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5 résultats trouvés

  1. Frédéric Cogno

    Nuitamment

    Voué à la noirceur d'un poison indolore, Il me vient des envies sous ta lune effeuillée... Ô rhésus de la nuit toutes griffes dehors! Sais-tu que tout mon sang prend ton goût de damnée?.. Ivresse de ton ombre à l'affût des coulures! Ta foulée en canon entre rut et tanière, Te transforme en un croc pour l'ultime morsure, Un baiser des ténèbres au parfum de panthère. Viens, extase ou sentence à la pulpe fatale! Croque-moi en douceur pour l'amour d'une étoile, Oeuvre pour mon sexe témoin de l'hydre blanche, De ta bouche à tes seins que je meure à tes hanches!...
  2. Eathanor

    Cette nuit

    Cette nuit, je t’ai vue. Tu pleurais mon ange. Cette nuit, je t’ai entendue. Tu hurlais ton silence. Dans une coupe argentée sertie des pierres précieuses les plus fines de l’Orient, j’ai recueilli chacune de tes larmes. Le calice sacré se remplissait de tes souffrances. Je me suis miré en son sein. Voyant tes perles d’infinie douleur, j’ai versé mon obole. Communiant à tes angoisses, mes pleurs sont venus épouser les tiens dans une étreinte d’amants. Cette nuit, je t’ai rêvée. Tu riais mon cœur. Cette nuit, je t’ai dessinée. Tu chuchotais douceur. Je suis monté sur les monts les plus hauts du globe. Ils n’étaient point assez élevés. J’ai gravi les marches de l’Olympe. Ils me semblaient toujours trop bas. Élevant les bras vers les cieux, j’ai invoqué les dieux. La voûte céleste s’est déchirée. Les étoiles m’ont habillé de leurs habits de lumière et d’Éternité. Cette nuit, je t’ai sublimée. Tu épousais mon cœur. Cette nuit, je t’ai transcendée. Tu te drapais de ma douceur. J’ai enfourché la comète du grand Songe. Sur le miroir parcheminé de nos illusions nocturnes, mon amour est venu commander aux astres. L’étoile du berger s’est fendue. La Grande Ourse a explosé en myriades de lucioles. Prenant le calice sacré, j’ai répandu tes perles d’émotion, les semant au gré des vents cosmiques. Cette nuit, j’ai gravé ton image dans les cieux. Trésor rutilant de mille feux. Cette nuit, une constellation brille pour toi. Œuvre d’Art d’un cœur en émoi.
  3. Eau de brume

    Les printemps endormis

    Pris au piège le soleil est à genoux devant la nuit Ses mains nues enferment le monde dans le sommeil de nos illusions Il faut suivre le vent serré à notre chair marcher,toujours marcher il faut suivre le vent même quand sa voix épuise notre colère Pour survivre inventer des éclats de liberté sans lumière,les yeux fermés marcher,toujours marcher en solitaire respirer le souffle de ce voyage involontaire En vain nos pas s'enfoncent dans le souvenir de la terre Et nulle parole pas même un rêve dérobé pour ranimer les fantômes de nos printemps endormis
  4. Seawulf

    Equilibre

    Equilibre 48° 03' 03" N / 04° 59' 55" W Coordonnées du phare d’Ar-Men « Le raz de Sein / Sordide séducteur / Absorbe les marins / Ressasse les erreurs » Papy Adgio J’aime cet instant à nul autre pareil ce moment si particulier parce que singulier où l’immensité océane est étale fausse mer d’huile au ciel baignant l’horizon miroir dépoli d’une marée de mortes-eaux où les navires reposent comme des ex-voto. Sorte d’entre-deux au temps figé qui joue la discrétion et ne dit mot à peine un bruissement, peu de clapotis tout se passe ailleurs, là où un trésor d’ingéniosité se déploie, en dessous de la ligne de flottaison. Car les forces en présence s’épient, se jaugent ne bougent plus, avant que de se tester l’une l’autre efforts invisibles mais sans relâchement aucun où rien ne transparaît à la surface des flots. La bataille est-ouest se fait en catimini des notes de blues fécondent des rythmes rock’n’roll c’est une salsa sous-marine aux reflets aquatiques que grands et petits téléostéens apprécient « comme un poisson dans l’eau ! ». Je songe aux joueurs de cartes je songe au long corps noir du submersible je songe encore aux périodes des amours les combats sont partout où les sentiments existent qu’ils soient faits d’amour ou de haine… Je concède ce pas, mais tu m’assures celui-ci je cède sur ce point mais j’obtiens celui-là je passe ma route mais tu ne me demandes rien et ainsi de suite, nous sommes des mendiants de tranquillité et moi je recherche l’intranquillité de la bagarre de celles des grandes marées, des marnages hauts des estrans submergés d’écumes nerveuses blanchies de colère aux mouvements irascibles ! Je songe à la carte gagnante, de celle qui m’assure un proche avenir dans le différend qui m’oppose à l’autre voire une ouverture auprès de cette fille du Nord…Ouais Je songe, mais le temps s’est remis en marche les aiguilles à nouveau dictent leur loi et l’est tire l’ouest et les écueils disparaissent la terre diminue, le paysage rétrécit, le ressac frappe l’Enfer des Enfers est au rendez-vous comme toujours. Un nouveau cycle se fait jour. La lune pointe son nez. Un vis-à-vis lointain avec le feu de la chaussée de Sein qui lorgne les espaces sombres des creux froids et des lames lunaires trompeuses et instables. Une sterne me suit, elle semble me dire « Garde les pieds sur terre… » et j’en souris.
  5. La rage sans couleur Le cou coupé Marche encore Dans le noir Sous la lumière des découpes franches Pas de quartiers Tous ennemis ! Quelle tranche avance sans les mains Bascule la barricade Force à briser l'espoir ? Transporte ton nom dans la flamme Pour qu'advienne Enfin Une explosion C'est donc cela que tu cherchais Frère ? D'où vient cette source amère Dont le nom est introuvable ? Si l'écorce gît à tes pieds tremblants Tu as manqué ta cible La Terre mérite un combat Et ce n'est pas le tien Sous tes coupures ronge l'aventure L'annonce faite aux braves l'entendras-tu ? La raison vit dans l'ombre des cercueils disparus L'orage monte en acier les portes d'un ennui existentiel Car tu aspires à ressembler à ceux qui te punissent Incroyable ironie bourgeoise Ne calme pas ta colère Donne-la en pâture à la vie Où la haine te tueras