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  1. Joailes

    InsomNyx (3)

    La poésie vit d'insomnie perpétuelle (René Char) La frange exotique des sapins verts s'étend en dame de pique le trèfle a l'oeil entr'ouvert Dans le parfum sucré des genêts en somnolence je suis de l'autre côté où tout est bruit dans le silence Sous l'acide agrume de lune d'étranges ventriloques en haillons pleurent le départ de leur brune voleuses d'âmes de leurs accordéons Dans le silence profond des indigos les yeux s'habituent percent le secret des ardents braseros et celui de l'absolu Entre les doigts des fougères de petits elfes rient avec de jolies bergères et leurs moutons tout gris Ils savent qu'il ne faut pas les compter sous peine de sommeil ils ont planté des caféiers pour rester en éveil Les étoiles frissonnent et bâillent du fond de leur grande roulotte elles jettent l'alphabet en braille des plumes de chat-huant et de hulotte Je sais sous les toits de nuit tiède et de chaume des corps endormis sous l'édredon demain, je haïrai le jour voleur de mon royaume ils me donneront l'absolution. (joailes – avril 2021)
  2. Joailes

    InsomNyx (2)

    Quand, le champ de colza enfile son pyjama de dentelle noire on ne le distingue plus du champ de tournesols Pourtant, ils sont du même jaune Les yeux s'habituent à débusquer les cachettes secrètes des couleurs de la nuit Il n'est jamais trop tard pour la volupté le ciel a enfin une silhouette pas seulement un visage et sa robe a tant de paillettes Comment, vouloir mourir à cet instant précis dans l'immensité de la nuit avant que d'avoir vu la peinture en son entier Après, l'aube claire broie ses tubes de peinture et fait revivre les champs de colza dans nos chevelures le silence s'éloigne les premiers chiens aboient aux brumes roses Alors, je m'en vais dormir le jour peut se parer de ses plus beaux atours sous mes paupières closes l'enfant qui est en moi dort en chien de fusil après avoir vécu sa nuit Comme, si ma mère veillait sur mon sommeil pour me protéger des jours qui dévorent le silence et décapitent les épis. De nuit est son amour (joailes – avril 2021)
  3. Joailes

    InsomNyx (1)

    le ciel est tout barbouillé d'étoiles et son silence coule dans mon cou comme un glaçon qui fond une autre nuit s'éveille née d'un soir et d'un matin jamais je ne fus d'elle aussi près aussi loin le cortège des âmes glisse sans bruit courent de petites lanternes parfumées de benjoin sur l'immense tapis d'occident jamais je ne fus d'elle aussi près aussi loin les flammes de l'enfer dévorent sa robe pourpre la laissant nue ainsi sans pudeur alanguie ses yeux me regardent et m'hypnotisent jamais je ne fus d'elle aussi près aussi loin sur ses ailes de brise la lumière se cristallise le ciel est tout barbouillé d'étoiles et son silence coule dans mon cou comme un glaçon qui fond une autre nuit s'éveille alors j'ai froid jamais je ne fus aussi loin d'elle quand le cyprès tend sa main éclairée de lucioles d'elle j'étais si près (joailes – avril 2021)
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