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  1. Thy Jeanin

    Thy Jeanin

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Contenu populaire

Affichage du contenu avec la meilleure réputation depuis le 19/03/2021 dans toutes les zones

  1. Dans les vergers aux fausses notes la folie des herbes soulève lentement une mélodie de feuilles mortes qui du beffroi de l'église attise la curiosité Le clocher du village se prend alors de passion pour ce silencieux tintamarre et sonne avec malice l'angélus aux heures sacrilèges où les jardiniers rêvent
    15 points
  2. Une dame aux cheveux blancs me dit : - « C’est dimanche et il va faire beau, Ce matin, il viendra mon mari, Je l’attends comme un joli cadeau ; Nous irons dans le petit jardin, Je vous verrai pendant le goûter ; J’ai mes lunettes, mon sac à main, Je vous embrasse, bonne journée ! Quatre heures sonnent, les tourtereaux, Émus, complice de leur écrin, Sont rentrés pour un peu de gâteau… -De l’orgeat, monsieur, vous savez bien !... Alors, elle embrasse son héros, Il s’en va, salue quelques anciens
    15 points
  3. « Viens tout près de moi t’asseoir Ne parle plus, ce soir. » Jazy Ruis Le bleu de l’océan Découpé de rocs ensablés Lézarde sous le soleil Les hommes rient Au vent d’Ouest Sous les conifères penchés Les femmes prient L’amour de grandir Même par avis de tempête Crocheté par deux cheminées Le bleu de l’océan S’égosille de mouettes Sur les terres basses Les volets blancs Aux toits ardoisés volent Le bleu de l’océan S’assombrit Et la terre devient noire
    14 points
  4. Insertion Les longs couteaux d’acier tailladent la nuit sombre Au dessus des sabkhas, la voilure tournante Volant au ras du sol, voltige hallucinante Déchire le silence et passe comme une ombre L’oiseau noir, en son sein, transporte des fantômes Des spectres harnachés, qui feraient peur à voir Hommes ou bien démons, qu’importe car ce soir Les armes pèsent lourd dans le creux de leurs paumes Sur la carte, leur chef l’a montré ce matin Messieurs, il y a là un endroit stratégique Furtivement, ils vont en cette mécanique Vers l’Eup
    14 points
  5. Respirons les étoiles Les arbres La soif Respirons les oiseaux La mousse verte d’altitude Les lèvres du désordre L’œuvre surgit sans gouvernail Dans l’ivresse des tempêtes marines Admirable illusion Sourde aux secrets des vagues L’écorce infidèle Dans l’épreuve abstraite Désarmée devant l’obstacle Ajuste l’intervalle aux regrets Il faut bien de temps à autre Créer l’exception Pour confirmer la règle Alors Respirons le sel.
    13 points
  6. Je t’ai cherchée la nuit quand le ciel dévorait Les étoiles d’oubli et que le temps masquait Dans les mains de l’ennui pour un autre mirage Sur le sable d’espoirs les traits de ton visage L’espace autour de moi immense se courbait Se refermait sur toi ta bouche se figeait Une brume un désert étaient tout mon partage Dans le vide où j’errais en misérable otage Mais ce n’était pas toi tu n’étais plus en vie Tu n’étais à personne étrangère au désir Une ombre deux fois ombre au monde que j’envie J’ai perdu ton image vo
    13 points
  7. Quand il était camé, Léon, Nous faisait le caméléon ; Et elle en avait marre, Lou, De vivre avec un tel marlou. Léon fumait trop de haschich Et pourtant Lou disait : ah ! chiche Que tu arrêtes ce poison En te nourrissant de poisson. Léon se sentait moche. Lou Refusait cette vie chelou Qui lui pesait sur l'haricot. Heureusement que le covid, D'une existence un poco vide, Sonna la fin des haricots.
    13 points
  8. La cécité s'éprend du jour naissant Dans une irréalité incendiaire. Le monde se dissout dans la lumière A l'aube de l'adversité, rêvant. Entre les murs enserrés du destin, Le désir se noie dans un long baiser Où il s'abreuve en vain d'éternité Sur les rives bleues du temps souverain. Les pensées se délitent sur le sel Des soupirs des amants, inapaisés Dans l'intempérance transfigurée Suspendue à l'horloge universelle. Dans l'étreinte troublée de la passion, Sur l'aile du désir, le temps s'oublie Et s'imm
    12 points
  9. L’homme se tient debout sur le rocher austère, Les mains sur les hanches, demi-nu face au large Il contemple la fosse où, remous, la mer gicle Terrible et gracieuse, lui médite ces mots Sérénité du roc, immensité de l’eau… Faiblesse et brièveté de l’homme au verso, Il n’y est pas encore, à ces trente-quatre ans Qu’il n’atteindra jamais, seul sur son roc, une île Que s’apprête la nuit à briser sans un bruit, Il foule la terre des Grecs en noir et blanc, Mon père est cet homme, il a posé ailleurs Ainsi qu’un demi-dieu défiant l’im
    12 points
  10. La lune lève les yeux et se mord les lèvres car le ciel dérobe les aréoles de bijou à sa bouche de platine aussi toute la nuit s’illumine à sa joue sa moue langoureuse d’amoureuse ébahie elle sème ses larmes en autant d’étincelles sur le grand torse sans vie et la flûte du berger essouffle ses chagrins mais son cœur pétrifié ne réchauffe pas son bel endormi depuis longtemps parti rejoindre l’infini.
    12 points
  11. Je ne vois votre main reposer sur la mort Votre bouche incarnate en est presque boudeuse Vos cheveux sont de jais dans la lumière d’or Et votre œil noir fixé sur la flamme fumeuse Je ne vois votre main reposer sur la mort Mais votre épaule nue à la courbe aguicheuse Votre ventre un peu rond et vos jambes encore Qui appellent l’amour et la caresse heureuse La corde qui retient la jupe sous vos seins Est la simplicité qui me fait défaillir Et la chemise blanche un appel à dessein Deux livres sont aussi près de la la
    12 points
  12. After the Dance - Ramón Casas i Carbó Joli songe qui s'invite en paressedoux mensonge qui met mon coeur en liesse à la tendre merci de folies tu me laisses vers des jeux amoureux tu me presses dans la sombre minuit je m'affole et goûte aux caresses frivoles d'un amant tendre et envoûtant qui m'étreint à faire flotter mon âme et m'enflamme de mille et un tourments je me pâme sur sa lèvre si belle Ô rêve ardent, que je sois immortelle pour être ainsi choyée dans une éternité de ces bonheurs divins, cette extase sacrée, joli songe, je t'
    12 points
  13. l'oiseau se porcelaine dans le nid vermeil la coronille naine a aspiré tout le soleil une silhouette solitaire disparaît doucement dans le vent quelques éclats de verre vivent leurs derniers moments la guêpe dépoussière ses ailes et sourit de bonheur tous les parfums sont pour elle une étrange langueur sous l'interminable confidence des neiges venues de très haut le printemps entre en transe petit poucet aux flambes d'eau déjà loin la silhouette solitaire se retourne une
    11 points
  14. J'ai tamisé ma vie au philtre de l'amour Et mon âme ravie debout sur la mer morte Engendra des remous dans ses eaux peu accortes Alors que tout de moi s'enivrait des beaux jours. Sur des flots visités par la houle du temps, Seuls les hauts-fonds transis par un souffle d'enfer Transportaient ma rancœur du fin fond des éthers Vers la vague propice au cœur de l'océan. Jusqu'à quand le radeau portera-t-il l'espoir D'une joie misérable à force d'écoper Les chagrins et les peurs sur le fil du rasoir ? Je ne suis qu'un passan
    11 points
  15. Tara dolorosa il me manque oui me manque l’expir plus léger l’aile d’ange éveil je suis l’incarnation de ce que tu voudras de ce qui se pourra écarlate mon aube écarte ma nuit Tara dolorosa ma sœur de sel ma fleur de fiel je te l’offre en gâteau sacrificiel ma chair ensongée en ses draps de mémoire et ses drapeaux de gloire sont nôtres clochettes d’éternité Tara dolorosa les colonnes du ciel blanches de miel font des hauts lacs les autels du bonheur et moi
    11 points
  16. Face à la géante émeraude dentelée de colère aux mains d’ogresse prête à saisir maisons sur le quai désert ruisselant d’amertume affrontées à la gueule d’orage les rues sont aires qui chancellent rincées de sel les dames de granit se terrent et se serrent silencieuses ménagères certaines sont bleues d’effroi d’autres en ont la jaunisse les blanches font les mortes une seule que le plaisir rosit sous son chapeau d’ardoises celle-ci se rit de l’ire et de la noise défie l’Iroise
    11 points
  17. S’effacent dans la nuit des feux phosphorescents Puis naît l’aube indécise aux fluides laitages Avant le jour en fleurs du mois d’avril naissant Et la vie prudemment parvient à son étiage Le vent blanchit la mer de remous incessants Gîtards et maraudeurs quelques bateaux volages En descendant l’estuaire aidés par le jusant Paraissent mépriser les lieux de l’atterrage L’ombre qui dissimule une herbe insubstantielle Sur la falaise grise aux rechignés chardons Recouvre des oiseaux repentis de leurs ailes Des freux cal
    11 points
  18. Quand elles défilaient ces caravanes, En longs convois de fourmis à l’horizon, Qui ne songeait à les rejoindre Pour s’exiler dans les sables où tournoient les siècles Sur les cadavres des illusions perdues Et fuir ainsi ces boléros de fêtes pourrissantes? Avançant au rythme des dunes, Drapés dans ces étoffes chatoyantes, Poudroyantes de lumière, Touareg errant sans Dieu ou Imajeghen* impavide, Nous serions ces seigneurs du désert, Nos talismans nous protégeraient Des sortilèges des Djinns Nés dans les puits asséchés de la rage Ou des étreintes de la lun
    11 points
  19. Dans l’insondable précipice des horizons fracturés, il flotte des visages bouffis d’enfants aux yeux cernés, des ombres obèses dévissant en dernière doléance. Derrière les silences étirés ondulant dans les vents se déroule la lente euthanasie des mots en exil, tous enterrés dans le cercueil des verbes expirés. Les tumeurs de l’existence rongent les chairs défraîchies. Des corps décharnés se recroquevillent en position fœtale, membres difformes et rachitiques en images d’aberration. Sur la meule des jours s’use la complainte des
    11 points
  20. tu te souviens quand j'écrivais pour vivre le soir, sous la lampe, entre deux rues étroites le soleil s'écrasait dans son mal à survivre et naissait un poème entre mes mains maladroites souvent, j'avais trop d'encre et sans doute trop à dire alors tu jetais ton ancre sur mon désir de partir tu déracinais mes impatiences pour me mettre en colère et réveiller ma plume en absence sur leurs rouges parterres j'ai dansé l'éphémère sur le rebord d'une paupière en balbutiant tu m'appelais ta funambule
    11 points
  21. Le vent d’Orient trempe ses pinceaux de nimbes dans la palette des vagues et compose à l’iode une houle de couleurs un matin marin et mauve Puis le soir d’argent et de sang toiture le cône pyrénéen d’encre blanche sous la cendre qui descend Le reste, un jour qui passe.
    11 points
  22. Dans le gémissement du soir qui ouvre ses mâchoires s'obombre une ombre une ombre bleue presque noire la vapeur délicate d'un encensoir s'enroule dans ses cheveux la dame de onze heures ferme ses volets en douceur des mélopées s'élèvent en haleines de sèves une lune étrange verte et orange se pose sur le corps d'Inaya Inaya est de nuit nue luisante d'ébène sur son ventre suave somnole une fontaine où sifflotent des bengalis et s'incrustent des étoiles ses yeux creusés n'ont plus de dime
    11 points
  23. Je sais tous les mots étranges que le ciel sème avant la pluie déjà leurs gouttes se répandent sur la robe de la terre endormie Mots qui glissent à la frontière entre le rêve et l'inconnu là,où se taisent les couleurs que la passion a entrevues Ils parlent tous la langue des rivières et des flammes qui traversent la nuit de rivages qui réveillent en douceur la cendre de nos yeux insoumis Mots qu'on entend avant chaque orage qu'on écrit sur la façade des tempêtes afin que jamais le soleil ne se meurt
    11 points
  24. Près des remparts de Troie les grecs se désolent Depuis dix ans le siège à fait de nombreux morts Vient s’ajouter la peste, un bien triste renfort Achille veut savoir d’où provient cette folle Le magicien Calchas doit trouver la raison C’est tremblant qu’il désigne l’auteur du maléfice Agamemnon, grand chef, qui enleva Chriséis La fille du grand prêtre au service d’Apollon Pourtant une rançon avait été offerte C’est donc pour se venger que le dieu offensé A fait sévir la peste dans les postes avancés. Agamemnon contraint cons
    11 points
  25. Vautours Ces ombres qui tournoient aux brûlants de l'azur Sentinelles à l'affût qui glissent sur les courants Couvent le gris du maquis et planent sans un murmure Leurs immenses ailes noires sur l'air chaud s'appuyant Leurs aires inaccessibles, vertigineuses embases Fixées dans le calcaire, en promontoires s'accrochent Étroits plateaux dressés, qu'une verticalité écrase Suspendus aux falaises, frêles îlots dans la roche Quand leurs longs cous phalliques plongent dans la carcasse De la brebis galeuse, en une orgie criarde L'Homme
    10 points
  26. Le geste en épaisseur perçu de la fenêtre Visage nu tourné vers une image sœur Bifaces aux reflets changeants ou bien peut-être Un message implicite issu de l’intérieur Une toile tendue qui nous dit le mal être Dans un cadre serré où s’écrit le malheur Où le noir abstraction paraît être une lettre Devient une émotion et se traduit en pleurs Dans l’ombre du soleil la méfiance s’installe Et crée l’ambiguïté d’un tableau de de Staël Dont les larges aplats sont autant de questions Et rien ne s’y résout dans la lumièr
    10 points
  27. Cette nuit attendue redoutée saute sur un pied entre les grands pins aux parfums de résine les tourments de feu sont à leur apogée sans raison et sans rimes l'air est si doux qu'on le dirait venu d'une autre rive il caresse les peaux vibrantes et moites la musique sourd soudain les danseurs arrivent comme des couleuvres dans les ruelles étroites Cette nuit attendue redoutée fait le grand écart les oeillets entêtent et nous fermons les yeux ma robe rouge et ton costume noir se sont tant emmêlés pour ruser l'adieu dans les mille tangos
    10 points
  28. Sous les cils du levant, l’œil n’est plus à l’orgie, Commence en un reflet la plus grande infamie. La mer couleur aimant tire vers le girofle, Des ports phéniciens se disputent le golfe. La guerre se prépare aux ocres du couchant, Bientôt cent proues de fer pour le débarquement. L’attaque aura bien lieu sous la falaise brune, L’assaut sera fatal, l’escalade nocturne. Déjà la forteresse en proie aux embuscades, Par les portes rougit et s’enfume muscade. Des nacelles remplies comme des coupes pleines S’écarquillent de feu endiablé
    10 points
  29. Prélude Je sais des soirs rôdant dans la baie des cannelles, Du haut de mon beffroi si je ne vois plus qu’elle, J’aime plonger mes yeux du bord de ma fenêtre, Immoler l’horizon, sentir qu’il n’est que reître, L’entendre en un gong sourd avachir le grand large, Atteler les éclairs qui vont ciller leur charge. La mer refait ses fards après quelques naufrages Et tes yeux m’attendent pour un très long voyage… Sous les cils du levant, noir kaléidoscope, Je rase au fil du temps d’antiques horoscopes, Nageant droit vers l
    10 points
  30. Avec cette impression de partir en voyage Soir après soir la nuit m’offre un nouveau parcours Pour lequel je n’ai pas à faire mes bagages Puisqu’il ne me faut qu’un billet aller-retour Mais avant de partir s’impose un grand ménage Que tout soit bien rangé pour qu’à l’ordre du jour Je puisse rencontrer mon ami sans visage Ce moi-même étranger qui comprend mon discours C’est lui qui m’accompagne au pays de mes rêves Je ne le connais pas et pourtant il n’achève De vouloir m’imposer des idées inconnues Il partage m
    10 points
  31. Je connais son image et le trouble de ses lieux, L'outre-culte de ses sombres paysages, Ses songes mélancoliques aux abords des marais. Je connais le vent et la tourbière apeurée, L'agonie et le souffle de l'angoisse, Le grain de givre à la peau sauvagine. J'ai vu l'épine au diadème du soir Epouser le cortège de l'aube, Le ciel d'ivoire se farder de remords. Je sais la brume de mes craintes vagues Dans le repli que mon âme examine Et le marbre bordé du silence des regrets. -Epicene-
    10 points
  32. En foulant dans le champ le chaume cru je pense Aux parfums d’autrefois à la terre battue De la vieille maison au canal d’Ille-et-Rance Dont l’accès me restait strictement défendu Je suis à Trévérien dans une ancienne France Un village d’outre vie où je me suis perdu Dans des rêves dorés au temps de mon enfance En un monde plus simple aux visages connus Je vais au cimetière et recherche la tombe De feu mes grand-parents dans cette éternité Où reposent en paix mes souvenirs d’été Je repars maintenant alors que le jo
    10 points
  33. Poète insondable le temps fugace glisse imperceptiblement. Il tisse sa toile patiemment. Jamais il ne nous ment. Voyageurs exilés piétons étonnés nous ne faisons que passer. Comme l’herbe des champs qui court éphémère ballottée par le vent évanescent. Trop souvent absents à nous-même nous saisissons si peu l’infinie splendeur de la vie radieuse.
    10 points
  34. J’aime tes baisers par myriades Barbares des ergs incendiés Chevauchant et pillant ma bourgade A grands crocs d’orage et d’alizé. Fièvre torride des cavalcades, Razzias aux brasiers alanguis, Ils brûlent, m’assiègent en rasade, Cracheurs de flammes sur l’oasis. J’aime tes baisers par myriades, Jeunes califes gourmands de miels, Guerriers des dunes et des aubades Entre le mirage et l’arc-en-ciel. Un par u
    10 points
  35. Quand la vague explosive assaillit le rivage Lors le ciel à l’envers augmenta sa fureur Une lune ébréchée en forme de visage Par un forceps glacé accoucha par erreur C’était en un matin fortuit que le ravage D’une nuit aberrante à l’obscure douleur Vint terminer son œuvre et signer le naufrage Dessous le soleil noir du temps consolateur Le vent qui forcissait et n’en démordait pas En dénudant la plaine et tout le paysage Accentua le malaise à force de fracas Puis la pluie s’abattit sur les pavés boulus Il n’en
    10 points
  36. J’entends souffrir le silence Qui longe les murailles De l’angélus J’entends les glaives Déchirant l’azur Et les haillons de l’horizon J’entends le sang pourpre Qui clame la pénitence Sans heurter le soleil Ni l’écume exaltée J’entends frissonner les amoureux Crispés d’aventure et de menthe fraîche Entre les couleurs de l’automne Et le désir de courber la fièvre.
    10 points
  37. Danse encore sur la dune dans la douleur du soir à creuser des sillons sur le sable brûlant comme hier au coeur safran des molènes noires tu jetais en riant des poignées de diamants Laisse encore voler ta robe dans la lumière à rendre fou le vent sous ton jupon de tulle comme hier dans les gentianes printanières tu enchantais mes si longs crépuscules Danse encore l'éphémère sous le rayon de lune qui puise sa force dans l'or de tes cheveux bois l'horizon au chant étrange des lagunes dans le bol d'un nuage au sourire crémeux
    10 points
  38. Les portes closes surprennent l'avenue. Elle passe, silencieuse, couverte de rêves immobiles. Elle maîtrise l'audace et parfume le recueil de la nuit poudrée d'étoiles fuyantes, elle sous-entend l'écho de ses pas légers effleurant les pavés que le soleil endort. L'orage agonise, se conduit en intime rebelle sous le réverbère envieux des rues endormies. Loin du chaos brutal et vivace que la nuit étreint, Elle, vêtue de rêves troublants qu'elle parfait de voeux lourds au manteau de ses tourments. Le bruit de ses talons bouleverse tout d'un monde, du ble
    10 points
  39. Racaille mitraille vert-de-grisaille sale Est le ciel de Montmartre autrefois d’un beau rouge Ses pavés roulent ma mémoire est un fanion Troué par les balles ô fumée des espoirs Tuileries Versailles et le massacré-cœur Blanc comme un œuf verni pourri par la vermine La boue des catacombes charrie des colombes Le sang de Montmartre coule en mon cœur qui râle Dans les rues fument encor le rouge et le noir Tandis que le bourgeois dévide ses fils d’or Il est de ces murs blafards qui sentent la poudre Le Père-Lachaise dévoyé par un ti
    10 points
  40. Entrelacées dans la lumière Les ondes éplorées, sans vie S'éternisent à l'infini Dans la symphonie de l'éther. Sur les berges énamourées, Sa grâce argentée se dilue Dans les larmes nacrées des nues Pour effleurir l'éternité. Dans les friselis éclatants, Sa beauté aux éclats lunaires Incendie les ors du levant De sa pureté millénaire. Dans les balbutiements du jour, Sur les lueurs émerveillées Implose le divin amour Du cygne blanc illuminé. Sur les rives d'or de ses yeux S'esquisse u
    10 points
  41. Les hommes Le port, la ruelle Une sombre peinture Un coin ancien de la ville Les voix tonnent entre les murs Les crachats mouillent la pierre Les rires les larmes Graffitent sur le vieux mur L’hospice La blancheur de l’astre Jette son obole dans l’écuelle des pauvres Les yeux humides de fièvre Ils ont pour couverture L’ombre fidèle aux murs des édifices Et de leurs bouches étroites et sombres S’écoulent les heures froides de la nuit Transparait, dans le clair-obscur La ligne étri
    10 points
  42. Sens ou recherche penchée, à demi repliée Je me précipite sur mon premier verre Précipice, abime, à flanc A feu et à sang J’ai chargé mon cœur de pluie, les rues fraiches d’eau sale, nausée abondent Mes rires roulent sur les pavés Cette nuit me nuit Lignes blanches sur fond noir accélère ce pouls de cœur Je ne l’entendais plus sous le cliquetis des voix Ville millénaire, Combien de femmes à genoux as-tu effleuré la joue ? Cette caresse brutale qui cherche à grandir et manger
    10 points
  43. Sur le fleuve enivré de diamants de vieux troncs d'âmes à la dérive glissent emplis de blessures disgracieuses comme des crocodiles les yeux mi-clos l'oreille en alerte on peut entendre le tam-tam lointain des griots le vent qui lèche le doigt effleure la surface de l'eau pour y faire naître des tourbillons dansent des papillons et chante l'astrild des fées c'est toi ton visage soudain se penche au-dessus du mien et dans tes yeux pervenche mon rêve se dilue l'Afrique s'éloigne le luth s'éteint
    10 points
  44. Écoutez ces bruissements dans les interstices. Derrière les vastes failles des doutes ajourés, La rumeur des saisons s'écoule sur les échos Et la gravité du monde résonne sur l'airain. La semence des rêves s'accroche aux doigts, Fragments poisseux sur les rivages du réel. Sur le rebord vacillant des paupières calcinées, Des séraphins faméliques gisent sur le flanc. Parmi les vestiges enneigés des lamentations, Un soupir fatigué vient s'échouer sur la nuque. Les plaies sur la pierre exsudent des ombres ; Elles dansent sur un d
    10 points
  45. Hautbois, harpe, bombarde, basson, saxophone, les bambous sont de frêles instruments géants offerts aux vocalises de l’air. Un vent vert aux songes d’hiver enveloppait de sa voix de fausset les volontés vocalisées de la viole. Se fondaient à ces emphases fragiles les phrases mauves du soir vaporeux dédiées aux voiles subtils du crépuscule. Plus loin, indifférent au voisinage humain, ondule dans les interstices entre barreaux verticaux, un strict cadran solaire aux obliques austères. Il instillait que l’âge est une geôle
    10 points
  46. Comme une estampe parfois s’illumine le mur quelqu’un devant guette noire silhouette sur carré jaune calcule le virage d’un rivage amer visage dans l’ombre alors bleue l’encre s’étend senteur bruissante à travers les citronniers il tourne sa veste est claire mon regard immobile il est tard tout s’éteint.
    10 points
  47. Quand mère et fille s'assoupissent, mer et ville s'endorment tout en-dessous des toits dans les relents d'égoûts et de pisse, de dégoûts et d'épices de haines et de remous, cela va de soi, peut-être de toi à moi perdus dans de grands draps de soie suspendues à des arbres difformes qui étendent sur elles leurs doigts elles sont sœurs de la même éternité et se taisent enfin comme accablées il fallait bien un garde-fou pour cesser la rumeur qui rend fou le silence vient clair comme un caillou au fond de la rivière i
    9 points
  48. Pincez le safran au couchant qui bleute sur la cime des bois cueillez un sanglot d’hiver quelque neige de rare essence et printanière liez des suées du jour l’estival et bouillant élixir le tout phyltré aux nuits de mi-lune soufflez jusqu’au chant de l’aurore recommencez si l’instant vous échappe savourez parfumé d’ardentes roses mélangez goûtez oignez oyez -quintessence- le doux ronronnement saupoudrez votre peau, caressez-vous l’âme vous suspendrez encor au zénith des plénitudes vos mains chargées d’un monde d’arômes et
    9 points
  49. DEUX FOIS VINGT SUR RIEN DU TOUT Les nuits étaient d'un cristal humide Une ondulation se fondit en creux D'une secousse sourde d'un an foireux Les têtes de linottes se chimèrent d'hydres Le viral passait sans bactérien Se fond s'enferme sans rien Sans bal masqué sans bac t'as rien Un an fermé pour s'en sortir Sans sortir sans fermer L'effroi dans le dos coeur d'artichaut tout chaud Les camélias fleurissent le jardin d'hiver Demain comme la lumière qui passe derrière Détournement d'étendues d'étangs d'étourneaux
    9 points
  50. Le miroir est trop vieux pour mentir avec ses longs cheveux de pluie il ressemble au froid de l'hiver Il fait nuit entre nos prénoms désunis seul un mélange de rumeurs dévorant les fruits de notre histoire La mémoire s'accélère entraîne son rythme à la nudité de nos pas inversés Entre les mailles du passé l'équilibre est dérisoire trop de saisons froissées dispersées par dépit En vain mes quelques murmures chargés d'or et de soleil qui cherchent un chemin dans l'entaille d'une voix qui
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