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Showing content with the highest reputation since 06/04/2019 in all areas

  1. 21 points
    Bretagne Royaume ensorcelé; d'ajoncs et de bruyères, la foi et le granit ont bâti tes chapelles sur un sol où s'élèvent des alphabets de pierres, alignements sublimes qui regardent le ciel. Terre de sortilèges ,ton pouvoir est magie. Le promeneur croit voir les feux d'un incendie, quand il s'agit d'esprits rejoignant les éthers vers ces régions du ciel où l'astre resplendit _ que sa génuflexion honore le calvaire! .... Dans nos yeux embués l'eau se faisait lumière et le soir s'emparait des surfaces vitrées. un jour à son déclin,sombre et crépusculaire qui ourlait les remparts d'un clair de lune ambré, demi jour où les formes s'épousent et s'agglomèrent. Tandis qu'un vent marin chiffonnait les nuages des effluves océanes s'épanchaient sur la terre puis c'étaient des nuées qui noyaient les rivages submergeant les coteaux penchés sur l'estuaire Au bout du filament une étoile étincelle petit soleil captif d'une ampoule de verre, éclair intermittent; veille la sentinelle l’œil du haut de sa tour nous guide et nous éclaire la Bretagne est un songe où s'est posé le ciel. (GB-29042020)
  2. 20 points
    Je connais des printemps plus violents que l'hiver, La sève empoisonnée pour une fin du monde Où l'amour et la mort dans une folle ronde S'enracinent au sol patati pataterre. Moi, votre alter ego d'une vie nécrosée Par la faim et la soif d'une autre apocalypse — Foutre mur argileux privé d'ocre et de gypse — Je sens que tout défaille en proie à la nausée. Ne reste que la peur quand l'angoisse s'éteint D'avoir oblitéré la charogne à venir, For le souffle du vent et ma main qui t'étreint, Ôtant tes falbalas toujours de mauvais goût, Et pourtant ton parfum sans l'ombre d'un soupir Nous transporte un instant en l'ailleurs du dégoût.
  3. 19 points
    J'entends le chant les sons sucrés les couleurs projetées les parfums en volutes les odeurs de musique les goûts dans la bouche Tous les sens en fleurs de bijoux kaléidoscope d'images de lumière éclatent en morceaux d'arc en ciel Je vois ton âme si secrète s'ouvrir comme un jardin La pluie de pétales et de feuilles ne laissera aucune autre trace que le souvenir d'une sensation bienfaisante sur nos peaux rafraîchies de leur feu Prends ma main et dansons il fait si doux sous les arbres
  4. 19 points
    Lorsque tombe la fatigue des jours, Pour oublier ces horizons hors d'atteinte, Je m'allonge au creux des chairs nocturnes, Enfant caché sous un linceul mélancolique. Je le savais pourtant, Que jamais les morts ne disparaissent. Ils habitent les fractures des nuits, Les bâillements des heures rouillées. Le souffle céleste s'en remet à l'ombre, S'épuise dans la nostalgie des hauts fonds. Les anges ne se laissent pas apprivoiser. Je le savais aussi. D'avoir gratté en vain le derme de joies imberbes, Mes ongles émiettés ne sont plus que schiste jauni. Je bascule dans le revers moite d'un rêve couleur carmin Où un chien éthique dévore l'effloraison de mon repos.
  5. 19 points
    Tu es la soie de la brume elle écharpe mon épaule Même dans le silence où se déchirent les cris Tu es le vert celui de la pomme Il niche dans tes yeux diamants propres à tailler les miroirs Tu es la promesse faite au monde le serment que les enfants croient éternel La vérité saigne par tes dents celles là déchirent les replis du serpent Tu es ce qui me tient, ce qui me tue ce souffle d'un rien quand je viens dans ta rue L'aube blessant l'envie du matin hanté du rêve qui rêve qu'il revient Tu es la mort annoncée et le baiser d'une rose la larme fanée fendant la couperose Tu es la vie qui promet, le sable lié la virgule du regret, le regard du hunier Tu es opprobre et mausolée marbre sanguin aux nervures corail Le tombeau et le berceau par lesquels je suis né tu me feras poussière et poussière je serai De t'avoir tant aimée au jardin d'Eden d'avoir pleuré tant et si bien Qu'un fleuve est né souverain à fleurir mon désert d'un chemin
  6. 19 points
    C’est un brin de demain ce moment où l’on sent qu’on est autre qu’une île au coeur d’un océan, brindille si fragile au milieu d’une rue, prends bien garde que nul ne lui marche dessus. C’est un écrit de soie ce moment où l’on voit ce que les mots avouent, mais ne nous disent pas, un papier tout léger sur le pont d’un bateau, prends bien garde que nul ne le jette dans l’eau. C’est un grain d’accalmie ce moment où l’on sait que de n’attendre rien nous permet d’espérer, graine dissimulée dans du charbon de bois, prends bien garde que nul n’en fasse un feu de joie. C’est un flambeau promis ce moment où l’on peut refermer les volets et ouvrir grand les yeux, une flamme qui luit et que nourrit la brise, prends bien garde que nul ne souffle par méprise. Éphémères moments, dans la nuit ils scintillent, et puis, feuillage mort que le vent éparpille, s’envolent quand s’en vient l’automne et au solstice, s’amassent sur le sol et la terre nourrissent.
  7. 18 points
    Dans la couveuse des lendemains étranglés, Tu es parti un matin mon ami, sans maux. Dire ces derniers souffles hachurés en hélices, Ceux où se greffa ton cœur en rosace. Des tristes lagunes mortifères asséchées Aux lisières profanes des mangroves solitaires, Nous fûmes ces inlassables chercheurs d'or, Ces pèlerins écumant la crête du monde. Bien que seul sous l'horloge de ton souvenir, Il est des rêves tatoués qui ne peuvent périr. La douce temporalité des frêles arbustes Ensemence les silences de ton absence. Même si mes yeux pleurent sur un ciel veiné d'azur, Que mes larmes suivent le sillon de notre amitié, Même si mes paupières bâillent sur ton dernier exil, Je suis désormais le gardien de la somme de nos vies.
  8. 18 points
    Le soleil enfantait dans son tressaillement un univers brisé en explosions d'atomes quand des cieux infinis mouraient infiniment dans l'éparpillement d'un songe polychrome. Pourtant il se noyait,sombre et crépusculaire et mes yeux s'aveuglaient à cet embrasement qui déchirait la nuit dans l'or de sa lumière. Sur l'horizon flottait un chaos de nuages aux heures où le couchant étale ses splendeurs quand déjà les hublots reflétaient le naufrage où sombrerait le jour empli de sa rougeur. Je buvais cette mer où naufrageait le ciel quand le froid crépuscule avant de disparaître pour obscurcir la mer enténèbre le ciel et sur un monde éteint entre ouvre sa fenêtre. Sur le flot qu'éclairait la lune faiblement l'extase et l'agonie méli-mêlaient les ombres et le calmar géant jetait dans la pénombre nos ombres qui s'ombraient à l'encre de son sang. (J'avais imaginé pour crier mon chagrin des soleils engloutis et des monstres marins )
  9. 18 points
    Dans la froidure des grandes villes dortoirs, Jusque dans les ruelles aux poumons bétonnés, Je traîne mon spleen, épave mélancolique, Au bout d'une laisse toute de cuir décoloré. Dans l'air flotte une odeur de nuages évaporés. Entre les lumières exsangues de lampadaires falots Il peut se mesurer jusqu'à l'extension des silences. La ferraille nocturne gémit sous mon pas traînant. Alors que j'avance le long de façades indifférentes, Des rêves floutés crépitent sur les trottoirs. Dans le caniveau écument des reflets séléniens Comme pour cacher ces éclats d'attentes brisées. Sous les ombres des vacarmes nocturnes, Las de moissonner en vain des champs d'étoiles, Fatigué de trébucher dans ces haillons de suie, Je me suis assoupi sur la margelle de mon existence.
  10. 17 points
    Je ne sais… « Si la saison faisait peau neuve tous les ans Alors on guérirait de n’avoir pas changé » G. Audisio Je ne sais ce que veulent dire tes mains Qui effeuillent l'arbre nu et cherchent l'ombre Au fond de la nuit baignée de lumière que tu éteins D'un revers de paume gantée de flanelle sombre. Je ne sais ce que veulent dire tes doigts Qui se crispent dans le ciel d'opale perlé de froid, Enserrent un nuage qui en trombe pleure d'effroi En voyant de si près tant de signes maladroits. Je ne sais ce que veulent dire tes yeux Ciselés de diamants, au vague à l’âme Dionysien, Trop hyperbolique pour discourir même avec les Dieux Déclame la lune, effrayée de l'absence de lien. Je ne sais ce que veulent dire tes lèvres Lippues et chuchotantes au rouge gloss tiède, Des mots indiscrets s'en échappent qui t’enfièvrent, Cédilles crochues poétisées en cœur de lied. Je ne sais ce que veulent dire tes mots Qui s'assoupissent au creux de larmes silencieuses, Intarissables perles marbrées, billets a tempo Qui se glissent à l’ouvroir de ta voix, miséricordieuse ! Je ne sais ce que veulent dire tes nuits endormies Au creux de toi-même, qui en chien de fusil Interroge de pourquoi les non-dits ! Polysémie Silencieuse, théâtre de nos deux corps préhensiles. Je ne sais ce que veulent dire tes gestes Qui semblent appeler au secours du haut d'une tour, Imprenable, qui sait… mais il est tard. Et je reste Près de toi, et je rassemble mes forces par goût d'amour.
  11. 17 points
    Peuplades de baisers, Chahuteurs d'aubes saoules, Eau, robe d’hyménée, Où des vagues roucoulent ; L'été, au cou penché, Dénudé loin des foules, Le soir, nage en secret, Près des pierres qui roulent Pour l'amour. Danseuse hallucinée Aux yeux bleus-verts-orages, Dans l'heureuse vallée Verdoyante d'hommages, A chaque seau jeté En ses dessous bouffants, C'est comme un nouveau-né Qui viendrait en chantant Aux labours. Eau prêcheuse en rivière, Saluant les églises, Les croix des cimetières, Puis va en blouse grise Dans les cours, Passant près des écoles, Les postes, les mairies, Enfin berce les geôles, Les poulaillers, les nids, L'œuf du jour. C'est la joie du pêcheur Au matin brume opale, Elle s’éprend des cœurs En cachant ses vestales Sous les branches. La mouche d’Ambroisie De fols esprits Bayou Hantent encor son lit Ses vasques, ses remous Pour les tanches. Divine en volupté, Caressant ses roseaux, Lascive miroitée Par les truites farios, Se laissant à rêver Mélancoliquement, Longeant les champs de blé Et les prés bourdonnants De tendresse. N'allez pas l'étrangler En ces temps pollueurs, Sachez la respecter Comme une grande sœur Apprenez à l'aimer En suivant les saisons, Lancez-lui des bouquets Pour toujours sous les ponts, Et en liesse, Acclamez le passage Des courlis majorettes, Humez son goût sauvage Aux fraîcheurs des liquettes, Et ses fesses Aux rondeurs pétillantes, Eau, effrénée de plis, Bondissant plus saillante Qu'elle embrasse nos vies De sagesse.
  12. 17 points
    Je ne sais plus le nom des saisons encore moins le jour qu'il fait y a-t-il des étoiles en plein jour, du soleil dans la nuit ? Il neige tiède sur tes lèvres les marées sont-elles montantes ? Le vent chuchote dans les conques la vie belle de sa blessure rouge flamboie delà les toits ; il fait une longue échelle de bois enchevêtrée de cerfs-volants. Les ciels se ferment comme des tombeaux sur tes longs doigts de glaise. Je ne sais plus le vertige du désir au cœur des passiflores ni l'âpre chant des pluies métissées de larmes ardoises je mange les silences d'anses fragiles où s'évaporent les agaves bleues, vos bras s'éloignent dans les collines. Je ne sais plus le nom de mon amour. (J.E. Avril 2020)
  13. 17 points
    Horizon Ligne perpétuelle Endolorie de fleurs sanguines Enveloppée de lin d’or Elle flotte au bleu turquoise Aux confins des possibles Espérances temporelles Abstraction vernaculaire Qui se rit du temps Opacité des distances Mirages des peut-être Elle gîte de tous bords Coquille de noix Au cœur de l’humanité.
  14. 17 points
    Sainte-Croix de Verdon « Où quand le naturel habille les yeux » Fleurissant aux pointes des lavandes des missounaires restent suspendus, immobiles entre ciel et terre à l’entrelacs auroral. Chapelets de boutons nacrés, sorte de méduses enkystées, qui attendent de vibrer à l’Angélus. De longs et grands cierges noirs, cyprès enroulés de lumière naissante, lémuriens aux accents d’oliviers, s’étirent là, au cœur de vagues de pins, enrubannés d’or, filant le lac de Sainte-Croix. Miroir d’opaline posé entre monts et vaux laissant s’échapper le silence des hommes. Fragrances du Sud à l’aube de l’astre rouge, perle sanguine au clair de peau embrunie ! Les choses vues s’installent au balcon de mes jeunes souvenirs et rient au sommet de l’éperon rocheux, sous le campanile couleur brun-rouge ! La lumière brûle la vie bourgeonnante. Je pousse le caillou du temps empoussiéré avec le pied du chemin, dans l’air de rien. Et je bois à la fontaine de mes rêves, le nectar à la robe saumon, que l’eau efface. Là-bas, des hommes se penchent vers la terre friable, prennent en leurs mains rêches et ridées, la glèbe asséchée, irisée et incandescente. Et les yeux rivés au ciel, ils implorent Dieu, de leur apporter quelques larmes d’au-delà, sans trop tarder ! Dans le mas d’ombres aux jambes nues, des cigales aux poitrines bronzées, papotent des délices de l’amour. Leurs longs doigts tricotent des cheveux clairs puis larguent les amarres sur un pointu blanc. Un friselis léger, en arrière du bateau, offre un turban ocré imbibé de moires veloutées. Le silence ronronne. Le panorama extatique à l’infinitude inexistante, coule dans une torpeur contagieuse, à l’unisson de la nature. Un vol d’aigle laisse bruisser ses rémiges. Et je m’endors dans cet écrin, loin des bruits de la ville, hors des métropoles. Le soleil caresse mon visage, comme une femme amoureuse. Voussure céleste d’un bleu mistral. Absence d’interlope !
  15. 17 points
    Il te suffit d'écrire un mot, une phrase ou une page Pour qu'il fasse soleil dans mes minuits, qu'il fasse sommeil dans mes midis Il te suffit d'écrire un souffle, une envie ou un désir Pour qu'il fasse dehors comme il fait dedans, qu'il fasse enfin, qu'il fasse toujours Il te suffit d'écrire un coup de fouet, un coup de sangle ou un pamphlet Pour qu'il fasse l'amour, qu'il fasse jours d'éternels retours Car Te lire c'est entendre ton souffle murmurer ta voix C'est entendre ton rythme comme si c'était toi C'est crever les ciels de septembre à l'orage décimant C'est voler l'or de l'automne pour en habiller l'ocre de ma vie C'est voler la pièce sur l’œil des morts et refuser le passage C'est défier l'anachorète stylobate et déchirer la bure C'est deviner le paradoxe des sagesses quand ton esprit épouse et reste fidèle à la vie qui rejaillit de ta source C'est le divin du récit le cocher du voyage la sirène mourante à l'aube des départs C'est l'éternité qui se construit au feu de la syntaxe le présent alangui sur la dépouille de naguère Quand je te lis je sens ton odeur déclinée au mordoré d'une peau que rien n'efface Quand je te lis je sens la torpeur celle des conquêtes que le futur a largué Quand je te lis je pleure à la cursive la plume d'enfant tachée de violet Je pleure à la coursive la voile et le clin-foc le beaupré de ma vergue Je pleure le rivage quand il se saborde au silence d'étambot Écris moi toujours écris moi encore écris moi tes cris écris moi tes pores écris moi l'aurore écris moi tes peurs écris moi d'ailleurs Écris moi « je vis » écris moi « d'accord » écris moi ta vie écris moi à mort ***
  16. 17 points
    Une robe rouge joue avec ma mémoire. Je sais que ce n’est pas la bonne couleur, Mais elle s’est imprimée ainsi dans mon histoire. Légère sur un corps, en calice de fleur, Elle virevoltait de l’envie de me plaire. Dans cette rue, grondant d’une foule exaltée, Mon regard se figeait sans pouvoir se défaire De ce corps délicat très finement sculpté Ondulant de désir sous l’étoffe grenat. Je sais que ce n’est pas la bonne couleur, Mais, dans mon souvenir, domine l’incarnat. La belle était en joie, courant vers le bonheur, Elle était attendue au café sur la place. Un ami, un amant ? Un baiser sur la bouche ? Aucun doute, c’est un amant qui l’enlace. J’aurais aimé être ce galant qui la touche. Soudain, un cri glaçant, hurlement d’indésir, D’un fidèle à la loi d’un âge révolu, Infidèle à la vie et à tous ses plaisirs, A percé l’air brûlant en fureur résolue. Des coups secs répétés, valets de cimetières, Ont peint, toute la rue, rouge coquelicot. La robe était blanche avant de tomber par terre, À la mort, rouge sang, elle paya son écot.
  17. 17 points
    Un jour sans doute, tu me diras tous ces secrets Ces épines de vieux pins cachées sous la langue Ces surgeons endormis sur des rêves ébauchés Ces cieux écartés par la folie de tes doux larcins Ces terres limoneuses figées dans les mots tus Un jour sans doute, tu me mèneras dans ces climats Ces champs labourés par l’étrave des amours salines Ces embouchures où flotte la sphaigne de tes promesses Cette tourbe des regrets durcie par un vent nostalgique Ces sentiers chiffonnés à travers des chimères écorchées Un jour sans doute, tu me guideras dans ces lacis exilés Ces sentes de crêtes tendues vers des faîtes éburnéens Ces ventres moussus sur les rivages défaits des voilures Ces festons de frissons sur tes ombres en échancrures Ces creux où se dépose la suie des quotidiens calcinés N’être plus que l’ombilic de ton nom, un jour sans doute.
  18. 16 points
    Au loin tintent les grelots des rêves. Ils racontent les arrondis de ton nom, Révèlent la dépouille de tes lèvres, Les ossements de tes baisers figés. Juste une dernière fois, espérer Me frotter contre le crépuscule des nuits, Trébucher sur le seuil de ton souffle, S'égarer dans le velours de nos gorges. Sous l'arche des étreintes endormies, Parmi le souffle des haleines éperdues, Mon pas fatigué d'archéologue sélénique Soulève la limaille froissée de nos corps. Des oiseaux cendrés déchirent un ciel laiteux. Quelque part, un grand orgue parait pleurer. Mon bras usé moissonne des terres stériles, Tout en mâchonnant des graines rassies.
  19. 16 points
    Il est d’abord un pur possible qui survient Dans la nuit étoilée du premier rendez-vous L’irruption imprévue qui vous secoue soudain Le sourire et la grâce au demeurant c’est vous Qui veniez proposer le troublant entretien Je n’aurais pas osé maintenant je l’avoue Faire le premier pas et forcer le destin Comme vous l’avez fait en me tendant la joue L’attirance est ainsi faite de mots couverts D’intimes confessions où l’on livre son âme Et de sincérité avant d’être une flamme Je regrette déjà le temps irremplaçable Des timides émois quand j’écrivais des vers Qui s’inspiraient de vous pour vous paraître aimable
  20. 16 points
    C'est déjà l'aurore Camée poudré d'or En nage, Le soleil des rois Te couvre et te noie D'hommages, Odeur de fournil, Battements de cils, D'images, Écoute l'écho Où dorment les eaux Si sages. Jardin de pudeur, Au cœur d'une fleur En âge, Entre les rayons, Les lys polissons, Les mages, Glissant sur ta joue, Le vent a ce goût D'orage, Je laisse une ondée, Reflets argentés En gage. Puis quand vient le soir, Le legs des miroirs Voyage, Domino nacré Dans le ciel semé D'alliages, Juchée sur rubis La gemme et la nuit S'encagent, Écrin du serein, Ta bouche m'étreint Otage...
  21. 16 points
    Je suis née sans grand bruit d'un linceul de rêves et le soleil d'ambre baise à nouveau ma terre j'ai démêlé mes peurs pour que s'ouvre la fleur sous le miel bouillonnant je cherche pour y dormir un flanc chaud et profond un coeur dont j'apprendrai les plis les plus secrets un beau front tendre et frais où reposer mes lèvres dans un calme abandon
  22. 16 points
    Le soleil de janvier sur les rochers de plomb L’oiseau s’y éternise en figure immobile Et scrute d’un œil noir la mer qui se confond Avec le ciel repu de nuages fertiles Jusqu’à perte de vue dans l’attente d’une île Les houles qui s’octroient des crêtes en affront Accommodent le vent à leur force tranquille Et brisent leur élan sur les récifs profonds Entendez-vous les morts qui chuchotent là-bas Les appels des noyés venus du fond des âges Engloutis par les flots dans les anciens naufrages Et voyez la tristesse inscrite à l’horizon Du couchant hivernal dans ses derniers rayons Blafard et désolé comme un nouveau trépas
  23. 15 points
    C’est sur d’étranges reliefs d’écume inachevés Que le vent sculpte les vagues et les reflets Au bout des doigts une image ronde S’essouffle dans les nuages Plonger sa main dans l’eau noire Pour faire jaillir la bioluminescence S’abreuver d’imprévisible Lorsque le tocsin vous réveille Pour vous rappeler Que le temps suspendu s’échappe Comme un fruit trop mûr Ne jouer que le souvenir Dans la profondeur de l’océan Comme un sourire triste de lumière Que les yeux traduisent Mon cœur carnassier Roule cette curieuse couleur Entre l’encre et la craie.
  24. 15 points
    Aveu filigrane, élan diaphane je pianote et brode en fils de couleur mes arabesques en solo n'entends-tu pas la mélodie pauvre dentelle de croque-note que je martèle crescendo Je voudrais que ma plume sarbacane souffle mes voeux dans le vent et que volent jusqu'à toi en écume courtisanes ces aigrettes de printemps virevoltant une folle sardane Je voudrais être ta fée Morgane qui porte en toi la sourdine l'élan diaphane du poète peut-être même ta Catwoman et que sous ton toit s'enracine mon aveu en filigrane Je t'imaginerais alors dans le silence qui sourit en cascade d'arpèges au creux de la nuit qui protège jouir d’ un instant de répit
  25. 15 points
    L’invisible « J’appartiens au silence à l’ombre de ma voix » J.Cayrol Vous n’entendez-pas ce long souffle rauque de cet homme ici allongé blessé de vie qui s’éprend soudain de silence, sans acribie, pour quitter les rivages de la ville glauque. De l’air ! De l’oxygène, voilà ce qu’il lui faut, il en manque tellement. A peu consommer on s’épuise. On s’use à vouloir en trouver ici ou là. Et voilà que s’envolent les mots ! Et l’homme sans voix, salue et s’en va, il part. Echappe au monde et à lui-même, marche de guingois, oiseau affaibli, blême, si semblable hélas, à son existence ici-bas. Portefaix aux épaules fatiguées, patenôtre sans remords, sans ailes, en désaccord avec les idées de son temps, trop accores, dit-il. Et passent les ans, saints et apôtres ! Il s’en va, là où personne ne l’accueillera vers une nuit sans fin proche de la terre dans un sillon paysan creusé en jachère observer les constellations baignées d’auras. Il pense aux blouses blanches, à leurs mains cachées, leurs yeux esseulés, dans un visage absent. Il songe aux petites gens de métissage à la voix chantante. Il pleure des étoiles d’airain. Il parle aux petits enfants qu’il n’a pas eu, leur invente des historiettes, conte la solidarité, la justice bienveillante, l’amour et l’amitié. Dit en conscience, ce que le noir de sa peau, a tu. Lui le rescapé, le sans nom miraculé, s’enfonce dans l’obscurité, seul, happé par un trou noir, s’évanouit au clair de lune, brasillement d’espoir futile fait d’ombres inutiles, au champ de ronces.
  26. 15 points
    À l’ombre de ta bouche, Juste quelques pelures de mots Sur l’orbe de ton silence. Il reste Ces frissons en torsades, Quelques flaques de souvenirs Égarées dans l’amer d’un regard. Ces paysages rongés de fièvre, Là où gisent des nymphes rouillées Oubliées derrière des murets de lierre. Dans tes échancrures irisées, L’hémorragie du sang des jours Sur le buvard de nos sentiments.
  27. 15 points
    Je marche sur les horizons superposés des futurs finis. La lande des lendemains desséchés s’étend vers nulle part. Jours et nuits s’embrassent et viennent étreindre l’infini. Les rires des matins chagrins fécondent les pleurs du soir. Un enfant perdu hurle, prisonnier de la chair d’un adulte. Il s’agrippe à mes veines et déchire mes muscles endoloris. De sa tristesse, il fait de chacun de ses souvenirs une insulte. Dans sa solitude, il se forge un monde sous le signe de l’oubli. Derrière mes rêves, j’ai recherché la clef pour le libérer. Sous les lettres de mes vers, j’ai cru trouver la serrure. Ma quête est restée vaine et je suis malgré moi ce geôlier. Je reste debout dans le champ du Présent avec une cassure.
  28. 15 points
    Des Testaments Le jour manque cruellement d'absinthe, vers des sens aux veines d'espoir et d'amants qui s'allongent en silence... Je couche tous les compromis : Ci-gît l'essence de mon être, Je m'offre un voeu, un paradis et j'épargne quelques lettres Le jour dépeint évidemment la feuille d'un papier blessé, j'écris en rouge art d'amants vos parfums ne m'ont rien laissé Et je signe mes faiblesses ou la complainte d'un passé, je fais fi de vos promesses et du tourment qui m'enlaçait. Epicene
  29. 15 points
    A l’orient de vous « A l’intérieur d’un rêve j’étais emmuré » Octavio Paz Dans la clarté du jour à peine diffus Je découvre votre cœur en transparence Battre l'heure du temps de l'absence Au creux de vos seins au galbe nu, A la peau dorée, aux contours d'Yquem, Parfumée d'épices aux senteurs d’été Je songe un instant à vous effleurer Mais n'ose - ô stupide - de peur de l'anathème ! Duo sculpté dans un corps à l'épure fragile Aux rondeurs séraphiques, tendres et câlines Je vous imagine déshabillée d’amours libertines Dans un décor étreint, aux mains malhabiles, Où flamberaient des chagrins narratifs, Expurgés de râles silencieux, d'assonances, De caresses à peine voilées de convenances, Et vos yeux fiévreux, iraient d'un pas allusif Se réfugier près d'une frondaison de lilas, Pourpre et diamant, miroir de votre intimité Douce comme un Lambrusco, verre de l'amitié ! Et par-delà l'Ombrie nous irions de-ci de-là, Boire l'Italie et le muscat d'Asti, sans façon Danser, entrechats et entrelacs, mi dièse mi bémol, Vous sur mon corps et moi à court de parole, Imbibé au rouge passion de vos lèvres à l’unisson, Puis de raffinement en audace au clair de vous, Coupe pétillante en main, robe légère, Madame Je suis à vous, j’offre mes mains aux fines âmes Bien loin des allées corsetées, à distance des courroux, Tapis dans un ailleurs pastellisé, je vous gouache Vous entoile, modèle silencieux au regard émeraude, Chevelure chevaline, je ne dis mot qui me taraude Un pourquoi, un parce que… j'm'attache ! Il est minuit au cadran de nos envies, je me perds en vous Je plonge, je navigue dans vos ondes belles et soyeuses O Crinoline de soie damassée, satinée et mélodieuse, Où s'ébat tant de nous, et je crois, beaucoup de vous.
  30. 15 points
    On s’assoit derrière la fenêtre ouverte on n'a jamais voulu les plantes vertes sur ces colonnes de marbre froid cadeaux de ceux qu'on ne voit pas sauf pour un repas annuel presque accidentel il y a tout autour tant de parfums exquis à la brise tiède d'un avril de maquis ils ramènent tous nos voyages quand on n'était pas très sages parfois, on se serre la main avec force nos cœurs sont de la même écorce nos yeux se croisent sur la même étoile une mariée évanescente sous son voile on ne parle plus depuis longtemps on a semé nos mots dans les champs à côté des sources bleues et des liserons mauves l'horizon s'approche de plus en plus et se sauve mais qu'a-t-on besoin d'autre chose ce geste que l'on ose, douloureux comme une rose suspendu aux grappes des glycines ramène le temps des crinolines et d'un été bien plus beau qu'un noël quand on s'est dit oui au fond d'une chapelle c'était pour la vie voilà, elle s'est enfuie. (J.E. Avril 2020)
  31. 15 points
    J’avance cousu à une terre ocre méditante calé à une rambarde d’aubes tremblantes l’haleine tissée de mots nouveaux les premiers pas sont des paniers de perspectives qui clignent à mes yeux comme une poignée de grains de sable tous ces éclats soudain dans un livre que j’écris d’une plume nomade je suis né sous un voile de silence d’un point en sang sur la robe du désert.
  32. 15 points
    Chaque aube, je m’en vais et veux quitter le tracé des rivages ne plus guetter que l’ombre le frais, le froid, l’embryon des nuages. Je fore depuis longtemps les empreintes de pas pour en quérir au fond une auge, une source et y puiser la goutte qui ne se montre pas plus Mes mains creuses sèches ne portent rien aux lèvres s’ouvrent en abandon aux nuées évanouies d’éphémères sur la matière en feu. Comme le dragon blessé, je ne fais plus d’orages, espère mes éclairs ma foudre, mon tonnerre pour secouer les ventres. Mon esprit rôde, cherche le linceul vert de haut en bas et gémit sans sommeil traqué par l’aiguillon sans secours de la nuit ou de la lumière fraîche. Dans les eaux du ru ne vit plus que l’absence du filet de la source ne traînent plus que les eaux asphyxiées par l’humeur jaunâtre du sein amaigri de la mère épuisée. ______________________ MM / 10 2019
  33. 15 points
    ________ L' hiver en héritage ______________ " J' avais pour tout bagage un habit de froidure" et pour unique adresse le froid de ma demeure quand la bise hivernale aiguisait ses morsures et que la plaine immense étalait sa blancheur Une aube verglacée projetait ses lueurs d'une âme évaporée la dernière parure j'ai eu ce projet fou de déchirer le ciel pénétrer le secret d' une si longue absence figé dans le néant de ce cœur entre ouvert quand l' étreinte nivale étouffait ce silence où s'éteignait l' automne enveloppé d' hiver et que le vent courbait la cime des grands arbres La pâleur de ce jour trop vrai pour être beau nappait le paysage d' une sombre atmosphère et sur la neige fraîche l'empreinte d' un oiseau éparpillait le grain qu'on confiait à la terre que j' arpentais alors solitaire et frileux Pays où se serraient des forêts de colonnes où de rares nuages traversaient des cieux vides quand les jours s 'assemblaient en suites monotones dans l' oubli de leur forme incolore et liquide " Décembre qui grelotte expire en souvenirs" L' astre crépusculaire infiniment gelé jette un dernier éclat sur son jardin de givre et fragmente la nuit en ultimes reflets pour la première fois j' avais envie de vivre Janvier est saupoudré de bourrasques de neige que nous rions de voir danser et voltiger en tourbillons ouatés que nos doigts désagrègent afin qu' elle se répande sur l' un et l' autre monde poème offert à @Lina
  34. 14 points
    Né sous une mauvaise étoile Que faisons nous ici, quelle est notre mission ? Moitié d'enfant promis à ce destin amer au petit matin froid j'avais une ambition: Entre l'os et la peau ajouter de la chair Pâleur surnaturelle et maigre silhouette gaspillant ma jeunesse au hasard des chemins Sept du mois de novembre; Année de la comète, la lumière du jour passe à travers mes mains Dans les plus hautes herbes s'égarent les oiseaux de sombres avenirs l'effroyable présage et comme un vent mauvais fait ployer les roseaux dans mes paumes blessées me cache le visage Et tandis que le vent fait claquer les fenêtres et que de lourds nuages menacent de crever je maudis ,O combien, ce ciel qui m'a vu naître quand des gouttes de pluie, plus qu'on en peut rêver glissent le long des vitres ......et le ciel dégringole cordes et hallebardes sur moi précipitées Dégueulez caniveaux et débordez rigoles et vous, coulez couleuvres, souples et argentées J'ai désigné, furieux, la nature marâtre C'étaient de ces orages qui essorent les cieux tout sillonnés de foudre en brefs éclairs bleuâtres que je suivais des yeux, pensif et silencieux (GB-le 28052020) Texte offert à @Thierry Demercastel
  35. 14 points
    La Voyageuse Sous l'horloge précieuse du temps Là où l'aiguille fixe le continent, Seule, elle rêve éperdument D'une odyssée, d'un contre-temps Et de l'indice furtif de carignan, L'envie sème bien des arguments. L'ombre d'un soupçon dans le regard, Elle embarque son grain de folie, Fait preuve à la carte de l'épisode, De ses règles dans l'aérogare Où les souhaits qu'elle fait à l'oubli Se lient d'une mise en fraude. La voyageuse connaît l'abstrait, L'art du désir aux cent frontières, Veilleuse nocturne qui s'égare, L'aurore maquille ses attraits Et son goût pour la fronde côtière Quand le jour supplante ses retards. -Epicene- Mai 2020
  36. 14 points
    Lore, mon grain de folie « J’aime les heures sombres de mon être, où s’approfondissent mes sens » R.-M. Rilke* Je viens me perdre dans tes vastitudes Créatives et inattendues, toi Drapée d’une blouse blanche entrouverte Laissant transpirer ton corps nu Éraflé de couleurs aux pinceaux Aveugles sous le néon éclatant de blanc. Chevelure noire coupée à la garçonne Yeux émeraude teintés d’or Tu te courbes vers la toile de lin Au sol, clarté impudique, Allongée tu t’enroules sauvagement, Et tout pigmenté de couleurs primaires Ton corps d’albâtre Dessine des abstractions Instinctives et distordues, Au rouge carminé de tes lèvres Au bleu outre-mer de tes seins A l’effloraison de l'abricot terre de sienne, presque glabre. Minuit, atelier à Traben-Trarbach Cité Art Nouveau baignée par la Moselle La nuit quelquefois tu y plonges Miroir lunaire aux ombres vinicoles Tes formes se saoulent d’air mouillé Tu veux faire l’amour Me dis des mots essentiels Avant que de se perdre Dans les ombres des toits Observer le monde grouillant Les lumières instables Les gyrophares de la Polizei Et chichonner avec tes amis. Tu chantes Joan Baez Here’s To You Hymne de jeunesse Contre l’injustice et pour la vie En pleine guerre froide Et tes yeux s’étoilent au firmament Quand t’écoutes Samba Pa Ti de Santana Avant de t’assoupir sur mon épaule. Odeur âcre et sucrée Filet d’air frais Quatre heures, on rejoint La longue toile granuleuse groggy au sol, Tu mets du rouge vermillon Sur tes pieds, imite un rat d’opéra, Toupille furieusement dessus Et tombes de fatigue. Tu ne crois pas en Dieu, Tu veux faire cesser la guerre du Vietnam Tu mets un 33 tours, hymne américain Décibels déchirants de Jimmy Hendrix Sur guitare sèche agonisante, Tu m’offres ton tee-shirt rose Faites l’amour pas la guerre On ne se promet rien On inonde le monde d’idées Saugrenues et colorées Comme nos fringues hippie-chic ! On court dans le combi Volkswagen, Tu glisses une cassette dans l’autoradio « Voulez-vous coucher avec moi » En dodelinant de la tête Ton regard s’évanouit et sourit « Et leurs yeux se fermaient comme des roses, et les nuits de l’amour emplissaient leurs cheveux* » Ai-je murmuré à ton oreille. Nous ne faisons plus qu’un jusqu’au petit matin Et tout enrobés d’or crépusculaire Tu me dis, passe quand tu veux Avec ton accent inimitable et si plaisant. Tschüss !
  37. 14 points
    elle l’a perdu il est passé à la porte d’entrée s’est arrêté a respiré l’air du temps dont elle vivait sans faux-semblant chez elle a continué elle l’a entendu pieds nus à la porte d’entrée elle a marché déverrouillé entrebâillé elle a perçu l’odeur de sueur des fleurs sur le palier elle l’a attendu revenu à la porte d’entrée il a déclaré sans hésiter il faut verrouiller alors elle l’a chassé puis elle a effacé l’odeur et le palier il n’en a rien su elle l’a confondu
  38. 14 points
    Il a plu cette nuit sur la ville un peu sur le jardin solitaire privé de ses habitants ordinaires réveillant une solitude fragile Une éclaboussure de pétales blancs, fraîchement tombés des branches alourdies du buisson de spirées tache l'antique table de fer que l'on a ressortie depuis peu de son hiver Pas une larme d'un archet de violon ne vient troubler le silencieux désert le calme du petit matin pur et profond irradie l'herbe dans tout l'éclat de son vert Je reste là, le regard trouble, qui se perd sur le mur couvert de clématites mauves, laissant mon esprit vagabond en dévers s'envahir de pensées invisibles et fauves Le banc encore tout barbouillé de pluie ne m'invite pas à reposer mes pensées pourquoi dois-je à cet instant lutter pour ne pas pleurer de tristesse et d'ennui Je devrais rentrer et me faire un café.. A ce moment une voix qui m'est chère vibre au fond de moi, ferme et claire: " ce n’est pas toi, cesse de te désoler, va te promener, surtout sors de toi même ....et souviens toi que je t aime." ***
  39. 14 points
    J’habite un immeuble indifférent Et le voisin devint quelqu’un d’autre Sans que je ne sache jamais s’il le sut vraiment Car il parle de lui : « Le poète ne l’est plus » Et sur l’étagère à la fenêtre Près du tableau à la nature morte Il posa les vers qui le dénoncèrent : Pendant que les restes de notre amour Pourrissent dans mon corps oublié Autour de la table, en cristal fragile Je trinque et tu n’en sais rien encore Au nombre des trois, tu seras la première Et j’écrirai des lettres de corbeau A cet oiseau de malheur, voleur de ton coeur Il sera ce cruel et je serai son bourreau Tu es celle par qui les mots poisons Tombent haut sur mes strophes Branlent bas dans ma tête en tous sens assassine Tu disais blanc, jeudi noir en titre.
  40. 14 points
    Il a dedans sa peine, Un bateau qui s’horizonne Vers des mers lointaines, Comme un air qu’on fredonne. Tout en voiles de nuit, Voguant à fière allure, Son corps ici, yeux enfuis, Faible feu dans sa mâture. On l’aperçoit encore Frôlant le point de lune, Luciole qui s’évapore, L’on envie sa fortune. Mais parfois son sourire, Lassé de fous voyages S’en revient pour nous dire : Amis ! Voici mon bagage. On l’assoit devant l’âtre, Le chien lui fait la fête. Douce lueur, pied d’albâtre, Viens ! Repose-toi, Poète… "Acrylique sur toile lin tissée, couteaux, brosses et trop de café..."
  41. 14 points
    Arc en terre Je voudrais être arc-en-ciel me détacher en plusieurs cercles de même diamètre apparent me contraster sur champ d’ardoises terre cueillie sur fond de cendres myriade essaimée de soleil Pourquoi pas arc en lumière entre chaque effroi d’orages serrer mes peurs dans un arceau où chaque foudre veut l’outrage ne pas me rompre verticale être courbure face aux maux Je saisirais l’arc en pluie toutes les gouttes suspendues pour traverser les sept couleurs et m’ébrouer de leurs lumières du rouge sang au violet pourpre dans mes gambades obscurcies Je pourrais être en demi-teinte surtout ne pas être invisible infra-rouge ou ultra-violet dorer la peau sans la rougir bien iriser chaque tendance entre éclairs et doux reflets Je voudrais être couleur primaire en retenant la secondaire pour pouvoir oublier le manque de l’astre vif à l’horizon et même être surnuméraire des rayons de la lueur blanche Avoir le don d’être couleur simple la teinte qui serait absolue être la nuance qui étreint l’éclat sur lequel rien ne grince aucune tristesse, aucun sanglot des eaux de mes larmes indigo Je serai chaque jour arc-en–terre entre mes doigts bien éthéré enfant de pluie et de rosée de chutes d’eau couleurs nacrées toi goutte d’eau qui fait le prisme de toutes mes couleurs mêlées. _________________________ MM / 26 03 2020
  42. 14 points
    Je crois en toi « Au fur et à mesure que nous connaîtrons la vérité des étoiles, nous connaîtrons le grand esprit compréhensif de l’homme » Tagore Un ciel à peine fleuri zébré de serpentins rosis précède de peu le disque d’or. Il coiffe les campagnes étoilées d’un filtre mordoré. Ne cherche pas l’infini il n’existe plus, le présent sombre les éléments le masquent carnaval de pantins désarticulés par le vent noyés par les eaux oublieux des absents ! L’horizon s’éreinte il devient instable, halo bouché par une brume d’étoupe, disséqué par un œil astigmate il cueille ici ou là, des lignes de fuite évanescentes des impressions passagères des bruits insaisissables. Je tangue, le guillemot s’en amuse ! Tournis, je ris, je pleure, je gamberge enfant je redeviens et rêve à tous les possibles enfouis, disloqués, à jamais perdus dans un trou noir. Mon horizon, ligne imparfaite ondule aux foucades marines, désirances et catharsis en gésine qui fouaillent et désincitent l’Ouvroir. Tu me dis qu’il est tard comme l’on dit aime moi sans fard, nue, une étincelle d’émoi s’allonge le long de nos corps. Les manchettes des canards meurent au sol, désinfectées de tout, sans passants elles reflètent l’inexistence des mots encres pleureuses diluées de vie. Je crois en toi autant que tu crois en moi. Epicènes aux goûts salés-sucrés. Le temps s’enguenille dans la soie corail, mains soyeuses et baisers câlins à l’horizontale de tes yeux océane je flirte avec les profondeurs bleuités des nuits d’amour.
  43. 14 points
    Que ce printemps est émouvant quand il tâtonne en effeuillant une anémone J'ai l'espérance morose vêtue de mots d'hiver juste avant que n'éclosent les fleurs de primevères Sous les ombelles jaunes je fermerai les yeux me feras-tu l'aumône d'un sourire dans mon envie de ciel bleu
  44. 14 points
    Lorsque le ciel brouillon s’épaissit et se grise, ne retenant des monts, des traverses, des vals que de vagues contours, le besoin primordial de chaque bouffée d’air retrouve son emprise. Le souffle se fait court et la bouche s’entrouvre, tandis que les chemins se fondent, nébuleux, en une voie sans rive aux écueils anguleux, qu’une opacité dense obscurcit et recouvre. Le superflu s’enfuit avec la transparence, débarrassant les sens de leurs vains oripeaux et l’esprit, profitant de l’étrange repos, s’épanouit au sein de sa simple existence. Puis la lumière choit sur le temps à genoux et le ciel cathédrale, où le poids des prières des épaules s’envole en perpendiculaires, murmure à l’horizon « ô vivre, que c’est doux ».
  45. 14 points
    To those I love in Oz Dans le gris corset, la vision s’écourte, les arbres se couchent, le métal se courbe. L’orange a percé le bleu et noirci son infinité. Tout hurle la fuite. Des signes rougis, réveillent en chœur la mémoire en pleurs de son vert d’oubli. Partis en restant, voilà que reviennent ceux dont les draps blancs se font silhouettes. Ailleurs, aujourd’hui, tout est inutile. Je m’arrache un cil, espérant ainsi te voir respirer un peu de clarté et de transparence dans l'incandescence.
  46. 14 points
    Au fil, à l’aiguille Au fil de la plume, j’ai brodé la Lune et au fil de l’eau festonné l’écume A l’ombre portée, j’enfilais le fil en rai de lumière pour piquer l’aiguille Au fil des couleurs, le dos au soleil les mots en pantone, filais l’arc-en-ciel irisais la pluie face aux lourds ciels gris tournais le fuseau pour garder le fil Puis au fil des jours, je tissais la laine la trame en lettres, chaque mot en chaine la toile en strophe, les poèmes en drap brodés au fil d’or pour les jours de froid Et au fil du temps, les maux bien rangés comme des draps blancs en lin ajouré au clair de la Lune, j’attendrai l’écume le feston des mots pour tenir ma plume. _____________________________ MM / 02 2020
  47. 14 points
    Pérenne Qui écrira les mots du rouge des nuages qui sertira le vent dans l'écrin du tourment quand la lune complice étend son manteau blanc au soir du crépuscule et au matin des âges ? C'est le temps, son burin, martelant les messages qui dentelle et dessine abreuvé sobrement des rires, des peines le bel envoûtement qui marque au fil de l'eau l'écume du passage Quand viendra le moment, demain, du souffle éteint qui laisse dépourvu, perdu, l'autre sans l'un il restera, gravée, l'incise au creux du soir Dont le contour profond blesse le cœur de l'âme sillon de feu, de flamme éclairant dans le noir la caverne au trésor dont nous fûmes sésame
  48. 14 points
    Les étoiles pleuraient quand ta lyre d’Orphée Envoûtait languide les collines en flamme, Le Danube impétueux arrosait la jusquiame, Flamboyant, s’y mirait le château des nuées. Tu voulais en enfer retrouver Alcimène Et ta mère Ilona que tu n’as pu aimer, Tu vécus par leur mort ta naissance malsaine, Tu portas cette croix jusqu’au bout de l’allée. Tu tressas de tes mots des couronnes de sable Où saignaient moribonds les jours brutalisés, Parfois tu évoquais la magie de l’étable Quand Dieu se révéla dans sa fragilité. Et ton verbe soutint les ombres chancelantes Qui erraient sans espoir dans les sombres forêts, Un papillon rouge te prit dans ses filets, Ce fut un bel amour en caresses vibrantes. Mais la nuit est venue avec ses loups sauvages, Des meutes assoiffées d’innommables carnages, Ils ont tout saccagé, villages et vergers, Ils ont tout humilié sans la moindre pitié ! Comme une étoile jaune entaillée par le fer D’un insigne gammé trépidant de colère, Le soleil s’est couché sur ta tombe automnale Que tu avais creusée en attendant la balle. Miklós Radnóti poète hongrois marcha plus de 900 kilomètres, plus de trois mois, vers sa mort, à marche forcée. Parce que juif, parce qu’humaniste, parce que poète.
  49. 14 points
    Il faudra bien qu'un jour Nous allions faire un tour Du côté de l'amour Qui refleurit toujours. Je te proposerai, Si cela ne t'effraie, De te garder du frais Et de tous tes regrets. Si tu le veux aussi — Pour peu que tu souries — J'oserai le sosie De l'homme de ta vie. Quand des nuages lourds Couvriront de velours Nos âmes à rebours, Je serai troubadour Afin de te chanter Les douces mélopées Du pays enchanté Où nous pourrions danser. S'il te sied de franchir L'autre étape — sans rire — Qui se plaît aux soupirs, Alors, sans coup férir, Honorerions nos corps Et d'un glorieux accord Nous frayerons encor' Dans la petite mort Encline aux confidences. Respirant la confiance, Nous jouirions à l'avance De nos cœurs en vacances.
  50. 14 points
    Ma chambre est en désordre ruisseaux palpitants gorges bleues foulards de soie aux couleurs de ciels emperlés de nuages ta joue contre la mienne paresse sur le lit caresse l'édredon qui sent si bon j'adore me glisser dans la pénombre presque nue, en évitant les ombres, près du bureau encombré de papiers et de crayons quelle que soit l'heure, soie ou coton le soleil joue, dès l'aube à l'Arlequin joyeux. Il dépose café et croissants encore fumants de lune. Le coffre à jouets toujours entrebâillé regorge de peluches et de vieilles poupées les parfums d'enfance aux longues coulées d'or jusque sous le volet, c'est parme, c'est violet et j'en oublie les bleus plus personne ne me gronde je n'entends plus jamais « range ta chambre » et ne suis plus privée de ces desserts fondants, de ces crêpes Suzette aux confitures colorées il y a du vent dans les voiles et j'embarque quand je veux sur le dos des baleines, l'océan n'est jamais loin, je chevauche mes rêves. Si je veux, c'est la fête je lâche des ballons je fais des gaufrettes dans la dînette d'autrefois je pleure parfois, de trop de solitude de trop de certitudes je me pelotonne dans le panier de Gertrude, mon autruche et je respire mes vieilles lavandes sur d'antiques fanfreluches je suis une petite chose quand mon cœur saigne sur mon pyjama rose. Peut-être devrais-je ranger ma chambre une fois pour toutes, tout jeter et poursuivre ma route. (J.E. Sept.2019)

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