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Classement


Contenu populaire

Affichage du contenu avec la meilleure réputation depuis le 14/08/2019 dans toutes les zones

  1. 19 points
    Bretagne Royaume ensorcelé; d'ajoncs et de bruyères, la foi et le granit ont bâti tes chapelles sur un sol où s'élèvent des alphabets de pierres, alignements sublimes qui regardent le ciel. Terre de sortilèges ,ton pouvoir est magie. Le promeneur croit voir les feux d'un incendie, quand il s'agit d'esprits rejoignant les éthers vers ces régions du ciel où l'astre resplendit _ que sa génuflexion honore le calvaire! .... Dans nos yeux embués l'eau se faisait lumière et le soir s'emparait des surfaces vitrées. un jour à son déclin,sombre et crépusculaire qui ourlait les remparts d'un clair de lune ambré, demi jour où les formes s'épousent et s'agglomèrent. Tandis qu'un vent marin chiffonnait les nuages des effluves océanes s'épanchaient sur la terre puis c'étaient des nuées qui noyaient les rivages submergeant les coteaux penchés sur l'estuaire Au bout du filament une étoile étincelle petit soleil captif d'une ampoule de verre, éclair intermittent; veille la sentinelle l’œil du haut de sa tour nous guide et nous éclaire la Bretagne est un songe où s'est posé le ciel. (GB-29042020)
  2. 19 points
    C’est un brin de demain ce moment où l’on sent qu’on est autre qu’une île au coeur d’un océan, brindille si fragile au milieu d’une rue, prends bien garde que nul ne lui marche dessus. C’est un écrit de soie ce moment où l’on voit ce que les mots avouent, mais ne nous disent pas, un papier tout léger sur le pont d’un bateau, prends bien garde que nul ne le jette dans l’eau. C’est un grain d’accalmie ce moment où l’on sait que de n’attendre rien nous permet d’espérer, graine dissimulée dans du charbon de bois, prends bien garde que nul n’en fasse un feu de joie. C’est un flambeau promis ce moment où l’on peut refermer les volets et ouvrir grand les yeux, une flamme qui luit et que nourrit la brise, prends bien garde que nul ne souffle par méprise. Éphémères moments, dans la nuit ils scintillent, et puis, feuillage mort que le vent éparpille, s’envolent quand s’en vient l’automne et au solstice, s’amassent sur le sol et la terre nourrissent.
  3. 18 points
    Je ne sais… « Si la saison faisait peau neuve tous les ans Alors on guérirait de n’avoir pas changé » G. Audisio Je ne sais ce que veulent dire tes mains Qui effeuillent l'arbre nu et cherchent l'ombre Au fond de la nuit baignée de lumière que tu éteins D'un revers de paume gantée de flanelle sombre. Je ne sais ce que veulent dire tes doigts Qui se crispent dans le ciel d'opale perlé de froid, Enserrent un nuage qui en trombe pleure d'effroi En voyant de si près tant de signes maladroits. Je ne sais ce que veulent dire tes yeux Ciselés de diamants, au vague à l’âme Dionysien, Trop hyperbolique pour discourir même avec les Dieux Déclame la lune, effrayée de l'absence de lien. Je ne sais ce que veulent dire tes lèvres Lippues et chuchotantes au rouge gloss tiède, Des mots indiscrets s'en échappent qui t’enfièvrent, Cédilles crochues poétisées en cœur de lied. Je ne sais ce que veulent dire tes mots Qui s'assoupissent au creux de larmes silencieuses, Intarissables perles marbrées, billets a tempo Qui se glissent à l’ouvroir de ta voix, miséricordieuse ! Je ne sais ce que veulent dire tes nuits endormies Au creux de toi-même, qui en chien de fusil Interroge de pourquoi les non-dits ! Polysémie Silencieuse, théâtre de nos deux corps préhensiles. Je ne sais ce que veulent dire tes gestes Qui semblent appeler au secours du haut d'une tour, Imprenable, qui sait… mais il est tard. Et je reste Près de toi, et je rassemble mes forces par goût d'amour.
  4. 18 points
    Dans la couveuse des lendemains étranglés, Tu es parti un matin mon ami, sans maux. Dire ces derniers souffles hachurés en hélices, Ceux où se greffa ton cœur en rosace. Des tristes lagunes mortifères asséchées Aux lisières profanes des mangroves solitaires, Nous fûmes ces inlassables chercheurs d'or, Ces pèlerins écumant la crête du monde. Bien que seul sous l'horloge de ton souvenir, Il est des rêves tatoués qui ne peuvent périr. La douce temporalité des frêles arbustes Ensemence les silences de ton absence. Même si mes yeux pleurent sur un ciel veiné d'azur, Que mes larmes suivent le sillon de notre amitié, Même si mes paupières bâillent sur ton dernier exil, Je suis désormais le gardien de la somme de nos vies.
  5. 18 points
    Lorsque tombe la fatigue des jours, Pour oublier ces horizons hors d'atteinte, Je m'allonge au creux des chairs nocturnes, Enfant caché sous un linceul mélancolique. Je le savais pourtant, Que jamais les morts ne disparaissent. Ils habitent les fractures des nuits, Les bâillements des heures rouillées. Le souffle céleste s'en remet à l'ombre, S'épuise dans la nostalgie des hauts fonds. Les anges ne se laissent pas apprivoiser. Je le savais aussi. D'avoir gratté en vain le derme de joies imberbes, Mes ongles émiettés ne sont plus que schiste jauni. Je bascule dans le revers moite d'un rêve couleur carmin Où un chien éthique dévore l'effloraison de mon repos.
  6. 18 points
    Je connais des printemps plus violents que l'hiver, La sève empoisonnée pour une fin du monde Où l'amour et la mort dans une folle ronde S'enracinent au sol patati pataterre. Moi, votre alter ego d'une vie nécrosée Par la faim et la soif d'une autre apocalypse — Foutre mur argileux privé d'ocre et de gypse — Je sens que tout défaille en proie à la nausée. Ne reste que la peur quand l'angoisse s'éteint D'avoir oblitéré la charogne à venir, For le souffle du vent et ma main qui t'étreint, Ôtant tes falbalas toujours de mauvais goût, Et pourtant ton parfum sans l'ombre d'un soupir Nous transporte un instant en l'ailleurs du dégoût.
  7. 17 points
    Dans la froidure des grandes villes dortoirs, Jusque dans les ruelles aux poumons bétonnés, Je traîne mon spleen, épave mélancolique, Au bout d'une laisse toute de cuir décoloré. Dans l'air flotte une odeur de nuages évaporés. Entre les lumières exsangues de lampadaires falots Il peut se mesurer jusqu'à l'extension des silences. La ferraille nocturne gémit sous mon pas traînant. Alors que j'avance le long de façades indifférentes, Des rêves floutés crépitent sur les trottoirs. Dans le caniveau écument des reflets séléniens Comme pour cacher ces éclats d'attentes brisées. Sous les ombres des vacarmes nocturnes, Las de moissonner en vain des champs d'étoiles, Fatigué de trébucher dans ces haillons de suie, Je me suis assoupi sur la margelle de mon existence.
  8. 17 points
    Une robe rouge joue avec ma mémoire. Je sais que ce n’est pas la bonne couleur, Mais elle s’est imprimée ainsi dans mon histoire. Légère sur un corps, en calice de fleur, Elle virevoltait de l’envie de me plaire. Dans cette rue, grondant d’une foule exaltée, Mon regard se figeait sans pouvoir se défaire De ce corps délicat très finement sculpté Ondulant de désir sous l’étoffe grenat. Je sais que ce n’est pas la bonne couleur, Mais, dans mon souvenir, domine l’incarnat. La belle était en joie, courant vers le bonheur, Elle était attendue au café sur la place. Un ami, un amant ? Un baiser sur la bouche ? Aucun doute, c’est un amant qui l’enlace. J’aurais aimé être ce galant qui la touche. Soudain, un cri glaçant, hurlement d’indésir, D’un fidèle à la loi d’un âge révolu, Infidèle à la vie et à tous ses plaisirs, A percé l’air brûlant en fureur résolue. Des coups secs répétés, valets de cimetières, Ont peint, toute la rue, rouge coquelicot. La robe était blanche avant de tomber par terre, À la mort, rouge sang, elle paya son écot.
  9. 16 points
    Je suis née sans grand bruit d'un linceul de rêves et le soleil d'ambre baise à nouveau ma terre j'ai démêlé mes peurs pour que s'ouvre la fleur sous le miel bouillonnant je cherche pour y dormir un flanc chaud et profond un coeur dont j'apprendrai les plis les plus secrets un beau front tendre et frais où reposer mes lèvres dans un calme abandon
  10. 16 points
    Le soleil enfantait dans son tressaillement un univers brisé en explosions d'atomes quand des cieux infinis mouraient infiniment dans l'éparpillement d'un songe polychrome. Pourtant il se noyait,sombre et crépusculaire et mes yeux s'aveuglaient à cet embrasement qui déchirait la nuit dans l'or de sa lumière. Sur l'horizon flottait un chaos de nuages aux heures où le couchant étale ses splendeurs quand déjà les hublots reflétaient le naufrage où sombrerait le jour empli de sa rougeur. Je buvais cette mer où naufrageait le ciel quand le froid crépuscule avant de disparaître pour obscurcir la mer enténèbre le ciel et sur un monde éteint entre ouvre sa fenêtre. Sur le flot qu'éclairait la lune faiblement l'extase et l'agonie méli-mêlaient les ombres et le calmar géant jetait dans la pénombre nos ombres qui s'ombraient à l'encre de son sang. (J'avais imaginé pour crier mon chagrin des soleils engloutis et des monstres marins )
  11. 16 points
    Un jour sans doute, tu me diras tous ces secrets Ces épines de vieux pins cachées sous la langue Ces surgeons endormis sur des rêves ébauchés Ces cieux écartés par la folie de tes doux larcins Ces terres limoneuses figées dans les mots tus Un jour sans doute, tu me mèneras dans ces climats Ces champs labourés par l’étrave des amours salines Ces embouchures où flotte la sphaigne de tes promesses Cette tourbe des regrets durcie par un vent nostalgique Ces sentiers chiffonnés à travers des chimères écorchées Un jour sans doute, tu me guideras dans ces lacis exilés Ces sentes de crêtes tendues vers des faîtes éburnéens Ces ventres moussus sur les rivages défaits des voilures Ces festons de frissons sur tes ombres en échancrures Ces creux où se dépose la suie des quotidiens calcinés N’être plus que l’ombilic de ton nom, un jour sans doute.
  12. 15 points
    C'est l’œil du vent qui choisit la passion ou la tendresse mais pour aimer la vie il faut défeuiller la nuit Son baiser est un échange qu'il soit de fleur ou de pluie si fines sont ses lèvres que leur caresse me suffit Pour chaque pétale qui tombe une tache de couleur sur la terre endormie Et sur le front d'une colombe l'infini
  13. 15 points
    Va, le vent, va… J’ai aimé une rose, Dans un soir qui descendait D’un vieux rêve Et le vent me disait Combien il sait les choses, Jusqu’à écouter pleurer Les roses. Où vas-tu le vent, Vers cette aube indécise Qu’un ciel noir oppresse, Pleure-t-elle aussi Comme pleurent les roses ? Va, le vent, va, Dis-moi dans quel jardin Les fleurs ne meurent jamais, Va, le vent, va, Avec tes grands lévriers blancs, Ce n’est qu’un chagrin Qui s’en va au fond des mémoires, Oublie les roses, Oublie autant que l’oubli, Demain n’est plus déjà Et la lumière s’est faite ombre Entre mes bras
  14. 15 points
    Un petit cerf-volant à fil abandonné rêvait encore le vent dans l'ivresse des nuages à l'arôme salin au nacre des coquillages une main l'avait lâché au ciel de l'océan poivre et sel il a vite dérivé sa voile déchirée quand la nuit est venue il a épousé une étoile qui avait filé Qui a rattrapé l'autre ? Je ne le saurai jamais sur le sable nonchalant il est resté un fil transparent comme une toile d'araignée dans la rosée à l'aube d'un dimanche des aigrettes blanches ont envahi le pré le vent s'est couché ma main était vide le cerf-volant m'avait quittée et il restait du bleu dans le ciel impavide l'écume était livide. (J.E. Juin 2020)
  15. 15 points
    C’est sur d’étranges reliefs d’écume inachevés Que le vent sculpte les vagues et les reflets Au bout des doigts une image ronde S’essouffle dans les nuages Plonger sa main dans l’eau noire Pour faire jaillir la bioluminescence S’abreuver d’imprévisible Lorsque le tocsin vous réveille Pour vous rappeler Que le temps suspendu s’échappe Comme un fruit trop mûr Ne jouer que le souvenir Dans la profondeur de l’océan Comme un sourire triste de lumière Que les yeux traduisent Mon cœur carnassier Roule cette curieuse couleur Entre l’encre et la craie.
  16. 15 points
    Des Testaments Le jour manque cruellement d'absinthe, vers des sens aux veines d'espoir et d'amants qui s'allongent en silence... Je couche tous les compromis : Ci-gît l'essence de mon être, Je m'offre un voeu, un paradis et j'épargne quelques lettres Le jour dépeint évidemment la feuille d'un papier blessé, j'écris en rouge art d'amants vos parfums ne m'ont rien laissé Et je signe mes faiblesses ou la complainte d'un passé, je fais fi de vos promesses et du tourment qui m'enlaçait. Epicene
  17. 15 points
    Je ne sais plus le nom des saisons encore moins le jour qu'il fait y a-t-il des étoiles en plein jour, du soleil dans la nuit ? Il neige tiède sur tes lèvres les marées sont-elles montantes ? Le vent chuchote dans les conques la vie belle de sa blessure rouge flamboie delà les toits ; il fait une longue échelle de bois enchevêtrée de cerfs-volants. Les ciels se ferment comme des tombeaux sur tes longs doigts de glaise. Je ne sais plus le vertige du désir au cœur des passiflores ni l'âpre chant des pluies métissées de larmes ardoises je mange les silences d'anses fragiles où s'évaporent les agaves bleues, vos bras s'éloignent dans les collines. Je ne sais plus le nom de mon amour. (J.E. Avril 2020)
  18. 15 points
    On s’assoit derrière la fenêtre ouverte on n'a jamais voulu les plantes vertes sur ces colonnes de marbre froid cadeaux de ceux qu'on ne voit pas sauf pour un repas annuel presque accidentel il y a tout autour tant de parfums exquis à la brise tiède d'un avril de maquis ils ramènent tous nos voyages quand on n'était pas très sages parfois, on se serre la main avec force nos cœurs sont de la même écorce nos yeux se croisent sur la même étoile une mariée évanescente sous son voile on ne parle plus depuis longtemps on a semé nos mots dans les champs à côté des sources bleues et des liserons mauves l'horizon s'approche de plus en plus et se sauve mais qu'a-t-on besoin d'autre chose ce geste que l'on ose, douloureux comme une rose suspendu aux grappes des glycines ramène le temps des crinolines et d'un été bien plus beau qu'un noël quand on s'est dit oui au fond d'une chapelle c'était pour la vie voilà, elle s'est enfuie. (J.E. Avril 2020)
  19. 15 points
    Horizon Ligne perpétuelle Endolorie de fleurs sanguines Enveloppée de lin d’or Elle flotte au bleu turquoise Aux confins des possibles Espérances temporelles Abstraction vernaculaire Qui se rit du temps Opacité des distances Mirages des peut-être Elle gîte de tous bords Coquille de noix Au cœur de l’humanité.
  20. 15 points
    Sainte-Croix de Verdon « Où quand le naturel habille les yeux » Fleurissant aux pointes des lavandes des missounaires restent suspendus, immobiles entre ciel et terre à l’entrelacs auroral. Chapelets de boutons nacrés, sorte de méduses enkystées, qui attendent de vibrer à l’Angélus. De longs et grands cierges noirs, cyprès enroulés de lumière naissante, lémuriens aux accents d’oliviers, s’étirent là, au cœur de vagues de pins, enrubannés d’or, filant le lac de Sainte-Croix. Miroir d’opaline posé entre monts et vaux laissant s’échapper le silence des hommes. Fragrances du Sud à l’aube de l’astre rouge, perle sanguine au clair de peau embrunie ! Les choses vues s’installent au balcon de mes jeunes souvenirs et rient au sommet de l’éperon rocheux, sous le campanile couleur brun-rouge ! La lumière brûle la vie bourgeonnante. Je pousse le caillou du temps empoussiéré avec le pied du chemin, dans l’air de rien. Et je bois à la fontaine de mes rêves, le nectar à la robe saumon, que l’eau efface. Là-bas, des hommes se penchent vers la terre friable, prennent en leurs mains rêches et ridées, la glèbe asséchée, irisée et incandescente. Et les yeux rivés au ciel, ils implorent Dieu, de leur apporter quelques larmes d’au-delà, sans trop tarder ! Dans le mas d’ombres aux jambes nues, des cigales aux poitrines bronzées, papotent des délices de l’amour. Leurs longs doigts tricotent des cheveux clairs puis larguent les amarres sur un pointu blanc. Un friselis léger, en arrière du bateau, offre un turban ocré imbibé de moires veloutées. Le silence ronronne. Le panorama extatique à l’infinitude inexistante, coule dans une torpeur contagieuse, à l’unisson de la nature. Un vol d’aigle laisse bruisser ses rémiges. Et je m’endors dans cet écrin, loin des bruits de la ville, hors des métropoles. Le soleil caresse mon visage, comme une femme amoureuse. Voussure céleste d’un bleu mistral. Absence d’interlope !
  21. 14 points
    Je t’avais entendu si grave l’autre jour Qu’un paysage m’avait murmuré ses yeux. L’aube rousse avait ce refrain d’adieu ; Savais-tu combien sont cruelles les amours ? Quand je me morfonds sous un vieil arbre, Il pleure des feuilles mortes et tout n’est qu’ennui. On dirait soudain qu’un ciel s’évanouit ; N’est-il plus ici qu’une voûte de marbre ? Je t’avais entendu si près d’hier Que les choses fanées chantaient de doux airs, Comme un cœur qui en l’autre se dévoile. Il pleure des notes, d’étranges musiques, Des chagrins de roses perdant leurs pétales, Un piano dans les soirs chimériques.
  22. 14 points
    Une ombre sur les rochers Sans laisse et sans collier Libre, vagabonde Au fil de l’onde Promène son mal-être Ou ne pas être Dans le torrent des sentiments Qui ont emporté ce qu'elle avait d' enfant L’ombre se perd Dans la rivière D’autres ombres Sans nombre Rejoignent le sanctuaire Des cœurs à jamais solitaires La douleur en laisse Assoiffée de tendresse Se fracasse contre les rochers Où gisent, inertes, les colliers. (J.E. juillet 2020)
  23. 14 points
    les mots filent à bon train des trains bon à rien juste à évider les lettres juste à semer des vers des vers vers nulle part vers ailleurs dans ces trains de 1ère classe des bourgeoises aux rires édentés des notables en baudruches évidées des 1ères sans classe à classer dans les inclassables les mots glissent sur les rails ils regardent les paysages les friches industrielles du siècle les campagnes émiettées ils repèrent les failles où se perdre dans une rime trop libre où dérailler sur une métaphore ils scrutent les doutes comme si des peut-être comme si mais en fait non
  24. 14 points
    Cabine de plage quelque part en Cotentin Aux beaux jours nous irons retrouver les nuages Qui filent sur l'azur d'un éternel printemps Où la fraîche du soir respire à tous les âges Quand l'idéal été est bercé par le vent. Aux orgues de la vie qui se la jouent mineur Tempérant le clavier d'un soleil en bémol, Je mesure l'espace à l'écho des rumeurs De la mer sous la houle agitant l'onde folle. Parfois tout s'assombrit et alors le temps pète. Les algues des rochers blanchissent sous l'écume, Nous nous réfugions, trempés, le cœur en fête, Sur le haut de la grève. Une cabine en bois Déshabille la joie de nos corps qui présument Combien l'éclair d'amour s'émancipe des lois.
  25. 14 points
    La Voyageuse Sous l'horloge précieuse du temps Là où l'aiguille fixe le continent, Seule, elle rêve éperdument D'une odyssée, d'un contre-temps Et de l'indice furtif de carignan, L'envie sème bien des arguments. L'ombre d'un soupçon dans le regard, Elle embarque son grain de folie, Fait preuve à la carte de l'épisode, De ses règles dans l'aérogare Où les souhaits qu'elle fait à l'oubli Se lient d'une mise en fraude. La voyageuse connaît l'abstrait, L'art du désir aux cent frontières, Veilleuse nocturne qui s'égare, L'aurore maquille ses attraits Et son goût pour la fronde côtière Quand le jour supplante ses retards. -Epicene- Mai 2020
  26. 14 points
    Au loin tintent les grelots des rêves. Ils racontent les arrondis de ton nom, Révèlent la dépouille de tes lèvres, Les ossements de tes baisers figés. Juste une dernière fois, espérer Me frotter contre le crépuscule des nuits, Trébucher sur le seuil de ton souffle, S'égarer dans le velours de nos gorges. Sous l'arche des étreintes endormies, Parmi le souffle des haleines éperdues, Mon pas fatigué d'archéologue sélénique Soulève la limaille froissée de nos corps. Des oiseaux cendrés déchirent un ciel laiteux. Quelque part, un grand orgue parait pleurer. Mon bras usé moissonne des terres stériles, Tout en mâchonnant des graines rassies.
  27. 14 points
    À l’ombre de ta bouche, Juste quelques pelures de mots Sur l’orbe de ton silence. Il reste Ces frissons en torsades, Quelques flaques de souvenirs Égarées dans l’amer d’un regard. Ces paysages rongés de fièvre, Là où gisent des nymphes rouillées Oubliées derrière des murets de lierre. Dans tes échancrures irisées, L’hémorragie du sang des jours Sur le buvard de nos sentiments.
  28. 14 points
    Peuplades de baisers, Chahuteurs d'aubes saoules, Eau, robe d’hyménée, Où des vagues roucoulent ; L'été, au cou penché, Dénudé loin des foules, Le soir, nage en secret, Près des pierres qui roulent Pour l'amour. Danseuse hallucinée Aux yeux bleus-verts-orages, Dans l'heureuse vallée Verdoyante d'hommages, A chaque seau jeté En ses dessous bouffants, C'est comme un nouveau-né Qui viendrait en chantant Aux labours. Eau prêcheuse en rivière, Saluant les églises, Les croix des cimetières, Puis va en blouse grise Dans les cours, Passant près des écoles, Les postes, les mairies, Enfin berce les geôles, Les poulaillers, les nids, L'œuf du jour. C'est la joie du pêcheur Au matin brume opale, Elle s’éprend des cœurs En cachant ses vestales Sous les branches. La mouche d’Ambroisie De fols esprits Bayou Hantent encor son lit Ses vasques, ses remous Pour les tanches. Divine en volupté, Caressant ses roseaux, Lascive miroitée Par les truites farios, Se laissant à rêver Mélancoliquement, Longeant les champs de blé Et les prés bourdonnants De tendresse. N'allez pas l'étrangler En ces temps pollueurs, Sachez la respecter Comme une grande sœur Apprenez à l'aimer En suivant les saisons, Lancez-lui des bouquets Pour toujours sous les ponts, Et en liesse, Acclamez le passage Des courlis majorettes, Humez son goût sauvage Aux fraîcheurs des liquettes, Et ses fesses Aux rondeurs pétillantes, Eau, effrénée de plis, Bondissant plus saillante Qu'elle embrasse nos vies De sagesse.
  29. 14 points
    Je marche sur les horizons superposés des futurs finis. La lande des lendemains desséchés s’étend vers nulle part. Jours et nuits s’embrassent et viennent étreindre l’infini. Les rires des matins chagrins fécondent les pleurs du soir. Un enfant perdu hurle, prisonnier de la chair d’un adulte. Il s’agrippe à mes veines et déchire mes muscles endoloris. De sa tristesse, il fait de chacun de ses souvenirs une insulte. Dans sa solitude, il se forge un monde sous le signe de l’oubli. Derrière mes rêves, j’ai recherché la clef pour le libérer. Sous les lettres de mes vers, j’ai cru trouver la serrure. Ma quête est restée vaine et je suis malgré moi ce geôlier. Je reste debout dans le champ du Présent avec une cassure.
  30. 14 points
    Il est d’abord un pur possible qui survient Dans la nuit étoilée du premier rendez-vous L’irruption imprévue qui vous secoue soudain Le sourire et la grâce au demeurant c’est vous Qui veniez proposer le troublant entretien Je n’aurais pas osé maintenant je l’avoue Faire le premier pas et forcer le destin Comme vous l’avez fait en me tendant la joue L’attirance est ainsi faite de mots couverts D’intimes confessions où l’on livre son âme Et de sincérité avant d’être une flamme Je regrette déjà le temps irremplaçable Des timides émois quand j’écrivais des vers Qui s’inspiraient de vous pour vous paraître aimable
  31. 14 points
    Le soleil de janvier sur les rochers de plomb L’oiseau s’y éternise en figure immobile Et scrute d’un œil noir la mer qui se confond Avec le ciel repu de nuages fertiles Jusqu’à perte de vue dans l’attente d’une île Les houles qui s’octroient des crêtes en affront Accommodent le vent à leur force tranquille Et brisent leur élan sur les récifs profonds Entendez-vous les morts qui chuchotent là-bas Les appels des noyés venus du fond des âges Engloutis par les flots dans les anciens naufrages Et voyez la tristesse inscrite à l’horizon Du couchant hivernal dans ses derniers rayons Blafard et désolé comme un nouveau trépas
  32. 14 points
    ________ L' hiver en héritage ______________ " J' avais pour tout bagage un habit de froidure" et pour unique adresse le froid de ma demeure quand la bise hivernale aiguisait ses morsures et que la plaine immense étalait sa blancheur Une aube verglacée projetait ses lueurs d'une âme évaporée la dernière parure j'ai eu ce projet fou de déchirer le ciel pénétrer le secret d' une si longue absence figé dans le néant de ce cœur entre ouvert quand l' étreinte nivale étouffait ce silence où s'éteignait l' automne enveloppé d' hiver et que le vent courbait la cime des grands arbres La pâleur de ce jour trop vrai pour être beau nappait le paysage d' une sombre atmosphère et sur la neige fraîche l'empreinte d' un oiseau éparpillait le grain qu'on confiait à la terre que j' arpentais alors solitaire et frileux Pays où se serraient des forêts de colonnes où de rares nuages traversaient des cieux vides quand les jours s 'assemblaient en suites monotones dans l' oubli de leur forme incolore et liquide " Décembre qui grelotte expire en souvenirs" L' astre crépusculaire infiniment gelé jette un dernier éclat sur son jardin de givre et fragmente la nuit en ultimes reflets pour la première fois j' avais envie de vivre Janvier est saupoudré de bourrasques de neige que nous rions de voir danser et voltiger en tourbillons ouatés que nos doigts désagrègent afin qu' elle se répande sur l' un et l' autre monde poème offert à @Lina
  33. 13 points
    J’eus rêvé de plénitude, D’un calme déportant les marées, D’une halte sur mes habitudes Au courant de tes vœux bien ancrés. J’eus serré si fort le mot tendre Que de certitudes je fus blessée, Parce qu’il me suffit de t’entendre Comme je veux te sentir empressé. J’eus rêvé d’un temps fort, D’une émotion belle aiguisée, D’un rien, d’un silence à l’effort, De ta vie à mes pages épuisées... Sauras-tu vivre aux pas de la lune, Jour pour jour et nuit contre nuit ? Comme le sable se languit sur la dune, Sans vague à l’âme et sans bruit.
  34. 13 points
    la cloche de mon rire est rouillée. les pensées sommeillent aux contours de mes pupilles. sombre présence, je suis la prison de toutes les couleurs. je voile et je dévoile. j'avale les derniers fils de l'aube. tout se soumet à mes embauches ombrées. d'une seule traite ma main devient coupable d'une tache de rouge. la pluie m'inspire, la peur de moi-même j'expire. lentement un cocon se déchire et sur la toile un bout d'intimité au gout d’hémoglobine. le pinceau tombe. ma soif s’immortalise. la toile est achevée.
  35. 13 points
    Né sous une mauvaise étoile Que faisons nous ici, quelle est notre mission ? Moitié d'enfant promis à ce destin amer au petit matin froid j'avais une ambition: Entre l'os et la peau ajouter de la chair Pâleur surnaturelle et maigre silhouette gaspillant ma jeunesse au hasard des chemins Sept du mois de novembre; Année de la comète, la lumière du jour passe à travers mes mains Dans les plus hautes herbes s'égarent les oiseaux de sombres avenirs l'effroyable présage et comme un vent mauvais fait ployer les roseaux dans mes paumes blessées me cache le visage Et tandis que le vent fait claquer les fenêtres et que de lourds nuages menacent de crever je maudis ,O combien, ce ciel qui m'a vu naître quand des gouttes de pluie, plus qu'on en peut rêver glissent le long des vitres ......et le ciel dégringole cordes et hallebardes sur moi précipitées Dégueulez caniveaux et débordez rigoles et vous, coulez couleuvres, souples et argentées J'ai désigné, furieux, la nature marâtre C'étaient de ces orages qui essorent les cieux tout sillonnés de foudre en brefs éclairs bleuâtres que je suivais des yeux, pensif et silencieux (GB-le 28052020) Texte offert à @Thierry Demercastel
  36. 13 points
    source -Pinterest - Falling inside the black - Je n’aime pas cette fin du monde au bout de ton regard On dirait ton cœur parti dans les dernières neiges avec les feux de Bengale de nos derniers fous rires Qu’échafaudes-tu encore ? Vas-tu mordre la lune à pleines dents ? Ou caler ton orbite à l’allure des astres ? L’air du temps me souffle à petit vent qu’il y aura encore d’autres rites de passage Alors viens là un instant Pose ton printemps sur mes genoux Ecoute le jardin qui bouge où la vie abonde où la vie est blonde Goûte un peu les rayons sucre d’or du soleil qui chatouille ton costume d’écorce derrière lequel tu caches un cœur vibrant et tendre Je sais ton audace à questionner les choses tes voyages aux confins de ce qui nous créa Je mesure ta force et ta fragilité Nous sommes deux gouttes de la même eau Tu es né le jour où tu levas les yeux Bien au-delà de la cime des arbres
  37. 13 points
    Je connais une fleur si douce Au coussinet de brume thaïe, Plus qu’un royaume où se retroussent Les jardins secrets de l’Altaï. Le satin rouge d’un couchant Est un sorbet les soirs de brise Avec tout l’or du firmament Mélangé au jus des cerises. Tes lèvres Tes lèvres J’ose m’y approcher Tes lèvres Tes lèvres Si près de mes baisers C’est un petit dôme enchanteur D’un velouté d’île perdue, Des perles de grenade au cœur D’une friche aux marées venues. Des framboises aux sucs bombés Tombées des nuits et des moussons, Que de parfums nés à Bombay Quand vient la moue, fruit de saison. Tes lèvres Tes lèvres Purs joyaux des forêts Tes lèvres Tes lèvres Au confit d’alizée Sous des tropiques languissantes, J’ai vu les canaris chanteurs Tisser leur nid d’eaux murmurantes, Lier mille baisers flotteurs ! Je veux ta brunoise de fraises, Longer l’esquif, zester l’été, Éclaireur, cueilleur de fournaises Ouvrant ta volière argentée ! Tes lèvres Tes lèvres Si belles à croquer Tes lèvres Tes lèvres Refuge pour damné Tes lèvres Tes lèvres Bien qu’un jour j’en mourrai !....
  38. 13 points
    Oublions-Nous Puisqu’on ne s’écrit plus que de dos, De plaies en césures l’on s’en veut De ne vouloir qu’à demi-mot, Le coeur aguiche et fait ses aveux. Il parait qu’on oublie tout, Puisqu’on ne s’écrit plus que de dos, Que le soir vire ainsi nos atouts, Coups d’encres graciant nos peaux. Les mains s’emparent aussi du beau, Aime-moi simplement quelque part Puisqu’on ne s’écrit plus que de dos, Laissons nos voeux se chercher dans le noir. Et tu me laisses ton empreinte, Près de ma terre, loin de mes mots, Entre rigueur longue est ma crainte Puisqu’on ne s’écrit plus que de dos. -Epicene-
  39. 13 points
    Lorsque tu t’abandonnes aux frissons de pampille, Sur ta couche dorée où la nuit se maquille, Envoûtant les bédouins, Ton corps, dunes blondes, élaguées par les vents Désensable tes reins de fourbes ornements Au parfum oasien. Tu t’offres nue enfin au secret du henné, Le vent de tes soupirs et l’arôme du thé, Le sablier des âges, Par les sombres nuées parviennent jusqu’aux camps Pour ôter les keffiehs, décoiffer les turbans, Des bergers de passage. Ils ont vu dans tes yeux, cité blanche aux toits verts, La médina d’amour, l’oracle du désert, La couleur du prophète, Tandis que les fatmas autour d’un encensoir Incantent les défunts sur tes longs cheveux noirs Pour parer la tempête. Comment calmer tes seins dardant sur la Grande Ourse ? Le courroux du désir, la fureur de ta source, Le scorpion rédempteur, Saignent tes plaintes bleues, libèrent les harems, Où tes mains exhortent ton ventre de carême A l’orgasme sauveur. Le marabout connaît ton point d’eau anonyme, Ce temple de fraîcheur, ce nectar de l’abîme, Repaire du serpent ; Ô reptile sacré ! Sa morsure est fatale, Tu commences à jouir en silence létal Dans la soie du caftan. Quand le venin mortel te prendra par plaisir La lune odalisque allaitera le nadir Pour pailleter tes oui Les sources jailliront sous d’anciens mausolées, Tes lèvres auront le miel, la grenade et le lait Pour ton bel Aïssaoui !
  40. 13 points
    Suspect J’aime les soleils musqués et les bois de l’aurore, les souvenirs suspects de tes mains sur mon corps, j’aimais ta voix usée par le trac de l'encore... quand les mots sont pensés, que le silence est en tort. Je veux des aveux détraqués où l’on se parle d’efforts, des baisers braconniers pour chasser mes remords, un plaisir remanié où j’aiguise nos accords, Voudrais-tu me braquer ? Ce désir me dévore... -Epicene-
  41. 13 points
    Peut-être faudra-t-il réinventer l'amour dans le clocher qui tinte dans l'haleine tiède du vent dans les brassées de chèvrefeuille aux fleurs pourpres et jaunes on n'a pas su l'eau des fontaines était si claire le ciel trop bleu aux dents d'abîme les lys trop capiteux dans leurs pétales de brume on n'a pas cru les serments du soleil à la brûlure cuisante sur les sentiers de pins entre les seins des collines on n'a pas vu la blessure des lanières sur l'échine des chevaux arrêtés en plein galop par le fouet du temps on n'a pas entendu l'antienne des oiseaux aux ailes fauchées en plein vol sous les coups de fusil de laiton et de cuivre peut-être faudra-t-il réinventer le jour crier et attendre l'écho au bord des falaises abandonnées sans succomber au précipice où l'on aurait parfois voulu tomber peut-être faudra-t-il réinventer l'amour dans la meule de foin au fond des granges d'or bien après la récolte et tout recommencer Aux frissons de dentelles des glycines sauvages bruissant sur les terrasses peut-être allons-nous enfin simplement nous aimer à cœurs perdus. (J.E. Avril 2020)
  42. 13 points
    J’habite un immeuble indifférent Et le voisin devint quelqu’un d’autre Sans que je ne sache jamais s’il le sut vraiment Car il parle de lui : « Le poète ne l’est plus » Et sur l’étagère à la fenêtre Près du tableau à la nature morte Il posa les vers qui le dénoncèrent : Pendant que les restes de notre amour Pourrissent dans mon corps oublié Autour de la table, en cristal fragile Je trinque et tu n’en sais rien encore Au nombre des trois, tu seras la première Et j’écrirai des lettres de corbeau A cet oiseau de malheur, voleur de ton coeur Il sera ce cruel et je serai son bourreau Tu es celle par qui les mots poisons Tombent haut sur mes strophes Branlent bas dans ma tête en tous sens assassine Tu disais blanc, jeudi noir en titre.
  43. 13 points
    C'est déjà l'aurore Camée poudré d'or En nage, Le soleil des rois Te couvre et te noie D'hommages, Odeur de fournil, Battements de cils, D'images, Écoute l'écho Où dorment les eaux Si sages. Jardin de pudeur, Au cœur d'une fleur En âge, Entre les rayons, Les lys polissons, Les mages, Glissant sur ta joue, Le vent a ce goût D'orage, Je laisse une ondée, Reflets argentés En gage. Puis quand vient le soir, Le legs des miroirs Voyage, Domino nacré Dans le ciel semé D'alliages, Juchée sur rubis La gemme et la nuit S'encagent, Écrin du serein, Ta bouche m'étreint Otage...
  44. 13 points
    Ma Chair Vérité De ces hasards où elle t'importune Jusqu'aux rêves qu'un jour tu te fis, Sauver sa peau d'une telle infortune Et puiser d'encre ce mal que je fuis C'est vrai Que le beau empoisonne les sens Mais l'art se peaufine encore et encore, J'aime le vague dans lequel je te pense Quand tu me signes notre mise à mort Alors... Je veux de ces nuits de doux leurres Défaire ton cœur et naître de ton âme Mais fondre à ta vue haute en couleurs, T'écrire encore la saveur d'être femme Tu es ma chair et je suis ta liberté -Epicene-
  45. 13 points
    En l'an avant tout allait bien le champ était piqué de boutonnières les robes étaient jolies revenaient les marins c'était le temps des primevères sur le port on se donnait la main on oubliait nos hiers en croyant aux lendemains nos guitares en bandoulière on faisait des fêtes sans fin chacun au rêve de sa croisière ça ne valait pas un fifrelin mais qu'elle était donc bleue, la mer ! Passagers clandestins de tout un univers sur des radeaux entre les pins on s'appropriait la terre si le souvenir revient qui ne date pas d'hier c'est qu'il reste l'odeur du foin où l'innocence se perd on ne regrette rien ni le mal de mer ni les piqûres d'oursins entre mer et terre il y a tant d'ombres sur le chemin peut-être des barrières mais chacun a son lopin, j'espère ... son lopin de terre ... (J.E. Mars 2020)
  46. 13 points
    Cette nuit, J’ai semé mon cœur Sur la rive féconde des espoirs, Malgré Les désirs abandonnés sur la rive, Ces petits riens anorexiques. Cette nuit, J’ai sondé l’humus de ma vie Sur les lettres déliées des envies, Malgré Ces instants acides recrachés Dans la rivière de nos absurdités. Cette nuit, J’ai secoué ma ligne d’horizon Sur le marbre de la sérénité.
  47. 13 points
    Lèvres purpurines enveloppées d’ailleurs Mèches rebelles raillant l’imaginaire Destins brisés, cœurs bateleurs En une valse lente épousant la mer, En une adoration extatique, Brise les chaînes d’une éternelle vigueur Beauté au parfum exotique, Envoûte-moi d’un voile vengeur Enivre-moi de tes éclats rieurs, Subjugue-moi de ton regard tueur, Je suis ta glaise, à ta guise façonnée, Je suis ta glaise, je me suis oublié.
  48. 13 points
    L'ombre s'endort à travers les miroirs peuplés de regards bienveillants tu apparais soudain et tu me tends la main la lumière ruisselle le long de nos échines nues nos cris se font silence il bruine sur nos rêves de je t'aime perdus. (J.E.février 2020)
  49. 13 points
    Chaque aube, je m’en vais et veux quitter le tracé des rivages ne plus guetter que l’ombre le frais, le froid, l’embryon des nuages. Je fore depuis longtemps les empreintes de pas pour en quérir au fond une auge, une source et y puiser la goutte qui ne se montre pas plus Mes mains creuses sèches ne portent rien aux lèvres s’ouvrent en abandon aux nuées évanouies d’éphémères sur la matière en feu. Comme le dragon blessé, je ne fais plus d’orages, espère mes éclairs ma foudre, mon tonnerre pour secouer les ventres. Mon esprit rôde, cherche le linceul vert de haut en bas et gémit sans sommeil traqué par l’aiguillon sans secours de la nuit ou de la lumière fraîche. Dans les eaux du ru ne vit plus que l’absence du filet de la source ne traînent plus que les eaux asphyxiées par l’humeur jaunâtre du sein amaigri de la mère épuisée. ______________________ MM / 10 2019
  50. 13 points
    Lavande, laurier, lavandin peut-être Visions de l’été, variantes palettes S’évadent aux vents, soufflent leurs essences Enlacent l’autan, enveloppent les sens Mauve l’horizon, écarlates atours Fifres, violons, fredonnent alentours Pourpres cyclamens, carmins juste à l’ombre Diaphanes pastels, vapeurs juste sombres Bourdons en avant, abeilles volètent Breuvages brillants, libations secrètes Zigzaguent ailleurs, ivres de nectars Zézayent aux fleurs leurs poèmes bavards Lavandes, lauriers, lavandins heureux Mauve ton rire, capucine tes yeux Nos lèvres en feu sous le soleil d’hier S’envolent à deux vers le froid de l’hiver Photo Papy Adgio

Association régie par la loi du 1er juillet 1901, Accents poétiques vise à promouvoir les auteurs littéraires méconnus ou peu connus à travers la publication de recueils à compte d’éditeur. En offrant un forum de poésie à toutes les personnes désireuses de partager leurs muses, nous souhaitons également permettre à toutes les plumes de s'ébattre librement en ligne dans un cadre ouvert mais néanmoins garant d'une certaine qualité littéraire à travers les sélections de notre comité de rédaction.

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