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Popular Content

Showing content with the highest reputation since 07/11/2018 in all areas

  1. 18 points
    Dans le craquement d’un silence, des cris sur le marbre glacé. Dans les larmes gelées, des lendemains sans bagage. Derrière les masques de carnaval, du sable plein la bouche Tandis qu’au fond de nos poches traînent de vieux arcs-en-ciel oubliés
  2. 16 points
    Prendre un autre chemin habité d’infinis Se mouvoir dans ton souffle, s’enrouler dans tes voiles Un esprit, un toucher, et pourquoi pas une âme Recréer nos images, nos amphores du vivant Si denses, si lourdes, où ne glisse nul vent Il est l’heure, il est temps Le ciel fait le beau pommelé de sang Le sable blond s’écoule de la main des enfants
  3. 15 points
    Le monde est noir profond, l’avenir semble éteint La vie s’est retirée ne laissant que des ombres La lune s’est drapée d’un immense manteau sombre Les couleurs sont parties jusqu'au petit matin. Je suis enveloppée par la nuit de satin, Je vais de pièce en pièce dans la froide pénombre Mon cerveau s’est défait de tout ce qui l’encombre Je regarde sans voir, dans un miroir sans tain. Quand le sommeil me fuit, je plonge en moi, je fouille, Et soudain par hasard dans les éclats de rouille Je trouve comme une pépite, une perle qui luit. C’est une fleur délicate aux étamines dorées, Une couronne de mots dont je me suis parée Pour qu’enfin reste en moi l’espérance qui fuit.
  4. 15 points
    Les poèmes composant ce triptyque effroi | douleur | espoir ce matin c’est le froid qui l’emporte pourrai-je un jour rouvrir les yeux le ciel a plombé les nuages et les cernes ont fleuri la chambre est grise dehors il pleut la nuit frappe contre les vitres derrière la porte c’est le calme la bouche béante du couloir s’étire vers quelque horizon perdu je ne sais pas si je pourrai marcher un jour
  5. 14 points
    L'averse a crevé le ciel violente en stridentes griffures Des larmes de prunus roses jonchent la rue mouillée la nuit froide et apaisée s'est posée sur nos draps fatigués Viens Dormons maintenant ------------
  6. 12 points
    Il se fait tard, la source enfante le ruisseau, Et l'étang, orphelin, prend ce tuteur sauvage Tel un embryon noir enlacé de roseaux. Noctambule, l'aulne parraine le présage Tandis que s'évase l'homélie du crapaud Dans le balbutiement des lugubres remous. Non loin, comme un écho, par des airs odorants, Bruissent les filous, les fifres forestiers, Incantations feuillues des mirlitons chantants; Le chantre rossignol, ménestrel inspiré, Rassure la menée d'un jeune cerf méfiant Pendant que les bois morts font du chantage aux loups. La troublante forêt réunit les sylvains Au pied d'un très vieux chêne enchâssé aux aïeux, Près d'un rond de sorcière ils vont main dans la main, Danser tout barbouillés de champignons gris-bleus, Fardant les ténèbres d'une moire d'étain Pour la farandole des rats et des hiboux. J'ai les sens ahuris, j'aime l'ivresse obscure, C'est un colin-maillard avec l'antre infini; La douce nuit m'étreint, d'un baiser me susurre, Sous l'aisselle d'Orion sa complainte enfouie, Son doute originel et son autre blessure Chantés par les poètes et les pauvres d'esprit. Alors que toi, tu dors. La nuit loue tes soupirs Comme une jolie fée en docile menine. La fenêtre ouverte pour les anges à venir, Tes longs cheveux de fièvre avec le vent peaufinent Les parfums dénoués qui s'en iront mourir Sur le toit des collines où la lune sourit. Le songe costumé te prendra par la taille Pour une nuit d'amour sans aucun candélabre, L'ombre caressera tes émois en écailles Qui sans fin brilleront comme l'éclat du sabre, Invitant tes fantômes à de tendres chamailles, J'en serai le témoin sur ta couche fleurie...
  7. 12 points
    Afin que tu fusses la seule Afin que tu fusses la seule dans mes yeux, je voudrais oublier toute image, marcher en aveugle, les paupières closes, la canne blanche des souvenirs érigée dans la mémoire. Je voudrais masquer au monde mes phalanges aux tiennes pareilles, toi qui sais le tremblement des feuilles mortes sur tes paysages nus. La survivance de mes mains réveille les climats calmes sous l’hiver corporel. Toi dont les perce-neige en fourmilières traversent la chair, dont la mouvance prépare l’orage à l’outre horizon du silence... La grisaille douce du silence où les mots se libèrent de l’objet qu’ils désignent. La seule exigence est musicale, à l’heure où les mots meurent en syllabes sous l’inflexion de ta voix. L’âme en flammes nuance des ombres, quelque part, entre tes yeux de ciel, le galbe délicat de tes seins. Toi, toujours, dont les colombes chantent à peine, nidifiant dans le creux de mes mains. Femme de nacre à la source aurifère où je trouve cet hors du temps, soudain perçu. je tire les amarres, maudissant l’ancre qui nous tient encore à la muraille du monde. Femme naissante, tournée comme une aurore sur mes yeux en pluie, ta beauté ineffable colore de pourpre les ruches, encercle d’or mes abeilles bruissantes. Tu reviens, nageuse, à la surface des draps, fuyant le tourment du sommeil, accrochant tes gestes aux rives de mon île, ivre encore des fleurs d’alcool au jardin sans arbre, nue comme ta véracité !
  8. 12 points
    dans des gouffres solaires, au milieu des éclats de rêves, parmi le rebond des heures, aux déglutitions du ciel, le crayon peut toujours s’abreuver ; sur les éclopés de l’amour, sur les coïts éphémères, sur ces infirmes de la chair, sur tous ces corps asexués, le crayon peut toujours résonner ; dans des bouches orgiaques, au milieu des foules solitaires, parmi les échos des silences, aux larmes de l’éphémère, le crayon peut toujours vibrer ; sur la nuque tendue de l’aube, sur la nudité des choses, sur la plèvre usée du réel, sur ce poumon fatigué des jours, le crayon pourrait un jour se briser.
  9. 12 points
    La terre s’effrite…lentement (TV Tower Hill, Kabul) Poussières de poussières au cœur de la terre humaine d’hommes poussiéreux fantômes de sables terrestres de terre Habillés de sépia à la terre chargée de tout de rien le temps s’étale entre hier et demain Inaccessible aux yeux voilés pluie asséchée ne voulant pas mourir s’accrochant aux linges blancs aux linges bleus Hommes et femmes femmes et hommes effacés en mouvement cicatrisés de lumière nidifiant l’ombre instable La terre rencontre la terre d’où les mains émergent d’où les yeux s’éveillent Leurs pas progressent et la terre les suit jusqu’à les coucher lorsque leurs âmes fatiguées prient d’arrêter leur errance improbable De venir les délivrer les emporter doucement vers un rêve bleu qui écrirait demain comme le ferait le murmure d’un enfant ouvrant les yeux. Les enfants de terre… (Zanabad, Kabul) Les enfants de terre sortent de terre coulée de lave Maisons cubiques façonnées par la main de terre de l’homme terreux Les enfants de terre naissent en terre Fourmilière vomissant l’humain grouillant dans la poussière de terre Les enfants de terre ont les yeux noirs du charbon qu’ils n’ont pas les mains sales de l’eau qu’ils n’ont pas les tissus usés de la pauvreté dont ils héritent Les enfants de terre sont des petits guerriers de vie Ils portent des fardeaux plus gros que leurs petits corps Ils ont le visage des adultes sourient si peu sont préoccupés Ils faut ouvrir les yeux demain ! Les enfants de terre n’ont pas l’âge de leur jeunesse les enfants de terre ont les yeux tristes de ceux qui se savent damnés Les enfants de terre sont le sel de la vie ils se battent silencieusement loin des bonnes intentions des beaux messieurs au langage policé encanapés dans les salons d’Occident ou d’ailleurs. Les enfants de terre ont faim ; ils ne crient plus ! Les enfants de terre ne communiquent pas avec des téléphones Ils parlent avec leurs yeux aux yeux de leurs semblables déterrant les doutes qui font venir les larmes Les enfants de terre sont des soldats d’Espérance Et les adultes les voient comme des enfants déjà devenus grands eux qui sont hauts comme trois pommes Les enfants de terre sont des filles des garçons Leurs maisons n’ont ni porte ni fenêtre Elles sont ouvertes sur d’autres maisons ouvertes Entre la terre de la maison et la maison de terre il y a les enfants que l’on enterre et les adultes qui retournent si jeunes à la poussière Les enfants de terre n’ont plus de larmes La terre a tout absorbé !
  10. 12 points
    Derrière la fenêtre « Il faut aimer debout et se donner au vent tant qu’un oiseau viendra » Philippe Jones Un gros grain tangue la mouette Écharpée de bourrasques Tache foudroyante sur gris brumeux Oxydée de vent, tresse ses plumes Au demi carreau à l’ajour. J’écoute Vangélis Conquest Of Paradise et Hymn Déguste tongue feel un whisky d’Islay Nez marin aux embruns tourbés Je nous ressens, je nous entends. Tu appelles de ta voix la houle Mon éphémère incertaine Drapée dans le verbe amour Toi l’absente si vivante des jours fanés Pourrais-tu encore m’envelopper ? L’oiseau orbe à grands traits mouillés Volutes de solfège, amples notes Chœurs puissants et voix cristallines Battements d’ailes orgasmiques, la matière s’épaissit. Mezzo voce, l’oiseau s’alourdit. Entoilez l’art ! Image fossilisée de la lumière Diaphane, immense grâce sans calcul sans coach Instinctive, juste étonnamment libre, rémiges folles Ma muse, je t’offre le temps emblavé au plat de terre, Et te rêve émerillonnée ici-bas, sans mésaise !
  11. 12 points
    Equilibre 48° 03' 03" N / 04° 59' 55" W Coordonnées du phare d’Ar-Men « Le raz de Sein / Sordide séducteur / Absorbe les marins / Ressasse les erreurs » Papy Adgio J’aime cet instant à nul autre pareil ce moment si particulier parce que singulier où l’immensité océane est étale fausse mer d’huile au ciel baignant l’horizon miroir dépoli d’une marée de mortes-eaux où les navires reposent comme des ex-voto. Sorte d’entre-deux au temps figé qui joue la discrétion et ne dit mot à peine un bruissement, peu de clapotis tout se passe ailleurs, là où un trésor d’ingéniosité se déploie, en dessous de la ligne de flottaison. Car les forces en présence s’épient, se jaugent ne bougent plus, avant que de se tester l’une l’autre efforts invisibles mais sans relâchement aucun où rien ne transparaît à la surface des flots. La bataille est-ouest se fait en catimini des notes de blues fécondent des rythmes rock’n’roll c’est une salsa sous-marine aux reflets aquatiques que grands et petits téléostéens apprécient « comme un poisson dans l’eau ! ». Je songe aux joueurs de cartes je songe au long corps noir du submersible je songe encore aux périodes des amours les combats sont partout où les sentiments existent qu’ils soient faits d’amour ou de haine… Je concède ce pas, mais tu m’assures celui-ci je cède sur ce point mais j’obtiens celui-là je passe ma route mais tu ne me demandes rien et ainsi de suite, nous sommes des mendiants de tranquillité et moi je recherche l’intranquillité de la bagarre de celles des grandes marées, des marnages hauts des estrans submergés d’écumes nerveuses blanchies de colère aux mouvements irascibles ! Je songe à la carte gagnante, de celle qui m’assure un proche avenir dans le différend qui m’oppose à l’autre voire une ouverture auprès de cette fille du Nord…Ouais Je songe, mais le temps s’est remis en marche les aiguilles à nouveau dictent leur loi et l’est tire l’ouest et les écueils disparaissent la terre diminue, le paysage rétrécit, le ressac frappe l’Enfer des Enfers est au rendez-vous comme toujours. Un nouveau cycle se fait jour. La lune pointe son nez. Un vis-à-vis lointain avec le feu de la chaussée de Sein qui lorgne les espaces sombres des creux froids et des lames lunaires trompeuses et instables. Une sterne me suit, elle semble me dire « Garde les pieds sur terre… » et j’en souris.
  12. 12 points
    Flot d'humains charrié sans discontinuer Sang métissé coulant dans les avenues Globules masculins et féminins à nu Orgasme du néant jusqu'à en hurler Les artères grises expulsent un air vicié Sur le macadam résonnent les envies Les passants avancent en pas d'agonie Danse macabre des foules condamnées Les débris de l'enfance jonchent les trottoirs Dans les caniveaux flottent les âmes perdues Elles s'accumulent dans les égouts en crues Un vagabond s'en saisira comme mouchoir.
  13. 12 points
    Ôte tes souliers. Que tes pieds de mie s’enfouissent à demi, dans l’humus caressant, Accablée par le poison des âmes bannies d’amour, Épuisée de te contorsionner, Enrobe-toi. La lumière flamboyante de chaque feuille agonisante est la traîne de tes noces. Désabusée de n’être pas, enfant damnée, Tu te pares. Que le lierre immortel soit la couronne éternelle de ton union. Cloue la porte de cette bâtisse surannée, petite pâte à te modeler, Parfume-toi de sa légèreté ineffable. C’est la forêt. Pars. Toi, Ce soir, tu te maries avec le hêtre et tes racines transcendent la voûte, Là. Tu es une.
  14. 11 points
    La route filait droit dans la brume Sur le cd Pablo Casals jouait Une suite de Bach Et son jeu âpre et désuet Ardent comme un soleil catalan Embaumait mon matin Les arbres déchiraient la soie laiteuse Comme des figures de dragons Couronnés d’incertain Vieux, aussi vieux que danse le monde Menaçants des racines jusqu’aux cimes De manger le ciel Les mains crispées sur mon volant Je regarde. Pourquoi ? Pourquoi faut-il incessamment Que je voie le réel Au prisme des mots Et que ces mots trahissent ? A-t-on jamais entendu une musique embaumer ? Un jeu de toucher Un jeu de violoncelle Peut-il brûler ? Quelles peurs m’inspire l’état des choses Sur cette route Ce matin Tous les matins Pour que m’ effraye la réalité ? Ne puis-je voir dans cette route Rien d’autre Qu’une route ? Un ruban d’asphalte ? Au lieu du chemin d’un destin Les métaphores me mangent la tête Jusqu’à la folie Dès le matin, dès que je m’éveille Ma tasse de café Vide Est le cercle fermé de ma vie Où ne subsistent que les traces brunes L’écume Sur les parois Du breuvage englouti… Impossible de me raser Sans que le miroir Ne réfléchisse Impossible de regarder sans cadrer Impossible de parler sans construire Impossible de penser sans imaginer D’imaginer sans créer Les mots sont des images Les images, des mots Il faut composer Organiser le monde Emprisonner le réel dans une composition Pour quelle illusion ? Qu’importe puisqu’elle est partagée Et naît d’un clavier Jusqu’à toi Qui lis Et entres Dans ma tête Mais tu n’y percevras rien Que tu n’y apportes…
  15. 11 points
    Dans une poignée de lendemains, à la renverse peut-être dans les journées qui se baissent les unes après les autres, le dos plat, ta bouche jusqu'à la mienne. Comme l'éclipse, celle qu'on attend aux solstices, celle qui allume la lumière dans l'abysse de ta pupille, faîte d'ombres et d'incendies ; je te tiendrai dans ma main. Givre à bout de lèvres, vapeur, comme une fumée de cigarette peuplée d'incandescences, nos étincelles comme nos langues dessineront des contrées inconnues. Au bout de l'hiver, une porte qui s'ouvre ; et sur la voie qui nous y emmène je sens ton regard planté dans mon dos - j'aime le goût du métal de ton couteau.
  16. 11 points
    La sueur de lune dans ton cou, est-ce le bruit de la nuit en équilibre sur ton épaule ? Est-ce les pas de mon sang dans le sable noir ? J'ai déjà bu tes paupières. Je m'arrête devant ce tracé au khôl de tes rêves. J'ignore la force d'un baiser, je la traduis en mots, ceux de l'ombre, que m'offre la poésie.
  17. 11 points
    Comment trouverais-je les mots quand je voudrais l'oubli ? Alors pour l'indicible des mots d'emprunts, mots qui hantent mes maudits non-dits. Sûrement pas demain sûrement pas dès l'aube, mais oui, un jour sur le chemin qui va par la montagne et la forêt. Six années et je n'y suis jamais retourné, j'espère que tu reposes en paix. J'aime la terre et ses pierres brutes pleines d'aspérités, mais du marbre lisse et froid sourd la tristesse d'un monde glacé. Là, à l'affleurement, mes sentiments sont comme une roche qui s'effrite, au coeur de la strate brille encore un peu le mica dedans. Avant l'alluvion déposée, avant les coups de vent, avant le coût du temps, on s'était murmuré des je t'aime, je te lisais mes poèmes, tes cheveux roux sur ton corps, c'était de l'or, tu sais, j'en étais fou. Sûrement pas demain sûrement pas dès l'aube, mais oui, un jour de faiblesse sur le chemin qui va par la montagne et la forêt. J'irai un peu à l'écart du cimetière, tomber à genoux sur la terre les mains dans l'humus qui recouvre les roches. J'écouterai le vent se glisser dans les branches, seul dans le silence retombé et dans l'espoir du pardon, je te dirai...
  18. 11 points
    Vous passerez, oui, dites-moi que vous viendrez Quand l’air du soir vendange les vieux souvenirs, Que l’étincelle au bord de vos yeux tant aimés Ne cessera jamais, non jamais, de fleurir. Vous passerez, oui, vous passerez sans pleur, Comme ce premier jour en son vaste sourire Où, dans le lointain, chantaient de sombres rumeurs, Des vents informes dont les cœurs se déchirent. Vous étiez mon idéale inconnue, O métamorphose hideuse et glacée Des morts en la terre, en leur souffle retenu, Où l’ombre se dissout sur leurs chants dévoisés. Vous serez, quand jaillira enfin l’éclaircie Au décolleté d’une aurore permise, Ni désastre ni trouble où prêche l’ennui, Juste un rêve bleu aux lèvres soumises. J’entends mourir les vagues sur les rochers, L’ivresse de celles tant de foi revenues, La mer, la douloureuse, la mer ma bien aimée Sait notre amour, en nos âmes contenu.
  19. 11 points
    La trentaine, des cheveux noirs coupés en frange, une mèche rebelle tombant devant ses yeux, des mains pour caresser, gantées d’une peau d’albâtre sous laquelle se dessinent des veines en arabesques… Belle étrangère, vous étiez la princesse de ce wagon rempli de singes savants costumés. Face à vous, je demeurais avec mon cœur mis à nu tandis que vous vous drapiez dans le rêve. Des pages se tournaient dans un froissement de silence écorché par le bruit de l’acier sur les rails ; des regards se cherchaient en prenant soin de s’éviter ; des effluves d’existence se frôlaient en veillant à ne pas s’étreindre. Un sourire était venu habiller vos lèvres. Je me suis fracassé dessus, me perdant dans le décor des lignes de ma lecture. Les phrases du roman tombaient l’une après l’autre à terre devant vos pieds. Je n’osais me pencher par peur de fissurer ce rêve que vous teniez et qui vous habitait à la perfection. Dans les noirs tunnels parisiens, j’ai goûté silencieusement à votre reflet. Un goût doux et sucré, un parfum aux éclats d’enfance parsemé de pépites de nostalgie coulait dans le gosier asséché de mes songes. Capturant votre reflet sur la vitre, je l’ai soigneusement déposé sur mon cœur mis à nu. Les pages du livre étaient blanches. Il me fallait de nouveau écrire l’histoire. Les notes suaves de vos doigts effleurant amoureusement les pages de votre rêve pour les coucher sur un lit de tendresse amorçaient une danse sensuelle sur le bord de mes tympans avant de s’embrasser, le tapissant de la plus sublime des mélodies. Mon oreille si imparfaite était absolue. Chaque page tournée écrivait la partition de votre image. Quand vous avez quitté ce wagon, belle étrangère, vos pas ont foulé ces mots qui gisaient à l’agonie. Sans doute ne le saurez-vous jamais, mais si vous avez senti votre cœur frémir ce jour, votre trouble ne fut que l’écho d’un homme dessinant l’esquisse de votre souvenir à l’encre frémissante d’un reflet capturé tout en murmurant les contours de votre présence au passé.
  20. 11 points
    étanche est le silence qui nous sépare aucune fissure aucune faille même pas un sourire pour le bouger. on a muré l'espace avec des silences concassés et on parle par signes en palpant l'amour en oubliant que l’âme introvertie d'Icare s’approche de plus en plus du soleil.
  21. 11 points
    Reste encore un peu à cette heure du soir que ton ombre ne s'égare dans le vide de la nuit Ouvre-moi tes mains que j'y puise ton odeur que rien ne soit perdu que menace l'oubli Reste , si tu peux dans le souffle de ma vie avant le feu qui s'éteint ayant brûlé l'inaccompli Prête-moi tes yeux j'ai envie de rêver le ciel est déjà gris mais ta lumière me suffit Si tu n'es qu'un murmure le sourire d'un instant au seuil de chaque jour je m'assieds et je t'attends
  22. 11 points
    Voué à la noirceur d'un poison indolore, Il me vient des envies sous ta lune effeuillée... Ô rhésus de la nuit toutes griffes dehors! Sais-tu que tout mon sang prend ton goût de damnée?.. Ivresse de ton ombre à l'affût des coulures! Ta foulée en canon entre rut et tanière, Te transforme en un croc pour l'ultime morsure, Un baiser des ténèbres au parfum de panthère. Viens, extase ou sentence à la pulpe fatale! Croque-moi en douceur pour l'amour d'une étoile, Oeuvre pour mon sexe témoin de l'hydre blanche, De ta bouche à tes seins que je meure à tes hanches!...
  23. 11 points
    Les biens et les maux sont similaires Macérés dans l'éthanol. La fillette chante les chants d'hiver Pour raviver le cœur des hommes. Des âmes se meurent de solitude, Leurs corps las se joignent à la danse. Les pavés d'or de Paris s'usent, Se voudraient piétinés d'argent. Roi de Belfort, L’avez-vous vue Dans ce désordre D’enfants déçus ? Roi de Belfort, Elle, a tout vu ! : Malices du sort, Grands gens déchus. Et les saules qui miment les louvoyants Au gré des coups, au gré des vents. Et les chaudes larmes coulant du ciel Sur les fleuves aux traits superficiels, Sur le givre figé par-dessus les plaines, Sur les peaux plâtrées, dans les veines. Trop loin des plaines, trop près des fêtes La petite sèche ses allumettes. Roi de Belfort, L’avez-vous vue Griffée au corps, Enfant déçue ? Roi de Belfort, Elle, a tout vu ! : Les mises à mort, Les anges perdus. Au coin d’un feu, au coin d’une fête Rue de l'enfer, rue Rochereau. Boui-boui terni, couleur de l’eau, Et ses rythmes ignés qui m’entêtent. J’y hume le pain d'épices ou l'éther, Nourris les gueux de rêves mourants. Un vieux père vagabond me sert, La fille se noie dans son absence.
  24. 10 points
    L'éphémère s'en va Tend les bras à qui veut Ne sait à qui il se donne Imagine guère à qui il manque. L'éphémère c'est un signe Imperceptible, un fil de lumière Une main tendue, un mot offert Une rencontre fortuite, un silence bruissant. L'éphémère c'est un instant Ordinaire qui crée de l'inattendu Une route qui s'égare quelque part Un train qui n'arrive pas à l'heure Un bateau en partance plus tôt. L'éphémère c'est une rencontre Absente qui joue les déferlantes C'est un visage que l'on ne peut oublier C'est un sourire anodin qui prend de la place C'est toi à qui j'ai dit oui pour la vie.
  25. 10 points
    J’ai déchaussé ton talon d’orchidée noire Le tropique solaire d’un plexus irrigué Ta jambe en élytre de soie dentellière Pleurait sa cambrure entre mes mains Cravache et nacre amoureusement mêlées M’ont promis les morsures du défi Mes mains sur tes mains araignées Ont tissé sur le fil du soir leur rasoir aiguisé L’émeraude a prié le ciel irisé D’un souffle j’ai tout emporté D’un cri j’ai tout déchiré Le camaïeu des alcools et tes reins fatigués Fallait il que la nuit soit inutile à murmurer Ma peau sur ta peau en guise de patience Ma bouche sur l’envie saline Câline à se vouloir demain C’est que le temps qui sonne Le temps qui vole, le temps qui tue Est assassin de nos rires perdus Et perle de sucre nos souvenirs d’automne Il en viendra des marbrures d’ocre et de sang A faire le rideau de nos entractes Des griffes d’apnées en cataractes Nous ruisseler en jouissant Je te dirai le mot labyrinthe, le mot dédale, le mot Icare Je déviderai de ta jupe le fil d’Ariane Moi le Minotaure percé au flanc par l’illusoire Au mufle agonisant dans l’étau de ta folie castillane Nous reviendrons pèlerins de misère Enchâssés sur le matelas Compostelle Qui nous fera renaître infiniment En balanciers piroguant les ventres Implorant l’escarcelle d’un levant Une tache de rouge et trois gouttes blanches Les mains jointes en arc roman Pour cercler d’or nos dimanches Je n’ai pas d’autre rivage que le récif de ta nuque Je n’ai pas d’autre envie que mourir en ton matin Je n’ai pas d’autre absolu que de faire toujours ton dessin Je n’ai pas d’autre choix que d’encrer tes yeux sur mon parchemin ***
  26. 10 points
    Dans cette seconde qui s’éternise Passablement blessée Dans cet instant qui me chavire Soudain ravissement Il est une aile qui m’électrise Celle de l’oiseau lové Dans les branchages de notre vie Que nos mains tissent, souvent Puisqu’il m’est souvent insensé D’apaiser mes terreurs De t’offrir sereine un baiser De quitter ma torpeur Alors viens Aime-moi encore répare les miroirs brisés arrose chaque jour les fleurs Ramasse ce grand fracas silencieux et fait de tout ce désordre Un abri
  27. 10 points
    J’élague la nuit à grandes brassées de mots. Rien n’est perdu, puisque le silence ne ronge pas la mémoire et le chant, gravé dans l’écorce, toujours résonne. Le vent porte des serments d’autrefois aux lisière de l’éternité. Une écharde étincelante, plantée aux pieds du rêve, réveille l’enivrante douleur de se sentir en vie.
  28. 10 points
    La poésie est un jardin métaphysique. Cris en thèmes et pensées, groupés en florilège. Dans tout poète vit le Dieu ésotérique, d' une armée de symboles qui s' avancent en cortège. Il pleut des sortilèges sur ces morceaux de landes. Les colonnes du ciel se brisent à chaque instant. Des systèmes s' effondrent, des cartes et des légendes; Et des pans de mémoires sont prisonniers du temps. Tu es pourtant l' enfant d' un miracle stellaire: La rencontre d' une âme ,captive d' un maléfice, et d' un astéroïde à des années lumière; Fragment d' éternité au bord d' un précipice. j' ai bu à ton calice . Mais jusqu' à l' hallali, avais soif d' adultère, et pour tromper l' ennui; je peignais des girafes aux couleurs de l' oubli. l' amble est notre allure, pour enjamber la nuit . L' espoir s' évanouit dans la fuite des jours. nous confions au jusant l' espérance blessée, mais la marée montante nous ramène toujours, en vagues souvenirs, l' écume du passé. ------------------------------------------------------ Brisons le pentagramme, comme prévoit le rite : En saisir une branche ; percer l' œil ténébreux! Mais lui depuis longtemps, avait fui son orbite. L' œil sur la pyramide est de la poudre aux yeux...
  29. 10 points
    Ce soir je suis de silence de plaintes muettes sur la page blême de l’absence Mon âme s’évade lentement sur les voies embrumées de vos mémoires tortueuses Sourcillerez-vous au souffle solitaire de son passage
  30. 10 points
    C'est le douze ! sur mon trente-et-un de la louze, je terrifie mon regard d'un mascara noir. Sur mes lèvres rose-espoir se croquent des notes aux saveurs mélonautes*. Tandis que je crécelle mes plus hauts décibels au macro-pascal de l'extrême, et que "L'amour est enfant de bohème", inonde les ondes sylphides, j'entends les choristes du huitième frapper le plafond d'un balai perfide. Aujourd'hui, rien ne m'attriste, j'ai rendez-vous. Je dévale, l'escalier qui n'en finit plus de colimaçer. Neuf fois trois cents soixante degrés plus bas, sur le palier de serge le concierge, je concède un millimètre virgule trois de nylon beige à la porte ultime, sabotée au rabotage qui me sépare de mon destin. J'enjambe un chien bâillant sous ma maille, le cabot désinvolte qui laisse parfois ses crottes, sur les bienveillants "bienvenus" de la résidence "Les dahus". Alors de magnifiques jurons résonnent en échos polyphoniques, suivant une trajetoire plus qu'aléatoire, le long des couloirs acoustiques. Les parties communes en miroir se disputent le privilège, de chasser "Exquineige", le toutou bien-aimé du pépé du premier. Les yeux du vieillard se remplissent de larmes, de belles grosses gouttes humides, qui font renoncer dare-dare à lui imposer comme drame la perte de l'animal stupide. Je salue le voisinage, offrant mes mots au vent, pas certaine à vrai dire que le corps de ma phrase à l'allure compressée fût saisie de tous. Mes bas se filent, sur la chaussée escarpée. Feux rouges-baisers et rapides convenances, inconduisent un chauffard de circonstance. L'escarpin chausse à volonté le pas pressé. Le passage piétine, sous pieds-épris, Mon rendez-vous approche son heure de gloire. L'enjambée joue de la rue en cogne-trottoir, Il apparait la mine réjouie. Je termine contre son coeur ma course folle, Il me gâte de sa bouche dont je raffole. * Nom propre du Grec melos chant mélodieux et nautes navigateur, inventé pour faire une rime même pas utile, ce mot a cependant un vague rapport avec l'histoire, sans la faire avancer, il ne la fait pas reculer non plus.
  31. 10 points
    il me faudrait un brin de folie que les mots s'enchevêtrent dans ma paume poussent sous mes ongles s'ancrent dans mes rhizomes que mes images se télescopent en une calligraphie réplique de mes illusions
  32. 10 points
    Ses cheveux sont aussi noirs que son regard Ce regard de femme-enfant aussi enjôleur que terrifiant. Pour parfaire son image, elle accorde sa bouche et ses cils A sa couleur dominante. Elle n'est apparemment qu'obscurité Et pourtant... Elle se pose là. Comme un joli point noir en bout de phrase. Elle s'impose, Point à la ligne. J'aurais voulu être la majuscule qui la suit Ou plutôt, La minus-lettre qui la précède. Lui donner tout doucement la main Et lui laisser dicter le rythme. Car au bout de ses doigts, Je ne me pose plus d'interrogations! Elle est le point qui me met en suspension. Je balbutie, aussi proche de la dyslexie que de l'apoplexie. Ouvrez les guillemets, vite, vite: il faut que je respire! ... ... Fermez-les, je suis guilleret: Elle me tient toujours la main. Elle a mis les points sur tous les i: Ses yeux charbon m'invitent à la suivre. Point de tergiversations. Entre parenthèses, j'avoue: J'aime bien quand, entre elle et moi, ça se termine par Trois petits points. NB: Ce texte est issu de mon recueil "B-rêves", je l'ai brodé en vue d'une exposition qui aura lieu à l'automne prochain.
  33. 9 points
    Je m’en vais… Je m’en vais sous le phare égoïste du temps Car le songe s’est altéré, je ne pense plus, Je m’en vais avec mes sanglots en moi perdus Et à moi-même je dis, je t’ai aimé le temps ! Je vais où pleurent les fontaines, de tous leurs maux, Au crépuscule où se console le jour fini, À la nuit sereine dans son écrin d’infini, À ce printemps où le vent blesse les coquelicots. Je vais au front de l’enfant qui s’est endormi, Cette aube secrète dans son écharpe de brume Où des pluies étranges en moi s’exhument, Sur les trottoirs usés de ma mélancolie, Je vais sur tes lèvres mauves m’assouvir, Va, je serai docile sous ton baiser sans fin, À tes nuits où inlassablement je reviens, Dans ton regard où tu me verras mourir
  34. 9 points
    Le vent se ramène avec une odeur de foin, Il porte des onglets qui font froid dans le dos, Messager du tyran sous ses airs de vaurien, Il chamaille un feuillage étranglé au lasso. La forêt fait le guet, gueuse au vert capuchon, Les raclements de gorge, au loin, sont ses jurons; Là-haut on voit monter des gradins effrayants, La sentence noircit, on entend le géant. L'orage gronde. Le ciel met des broussailles et fronce les nuages, Il évoque un prétoire aux éclairs cruciformes, Un complot d'insoumis enrage dans leur cage, Ils seront tous jugés par le monarque énorme. Son immense vaisseau fait d'un œil-hublot noir, Furoncle le néant de rocs et de gravats, Le pont incandescent compresse toutes voix Et rien n'échappera au pilon des quasars. L'orage gronde. Les oiseaux des sous-bois en quidams réunis Tiennent le la moqueur pour qui s'aime affolé; Le livre des mousses n'alarme pas les nids Et prédit des chansons par la douce feuillée. La terreur est là-bas, tenaillant les montagnes, On éventre les cieux! Flamme au soc des charrues! Et des tiraillements vont à perte de vue Enchaîner les damnés dans le fracas des bagnes. L'orage gronde. Quelques éclats d'obus font trembler la prairie, Les insectes ont la foi à l'heure où tout se fâche, Ils brodent égrillards les haillons du temps gris, Chuchotent leur giron à l'abri sous des bâches. Le monstre fait son poids, le choc s'écrase et court... Ô forges furieuses où s'effondrent les foudres, Des armées sur le front vont pouvoir en découdre A coups de nuits trempées dans le sang d'Azincourt. L'orage gronde. Pourquoi ce tumulus dans ce noir firmament? Sangle-t-on un caveau qu'on tire à bout de nerf? La bouche du tombeau nous offre un toit souffrant Faisant de lourds débris, des chaos pour ampères. Et l'abîme ouvre en grand sa cuirasse de plomb, Et la voûte endiablée engrosse des canons, La terre ne dit rien selon le vœu des pierres, Elle appelle à l'écoute en se tenant les lierres. L'orage gronde. Par là, tout près, quoi d'autre?...Alerte au cauchemar! Les roses des charniers pâlissent au grisou, Le maître sur chenille arrive patrouillard En écrasant les crânes aux abords des cailloux. La lande s'engourdit, empaille le silence, Frisson d'abattement, sentinelle d'errance, Le ciel peut dévoiler le triptyque féroce : Le tonnerre et la pluie, le buste du colosse... L'orage gronde.
  35. 9 points
    je n'ai plus les mots pour te dire quel soleil s'est éteint il a suffi d’un courant d’air pour que file ma mémoire paumes ouvertes je suture mon pauvre ciel d’onguents de rêves, d’épingles de pin raconte-moi encore le goût qu'avaient les mûres sauvages le ciel polisson, la tristesse des nuages j’ai perdu le refrain je n’ai plus les mots pour te dire je n’en ai pas besoin le vieux monsieur porte une casquette c’est l’époque des cerises mon visage a vu fleurir de multiples sourires malgré le rude hiver et les pousses de pluie raconte-moi encore l’odeur du soleil quand il danse sur ta peau les orages déçus, la tendresse d’un mot j’en tricote un refrain
  36. 9 points
    Ton ventre tatoué de ses caresses vallée d'interdites amoures safrané comme une plage d'Indonésie se tait sous l'assaut curieux de deux doigts qui se posent là où tu ne sais pas Il a pris de ta chair les rêves endormis tes vêtements sur la chaise sont des chiffons de peur que tu as laissés là pour te montrer entière à celui qui te vois Et maintenant tu pleures, la chienne s'est tue pour lécher ses blessures il a caressé ta tête dans son dernier sursaut que fallait-il lui dire reste auprès de moi ?
  37. 9 points
    Ma testostérone a de la mémoire elle se souvient des chants d’hormones que moissonne le printemps Elle se souvient des soies de Chine et du Japon des ocres d’Afrique et des turbans L’échancrure d’un tissu la goutte de sueur l’exotisme d’une épice dont le souvenir ravive des odeurs plus intimes des vins de soleil, des cuissons mijotantes J’aime les blés tendres J’aime les blés mûrs J’aime la terre meuble et le carrelage où les jambes des femmes se mirent dont on rêve le flou quand s’estompe l’image de leur passage luisant Les premières langueurs quand vient le vent pollen des désirs, achèvent d’accomplir la propagation sublime J’ai pour cibles tes amours naissantes aux vagues de l’ennui J’ai pour crible le tamis des mosaïques où ton regard se perd J’ai pour bible l’index de ta table des matières Je suis voyeur, aussi voyant à l’occasion voyou de circonstances voyageur impénitent sur les chemins du plaisir accoudé à un vieux tram nommé désir Et je n’ai pas de scrupules à te prendre la main pour implorer ton pardon quand dans mes courses vagabondes je dérive de toi…
  38. 9 points
    Là où la lune boit la colline, les lilas bleus, les murs de pierres sèches Près du saule pleureur sur le puits de granit Un simple caillou fait vibrer des cercles de joie L’instant a un goût d’éternité Elle sait les mains ne se frôlent qu’à travers des barreaux Mais elles sculptent les arbres morts, insufflent la vie
  39. 9 points
    Ce baiser tant langui, je l'ai chanté aux anges, J'en ai parlé aux fleurs qui bordaient mes sentiers, Aux peintres de la mer qui rêvaient de mélanges, Aux saisons, aux oiseaux, à la nuit étoilée. Ce baiser espéré, je le craignais sans doute, -Pour un poète en noir l'espoir n'est pas permis- Il a suffi de toi, lumière sur ma route, Pour y croire à nouveau et chasser mes "tant pis". Ce baiser m'a surpris; te prenant par la taille, L'appel de ton parfum ne montrait que ta joue. Un mot à peine né de mes sombres entrailles Soudain s'effilocha comme un pleutre miaou... Ce baiser libéré, l'index mis sur ta bouche, Cet ineffable goût, ces scellés de l'été, Ces plis d'ailes moirées sur tes lèvres farouches, Cachaient nos deux prénoms dans un nid d'oiselets...
  40. 9 points
    dehors il pleut avec des instants - en moi avec des années. et l'air est sombre et larmoie des oiseaux. mon sang a la couleur du marronnier et les pleurs m'embrassent comme un torrent - sans motif. le temps est plus triste qu'hier et la rouille tombe sur moi - leitmotiv.
  41. 9 points
    aujourd'hui j'ai dépoussiéré mon cœur j'ai nettoyé mes vers d'encre j'ai caché les sabres les boucliers j'ai allumé la lumière dans ma chambre et je t'ai attendu. tu es rentré comme dans une forteresse vétuste puis assis dans mon coin tu as commencé à me parler d'ailes je n’entendais pas ta voix seulement un frémissement.
  42. 9 points
    Hélas soudain j’ai vieilli quelle bizarrerie Et inlassablement je cherche au fond de moi Cet enfant blond au front rêveur qui m’a trahi Celui dont la chair était peut-être ce moi Ici je ne vois plus cette main indécise Ce regard émerveillé dans la lumière Quant au soir sous juillet tombaient les cerises Mêlant au vent le murmure des roselières Quelle vague quel soleil dans l’écume des heures Retient les rires penchés aux fenêtres du temps Quel nuage en de secrets vents sait mes pleurs Quel pétale se souvient en un froissement Etait-ce moi dans l’hasardeux dédale des chemins Sous le regard clair du jour au pas si pressé Ma mère silencieusement nous ne faisions qu’un En nos nuits vermeilles que le temps a délaissé
  43. 9 points
    À l'abri du bosquet qui coiffait la colline, Sur le chant d'un oiseau tu te couchas plus belle, C'était la fin du jour sur la portée câline, Ton dos couvrît le sol quand se tut la sittelle. Le doux silence vint nous scellant un langage De baisers inconnus à cent feux à la ronde, Je te faisais l'amour, nous étions seuls au monde, Rien que le vent curieux derrière le feuillage. Pour nous ficeler d'or et dans ce merveilleux, Une brise au long fil passa tout doucement Sur les plus jolies fleurs, dans l'entrebâillement, Faisant sur nos poignets un lien des plus précieux. Emporté dans l'élan, je te levai au ciel, Je te fis tournoyer à portée de la buse, La grâce de tes yeux renversant l'Éternel, Ce n'était plus deux proies mais une valse-ruse; Et dans leur folle chute avant l'ultime à-coup, Retrouver le soleil adoubait le mois d'août, Quand un nuage chut, victime d'une crampe, Il hissa ton regard sous les feux de la rampe. Fine éclipse de larme éprouvée par sa course, Cet émoi recueillit l'enlacement des sources, Et derrière l'orgasme, crique aux rinceaux de mer, Une étoile dormait sur un édredon vert...
  44. 9 points
    ciel cendré à la lisière de l'hésitation nouée de nuées de neiges de néons à métalliser la lumière des liserons électriques des ampoules de lierre là où le bleu se confond en excuses de sel de fer quand on cède au cèdre cette envie de cesser Berlin, le 28 octobre 2017 “Les cendres du cèdre bleu“ (recueil en cours d'écriture)
  45. 9 points
    Cette nuit, je t’ai vue. Tu pleurais mon ange. Cette nuit, je t’ai entendue. Tu hurlais ton silence. Dans une coupe argentée sertie des pierres précieuses les plus fines de l’Orient, j’ai recueilli chacune de tes larmes. Le calice sacré se remplissait de tes souffrances. Je me suis miré en son sein. Voyant tes perles d’infinie douleur, j’ai versé mon obole. Communiant à tes angoisses, mes pleurs sont venus épouser les tiens dans une étreinte d’amants. Cette nuit, je t’ai rêvée. Tu riais mon cœur. Cette nuit, je t’ai dessinée. Tu chuchotais douceur. Je suis monté sur les monts les plus hauts du globe. Ils n’étaient point assez élevés. J’ai gravi les marches de l’Olympe. Ils me semblaient toujours trop bas. Élevant les bras vers les cieux, j’ai invoqué les dieux. La voûte céleste s’est déchirée. Les étoiles m’ont habillé de leurs habits de lumière et d’Éternité. Cette nuit, je t’ai sublimée. Tu épousais mon cœur. Cette nuit, je t’ai transcendée. Tu te drapais de ma douceur. J’ai enfourché la comète du grand Songe. Sur le miroir parcheminé de nos illusions nocturnes, mon amour est venu commander aux astres. L’étoile du berger s’est fendue. La Grande Ourse a explosé en myriades de lucioles. Prenant le calice sacré, j’ai répandu tes perles d’émotion, les semant au gré des vents cosmiques. Cette nuit, j’ai gravé ton image dans les cieux. Trésor rutilant de mille feux. Cette nuit, une constellation brille pour toi. Œuvre d’Art d’un cœur en émoi.
  46. 9 points
    Il y avait un matin de neige, une enfance une ombre disloquée sur les murets des sentes... Elle se conviait aux terres sanguines englouties par le blanc aux croix de soleil révélées par les branches —Elles ont fait ce que je suis— Ignorer le flux des sources: il ressasse la fuite perlée du temps pour se retrouver une, avant et maintenant
  47. 9 points
    Terre d’Angélus « Au centre de la poésie, un contradicteur t’attend. C’est ton souverain. Lutte loyalement avec lui » René Char A l'Orient éclot un diamant serti d'organdi, rosé d’aurore, Enveloppé de longs lacis d'or, qui s'étirent très loin à l'infini, Se déchirent et voilent d'une fine pelure de dorure la flore, Du sillon des champs aux marais, au matin d'avant midi. A l'heure des silences où rien ne bouge, la lumière céleste S'étire élégante, puis lestement irradie la voûte d'ambre et de feu, Embrasant d'une pluie d’étincelles un coin de l'univers sans fête, Pour qu'enfin, se taisent au-dessus de nos têtes, tous les boutefeux. A regarder tes yeux pleins de dolence sangloter tout bas, Une larme d'opaline rencontre ton cœur qui hoquette de joie, Cueille la douce sérénité qui t'habite et s'étonne de tout cela, Si bien qu'il m'arrive, certains jours de doute, de songer à toi. A te chercher les soirs d'orages quand se trouble ma vision Malmenée par la vacuité ou par quelques maladresses, Je marche vers toi ignorant qu'il s'agit des pas de la floraison, Qui résonnent à l'angélus, comme un hymne à la sagesse. A écouter mille voix chanter la vie sur le ton de la confidence, Mes mains s'entrouvrent d'envies, pour que demeure encore Au bout de mes doigts, quelques notes d'harmonie sans importance, Où avec l'autre - peut-être toi - cesseront bien des désaccords !
  48. 9 points
    Dans les jardins exsangues de nos lendemains, Les larmes d'ivoire jonchent les sols craquelés. Sur le bitume épais d'un quotidien poisseux, Les rires des enfants oubliés se fracassent. Sous la lumière falote d'un réverbère éventré, Un homme caresse le pelage d'un chien mort. Ses doigts s'enroulent autour des poils ternes, Et l'univers semble dormir dans sa bouche. Chacun quête l'obole d'un visage abandonné Dans les rues fangeuses des atomes urbains. Mais dans l'apnée de nos insomnies décapitées, Rien si ce n'est le crachat d'un Dieu en voyage.
  49. 9 points
    Rocs noirs Vous les charbonniers Issus du monde sous-marin Stalagmites géantes Déchirant le lin de mer Aux fils d’écumes capricieux Vous tentez vainement de les renouer. Blocs noirs zébrés de morsures Aux branchies inutiles Mollusques pétrifiés Aux caractères bien trempés Opiniâtres jusqu’à la témérité Isolément, vous faites face Et ne reculez pas d’un pouce Au bas de la pointe du Meinga. Les ajoncs et les bruyères Les fougères nichées ici et là Autour de la chapelle du Verger - Ex-voto pour bisquines fatiguées - Assurent le guet jusqu’à bon port ! Et des larmes de roc aux larmes de corps S’écoule le sel de la vie. Et des brumes d’été aux vents contrariés File le temps aux reflets d’or. Et de tes yeux tout ennuagés D’une fine pluie, harpe insaisissable Se lit une symphonie arc-en-ciel. Voussure aux larmes généreuses Ligne de partage des eaux Où ton sexe larmoie de transpiration Vers l’océan, ta mère d’adoption. Et je ferme tes yeux Et je ferme les miens Pour mieux te rencontrer Pour enfin mieux de voir. Tes cheveux fous s’encordent Et moi je m’y amarre De toutes mes forces Fille du vent aux lignes lactescentes Je suis ton souffle Tu es ma respiration. Et ainsi nous cabotons Vers un horizon instable Fort et faible de nous Au lit des différences Je crie ton nom Sur l’immuable roc.
  50. 9 points
    Tout tremble Sans trembler vraiment Le soir descend Avec son trop plein d’ombres Et je danse dans les bras Amoureux du vent Et je glisse sous le jour Vers ces nuits lumineuses Où des lunes s’abandonnent Sur de vieux abat-jours Au loin l’absence s’en est retournée Au plus profond de ma mémoire Et la rivière de son long souffle Caresse l’écueil des jours Ô que les nuits sont douces A t’attendre toi ce vieux nuage Qui embrasse toutes mes lunes tristes

Association régie par la loi du 1er juillet 1901, Accents poétiques vise à promouvoir les auteurs littéraires méconnus ou peu connus à travers la publication de recueils à compte d’éditeur. En offrant un forum de poésie à toutes les personnes désireuses de partager leurs muses, nous souhaitons également permettre à toutes les plumes de s'ébattre librement en ligne dans un cadre ouvert mais néanmoins garant d'une certaine qualité littéraire à travers les sélections de notre comité de rédaction.

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