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    Joailes

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Contenu populaire

Affichage du contenu avec la meilleure réputation depuis le 22/04/2020 dans toutes les zones

  1. La nuit « Vous revenez la nuit : vos amants, vos poètes Marchent à vos côtés. » André Theuriet À l’aube claire de mes nuits noires j’invente des mirages aux miroirs brisés de larmes. Mes mains nues ouvertes au ciel chantent des mots tus depuis si longtemps, engoncés qu’ils sont, de chimères froissées. Les oiseaux s’abîment dans le lac, crinolines acérées, ils hurlent tout à trac ! Cavalcades de chevaux enjuponnés, je frappe à la fenêtre enkystée d’ors opalins mi-appesantis, pizzicato d’un stradivarius assoupi !
    21 points
  2. Le crépuscule de décembre a des parfums d'interdit de baisers glacials dans le jardin désert où se serrent les aloès les pots de terre cuite ressemblent à des crânes vidés le platane tondu pour l'hiver n'est plus qu'un corps décharné l'horizon bascule dans l'encre noire en lacérant la pleine lune de sa griffe tranchante là, dans une flaque miroir clapote le silence et la vapeur des haleines valse dans l'atmosphère spectrale. (Joailes - décembre 2020)
    19 points
  3. Sous l'ombre de la courbure des nuits, Les corps s'étendent sur la pierre mouillée. La douce fourrure des mousses s'égare Sur les joues imberbes des lendemains. Dans les sillons des heures creuses, Des mains étreignent la brume diaphane. Sous l'édredon du purgatoire hivernal, Il flotte d'anciennes odeurs égarées. Mais déjà, l'aube tisonne la braise matinale. L'horizon en fanal se défroisse et s'ébroue Avant d'engloutir dans sa gueule l'opacité. Sur la frange écumeuse du jour naissant Émerge le contour flouté d'un
    18 points
  4. Je ne sais… « Si la saison faisait peau neuve tous les ans Alors on guérirait de n’avoir pas changé » G. Audisio Je ne sais ce que veulent dire tes mains Qui effeuillent l'arbre nu et cherchent l'ombre Au fond de la nuit baignée de lumière que tu éteins D'un revers de paume gantée de flanelle sombre. Je ne sais ce que veulent dire tes doigts Qui se crispent dans le ciel d'opale perlé de froid, Enserrent un nuage qui en trombe pleure d'effroi En voyant de si près tant de signes maladroits. Je ne sais ce que veulent dire
    18 points
  5. Bretagne Royaume ensorcelé; d'ajoncs et de bruyères, la foi et le granit ont bâti tes chapelles sur un sol où s'élèvent des alphabets de pierres, alignements sublimes qui regardent le ciel. Terre de sortilèges ,ton pouvoir est magie. Le promeneur croit voir les feux d'un incendie, quand il s'agit d'esprits rejoignant les éthers vers ces régions du ciel où l'astre resplendit _ que sa génuflexion honore le calvaire! .... Dans nos yeux embués l'eau se faisait lumière et
    18 points
  6. Les derniers charmes de la grande putain se sont enfuis. Sous l'édredon de bitume, elle cuve ses tristes bacchanales. Tandis que des rats aveugles grignotent les aubes dévastées, L'alluvion des âges s'écoule dans les caniveaux éreintés Dans la poussière des avenues, il reste encore dessiné Cette très légère trace de l'estive azurée des citadins. Tandis que des pigeons estropiés picorent les certitudes, Un silence oxydé s'étend sur les artères goudronneuses. Au rythme du ressac vain et stérile des lendemains avortés, Des amours frelatés
    17 points
  7. d’absence en errance je t’ai cherché dans le ciel dans le vide des nuages j’ai compris que seule se dessinait la boussole du chagrin j'ai cherché la verrière où se cache l’espoir mais la rosace ne sait plus les prières qui mènent à toi les vents de l’exil les ont emportées le silence est ma demeure
    17 points
  8. Il me faudrait mourir Il me faudrait mourir, aux pensées immobiles, Quand l’arbre mort chantera au vent glacé Et que sur les chemins égarés, l’ombre docile Enveloppera les larmes anciennes, aux yeux voilés. Il me faudrait mourir, aux yeux clos de ma mère, Pour ne pas sentir la douleur indicible, Ses sourires à l’enfant perdu de sa chair Quand les soirs penchants atteignent leur cible. Il me faudrait mourir, si tu partais mon frère, D’un inaccessibl
    17 points
  9. Il fait nuit mon regard exilé de mon corps Ne trouve pas de sens en s’entourant d’espace Au miroir aperçu au croisement des traces Dans l’extinction des voix le silence des morts Le jour d’après s’argente et la marée l’honore De l’oubli qui mûrit les racines vivaces Recueillant l’arc-en-ciel de mes désirs tenaces Les longs cils d’une femme insensible à mon sort L’ombre a dissimulé une absence rêvée Se perdent sur mes mains des fragments de lumière Ainsi qu’au cœur d’un lis la blancheur avivée Les ténèbres sur moi s
    17 points
  10. Elles envahissent les lendemains Les grandes heures désavouées Elles glissent sur les attentes Résonnent en écho sur les adieux Se lovent derrière chaque espoir Et les nuits blanches se marrent Et les jours noirs s’allument Tandis que s’éteignent les sémaphores Tandis que dans les derniers alizés Expire le souffle ténu des naufragés Dans les strates de pensées égarées Des pâles silhouettes se cherchent Bobine usée d’un film en noir et blanc Projeté au ralenti sur le linceul des cités
    16 points
  11. L’éveil transi de février peine à dissiper les larmes échappées des pleurs de janvier aux heures safranées des rites Fourbu, un astre ensommeillé peine à dissiper le givre déposé par le gel du temps sur la vitre de nos années Aux emphases des solstices où nous hâlions notre vigueur s’offrent les cendres d’un amour aux sourdes braises de l’été A l’autan des équinoxes aux neuves aurores pastel aux roses sourires complices luiront demain nos îles sereines
    16 points
  12. Le voyage immobile Le fleuve à cet endroit roule des eaux tranquilles, Ondule en vagues souples au milieu des presqu'îles Tandis que dans les cieux aux flocons nébuleux; Au fur et à mesure et à la queue leu leu, Passe le blanc troupeau des nuées en partance, Dont j'enviais la belle et lente transhumance. Médiocre dériveur, triste et désamarré Je me suis affranchi des navrantes marées Exécrant de la vie les torpeurs monotones Tandis que
    16 points
  13. Les lucioles éclaboussent les persiennes, barres parallèles sur ton visage j'aime la nuit quand elle est mienne dans le possible des alpages tu dors, je libère mes rêves ces oiseaux migrateurs qui n'ont jamais de trève et qui parfois te font peur je tais les lumières fauves du désert où éclate la solitude delà la plume au chaud de l'alcôve tu es au nord, je suis au sud à mille lieues de toi j'arrive à te rejoindre quand dans les draps de soi je vois l'est poindre je te rejoi
    16 points
  14. Sous l'aile déplumée d'un ange fourbu, Je suis né à califourchon sur une étoile. Sur les murs en pleurs de la grande ville Résonnait l'ombre des fonts baptismaux. Parmi les racines sans nom, il m'a fallu Me repaître de la chair des nuits diaprées, En savourer le goût jusqu'à rendre gorge. Des rêves plus vastes que les horizons Tournoyaient dans les plaines assoupies. Les lumières brisées se cachaient encore Et la croûte du passé se déclinait au futur. Aux prémisses des heures périphériques, J'ai enlacé la cécité d
    16 points
  15. Il fait si froid Ce matin blême Un ciel narquois De faux barèmes Poussées d’aigreur Un trop plein d’heures D’ordinateur Sans café crème Yeux dévissés Toujours je planche A réviser Des pages blanches Loin des amphis Seul dans mon lit Seul sur la lie Des longs dimanches Le ventre creux Triste frigo Plus que deux œufs Des nouilles à l’eau A bout de C.R.O.U.S Honteuses courses J’ai dans mes bourses Mon proprio. Plus de détente
    16 points
  16. Il est des heures jaunes tellement longues comme des crinières de lions qui rugissent dans la jungle on dirait des jours des jours où l'attente multiplie le temps le temps et ses douleurs et puis les heures de toutes les couleurs ainsi vont, vont les nuits et puis les jours qui s'éternisent dans les vases clairs à travers leurs flancs gris grisés de calcaire des heures roses s'exposent des fleurs à épines aux larmes de soie je revois des printemps percer des automnes
    16 points
  17. Il faut errer souvent sur les routes respirer l'air du temps le soir, le brouillard sur les absoutes et le gaillet odorant Il faut lever les yeux au ciel où tout paraît trop grand caresser l'immortelle comme ça, en passant il faut soulever quelques feuilles où se cachent des printemps s'attarder longtemps sur le breuil et sourire au millepertuis élégant Alors, un papillon, soudain, se pose sur la pourpre salsepareille. Longtemps cachée, voici une rose qui émerge de son sommeil.
    16 points
  18. J’ai oublié l’herbe qui jaunit Seule, dans les fossés et les vallées J’ai oublié, sur le bord de la route Les colchiques qui résistaient J’ai traversé des forêts noircies Des pluies de feu qui sifflaient J’ai oublié la grange et son foin Dans la boue et les champs sans fin J’ai oublié, sur le bord de la route Les pâquerettes qui fleuraient J’ai senti le froid qui pourrit les os La charogne galopant dans ma tête Et j’ai oublié ceux qui restaient Dans l’entre-deux jusqu’à la prochaine J’ai oublié, s
    16 points
  19. Dans les vergers aux fausses notes la folie des herbes soulève lentement une mélodie de feuilles mortes qui du beffroi de l'église attise la curiosité Le clocher du village se prend alors de passion pour ce silencieux tintamarre et sonne avec malice l'angélus aux heures sacrilèges où les jardiniers rêvent
    15 points
  20. Une dame aux cheveux blancs me dit : - « C’est dimanche et il va faire beau, Ce matin, il viendra mon mari, Je l’attends comme un joli cadeau ; Nous irons dans le petit jardin, Je vous verrai pendant le goûter ; J’ai mes lunettes, mon sac à main, Je vous embrasse, bonne journée ! Quatre heures sonnent, les tourtereaux, Émus, complice de leur écrin, Sont rentrés pour un peu de gâteau… -De l’orgeat, monsieur, vous savez bien !... Alors, elle embrasse son héros, Il s’en va, salue quelques anciens
    15 points
  21. O si j’étais ton ombre A peine évanouie sur les pierres Quand sur nous les soirs tombent Comme l’ébauche d’une prière Ce vent aux mille partitions Se délestant de ses peines Au souvenir des moissons De ses lèvres musiciennes O si j’étais ton sourire Trébuchant sur l’horizon Ce vent qui sur toi soupire Enivrant les saisons Cette vague jamais lasse Courant sur les mers Ce souvenir tenace En l’aube éphémère O si j’étais ton silence Juste en fermant les yeux N’être que résilienc
    15 points
  22. Le soleil au travers de tes dentelles dépose Des fleurs brodées sur l’herbe du jardin Tu sembles ailleurs dans ta robe blanche Un oiseau rouge et noir descend du ciel bleu Et dans chaque cœur pose une graine C’est donner des battements à la prairie C’est un porte-bonheur autour du cou Une amphore verse sur les pointes de tes cheveux Une eau douce qui a la couleur de l’argent Et si le poinçon du fermoir en argent A perdu de son épaisseur Tes yeux verts sont des fleurs à bulbe Qui s’ouvrent à nouveau selon la saison C’est un
    15 points
  23. La lame hivernale des aigreurs effile les cœurs. Répandues en carpaccio dans des plats périmés, les passions conspirent sur la bobine des nuits. Des souffles traversent les moments fugaces quand s’agite l’éventail des égarements, comme une pause sur le rebord des existences, une empreinte frémissante sur les banalités. Dans des parenthèses rongées par l’érosion, les complaintes orphelines suffoquent alors que se brisent les os desséchés.
    15 points
  24. En décembre, la sève bruissait encore Tes yeux brillaient dans la soie et le vol de fragiles porcelaines bleues sur les branches d’un prunier Avant de brûler le sol la neige avait fondu sous le poids de la pluie La mare s’était remplie de lumière ambrée Les herbes se noyaient La poussière montait en spirale Les rafales entraînaient l’horizon et les nuages sur les robes des vaches La vie débordait La route ne prend jamais fin
    15 points
  25. « Parfois, on trouve un vieux flacon qui se souvient, d’où jaillit une âme qui revient » (Baudelaire) Sur la route des épices mon frère est devant ses cheveux de poivre noir valsent dans le vent le chemin exhale l'anis la menthe et la réglisse je suis toute petite et mes mains sont vides écorchées de granite et de bonbons acides des parfums d'espérance parfument nos cheveux la cannelle de l'enfance le caramel des amoureux le gingembre de notre chambre le cumin de nos chemins le s
    15 points
  26. Dans le champ défleuri où rôde le passé Les intimes raisons qui provoquent les pleurs Sur la terre endormie aux multiples odeurs Ne sont que les regrets que l’on veut effacer Il y a des chagrins qu’on ne peut dépasser Des secrets douloureux à vous briser le cœur Le besoin de s’enfuir pour chasser le malheur Et de noires idées qui viennent en pensée Mais il faut oublier la tristesse des jours Croire au printemps prochain porteur de l’espérance Puis à l’été en fête et à son insouciance Que règnent désormais en no
    15 points
  27. Première partie: L'automne. Il traverse le bois, fuyard du désamour, C'est un char polissant les roches ancestrales, On peut le rencontrer à l'orée médiévale Où il berce en rêvant les ruines d'une tour. L'automne s'embrume déféré par les hordes Et son cou cramoisi porte encore une corde. Épitaphes de mousses au gré des allées sombres, Ravin mystérieux, grand veneur de la mort, L'ossuaire rampant s'agrippe sur les bords Aux racines jetées comme des mains sans nombre. Et les branches courbées, communiant, têtes basse
    15 points
  28. Une vaste houle émeraude aux récifs écrus et dentelés offre ses cupules verticales aux voraces vents vengeurs de l’hiver. Tapis dans l’interstice ténu tendu entre terre et ténèbres, quelques terribles cris de granit ardents, perçants, stridents et coupants dressent leurs souvenirs décharnés de nuits dramatiques et spectrales dans les noirs cauchemars des vents du nord. Myrtes aux arômes adolescents, immortelles aux parfums adultes, cistes aux sages effluves sveltes ondulent jusqu’à boire la mer,
    15 points
  29. Sa pensée parcourt les plaines liquides la mélancolie frappe aux carreaux au loin, derrière les nuages livides, s'envole un murmure d'étourneaux les cîmes sont sonores au glas des ruisseaux l'hiver, de sa calligraphie soudaine barbouille de blanc les chemins des coteaux ; emmitouflée dans un châle de laine elle pleure à l'intérieur, les doigts sur le piano pourtant il fait bien chaud dans sa mémoire sur les pelotes de laine et l'odeur des tricots les souvenirs griffonnent des silhouettes noires à l'âtre grise, où
    15 points
  30. A peine palpite la joie de l’envol au voile mauve de l’aube A peine les pépites les trilles dans l’écrin topaze de l’éveil A peine pépient les caquets de la liesse dans le matin qui naît A peine l’opale du sommeil à peine le bal blond du réveil sans peine plane le soleil
    15 points
  31. Ami, regarde comme la mer semble étouffée Sens nos pieds se perdre dans la morte-eau Ainsi naissent les cernes cendrés du monde Même si nous tentons de dégoupiller les mots Ces verbes à l'ourlet de nos lèvres closes Ces adjectifs saignants de nos vies vécues Au revers de la langue Le velours étouffé des mutismes Sur l'estran sableux des phrases Ami, écoute ces nombreux ruissellements Vois comme ils s'écoulent entre les pierres Ainsi naît la salive de nos si
    15 points
  32. L’ensorcellement de la voix libère le voyage vers la lumière. Pour atteindre la clarté, randonner différemment. Ne plus s’attacher au singulier, enlacer le pluriel. Ne plus observer l’arbre, comprendre la forêt. Observer, observer encore, nuancer les couleurs, écouter, humer, goûter, caresser, raisonner, se hisser, assimiler, grimper… Un soir, atteindre La lueur de la lune. Rejoindre un arbre plus ha
    15 points
  33. Les mots du silence « Si tu ré-inventais la terre Romprais-tu l’épée des supplices Contiendrais-tu les crues de la haine Changerais-tu les soupçons en bienfaits ? Andrée Chedid De longues pages de mots entremêlés s’effeuillent comme une robe imprimée, crayons de couleurs signés de pleurs, chapelet lilial venu crocher d’autres maux. Au transept, les pierres ne crient pas, elles suintent de larmes au cœur des âmes, s’efforcent d’être de roc, bien que fragiles, patiné
    15 points
  34. Quand les archets seront plus doux sur l'âme des violons entre les branches des chataigniers on ira en forêt on écoutera le silence le souffle des lyres sur les rus où saignent les absences Des doigts effilés balaieront les nuages et le ciel s'agrandira de sept ambres les hellébores lentes, les pensées et primevères, fleuriront dans les bruyères au nez des crocus jaunes et des arbres aux faisans ... Les physalis secrets aux cœurs accrescents sortiront de leur cage aux premiers souffles de vent.
    15 points
  35. Encore des cristaux de fleurs matinales sous le givre de nos bouches ; dans l'hypogée des songes, ils attendent parmi les bruyères sanguines de l'aube. Faut-il se dédire du velours de nos voix, cueillir l'ombre entre nos paupières ? Prier à tâtons sous le linceul, un genou dans la tourbe enfiévrée, de la limaille comme seule obole. Au dernier labour des heures bleues, que notre pas jamais ne se dé robe.
    15 points
  36. C'est l’œil du vent qui choisit la passion ou la tendresse mais pour aimer la vie il faut défeuiller la nuit Son baiser est un échange qu'il soit de fleur ou de pluie si fines sont ses lèvres que leur caresse me suffit Pour chaque pétale qui tombe une tache de couleur sur la terre endormie Et sur le front d'une colombe l'infini
    15 points
  37. Un petit cerf-volant à fil abandonné rêvait encore le vent dans l'ivresse des nuages à l'arôme salin au nacre des coquillages une main l'avait lâché au ciel de l'océan poivre et sel il a vite dérivé sa voile déchirée quand la nuit est venue il a épousé une étoile qui avait filé Qui a rattrapé l'autre ? Je ne le saurai jamais sur le sable nonchalant il est resté un fil transparent comme une toile d'araignée dans la rosée à l'aube d'un dimanch
    15 points
  38. Les accents sont absents de ce dernier sonnet Ainsi partent des toits les belles hirondelles Dans l’ombre de mes vers pour lesquels je voudrais Retrouver le printemps qui me donne des ailes Ce sont d’autres accents que je me suis permis De mettre sur des mots comme une signature Il y a deux printemps lorsque j’avais commis Un tout premier essai pour ma candidature J’appartiens maintenant au forum des Accents Pratiquant le sonnet que je voudrais plaisant Selon ma fantaisie et mon droit le plus clair Je lui dois
    14 points
  39. « Viens tout près de moi t’asseoir Ne parle plus, ce soir. » Jazy Ruis Le bleu de l’océan Découpé de rocs ensablés Lézarde sous le soleil Les hommes rient Au vent d’Ouest Sous les conifères penchés Les femmes prient L’amour de grandir Même par avis de tempête Crocheté par deux cheminées Le bleu de l’océan S’égosille de mouettes Sur les terres basses Les volets blancs Aux toits ardoisés volent Le bleu de l’océan S’assombrit Et la terre devient noire
    14 points
  40. Je t’ai cherchée la nuit quand le ciel dévorait Les étoiles d’oubli et que le temps masquait Dans les mains de l’ennui pour un autre mirage Sur le sable d’espoirs les traits de ton visage L’espace autour de moi immense se courbait Se refermait sur toi ta bouche se figeait Une brume un désert étaient tout mon partage Dans le vide où j’errais en misérable otage Mais ce n’était pas toi tu n’étais plus en vie Tu n’étais à personne étrangère au désir Une ombre deux fois ombre au monde que j’envie J’ai perdu ton image vo
    14 points
  41. Hautbois, harpe, bombarde, basson, saxophone, les bambous sont de frêles instruments géants offerts aux vocalises de l’air. Un vent vert aux songes d’hiver enveloppait de sa voix de fausset les volontés vocalisées de la viole. Se fondaient à ces emphases fragiles les phrases mauves du soir vaporeux dédiées aux voiles subtils du crépuscule. Plus loin, indifférent au voisinage humain, ondule dans les interstices entre barreaux verticaux, un strict cadran solaire aux obliques austères. Il instillait que l’âge est une geôle
    14 points
  42. Comme une estampe parfois s’illumine le mur quelqu’un devant guette noire silhouette sur carré jaune calcule le virage d’un rivage amer visage dans l’ombre alors bleue l’encre s’étend senteur bruissante à travers les citronniers il tourne sa veste est claire mon regard immobile il est tard tout s’éteint.
    14 points
  43. Son rire est là qui tremble aux coraux de la lune L’eau trouble a des échos dans le vide des seaux Je la verse à regrets au loin dans la lagune Que le jour éblouit dans un dernier sursaut L’amour place par place au décompte des dunes Rencontre les cailloux du hasard dans les mots Il est arche de terre et la faille opportune Le reflet de moi-même et la chair de de mes os Une corde qui grince en adieu des margelles Rappelle les ferveurs quand le feu des voyelles Venait intercepter le cri brisé du puits L’estompe de sa
    14 points
  44. J'ai comme une mélancolie qui me colle à la peau qui m'emmène sur ses sentiers où pourtant il fait beau le sable est réverbère il a son parfum d'été sous les robes berbères un goût d'éternité et dans le champ tant de fois retourné des feuilles inattendues lèvent la tête plutôt guillerettes à travers les carreaux blancs que les mains essuient tristement de leur revers en écrivant parfois des mots idiots des je t'aime du bout des doigts alors je m'approprie ce long piano
    14 points
  45. Entrez dans le silence de la chambre bleue où l'encens n'a cessé d'habiter où le chardon bleuit encore sur un coin de cheminée Asseyez-vous dans ce fauteuil profond où le chat a laissé son empreinte laissez-vous glisser dans le rêve d'une étreinte regardez autour de vous si la lampe est éteinte qu'importe ! La lumière est partout quand vous êtes là Vous savez les feuilles mortes, leurs parfums de pourriture le temps qui les emporte, les résines des pins qui font de l'acupuncture
    14 points
  46. Une seconde erre et s'attarde. Elle emporte sur ses ailes incolores un songe, un fantasme, de vieux souvenirs devenus indolores Delà les nues, drôles d'ectoplasmes, j'ai trouvé le silence pour écrire sous la lampe les bagages s'échappent on en retrouvera plus tard sur d'autres quais de gare et dans d'autres secondes Elle enfante au prix d'erreurs des minutes longues comme des heures et des heures aussi courtes que les petits bonheurs J'ai rappelé l'enfance qu'elle vienne me border en son s
    14 points
  47. Painting by Corinne Rubens Sous la peau des femmes de l'humus tendre une douce langueur mais aussi parfois un troublant émoi qui presse les veines de belle vigueur Sous la peau des femmes des parfums féconds de fruit et de fleur et tant de sueurs pour chaque désir Un sang qui accourt empourprant la chair Des frissons impurs qui désossent l'âme brûlent ses nervures de sombres jouissances Sous la peau des femmes s'ouvrent tant de cris effilés de larmes
    14 points
  48. Je t’avais entendu si grave l’autre jour Qu’un paysage m’avait murmuré ses yeux. L’aube rousse avait ce refrain d’adieu ; Savais-tu combien sont cruelles les amours ? Quand je me morfonds sous un vieil arbre, Il pleure des feuilles mortes et tout n’est qu’ennui. On dirait soudain qu’un ciel s’évanouit ; N’est-il plus ici qu’une voûte de marbre ? Je t’avais entendu si près d’hier Que les choses fanées chantaient de doux airs, Comme un cœur qui en l’autre se dévoile. Il pleure des notes, d’étranges musiques, Des chagrins de roses perd
    14 points
  49. Une ombre sur les rochers Sans laisse et sans collier Libre, vagabonde Au fil de l’onde Promène son mal-être Ou ne pas être Dans le torrent des sentiments Qui ont emporté ce qu'elle avait d' enfant L’ombre se perd Dans la rivière D’autres ombres Sans nombre Rejoignent le sanctuaire Des cœurs à jamais solitaires La douleur en laisse Assoiffée de tendresse Se fracasse contre les rochers Où gisent, inertes, les colliers. (J.E. juillet 2020)
    14 points
  50. Cabine de plage quelque part en Cotentin Aux beaux jours nous irons retrouver les nuages Qui filent sur l'azur d'un éternel printemps Où la fraîche du soir respire à tous les âges Quand l'idéal été est bercé par le vent. Aux orgues de la vie qui se la jouent mineur Tempérant le clavier d'un soleil en bémol, Je mesure l'espace à l'écho des rumeurs De la mer sous la houle agitant l'onde folle. Parfois tout s'assombrit et alors le temps pète. Les algues des rochers blanchissent sous l'écume, Nous nous réfugions, trempés,
    14 points
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