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Popular Content

Showing content with the highest reputation since 07/10/2019 in all areas

  1. 7 points
    Ce solstice d' été est beau comme une femme; le merle et la fauvette y répètent leurs gammes. Dans l' air vibrant du soir qu' exalte le Poète, en courbes et glissades,volette une alouette. La lune était propice aux essors migratoires. Passereau innocent qu' aveuglent les miroirs. le Ciel qui te fit don d' une jolie houppette esquisse en clair-obscur ta frêle silhouette. Lullulullu Duliduli Lullulullu Duliduli. Mélodieuses spirales de trilles obsédantes, qui vrillaient ma mémoire de notes ascendantes. Mon esprit musicien que ton chant amusait, syllabes et silences,méthodiques et phrasés; se régalait d' un air de flûte traversière, quand le sort décréta la salve meurtrière. Et Juillet finissant se concluait en drame, cylindre de métal d' où surgirait la flamme. --------------------------------------- L' aube est levée sur les halliers; Fusils de chasse et carabines. Et l' oiseau gît écarquillé, plombé d' éclats de chevrotine. Une âme ailée s' en est allée; La vie était - La vie n' est plus. - Adieu Alou- ette Lulu.
  2. 5 points
    Mon crayon s'appelle Ludovic je l'aime depuis toujours, bien avant les pointes bic il écrivait des poèmes d'amour. Il a ceci de magique qu'il efface d'un coup de gomme les mots chimériques qui pourrissent comme les pommes. Il caresse griffe,, coche, fend la feuille, magnifique sous un soleil de plomb, se cache parfois sous le fauteuil et brille de toute sa mine de crayon. (J.E. Juillet 2019)
  3. 5 points
    Sur l’enclume du sang, vibre ta voix de santal Tambour resplendissant, vibre ta voix de santal Blessé d’ailes coupées, en cage d’os prisonnier En mon sang jaillissant, vibre ta voix de santal Tes seins de conjecture ô les baise en langue-larme Dans un râle puissant, vibre ta voix de santal Ta chevelure en pagne et mon bassin s’est cambré Sexe cyanescent, vibre ta voix de santal Mon bois dressé, veineux, se donne à tes lèvres rouges Sur mon torse pâlissant, vibre ta voix de santal J’ai mordu, pudique, le vœu de ton entrecuisse Dans un pleur d’ Ouessant, vibre ta voix de santal Où se meurt le plaisir, s’abandonne le gésir Cœur d’oiseau vieillissant, vibre ta voix de santal Je crie mes alarmes, dans l’encre des soirs perdus Où se meurt l’innocent, vibre ta voix de santal Ne suis pas archange, du haut du ciel je suis tombé Dans ton jardin bruissant, vibre ta voix de santal
  4. 5 points
    Dans les silences résident toujours des mots éparpillés en douloureuses corolles. Nous les savons. Ils traversent nos réalités, Météores vagabonds s'échouant sur des instants lunaires. Dans les aubes s'invitent sans cesse les sombres scarabées en songes fiévreux. Nous les connaissons. Ils sculptent nos univers, Coléoptères sinistres se nichant dans les déchirures des insomnies. Dans les flottements se nichent ces visages égarés dans les stèles de l'enfance. Nous les craignons. Ils regardent nos passés, Cailloux abandonnés jalonnant le rebord des amours étiolés. Dans les oraisons poussiéreuses s'efface l'encre séchée d'anciennes idylles. Nous les pleurons. Elles aspirent nos nuits, Tatouages indélébiles sur la peau sans grain des apparences.
  5. 4 points
    Par une nuit sans lune Sous un ciel sans étoile Cette nuit où la brune Déployait tous ses voiles Nous marchions à pas lents Côte à côte, intimidés Nous allions, errants. (Mais le jour a chassé Ce délicieux moment). Ses longs cheveux flottaient Sur ses rondes épaules Tendre, elle me souriait. Un moment sa tête frôle Mes cheveux ébouriffés Emmêlés par le vent. Et dans le noir, doucement Elle fredonne un chantant Un doux chant de l’amour Sa voix s’élève grêle Murmurant pêle-mêle « Et puis il y a l’amour Avec au creux de l’âme Cette boule indécise Sous la brume flottante Du tendre souvenir, L’étoile imprécise attire Hors de son orbite Le cœur météorite Et le vent rend tremblantes Des notes suaves et douces Où l’âme va se poser Comme sur une mousse. » Et doucement sa main, Venue prendre la mienne Sur la mousse un moment Lentement nous entraîne A regarder le ciel et Dans le firmament rechercher Lointaine et incertaine Filante et indécise L’étoile imprécise.
  6. 4 points
    La fourmi écrit des poèmes à l'ombre des cils le lézard la contemple, les pattes en éventail, et là-bas, sous les décombres au parfum de grésil, les couleuvres glissent au fond de leur sérail. Un ours suce des brins d'herbe en se grattant le nez sous son chapeau de paille les mouches bourdonnent il fait brûlant sous les pins où s'étire juillet. La cigale alanguie réunit voyelles et consonnes pour tout dire avant la fin de son contrat. La rivière gicle ses éclats de diamant des fleurs géantes naissent dans les gardénias et quelques squelettes blancs d'amants tintent à la brise suave des étés leur suaire fripé aux aurores de sang. On l'appelle grand désert des cœurs oubliés nul ne s'y hasarde plus depuis longtemps . Les cactus sont en fleurs, dépouillés de regards ils s'épilent entre eux, tendres comme des rocs. Surgis du néant, silencieux et hagards, reviennent des fantômes poursuivre leur soliloque. D'un doigt gauche, ils tracent sur le sable les initiales de leur bien-aimée et la lune moqueuse dans sa lumière admirable jette sur le tout ses griffes d'araignée. (J.E. Juillet 2019)
  7. 4 points
    Que chantent encore les cigales qu'embaument, l'été, les lavandes verticales et ces arbres géants qui font des parasols que nos pas foulent encore du sol ! qu'on entende encore le cri des bergers qui partent sereins, leurs troupeaux aux pieds, sur ces hautes montagnes, à l'estive avec une miche de pain, quelques olives, que hurle encore le coq, ébouriffé quand son maître ne l'a pas réveillé et que toutes les poules caquettent, en attendant leur mâle, coquettes ! Que chantonne encore la rivière, que se ride encore la grand-mère au bout de la table, ses souvenirs en miroirs, son chignon impeccable et ses yeux de perle noire, que se gardent ces parts d'enfance dans les clafoutis les fous-rires, les feux de camp et puis les nuits qu'on n'oublie pas le chant du coucou quand la pluie est proche ni ces frères, ces amis, ces cousins qui étaient si proches ! J'arrive sur le boulevard avec mes souvenirs on me bouscule, je crains le pire les immeubles sont trop hauts j'ai le vertige les fleurs n'ont pas de tige je me perds, je suffoque, mes vêtements sont en loques j'arrive enfin avec trois quarts d'heure de retard au cent-dix millième numéro du boulevard par politesse, au cinquantième étage j'ai décliné mon nom, mon âge j'ai signé un formulaire, j'avais mal au cœur et j'ai repris sans joie l’ascenseur Cinquante étages plus bas toujours pas d'air je pensais à la cuisine fraîche de grand-mère la bastide étalée au milieu de nulle part avec la rivière et tous ses nénuphars j'ai marché longtemps entre bitume et dalles … je n'entendais plus le chant des cigales j'ai couru … dans la cour, la silhouette de grand-père le chant du coucou et tous mes repères … mes pieds étaient en sang, mes yeux aveugles, mais quand j'ai vu le champ où les vaches meuglent, et que la soupe fut servie dans les bols, à grands coups de louche, j'ai chassé d'un seul geste toutes les mouches. il ne s'est rien passé, pas de questions, je suis retournée à mes moutons. Je les ai comptés et me suis endormie. Veux plus connaître l'autre vie. (J.E. Juillet 2019)
  8. 3 points
    Une coccinelle sur ma main m'avertit Que juillet à ton bras tu es l'élue des brises, La campagne est coquette et le jour inédit Pour ce beau mariage en écrin de cerises. La romance sourit, émeut l'amont épris Sur nos versants de larmes et nos cols de chemises Où l'ombre avec l'azur en calèche fleurie Tirent l'été brûlant vers ceux qui clafoutisent: Les plateaux de moissons, les toisons à l'adret, Ce dos mûr vallonnant tes reins jamais fauchés Qui chantent le regain des caresses nuptiales; Plus bas, d'autres fruits rouges effleurant tes ruisseaux S'offriront dans la nuit aux babines d'en haut Dans la félicité des noces estivales.
  9. 3 points
    J'ai lu tant de poètes Je veux le chant des oiseaux, le murmure du vent, le frisson de la rivière ton souffle dans mon cou Je laisserai ma peau se pénétrer de jour je n'aurai plus faim
  10. 3 points
    Douce folie, folles rêveries Quand parfois tu chuchotes que les arbres ont laissé Germer dans leur sillage un silencieux repère Quand le crime de sang est parfois romancé Quand la plume transcende le délit de l’impair Douce folie J’ai traversé l’enfer pour qu’enfin tu accours Permets moi de détruire encore et tout à tour Les miséreux pantins les pervers insensés L’horloge du temps qui passe les songes impensés Douce folie Transportes moi encore aux pays animés Par mes vœux déguisés, ces symboles enchâssés Dans la toile du désir toujours tenu vivant Quand à toi je m’arrime mon cœur s’arc-boutant Douce folie La caresse d’une main dans mes cheveux s’engouffre La nuit si détestable en d’autres temps détaille Une douceur infinie dont toute ma chair souffre Étant trop familière de douloureuses entailles Douce folie, folles rêveries Sans cesse je revisite L’absence éperdue Et le creux des collines Et les théâtres vides Et le sang trop clair Sans cesse je te murmure Les stigmates de ta folie Ruisselle Dans le sang de l’enfant
  11. 3 points
    Chemin des douaniers, IRL, photo M.H À petits pas comptés au cœur du Cotentin, Haies vives du bocage pour juguler la mer, Je marche et je m'émeus de ramasser à terre Un rebut de filasse, étoupe du marin. Un goéland vorace au cri zébrant le ciel Me trouerait bien la peau, pour peu que ma carcasse, Échouée sur la grève au milieu des barcasses, D'une épave humaine voue mes mots au pourriel. C'est un vent de noroît qui enfle mes pensées Et nonobstant le sable emplissant les esgourdes Sous ses coups de boutoir, je cherche la palourde Dont je régalerai mes papilles affolées. Empruntant une chasse à l'abri du salin, Son chemin caillouteux, qui crisse sous mes pieds, Me fait goûter le calme fors un matou mité Miaulant sur mon passage de son air de chafouin. Plus loin, en souvenir, manquant pas de toupet, Des fantômes d'amis me jouent de l'oliphant ! Et je pleure et je ris de leur enchantement, Car la mort se déride à se sentir en paix. Ajoncs jaunes en fleur, rose des tamaris, Je bourlingue à l'envi comme un nuage blanc Sur ma tête grisée, et je chante à l'encan Des enchères de vie au prix du myosotis. La nostalgie m'ennuie, car je suis le garant D'un passé au long cours, du futur chaotique, De ce charme idéal, armoiries symboliques D'une imagination critique de son temps. Un pigeon voyageur m'invite en son sillage, Moi, foutre casanier, et trop ancré au sol ! Tout en le remerciant, je tourne comme un fol Du livre de mon heur une nouvelle page. Lors, mon poêle allumé mobilise les tropes D'une rhétorique pas gravée dans l'argile Aux fruits amers et doux d'une cueillette habile Pour qui sait que le monde nourrit son amour-propre.
  12. 3 points
    les poèmes sans rimes s’enrhument même un grog de rhum ça rame en face-de-carême de groom des étranges licornes lucarnent de Paris à Lausane luzernent et chiadent des poèmes puit-âmes Arrète ton Char René passe donc l’é-Ponge Francis Une Bonnefoy pour toute Revenons à l’antique L’Attique osons les si tristes tics d’antan et sonnons des sonnets sonnants Chassons le vers libre le ladre le mettre en prison présent couvert d’un vers laine violon
  13. 3 points
    Pour séduire sa belle Il fit des gestes fous Car il n'y avait qu'elle Envers et contre tout Parmi le mimosa Alors le mime osa
  14. 3 points
    Alcyon, oiseau mythologique Mal armé pour survivre en ces temps de misère Que l'Idéal enfin, d'un ailleurs nous enseigne Où nous serions heureux pour peu qu'amour repeigne Et boute ce cloaque hors son désir amer. Je veux un autre monde, une étrange utopie Qui arase sur Terre la vie administrée Par des algorithmes sans âme et sans pitié Spoliant l'humanité d'un coin de paradis. Alors, je me rebelle pour qu'imagination Innerve ton réel, symbolique alcyon Nidifiant sur la mer de mes rêves éveillés. Jamais désespéré que le vent et les vagues Détruisent tous ses nids par l'écume et les algues, De sa plume l'oiseau distille l'hyménée !
  15. 3 points
    Au loin l’horizon rougit délicatement, La nuit pâlit torturée d’une sombre haine, Elle sait à présent que sa fin est prochaine, Le chaud soleil se lève inexorablement. Très lentement, déjà une lueur sereine Fait disparaître comme par enchantement Etoiles, planètes de notre firmament. La nuit pleure, déprimée de n’être plus reine. Le ciel rose s’illumine paisiblement Tandis que la nuit blêmit au pied des collines Songe et renonce à résister, se dissémine. Soudain le soleil luit d’un feu resplendissant A l’apparition de l'astre éblouissant En quelques secondes, la nuit, il l'assassine Et dans la splendeur de ses rayons éclatants Vient un matin calme ou la terre se dessine.
  16. 3 points
    Dans de jaunes pâturages écrasés de chaleur, Parmi les quelques rares herbes sèches restantes, Quelques mornes vaches broutent sans conviction. Au loin, l'aboiement d'un chien plombe les heures. Les horizons semblent devoir retourner la glèbe. Solitaire, le marcheur erre sur des sentiers raboteux. Des taches solaires dansent sur les accrocs des layons. Les diptères voraces sucent les dernières notes boisées. Des balafres bitumeuses déchirent les coteaux dénudés. Parfois, un triste village émerge de ces mélancoliques étendues. Entre des granges désertes et des fermes aux murs lézardés, Des silhouettes indéfinies dérivent dans les rues défoncées. Au milieu d'un champ, sous les branches d'un vieux chêne, La brise atone du soir se love parmi les branches foudroyées. Sur le rebord du calice ébréché de cette nature morte, Le marcheur épuisé se repose en se balançant doucement.
  17. 3 points
    et puis le désir est venu dans cet espace fou à force de frôlements de mots silencieux de cordes accordées il faisait si chaud l'aube claire prometteuse et ce goéland qui riait il ne restait rien des étoiles claires de la nuit bleue nos mains avides nos corps assoiffés mêlés comme si c'était prédit de longue date le dernier soir aux vents du sable nos yeux brûlants l'océan disparaît horizon de demain à quatre mains demain l'infini a chanté la mer effacera les traces sur le rivage où l'on ne reviendra plus ensemble (J.E.)
  18. 3 points
    Un rêve me poursuit depuis longtemps vivre sur une fleur dans l'eau d'une rivière qu'on m'appelle l'ermite au bois dormant et que les arbres soient des livres ouverts avoir une cabane en bois doré qui sent bon le thym et luit au soleil, avec un chien qui a bien galéré et un chat ronronnant à mon oreille un long chemin où égarer mes pas les soirs de pleine lune façonné de sables et de micas et puis des dunes ! Le chant de la mer au fond des coquillages sur une crique, petite et déserte pour y sécher mes larmes et oublier ma rage dériver … tous mes sens en alerte. Il y aurait des herbes hautes où me bercer de musique selon mes humeurs du vent et de la pluie pour jouer avec mes questions et mes peurs une flûte toute douce où reposer mes doigts et endormir mes songes une lyre cachée dans la mousse pour oublier les serments et les mensonges et puis au loin, là-bas, où je n'irai jamais, l'horizon ébouriffé sur les collines tendres, le rire d'un enfant au fond de son palais, et le chant d'un oiseau pour me surprendre. (J.E. Juillet 2019)
  19. 3 points
    Chère amie qui me visitez, Ce soir je veux, homme d'affaires, Étudier ce pressant dossier, Qui embrunit votre ordinaire. Vous étiez prête à décliner, Trop personnelles ces affaires, Mais rassurée, vous souscrivez, Aux explications liminaires. Peu à peu vous les comprenez, Les raisons d'un tel inventaire, Votre dossier me présentez, J'y mettrai tout mon savoir-faire. Quatre pages d'introduction, Exposent d’emblée le mystère, De vos embarras de gestion, Un timbre-amande l'oblitère. L'acuité de ma recension, Révoque cette servitude, Et si bien que par extension, Vous cautionnez sa rectitude. De mes questions, vous faites un jeu, En ce dossier aux clauses étroites, Sa reliure s'apprête un peu, A mes compilations adroites. A votre dossier grand ouvert, Après un soigneux récolage, Je songe à compter à l'envers, Pour estimer les arrérages, Vous me retirez le dossier, Troublée de ma sollicitude, Mais redoutant les cours baissiers, Réclamez l'exhaustive étude. Je ne sais rien vous refuser, Reprenons aux offres confuses, Bientôt vous m'y encouragez, Défroissant la feuille contuse. A force de sagacité, De patience et de quelque ruse, S'est amodiée, sous seing privé, L'anamorphose de ma Muse.
  20. 2 points
    La première fois que j'ai vu les monstres, j'ai fait quatre pas en arrière et je me suis cogné le plus petit orteil que j'avais, dans l'angle de la vieille commode qui avait déjà bien fait rire Louis XVI. Ma cuisine avait rétréci, ou j'étais devenue géante, ou l'inverse, comme dans certains films que j'avais visionnés au club des pipelettes du village où mes collègues m'avaient inscrite de force. Ils étrennaient ce soir là un super robot-épluche-lave- mix-cuit qui faisait tout et qui allait économiser bien du temps, ils étaient contents, mais je m'en foutais pour deux raisons. Une, j'avais mal à l'orteil. Deux, j'avais envie d'aller dormir dans mon lit, celui de mes noces et où j'ai mis au monde mes petits. J'ai trouvé que c'était un drôle de repaire, ils avaient confisqué mes repères. De loin, ces monstres me paraissaient effrayants, avec des boutons partout, des accessoires dans des housses en film ultra violets, des masques, un peu comme des sacs poubelles mais en plus violet et plus hypnotique. Je n'osais approcher. Quelqu'un me poussa dans le dos, des voix se mirent à chanter happy birthday to you, je me demande encore pourquoi puisque je suis française ; mais j'ai réalisé soudain , en voyant ma cuisine, le film plastique et la commode de Louis XVI (qui riait beaucoup moins) prendre feu, qu'il fallait sauver le soldat ! (c'est mon chat) et fuir ! Dans mon oreillette, heureusement, le traducteur a dit joyeux anniversaire avec une voix de pâtissier alors en une fraction de seconde, j'ai compris. Toutes ces bougies ! Ça devenait dangereux d'être vieux. Ils disent que j'ai des absences, pourtant je suis toujours là, présente et c'est eux qui me semblent absents. Je me trompe de couloir et je me retrouve dans les cuisines de la cantine, je cherche ma timbale-tisane au coin de mon fourneau et je vois les monstres qui ont tout envahi, alors je pleure et on vient me chercher doucement, ça me rappelle quelque chose, mais je n'arrive pas à l'attraper, comme le ballon dans le manège, ce souvenir fugace qui me fait encore mal, quand l'enfance remonte et redescend … Alors je le laisse s'échapper et je me sens mieux. Quelqu'un va me tendre une barbe à papa. L'orgue de Barbarie m'entraîne ... Dans la salle, ils ont accroché des ballons, c'est joli, avec un happy birthday to you découpé dans du crépon de couleur, mais il est tard, ils sont couchés ou alors n'ont pas pu venir, il n'y a personne, il ne reste que Hildegarde. Elle a mis la cassette d'un de mes anniversaires, mais je ne suis pas dupe, elle est truquée. Elle avait envie de dormir. Pas moi. Elle a encore bu dans ma timbale où je ne manque jamais de dissoudre mes cachets pour le soir. J'ai combattu les monstres de nuit, les chariots qui grincent et emmènent les remèdes aux grands-mères, alors que c'est elles qui les ont fait passer, les robots de cuisine qui se moquaient de ma vieille tasse en étain sur le rebord de mon fourneau et ces masques grotesques de cire … Tout a pris feu, les ballons, le crépon et cette image d' Hildegarde a disparu sur le rebord de la fenêtre dans les flammes en bêlant hap joy bir eux day … J'ai retrouvé ma petite cuisine qui sentait bon mes souvenirs et le soldat qui m'attendait sur le pas de la porte, en me tendant les bras. Il avait des roses rouges sur tout son costume. Je me souviens maintenant : c'est mon anniversaire. Ce fut le plus beau. (J.E. Petites histoires ordinaires – juillet 2019)
  21. 2 points
    @Fleur de poème, Il ne manque que de faire sonner le chophar, cette corne de bélier, pour accompagner l'étoile de berger. Sinon, bravo !
  22. 2 points
    Pour la tempête La façade sauvage De l'orageQui se montre nue Rassemble la trace De l'étendue marine Simplement l'étincelle Superbe Au cou du meunier Fatigué Simplement L'herbe de la première heure Crinière insaisissable Simplement L'angélus Certains phares prisonniers Respirent la lumière Vagabonde.
  23. 2 points
    Oui j'avais adoré Madame vous aimer Je vous pris par la main et nous nous embrassâmes Et quel émoi soudain de vous voir nue Madame Offerte à mon désir et de vous caresser Vous m'aviez répondu au delà de mes rêves Votre sexe était doux comme un gant de velours Vous m'avez dit oh comme c'est bon mon amour Vos mots étaient du miel et je buvais vos lêvres Je fleurissais en vous et la sève montait Dans l'arbre de mon jouir un instant j'oubliais Qui vous étiez Madame et de votre plaisir Je puisais toute force à en râle mourir Et tempête des corps et mon cœur de bondir Dans l'étreinte avec vous naufragé je sombrais
  24. 2 points
    Un beau matin de Mai, pieds nus dans le gazon, Je buvais mon café, cheveux ébouriffés, Le Soleil en rêvant, montait à l'horizon, Il réchauffait le vent, tendrement parfumé. Doucement remués, par ce vent paradis, Mes cheveux endormis, n'ont pas senti l'oiseau, Trop léger se poser, il était si petit, Cramponné aux cheveux, comme à de fins roseaux, Ma fille encore bébé, alors s'est écriée, Il y a un oiseau sur la tête à papa ! Le monde était parfait, juste à cet instant là, Je n'ai voulu bouger, de peur de l'effrayer, Nos souffles suspendus au vouloir du moineau, Quand il s'est envolé, nos cœurs volaient très haut.
  25. 2 points
    L’ombre noire emplit le ciel, les nuages gris S’amassent sur l’onde qui gonfle et s'obscurcit. L’orage approche et le vieux cargo déjà geint En écho des chuintements et sifflets du grain. D’un coup la mer déchaînée s’ouvre et rejaillit Contre les flancs du pauvre navire alourdi, Lance dans un galop redoutable et dément Ses buffles endiablés, ses étalons d’argent. Dans d’énormes tertres d’eaux sinistres, glacés Le rafiot trépidant roule, tangue, bondit. S’éparpillant en milliers de gouttes brassées, La bourrasque tord les structures décaties. La coque craquette et crisse aux chocs de l'acier. Frissons de métal, ferrailles suppliciées. Les nuées torturées de mouvantes lacunes Rempliraient d’épouvante marins de lagune. La barre folle qu’il tient d'une main de fer, Les yeux luisants, le capitaine voit l’enfer. Soudain rassuré son visage s’illumine Au ronflement sourd de ses puissantes machines.
  26. 2 points
    Dans l’avenue des multitudes anonymes, des émotions viciées halètent dans le caniveau. Sur le goudron s’impriment les errements de passants gangrenés par l’ataraxie. Des voix en papier froissé s’accumulent, collection inutile d’origamis abandonnés dans des hygiaphones aux parois déchirées. Sous les ombres aberrantes des duperies, les ignorants vomissent leurs certitudes en gerbes de confettis aux nuances exsangues. Juste quelques éclaboussures indélicates sur des costumes trois pièces flamboyants, juste quelques insignifiantes escarbilles échouées sur la toile des parachutes dorés. La chute des nervis impotents peut continuer. Doucement, ils tombent vers le grand incendie, ridicules pantins d’une démocratie ravagée.
  27. 2 points
    Moi, je pense que Guillaume est jaloux de Ludovic
  28. 2 points
    Les monts qu’escaladent Une route tordue Une forêt de pins De chênes et de bouleaux, Dominent ma vallée Ils lancent une bravade Aux tempêtes venues Du ciel hier serein Quand le vent fouette les hauts Les monts protègent ma vallée Essouffle-toi, vent furibond Pour arracher quelques bouleaux, Pluie violente, grossis les ruisseaux Noie les prairies et les ajoncs Les monts gardent bien mon hameau Quand le soleil réchauffe l’air De ses rayons et que l’eau file Dans les roches, vive et agile, Murmurante, fraîche et claire Les monts abreuvent les troupeaux Loin du clocher et loin du maire Quand l’herbe tendre déshabille Le doux corps amoureux des filles Sous l’œil de l’aigle quittant son aire Les monts abritent les idylles.
  29. 2 points
    Nocturne L'écume respire la vague Franchissant les confinsDes jardins de porcelaine Quelle est la mesure de l'ombre Lorsque brûle la fibre du silex Quelle est la mémoire inversée Du vertige Lorsque mouillé l'oeil Est à l'extrême Lumineuse la trame Bondissant de l'exil Apprivoise l'image Au crépuscule du voyage.
  30. 2 points
    En revenant des PFG, Devinez quoi qui n'y-a ? En revenant des PFG, Convention obsèques en poche, quelle joie ! En revenant des PFG, M'ont promis un régime sans gras Dans un cercueil capitonné Où je maigrirai jusqu'à l'os, alegria ! En revenant des PFG, Devinez quoi qui n'y-a ? En revenant des PFG, L'était tout impatient de défunter le gars ! En revenant des PFG, Je voulais cacher mon bonheur De quitter la vie effrénée Pour reposer en paix, ma dernière demeure ! Ces messieurs-dames des PFG M'ont promis une pompe d'enfer. Ils me feront, quelle beauté, Celle du diable au teint de cire mortuaire ! Quand Éros rejoint Thanatos Pour m'aider à passer le Styx, Les PFG — mais pas gratos — Joueront de ma vie le remix !
  31. 2 points
    Bonjour et merci à toutes et tous pour vos retours. @Joailes il en faut en effet ! @Eathanor Bien vu ! Avant de l'écrire, j'imaginais ce cours texte comme une moquerie bienveillante envers la prétention du poète. Mais j'ai été rattrapé, semble t-il, par mon empathie pour ces passeurs et j'ai au final plus exposé un dilemme interne que moqué (comme l'a très bien exposé Filae77. Je suis d'accord avec vous le titre et le texte ne se réponde finalement pas si clairement que ce que j'vais en tête à l'origine. @Filae77 Comme vos retours éclairés et bienveillants me touchent à chaque fois! Merci encore pour le temps accordé à l'analyse fine de ce texte dont vous avez le secret. Je dois dire que je serais moi-même bien en peine de devoir commenter mes propres textes de la sorte haha. Merci pour votre fidélité et votre sagacité dans l'analyse. PS: la conjoncture me rappelant à des contraintes d'ordre matériel, je ne pense pas publier de nouveaux textes avant la fin de l'année. Cela étant dit, même lorsque le monde m'intime de garder les pieds sur terre, je garde la tête dans les nuages et je finirai donc par vous revenir, bientôt, sous d'autres vers.
  32. 2 points
    @Frédéric Cogno, @Joailes et @Jeep, Merci de vos compliments pour ce poème que j'ai eu plaisir à concocter tout au long de la journée ! @Filae77 et @Joailes, Merci pour les coeurs !
  33. 2 points
    On imagine une enfant attendrissante et espiègle, c’est pétillant!
  34. 2 points
    Une jeune mauresque aux longs cheveux de jais Sur l’herbe se languit sous l’œil vif de la lune, Épanouie au-dessus du sublime palais De l’Alhambra. Combien douce est la Beauté brune ! À côté de la Belle, une duègne veille. Un pigeon à la voix envoûtante roucoule. Les Maures besogneux bâtissent des merveilles : Des alcazars au sol en marbre frais que foulent Des dulcinées aux pieds nus et aux jambes fines ; Des mosquées où l’on prie à l’aurore vermeille ; Des bassins profonds où la belle Mélusine Se baigne avec candeur. C’est une vraie merveille ! Dans une jolie vasque en marbre blanc chatoient Les perles des cieux puis meurent dans les prés. Sur les bords du si grand Guadalquivir, on voit Des naïades lisser leurs cheveux blonds ambrés. Les roses de Séville évoquent le Levant. L’étendard vert et blanc au grand vent se déploie. L’auguste Boabdil occupe les devants. Il triomphe de tout. Voilà un vrai grand roi !
  35. 2 points
    Octobre empourpre la forêt Que la rosée emperle Les cèpes et chanterelles Dansent sous les futaies Des rondes ensorcelées La brume rend le jour plus court, Enveloppe la campagne engourdie par le froid Le ciel gris frôle les toits De ses nuages lourds Se mêlant aux fumées Le vent bouscule les feuilles Colorées par l’automne, Détachées, elles tourbillonnent, De la branche font leur deuil, Et sur l’herbe se déposent Elles viennent protéger Plates-bandes et jardins Quand la brume au matin Répands sur le gravier Les pétales des roses
  36. 2 points
    (Mon surpoids pondéral et mon Surmoi sidéral font de moi un écho surdimensionné) Mon Moi se sent très étroit Avec mon Surmoi il dit faire amants Émoi émois et moi dans la petite voix Et nous deux dans cet environ à trois Cet environ me ment Faut tout se dire Pas se mentir Les Dieux dans les yeux D'un sourd boiteux Je me vois beau Reflet dans l'eau Mon bel égo Ce vieil ado J'étais seul à vingt ans Nous étions vingt et cent Dans le lit à deux Hissée l'ode mieux Mon inconscient parfait Conjugue le plus-que-parfait Je vous aime Donc je m'aime Le cercle n'est plus vicieux Vertueux tue le petit feu Petit à petit ravive la femme Tué ces petits peu fine lame Il aime Aphrodite Ermite hermétique Hermès de Grèce Son sperme au bout du coït Envie de rimes en italique épaisse De l'autre côté de la mer Le numéro complet ment à la terre Il est très étroit dans son univers d'enfer Dans cette Terre à pics épique La racine mange du pissenlit biologique Prolonge de double sens cette vie Sans issue fatale sans poésie.
  37. 2 points
    Bonsoir @Jeep , sage décision, quand c'est fini... mais le titre me semble être victime d'une coquille..:) Bravo !
  38. 2 points
    @Eathanor, Merci pour le coeur ! @Joailes, Je planche déjà sur : Le Retour du fils du cénobite, sérialisation et industrie culturelle obligent... Et comme le disait Flaubert : Le cénobite, c'est moi !
  39. 1 point
    Bonjour @Frédéric Cogno, un sonnet champêtre ciselé avec amour et élégance, coup de chapeau du forgeron à l'orfèvre !
  40. 1 point
    "La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres.Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres" Mallarmé Faut il souhaiter ne plus avoir faim? Faut il souhaiter l'assouvissement? Non, ce poème n'en exprime que le désir, incrusté dans le souhait.
  41. 1 point
    Un plaisir de lecture, c'est vrai, frais, on se laisse griser comme éperdu de liberté et de soleil. Joli poème.
  42. 1 point
    Bonjour @Marioutch, un cœur pour votre poème. Dont la compréhension repose (à mon sens) sur le derniers vers ; qui décontextualisé de votre texte pourrait sembler banal sinon trivial. Mais le besoin à assouvir ici est foncièrement sensuel , épidermique et spirituel.Et le souffle de l' être aimé se mêle en parfaite symbiose avec la respiration du monde. Belle ode à la nature et affirmation de soi.
  43. 1 point
    Mais c'est l'histoire du petit chaperon rouge échappant au grand méchant loup citadin et qui retrouve sa grand-mère !
  44. 1 point
    Gais et contents, nous étions triomphants,De nous voir au Père Lachaise, le cœur allègreSans hésiter, nous voulions tous fêter,Voir et complimenter les pompes funèbres!
  45. 1 point
    Encor ce mal d’aimer qui me malmène, Malgré ce long temps qui s’est écoulé, Toujours, je pense à ton sourire amène, Lequel a su si bien m’ensorceler. À tous les jours tu viens pour t’installer En mon esprit, devenu ton domaine, Qui bêtement se laisse emmieller : Encor ce mal d’aimer qui me malmène. Et c’est ainsi que passe la semaine, Les jours, les nuits sans cesse à s’envoler, Privé toujours de ta présence humaine Malgré ce long temps qui s’est écoulé. Ce triste amour resté dissimulé A fait de moi un fol énergumène, Si amoureux que pour me consoler Toujours, je pense à ton sourire amène. Faut-il prier en ce tendre domaine Un saint patron fort bien auréolé Pour oublier ce beau sourire amène, Lequel a su si bien m’ensorceler? Ce plein d’amour que j’ai accumulé Au fil des ans assurément surmène Mon pauvre cœur qui bat inconsolé En endurant de façon inhumaine, Encor ce mal.
  46. 1 point
    C'était donc cela Plus sérieusement, ce poème tranche singulièrement avec votre production habituelle. Et lorsque vous sortez des sentiers battus, c'est réussi. Un cœur pour cet écrit.
  47. 1 point
    Un cœur déposé pour saluer le travail sur les alexandrins ainsi que l'atmosphère que vous savez insuffler dans ce poème pour nous emmener de l'autre côté des Pyrénées.
  48. 1 point
    Coup de cœur pour la dernière strophe bien que tout le poème recèle une douceur presque douloureuse tant l’on peut y entendre pour chacun la recherche de la paix intérieure.
  49. 1 point
    Ce drôle de monsieur Eloi, ma foi, est aussi élu pour un coup de
  50. 1 point
    Que vous répondre Marc si ce n'est que la lecture de ce premier épisode fut ponctuée de sourires puis de rires. Bien sur, quand bien même ne suis-je que le seul à réagir, j'attends la suite de cette aventure de l'inspecteur/trice Milouze avec impatience.

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