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  1. Frédéric Cogno

    Tes yeux sur la colline

    À l'abri du bosquet qui coiffait la colline, Sur le chant d'un oiseau tu te couchas plus belle, C'était la fin du jour sur la portée câline, Ton dos couvrît le sol quand se tut la sittelle. Le doux silence vint nous scellant un langage De baisers inconnus à cent feux à la ronde, Je te faisais l'amour, nous étions seuls au monde, Rien que le vent curieux derrière le feuillage. Pour nous ficeler d'or et dans ce merveilleux, Une brise au long fil passa tout doucement Sur les plus jolies fleurs, dans l'entrebâillement, Faisant sur nos poignets un lien des plus précieux. Emporté dans l'élan, je te levai au ciel, Je te fis tournoyer à portée de la buse, La grâce de tes yeux renversant l'Éternel, Ce n'était plus deux proies mais une valse-ruse; Et dans leur folle chute avant l'ultime à-coup, Retrouver le soleil adoubait le mois d'août, Quand un nuage chut, victime d'une crampe, Il hissa ton regard sous les feux de la rampe. Fine éclipse de larme éprouvée par sa course, Cet émoi recueillit l'enlacement des sources, Et derrière l'orgasme, crique aux rinceaux de mer, Une étoile dormait sur un édredon vert...
  2. Les fleurs ont rejoint les feuilles mortes, les noix l'eau a séché dans le vase des enfants tu t'es assise sur le muret de pierres près des frayères perdues plus loin que la transparence de l'eau Dans leur deuil de paille les blés regrettent la fin de l'été
  3. Seawulf

    Brassées...

    Brassées… De longues mains noueuses Entre elles enchevêtrées clapotent Le long de bras ininterrompus Frémissant à la brise océane. Ils s’agitent au gré des heures Au côté des corps endormis et cyanosés Tout parsemés d’émeraudes Où seuls les doigts respirent Où seules les phalanges bruissent ! Vagues anamorphoses où repose l’étrave Déchirant la dentelle de nappe bleue. Passages d’œillades, éclats furtifs Crépitements d’étoiles ensoleillées, Du sillage émerge des légendes oubliées… Inattendus, les échassiers, les courlis et les sternes Spectateurs inlassables, s’égayent et s’égosillent. Déchirures stridentes apprivoisées par la vastitude, Horizon à portée de main et cependant lointain ! Et l’homme dans tout ça, cet animal si petit Ici, en son royaume sans cesse renouvelé. Et l’homme dans tout ça, ce penseur inégalé Ici, en son temple, saisi de tournis, Ne voit-il pas poindre la déraison ? Et ses frères et tant d’autres Hommes allongés, couchés en mer N’engendrent-ils pas la beauté de l’âme ? Ne sécrètent-ils pas le sel de la vie Celui-là même qui retient l’eau du corps Lorsque nos cœurs affrontent le désert ? Sel offrant à tes lèvres ce goût inimitable Que je reviens déguster, empaqueté de tendresse Et que trop souvent nous taisons, Allant les quérir ailleurs, dans d’autres bras Dieu sait pourquoi, des temps durant. Alors, veux-tu bien prendre ce livre, Me lire l’amour et fermer les yeux ! Et le silence vois-tu s’endormira, Oublieux de nos prénoms… Mais le silence n’est pas la mort… Viens ! N’aies pas peur !
  4. J'ai descendu la rivière ramassé les rêves échoués sur les rives sur un nénuphar fringant qui jouait du vent dans son pipeau miroirs glacés des ailes de libellules
  5. Cet enfant immense suspendu aux feuilles de la pensée sans nom et sans parole juste son odeur de poudre de riz tout en silence ne gonfle pas mon ventre Esquisse de coton ton visage séparé en deux qui es-tu ? à l'usage des mains qui se tendent criant l'espérance et ma voix jusqu'à toi Impalpable, je suis là à te chercher yeux fermés, fenêtres closes dans mon tout dernier rôle hier mon corps a changé de place sur papier de soie la bouche ouverte en offrande Ma main ramenée en gouttes de lait se fait blessure heureuse ne finit pas de compter les mois et les jours du temps qui se dévide infinie solitude chargée d'attente

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Association régie par la loi du 1er juillet 1901, Accents poétiques vise à promouvoir les auteurs littéraires méconnus ou peu connus à travers la publication de recueils à compte d’éditeur.

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