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    Natacha Felix

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    Gabriel Montigny

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Popular Content

Showing content with the highest reputation since 10/15/2019 in all areas

  1. 10 points
    L'eau nue bleutée me grise m'enveloppe lèche ma peau mon corps glisse et se laisse couler au fil de tes mots les algues frémissent ondulent s'étirent lascives et légères cheveux de sirènes qui m'accrochent sous la caresse de l'eau qui brasse embrasse baiser mortel Eclaboussés d'écume ensemble enlacés nous dansons inexorablement vers le fond
  2. 5 points
    Je guette sans relâchel'éclosion des fenêtres quand les aubes préfacent l'immense baie des jours quand les roses défleuries enlacées par la nuit se défroissent lentement en quête de nouvelle vie Et un rêve encore chaud m'ensoleille toute nue et m'étreint le désir de caresser le monde La ténèbre s'enfuit et je sais tout mon être traversé d'espérance j'ai le coeur déployé mendiant des heures douces C'est mon pays d'ailleurs c'est ma Terre Promise Je sais ne pas avoir ainsi veillé en vain et la graine d'amour va germer au matin dans la chaleur du pas de porte avant toute rumeur humaine avant l'ébriété du vivre ta main est dans la mienneô bonheur auroral
  3. 5 points
    Lovées dans les marais Aux cauchemars englués Serpents sifflants, savourant Les hurlements des damnés, Nous déchirons les rêves De nos crocs acérés, Nous pétrifions les chairs Par nos regards, horrifiées. Nous sommes filles de Lucifer, Orgueilleuses gargouilles Que sculptent les vanités. Hérissées de vipères, Ivres de volupté, Jaillissantes des enfers, Jouissive cruauté, Nous terrifions les tornades, Affolons les ménades, Miroir des ténèbres De l'humain son reflet. Nous sommes filles de Lucifer, Orgueilleuses gargouilles Que sculptent les vanités. https://www.cineclubdecaen.com/peinture/peintres/caravage/tetedemeduse.jpg
  4. 5 points
    Oyez gentils messieurs , oyez mes gentes dames L'histoire d'un macho de campagne, D'un phallocrate des bois et des prés Auquel le conteur refuse de s'associer. J'ai honte de vous la narrer, car moi, Le troubadour de l'amour courtois, Je sais combien nos douces et tendres amies Aiment dans la chose un peu de poésie. Lui, le rustaud, devant un corps gracile Se voyait déjà, sans autre codicille Et forme de procès, le mettre sur son bout. Avec amour, cela ne rime pas du tout ! Jamais il ne roula une pelle, mais se prit des râteaux Accompagnant le son de ses appeaux, Tant il est vrai que les filles ne se détendent pas À l'écoute du chasseur sur sa proie. Heureusement que le bon Dieu Veille à ce que chacun dans la chaleur du pieu Puisse danser le guilledou Et faire grincer du lit les lattes d'acajou. Oh ! Elle n'était pas bien belle La Marie-Thérèse qui vivait pêle-mêle Avec sa tribu de tant de frères et sœurs Mangeant sur le bon pain un baratté de beurre. Aussi rêvait-elle le soir sur son bat-flanc À un homme direct, sans faux semblants, Qu'elle aspirerait dans son trou Caché par la nature ès touffe de ses poils roux. Je m'en excuse auprès d'icelles Attendant le prince charmant qu'elles Imaginent poète susurrant à l'oreille Les mots suaves de miel, bourdonnants de l'abeille. La Marie-Thérèse, bestialement, sans gel aucun, Accueillit en son antre le bout du Germain. Lui pensa sans vergogne l'avoir niquée ; Et elle, comme une andouille, de l'avoir enfourné. Mais dans ce sordide malentendu Au cœur de leurs sauvages tête-à-cul Ils gueulaient, c'est pas Dieu possible, comme des gorets Qu'on eût gavés de glands et d'aigre petit lait. Comme vous cette engeance me dégoûte ! Pourquoi de mon cerveau, jusqu'à la dernière goutte, Tirer des vers à la métrique amère Servant des souvenirs dont je ne suis pas fier ?
  5. 4 points
    Si j'étais Dieu je caresserais les nuages, Consolerais le diable au plus fort de la nuit Quand il pleure sa transe et que je lui souris Entouré de saint Pierre en son aréopage. Une araignée céleste au fil d'évanescence D'une toile d'azur enchanterait le ciel, Vibrato de l'aulos, flûte providentielle, Sous une pluie de fleurs en leur divine essence. Un rouge-gorge vif me suivrait pas à pas Et dégusterait à la fortune du pot Des vers luminescents qui ne sont jamais trop À aérer la terre au jardin d'ici-bas. J'abdiquerais mon trône et son monothéisme Sans regret superfétatoire en me disant Que la vie avec toi au risque des vivants Vaut bien de sacrifier ce superbe égoïsme. S'il faut parler de mort, nous irions tous les deux En Afrique, au cimetière des éléphants Qui garderait mémoire auprès de nos enfants. Et s'ils nous oubliaient, n'y verrions que du feu !
  6. 3 points
    C'est de Sacramento où le fleuve éponyme Donne à l'American River un rendez-vous Que je traçais ma route au tréfonds d'un abîme De tristesse infinie et l'âme au garde-à-vous. Dans ma Lamborghini, je n'en menais pas large, Nulle part où crécher par cette nuit torride Que ne jugulait pas la fraîche clim de barge Cristallisant mes pleurs tout au long de mes rides. Il fallait me purger, direction Montana, L'esprit et le larfeuille en la ville fantôme Au milieu du désert prisé de la mafia, Las Vegas de fortune, où la thune s'empaume. Réservant une suite, y déposant ma peine, Je courus m'essayer dans cet endroit maudit Sur des bandits manchots qui jouent de la déveine D'un pauvre enfant de riche en proie au rififi. Une femme au sein lourd rendit ma queue légère, S'offrit de soulager en bonne compagnie L'argent qui me pesait et m'assignait à terre, Moi qui ne savais plus m'amuser dans la vie. je sautai trois de ses copines pour la route Et au petit matin sans demander mon reste, Ma caisse m'emporta vers la frontière, toute ! Traversant le Rio, fuyant comme la peste. Dans ma folle équipée, me fut donné à voir Non loin de mes rancœurs, et sur les bords de l'eau La loutre et son petit, gravés dans ma mémoire, Tendresse d'un instant dénouant l'écheveau. J'épousai le Mexique et une Mexicaine. Nous eûmes trois lardons, une fille et deux gars Que je chéris depuis. Finie la prétentaine, For l'envie qui me tient d'aller sur la Volga. Les gars de la marine pourront bien se brosser, Je souhaite aujourd'hui dépenser mon argent Avec mes marmousets et à Guadalupe Faire de la plongée sur l'île aux flambergeants. Comprends mon cher ami qu'il vaut mieux être riche Si on est dépressif ; que le pauvre est plus pauvre De ne pas être riche. Préfère donc la triche À l'honnête trépas. Rien ne rime avec pauvre.
  7. 3 points
    Grand père Cet arbre figé à l'automne, Saura-t-il renaître au printemps, Ou restera-t-il labyrinthe inachevé, Les branches en filtre-ciel. Grand père est assis, Les épaules basses, Comme sous la sérénité d'une évidence, Penses-tu qu'il sera debout, Pour ton prochain anniversaire? Ou qu'il restera assis, La tête lourde, Sous l'évidence de sa vie presque achevée. Comme une vague s'échouerait, Son regard déposé sur la fenêtre, Se perd dans ce rideau de bois, Sa cabane de vieux jours. Le filtre-ciel semble apaiser ses pensées lentes. Grand père vit au rythme des bourgeons, Des feuilles mortes, Attendant la dernière chute, La plus douce, Celle dont il ne saura se souvenir.
  8. 2 points
    L’île de Notre Dame L’île de la Cité L’an deux mille dix-neuf, lundi, quinze avril ****** La Seine allumait les miroirs de Lutèce. Les bateaux-mouches avides creusaient avec rudesse L’âpre ressac des flots. Notre Dame filait, Son âme en retenue, son temps toujours compté. Les quais et leurs lumières jouaient les amoureux, Les ponts livraient à l’onde les clefs des cœurs joyeux, Amours sous cadenas d’un furtif temps rêvé. Les bacs des bouquinistes rabattaient leurs clapets Sur Claudel ou Péguy, leurs pléiades au secret Poussant vers les octets les signes et les papiers. Jamais repue d’images, guettait La Tour d’Argent, La flèche et ses dentelles l’enivraient du couchant. Paris aimait son île, tout sifflait son printemps, Notre Dame faisait Pâques et livrait tous ses chants. Affairés, les badauds s’agrégeaient en troupeaux, Piétinaient le parvis, le bronze point zéro, Buvaient avec régal le temps de s’agiter, Les images en rafales, les yeux du cœur bandés. Les porches et les deux tours jaillissaient vers le ciel Portaient les yeux si loin en tournis éternel, Les fleurons de lumière retraçaient leurs ogives Entre chien et loup, leurs ombres en vertige. Les fiers burins artistes nous livraient le gothique De Viollet et Hugo, purs génies romantiques. Paris aimait son île, tout sifflait son printemps, Les branches en chorale de volées d’arcs-boutants, Les faucons paradaient, piaillaient en doux amis, Les gargouilles, les chimères leur disputaient les nids. Chaque saint pouvait vivre en proportions divines Dans un porche, une voute en harmonie sublime. Moyen-âge et gothique résonnaient dans les pierres, Tout pouvait être réel, tout se vivait chimère, Le passé inventé se mêlait au présent, Le présent virtuel voulait être ardent, Les pouvoirs et la foi volontiers encordés, Dieu et cette beauté cherchaient à s’accorder. Paris aimait son île, son passé et son âme, Notre Dame avouant tant de rides et de larmes. Dieu y recevait le peuple, les gardiens de la foi Dès ses premières pierres, les esprits et les rois. Des énergies humaines aux si lourds sacrifices, Les pierres et le temps livraient leurs cicatrices, Des pierres et des bois aux ogives vénérables, Des règnes et des fois les futurs improbables, Les temps s’entrechoquaient entre dimes et guignes. Que lira-t-on plus tard, les pierres ou des signes ? Notre Dame témoignait, dressait ses huit cents ans, L’île de la Cité la conviait aux mille ans. Paris aimait son île, son âme et son passé, Si grande Notre Dame, pierres d’éternité, Paris aimait son île et voulait la garder. _________________________ MM / 04 2019
  9. 2 points
    J'ai repris le ciel, il était vide et les étoiles pleuraient, ma mémoire est vieille et mes souvenirs blanchissent, il devait y avoir du bleu et aussi du rose, des arbres allongés dans l'herbe, des superpositions pour les années qui passent, une Terre qui tourne et des images qui brillent, c'est le soleil qui se cachait derrière, j'ai repris le ciel quand il ne restait rien et les étoiles scintillaient dans leurs reflets de larmes, mes mains sont vieilles et mes rides s'épanouissent, il devait pourtant y avoir du bleu et aussi du rose, des feuilles quand la saison était chaude, des envies pour les années à venir, une Terre qui tourne encore et des images qui s'unissent mais, ce n'est pas le soleil qui se cache derrière, je ne sais pas ce qui se cache derrière et si je tremble, je m'approche, si je me retourne, je vais entendre, un froissement sûrement, mon genou fléchira et mes doigts gelés ramasseront dans le bac à sable l'étoile qui m'a vu naître, c'est le ciel qui me reprend.
  10. 2 points
    Je suis allée là-haut dans les champs voir les nuages, les troupeaux de nuages roses – et le soleil se couchant. J'étais heureuse au début. Ça sentait le blé coupé et les fleurs un peu plus fanées que la veille. Silencieuse, je contemplais les oies sauvages. C'est à ce moment que, le coeur gros – comme s'il était en pierre ou en cage – je me suis sentie vieille – parfois c'est trop le monde. On s'y fracasse l'âme. J'ai murmuré dans la lumière Où est ma place ? Où est ma place ? Et malgré tout, le monde veille – il entend nos petites prières. Alors le vent, avec sa soie m'a répondu Là ! Dans mes bras. Entre mes mains tu es pareille aux oiseaux, aux arbres nus... Je suis rentrée à la maison en chantant. Pour le vent, pour les pucerons, pour les vaches couleur vermeil toujours triste, oui mais Chantant.
  11. 2 points
    La pluie a la couleur du gris Du jaune transparent Je te sais, là-haut, trôner en maître Et palpitant en moi À goûter la raison ; je n'oublie pas mon être Lune autant que soleil Galet précieux ; pierre polie En couleurs je vois le Monde Et je te vois aussi Frère, soeur, ou ami Pardonne mon tranchant ; écoute mes silences Et je me fais douceur Dans ta main, je me repose Loin des affres de la peur ; je contemple ton âme J'entends pulser ton coeur Je ne joue par pour gagner ; j'apprends aussi à perdre Chaque jour goûte le rêve Et si ma solitude éclate parfois en pleurs C'est que je t'aime Sans connaître ton nom. S.N 16/10/2019
  12. 2 points
    Tu me parlais des cerisiers sauvages dont tu guettais les premières fleurs, dès que tu en apercevais une, tu prenais ton sac à dos rejoindre le chemin qui devenait blanc avant la fin de la soirée et puis, tu as grandi, tu es venu creuser la rivière qui recevait leurs pétales, tu as pris tout les graviers, tu as taillé le rocher, tu as déplacé le courant, tu as détruit les regards amoureux, tu as coupé les cerisiers, les parois de ton intérieur se sont habillées de machines croqueuses, dévoreuses, hautes et géantes, mais ce matin tu te souviens, à fleur de peau, les parois que tu croyais solides craquent, s'effilochent, une vieille peinture écaillée, les cerisiers refleuriront si tu reviens vers eux.
  13. 1 point
    Tu te souviens de grand-père sa collection son musée des curiosités mais quel bonheur de courir entre les étagères et lui qui nous grondait toujours un peu il devait trembler à chaque fois que nous passions avec nos tracteurs en plastique remorques bien accrochées qui se pliaient dans les virages sans jamais rien casser sauf une fois ce drôle d’animal au bec de canard avec des doigts palmés une queue de castor des pattes de loutre et des griffes ! un nom à coucher dehors ornithorynque au début tu te souviens on a cru à une plaisanterie de grand-père il avait dû découper des morceaux de faux animaux on a pris le bâton de colle et le bec s’est remis en place il ne nous en a jamais parlé on n'a rien dit et les cornes de licornes tu te souviens il nous avait raconté avoir rencontré un homme qui descendait d’un bateau ancré dans le ciel j’ai longtemps scruté le ciel il nous arrivait d’en prendre chacune une et de jouer à Zorro et au capitaine Garcia ah oui je me souviens aussi il avait accroché un tableau au bout du long couloir un énorme pamplemousse il disait que c’était un soleil juteux et c’est vrai que l’ampoule lui donnait cette vie je prenais mon élan parfois en pédalant de toute mes forces j’avais l’impression que j’allais décoller et atterrir dedans le tracteur se transformait parfois les quatre roues devenaient fer à cheval je galopais à droite au fond il y avait une porte secrète c'était notre histoire nous y entrions parfois avec une lampe torche il y avait des milliers d’objets et tout brillait c’était son atelier il réparait il transformait il inventait comme ce vieux sèche-cheveux grand-mère l’avait jeté en criant haut et fort que l’électroménager d'aujourd’hui ne valait décidément rien ! grand-père l’avait démonté et l’on pouvait lire dans sa boutique « envol-oisillon » quand je lui ai demandé à quoi il servait ? il m’a répondu regarde cette balancelle juste de l’autre côté de l’étagère le petit sort de son nid vient jusqu' ici du bout des pattes encouragé par maman hirondelle je surveille j’appuie sur le bouton de l’appareil il souffle plus assez pour les cheveux mouillés de mamie et il vole pour la première fois ça sert à ça un « envol-oisillon » il nous émerveillait et nous étions deux aventurières dans son monde qu'il aimait tant partager grand-père était extraordinaire tu te souviens une dernière fois non, ne pleure pas il a gravé nos deux noms sur un morceau de palmier qu'il avait planté au milieu de sa vitrine préférée il disait que les îles lointaines qu'il appelait les trésors du tout proche l'avait déposé à ses pieds un matin de pêche et que nos initiales y étaient déjà écrites bien avant que nous ne prenions forme dans l'espace du ventre de maman grand-père je pourrais écrire des « Tu te souviens » toute la nuit et celles qui suivent tu te souviens toi aussi ?
  14. 1 point
    Quand le sang dit tout le prix de l’amour Quand l’incendie vous conduit à la mort Quand le non-dit est l’ami du remord Quand samedi me suis remis à jour Quand tout est dit sont omis les détours Quand je maudis l’ennemi en mon corps Quand me dédie à mes amis d’abord Quand je mendie à demi-troubadour Alors le temps fuit je deviens instable Alors c’est la nuit des matins aimables Alors je m’ennuie et retiens mon souffle Mais tu me suis et tu viens à ma table Et je m’enfuis et un rien me camoufle Le paradis est le terrain du diable
  15. 1 point
    Bonjour @Lina ,un cœur pour ce trés beau texte, tout serait à citer mais ce passage particulièrement beau. Le thème de l' éveil floral est métaphorique, c' est surtout la quête d' un renouveau qui est suggéré La narratrice attend surtout quelque chose de neuf et idéalisé -> aubes préfacent,nouvelle vie, terre promise il sera à la fois naturel ,spirituel mais surtout charnel-> toute nue , m'étreint le désir de caresser La ténèbre s'enfuit -> suggère que cette nouvelle vie à laquelle aspire la narratrice met fin à une période de sa propre vie sombre et triste. Je sais ne pas avoir ainsi veillé en vain et la graine d'amour va germer au matin -> magnifique manifestation de confiance, mais le résultat sera avant tout le fruit de la volonté et de la patience. la chaleur du pas de porte -> peut-être le vers le plus important dans son interprétation 'non métaphorique' , car il peut suggérer l' arrivée au foyer d' un être qui en franchirait le seuil tout simplement, et ce serait ......
  16. 1 point
    Do ré Mimi...Une sonatine des plus réussies !
  17. 1 point
    Road movie burlesque quelque part entre Jim Jarmusch et Wim Wenders, la truculence en sus!
  18. 1 point
    Voilà qui lance définitivement les poèmes d'Halloween!
  19. 1 point
  20. 1 point
    Sonnet qui aurait pu être dédicacé à Maupassant.
  21. 1 point
    Quand il était enfant sa mère lui avait appris qu'il fallait être poli et qu'un sourire ne coûtait rien. Il l'avait écoutée. Parce qu'il l'aimait et qu'elle était sa mère. Et parce qu'elle avait raison, un sourire ne coûte rien. Lorsqu’il rencontrait des gens dans les magasins, dans la rue, ou dans sa cage d’escalier, il essayait de se souvenir de ses mots et de sourire. Il le fit d’abord par discipline, ensuite par habitude. Puis peu à peu il découvrit les conséquences de son sourire. Le voisin triste du deuxième semblait moins morose. Il arrivait même parfois qu'il n'eût plus l'air triste du tout. Le petit garçon du rez-de-chaussée s'agitait en spasmes de délice. Derrière le fauteuil roulant sa mère regardait avec bonheur celui qui avait provoqué cette allégresse. À l'âge de dix ans, fort de cette découverte, il décida de sourire avec intention. Il se mit à sourire tout le temps, à tout le monde. Dès que son regard en croisait un autre, une onde le traversait. Elle prenait naissance dans son estomac, montait le long de sa poitrine, grimpait sa gorge, puis relevait le coin de ses lèvres avant d'envahir son regard. Il souriait jusque dans les yeux. Il se sentait super héros. Il avait un pouvoir, celui de donner de la joie par son sourire. Et la joie qu'il donnait lui donnait de la joie. *** Il avait douze ans quand il réalisa un matin qu'il n'avait pas vu le voisin du deuxième depuis quelques jours. Il demanda à sa mère si elle l'avait aperçu. Elle le fit asseoir à la table de la cuisine pour une discussion. Il apprit devant une tartine beurre cacao que l'homme s'était donné la mort. Son sourire n'avait pas suffi, la tristesse l'avait emporté. Il fut bouleversé. Bouleversé par la mort de l'homme, bien sûr, mais aussi par sa propre défaite. Il n'était plus un super héros. Il ne l'avait jamais été. Il se demanda s'il aurait dû faire plus, s'il aurait pu faire plus. Il passa des heures à considérer la chose avant d'aboutir à sa conclusion. Sourire ne suffisait pas. Il fallait aussi écouter. Il se mit alors à écouter tout le monde, avec attention. Rien ne lui échappait. Il fut si bon dans son écoute qu'il devint bientôt le récipient de toutes les confidences. Celles de ses copains et celles de ses amis. Celles des copains de ses amis. Celles des amis de ses copains. *** Avant son quatorzième anniversaire il avait accumulé des milliers de secrets. Il était en possession d'une collection imposante de douleurs, souffrances, frustrations, ressentiments, trahisons, incompréhensions. Il avait aussi appris que les gens n'écoutent pas. Et qu'ils partagent rarement leur bonheur. Le goût de cette injustice commença à se mélanger dans sa bouche aux goûts déplaisants de tous les secrets dont il était le gardien. Il fut de plus en plus souvent pris d'un intense besoin de tout recracher. La colère s'installa. Il arrêta de sourire. Il arrêta d'écouter. Peu à peu il perdit ses copains et ses amis. Ou peut-être est-il plus juste de dire que ses copains et ses amis le perdirent. Peu importe en fin de compte, il les avait perdus et il était perdu. Il avait appris que ce qui semble vrai n'est bien souvent qu'une illusion. Que ce fil qui le liait aux autres n'existait que dans son imagination. Que les mots mentent. Il était à présent seul, seul avec tous les secrets. Il n’alla plus en cours et sa chambre devint une chambre d'écho dont il ne sortit plus. De temps en temps la pensée l’effleurait qu’un jour peut-être il rencontrerait quelqu'un qui lui sourirait et qui l'écouterait. Bientôt. Il fallait que ce soit bientôt. Mais bientôt ne vint pas. *** À l'âge de quinze ans il décida de se débarrasser des secrets une fois pour toutes. De se débarrasser du mauvais goût qui envahissait maintenant complètement sa bouche. De s'alléger. Il trouva dans la table de nuit de sa mère un petit flacon de délivrance. Il avala les cachets d'apesanteur un à un, il s'allongea et il attendit. Il se dit qu'il n'avait que quinze ans mais qu'il savait déjà. Il savait que l'espoir est une sale chose. Il savait que rien n'est vrai que ce qui dure. Il savait que rien ne dure. *** Il se reposait dans la chambre d'hôpital quand elle tapa à la porte. Elle entra doucement, s'approcha du lit et s'assit en silence sur une chaise. Les mains croisées, les yeux baissés, elle attendit qu'il lui adresse la parole. Il l’observa attentivement. En la détaillant sans mot dire il se rendit compte qu’en dépit des heures passées en classe avec elle il la voyait aujourd'hui pour la première fois. Il n'avait jamais croisé son regard. Elle n'avait jamais partagé avec lui ses secrets. Il réalisa que personne ne la regardait jamais. Après quelques minutes de silence il la remercia d'être venue le voir. Elle lui répondit qu'elle regrettait de ne pas être venue plus tôt, chez lui, avant tout ça. Il essaya de la rassurer en lui disant qu'elle n'aurait pas pu savoir, qu'elle ne le connaissait pas. Elle lui répondit qu'elle savait. Qu'elle le connaissait. Qu'elle avait vu. Qu'elle voyait tout. Puis elle lui sourit, d'un sourire qui sembla jaillir de son estomac comme une onde et illumina ses yeux. Et il se mit à tout lui raconter. *** Quand il se retrouva à nouveau seul dans la chambre après son départ il ne put cesser de repenser à sa visite. Son image lui semblait comme gravée sur ses rétines. Ses mains croisées. Son regard baissé. Puis son sourire. Son sourire. Son sourire. Il se dit qu'il avait quinze ans mais qu'il ne savait rien. Que l'espoir n'était pas vain. Qu'un moment pouvait être vérité. Que peu importait sa durée. Il avait quinze ans et il la voyait. Elle avait quinze ans et elle l'entendait. Ils pouvaient avoir quinze ans ensemble. Il n'était plus seul.
  22. 1 point
    Une charge d'amour forte dans ce très beau texte.
  23. 1 point
    _ Elena Volovna voulez-vous m' épouser ? ( l' éthylisme amoureux aujourd'hui me rend ivre ) mais un triste détail vous interdit de vivre : sur votre jolie bouche une mouche posée La femme du portrait dés que le jour se lève promène son fantôme au milieu de mes rêves et une apparition nébuleuse et liquide vient compliquer ma vie d' un songe extralucide Peu à peu me gagnait cette absurde vision qui plongeait mon esprit dans un grand désarroi; son souvenir glaçant menaçait ma raison tant son étrangeté m' avait saisi d'effroi Dans les rues du vieux Prague nous étions égarés Des nuages flottaient sur les toits de la ville et au bleu succédait une nuit empourprée, qui constellait d' éclats les rives fluviatiles Des miroirs scintillaient, façades lumineuses Leurs œillades terribles étonnaient nos prunelles, ravies de ces chimères aux clartés prodigieuses mais la nuit nous happait, possessive et charnelle * Cette nuit liquoreuse arrachée à l' ivresse découpe au clair de lune des îlots de toitures qui tournant vers le ciel leurs sombres écorchures baignent mon cœur de leur insondable tristesse. Poème offert à @Charles Boveaud
  24. 1 point
    Un bien beau poème qui renvoie à la douce nostalgie de l'enfance
  25. 1 point
    Marc Hiver, un Boccace d'espèce.
  26. 1 point
    Original, ça prend aux tripes un peu comme dans un mauvais rêve inversé. Bien joué.
  27. 1 point
    Une atmosphère dérangeante flotte au-dessus de ces lignes. Ajoutons un cela un soupçon de mystère et tout est là pour me plaire.
  28. 1 point
    Le cœur devra attendre mais je mets ton poème en suivi pour être certain d'y revenir en temps utile.
  29. 1 point
    Bien plus fort Qu’un coup de fouet Le ciel s’obscurcit Sur les semailles De l’automne La solitude du ciel N’est que chimère Pour les hirondelles Esclaves des voyages à venir Nos prières s’obstinent Pour combattre le feu Et dans le silence Faire de l’onde Un spectacle L’angoisse n’est plus pour demain Demain les grappes en sommeil Ne seront qu’espérance Guirlandes de lumière Et source d’harmonie.
  30. 1 point
    La mort et l'amour, l'amour et la mort. L'inévitable destinée de celui qui succombe.
  31. 1 point
    @Jeep, Pirotte et Jeep, ce sont les Boileau-Narcejac de la poésie ! Et hop ! Un coeur pour les deux.
  32. 1 point
    Toujours est-il qu'avec ce tintamarre, ils ont tous fini au violon.... et que j'ai failli en pisser de rire ! Bravo l'artiste.
  33. 1 point
    Et ces quelques lettres dessinaient le portrait d'un oiseau ? J'ai lu plus haut que la fin était superbe : je confirme.
  34. 1 point
    Il ne reste plus qu' à enfourcher les tonnerres a nus et ne pas craindre le rodéo des audaces frivoles.
  35. 1 point
    Si la lune était une ouverture elle serait un judas.
  36. 1 point
    Poème de chérubins!
  37. 1 point
    Le soleil a germé Dans ma voix un matin J'ai grignoté les ombres Seule, un couteau à la main Humant l'air du soir ; j'ai compris Le silence et la lune La perte et l'oubli Éperdue de moi-même Quand l'amour s'est enfui
  38. 1 point
    Quelques beaux vers( sans que les autres déméritent...) me rappellent Apollinaire et son célèbre Pont Mirabeau!
  39. 1 point
    C'est souvent ainsi avec la plume espiègle, on la mène au début, puis c'est elle qui conduit !
  40. 1 point
    Eh bien qu'ils les accordent, leurs violons !
  41. 1 point
    Ça ressemble à un terminus un soir d'orage sans lumière. Mésaise ! Passons vite à autre chose...
  42. 1 point
    Le bourreau: Taisez-vous mon enfant! silence! Pourquoi répudier vos poèmes? Vous avez tort, frêle patience, Cherchez, insistez, osez même, J'ai beaucoup aimé cette strophe qui nous rappelle que dans la création poétique, comme dans toute création artistique, il faut se montrer persévérant. Cultiver la bienveillance envers soi-même. Nos poèmes sont forcément d'un niveau de réussite fluctuant. L'essentiel est d'aller de l'avant, en gardant la flamme intérieure.
  43. 1 point
    Il existe bien dans un sous-bois s'ocrant de poésies le cimetière des sentiments.
  44. 1 point
    Vision d'un horizon flamboyant dont nous avons effacé a ligne à ce jour.
  45. 1 point
    @Pierre, Moi, j'ai aimé ! Que cela soit écrit et accompli ! Et hop ! Un coeur.
  46. 1 point
    Quelque vers au bout de la ligne nous font mordre à l'âme son.
  47. 1 point
    La poésie politique est une grande tradition, du pamphlet à la polémique, de la satire au grotesque. Ici vous faites place au cri du cœur, avec la justesse des âmes sincères.
  48. 1 point
    Il y a dans votre manière un écho moderne à l'Ecole de Rochefort, ce mouvement poétique un peu oublié aujourd'hui, réunissant des poètes célébrant la nature avec ce gout de la personnalisation dont votre talent se confirme de poèmes en poèmes. Vous avez là ce que l'on nomme une veine!
  49. 1 point
    Vous nous racontez l'été assourdissant mélangé au printemps et toutes les bestioles nous font du en même temps ! Rendre les fourmis cigales est une révolution ! La fraicheur a tout calmé, on n'y survivrait pas . Mes marguerites n'ont plus de cœur ni de pétales ! A plus tard pour le prochain bourgeon.
  50. 1 point
    Une face et des facettes...

Association régie par la loi du 1er juillet 1901, Accents poétiques vise à promouvoir les auteurs littéraires méconnus ou peu connus à travers la publication de recueils à compte d’éditeur. En offrant un forum de poésie à toutes les personnes désireuses de partager leurs muses, nous souhaitons également permettre à toutes les plumes de s'ébattre librement en ligne dans un cadre ouvert mais néanmoins garant d'une certaine qualité littéraire à travers les sélections de notre comité de rédaction.

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