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  1. Eathanor

    Nuit carmin

    Lorsque tombe la fatigue des jours, Pour oublier ces horizons hors d'atteinte, Je m'allonge au creux des chairs nocturnes, Enfant caché sous un linceul mélancolique. Je le savais pourtant, Que jamais les morts ne disparaissent. Ils habitent les fractures des nuits, Les bâillements des heures rouillées. Le souffle céleste s'en remet à l'ombre, S'épuise dans la nostalgie des hauts fonds. Les anges ne se laissent pas apprivoiser. Je le savais aussi. D'avoir gratté en vain le derme de joies imberbes, Mes ongles émiettés ne sont plus que schiste jauni. Je bascule dans le revers moite d'un rêve couleur carmin Où un chien éthique dévore l'effloraison de mon repos.
  2. Filae77

    Crépuscule marin

    Le soleil enfantait dans son tressaillement un univers brisé en explosions d'atomes quand des cieux infinis mouraient infiniment dans l'éparpillement d'un songe polychrome. Pourtant il se noyait,sombre et crépusculaire et mes yeux s'aveuglaient à cet embrasement qui déchirait la nuit dans l'or de sa lumière. Sur l'horizon flottait un chaos de nuages aux heures où le couchant étale ses splendeurs quand déjà les hublots reflétaient le naufrage où sombrerait le jour empli de sa rougeur. Je buvais cette mer où naufrageait le ciel quand le froid crépuscule avant de disparaître pour obscurcir la mer enténèbre le ciel et sur un monde éteint entre ouvre sa fenêtre. Sur le flot qu'éclairait la lune faiblement l'extase et l'agonie méli-mêlaient les ombres et le calmar géant jetait dans la pénombre nos ombres qui s'ombraient à l'encre de son sang. (J'avais imaginé pour crier mon chagrin des soleils engloutis et des monstres marins )
  3. Natacha Felix

    Je m’arrache un cil

    To those I love in Oz Dans le gris corset, la vision s’écourte, les arbres se couchent, le métal se courbe. L’orange a percé le bleu et noirci son infinité. Tout hurle la fuite. Des signes rougis, réveillent en chœur la mémoire en pleurs de son vert d’oubli. Partis en restant, voilà que reviennent ceux dont les draps blancs se font silhouettes. Ailleurs, aujourd’hui, tout est inutile. Je m’arrache un cil, espérant ainsi te voir respirer un peu de clarté et de transparence dans l'incandescence.
  4. Jeep

    Spleen breton

    Le soleil de janvier sur les rochers de plomb L’oiseau s’y éternise en figure immobile Et scrute d’un œil noir la mer qui se confond Avec le ciel repu de nuages fertiles Jusqu’à perte de vue dans l’attente d’une île Les houles qui s’octroient des crêtes en affront Accommodent le vent à leur force tranquille Et brisent leur élan sur les récifs profonds Entendez-vous les morts qui chuchotent là-bas Les appels des noyés venus du fond des âges Engloutis par les flots dans les anciens naufrages Et voyez la tristesse inscrite à l’horizon Du couchant hivernal dans ses derniers rayons Blafard et désolé comme un nouveau trépas
  5. Aubussinne

    Perce-neige

    Perce-neige J’ai demandé à l’hiver aux aubes de se lever de retisser leurs soies pour étirer les jours d’éclore mes paupières et quitter mes tisons. J’ai demandé au jour de faire fuir la glace de laisser la rosée goutter au fil des herbes d’éclore des corolles en nuées de lumières. J’ai demandé au froid de m’offrir la beauté de sa blanche première aux fragiles clochettes d’éclore la pionnière dans ses tapis de neige. L’hiver m’a écoutée et je me suis levée voler les perce-neige au bord de la rivière pour faire éclore leur liesse au cœur de mon jardin. La fleur m’a exaucée et je peux l’admirer dans sa terre d'offrande elle propose chaque hiver d’éclore mes paupières mes yeux vers leurs réveils. _____________________ MM / 09 01 2020

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