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Popular Content

Showing content with the highest reputation since 05/28/2020 in all areas

  1. 17 points
    Je ne sais… « Si la saison faisait peau neuve tous les ans Alors on guérirait de n’avoir pas changé » G. Audisio Je ne sais ce que veulent dire tes mains Qui effeuillent l'arbre nu et cherchent l'ombre Au fond de la nuit baignée de lumière que tu éteins D'un revers de paume gantée de flanelle sombre. Je ne sais ce que veulent dire tes doigts Qui se crispent dans le ciel d'opale perlé de froid, Enserrent un nuage qui en trombe pleure d'effroi En voyant de si près tant de signes maladroits. Je ne sais ce que veulent dire tes yeux Ciselés de diamants, au vague à l’âme Dionysien, Trop hyperbolique pour discourir même avec les Dieux Déclame la lune, effrayée de l'absence de lien. Je ne sais ce que veulent dire tes lèvres Lippues et chuchotantes au rouge gloss tiède, Des mots indiscrets s'en échappent qui t’enfièvrent, Cédilles crochues poétisées en cœur de lied. Je ne sais ce que veulent dire tes mots Qui s'assoupissent au creux de larmes silencieuses, Intarissables perles marbrées, billets a tempo Qui se glissent à l’ouvroir de ta voix, miséricordieuse ! Je ne sais ce que veulent dire tes nuits endormies Au creux de toi-même, qui en chien de fusil Interroge de pourquoi les non-dits ! Polysémie Silencieuse, théâtre de nos deux corps préhensiles. Je ne sais ce que veulent dire tes gestes Qui semblent appeler au secours du haut d'une tour, Imprenable, qui sait… mais il est tard. Et je reste Près de toi, et je rassemble mes forces par goût d'amour.
  2. 14 points
    Né sous une mauvaise étoile Que faisons nous ici, quelle est notre mission ? Moitié d'enfant promis à ce destin amer au petit matin froid j'avais une ambition: Entre l'os et la peau ajouter de la chair Pâleur surnaturelle et maigre silhouette gaspillant ma jeunesse au hasard des chemins Sept du mois de novembre; Année de la comète, la lumière du jour passe à travers mes mains Dans les plus hautes herbes s'égarent les oiseaux de sombres avenirs l'effroyable présage et comme un vent mauvais fait ployer les roseaux dans mes paumes blessées me cache le visage Et tandis que le vent fait claquer les fenêtres et que de lourds nuages menacent de crever je maudis ,O combien, ce ciel qui m'a vu naître quand des gouttes de pluie, plus qu'on en peut rêver glissent le long des vitres ......et le ciel dégringole cordes et hallebardes sur moi précipitées Dégueulez caniveaux et débordez rigoles et vous, coulez couleuvres, souples et argentées J'ai désigné, furieux, la nature marâtre C'étaient de ces orages qui essorent les cieux tout sillonnés de foudre en brefs éclairs bleuâtres que je suivais des yeux, pensif et silencieux (GB-le 28052020) Texte offert à @Thierry Demercastel
  3. 11 points
    Le Vainqueur Barbare La belle suppliante offrait ses mains d’ivoire Au seul Maître des Clans, le grand Roi des Sarmates Qui toisait les captifs du haut de sa victoire Faisant claquer ses torques d’or sur sa peau mate Il avait écrasé l’armée des infidèles Dont les vains étendards gisaient, abandonnés Tout au long de leur fuite en cette citadelle Cet ultime refuge où ils étaient cernés L’orgueilleuse cité n’abritait plus alors Que ces soldats battus, des enfants, des vieillards Les femmes firent don de leurs lourds bijoux d‘or Espérant par ce geste apaiser les pillards Quand la porte s’ouvrit dans les hauts remparts sombres Une clameur jaillit des guerriers abhorrés On vit sortir alors un long cortège d’ombres Portant des plats d’argent couverts d’anneaux dorés Biches narguant la meute aux regards prédateurs Elles s’étaient avancées, belles, dignes et fières Vestales convoitées par de vils gladiateurs Elles chantaient en marchant, psalmodiant des prières Sur sa chaise curule, assis devant sa tente Lui dont le nom faisait trembler jusqu’à Byzance Les regarda venir, de leur procession lente Voulant sentir la peur qu’impose sa présence L’escorte aux queues de loup flottant au bout des lances Fit s’arrêter les femmes à dix pas de son trône Alors l’une d’entre elle, impériale élégance Poussa les fers croisés, Reine des Amazones Aucun garde n’osa pourtant la retenir Les farouches guerriers aux longs colliers d’oreilles Qui rasaient des cités, crucifiaient pour punir Etaient soudain frappés d’une beauté sans pareille La fille s’avança, elle ne portait pas d’or Mais le cruel Khagan sentit brûler son coeur La fière citadelle offrait son vrai trésor Il sut, victorieux, qu’il n’était pas vainqueur Gao T. Kanth
  4. 10 points
    J'aimerais m'enfermer au jardin des plaisirs Et les pommes cueillir qui te servent de seins ; De mon ukulélé, dont je sais le dessein, Pincer intimement la corde du désir. Et par monts et par vaux de ton anatomie, Au hasard Balthazar, deviendrai bourricot En la tendre rosée de ton pays de Caux Où tu m'aspirerais, petit rien de folie. Et si tu le veux bien, la jouerai troglodyte En ta grotte aux parfums enivrant la ramée De ma branche à ta feuille, aux vignes en tes rites. Je t'entends demander : n'est-il pas trop gros, dites ? Moi vouvoyant itou : arrêtez de ramer ; Lou sésame, ouvre toi ! à mon Roger Rabbit !
  5. 10 points
    C’était un autre temps celui des hirondelles La jeune fille en fleurs marchait dans les allées Sa robe de printemps parmi les asphodèles Soulignait la beauté de son visage hâlé Le peintre l’a figée de façon immortelle Mais il y a longtemps que son âme est allée Rejoindre dans l’oubli le silence des stèles Où sont gravés les noms dans le fond des vallées Là elle triomphait avec cette insouciance Que donne à la jeunesse le désir assouvi De la joie d’exister en parfaite innocence Devant la toile ému je lis dans son sourire Comme un appel pressant de retenir la vie Dans un moment précieux qui niait l’avenir
  6. 9 points
    Tu nais tu cries tu pleures Tu parles tu ris tu aimes Tu sais tu vois tu hais Tu commences le voyage Tu penses J’ai habité la demeure-vertige À la recherche du permanent Je traverse à présent Comme un seul jour Des bouquets ça et là Avec la rage d’abattre L’impatience de ceux qui doutent Je transpose ces cris Le temps est venu Du limon dans la plaine Discrète retenue Le temps à la pluie Ton cœur à ma peine Tu cries Tu pleures Tu meurs
  7. 9 points
    Je n’ai pas écrit. Ton souffle chaud balaie ma feuille de désireux champs de bataille mais mon coeur aiguisé t’effeuille dans le noir de son bel éventail… Où j’avoue compter ces jours brûlants quand s’écoule trop peu d’encre et si peu dans un seul et même élan, Je t’ai voulu mais le plaisir s’échancre. Je n’ai pas écrit pour un seul homme, ni pour le beau brun au coeur fragile, ni pour l’esquisse monochrome de vos envies d’actes malhabiles. J’ai puisé bon nombre de ces maux aux doux parfums de ce qui m’est chair, quelques baisers courants sur ma peau ont changé ma plume aux enchères. -Epicene-
  8. 9 points
    Chœurs frénétiques, Radeaux d'onguent, Eaux fantastiques, Culte dément. Extase chrome Capteur de muse, Voix de rogomme Aux mille écluses. L'écume blonde Cherche matin Et l'adret gronde A tous les siens. Nuage en fleur, Baiser de neige, Trouble-fraîcheur Des cuisses vierges. Les pierres roses Vrombissent blanches, Le souffle explose Des ailes d'anges. Pastel d'étoiles, Brassées de lys, Le tremplin voile Deux adonis. C'est un torrent De lèvres bleues Proche parent De mes aïeux. Un trublion Aux jattes folles Qui sans façon Change de crawl. Pressoir d'audaces, Jets de lumière, Furieuses brasses, Salves plénières. Félicité, Trombe d'éden, Âme écaillée, Poreuse haleine. Arc-en-Queyras, Miroir des rages, Sous les fracas, Un frais sillage, Laisse entrevoir Sur un divan La femme en noir Aux yeux d'argent.... Le Guil est un torrent du Massif du Queyras dans les Hautes-Alpes.
  9. 9 points
    Dans le contour des voix qu'on a sacrées Les hommes portent l'âge de pierre Sans excuse l'approche des ombres suce lentement leur ego Alors qu'au fond des caves l'escorte balaie l'eau Et que l'écume entraîne les angoisses Ou donne espoir aux purs Le sang tourne au soleil poussé d'étoiles éteintes Et chevauche le feu sur la peau des filles nues Jusqu'où pousseront tes ailes, pauvre Icare ? Quand pleurent les enfants qu'on désosse au couteau Tu soignes ta bedaine au Champagne glacé "Hélas !" Gémit le roi naguère assoiffé d'or Les mains agrippées aux dernières herbes qu'on arrache au sol mort "Connaissons-nous déjà Les ténèbres sans pétrole Qu'elles voudront recracher ?" Peuple des morts on a coupé ta peau Tu ne marches plus vers le précipice, tu y cours ! Tu enfles sous le dard qu'on apporte à ta bouche Ta foi coule avec l'eau morte des déchets Les animaux aussi réclament justice au pied des montagnes noires Quels juges Enfin Oseront instruire leur procès ?
  10. 8 points
    Attraction - Les mystères de l'univers - Ghislaine Gabet - 2018 Mon être se grandit en regard promenoir pour suivre la capsule dans sa course cosmique Je me prends à rêver d'une épopée radieuse à la folle trajectoire où tout le ciel nocturne m'absorbe en sa splendeur Et dans ma songerie un flot d'astres frissonne Je m'ellipse à leurs feux pour porter en diadème les flammèches brillantes de leurs cercles immenses La grandeur du monde son infini berceau étend sa majesté à portée de mon âme La nuit et les merveilles dont sa robe est parée me rappellent que je suis une fille des étoiles
  11. 8 points
    Quand on se reverra Mon amour toi et moi Pour la première fois, Nous serons donc si vieux Que nous ferons l’amour L’amour qu’avec les yeux. Au creux du même lit Qui ne tanguera plus Nos vies tant assagies, Laisseront au voyage Une carte postale Dentelée d’un autre âge. Quand on se reverra Mon amour toi et moi Pour la première fois, Y aura comme un soleil Une chaleur en plus Au bleu de notre ciel. Et c’est en ces rayons Brûlant le gris du jour Que nous nous trouverons, Les cœurs un peu ridés De trop et tant d’escales En pays étrangers. Quand on se reverra Mon amour toi et moi Pour la première fois, Nous ne serons plus qu’un Et enfin nos miroirs Auront le même tain. Je te dirai les mots Notés au fil du temps Au noir de ce tableau, Le tableau de nos vies Où saignaient tour à tour Nos cœurs inassouvis. Quand on se reverra Mon amour toi et moi Pour la première fois Le blanc de nos cheveux Sera le doux velours Où poser nos adieux, Quand on se reverra Toi et moi mon amour Pour la dernière fois En plein jour il y aura Une mer d’étoiles Rien que pour toi et moi... La la la lalala La la la lalala La la la la la la... Ad lib...
  12. 8 points
    Un petit poème va bientôt mourirA peine posté sur Accents poétiquesIl paraît pour émouvoir ou divertirIl brille de mille feux, c’est une réussiteOu agonise dans l’indifférence des regards sourdsTrop faible, trop court, trop maigre pour toucherIl se prépare à disparaître pour toujoursPlus vite que les autres qui savent aguicher… Viennent les commentaires, en une ronde enjouée Qui disputent le dithyrambe à l’amitié Parfois cruels, parfois blessants Souvent justes, et puis rassurants L’auteur s’en flatte, il les goûte de ses yeux gourmandise S’en délecte, s’en ravît les déguste, friandises Pour d’autres rien ne vient que le silence Sentence d’une audience qui l’assassine d’indifférence … Un petit poème va bientôt mourir A peine posté sur Accents Poétiques Car bientôt il s’enfonce, va se flétrir Étouffé par l’amas composite de centaines, de milliers de poèmes qui en rang d’oignons forment farandole inarrètable, flot continu dans la moiteurs des cerveaux naissant comme champignons Massacrent leur prédécesseurs en soldats inconnus … Il me vient cette idée atroce Si Baudelaire revenait de sa fosse Et venait poster ici « L’Albatros » Combien de commentaires lui feraient noce? Et quel éditeur viendrait ici lui faire négoce? Lui, ce géant, que dis-je ce colosse Verrait le sort féroce, en perdrait son sacerdoce.. Et dame! Son bijou finirait comme les autres, dans un cul-de-basse-fosse!! * **
  13. 7 points
    Arc en ciel en désordre, un camaïeu de blancs éblouissants trempé dans une goutte de carmin rayonne en reflets capricieux Des bouteilles à la mer se perdent dans les archipels désertés S'y cachent parfois les oiseaux pour cesser de chanter au milieu des roseaux douloureux Un vide rempli de souvenirs semble se balancer au fil du vent Je regarde et j'entends le fracas bleu de la vague qui se meurt et revient en pleurs d'écume éclatés sur les rochers luisants inexorable ressac qui étreint les coeurs et les noie au son d'une lancinante mélopée portée par la brise Des vapeurs d'eau en robe rouge volantée s'envolent du corps de l'horizon vers les nuages Dieu est définitivement un fumeur de gitanes...
  14. 7 points
    Elle est loin la voie lactée qui enfonçait ses flocons dans les reflets de tes songes La vie n'est que le frisson d'une brise impatiente sur tes épaules de sable blanc Tu couvres de sanglots la peinture du silence entre les rives d'un ruisseau Pour absoudre tes mensonges tu incendies tes regards dans l'enfer de l'ignorance Si tu veux connaître la réponse il te faudra défaire chaque noeud qui serre tes saisons vagabondes et attendre la nuit pour enterrer tes illusions
  15. 7 points
    Brûlez donc la chandelle, disait-on autrefois, Je l'ai donc brûlée des deux bouts à la fois ! En vapeurs étranges, sur des couches sommaires Des rives du Yang Tsé aux faubourgs du Caire. Les belles dames d'alors passaient après la pipe D'opium proposée sans beaucoup de principes, Et seulement enfin nous adorions leurs lèvres, Essayant d'atténuer la brûlure des fièvres. Sur des jonques fumantes amarrées par vingtaines, Nous rêvions d'océan et de mers lointaines. L'ange qui me plantait dans la veine l'aiguille Ne rêvait quant à elle que de quitter les îles. Dans ce brouillard épais que fabriquait mon âme J'errais tel un clébard flairant le macadam, Mais les routes empruntées au sortir de ces rêves, N'étaient que des sentiers aux lacets sans trêves. Et ces chemins étranges me menant à la mort Ne me laissaient en bouche que de rares remords. J'ai largué en passant trois quarts de ma vie Qu'en aurais-je donc fait en votre paradis ? Mon souvenir de vous se résume à une chose : Vous m'avez oublié, que mon âme repose...
  16. 7 points
    beaucoup d'automne je donne de moije soupire en instruments désaccordésdes chantes bruyantes prodigues et ma voix est une comédie pour toi.sur mes lèvres dansent les mêmes anges avec les ailes étirées vers le passé qui forment involontairement un bouclier en transformant ma peur en rage.je crache des plumes de la poussière des mouches et parfois je me transforme en chauve-sourisje m'accroche à l'automne et opaque j'essaye de crier mais je n'ai pas de bouche.
  17. 7 points
    Nuit de spirales La nuit Douce effusion des cieux avec les sols Les ondes s’irisent en nacre noire Éteignent leurs miroirs L’éther boit la matière, les teintes, les éclats Sans vaincre l’immense hésite et se déploie Le jour s’échoue et s’abolit Les tracés se pointillent , les reliefs s’offrent Sans horizon au néant qui dissout La gomme frotte, efface les lueurs Les couleurs se moirent vers l’obscur Et mes yeux se dénouent. Les gris puis le noir tombent, Tombent ou se lèvent, je ne sais plus Les eaux chuchotent leur cristal Les sons s’amenuisent S’épuisent en fins filets d’échos Dans mon ouïe cherchent à fuir ultimes Les corps ont excusé les lampes Et sous leurs vies tous leurs songes Nuits cachetées, nuits cachotières De vies discrètes, des âmes sublimées Énigmes clandestines, compétition des sombres Les ténèbres explosent en mystères, m'avalent, me dissolvent La nuit m’embrase, l’insomnie désirée Les nébuleuses s’échevellent Mon tout émerveillé en ouates spiralées Vertige de la voute, velours noir constellé Arabesques en jalousies, mantilles projetées Furtives, mes vanités s’abandonnent En volutes et lentes gymnopédies Paisibles face à tout l’incompris Vers tous mes impossibles s’effacent, ont renoncé Mon corps plus qu'en poussière La nuit est noire Mon temps s’écaille en images incertaines Vacille en brillances, leurs éclats inconstants Les heures oscillent dans leur temps long Et leurs secrets balancent Rien n’est sûr, rien n’est vrai Le réel invisible, intouché La nuit devient patiente et j’attends avec elle Tout jadis dans les yeux, aujourd’hui à attendre. Les fournaises lointaines me livrent en feu leurs braises Apaisées pour mes yeux par l’espace et le temps L’Univers me dévore, déverse ses empires Harmonies et chaos plongés dans ses abîmes Infinis d’infinis dans des traces lactées Ouates tirées par des doigts de fileuses immortelles Gerbes de blés dorés liées par des ellipses En ordre d’inconstances immuables Je ne vois que le noir en laques ou en émaux Que les ors de la nuit Mes horloges, mes rétines amantes Ultra noir en émoi dans mes yeux en offrande Éblouis des lueurs et des denses secrets Fondent en spirale nébuleuse, en chemins lents étoilés En suites égarées de routes elliptiques Dans les plus doux mirages Et les chimères douces en chaque unité. Ma fugue rassemble les immenses S’éparpille d’inconnus, grise sur la portée Tant de notes éparses de la mélodie secrète Mes yeux se voilent, regardent entre les fils Cherchent tous les chemins dans les voix de l’inouï Dans mon corps entre la chair et l’os Tout en chants inconnus Dans la matière perdue et le ciel sans couleurs En vain, ne restent qu’humbles à leur place Résilles et mailles d’or, dentelles des désirs Je trace de mon doigt les plus beaux territoires Et clôture de fils d’or les champs de mon regard A l’abri des terreurs pour me faire un chez moi J’y garde les étoiles, bergère de la nuit Je réserve un jardin pour leurs plus grands secrets Avec toutes leurs fleurs et leurs boutons dorés Recadre le désordre de ce qui semble vrai. Pour mon regard naïf fondu dans les reliefs des moires Quel voyage impossible pour ce temps extensible Les deux pieds immobiles, les sens au bord des choses Le monde devient or, dense et vide Vertige pour le temps d’une vie si sensible. Ma Terre avec Mon ciel Mon Tout est engourdi, Mon Tout est si petit Valse et tourbillonne où le monde est Tout Puis rien, puis tout, puis Ne reste que l’essence dans l’espace sublime La vie tout au bord de la mort qui ne veut que la vie Le regard tournoie, les pupilles envoutées, les rétines perdues, Modeste et ignorant, immense et tout petit Tout s’arrête, tout s’emballe Je tourne. _______________________ MM / 29 05 2020
  18. 7 points
    Ainsi, c'est toi qui mènes ma vie tu la diriges avec des fils transparents comme des nuages dans l'eau les doigts crispés sur des anneaux tu me fais tourner la tête mon cerf volant c'est toi sur la plage de Brest il y avait du vent et il faisait froid j'ai cédé à tes doigts de laine à ta voix chaude et depuis je t'aime. (J.E. Mai 2020)
  19. 7 points
    Dans la boîte qui rouille et ne ferme plus Un homme a posé une lettre de chair Peut-être l’avait-il gravé sur son bras A la pointe d’un compas d’écolier Peut-être m’aura-t-il vu Peut-être l’aura-t-il découpé Et la boîte rouille parce que je n’y vais pas souvent Et la lettre sèche et demain la cicatrice aura disparu Et demain, sur le marché, je me dirai peut-être Il faudrait que je passe regarder si dans la boîte Et puis je décide, sans plus penser à autre chose D’aller la fermer avant que le tard n’arrive Mais l’homme a rebroussé chemin et son cœur est gris Je ne sais pas s’il va plus vite, je ne sais pas qu’il revient De toute façon les détours se placent et devant la boîte sans nom Nous sommes là, sans souvenir ni regard tourné Je pourrais lui parler du lac et des mystères, je ne dis rien Il pourrait me parler de la laideur qui glisserait dès le berceau, il ne peut s’en empêcher Il oublie parce qu’il n’a jamais connu, il dément parce qu’il en est persuadé Il parle pendant des heures, montrant son bras qui saigne, agitant la tête Il pleure et rage, il pleure et rouille, ne sachant pas qu’il peut fermer la boîte lui aussi Prendre les ressentis au lasso pour les transpercer et les crucifier En faire un bouquet de ronces qui fleurissent et nourrissent les oiseaux Devenir cet oiseau qui se pose et vient chanter la liberté Si pour toi tout n’est que laideur, froisse, déchire, embrasse Car la beauté sauvera le monde, tu as beau dire, homme et j’ai fermé la boîte
  20. 7 points
    Orage intime Tempête de sable Les ailes brûlées des tulipes Tendent vers le ciel Le vertige écarlate d’un calice plein de larmes Aux étamines blessées La roche volcanique a mêlé sa poussière Le vent gémit De vagues de dunes en crépuscules griffés S’enfle et s’engouffre dans la plaie vive Mon père me brûle
  21. 7 points
    Elle me suit sur l'herbe de toutes les saisons où pousse le silence de la pluie jusque dans le miroir d'un néant où trop souvent je me suis endormi elle a des lèvres élégantes pour dire la neige légère qui descend dans le noir de la nuit ses yeux sont des chandelles qui invitent le coeur à l'oubli avec des gouttes voilées elle imite les parfums indécis elle respire à fond la parole d'une île lointaine pour que ma voix se repose un peu elle fait fuir les orages car elle est une orgie de poésie qui danse nue sur les ondes de mes insomnies Quand elle s'invitera à la fête foraine de nos adieux une fanfare hors d'haleine entraînera mes sourires et mes peines dans la symphonie de son soleil tout bleu
  22. 7 points
    Va, le vent, va… J’ai aimé une rose, Dans un soir qui descendait D’un vieux rêve Et le vent me disait Combien il sait les choses, Jusqu’à écouter pleurer Les roses. Où vas-tu le vent, Vers cette aube indécise Qu’un ciel noir oppresse, Pleure-t-elle aussi Comme pleurent les roses ? Va, le vent, va, Dis-moi dans quel jardin Les fleurs ne meurent jamais, Va, le vent, va, Avec tes grands lévriers blancs, Ce n’est qu’un chagrin Qui s’en va au fond des mémoires, Oublie les roses, Oublie autant que l’oubli, Demain n’est plus déjà Et la lumière s’est faite ombre Entre mes bras
  23. 6 points
    Piano de Liszt Je t’avais entendu si grave l’autre jour Qu’un paysage m’avait murmuré ses yeux. L’aube rousse avait ce refrain d’adieu, Savais-tu combien sont cruelles les amours ? Quand je me morfonds sous un vieil arbre Il pleure des feuilles mortes et tout n’est qu’ennui, On dirait soudain qu’un ciel s’évanouit, N’est-il plus ici qu’une voûte de marbre ? Je t’avais entendu si près d’hier Que les choses fanées chantaient de doux airs, Comme un cœur qui en l’autre se dévoile. Il pleure des notes, d’étranges musiques, Des chagrins de roses perdant leurs pétales, Un piano dans les soirs chimériques.
  24. 6 points
    autour de la lumièrej’étais l'erreur la plus aimée. l’œil ébréché dès le début portait la dimension de ce regard-làqui creusait en moi le péché.
  25. 6 points
    Un tableau de Hopper où se lit le destin D’une femme inconnue au regard dans le vide Dans la chambre d’hôtel le soleil du matin Inonde de lumière un décor insipide Assise sur le lit on pressent qu’elle craint Les suites imprévues d’une soirée sordide Que son esprit se perd dans le rêve incertain Du retour d’une vie dont elle fut avide La chemise levée jusqu’en haut de ses cuisses Elle se tient muette immobile et figée Image de la femme et de la séductrice Qui est devenue proie et bientôt la victime De la pulsion d’aimer dont elle est affligée Et qui est le secret de son ego intime (Morning Sun, 1952, de Edward Hopper)
  26. 6 points
    Les escaliers de pierre érodés de tant de pas sur les murets où tu vins boire le soleil au goût de fenouil Ces petits chemins d' hier au creux de tes mains tu croyais que delà les rails du chemin de fer les arbres étaient des baobabs Là-bas, loin, delà les hélianthes tu perdais ton regard avec l'envie de vivre plus loin tu voulais être grand Tu as vécu des ailleurs de béton sur les murs où tu vins le soleil se fracassait sans âme sur les vitres d'immeubles qui grattent le ciel Tu es revenu sur les escaliers de pierre érodés des pas d'enfance la mélancolie rôde au milieu des parfums Tu as pleuré, penché sur la source, en voyant l'eau teintée de rouille dans le ciel une grande ourse et une étoile au goût de fenouil En descendant les escaliers de pierre - le chemin était déjà tracé - les pas menaient au cimetière en plein soleil, sous les genêts. Tu as serré dans tes bras les collines ébouriffées d'épis d'ambre et d'or une fleur t'attendait dans sa limousine et tu es parti au pays où l'on dort. (J.E. Mai 2020)
  27. 6 points
    Je prie. J’ai posé un premier mot Qui jamais sur la page ne s’écrira, Car l’enfant n’aime pas Que l’on parle en travers d’une porte Ouverte sur l’avenir qui lui fait peur. C’est là, la raison voilée d’une dimension Qui me dépasse, au contour de la volupté, Faisant tourner les pages de l’encyclopédie M’évitant de tomber dans le ghetto de l’idiotie. Un décolleté est une profondeur de pensée. Imaginer au fond de vous, l’image qu’offre La sensualité d’une jeune et tendre peau Où chute délicatement cette goutte d’ignorance. Elle nous offre l’indécence des rêves interdits Léguant les cendres d’une dimension inassouvie. Le baiser est alcool que l’on boit au cœur D’un orage isolé qui fabrique une littérature maudite. Je me pose sur une pierre de granite. Je regarde un temps l’horizon. Je rêve, je me perds et deviens fou. Un vitrail de cathédrale m’interpelle, Je prie par ivresse sans géographie. ROUSSELOT
  28. 6 points
    Mon passé fait semblant de dormir sur un long canal nonchalant comme un vieux bateau de plaisir au repos depuis des ans Ses yeux sont sans avenir dans le miroir qui s'évapore mais il corrige ses soupirs en mots subtils et indolores Nous sommes assis sur le rivage à regarder le soir qui descend quand sont passées les oies sauvages son regard s'enferme lentement Il me raconte sa mémoire ses joies et ses regrets d'antan la longue et trouble histoire d'un jeune soleil qui devint grand Il s'excuse de ne pas savoir ni la fin ni même le commencement il me répond de sa belle voix noire quand je demande ce qu'il attend "Tout ce que je peux te dire c'est qu'il nous reste peu de temps le temps d'apprendre à rire comme quand tu étais petit enfant"
  29. 6 points
    Piqueté de taches plus claires que l'azur, Ce piton tout en blanc, où un nu brun foncé Lézardait au soleil d'une oisive journée, Offrait à mon esprit mille pensées impures. Faribole estivale aux effluves tranquilles Des jasmins, dont les fleurs jaunes, blanches, rougeâtres Parfumaient alentour la colline olivâtre Qui bruissait du zéphyr, papillons et pampilles. Comme un faune alangui par cet après-midi, Je me lovai, furtif, contre le charme fou De ce nombril à l'air percé d'un gros rubis. Lors, elle m'invita à partager son rire Et dans un pot commun j'ajoutai mes bijoux Au cas où le besoin s'en ferait trop sentir.
  30. 6 points
    Maintenant les embruns S’entourent d’innocence La houle déferle sur le voyage Filtrant les graines chaudes Que décourage la sagesse Lentement l’aube au bras solide Peut jaillir à coup de sabre Fragment en forme de flèche Cibles infernales Frénétiques illusions La réponse s’annonce savoureuses Tel un volcan balafré par le destin S’autorise la fragilité enclavée Entre la chevalerie Et l’alignement des astres Vaincre est devenue vraisemblance Immobile et furtif à la fois Personne en profondeur Ne méprise le temps Pour résoudre l’énigme Que la musique sculpte Au verso de nos veines.
  31. 6 points
    écris-moi un seul mot de tristesse de joie au hasard. écris-moi presque rien et moi dedans.
  32. 6 points
    Derrière les fines ramures de la nuit Je vois les liliales étoiles vagabondes D'abord s'effacer à la marge du jour Puis céder aux méandres givrés Le ciel exhale une ultime comète Dernière obole au mendiant sélène Les oriflammes astrales se dissipent Soufflées par le vol de libellules ambrées Les langues ivoirées restent sur le seuil Elles se recueillent à la moire des mots Des chuchotements fébriles tâtonnent Et le monde entier repose sur ta poitrine
  33. 5 points
    Fleur d’ensommeil Langue de feu, de cire tendre Où délasser les paupières brûlées Et s’accorder Aux pulsations de la nuit Langue fauve et turquoise Embrasant les lèvres de l’ombre Jusqu’à l’échancrure, nacrée d’entrelacs Perlent les arômuscs, les cauris, les orpâles Offrant leurs fleurs de lave au baiser océan Le sommeil bruit, mon amour Coule mon chant d‘arômes jusqu’à Toi
  34. 5 points
    La vie est partout Où se pose le regard Aussi loin qu'il porte Et même au-delà La vie fourmille encore jusqu'à s'inventer Au dessus de tout Et au-delà de nos rêves La vie nous épie Jusqu'au dernier souffle Aussi, quand nous rendons l'âme Même après la mort Quand le corps est froid Comme un hiver enneigé l'esprit vit encore.
  35. 5 points
    Ta tour d'ivoire ne te suffit plus, la vue du ciel comme un plan d'évasion, Tes affables soupirants se sont tus, leur silence signe la fin de tes illusions. Les promesses miment l'hirondelle, elles ne chantent que le temps d'une floraison, L'ivresse de ton miroir te fait défaut, l'effet fou du reflet falsifie un peu de ta raison. J'ai un remède de mots comme un don de Léthé, il t'épargne ces souvenirs insipides, J'ai mes paumes contre ta peau, un baiser au-dessus de l'épaule à t'arracher la carotide. Mes ongles sont les pinceaux ardents d'un peintre refoulé, ils lacèrent la toile de ton dos, J'attends l'écart de ta conduite bien élevée, l'égard de mon attente dans un lever de rideau. Empreinte églantine sur une rondeur adorée, écho de dopamine aux prises du désir tyran, Je devine tes mains inquiètes où j'ai pu t'attiser, je ris d'avance de la tirade de tes parents. Ton corps acculé, élancé à l'envers, la chaleur aux lèvres dans cette alcôve en ton dedans, J'en fais la répartie de ma ferveur passionnée, je signe mon œuvre d'une marque de dent.
  36. 5 points
    On pardonne tant que l'on aime (De la Rochefoucauld) Je voyais les roseaux courber l’échine au vent, Sans jamais se briser, dociles, obéissants.Eole lâchait son souffle quelquefois en hurlant,Couchait la roselière qui croissait sur l’étang.Je fronçais les sourcils à ta colère injuste,J’attendais l’éclaircie, sans jamais en douter.Ton mauvais caractère, rigide comme un busteFinirait par fléchir au son du verbe aimer.Et puis Le vent tombait enfin, les roseaux ondulaient,Ils frémissaient encore de quelques soubresauts.Les ondes à nouveau reflétaient nos portraits.Dans le ciel se risquait la nuée d’étourneaux.Ton front devenait lisse, ton ire s’estompait.Le ciel devenait clair en te voyant sourire.Dans tes yeux je voyais ce regard familierQui me rendait espoir. Je poussais un soupir. tous droits réservés
  37. 5 points
    Malléables idées, inavouable désir, imparable soupir, sourires Affairés. L'esprit en vrac pour te dévoiler un plan sans accroc. Reste à régler les détails, l'éventail de nos différences, à t'offrir L'étendue de mon attirail, des petites rimes taillées dans l'impro. Encore perdu dans le gris de tes yeux, cieux agréables mais nuageux, Nappe de douceur, voile sur mon cœur même si parfois orageux, Enferme-moi si tu le veux, près de ton iris, sois libre de mener tes jeux.
  38. 4 points
    R ê v e u r , j e c o n t e m p l e l e s p r o g r a m m e s t é l é , S o u d a i n e e n v i e d e r e t r o u v a i l l e s a v e c m o n h u m a n i t é . V o g u e r e n c o n t r é e s l o i n t a i n e s , l ' e s p a c e d ' u n i n s t a n t o u b l i e r . A s s o u v i s s a n t m e s p l u s v i f s d é s i rs , C o m m e u n e v a g u e f r a p p e l a d u n e s a n s s c r u p u l e . B o r d é d ' é t e n d u e s d ' e a u à n ' e n p l u s f i n i r , S c r u t a n t a u l o i n l a p é n i n s u l e , I n s o u c i a n t d e s n i m b u s q u i s ' a m a s s e n t l e n t e m e n t , D e s o i s e a u x q u i p i a i l l e n t j o y e u s e m e n t . S e r r a n t b e l l e d ’ u n e m a i n , d e l ' a u t r e p e i g n a n t n a t u r e , I n d e s c r i p t i b l e m é l i - m é l o d e c o u l e u r s , V o l u p t u e u s e s s e n t e u r s Q u i p e u t - ê t r e p a n s e r o n t m e s b l e s s u r e s . D e c e s p e c t a c l e j e n e s u i s p a s d é ç u M a i s s o m b r e i n e x t r i c a b l e m e n t d a n s l e r a v i n L o r s q u e t e m p ê t e s e d é c h a î n e e n f i n , F i l e t s e r e f e r m e s u r s a p r o i e . R e m o r d s p o u r a n c r a g e , H o r i z o n n ' e s t p l u s l e m ê m e , C o n t e m p l e l e s p l e u r s d e s n u a g e s , A m e r t u m e f a î t e d e s e l . Q u e j ' a u r a i s a i m é a v o i r m a t é l é , S e r a i s s û r e m e n t t r i s t e m a i s p a s d é c h u À r e p ê c h e r l e s f r a g m e n t s d e m a j o i e .
  39. 4 points
    Qu'est devenu l'avenir ? Il aura perdu l'aura Qui s'attachait aux soupirs Après que l'âme y alla. De retour vers le futur Je transbordais mes débours Probablement hors azur — Fors l'idéal de l'amour. La contingence a son prix Au fil des tempéraments Du crève-cœur — c'est la vie. Un seul instant de bonheur, Aux fluides corps exultant, Fera fleurir mille fleurs.
  40. 4 points
    L'amour étranger étrange et je suis l'étrangère qui vient déranger ta vie, ta nuit, parce que je chuchote à ton oreille comme un bruissement de feuilles vives dans les prunelliers je t'aime il ne me reste que ces mots pour rester vivante et te garder en vie c'est à toi que je les dis ils te dérangent ils me rendent étrange, étrangère chaque nuit de silence où je disparais dans ton sommeil derrière tes paupières cobalt où des cœurs battent en rêves étranges de noirs soleils il reste une transparence L'amour étranger étrange et je suis l'étrangère qui vient déranger ta vie, ta nuit mais je veux rester ta lumière alors je chuchote les feuilles vives je t'apporte sur mes lèvres des prunelles ardoise à tes oreilles de fièvre je rythme des mots bleus et soudain, tu me vois, bien au-delà de tes yeux. (J.E. Juin 2020)
  41. 4 points
    C’est à dessein Que nos futurs sommeils Adoptent à genoux Le vertige opaque De nos prières Par la bouche de l’enfer Les nuages sont dévorés Pourfendant les plaies propices Aux plaisirs téméraires L’écueil importe les remords Bûcher mesurable Aux nombres d’oiseaux migrateurs Capables de mystifier un chapelet Pourquoi les ronces s’affrontent-elles sur les fronts Afin de résoudre l’aventure de la foudre Il n’y a pas de porte aux abords du feu Pour ressouder le silence Aux vagues des marais.
  42. 4 points
    J’ai le vers galant, qu’on me le concèdeaux femmes jamais, je ne me soustraiset le mouvement, s’accentue, s’obsèdeau fil du temps qu blanchit le harnais…On me le reproche bien trop souventà coups de maillet, à coup de "va-t-en"bougresses hurlez si jalousementque ma tête s’enfle terriblement ...A mon grand regret, à ma pauvre flammeet pour éviter le tranchant des lamesvous aimer toutes, je ne puis mesdames…De septembre jusqu’au mois d’août, mais dame !mon cœur n'est prisonnier d’'aucune femmequi par amour saurait baiser mon âme…
  43. 4 points
    Dans l’improvisation se lit la quintessence Recherchant dans l’instant la formule rêvée Hors du doute conçu et des réminiscences Qui liaient le poète au texte inachevé Que les mots échappés au temps de l’impatience Fassent dans le réel une irruption forcée Et soient l’impunité des champs de l’inconscience Qui s’exprime en dehors de toute volonté Le poème sera issu de cette urgence Afin de laisser cours à de libres pensées Qui imposent leurs lois et leur impertinence Et pour mieux illustrer ces propos pleins de science Je vais vous proposer une fin insensée Pipi caca cul cul et mon pot en faïence
  44. 4 points
    Un souffle au bord des marécages, ils dansent. Il y en a de très grands. Ils se dressent fièrement. Ils regardent dans l’eau le reflet de leurs feuilles coupantes. Ils admirent la légèreté de leurs fleurs : on dirait des bouquets de plumes blanches ces roseaux. Mais il y a aussi des plus petits. Ceux-là se tiennent tranquilles entre les grands. Pourtant, le vent qui passe fait chanter tous les roseaux. Tous ? Non. Il y en a un, vraiment très, très petit, pas très joli, qui ne chante pas. Il murmure tristement, pour lui seul : - Je ne peux pas chanter. Je ne pourrai jamais. Je suis trop petit ! Le vent n’arrive pas jusqu’à moi. Oh ! Comme j’aimerais chanter, moi aussi ! Une jeune femme venue se reposer découvre ce petit roseau. Elle le découpe en forme de flûte et les jours suivants , moutons blancs moutons noirs la suivent au son du pipeau. Petit roseau n'attend plus le vent ; l'air doux et chaud qui le fait chanter est un souffle de vie.
  45. 4 points
    Se fondre sur la porcelaine Peu bavarde pour commémorer Un ciel furieux d’injures Cueillir sur les épaules La fatalité des pressentiments Cueillir macabre Sans magicien Sans forgeron Embaumeur de ténèbres Aux services des orties J’implore votre clémence Au péril de mes sanglots Originelle la poitrine des sourciers Abreuvée de la sueur des torrents Pulvérise les alliances Dans l’écume fataliste Sans laisser de trace Sur le vide articulé.
  46. 4 points
    @Diane, @Gabriel Montigny @Eathanor Coucou c'est encore moi ! Ce texte destiné plus à susciter le débat que l'admiration (et qui questionne sur le fonctionnement même du forum) appelle au fond 2 questions principales (qui ne sont pas des questions de style ou sensibilité) la lisibilité/ visibilité et l'équité/égalité des chances Déjà pourquoi un texte qui traite plutôt d'un mode d'organisation et comportemental se trouve sur la section 'poèmes' et pas sur 'discussions ' ? c'est tout simple: c'est là où il a le plus de chance d'être lu et donc d'avoir le plus d'impact. un petit poème va bientôt mourir-> ce futur proche indique une certitude (Gabriel n'étant pas devin) dont le texte entend faire la démonstration A peine posté -> traduit (vraisemblablement) la réactivité dont font preuve les membres du forum ,ce qui est plutôt encourageant... La lisibilité : il faut reconnaître que contrairement au cinéma où les dernières sorties chassent mécaniquement les anciennes ,sur le forum ne s'applique pas une fonction de péremption, autrement dit un texte n'est jamais effacé , (Merci aux administrateurs) , lire ou ne pas lire appartient strictement aux visiteurs du site ,pas de mécanisme discriminatoire à accuser donc. De plus il est possible d'appeler les œuvres par la rubrique 'sujets' associés aux profils. Donc la tendance à privilégier la première page relève uniquement de l'humain l'équité/égalité des chances: C'est plus complexe car la technique n'intervient pas , pour autant une question se pose : le coté concurrentiel. Don Juan disait : comment aimer une seule femme sans faire injustice à toutes les autres ? Commenter un poème est-il faire injustice à tous les autres ? là se pose le problème de l'inflation des textes ,certainement le membre du forum ira volontiers : ->vers la nouveauté ,et vers ce qu'il estime les valeurs sures Enfin et comme Gabriel aime la notion d'universalité , ce débat est-il transposable en dehors de notre forum Accents Poétiques ? Oui ,incontestablement
  47. 4 points
    Dans les cieux un ballet immense tentaculaire rayonnant irisé envolée d’entrechats arabesques brisés enveloppés étoilés sous la musique souple aérienne du vent Seraient-ce tous les dieux en un bal enchanté qui fêtent une harmonie fruit patiemment mûri au soleil du discours à l’astre de l’oreille inouï compromis dérobé à l’histoire Ce sont des lucanistes qui leur montrent la voie regards dans l’azur gestes sages et précis pour ne pas nuire à l’autre construire à ses côtés un message d’amour de divine liberté Lucanistes sur la plage de Berck (62) - Photo Papy Adgio
  48. 4 points
    Veilleuse rose d’émoi en brumes râpeuses châsse d’espérance chancie solitaire terminale au pré d’étoiles timide je suis né là fin de non-recevoir gènes de loup mutés en chien je lèche la main qui me tendra le bol fatal disparition des aurores bures d’ures de nature évanoui je suis ce bœuf en abattoir vanité de reliefs aux groins d’ogres trop fiers dont je suis vache à lait en somme et qui s’empoisonnent lentement comme Socrate raisonnant trop loin but sa ciguë je te laperai tue-chien mufle bas je te mâcherai tue-vache cœur de mélancolie couché dans un déliquescent alexandrin toute une vie ô ma colchicine !
  49. 4 points
    Dans cette chambre obscure Où tu étais couchée, Entre ces quatre murs Nus et triste à pleurer. Sur ton masque figé Par l'âme abandonné, Je me suis incliné Pour un dernier baiser. De l'ombre et la lumière Dont tu fis tes complices, Tu mis sur ton visage, D'un sourire, l'esquisse. Je revis ce sourire, Il éclaire mes jours. Il m'a dit :" je t'attends, Je t'attendrai toujours." Et moi je t'avais dit : "Un jour, au paradis, Ma main tenant ta main, Nous prendrons un chemin. " Puisque le ciel a fait Qu'avant moi tu y viennes, Je tends vers toi ma main, Place-la dans la tienne. Ce monde n'est plus pour moi Qu'une triste prison Y demeurer sans toi, Je n'ai plus de raisons.
  50. 3 points
    Un pétale envolé, vœu de la rose blanche, Comme un saut-de-lit frais, ce matin, s’alanguit ; Des serpentins sucrés de senteurs se déhanchent Dans cet écrin de verts où le nymphée sourit. Tendre perlimpinpin d'écume et de pollen Que le sceau du secret clochette à l'unisson, Petites brèches d'or, frisottis d'un éden, Sous les vivats poudrés des jolis papillons ; Au sein des plis vermeils, sas aux doux dialogues, Guillemets et soupirs nouent le parfum en vogue Voletant elfe bleu vers les nids de rosée ; Et, follet pendentif d'un rose filament, Ose et souffle tout bas d'un tiret de baiser : -"Vive le mois de juin !" "Bonne fête aux mamans !"

Association régie par la loi du 1er juillet 1901, Accents poétiques vise à promouvoir les auteurs littéraires méconnus ou peu connus à travers la publication de recueils à compte d’éditeur. En offrant un forum de poésie à toutes les personnes désireuses de partager leurs muses, nous souhaitons également permettre à toutes les plumes de s'ébattre librement en ligne dans un cadre ouvert mais néanmoins garant d'une certaine qualité littéraire à travers les sélections de notre comité de rédaction.

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