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  1. Eathanor

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Contenu populaire

Affichage du contenu avec la meilleure réputation depuis le 14/03/2019 dans toutes les zones

  1. 8 points
    Le ciel strié de gris renonce à donner vie Seul le vent groupe à l’adret les oiseaux dispersés dans le grelottement d’eaux glacées, de pampres rouillées En ce jour de printemps coule au ralenti le temps Mon souffle dans les feuilles d’ivraie n’éveille aucun écho, le paysage se tait Seul le chuintement lancinant d’un ruisseau accompagne ton absence
  2. 8 points
    Il est fatigué de faire le clown, de dessiner sur sa bouche des lèvres factices aux commissures rieuses . Le crayon dévie parfois et dessine une larme sous l’œil de l'ami Pierrot sur un nuage de mots parme. Il ne peut s'empêcher de faire pleurer les petits enfants quand son cœur n'est pas gai il ne peut les tromper le clown fond le maquillage coule sur toutes ses armures de peintures il s'inscrit au chômage aux sans domicile fixe sans ce sourire démesuré qu'il ne sait plus dessiner, il est perdu il pleure sans rouge à lèvres et n'a plus besoin de crayon pour dessiner sa larme la maladie de clown qui manque d'amour n'est pas reconnue dans le fichier des longues maladies elle est incurable Les clowns meurent de chagrin un joli chagrin caché dans leurs pirouettes et quand ils sont trop fatigués ils balaient leurs larmes d'un geste de la main pour offrir leur coffret d'étoiles ils envoient avant de partir leurs paillettes leurs tours de magie, leurs beaux sourires rouges à lèvres et tous ces rires d'enfants qu'ils ont gardés au pavillon de leurs oreilles pour les lancer de très haut. Et la terre résonne de ces rires là … Plus tard, beaucoup plus tard, ce sera la journée internationale du clown On se souviendra de lui une fois par an, un jour précis, ça le fera sourire un beau sourire sans maquillage et ça le fera rire sans crayon, sans rouge à lèvres. (J.E. Mars 2019)
  3. 8 points
    Là où la lune boit la colline, les lilas bleus, les murs de pierres sèches Près du saule pleureur sur le puits de granit Un simple caillou fait vibrer des cercles de joie L’instant a un goût d’éternité Elle sait les mains ne se frôlent qu’à travers des barreaux Mais elles sculptent les arbres morts, insufflent la vie
  4. 7 points
    Quand le corps n’existe plus Courbé tel un roseau Habillé de chair Il n’y a plus bruit ni odeur Les ombres s’échappent Voleuses encapuchonnées Le jardin n’a plus de secret D’un geste de la main Quelques cristaux de couleurs Dans la nuit de ton visage Illuminent le ciel Et de la vie, le manque ! Ma robe s'en est allée Sous la dépouille La chair voilée de cire Dans le vent flotte le ruban De velours était la peau De marbre l'aile s'est posée Une statue semble rêver Sous les graviers de l'allée Les pas sont toujours là Crissent les mots de l'oiseau Se tendent les baisers Contre l'épaule le rêve fige
  5. 6 points
    Encore un jour sur Terre, c’est un jour comme les autres La pureté de l’aube ruisselle au creux des cœurs L’âme du monde nous enveloppe, unit son souffle au notre Tout est un et nos liens respirent la grandeur La paix dans le silence du matin que l’on cueille Comme la fleur qui scintille couverte de rosée Les torrents d’émotions mêlés au fond d’un œil Qui s’ouvre et réalise que la vie est sacrée Des couleurs innommables éclatent partout autour Comme un feu d’artifice figé à l’apogée Placées en embuscade à chaque recoin du jour Elles agrippent ton cœur et l’emmènent valser Les Hommes comme ces couleurs, d’une diversité folle Potentiels infinis de rencontres, de partages Sous les forces mystérieuses dont nos vies s’auréolent On trouve de quoi s’aimer et rire en plein naufrage La bonté spontanée qui réveille la bonté Le rayon d’un sourire qui fait naître un sourire Comme un souffle d’espoir sur des braises oubliées La foi en l’être humain survit quand tout chavire Retrouver son essence dans le flot du mouvement Entendre son corps rugir dans la joie de l’instant Sentir vibrer la terre, se mêler à la pluie Et l’embraser d’un coup, d’une explosion de vie Empoigner chaque défi ornant notre horizon Que ce soit dire un mot ou bien gravir un mont Et dans l’éternité d’une seconde en chute libre Conquérir le frisson de se sentir revivre Lorsque le monde s’éteint, rencontrer au hasard La lumière d’une étoile où convergent les regards Des âmes qui interrogent en silence l’infini Épris de la beauté d’un rêve qui les unit Happé par un voyage aux nuances absurdes L’œil se ferme doucement avec la certitude Qu’au seuil du lendemain qui lui sera offert Luit un jour comme les autres, bien extraordinaire Écrit en mai 2018
  6. 6 points
    Et puis le silence Cape sombre sur les épaules Me recouvre de bas en haut Du cœur Suffoquant le palpitant des pensées Non par ta gées. Et puis le silence Linceul vicié sur les froidures M’empoisonne les lèvres Écho muet Tombé sur le trottoir de l’abandon So li tu de Et puis le silence Vacarme de calme sur les non-dits M’entoure me prend me vole Éclat de rien Brisure de larme jamais consommée É cla bous sure… Et puis ce silence… (extrait de "Le coeur a ses saisons", Poèmes de Pierre Brandao et photos de Michel Bourriau, Ed. Edi'lybris, 2014)
  7. 6 points
    Mes rêves habitent les commissures de mes pensées, Enveloppent chacune de mes pores avant de s'évader. Mes rêves sont marins et s'échouent sur les récifs de la réalité. Mais phoenix couleur perroquet, ressurgissent toujours des cloaques des quotidiens malmenés. Ils voguent, volent, voltigent, volutent Pour renouer avec la quintessence de leur liberté. Je suis leur port d'attache, leur âme sœur, leur génitrice, Ils sont mon âme, mon originalité, ma génialité. En symbiose, nous éclairons les pas gris de la Vie, Les parvis tristes et mornes des emplis de désillusions. Dans mes contrées, nous sillonnons au-delà des vagues à l'homme Et répandons des effluves oniriques dans les méandres obscurs des quotidiens bafoués.
  8. 6 points
    Si vous me demandez à raison d'une humeur De quel étonnement il s'agit de transcrire, De quel bord de l'envie ma plume en mal d'écrire Vient puiser le moment...je dirai: la lenteur. Celle-ci s'est trempée dans le bain de mon sang, Le train de vie nous broie, j'ai choisi le silence, Balisé, palpitant, quand je suis en partance, Il faut mourir un peu pour exprimer l'instant. Et quelle échappée belle! Quelles démangeaisons! Ça m'arrive parfois dans ce monde dortoir, Je m'éveille aux aguets conscient de tout revoir En étirant mes sens chevillés aux saisons. Ne vous y trompez pas, les ténèbres font l’œil, La chose est devant vous, cordon à abat-jour, Si elle afflue en blanc vous liant à l'amour, C'est que c'est presque fait, que vous ôtez le deuil. Revivez d'émotions! Que de choses bavardes! Au delà des discours, au delà des signaux, Sur les rails de votre âme, un seul élan prévaut, Un souffle pour aimer la beauté qui musarde. Vous verrez qu'il est bon, amoureux d'un nuage, De courir n'importe où à qui veut bien l'entendre, D'en parler aux enfants, eux seuls peuvent comprendre, Ce joli intérêt vous nommant marque-page. Et là viendra un mot, écrin dépoussiéré, Mais clamé, mis à nu, sur son champ implacable, Admis à ses odeurs, j'en ferai mon vocable, Un orifice noir sans cesse ovationné. Par lui d'autres naîtront toujours très parfumés, Verbes couineurs de miel, tonalités de fruits, Chrysalides, terroirs, cartilages des nuits, Des mots opulents, onctueux, épicés. Des mots tout habillés, tissus d'ailes d'abeilles, Encor' poudrés d'un bal que donnaient des miroirs, Scintillants et légers plus lisses que l'ivoire Qui glissent en fuyant toute phrase- corbeille. Enfin ceux qui crieront en travers de la gorge, Des mots écartelés ou serrés dans les fers, Aux consonnes blotties dans le froid de l'hiver Qui dans la nuit des loups ont dormi sous les porches. Verbes striés de buis, des mots crève-la-faim, Douleurs et pillages, boursouflures des vents, Mots dont les syllabes tremblent s'entrechoquant, Comme les os glacés d'un mendiant du matin. Squelettes et linceuls, vieil écho des civières, Catastrophe éructée, hâtifs coupeurs de têtes, Mots tombés des gibets où hurlaient des tempêtes, Débris d'une cité emmurant des rapières. Tous ces mots exilés, qu'ils soient pauvres ou riches, Du scorbut édenté qui scande l'invective Aux voyelles chantées par les sources d'eau vive, Viennent pour la pensée qui est restée en friche. Comme un jus de chansons qui sait rendre immortel, Nectar des poètes pressé tout contre voix, Avec ou sans rime je boirai à la joie D'accueillir la musique aux franges bleues du ciel. Quand tombera la neige, attendez-vous à août, Les oiseaux sont passés à minuit moins le cœur, Si une dame vient, apprenez-la par cœur, C'est la douce folie qui a envie de vous. Si vous me demandez à raison d'une éthique, Si la douleur fait mal, si j'ai perdu la tête, Je vous répondrais bien en tant que pré-poète, En dresseur de frissons friand de mots épiques. C'est un long rituel que de faire un poème, N'entendez pas par là une combinaison De mots sciemment choisis pour les ors des salons... Les mots viendront à vous, évidez vos je t'aime.
  9. 6 points
    Mon enfant… « On dit ceci, on dit cela ; mais c’est l’âme qui suit un tout autre chemin. On ne sait pas tout ce que l’on déchaîne. Je suis venue ici avec ma petite lampe… Elle ne s’est pas éteinte malgré le vent dans l’escalier… Au fond, que faut-il en penser ? » Maurice Maeterlinck Mon enfant à quoi songes-tu ? Tes yeux de sel se craquellent Ta bouche se désénerve Devant l’inobservable… Mais te dis-tu, il n’est jamais trop tard Pour poser son sac, là ou ailleurs, Qu’importe ! S’étirer, panser ses maux Rejaillir et frémir de frissons frissonnants Endiabler son regard d’une lueur Faire cesser la fêlure, cautériser A la cire et porter une ombre Sur le passé, d’une longue main noire Inconsolable de sueur poisseuse ; Vomissures qui installent le temps Dans le présent antérieur… Mon enfant à quoi songes-tu ? A l’ombre fuyante, désarticulée Qui se perd en rubans déchirés! Distance extrapolée, immatérielle, Qui agonise au pied des stèles Inhumaines d’humanité naissante Enfouies dans le cortex de l’histoire Éteules fuligineuses… Marquants indélébiles qui flambent Au soleil froid des hivers chauds… Mon enfant à quoi songes-tu ? Enchâssée à une déferlante spectrale Ton ombre s’échappe du fantôme. Desquelettisée, elle tombe… De jaspe, harassée, elle se relève… Allez comprendre ! Allez savoir ! Ce que nous réserve certains jours Plus clairs que d’autres, trop blancs, Au matin noir de nos insomnies.
  10. 5 points
    Résurrection Hissée debout sur la potence, Elle est damnée, pieds et poings liés, Le jour fécond vient en avance, Pour lui faucher son cœur altier. Venez, venez ! Là, suppliciée, Tendez sébile, venez sans risque, Mendiants, manants et toi geôlier, Venez mirer belle odalisque. Elle sourit, ses cheveux dansent Malgré son teint tout anémié, Elle rayonne dans le silence Dans ses haillons de boue souillés. Epaules nues et sans souliers, Crachez sur cette douce hérétique, Hier flairée par le limier. Venez mirer belle odalisque. Bientôt sera la délivrance La floraison des amandiers, L’amour toujours et la naissance Du frêle feuillage des peupliers. Bientôt viendra son chevalier, Et les aubades, et la musique, Dévaleront les escaliers, Venez mirer belle odalisque. ENVOI Curieux peut-être que vous riez De ces topoï certes archaïques, Mais si vous êtes aventuriers, Venez mirer belle odalisque. (A l'occasion du Printemps des poètes, je me suis amusée à m'essayer à la forme très codifiée de la ballade (isométrie (octosyllabes donc trois strophes de huitains), rimes similaires et disposition imposée (ababbcbc), refrain et envoi avec une apostrophe.) en respectant le thème proposé: LA BEAUTE. )
  11. 5 points
    Enfin me poser sur tes lèvres reines, Cueillir joliment candide ou mutin, Tes petits bijoux dans la rose-écrin, Naître papillon courtier des troènes. Semer tes cheveux avec ton haleine, Verger mis à nu, miel des lavandins; Suivre l'abeille jusqu'à tes beaux seins, Nid d'impatientes, duché des pollens. Glisser sur ton ventre et prendre tes hanches, Câline calèche amie des fleurs blanches, Longer languide ta gangue d'iris, M'écumer d'amour en ton île infante, Y noyer mes ailes à ton clitoris, Mourir, étrennes poudrées et fondantes!...
  12. 5 points
    Hallebardes criardes ont grêlé dans le noir des reproches de cuivre des chœurs torrentiels des estocs boueux Le gué sur mon âme ce matin submergée a noyé le sentier qui courait vers tes yeux puis escortait tes nuits la brume sur mon cœur fragile dès l’aube agite des regrets des remords indistincts sur le gris du décor le parfum de la pluie entre par la fenêtre se gonfle s’apaise s’évanouit enfin dans l’arôme du café un soleil blond et rieur éclaire ton sourire sur la berge revenu se hâle à l’avenir sur le sable séché
  13. 5 points
    Le monde est noir profond, l’avenir semble éteint La vie s’est retirée ne laissant que des ombres La lune s’est drapée d’un immense manteau sombre Les couleurs sont parties jusqu'au petit matin. Je suis enveloppée par la nuit de satin, Je vais de pièce en pièce dans la froide pénombre Mon cerveau s’est défait de tout ce qui l’encombre Je regarde sans voir, dans un miroir sans tain. Quand le sommeil me fuit, je plonge en moi, je fouille, Et soudain par hasard dans les éclats de rouille Je trouve comme une pépite, une perle qui luit. C’est une fleur délicate aux étamines dorées, Une couronne de mots dont je me suis parée Pour qu’enfin reste en moi l’espérance qui fuit.
  14. 4 points
    Un soir que je suivais un long troupeau en route vers sa misère, je frappais à une timide lumière qui vacillait à travers la poussière. Une voix sourde m’ordonna de franchir le seuil. J’entrai chez Monsieur Jean. Un taiseux était assis à la table. Il comptait et recomptait des graines qu’il sortait d’un profond sac de tissu. Il voulait repeupler le monde alors que d’autres le lacéraient de larges veines de fumure humaine. C’était il y a longtemps. Le taiseux gît aujourd’hui dans le cimetière de Banon. Monsieur Jean dort dans celui de Manosque. Les troupeaux qui dévalaient de la montagne dans un bruit assourdissant grimpent désormais en villégiature en utilisant les transports en commun. Pourtant, tous respirent toujours sur le pays de Forcalquier et s’éventent encore sur la montagne de Lure. C’est à Lurs qu’ils siègent encore, qu’ils furètent dans les ruelles et s’insinuent sur la pierre impavide, indestructible et pourtant si sensible. De ci, de là, les subtils pores du calcaire séculaire exhalent des arias intemporels. Ils les expriment sous forme de maximes éternelles écrites par ceux qui visionnèrent l’avenir de leur sixième sens artistique. Il convient alors de trouver un peu d’ombre, de s’asseoir sur un muret, de s’accouder contre un mur et de laisser voyager la musique de la flûte de Pan qui souffle dans la tête. Sans attendre, l’instant devient un ravissement. Vent et pierre, c’est d’abord ce que l’on retient de l’âme de Lurs. Pierre sobre, pâle, convalescente, reprenant quelques couleurs à ses volets clos. Pierre mystère, propre à faire surgir un arlequin à chaque coude de la rue. Pierre ocre parfois, dans l’ombre qui s’agite. Et puis ces mots qui surgissent, multicolores, optimistes sur les murs silencieux. C’est Panturle qui voyage dans leurs syllabes, à la recherche du temps dans l’absence qui l’oublie. Nous voulons encore des mots offerts à l’avenir, loin des folies du nouveau siècle et son obscurantisme forcené. Nous voulons encore de la fraîcheur dans la canicule de milieu d’après midi. Nous voulons encore de l’ombre sur la place sous le château. Nous pourrons alors arpenter sans hâte la promenade des évêques… … Et lâcher aux cieux, à chaque oratoire, une oraison pour ceux qui firent le pays. Pour Panturle le bâtisseur bien sûr. Pour la vieille Mamèche partie dans un soupir. Pour Elzéard et son pied de nez fait à la mort. Pour Joseph, Julia et Madeleine séparés par la grande guerre. Pour Angèle dévorée par l’amour. Pour Césaire Escoffier, le conteur qui comptait les étoiles… Et pour Dominici, à qui nous offrons le bénéfice du doute… Soyez attentifs lorsque le soir tombe et que l’été s’en va. Ils sont là, à pleurer la beauté perdue face à la Durance qui les emporte sans plainte dans son voyage vers l’immensité. Photo Papy Adgio - Lurs (04)
  15. 4 points
    Equinoxe exquise fragrance Jardin intérieur où balance le manichéisme solaire Equinoxe larmes de lumière courbe pigmentée où s’agitent les facéties du prisme Equinoxe rixes de l’enfance douceurs adolescentes où s’inventent d’hésitantes palabres Equinoxe saveurs de l’équilibre effluves possibles où vibrent Espoir et avenir
  16. 4 points
    J'aime murmurer une aube quand le mer , en descendant emporte les épaves sombres de mes pas errants Quand le silence est humide ses doigts de sable sur la peau nue de ses ombres transparentes C'est alors que le mystère se lève la mémoire retrouve son eau qui brille appelant la lumière d'un sourire d'enfant Par un détour du temps l'horizon étire sa naissance et défait les accents graves de tous les chagrins du monde
  17. 4 points
    La rue marche à pas rapides Au bout des longues vues Et le premier sourire De la première venue Celle qui passe fluide Les bras les jambes nues Amour transi liquide Tout en haut du building Une poussière invisible Qui semble ne jamais dormir Ne jamais dormir Ne jamais dormir Une poussière invisible Tout en haut du building Ne jamais dormir Ne jamais dormir
  18. 4 points
    Demain la solitude Portera sur ses ailes Tous les regrets obscurs Comme on ferme une serrure Pour mieux saisir L’impalpable d’un cloître Incapable de frissons L’horizon transpire la destinée Dans l’unique passage D’une paume moribonde Ce n’est pas le vent Ou le chant des songes Ni le poids du partir Qui effacera La maladresse de la foudre Seule la douceur La douceur d’un reflet D’une eau fraîche à boire Soufflera la poussière.
  19. 4 points
    Sous une fine pluie froide, le tramway s'approche. Un chien maladif au poil jauni urine à mes pieds. Sur le quai, autour de moi, des voyages suspendus, Tristes attentes éborgnées par le silex des heures. Sous une fine pluie froide, le tramway s'arrête. Un vieillard édenté se marre en tendant la main. Les silences argileux fuient dans les angles morts. Des flaques boueuses reflètent l'échine des nuits. Sous une fine pluie froide, le tramway redémarre. Quelques origamis d'âmes traînent à même le bitume. Certains crânes chauves rêvent de cheveux d'ange. Le deuil des humeurs s'écrit sur les phylactères. Sous une fine pluie froide, le tramway s'éloigne. Un vieillard maladif caresse un chien édenté. Et tandis que résonnent les tambours de l'univers, L'horizon s'ébroue avant de s'effacer sous la lune.
  20. 4 points
    Les filles me surnomment el conquistador parmis les taxis je suis matador. Chicas aiment me tenir compagnie du matin à la tombée de la nuit. Bringuebalant sur creux, bosses et pavés, ma monture tremble de toute part. Porteños, Guaranis en passagers, je les déposerais devant les bars dans le Barrio Belén de Escobar. Je suis Horacio jeune chauffeur de bus celui qui connaît toutes les astuces. Puerto Madero et casa Rosa ma tournée finira à la Copa. Mes belles me surnomment el conquistador parmis les taxis je suis matador. Chicas aiment me tenir compagnie du matin à la tombée de la nuit. Je gare mon sube, à Caminito les façades reprennent des couleurs, Une belle fille m'invite pour un tango je lui ai gardé une place dans mon cœur.
  21. 3 points
    Vous passerez, oui, dites-moi que vous viendrez Quand l’air du soir vendange les vieux souvenirs, Que l’étincelle au bord de vos yeux tant aimés Ne cessera jamais, non jamais, de fleurir. Vous passerez, oui, vous passerez sans pleur, Comme ce premier jour en son vaste sourire Où, dans le lointain, chantaient de sombres rumeurs, Des vents informes dont les cœurs se déchirent. Vous étiez mon idéale inconnue, O métamorphose hideuse et glacée Des morts en la terre, en leur souffle retenu, Où l’ombre se dissout sur leurs chants dévoisés. Vous serez, quand jaillira enfin l’éclaircie Au décolleté d’une aurore permise, Ni désastre ni trouble où prêche l’ennui, Juste un rêve bleu aux lèvres soumises. J’entends mourir les vagues sur les rochers, L’ivresse de celles tant de foi revenues, La mer, la douloureuse, la mer ma bien aimée Sait notre amour, en nos âmes contenu.
  22. 3 points
    les eaux vives se sont taries lentement le chemisier blanc rayonne de soleil allongé près de moi attente les torrents glacés reflet sur la fenêtre les rideaux ajournent le vent allongé près de moi vous m'attendez le désir des torrents vénère le soleil les eaux vives se régénèrent allongé près de moi s'éveillent vos doigts
  23. 3 points
    Nouveau-né étonné, Si petit, si fragile, À ce monde futile, Ton regard étoilé. Homme conquérant, Arrogant et si beau, À ce Dieu déroutant, Ton regard de héros. vieillard apeuré, Si petit, si fragile, À ce monde subtil, Ton regard étonné.
  24. 3 points
    Matin brumeux s'accrochant à ma peau Mes pensées se débattent, engluées Dès leur naissance, elles s'évaporent Fumées grises léchant mes souvenirs Usé de courir dans les champs du néant L'esprit se recroqueville, position fœtale Drapé dans le voile opaque du silence Il grelotte dans le froid des astres oubliés Le vide suinte par les pores de mes doutes Mes étoiles de jadis jonchent un sol lézardé Mon cœur s'écœure dans les douceurs des heures Il y a comme un goût d'acier dans l'atmosphère Les sémaphores de la réalité se sont éteints Ma vie me fuit dans le lit de mes délits
  25. 3 points
    3- Accepte le deal Qu’on m’a dit Monte sur ta tour et veille En sourdine La lampe torche C’est pour prévenir la meute Au cas où la flicaille Rappliquerait sans prévenir Des signaux lumineux Distillés sans fumée Pas comme tous ces apaches Au temps des chercheurs d’or Tomahawk à la hanche Ici la fumée plane En volutes sournoises Se confond à l’éther Et les oiseaux qui piaillent Fuient le ciel incendiaire Pour pas tourner des ailes Et virer à bâbord Alors je reste coi Et j’attends en silence Bien assis sur mon toit A contempler parfois Une lune opaque Lézardée de nuées Obscènes Un jour je descendrai De ce foutou perchoir J’irai goûter l’asphalte Mais pour l’heure ça mitraille C’est zone de guérilla Dans la marée urbaine Comme toute zone de non droit Ici bas où ailleurs Y’a pas d’échappatoire Faut croire L’idiome sacré des anges C’est pas pour ma prison Le monde se contractant en entités sécables Le couperet filiforme Dans les méandres Forme Les runes et les totems A l’encre des vocables Crachés au macadam Sous des tas de gravats Faut voir
  26. 3 points
    Les joues glacées, tous les matins Elle se réveille avec la pluie Cachée sous ses draps de satin Elle se presse d'oublier les rêves de la nuit Déjà sa vieille horloge la houspille Elle file dehors sur ses jambes trop fines Poursuivie par son ombre, elle vacille Mouillant sur les pavés ses chaussons de ballerine Ses doutes l'étreignent et l'accueillent dans l'antre Du cirque dont elle est la plus belle étoile Pour calmer les papillons de son ventre Elle s'évade alors en pensée, ses yeux se voilent Elle passe en silence, près des clowns ridicules Près des cages où les fauves meurent lentement d'ennui Elle sait qu'elle n'reviendra pas si elle recule Alors, ses doux yeux clos, son chemin elle poursuit Elle hésite devant l'échelle comme devant l'échafaud Puis grimpe rejoindre les anges Et elle se recroqueville sous les ailes de son dos Elle attend, elle s'endort, le public la dérange Et quand elle imagine toutes ces vies inconnues Son coeur s'emballe un peu, elle frissonne Elle se penche un peu trop, éclate d'un rire aigu Sous le chapiteau, pour elle, il n'y a personne Les musiques, les lumières et les tours qui s'enchaînent Elle a peur, comme tous les soirs, elle se résigne Elle se lève, elle salue d'une main incertaine Un soupir, elle est prête pour son chant du cygne Tout se tait, tout s'éteint Sans plus réfléchir elle s'élance Sur la corde raide elle se tient Au dessus du vide, elle danse Elle virevolte, elle se rit de la gravité, de l'orage Dont toutes les larmes lui gèlent le coeur Ses yeux brillent d'espoir ou de rage : Elle est aveugle sous les projecteurs Son grand final, l'instant sublime Sous le charme même le temps s'arrête La courbe d'une arabesque, elle s'abîme Tout se brise, et c'est trop tard qu'elle regrette.
  27. 3 points
    Muni de la pointe d’un stylo Tenter de déterrer chaque fois un sens nouveau En grattant sans relâche la surface des mêmes mots Regarder le blanc de la page céder Sous un geste abrasif soigné Pour qu’apparaissent enfin ces milliers de lettres incrustées Archéologie de la feuille de papier Gratter avec la frénésie d’un geste incontrôlé Pour apaiser l’urgence d’une démangeaison spontanée Gratter jusqu’à écorcher le papier ou s’ouvrir les doigts Et composer une toile avec le sang du premier qui cèdera Jouer à gratter Soulever du bout de l’ongle l’éther opaque où se mêlent Pensées vagues, émotions insondables et questions éternelles Espérant sans trop y croire voir apparaître le Jackpot Les mots justes, qui en savent plus que la main qui les note C’est un peu un jeu de pigeon Un jeu pour les rêveurs qui s’obstinent à viser Cette chance sur un million Gratter jusqu’à creuser un puit Où verser l’obscurité d’une nuit Pour saisir quelques lignes au creux de l’insomnie Un réflexe maladif qui importune Une main insistante tendue vers l’infini Un esprit vagabond posé sur le bitume Qui gratte la vie Pour qu’elle lui lâche un peu d’inspi Écrit en janvier 2019
  28. 3 points
    Les éternels *sanglots longs des violons, Sublime prière arrachée à l’enfer, S’élèvent dans la nuit et confient au Père, L’ame brisée de ses enfants moribonds. Ses larmes glissent sur ses cordes meurtries Et le son déchirant qui soudain en jaillit, Cristallise toute la souffrance des Maudits, Broyés dans la fournaise. Tombeau de l’oubli. Du hauts des miradors, la Bête vil et immonde, Aboie, scrute la cohorte de ces pauvres Damnés. Effrayés, dévorés, ils quittent ce monde, Ivres de vie....dans un tourbillon de fumée. Le vent hurle et se déchaîne. Le froid mord Les squelettes redoutant la gueule de Satan Et l’ami-violon, cloué à son triste sort, Accompagne le long cortège des survivants. Il sanglote le violon. De ses notes, ruissellent Le sang et les larmes de cette vague humaine. La grâce de la musique donna t’elle des ailes À ces âmes libres mais crucifiées par la haine ? Fantômes trébuchants, sans nom et sans espoir, Vos hurlements, puis vos silences assourdissants, Sont tatoués dans nos cœurs, gravés dans nos mémoires. Veillons, traquons la Bête qui rôde en bêlant. * Les sanglots longs des violons. Chanson d’automne de Paul Verlaine
  29. 3 points
    Avatar psycho crame, en vidéo drame la descence s'efface bannie du clavier, les pieds pris dans le tapis de la bêtise du buzz de circonstance tragique. Avatar profane, smartphone-cercueil à la main. Spiderdactylus mate un film englué sur toile, teintant le verre organique d'un mal transparent. Un dark-piège anonyme, consentant, complice conditionné. L'opisthosome social, tisse la dardière où se débat l'esprit-proie. Dorénavrant, la victime ne dort plus. Avatar chiffre et "like". L'écran tire à la courte paille la poutre de l'oeil du divan. À moins qu'il ne reste un coeur dans le sang ? Vautré sur son inconscient, à la foire au vivant, Avatar partage un festin d'infectes fins. Aux âmes sensibles, s'abstenir.
  30. 3 points
    Suspendu à l’arête de tes non-dits Je balbutie Trois mots pourtant simplement trois mots Et le cœur panique le pouls s’accélère le tremblement de ma voix mes doigts ma joie Trois mots pourtant simplement trois mots Et le temps se fige le sol se dérobe le brouillard le nuage le rivage nous recouvre trois mots seulement trois mots... Attentif à l’arête de tes non-dits Je silence Trois mots vraiment seulement trois mots Et les rayons s’essouflent Les chaleurs s’éprennent La rivière de nos corps nos accords nos encore Trois mots vraiment seulement trois mots Et la minute s’affole La terre tourbillonne L’esprit le cri le fruit nous marient Trois mots seulement trois mots... Abasourdi à l’arête de tes non-dits Je défaite Trois mots en effet justement trois mots Et le monde vacille La terre se dérobe Le cyclone sans effort nous porte jusqu’à l’aurore Trois mots en effet justement trois mots Et le drap s’assoupit Sous les réverbères épuisés D’amants étoilés… Trois mots Seulement trois mots…
  31. 2 points
    Le canari du poète Est mort étouffé ce soir Dans la mine de son crayon. Il s’est asphyxié, dit-on Au grisou du désespoir Et de sa muse muette. Voyant sa face livide Au miroir de ce trépas Son moi frappé d’un grand trou Déjà défunt, à genoux, L’homme épars ne comprend pas Pourquoi cet immense vide.
  32. 2 points
    Mot ! Accompagne-moi au-delà de moi-même Ne cherche pas à comprendre Mais accepte ce qui vient Tout ce qui advient en profusion narrative. Accueille patiemment la page buvard Celle qui aspire le souffle volubile. Ton cou est entouré de colliers tourmentés Sautillant sur la gorge dénuée de phrases. Au commencement il y a bien le sang De l’encre dont la teinte basaltique Absorbe la parole première Dormant au pied de la pierre sacrée. Installe-toi dans la légèreté Pour t’éveiller à la substance sauvage Juste avant d’effleurer le sillage céleste De la confrérie des astres. Mot ! Emporte-toi sur le dos du jour Vers la promesse du renouveau Dans ce soubresaut permanent Découvrant la pâle lueur d’aube. C’est comme un tourment étouffé Par le temps bienveillant. Comme si la patience Trouvait son éclaircie. Mot ! C’est bien ici que tout commence, Dans les gazouillis joyeux Des hirondelles et des pinsons Lorsque les cerisiers refleurissent. Poème écrit en 2015
  33. 2 points
    Le prix des choses... Au supermarché, Adam édenté attend l'humanité, offrant ses crocs absents à sa bouche avalée. Il salive d'envie le fruit interdit, en compote sans sucre ajouté, à consommer avant la canicule annoncée. Sur l'arbre réfrigéré, l'opercule s'accroche et se gondole. Adam hésite, pêche, prend pomme, puis termine troisième caddie. Ça papote, ça popote, la compote se décompose sur sa valeur ajoutée, dévoilant la saveur du ticket. Elle se code, elle se barre, tout bien compté, la nature morte et écrasée finit sous le manteau - Cachée - Le portefeuille stérile crie sa famine imbécile, les fins de mois précoces sa déficience féroce. Grinçent les dents du tapis noir et mort négligeant les aliments pour désirer les étiquettes d'or du paradis commercial. Exquis nuages, chrysalides d'un sourire boursier Joli de ses lèvres à billets. Coup d'oeil furtif incisif sur l'Adam passif Les trous pompés de ses semelles frustrées, grignotent l'ourlet de son vieux pantalonné. Sur sa peau, l'odeur coco d'un gel bon marché inonde ses douches froides d'une eau buante de volupté. La tête dans le cumulus, et le rêve en collier. Précaire en jachère, sur les pentes d'un mauvais présage, attend le chiffrage d'une calculette vorace. Crispant son audace les doigts noués au délit empoché, Le soupçon chope les traits tirés du chipeur de denrées Capharnaüm De carpes et métacarpes fouilleuses, de phalanges excitées curieuses, de langues-pilons furieuses de morale virtuose et pieuse Sophisme effréné, éloquence approximative, Injonction en tire-bouchon, Tout mêlé... Le retraité de l'eden s'affaisse, et se confesse. Rien n'y fait... Coup de pied aux fesses et paume sifflante claquent les siècles. La terre mère perd ses écailles sur l'odyssée de son nombril. À l'ombre d'une cellule sans verger Adam attend l'humanité. ...et les requins feront le reste.
  34. 2 points
    I Le saule a pleuré. Les larmes de ses branches Sur le sol en coulant ont noyé mes dimanches Et mes après-midi faites de lune blanches; Emporté par le flot de ces ondes amères Je vogue maintenant du côté des chimères Désirant y trouver enfin, mon âme mère. II Le vent pousse les nuages Les nuages tirent le vent Qui nous dira le partage Des nuages et du vent. III L'arc en ciel a ruisselé Parmi les herbes de la prairie Chacune en a gardé L'image en goutte de pluie.
  35. 2 points
    Langoureuse au soleil de midi, Elle esquisse un pas de danse. Fière et nue autant qu’à sa naissance, Elle glisse dans l’air alourdi. Impudique, petit à petit, Dans l’éther brûlant qui vibre, Elle élève en étrange équilibre Ses deux bras d’un geste ralenti. Un instant, le temps semble figé Dans l’air trop chaud qui oscille. Les seins pleins et tendus, immobile, Son corps prie, en sa gloire érigé. Elle est la tendresse et le plaisir. La beauté de sa nature, Offerte et merveilleusement pure, Est une hymne glorieuse au désir. Elle est la caresse sur la peau, Elle est le corps qui exulte, Et prêtresse de l’unique culte, Elle est seul socle et seul chapiteau. Elle est temple, et dans sa nudité, Elle est la femme éternelle, Épouse autant qu’amante, elle est celle D’où jaillit toute fécondité. * * * Langoureuse au soleil de midi, En un dernier pas de danse, Fière et nue autant qu’à sa naissance, Se dissout dans l’éther alourdi.
  36. 2 points
    L’Atlas est posé sur moi Je lis le monde à la surface De deux pages qui ne se tournent pas J’y déchiffre le langage D’un horizon sans rivages D’un virage sans autre raison Que les sentiers aux mille sillons Loin des routes tracées par des faux Loin des étendues défrichées Où l’on cultive l’hésitation La peur, le doute, l’abandon. Je crois que je préfère côtoyer La mauvaise herbe des fossés Quitte à être fauchée moi aussi Mon doigt survole les océans Dérive le long des continents Réinvente la moindre frontière Entre le ciel et la terre Voyant leurs souffles s’enlacer Dans des rais de lumière dorés épars Mon cœur se soulève Et part Je m’envole avec l’Atlas Je vogue là où les vagues abondent Jusqu’à chavirer avec elles Jusqu’à ce que leur force inonde Les dernières lignes de ma lettre Un long baiser au gout de sel Que scelle un point cardinal Final Avec l’Atlas, j’irais soutenir la voute céleste Mes nuits seront des éclipses Au cœur desquelles je lèverai l’encre Pour aller écrire aux étoiles La beauté qui précède l’aurore L’appel qui vibre dans le chant De la rosée qui perle doucement Aux pétales des roses des vents.
  37. 2 points
    Quand nos corps taris, trop vieilles fontaines, Seront crépuscule annonçant la nuit, Nous assoupirons l'ombre de nos peines, Le regard aimé pour unique appui. Un soir fait de paix et d'ombres lointaines, Les rosiers en fleurs grimpant sur le puits Empliront de calme et d'odeurs sereines L'éther traversé par de vagues bruits. La main dans la main, d'une ardeur ultime Nous partagerons cet instant sublime Enlaçant nos cœurs dans le demi-jour. Nous nous éteindrons quand viendra la lune : Nos âmes enfin n'en feront plus qu'une Brûlant de tendresse et vibrant d'amour.
  38. 2 points
    Je l'ai lu à voix haute très beau poème.
  39. 2 points
    Celui qui doute Aux épaules meurtris Par de capricieuses Epines odorantes Sera le lien épanoui Entre la curiosité Et le témoignage De l’intégrité du crépuscule Le regard À l’heure tardive Se souviendra et consumera Le désespoir Du tâcheron fatigué À force de retour Demain il faut y croire Naîtra un bouquet d’estompes Incandescents Demain coupable Fera long feu.
  40. 2 points
    Trop furtive consolation peu de magie tu la laisses pleurer Visibilité restreinte lit et brouillard ses jambes ouvertes La scène se répète lieu clos : votre chambre tu vibres dans son nu Elle porte tes vêtements avec ta sueur elle ne l’enlève pas Au sec et au chaud ses cheveux dégoulinent tu les frottes Elle peut encore dire oui à tes bras et oublier ses blessures Manque d’ocytocine pour toi jeune papa pour ton bébé Veines horizontales d’été se tissent avec les verticales d’hiver Année pleine copeaux de parmesan et jambon grillé reposant sur les asperges Avant de plonger est-ce qu’on sait nager l’incertitude
  41. 2 points
    Cela fait longtemps belle Que, habillée de laine, Tu m'es venue du ciel Et que je vis de peine. C'est un chant blanc et sourd De la forme du noir Honorant d'un amour Le jour virant au soir. Nature la voyant, De son vert, va rougir. Ses feuilles volent au vent Et, au sol, vont mourir. Quelques flaques salées Emportent les cadavres Sous un soleil masqué Et embaumé de poivre. -Un gel en notre coeur ; C'est un froid d'hiver. La vie, toutes les couleurs s'envolent en poussières. -Est-ce là l'au-delà ? -Tu es près de ta belle. -Tout me semble si froid. -Retrouve-moi, mortel ! -Mes yeux oublient les formes. J'oublie même les sons. -Il faut que tu t'endormes Et nous nous en irons. -Mais il réside encore, En mon corps, dans mon coeur, Un reste de chaleur Malgré le froid du sort... Bouquet d'oeillet en main, Ils ont un long chemin.
  42. 2 points
    flambée où la pupille s’agrandit de flammes rejoignant le ventre du ciel comme couronne marie le défunt à son ultime poème
  43. 2 points
    @Notabene je me retrouve dans ce vers, car il me semble l'avoir écrit... je ne sais plus vraiment à quelle occasion, ni à quel titre il appartient, mais cette "idée", cette "inspiration" commune, fait que je me suis régalé en te lisant Je souligne aussi l'allitération en v... ne reste plus que le vent du poème pour nous transporter dans ton délire verbal Si je peux me permettre, il ne faut pas s'étonner que certaines et certains vont et viennent sur le forum ; pour moi, "Accents poétiques" est un cabaret littéraire dans lequel on se rend quand on a envie d'y entendre ou d'y lire de bonnes choses. Or, un cabaret, ce n'est pas tous les jours ouvert ! Faisons au gré de nos envies, tout simplement ! Et si l'on se fait plaisir, qu'importe les autres !
  44. 2 points
    Merci @Notabene et @Frédéric Cogno : je ne me déplace jamais sans les oeuvres de Giono que je tiens pour un des plus grands et des plus pacifistes du siècle dernier. Alors, lorsque je suis passé par ces villages cachés entre Durance et Montagne de Lure, je me suis vraiment laissé emporté par l'âme des lieux et leur mystère que l'on retrouve tout au long des textes de Giono qu'ils soient provençaux ou isérois (ça c'est chez moi !). Et puis, lorsque je travaillais sur la parabole avec mes élèves, nous lisions "l'homme qui plantait des arbres" et nous nous attachions à cet Elzéard Bouffier qui peuplait la terre de ses graines pendant que les armées du monde le dépeuplaient et nous inventions d'autres histoires de taiseux... Alors, quand on me dit qu'on apprécie ce texte, je suis transporté !!! Encore merci !
  45. 2 points
    Une page blanche Gît sur mon bureau ; En désespérance, Moi, poétereau, Fantasmant, en transe… Y laisse semence. Ma plume féconde, D’un zèle appliqué, Tendrement débonde D’un jet inspiré Son encre faconde… Et de mots l’inonde. En cette nuit blême Bien avant le jour J’ai la joie extrême De voir tour à tour Naître ce poème… Pour celle que j’aime.
  46. 2 points
    Votre poème, Maxence, m'a renvoyé à certains textes que j'ai moi-même écrit il y a quelques années, qui conjuguaient amour et violence charnelle. J'en poserai un ici ce week-end, au risque d'en effrayer certains
  47. 2 points
    Merci beaucoup ^^ Petite précision : je me rend compte que pour un œil neuf, La Funambule semble en effet n'être qu'un poème sur le cirque. Mais je l'ai écrit pour porter un sous texte sur la dépression.
  48. 2 points
    2- D’autres soirs aussi Sur d’autres toits De l’éternelle cité Je pense Chacun son bitume Cette fois tous les phares brillent Au loin Et la ville s’embrase De mille feux Mais en bas c’est Beyrouth Et les poubelles brûlent De cocktails Molotov Vise un peu ma parka Et mes solides rangers Moi je suis qu’un vigile Qui observe au loin Les étoiles Mais l’absinthe coule à flots Et le désordre règne Ici bas Ca c’est pas mon problème Si la lie se déchaîne Car en bas c’est la jungle Les dealers à tout-va Et leur foutu business Marché à ciel ouvert Rodéos déchirants Fusils à canons sciés Laisse-moi encore un peu Respirer la fraîcheur Et sonder la beauté Dans les flots argentés De ton âme asphyxiée Mêmes les flics rechignent A mettre leur nez partout A mettre le nez dedans Sauf pour accompagner Toutes les sirènes hurlantes Des camions à peau rouge Et les lanceurs de pluie Bataille rangée C’est la curée Et moi je rêve De la route 66 De Santa Monica Et de Beverly Hills Accoudé au muret cimenteux Poussiéreux A observer l’orgie Car ici c’est Beyrouth
  49. 2 points
    j'aurais encore aimé chanter les impatiences qui s'agrippent à la chair j'aurais aimé décliner les printemps se reflétant dans des yeux ce poignard qui tendrement lancine l'attente ces instants suspendus entre le désir et sa peur j'aurais aimé sur le port qui nous a embarqués notre regard s'est fait hiver le poignard s'est émoussé de ne plus nous attendre sur le port qui nous a embarqués nos doigts serrent la tendresse dans l'impatience accomplie j'aime chanter le port qui m'apaise
  50. 2 points
    Mes nuits vont sans un rêve Et l’on dirait que tout y meurt, Comme un silence sans pudeur Qu’un dernier souffle achève. Elles vont, leurs grands yeux noirs, D’un peu d’adolescence, Dans les rues de l’enfance, Derrière un vieux désespoir. J’y sombre en leur velours, Frôlant ton absence, Aux lumières intenses D’anciennes amours. Mes nuits vont en un chagrin, Sous un ciel un peu distrait Qu’un vent malin défait, Dans l’or de tes yeux éteints.

Qui nous sommes

Association régie par la loi du 1er juillet 1901, Accents poétiques vise à promouvoir les auteurs littéraires méconnus ou peu connus à travers la publication de recueils à compte d’éditeur.

En offrant un forum de poésie à toutes les personnes désireuses de partager leurs muses, nous souhaitons également permettre à toutes les plumes de s'ébattre librement en ligne dans un cadre ouvert mais néanmoins garant d'une certaine qualité littéraire à travers les sélections de notre comité de rédaction.

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