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  1. Eathanor

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Popular Content

Showing content with the highest reputation since 05/12/2019 in all areas

  1. 12 points
    dans des gouffres solaires, au milieu des éclats de rêves, parmi le rebond des heures, aux déglutitions du ciel, le crayon peut toujours s’abreuver ; sur les éclopés de l’amour, sur les coïts éphémères, sur ces infirmes de la chair, sur tous ces corps asexués, le crayon peut toujours résonner ; dans des bouches orgiaques, au milieu des foules solitaires, parmi les échos des silences, aux larmes de l’éphémère, le crayon peut toujours vibrer ; sur la nuque tendue de l’aube, sur la nudité des choses, sur la plèvre usée du réel, sur ce poumon fatigué des jours, le crayon pourrait un jour se briser.
  2. 7 points
    silence précieux au-dessus d'une fleur en-deçà d'un océan sur le battement d'un cœur à la paroi d'une falaise même le coquillage se tait pour que tu écoutes l'écho (J.E. Mai 2019)
  3. 6 points
    Prendre un autre chemin habité d’infinis Se mouvoir dans ton souffle, s’enrouler dans tes voiles Un esprit, un toucher, et pourquoi pas une âme Recréer nos images, nos amphores du vivant Si denses, si lourdes, où ne glisse nul vent Il est l’heure, il est temps Le ciel fait le beau pommelé de sang Le sable blond s’écoule de la main des enfants
  4. 6 points
    Il pleut en berne sur leur silence pas l'ombre d'un oiseau sur le quai où ils attendent Tout ce qui paraît humain déjà est d'une beauté autre ils savent qu'ils n'y aura pas d'aube quand le jour se présentera En vain la lumière se pose sur la surface des vivants si lourd est le sommeil des choses indifférent,le passé consent Ils disent qu'ils nous ressemblent ces fantômes qui nous hantent entre l'éclair de la naissance et l'horizon éphémère du couchant
  5. 6 points
    *** Ton coquelicot dans l’odeur des herbes Tache de Renoir, en soleil d’été Tes cheveux liés, dans ma main, en gerbes Ton plaisir ouvert, d’amour endetté Tache de Renoir, en soleil d’été Touche de pinceau, collines couvertes Ton plaisir ouvert, d’amour endetté Tes envies blessées j’en pleure les pertes Touche de pinceau, collines couvertes Là j’ai vu ta fleur sous le vent gésir Tes envies blessées j’en pleure les pertes Le jus blond toison houblon de désir Là j’ai vu ta fleur sous le vent gésir S’enivrer de rose et virer aux rouges Le jus blond toison houblon de désir Coule de ton sexe en larmes de gouges S’enivrer de rose et virer aux rouges Faire d’un dessin ce qu’est un sillon Coule de ton sexe en larmes de gouges Des gouttes longeant ta chair vermillon Faire d’un dessin ce qu’est un sillon Esquisser d’un trait tes hanches superbes Des gouttes longeant ta chair vermillon Ton coquelicot dans l’odeur des herbes ***
  6. 6 points
    Je vous avais aperçu Un soir où flânait le silence, L’heure était timide et succombait, Sur vos lèvres jouaient les mots D’où mouraient les rêves. Il me vint ce pénétrant souvenir, J’étais assis à l’angle d’un marbre rose, A l’enclos où passent nos mémoires. Je vous avais aperçu, si pâle, l’air jouait un refrain mélancolique, la nuit n’était qu’un sanglot, Vous étiez mon passé, Vous étiez mon jumeau.
  7. 6 points
    on aurait pu s'aimer sur le lac de Sainte Croix* une nuit d'hiver, en plein mois de mai un jour de printemps ou de novembre on a préféré se désirer à toutes les bises de décembre et aux brises d'été jouissant du désir puissant inassouvi d'un fantasme on a résisté, on n'a pas existé mais qu'est-ce qu'on s'est aimés ! Sur la banquise d'un automne glacial on s'est retrouvés sur la banquette d'un quai de gare banal en train de rêver au lac de Sainte Croix ... quand ton genou a frôlé le mien on s'est reconnus, je crois. (J.E. Mai 2019) * Le lac de Sainte Croix (Alpes de Haute Provence) existe réellement, je n'aurais su l'inventer. Quoique …
  8. 6 points
    le froid déverse son trop plein d’ennui tout est pâle et je n’ai rien dit le froid n’entend rien et ne se plaint tout se fige et tu n’as rien dit le froid a son langage, il est le nôtre l’amour se glace et je t’aime encore **
  9. 5 points
    C’était comme si le ciel grenadine jouait aux pommes d’amour Comme si des buissons de soleil se riaient des diableries d’un enfer vert à pleurer les larmes chaudes du pourpre des hibiscus Ce soir de mai vers *Hienghène * Nord de la Nouvelle-Calédonie. Village de Jean-Marie Tjibaou
  10. 4 points
    D’un ciel trop bleu je suis partie j’ai laissé la voiture sous le soleil une lettre sur le tableau de bord dans mes mains un livre Je me suis évadée du regard de l’homme j’ai fermé les yeux j'ai mis mes mains dans mes poches juste pour le contact de la peau serrant les poings j’ai regardé d’autres hommes ils m'ont pris la main j’ai senti la glace parcourir mes veines ma parole s’enfouir dans cet espace clos qu'est ma bouche J’ai avalé mon corps le mouvement de mes doigts la pluie pour éteindre le feu Ecrire pour ne pas mourir Je me suis trompée de folie la phrase se dérobe la phrase prend corps à l’arbre me ligote sous les paupières closes se dessinent les formes le dessin de ses yeux le nez long et droit le tremblement de la bouche les cheveux démêlés par le vent filaments transparents écheveaux du temps Les phrases se lisent à haute voix déliez-moi les mains que je puisse écrire des pages blanches jetées au vent tels des cerfs-volants
  11. 4 points
    Alanguie sur un radeau d'herbe verte Nue sous une robe de broderie La guimpe des mots te fait découverte Car tu me lis Madame Bovary Ma tête repose au creux de ton ventre Chaud des mémoires de câlinerie Ta voix, ton rythme m’enserre en son centre Car tu me dis Madame Bovary Ma main, sous le lin, trouve son chemin Là où ta peau sait se faire soierie Tes phrases s'essoufflent de carmin Car tu me cries Madame Bovary Ma bouche s'emplit quand tes reins se cambrent Et je m'enfouis où ta pudeur s'enfuit La prose de l'auteur fait antichambre Car tu me jouis Madame Bovary Le ciel nous est témoin, pour chaque page Nos chairs épousent le sens établi Par l'écrivain, de son libertinage Car tu vis en Madame Bovary Notre exemplaire, tout de cuirs reliés Vélin de nos velours jamais assagis Renferme nos secrets épistoliers Quand tu me lis Madame Bovary
  12. 4 points
    Clic clac des talons qui dévalent l'escalier il sent son parfum (ceci est un haiku français )
  13. 4 points
    Vent de mai. Le jardin est silencieux . Ses habitants ailés sont partis, seuls les parfums du soir qui s'exhalent semblent lui donner encore un peu de la vie de la journée. Le vent se lève déjà, habillant de frissons mes légers falbalas. Il emporte tout au loin, avec dans son sillage l'odeur puissante et blanche de mon grand seringa. J'aime imaginer nos ombres avancer au rythme d'un même pas souple et gourmand. Puis danser puis courir , siamoises, reliées entre elles par un joli branchage que tressent nos doigts. A la porte du soleil endormi frappe la chamade de nos corps essoufflés qui supplient une halte bienfaitrice et tendre. Ses rubans de rayons ondulent de pâleur et viennent se nouer sur la robe de la lune tout juste descendue du balcon. Ils tapisseront notre nuit d'or et de bleu cobalt. Un peu de vin blanc oublié tiédit dans la carafe multicolore. Je suis presque heureuse de ne penser à rien...
  14. 4 points
    Négritude Blanche à la mémoire de Léopold Sédar Senghor et de Aimé Césaire Cathédrale humaine, eucharistie noire à la coupe d’amertume, à la table de sang des gestes blancs. Étoile noire, visage aux reflets de soleil, lumière blessure au fond de la nuit. Une douleur, rouge sang, se pose fraternelle sur la mémoire palimpseste. Senghor, Césaire, j’ouvre une porte d’écume, de fumée, sur vos souvenances que le temps n’efface. La lyre délie des mots endoloris, des mots criés sur les terres violées par l’homme blanc. Du plus lointain de la flamme, je trouve des reflets, la source des rencontres avec mon rachat d’immaculé. Mes yeux délavés cherchent vos larmes, vos révoltes, l’odeur de vos peuples. La poussière des savanes monte dans la crise du jour, sous la crinière fauve des lions. soleil endormi dans les draps de feu. À l’outre horizon brûlent nos souvenirs déchirés, nos mémoires perdues, nos images atrophiées jusqu’au seuil de la chair, jusqu’au tremblement des choses perçues. Dans un monde qui n’existe pas, je vous accueille, avec vos frères sacrifiés à la barbarie blanche. Je vous lave de la honte au fleuve de ma révolte, quand je lève mon poing de haine à la violence de l’homme. Je vous cherche, hommes de paix, en filigrane parmi les mots, les pierres du poème. Senghor, Césaire, loin des tumultes désertiques, j’ouvre mes mains parchemin à l’encre noire de vos mains. Je vous retrouve aux labyrinthes des phrases. Je n’ai pour bagages que mon île, où la femme aimante me tient sur le fil du rivage, m’éloigne du large au voyage sans retour. Native me tient debout. Son visage dessille mon regard au-delà l’horizon, quand la pirogue touche à la lune. L’homme noir dépose l’enfant du rêve sur l’astre d’or. Le tam- tam du cœur traverse les forêts de la mort, les paroles que vous ne prononcez plus reviennent sur les ombres de mémoire. La mémoire est un mur où l’on écrit avec des ombres qui s’effacent. Vers l’effacement je glisse ma présence, je touche le reflet au travers du miroir. Tel, chasseur des savanes, moitié nu, poing fermé sur la sagaie, poursuit le vol des gazelles. Tel encore, antique Atalante, sans souci des pommes d’or. Ah ! la course à l’horizon, comment traverser la ligne qui nous sépare, homme noir, sans passer le bras dans le miroir, sans briser le leurre des frontières, des apparences, le mensonges des races, quand sur la pierre d’oubli sèche le sel des mêmes larmes, le rouge du même sang.
  15. 4 points
    en haut de la colline sous un ciel que l’on devine les nuages assombrissent le mouvement des corps ceux des pendus de l’ombre cons damnés à la mortadelle par la meute vivante des redresseurs de tort pour un vol de cassette direction la potence d’où leurs cadavres minces nous tireront la langue sous les rayons de soleil des balles de sang ricochent sur les platanes et traversent des fantômes car c’est la loi du plus fort et la puissance du feu s’observe sur une montagne de dollars de façon à avoir un train d’avance les valises à la main même en langue peul on se dit seul sur une mob à toute berzingue les solitudes se rencontrent dans des espaces en dehors du monde les pensées secrètes se montrent sans peur et sans honte direction la potence
  16. 4 points
    Nocturne Fardé de poudre bleue Comme un vieux travesti, Le soir lourd et poisseux Déroule un voile gris. Étreignant la cité, Il glisse comme une ombre, Fécondant en secret Les désirs les plus sombres. Grouillant dans son sillage, Les âmes esseulées S'assemblent et surnagent, Fuyant l'obscurité. Elles regardent le ciel, Cherchant au firmament, L'écho providentiel De leurs rêves d'enfants.
  17. 4 points
    peut-être écrire à la fenêtre en regardant les toits en me frottant les doigts peut-être écrire de tout mon être au cuir des courroies en guettant mes proies peut-être écraser l'araignée du matin, caresser celle du soir aux pattes encore plus noires ou l'inverse le long d'une averse noyer le désespoir et puis, peut-être, balancer tout un mal-être dans les mots écrits à la fenêtre en regardant les toits en me frottant les doigts comme si j'avais froid. (J.E. Mai 2019)
  18. 3 points
    Vertige Tombés au fond du puits Les reflets de la lune Tremblent. La pierre humide pleure Le bruit des gouttes d'eau Résonne. Un coup de vent léger. Les branches du tilleul Gémissent. Le chant las des grenouilles Qui s'est interrompu Reprend. Dans l'eau noire, des cercles S'ouvrent et se referment Lentement. Tout redevient tranquille La lune est immobile Pleine.
  19. 3 points
    Les paroles cèdent leur place Aux muets mots Langage liquide Des yeux bavards qui racontent Gourmandise d’un mets Nommé éternité Hésitants pas Etirement de nos membres Mouvements invisibles Présences irrésistibles Croisement de mille chemins Possibles dans l’irréel temps Offrande de l’horloge De sa grande aiguille Chute ascensionnelle De la seconde de trop Suspendue dans l’attente D’un rien bien plein Les frontières fusionnent A l’instant ! Passeport périmé Barrières levées Des vampires de l’âme Rodent à l’étage en dessous Pique planté Au cœur de l’égo Esprit cannibale libéré Meurtre inévitable Affamés pas Des nourritures nouvelles Précipitation vers Le premier Universel Danse de regards Compréhension totale L’âme regagne sa place Dans son berceau Invisibles pas D’étoile filante
  20. 3 points
    Si ton cœur est obscur, le mien est ténébreux. -------------------------------------------------- Bien avant ta naissance. Sur ces landes stériles; Mon âme en déshérence, oublieuse et futile, baignait dans l' insouciance de tendres souvenirs. Un jour vint la conscience de drames à venir, pourvoyeurs de sanglots d' un sort toujours contraire; qui s' épanche en complots et miracles à l' envers. Les horloges s' ennuient à distiller les heures, sacrifiant à la nuit quelque vague lueur. Vois ces plages semées d' amours à l' abandon!.. Jouets inanimés, baudruches et ballons, dirigeables il me semble, fuselés et oblongs. ------------------------------- (Que ne fait on ensemble, passé le mur du songe!..) ------------------------------- De souples astéries ondulantes et lascives; dans cette allégorie s' invitaient en convives. ------------------------------- Si ce rêve obsédant agite tes paupières, le bleu qui s' y répand a sa part de lumière.
  21. 3 points
    Un boulet de canon d’apparence ordinaire, En lequel sommeillait l’âme d’une bulle de champagne, Se refusait rondement à faire la guerre. Fils d’une balle perdue et d’un rond de cuir, Il boule versait ses parents prompts à se biler. La mère déplorait l’influence de sa paresseuse amie, La bulle de savon, championne en billevesée ; Le père, maugréait après la boule de neige Glace à qui il le battait froid. - Cette boulotte a emballé ce ballot Et lui a tiré un bal dans la fête. Ce n’est qu’amusement et bombance. - Ne voit-il pas que cette fleur d’obier Le balade et le prend pour une bille. - Elle, sa muse ? Elle s’amuse et l’abuse. Quelle buse ! il m'use ! - Que n’a-t-il copié Pétanque, sa cadette. La pitchoune, au moins, se tient-elle à carreau, Qui prospère en son terrain avec le gendre Cochonnet. - La pharisienne va le rouler dans la farine ! Ah il aura l’air fin en chidé pas cuit ! - Peu me chaut sa céleste particule ! Partout où elle passe cette maboule jette un froid. -Il a perdu la boule, mon bilou. Il ne tourne plus rond. Misère de nous ! Lui qui devait évoluer dans les hautes sphères, S’il continue à s’éthérer de la sotte, Finira pendu à un sapin comme toutes les têtes vides. Sa sœur ainée, une boule de billard établie en territoire anglais, Dont elle n’avait pas adopté le flegme, Déboule au débotté dans le débat Avec son caractère rentre dedans (Ne l’appelait-on pas boule de nerf manquée) Et défonce bille en tête : - C’est débile, ces babilles que tu débites. Pourquoi tant de biles ? Moi qui envoie de toutes les couleurs, Je n’ai pas tant d’idées noires. Il ne vous emballe pas que sa belle Ne soit pas un canon ? Label à faire ! Les nôtres n’ont-ils par ballet Versé l’obole à la boue ? Je le préfère debout dans sa bulle à rêver À de hauts buts, plutôt qu’à crever En obus dans un boulot de balourd.
  22. 3 points
    Les souvenirs nonchalants Plantent les frissons Dans une brume désinvolte Inexorablement L’insondable glisse Parfois glaciale Parfois brûlant Vers le repli D’un silence bleuté Dans le souffle D’un réflexe argenté Les ronces griffent les ombres Et si les cascades bouillonnent C’est pour mieux fermer les yeux En caressant les cheveux ébouriffés Qui flottent au fil du vent Filament de velours Sourires assoiffés Soupirs éclaboussés Tourbillon de l'âme.
  23. 3 points
    Le vent du soir se lève dans une complainte et des arbres dénoue les branches attentives il va s'éteindre au plus intime des bois noirs au seuil de la nuit peuplée d'ombres touffues A cette heure, je m'étends sur l'herbe, nonchalante, pour goûter le glaçant de la venue du soir le jour clôt, sans espoir de retour, ses portails sur le monde encore chaud de ses effervescences, mais bientôt dans l'alcôve j'imagine les pleines brassées de jours que demain offrira leurs parfums uniques leurs bruits de galop leurs issues immanquables les heures naufragées de fin du jour me sont douces et terribles à la fois je vais, traversant la nuit, en courant, pour boire l'aube défroissée, haletante…
  24. 3 points
    A quoi bon espérer longtemps, La pluie congédie l'astre pur, Le muguet se fane en quittant Un herbier en larmes d'azur. L'eau ruisselle et emporte tout, Sur sa traînée, les seuls insectes Innocemment sortis des trous Surpris dans l'injuste collecte Que mes songes, noyés, rejoignent Vers des fissures désolées, Et l'acide silence empoigne L'élan d'un parfum avorté. Éphémère déconvenue, Un petit vent se rembrunit, Mon âme se perd dans les nues Portant la pâleur de l'ennui. Provisoire mais douloureuse Cité de disgrâce et de ruines Où la joie en nausée, lâcheuse, Glace mes os comme la bruine. Il pleut en couleurs asthmatiques. Le pré, comme un lourd estomac, Est las de voir tant de coliques Blafardes, de regrets ingrats. A présent, le soleil revient, Et je ne vois plus qu'un visage... Quand se séparent deux nuages, Mon rosier fleurira pour rien. Les troncs des chênes sont si noirs, La terre est toute retournée, Vacante pour les cœurs lésés, Pour celui qu'on a laissé choir.
  25. 3 points
    La femme-biche, dans un élan de dédain fend le coeur d'un cerf-homme des bois. Le cervidé plein revient du bar-Beach du coin, le panache viril en exil et le vice sur le foie. Vertueuse idylle qui en verre servit tue, sous les conifères, le cerf crache les viscères à l'envers, ses amours éthyliques. Son épouse furax et gracieuse brame à l'enfaon de venir. Bambi ! Mon amour, mon chéri, presse le pas nous quittons papa. Cet ivrogne incapable va finir, j'en suis sûre, en gibier mariné, en tambour chamanique, en trophée de cheminée, il nous faut partir. Enragée et amère, la mère rée puis traverse la clairière. On entend, pour peu qu'on y soit, un énorme PAN PAN ! Résonne alors au loin, c'est certain, le flou du danger dans la gueule du chien qui aboit. Le petit se sauve alerté par sa mère, dont les yeux bichés et navrés se noient et s'effacent. Les chasseurs en blague cruelle, distillent une odeur de came-cruse cramée au caramel. Ils se récitent mentalement la recette, d'un sauté de biche Stroganoff où le cognac mord la sauce, diffusant son éloquence, aux papilles relatives des choses importantes. L'ogre kaki salive et force l'anticipation jusqu'à la déglutition. Le ragoût goûte l'érotisme culinaire, aux commissures des lèvres charnues de la mort annoncée. La faucheuse en treillis susurre à l'oreille grasse, des crépitements de cuisson, sous le nez tiré par l'échalote à en piquer dans la cocotte. Les ventres dodus entraînent le reste des corps, les cerveaux suivent. ... Le p'tit hère panse en pensant, il revoit en rêves le miroir blanc de sa maman. Il prend un rencart hibou, sous la houlette d'une hulotte trés trés chouette. Elle lui présente ainsi un ami-lapin posé par hasard à la place d'une absence. - Ne perdons pas de temps, Bambi, voici PAN PAN !
  26. 2 points
    J'ai rêvé d'un hiver qui menait vers l'oubli, L'oubli d'un avenir à croquer sur le temps, Cet expert patenté où rêve la folie Exfoliant le passé d'un avenir troublant ! Pensez à vous panser, vous les plaies de mon âme, Âme morte ou bien vive afin qu'elle s'enflamme, L'anamnèse, au sujet de ma mémoire vive Quand vit l'évocation d'un temps bref qui s'esquive. J'ai peur que notre temps s'émousse en sa torpeur, Si mon esprit frappeur ripe et pousse son heur, Plus loin que le malheur ou le mal sans esprit. Mais je te résiste, hôte d'un temps qui file Sa toile d'araignée rendant ma vie fébrile, For l'esprit amoureux dissipant ton mépris !
  27. 2 points
    "Il y a plusieurs façons d'être pessimiste et critique quant à la situation de la France: celle des hommes de mauvaise foi; celle aussi de quelques honnêtes gens, humanistes de tendance, et qui, ne pouvant qu'être déçus et blessés par toute politique, le sont nécessairement par celle-là." Claude MAURIAC. Un autre De Gaulle. Journal 1944.1954 Les débats ont du goût Lorsqu'on voit le chemin, Tout est devenu flou On n'y comprend plus rien. Monsieur le candidat, Chef des Républicains, La France est au plus bas, Quel projet pour demain? Mon programme. Mon programme. Mon programme est clair, direct et concis, Il est vraiment net, certain, défini. J'ai tout dans la malle. J'ai tout dans la malle. Monsieur le candidat Du futur désirable, La France est au plus bas, Qu'offrez-vous de louable? Mon programme. Mon programme. Mon programme est sain, logique, ordonné, Il est très précis, compris et soigné. J'ai tout dans la malle. J'ai tout dans la malle. Monsieur le candidat En marche et en goguette, La France est au plus bas, Quelle est votre recette? Mon programme. Mon programme. Mon programme est vrai, juste et transparent, Ô combien exact, ferme et cohérent. J'ai tout dans la malle. J'ai tout dans la malle. Monsieur le candidat De la France insoumise, La France est au plus bas, Quelle est votre expertise? Mon programme. Mon programme. Mon programme est franc, distinct, dépouillé, Il est clairvoyant, lucide et marqué. J'ai tout dans la malle. J'ai tout dans la malle. Madame est candidate Pour les français d'abord, Quel sera votre pacte Pour nous mettre d'accord? Mon programme. Mon programme. Mon programme est droit, propre et vigoureux, Il est résolu, tranché, lumineux. J'ai tout dans la malle. J'ai tout dans la malle. Vous avez bien compris, C'est clair, net et précis. Ils ont tout dans la malle, Ils ont tout dans la malle... La malle aux nettetés.
  28. 2 points
    Complaisamment planté sur les rives du temps Au sein de la géhenne où traînent tes enfants Dans la boue de l'hiver, sous les pluies du printemps, Je te salue, Jaloux, jouant de l'olifant ! Je ne sais pas quelle heure et encor' moins le lieu. Vous mes amis en pleurs n'y vîtes que du feu Et pourtant à jamais s'invitant au milieu De mon âge, un dieu fou me donne un carton bleu. Lecteur de peu d'ardeur ne cherche pas midi À quatorze heures pile en l'espace infini Si je meurs et je ris sous tes yeux interdits ! Je ne suis qu'un humain qui, au pied de la tour D'ivoire et de murs creux, s'adosse à ses amours Et murmure à son dieu : recouvre tes débours !
  29. 2 points
    À CONTRE RAISON Je clame l'innocence en forêt éperdue, Arbres d'ébène au cœur habillant les cercueils, Branches au tronc rongé percutant les écueils, Tel l'homme nu, debout, regardant l'étendue. Je chasse l'inconscience en pensée défendue, Qui se donne le droit d'ignorer les accueils Faits aux moines discrets soucieux de leurs recueils Se trouvant détroussés de leur âme, perdue. J'ai chanté l'inconstance écopant la prison, Renversant en l'esprit les règles de raison... Puis‑je m'enfuir du chêne aux rires de souffrance ? J'ai bravé l'impatience en cela j'avais tort, Pour bousculer le temps qu'on me donne la mort ! Dois‑je me pendre à l'ombre effeuillée du silence ?
  30. 2 points
    Qu'y a-t-il derrière l'horizon, Du marin éternelle quête. Quel est ton cri quel est ton nom, Toute femme est une planète. Du marin éternelle quête, A la voile ou à l'aviron. Toute femme est une planète, Un monde parfait ventre rond. A la voile ou à l'aviron, Saignant des mains pour ses conquêtes. Un monde parfait ventre rond, Deux cœurs battants en un seul être. Saignant des mains pour ses conquêtes, Le cœur battant pour un prénom. Deux cœurs battants en un seul être, Bientôt l'enfant aura son nom. Le cœur battant pour un prénom, Le corps déchiré de fatigue. Bientôt l'enfant aura son nom, Et son refuge au sein prodigue. Le corps déchiré de fatigue, Des étoiles implore le pardon. Et son refuge au sein prodigue, Sa voie lactée de nourrisson. Des étoiles implore le pardon, En lui un enfant se rappelle. Sa voie lactée de nourrisson, Vite oubliée mais éternelle. En lui un enfant se rappelle, Un doux refrain, une chanson, Vite oubliée mais éternelle, Qu'y a-t-il derrière l' horizon.
  31. 2 points
    Bonjour @Pierre, Bravo pour cette pertinente réflexion( admirablement commentée par @Pierre Brandao, par ailleurs) sur l' inspiration qui est à la source du processus d' écriture. Coup de ceur (Mr et Mme Cà-sert-à rien ont 2 enfants: Paul et Mickey)
  32. 2 points
    Belle enfant je voudrais, dans ce vaste jardin, Vous convier au festin, des lettres et du sonnet, Que la nature promet, aux poètes mâtins. Aux amants qui ont faim, nous donnerons un lai. Et si vous le voulez, j'écrirai des quatrains. Je prendrai dans mes mains, en grappes bien dorées, Ces beaux fruits étonnés, iront dans le couffin, Que vous portez si bien , pieds nus dans la rosée . Alors sans hésiter, je chasserai les chiens, De mon bâton d'airain, ils vous ont aboyée, J' irai vous visiter, vous consolant si bien, Nuit et jour et sans fin, de vous être effrayée. A la première virgule, sautez donc à la ligne, Ces vers seront plus verts, si vous ne les aimez, Donnez moi un soufflet, pauvre poète indigne, Je m'en contenterai tout de vous m'est bonté.
  33. 2 points
    De toutes les couleurs vives Vives au vent Et surtout rouge Ou pourpre ou safran Celle de l’altitude Du froid qui fouette Et qui blesse les monastères De toutes ces couleurs Seules celles-ci Transportent la parole Jusqu’au bout de la neige Ramasser quelques pierres Pour se réchauffer les mains Et peut- être un pain incertain Parler aux marmottes En priant pour de nombreux taisibles Sans détourner les yeux De ce chemin tortueux Qui mène au sommet Du crépuscule Demain sera l’heure De la récolte.
  34. 2 points
    Franz Kafka avec son oeuvre La métamorphose m'a permis d'aborder une situation avec une certaine conscience des pièges. Les situations changent, elles sont plus ou moins faciles, mais cela aurait été le cas de toute manière, une vie ça bouge. L'amour pour un être cher ne change pas. Ma conscience remercie Kafka. Le cuir épistolaire frotte ses mots privés de gravité. Jeux de tambours organiques, sur la cavité-crâne cônique d'un cratère fragmenté. À l'insu d'une syntaxe désaxée, l'orthographe flotte au bord d'un gouffre de papier. Le tube acéré d'une plume ailée taille le verre d'une muse cornue, pour mieux s'y trouver. Torture, rature, mâchouille et met en boule... Sous le coton qui s'file pas bon, s'affaire à la sphère, l'aéro-nerfs en pelote, et les tricots d'airs en cercles hallucinogènes. Pi varie, charivari aussi, dedans. Ça spirale, ça vrille, ça prend son élan psychique au contact mouvant d'une géométrie psychédélique, où les courbes fondantes se confondent sans s'identifier. L'issue en nie l'existence. Le tout, dans cet alambic neuronal distille une pensée d'ingredients semi-concrets, semi-fantasmés. Agitation de lumières et d'ombres que composent les humeurs profondes, dans le même abstrait. Tourne et retourne, le bon coté de l'entonnoir. Sang froid, Glacé, Cryogénisé, les poles dans les veines extra-polent en orbite le cortex subliminal. Tout ce qui suit aussi, le reste s'en déduit. ... Allo Commandant Huston, Une armure et ... Des cookies ... Tu veux des cookies ? Ou Un café propulsé, arabicastronaute divague sur la tasse polymorphe, la faïence perd sa cohérence moléculaire. ... Dedans le liquide s'envoie en l'air, dehors il s'en tape le cul parterre. ... Reprise de contrôle ? Combat téméraire ? Fuck, les récepteurs aux fonctions aléatoires. ... Qu'est ce que c'est ce truc ? Pour sûr une chose qu'il n'a pas ... mon poète préféré.
  35. 2 points
    Je voudrais être un soir indolore de province Bleu, la marque du sang Un voile tiède qui mange la cathédrale Chair, la marque du vent Je voudrais être un soir ténu de capitale Blanc, le mur des fusillés La joue posée contre les collines Noirs, les toits dentelés Je voudrais être le fouet de la grande marée Vertes, les larmes d’écume Les cloches englouties au tocsin des mémoires Bronze, la peine assouvie Je voudrais être le cri de la forêt primale Soleil des profondes mendicités La luxuriance des beautés qui agonisent Lune des boisseaux de stériles promesses Je voudrais être le chant des dunes de seins blonds Sable de ta rugosité intime L’oasis que fait le diable au voyageur damné Lèvres, le carmin de mes nuits sans toi Je voudrais être le monde, le monde entier Couleurs, le battement de l’horizon Tu en serais le centre, le centre crucifié Sanguine, mon âme d’épines couronnée Je ne suis qu’un homme qui marche Ténèbres, phare de mon immobilité Mes pas sans trace en liseré de secondes Lumière, de rose en chapelet de pétales morts Je ne suis qu’une âme, un âme à dos d’âne Fauve, le croassement moqueur des ailes noires Le bûcher des étoiles obscurcit l’éternité Ébène des matins où mes mains ne te saisissent pas Je ne suis plus rien que l’idée même Argent des algues qui te font chevelure Plus rien que mon murmure Vieux de n’avoir pu te bercer
  36. 2 points
    Traversée du désir Moi, le touareg itinérant, Homme bleu porté par le vent, Je parcours inlassablement Tes dunes aux contours brûlants. Libre et secret, conteur de fables, Je t'offre un gîte sous ma tente. Grain d'homme sur une mer de sable, Je suis le thé et toi la menthe. J' hallucine et vois des mirages. Ma conscience se déshydrate. Tes yeux moirés me dévisagent. Je rêve d'eau fraîche et de dattes. Mû par mes nomades instincts, Je repars à la découverte De l'ombre douce des jardins Derrière des portes entrouvertes.
  37. 2 points
    Laisse le vent prendre ton domaineViolent, il fera la mer rebelleDoux, il forcera tes yeux aveuglesEt sous l’épaisseur des semblantsIl soufflera le glacis des évidences Loin des pluies de ton âme
  38. 2 points
    Sauras-tu… ? Quand nos mots tiédiront sous l’hiver sans répit, Que le rayon voilé sur nos pages jaunies Percera, pâlissant, l’ombre de nos sourires, Sauras-tu d’un poème encore m’embellir ? Si les vals et les creux sur le sentier houleux Ont raison de nos pas et leur parcours neigeux, Si le courage abdique au gré de nos blasphèmes, Sauras-tu persister à rester mon emblème ? Seras-tu mon garant si ma marche défaille… Dans le fût de nos jours et l’étai de mes rails, Inondant de velours ton étreinte et ta foi Et d’une allure à l’amble armant mon désarroi ? Et quand, main dans la main, nous aurons traversé L’ombre bleue des chemins et des cours enlacés, Sauras-tu rallumer, dans le gris des frissons, Tous les ciels étoilés de nos tendres passions ?Sauras-tu… ?
  39. 2 points
    Un amour de littérature Quelque chose de pur je ne sais comment dire un petit caillou bleu aux reflets de saphir que l'on jette en adieu Je ne veux pas te perdre Un peu comme un nuage qui garderait en lui ses larmes nourricières pour ne jamais mourir au dessus des déserts où crèvent les mirages Je ne veux pas te perdre Un amour violoncelle de pleurs et de dentelles qu'un archet trop sensible si doucement caresse l'accouchant de ses cris en tremblant de tendresse Je ne veux pas te perdre Un amour si étrange deux âmes enchaînées prisonnières sans cage deux corps encerclés sans barreaux ni bagages sans habits de rechange Délivre moi du mal qui met ton coeur en berne brise la bacchanale de mes rêves d'aubaines brûle la boucle infernale qui incendie mes mots Je ne veux pas te perdre
  40. 2 points
    i Tiens ! Les mouches pètent et les chats volent bas, Mais ce matin d'hiver notre amour reste intact Innervant de partout notre ardeur au contact ! Que pleurent les British s'il pleut des chiens, des chats... Hier nous errions, sans nous connaître encore. Soudaine rencontre d'un soir d'éternité Où nos peaux, nos odeurs, l'une à l'autre frottées... Mon hypothalamus s'émut de leurs accords ! Tu m'as d'abord ouvert la porte de chez toi ; Puis celle du frigo pour un petit souper ; Ensuite, et fort repus de nos premiers baisers, La porte de ta chambre à nos cœurs en émoi. La visite amoureuse, elle s'est poursuivie De découverte en découverte. Pour ce tendre jardin, nous avions la main verte Et tu m'ouvris ton corps sur le bord de ton lit. Un violon sur le toit Accompagnait notre aventure, Soulignant à l'envi la moindre appogiature Et les arabesques de notre quant-à-soi. Enivrés de plaisir, de paroles et de vie, Amours débutantes qui n'en finissent pas ; Entracte délicieux à lire de Kafka Un fragment qui traînait sur ta table de nuit. Alors tu m'expliquas qu'il n'y a rien d'absurde Dans La Métamorphose. Je comprends tout, tu éclaires si bien la chose Qu'au quatrain, rime riche, « absurde» embrasse à « Kurde » ! Tire la chevillette, ouvre toutes tes portes, Cherra la bobinette et tu diras : qui c'est ? Pourtant de notre moi, qu'est-ce qu'on s'en fichait, De Narcisse blessé au temps des amours mortes ! Plus que nue, pas trop vierge, ô ma belle odalisque ! Filant sur nos désirs, nous nous étions charmés. Remettons le couvert, à moi de t'inviter : Si d'un homard du jour, nous partagions la bisque ?
  41. 2 points
    Un jour comme les autres ou pas tout à fait. Le ciel est bas et gris ; la voisine a étendu ses bas de la même couleur, ils seront parfumés de brume quand elle les enfilera, on dirait des nuages et ça me fait rêver Je descends l'escalier en colimaçon en sifflotant doucement pour ne pas réveiller les rats repus j'ai envie de chanter, un jour glauque se lève mais j'ai vu du muguet sur la loge de la gardienne de nos secrets et ça m'a fait plaisir comme si c'était un premier mai, arrivé en bas je voyais un bas, en haut, qui s'était entortillé sur l'autre, j'ai trouvé ça joli, ça m'a donné le vertige et j'ai baissé les yeux sur le boulevard il y a encore le désert de la nuit et des larmes en train de sécher sous les paupières closes des maisons. J'aime bien cueillir cet éclat de soleil éphémère, à travers les géraniums sur les balcons J'aime bien cette somnolence, juste quelques secondes avant que les oiseaux n'achèvent le silence Deux zèbres m'ont entraîné dans une farandole folle jusqu'au supermarché, je leur ai dit je vais être en retard mais ils s'en foutaient, arrivés à la caisse on a fait sonner toutes les alarmes du quartier avec nos codes barres, on s'est retrouvés derrière les barreaux c'était rigolo, les ombres faisaient des rayures, on aurait dit les Dalton Mais comme on rigolait, on était suspects, alors on a dû gonfler des ballons, répondre à des questions ; les zèbres piaffaient d'impatience ce qui n'arrangeait rien alors j'ai pensé à ces bas qui flottaient tout en haut, que je voyais d'en bas et j'ai fini par donner le nom de mon supérieur. Un nom de grosse clé, comme un sésame, à n'utiliser qu'en cas d'extrême urgence pour être relâché aussitôt en tant que prisonnier. Effectivement, je fus en retard ce jour-là et quand j'ai raconté mon histoire à mon supérieur je crois qu'il ne m'a pas cru, il a marmonné vous devriez écrire des romans avec un air désolé et sans doute, dubitatif Il n'a pas daigné regarder par la fenêtre après m'avoir viré et ce n'est pas plus mal, il n'en aurait même pas cru ses propres yeux qui, derrière des lunettes, me semblaient sales En bas, deux zèbres m'attendaient, ils m'ont ramené chez moi, on a mangé des petits pois en jouant au ping-pong, très détendus, comme des herbivores heureux j'ai écrit l'histoire de leurs grands-pères disparus avec cet improbable nom : « les quaggas » aux chapitres deux, trois et quatre. Ils m'ont félicité en partant, je ne comprenais pas pourquoi, les disques étaient rayés et tant pis pour le canapé en peau de zébu qui l'était aussi, je me sentais léger, débarrassé de ce manuscrit dont je n'avais même pas compté les pages. J'ouvre la baie vitrée, c'est toujours un plaisir de voir des zèbres prendre un taxi. Un soir comme les autres. La nuit est tendre et rose et la voisine a étendu sa culotte de même couleur comme ça elle sera parfumée de crépuscule quand elle la remettra. J'ai envie de chanter sous la douche, je souris en buvant mon café, je m'extasie devant mes tartines beurrées dégoulinantes de confiture, j'imagine la déconfiture de mon supérieur quand il verra mon nom en grosses lettres sur le roman qui sort à la première heure dans les kiosques avec ma tête sur la couverture à rayures, avant le premier train. J'avais bidouillé avec le vendeur de journaux pour arriver avant les canards, à la dernière jouissance de la brume. Bon d'accord pour quelques écus de plus, demain je me foulerai la cheville, m'avait-il répondu en clignant de l’œil … Je crois qu'il m'aimait bien A cinq heures tapantes, mon roman de gare voyait le jour. Pour qu'il soit accessible au plus grand nombre, j'avais fixé son prix à six. Six comme un croissant en terrasse, un café, quai numéro six un matin comme les autres. J'aimais bien l'idée de cette naissance dans les odeurs du café et de la première cuisson du pain. Comme les canards n'étaient pas arrivés, le roman partit partout comme des petits pains dans le geste machinal du café-journal aux quatre coins des bouches de métro pour l'instant, on n'en a pas retrouvé dans les poubelles. Il n'en reste plus qu'un. Sera-t-il celui-là ? Mon supérieur l'achètera-t-il ? J'aimerais bien : je parle de lui aux chapitres cinq et six. Il arrive … il est six heures moins cinq. (J.E. Petites histoires ordinaires - )
  42. 2 points
    Le poème se perd sans rêve et sans rivages Déçu par le temps vide et son miroir sans vie. Qu’un peu de l’horizon qui calfeutre ses pages S’étire dans nos yeux et nous guide à l’envi. Il lacerait ta main à son iambe duel Et son vers de plein gré pour arpenter ton âme. Le tain trop loin de toi abuserait le ciel Si l’écho se parjure et ton pas te réclame. Écris le cours des ans la griffe au poing des rimes, Le parfait s’abolit sur l’âge des passants. Mais crois toujours l’azur qui se baigne d’estimes, Et biffe d’un seul trait les rides du néant.
  43. 2 points
    La vache Sur fond vert et qu'importe si la pente est bien raide pleine de siècles, elle rumine sans effort son message, depuis qu'elle fût posée parfois belle, jamais laide sur la pierre dans l'ombre, par la main d'un autre âge... Qu'as-tu donc à nous dire en plus de ta beauté ? « Ruminez, ruminez, reprenez moult fois de ce qui est perçu que rien ne soit ôté ! Car c'est le continu de la vie qui fait loi... » De fait nos vieux ancêtres avaient su découvrir auprès de ce bovin la stable raison des choses, le lait et le fromage, merveilles pour se nourrir et la chaleur l'hiver d'une étable bien close... Si nos contemporains se moquent des hindous qui vénèrent à l'excès la vie en ce symbole, que dire des industries massacrant sans dégoût et l'immonde folie qui produit la vache folle ! Combien de temps encore ta patience tiendra-t-elle ? Serait-ce par pitié que les veaux viennent au monde ? Offrant à la nature l'envie d'être éternelle, tu garde le secret dans ta marche féconde.
  44. 2 points
    Bravo @Marc Hiver, pas mal du tout sur un sujet assez touffu qui méritait d' être défriché, j' ai trouvé un poil long vers la fin, Bravo en tout K ( et n' oublies pas de répondre à @Diane K.) un coup de cœur bien lisse pour toi ps: j' ai trouvé ce passage très beau: Car de peu s'en fallût Qu'elle eût du poil au cul ! (on a le droit de rigoler...)
  45. 2 points
    Je me suis arrêtée au préambule... ( vraie blonde )
  46. 1 point
    Une belle déclaration pour un beau moment de vie.
  47. 1 point
    Déjà, le poème est réussi mais s'il s'y ajoute le Lacrimosa de Mozart, impossible de ne pas succomber...
  48. 1 point
    Étrange beauté qui a peur de la mort. Ou de vieillir, ou des deux puisque ça revient au même. Thème universel et un peu angoissant que la poésie calme quelque peu.
  49. 1 point
    J'aime vos tournures et vos angles poétiques. C'est limpide et pur comme le diamant.
  50. 1 point
    La succession de distiques marqués au sceau du froid semble opposer une résistance à l'inéluctable. Dépouillé à l'extrême.

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