Une braise aux lèvres dans la baie du désir. Elle m'aime Dans les spasmes cintrés Que tète encor ma bouche Au buvard embrasé Sur le bout de sa joie Et au creux de ses reins Où je me fonds pendu aux cordes du plaisir. Tant je l'aime Qu'en sa source brûlante Je bois tout l'inconnu D'un fleuve féminin Renversé de vertiges Explosant à l'extase Et dont la volupté suffit à m'éblouir.
  4. Le bois craque aux pas échappés courant la peur assombrie de la nuit aux petits bouts de Lune jouant sur la lame étincelle d’étoile pour une déchirure au dos de la chemise une blessure sépia s’étalant en sanguine aux bords adoucis de lymphe le souffle s’éteint les arbres vacillent le visage s’écrase dans la mousse les feuilles mortes
  5. Thierry Demercastel

    C’est un tout mais…

    C’est un tout, ce n’est rien, Une ombre claire qui va, Un sourire en déclin, Le bruit morne de nos pas. C’est un tout, presque rien, Ton front, tes lèvres sans mot, Un jour pâle qui s’en vient En un dernier sursaut.Et je regarde sans cesse Aux portes des levants, Comme on cherche une adresseEn son mystérieux chant. Ainsi tournoie l’absence, Un rêve encore enfant, Des brumes avec aisance Aimantées au néant. C’est un tout mais c’est toi, Douce, qui creuse ma douleur À cet endroit qui bat Où vibre si fort ton cœur.
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