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Our Picks

Top content from across the community, hand-picked by us.

Lore, mon grain de folie
« J’aime les heures sombres de mon être,
où s’approfondissent mes sens » R.-M. Rilke*
 
Je viens me perdre dans tes vastitudes
Créatives et inattendues, toi
Drapée d’une blouse blanche entrouverte
Laissant transpirer ton corps nu
Éraflé de couleurs aux pinceaux
Aveugles sous le néon éclatant de blanc.
 
Chevelure noire coupée à la garçonne
Yeux émeraude teintés d’or
Tu te courbes vers la toile de lin
Au sol, clarté impudique,
Allongée tu t’enroules sauvagement,
Et tout pigmenté de couleurs primaires
Ton corps d’albâtre
 Dessine des abstractions
Instinctives et distordues,
Au rouge carminé de tes lèvres
Au bleu outre-mer de tes seins
A l’effloraison de l'abricot
terre de sienne, presque glabre. 
 
Minuit, atelier à Traben-Trarbach
Cité Art Nouveau baignée par la Moselle
La nuit quelquefois tu y plonges
Miroir lunaire aux ombres vinicoles
Tes formes se saoulent d’air mouillé
Tu veux faire l’amour
Me dis des mots essentiels
Avant que de se perdre
Dans les ombres des toits
Observer le monde grouillant
Les lumières instables
Les gyrophares de la Polizei
Et chichonner avec tes amis.
 
Tu chantes Joan Baez
Here’s To You
Hymne de jeunesse
Contre l’injustice et pour la vie
En pleine guerre froide
Et tes yeux s’étoilent au firmament
Quand t’écoutes Samba Pa Ti de Santana
Avant de t’assoupir sur mon épaule.
 
Odeur âcre et sucrée
Filet d’air frais
Quatre heures, on rejoint
La longue toile granuleuse groggy au sol,
Tu mets du rouge vermillon
Sur tes pieds, imite un rat d’opéra,
Toupille furieusement dessus
Et tombes de fatigue. Tu ne crois pas en Dieu,
Tu veux faire cesser la guerre du Vietnam
Tu mets un 33 tours, hymne américain
Décibels déchirants de Jimmy Hendrix
Sur guitare sèche agonisante,
Tu m’offres ton tee-shirt rose
Faites l’amour pas la guerre
On ne se promet rien
On inonde le monde d’idées
Saugrenues et colorées
Comme nos fringues hippie-chic !
On court dans le combi Volkswagen,
Tu glisses une cassette dans l’autoradio
 « Voulez-vous coucher avec moi »
En dodelinant de la tête
Ton regard s’évanouit et sourit
« Et leurs yeux se fermaient comme des roses,
et les nuits de l’amour emplissaient leurs cheveux* »
Ai-je murmuré à ton oreille.
Nous ne faisons plus qu’un jusqu’au petit matin
 Et tout enrobés d’or crépusculaire
Tu me dis, passe quand tu veux
Avec ton accent inimitable et si plaisant.
Tschüss !
 
    • Aimé
  • 19 replies

Regarde la voilure

tissée de pétales de rose

aux doigts de l’aurore

fée capitaine qui dort

encore

et qui déjà égare

la nef dans les sables du jour

au tourbillon

du temps

ce vieux carillon qui

moisit au ciel

de mutité indécente


 
en ce désert liquide

où le vent ranime

les avatars d’un cœur

mienne breloque

je voudrais oiseau

être

picorant le millepertuis

m’enfuir

par ces passages trésor

mes secrètes amours

enchanté libéré

de la vie

la vie qui se vit j’entends

quand on en compte

mille tours

les tourments


 
heureusement

il y a la musique du vent

la Parque qui défait les rais d’or

de sa résille

recoud  dé à dé

 une camisole d’Arlequin


 
va tu vas bien

la mer étale ses baisers

sur l’estran

va ta résilience

pieds nus mains vides

dans les bras

le jour qui lève.
    • Aimé
  • 14 replies

J’emprunte des canaux
Aux berges incertaines
Où certaines auberges,
De leurs volets bleus clos,
Teintent en touches fines
D'une patte sereine
Une toile de serge,
En l’eau qui serpentine,
Comme peinte au couteau.

Le courant sous les souches,
Tourbillonnant manège,
Affole quelques feuilles
Où se pose une mouche,
Radeau pour l’orpheline.
Des oiseaux en cortège,
Et aussi noirs qu’un deuil,
Survolent une fouine
Qui regagne sa couche.

La lumière est étrange
Ainsi que de là-haut
Tomberait doucement
Une poussière d’ange,
La brume s’illumine...
Et là ce doux tableau
Semble prendre le vent,
Comme une frêle cange,
En l’aube opaline...
    • Aimé
  • 10 replies

Royaume ensorcelé; d'ajoncs et de bruyères,
la foi et le granit ont bâti tes chapelles 
sur un sol où s'élèvent des alphabets de pierres,   
alignements sublimes qui regardent le ciel. 
Terre de sortilèges ,ton pouvoir est magie. 
Le promeneur croit voir les feux d'un incendie, 
quand il s'agit d'esprits rejoignant les éthers  
vers ces régions du ciel où l'astre resplendit   
_ que sa génuflexion honore le calvaire! ....                                                       
Dans nos yeux embués l'eau se faisait lumière
et le soir s'emparait des surfaces vitrées.
un jour à son déclin,sombre et crépusculaire                      
qui ourlait les remparts d'un clair de lune ambré,  
demi jour où les formes s'épousent et s'agglomèrent.               
Tandis qu'un vent marin chiffonnait les nuages 
des effluves océanes s'épanchaient sur la terre
puis c'étaient des nuées qui noyaient les rivages
submergeant les coteaux penchés sur l'estuaire 
Au bout du filament une étoile étincelle
petit soleil captif d'une ampoule de verre,
éclair intermittent; veille la sentinelle
l’œil du haut de sa tour nous guide et nous éclaire
la Bretagne est un songe où s'est posé le ciel.   
 
 
(GB-29042020)
 
 
 
    • Aimé
  • 24 replies

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