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  • Définitions et distinguo

     

    Définitions

    Césure : n.f. (lat. caesura, de caedere, couper). Versification : repos ménagé dans un vers après une syllabe accentuée. La césure coupe le vers alexandrin en deux hémistiches. 

    Hémistiche : n.m. (grec hémistikhion : moitié de vers). 1. Chacune des deux parties d’un vers coupé par la césure. 2. La césure elle-même. 

     

    Accent : Phon. Mise en relief d’une syllabe, d’un mot ou d’un groupe de mots dans la chaîne parlée. Accent tonique, accent de hauteur, d’intensité. 

    Nota : Le mot " accent " comprenant plusieurs acceptions, il était nécessaire de rappeler la définition de celle qui nous intéresse. 

     

     

    Distinguo entre la césure, l'hémistiche et les accents

    L’hémistiche est surtout l’expression employée pour une césure faite sur un vers alexandrin. Pour les autres catégories, on parlera plus spécifiquement de césure. 
     

    L’un comme l’autre comporte des accents fixes et mobiles. L’astuce la plus employée pour éviter une monotonie de lecture au sein d’un poème, c’est de placer des accents mobiles sur des syllabes différentes. 

    Ces accents sont perceptibles par l’oreille grâce aux consonnes d’appui sonores situées à l’intérieur du vers, et à son extrémité (rime). Le fait de les placer aux mêmes endroits aurait un effet répétitif et ennuyeux. C’est dire l’importance du choix des mots et de l’image que l’on veut employer. 

    Dans un alexandrin, la règle est simple : il doit y avoir obligatoirement coupure du rythme à l’hémistiche. A cela doit s’appliquer la règle de l’élision du " e " muet. 

    Ainsi, le vers suivant de Rimbaud : L’eau meuble d’or pâle et sans fond les couches prêtes.
    ne serait pas classique s’il avait écrit :
    L’eau meuble d’or pâle, sans fond les couches prêtes.


    En effet, à la fin du premier hémistiche, le " e " muet n’est pas élidé et il compte avec la consonne qui le précède pour une syllabe entière. Ce qui n’est strictement pas admis dans le cercle des poètes classiques. 

    Le seul alexandrin où cette règle n’est pas suivie, c’est celui inventé par Victor Hugo, appelé ternaire ou trimètre, car composé de trois accents fixes partageant le vers en trois parties symétriques. Pour cet effet, la règle de l’élision peut ne pas être suivie, mais ce n’est pas une obligation. 

    La vie auguste, goutte à goutte, heure par heure,
    s’épand sur ce qui passe et sur ce qui demeure...

    Victor Hugo, Cérigo


    Décortiquons le premier vers : 


    La vie-au-guste / gout-te à-gout-te / heu-re-par-heure

      1   2       3        4            1         2         3      4        1      2      3        4


    soit 3x4 syllabes = 12 pieds. 

    Autres exemples de Victor Hugo :

     

    Et maintenant, captive et reine en même temps...
    Là Caïus pleure, Achab frémit, Commode rêve...
    Borgia rit, les vers de terre armés de glaive…
    Il vit un œil tout grand ouvert dans les ténèbres…
    Ils se battent, combat terrible, corps à corps,... 

     

    Il est utile de préciser que ce style d’alexandrin est à utiliser en toute discrétion, car s’il ajoute au rythme du poème, il peut également avoir une musique désagréable s'il est trop employé au sein d'un même texte.

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