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    Joailes

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Popular Content

Showing content with the highest reputation since 07/16/2019 in Posts

  1. 6 points
    Au cœur du cœur de Troyes Près des quais Jai flâné à l’écoute des bruits Au fond de ma poitrine En songe tes mains tièdes ont enlacé mes doigts J'ai posé sur ton buste mon visage fatigué J’ai foulé le pavé de mes pieds maladroits J’ai feins l’équilibriste arpentant la cité L’ombre des lampadaires m’a étreint toute entière Perchés sur les lucarnes les chats ont observé Une minute de bruit, miaulant sur l’éphémère Et merveilleux instant m’offrant sérénité Sur les toits endormis j’ai deviné l’histoire Qu’on dit en chuchotant blotti sous l’édredon J’ai senti dans mon sang l’atmosphère des soirs Qui se rejoue sans cesse dans l’âme des maisons Accroupi sur l’eau noire tel un solide bâillon Un pont cadenassé m’a servi de repère Pour enfin contempler la danseuse en haillon Sculptée élégamment dans son manteau de pierre Près de la cathédrale j’ai enfin disserté Avec maintes gargouilles me faisant la grimace Elles m’ont fait le récit d’un homme abandonné Que les siens ont trahi, que toute la ville pourchasse Je les ai imploré de bien vouloir se taire Prolongeant le vacarme sifflant à mes oreilles Car en luttant contre elles il apparut très clair Que c’est à l’intérieur que bien tapies elles veillent Au cœur du cœur de Troyes Loin des quais J’ai fais silence Au fond de mes secrets Les lueurs de la ville viennent enchanter la Seine Le halo de la lune caresse les vieux murs Sous le porche du musée les feuilles rousses du chêne Sont désormais si belles, dans l’automne qui murmure
  2. 6 points
    Là-haut, un peu plus haut, en l’air secret, En un vaste ciel aux voies inconnues, Quel songe, mon regard, as-tu retenu Dans le flot immense où vont les regrets. Là-haut, fait de points et de virgules, De lettres sages où vont les phrases, Loin d’un horizon où le ciel s’embrase, Mes nuits se taisent et se désarticulent. Sur l’ombre captive va la lumière, Puis en elle, je vis sans vivre vraiment, Le songe revient et enlace les vents Où parle tout bas un ange en prière, Mon frère, mon père, où êtes-vous, Le soleil se cache, il est bien tard, Quelques larmes font des taches ce soir, Il est venu le temps un peu trop fou.
  3. 6 points
    Malaise La nuit pleure sur le pavé où la fontaine, éteinte, ne chante plus depuis des lustres Sous le balcon, le joueur de guitare a mis son chapeau. Il se protège des coups de lune, se cache le visage où transpire son cœur. Ses doigts s’enfoncent dans les cordes musiciennes et perfide, la lune descend, déshabille la blonde espagnole, porte des rumeurs, des ondes et l’essence de fleurs violées par le vent. La lune court sur les murs, lave le pavé de la place, passe sous le chapeau et s’insinue dans les idées... Phœbé la verte qui joue avec les marées, pose des pas de loup sur le ventre des femmes.
  4. 5 points
    Une deux trois roulottes fatiguées de bleu en demi cercle s'étaient fichées en milieu de la place ronde nue du marché sans fleurs Accouraient de partout des enfants sauterelles amateurs de magie et de sensationnel bondissant d'impatience au spectacle annoncé Le vent farandolait des lampions de bonheur reflets flous dans les yeux des futurs spectateurs une nuit magique une histoire d'un soir Je ne sais plus très bien à présent si j'ai vu ce vieux cirque ambulant lorsque jeune ingénue au sortir de l'école je faisais mon show Ou si dans les plis de ma mémoire endormie un vieux saltimbanque défile au ralenti quand plane l'ombre colorée d'Hector Malot
  5. 4 points
    Un vieil homme vert à barbe blanche, la pipe vissée au coin de la bouche, allait tous les jours, du lundi au dimanche pêcher le brochet avec des mouches. Sa chemise en flanelle sentait le tabac. De mauvaises langues ont dit que l'odeur attirait les mouches de basse souche, comme tout le reste d'ailleurs. On lui dit qu'il pourrait faire un tabac en portant ses pénates ailleurs. Il était muet, mais pas sourd cela prit place dans sa tête. Il partit donc un beau jour avec sa canne, sa pipe bleue et sa musette ; il chercha le tabac qu'on lui avait promis les gens sont cruels parfois, souvent, toujours, comme tu veux, il cassa sa pipe un vendredi après-midi et nul ne s'en émut si ce n'est sa pipe bleue. (J.E. Petites histoires ordinaires – juillet 2019 )
  6. 4 points
    Les amants qui ne dorment pas ensemble connaissent l’extase et pas l’agonie corps qui se donnent et encore en tremblent mais ne peuvent s’abandonner au havre de la nuit … Quittant leur vieux port les jours de gros temps voguant vers un horizon de pourpre et d’azur ils viennent mouiller à la plage de l’instant condamnés à errer aux seules embrasures … Marins en partance, matelots en bordées accostant hôtels borgnes de lumière jaune, sale aux accents triste d’un piano désaccordé elle, aux allures de suzeraine, lui de vassal … Ils règnent alors sur l’empire perdu des moments font doux commerce triangulaire d’épices retentit la sirène, fin du ciné-roman déchirés, ils se quittent rêvant de vents propices
  7. 4 points
    Dans les silences résident toujours des mots éparpillés en douloureuses corolles. Nous les savons. Ils traversent nos réalités, Météores vagabonds s'échouant sur des instants lunaires. Dans les aubes s'invitent sans cesse les sombres scarabées en songes fiévreux. Nous les connaissons. Ils sculptent nos univers, Coléoptères sinistres se nichant dans les déchirures des insomnies. Dans les flottements se nichent ces visages égarés dans les stèles de l'enfance. Nous les craignons. Ils regardent nos passés, Cailloux abandonnés jalonnant le rebord des amours étiolés. Dans les oraisons poussiéreuses s'efface l'encre séchée d'anciennes idylles. Nous les pleurons. Elles aspirent nos nuits, Tatouages indélébiles sur la peau sans grain des apparences.
  8. 3 points
    Un soir de février, sur un quai de hasard, Dans un pays sans joie dépourvu d'espérance, J'avais fui le tripot où régnait le cafard, Respirant l'air marin, ma corne d'abondance. J'errais... Bien que vêtue de noir, elle me faisait de l’œil, La drôlesse montrait pour moi quelque appétence, J'ai osé lui sourire nonobstant son grand deuil, Elle éclata de rire devant ma déférence. Le vent faisait flotter tout autour ses surplis, Je voulais deviner la courbe de ses hanches, Ou le pointu d'un sein éloquent et précis, Ses robes se mouvaient occultant ses éclanches, Je l'ai considérée, puis mon pas j'ai repris, Même par temps plus chaud j'aurais passé ma chance, Car cette grande fille, des deuils en appétit, Je l'avais reconnue, sur les écueils elle danse. 22 07 19
  9. 3 points
    Tu sais, le poète est un vieux chien sans collier la truffe toujours prête à suivre un chemin le poète renifle, attend, espère même s'il ne dit rien ou veut faire croire le contraire, il a dit tu sais, le talent, c'est l'amour. Il offre son os sorti de ses entrailles à d'autres mâchoires. Le poète a du courage il renifle, attend, espère même s'il ne dit rien ou veut faire croire le contraire il a dit tu sais, le talent, c'est l'amour. le poète a ses gamelles, ses herbes du maquis, il y a de l'or dans ses prunelles et dans son cœur tant de vie ! Tu sais, le poète est un vieux chien sans collier sans niche sans rien. (J.E. Juillet 2019)
  10. 3 points
    A la palette vierge qui s'étend sous ma main, au pinceau capricieux, à la plume frivole, aux cordes muettes qui espèrent mes doigts, à la flûte de pan qui caresse ma bouche, et aux condors qui passent ... je laisse valser ma solitude aux flancs des montagnes un rire frais résonne entre les cascades blanches et la lune, soudain, envahit tout, même l'exil. (J.E. juillet 2019) * bien entendu, si j'avais pu, j'aurais mis la musique qui va avec ...
  11. 3 points
    Voici donc le dernier pour la route. Madame et Monsieur Dieu M'ont invité chez eux Un dîner très sympa Sans chichis, falbalas. Une suave odeur de sainteté Flottait dans la salle à manger Qui accordait ses mœurs agrestes Au son des musiques célestes. Vous êtes de passage ? M'ont-ils interrogé. Moi qui n'étais pas sage, Me voilà fort gêné. J'avouai ma grande faute, Qu'entre la vie, la mort Un soir de Pentecôte Je me suis fait du tort. En réanimation, Le pronostic vital Engagé, et pas folichon, Ma voix se muait en râle. Je reprends du café Corsé mais équitable, Car les dieux à leur table Doutent des financiers ! Je leur avoue bien volontiers Ne pas croire en l'éternité. Le couple divin me répond Qu'eux non plus. Allons bon ! Je m'étonne et je tonne : Vous ne croyez donc pas en vous ? De concert ils me donnent L'explication qui dort en nous. Pour sûr, nous survivrons Aux quidams dans notre giron. Mais cette éternité Dure ce que dure votre communauté ! Je nage en plein délire, Car si un dieu vit un peu plus, C'est pas grand-chose à tout pire Que l'éternité d'une puce. En sortant du coma, Quand je me suis senti d'attaque, J'ai pris mes cliques et mes claques Et au troquet bus un calva Pour réfléchir au Valhalla.
  12. 3 points
    Merci à tous pour vos retours et merci à vous @Filae77 pour votre analyse. En cette belle journée je vous envoie « le cœur du cœur de Troyes »
  13. 3 points
    Voilà de quoi demain sera fait De plus en plus profond dans l’amertume Le silence observé Ruine l’issu singulière Et l’ombre d’une éclipse C’est dans une grande ignorance Que le résultat en souffrance Sera le même qu’hier Malplaisantes odeurs de poussières D’étoiles dispersées Cueillir quelques couleurs éparses Au passage d’un nuage Cueillir le sucre Sur les tiges vertes de l’orge Cueillir la gorge offerte Les baisers de lumière Sur l’enclume forgée Par les caresses de la rosée Voilà de quoi demain sera fait Si épanouies les ruches se distinguent Et pardonnent au parfum diffusé par les flammes.
  14. 2 points
    Quand le vent chaperon Raccompagne en chanson Une étoile orpheline, Le ciel bâille au furet D'un rose cachottier Derrière la colline. Plus bas sur les coteaux Tirant les calicots Des ombres opalines, Le premier des rayons Pointe son aiguillon Sur le bleu des ondines. Soleil de ma vie Continue tes tours, Sème ta magie Le long de mes jours. Au cœur d'un champ de blé, Sa nappe d'or couchée, Il ôte les corsages, Baisers et chatteries Sur ton ventre bruni Ravivent ses hommages. Nos deux corps dévêtus, Une brise est venue Pour le droit de cuissage, Quand il a vu tes seins Il a pressé les grains D'un épi sur nos âges. Soleil de ma vie Continue tes tours, Sème ta magie Le long de mes jours. Par les chemins ardents, Comme un prince charmant, Il cherche un nu-d'épaule, Il donne le bonjour A ceux qui sont en cours Vagabond sans école. Dans l'obscur prieuré Laisse un ange passer Glissant sur son étole, Puis court au petit bois Des parfums sous les bras Toiletter la girolle. Soleil de ma vie Continue tes tours, Sème ta magie Le long de mes jours. La pluie qui hors saison Veut donner des leçons Il sort en espadrilles, Il peint un arc-en-ciel, Remplit le pot de miel Cajolant la jonquille. Le poète est content Milliardaire au couchant De compter ses vétilles, Avant de se noyer Goulu de fruits d'été Dans les yeux de ma fille. Soleil de ma vie Continue tes tours, Sème ta magie Le long de mes jours. chanson.
  15. 2 points
    Dans la clairière aux ondes vives, le kiosque en fer forgé emprisonne les roses intouchables le soleil caresse nos peaux fatiguées de morsures tu marches devant moi, la nuque fière en portant le panier pour la dînette comme autrefois où nous étions poupées solitaires, mal aimées, avec nos cahiers le vent nattait nos cheveux j’écrivais déjà en silence tu dessinais les ombres imprécises on est toujours mal aimées, disais-tu, et je t'ai crue Il ne reste dans l’herbe que des traces de pas, des dînettes cassées, des poupées sans bouche, des sourires disparus. Je suis revenue ce matin d'été j'ai entendu ton rire qui descendait de la colline éparpillant nos souvenirs devant le kiosque à musique aux roses intouchables qui n'en finiront jamais de fleurir. (J.E. Juillet 2019) (photo personnelle)
  16. 2 points
    Entre le vide il y a des mots et une ombre qui m’appartient, venue de si loin. Entre la vie et la mort il y a des soleils éphémères, des chansons portant les rêves et ce parcours où il faut tant marcher, des lettres de l’alphabet qui s’envolent. Entre l’inconnu et ce vide immense, c’est comme un soir qui frissonne et bavarde du temps passé aux portes de nos automnes, c’est comme un sanglot qui remonte avec la marée et puis vous fait du bien. Entre les heures il y a l’éternité et des vents fous où je me perds parfois, où un instant, au verbe chercher, je viens m’enchaîner. Entre ce vide obsédant il y a des mots, les tiens, quand les miens n’ont plus de saison. Et des musiques secourables sous un ciel aveugle qui n’y comprend plus rien. Je t’ai reconnue, mon inconnue, une tache d’encre où soupirent les mots. Un poète s’efface doucement, juste à cause du temps, juste à cause du temps. Il est venu de l’ombre où des soleils se meurent. Qui l’a entendu et reconnu, ce cri venu jusqu’ici, où jadis, enfant, il fut entre le vide et le néant, entre le vide et le néant. Toi sûrement
  17. 2 points
    Solitaire, Au puits des souvenirs Qui se pressent en foule Je déroule Des cocons de plaisirs. Si ténus, De petits bruissements Qui réveillent Les émois qui sommeillent Et les rêves d’antan. Je m’endors, Confiante et sereine. Un parfum, De roses et de jasmin, Dissout toutes mes peines. Te voilà ! Dans le jeu du soleil, Pâle esquisse Qui passe, file et glisse Au fond de mon sommeil. Viens, reste là ! Tout près, tout près de moi, Adoré, Mille mots doux murmurés, Au pilier de ma joie !
  18. 2 points
    à chaque rencontre se joue de moi un fantôme qui revient pour moi sur le visage des autres pour eux me trouble jusqu'à former un miroir de ce qu'ils ne veulent pas trouver petit fantôme de l'organique qui fait croire au songe de l'irréversible au gré des chocs des mondes humains il retourne au masque grotesque le petit fantôme de la liberté s'attache à la réalité et la travestit en théâtre tandis que sous les faux soleils des faux semblants convenus du théâtre il gronde car il s'évapore et sa couverture de cendres laisse apparaître la clarté de la justesse.
  19. 2 points
    Quand j’ai vu grand-mère apparaître, au coin du chemin, si belle dans sa robe fleurie, j’ai eu du mal à comprendre le fauteuil roulant. Grand-mère a enterré sa fille, il y a longtemps, mais elle n’en a jamais hurlé. Moi non plus. J'ai tu, caché, enterré. J’ai regardé son sourire, ses longues mains diaphanes, toutes les fleurs des quatre saisons virevoltant autour de sa robe et je me suis jetée dans ses bras. Son parfum venu de la nuit des temps, je l’ai aspiré tant que j’ai pu, ô Dieu, comme j’avais envie de pleurer ! Ma gorge était tellement serrée qu’elle me faisait penser aux épingles de son chignon. C’était une douleur profonde, à aller cueillir au ras des pâquerettes, mais comme une joie. Grand-mère a absorbé toutes nos émotions, elle m’a prise dans ses bras et même si je savais que c’était la dernière fois, mes yeux ont souri dans ses yeux de brume. Elle a chuchoté, simplement : « Je t’aime. » On était ainsi, chez nous. On ne parlait pas. Il y avait tous ces moments de silence. Et puis une apothéose soudaine de tous les sentiments refoulés comme pour les dire autrement. Et on mourait, apaisé. Le fauteuil roulant, resté vide, se transformait en carrosse ; il y avait des fées, des princesses et puis ... l’oubli venait sur certaines choses et les souvenirs, si doux, si roses, venaient accompagner aux dernières demeures. Et alors, on avait moins mal. On clignait un peu des yeux, entre ombres et lumières. Il restait toujours des fleurs, comme sur les vans, comme dans les champs, sur les chemises des chanteurs, dans la voix des amoureux, dans les cheveux de grand-mère, sur le sourire de ma mère, les yeux de grand-père reflétés dans ceux de mon père, et ces airs de vainqueurs d' adolescents de moins de seize ans. Quand j’ai vu grand-mère disparaître, à l'autre bout du chemin, si belle dans sa robe fleurie, j’ai compris le fauteuil roulant. (J.E. petites histoires ordinaires – juillet 2019)
  20. 2 points
    Quand la nuit a claqué tous ses fouets sur nos peaux nues, qu’elles sont striées d’aurore qui filtre à travers les stores, quand les parfums d’amour se répandent encor à travers les pores, que les nocturnes se sont tues, et qu’on ouvre les yeux, sur un matin à deux, on se découvre sans sourire, presque timidement. Toutes les choses à se dire Sont dans ce moment. (J.E. juillet 2019)
  21. 2 points
    L'obscurité sans refuge S'écorche vive C'est en dentelle Que la surface du marbre Reflète l'ombre des flammes Ne plus bouger Laisser le feu Enfouir la vibration A fond de cale Sur le givre de nos jours Ballottés par les vagues Que le granit affronte Dans le murmure D'une lointaine défaite La musique traversière N'a plus d'équipage Nous veillerons ainsi Jusqu'à l'absence de la pénombre Et puis D'un seul coup de vigne Nous refermerons la couleur du safran Ne sauvegardant que la saveur chaude De notre ivresse inconsolable.
  22. 2 points
    Ma pensée est étrange et fidèle à cette ombre Nue et qui m'entraîne aux rêves inconnus Oh quelle est cette frange où je me suis tenu À l'écart de mon être et des émois sans nombre L'imprévu est ici dans un coin de pénombre Et jamais je ne pleure et jamais je n'ai cru Ni aux prunus en fleurs sur les bords de la rue Ni que l'amour est don ni qu'il est en surnombre Mais tu restes dehors si belle si charmante Agnelle convoquée aux rites du chamane Ma passion est réelle et bientôt exaltante Les années sont passées en unique journée Et voici que déjà les senteurs de badiane Me rappellent ton corps en anis étoilé
  23. 2 points
    La Pelouse, Mouliherne, Maine-et-Loire Photo MH Pour l'adulte, amoureux des souvenirs d'enfance, Celle-ci est source de toute nostalgie. Que la vie semblait belle à la clarté des sens ! Qu'elle devient sinistre au détour de mes nuits. Chagrin ! Il me revient ce matin où cochon Fut sorti de sa bauge afin qu'il sacrifie Son corps gras d'épluchure et son regard tout rond À son égorgement, holocauste maudit ! Le paysan pervers, se réjouit, l'infâme, Des cris de son pourceau résonnant alentour. Reflète-toi, bourreau, dans les yeux de ta femme, La Circé charcutière aux maléfiques tours ! Étonnants souvenirs ! Quelles nobles histoires À lire au plus profond de nos vertes campagnes ! Poète du dimanche, ô purge nos mémoires ! Et substitue tes mots pétillant de champagne. J'ai entendu le veau séparé de sa mère Ses pleurs fendre l'âme, partant à l'abattoir Afin que nous puissions des laitages amers Régaler nos enfants matin, midi et soir. Je salue sur l'autel de mes jeunes années Ce lapin gigotant accroché par les pattes Qu'on vidait de son sang d'un œil énucléé, L'autre s'écarquillant devant les psychopathes. — « Mais de tes vacances au creux du Maine-et-Loire Fais-nous encor' rêver de ton cœur grenadine, Le cheveu gominé quand t'allais à la foire, Du paradis perdu, des douceurs angevines ? » Je repense à la chatte horrifiée quand Mimi, D'un geste criminel, écrasa sur le mur Une à une ces petites boules de vie, Et qu'importait la mère et sa progéniture ! — « Mais s'il fallait sauver un peu de tes vacances, Quid de toi ? » Je revois les élingues des mioches Visant un vol d'oiseaux, ô la cruelle offense D'un monde sans pitié, je ne sais quoi de moche. *** J'ai le cœur tristounet, mais demain nouveau thème ! Je te promets des anecdotes bien plus gaies Qu'il sied de raconter au trop-plein d'un poème Gavé de ces clichés que l'on offre sans frais.
  24. 2 points
    L'indifférence en moi est source de dédain Et l'ancolie en fleur quelle est son importance Quand se mêlent encore aux souvenirs d'enfance Les fleurs de la mémoire en mon ancien jardin L'hymen était passé dans un autre destin Oh la joie enivrée au parfum des romances Le temps particulier de la folle insouciance À jamais enfoui dans un monde lointain D'instinct je rebondis et je clame à tue-tête Que la vie est en moi et doit être une fête Le hasard incongru qui nous met ici-bas Nous invite au voyage à la belle équipée Faire la nique au temps avant notre trépas Voilà notre devise et notre destinée
  25. 2 points
    Dans l’immense terrain vague près des hlm aux fronts noircis quand le soir tombe en zigzag entre les façades défraîchies, une rumeur étrange s’infiltre venue de nulle part, venue d’ailleurs la promesse d’un philtre magique, pour oublier les peurs. Les femmes aux boubous colorés Rient de plus en plus fort Il y a un marabout ce soir, au quartier Il peut changer les sorts. Des gosses pleins de vie, à moitié nus Font de plus en plus de bêtises La chaleur est palpable, au creux des rues Chacun vaque et vient en ombres imprécises. Les rats s’éjectent des caves squattées Avec des couinements d’ados chômeurs Les souris ont quitté leurs claviers Et veulent connaître leur pointeur. Entre écrans de fumée, écrans moqueurs, Fenêtres béantes dans les colonnes, soudain, tout le monde est vainqueur Miguel a gagné un ballon pour Barcelone. C’est la liesse, la fraternité. Et puis demain, à la première ronde, Nul n’aura plus d’identité Chacun reprendra sa faconde. Le Marabout est passé, c’est un marchand de sable. Ailleurs, dans les périphériques, Ils se sont mis à table Et toutes les bandes ont eu des coliques. Dans l’immense terrain vague Près des hlm aux fronts noircis Chacun avait une bonne blague A partager entre amis. Je suis passée de justesse. J'ai toujours une fleur fluo sur mon chapeau on connaît bien Jo la diablesse qui va partout pour écumer les mots. (J.E. juillet 2019)
  26. 2 points
    Groupe de cénobites, Hellraiser Au premier temps du christianisme, La forme de vie monastique Fut appelé cénobitisme, Communautaire et acétique. Quand Pacôme le Grand mourut, Le fondateur des cénobites, On désigna son fils Horut, Lourde charge pour un bleubite. L'héritier du grand cénobite Devant cette gloire subite Hâta pour son père l'érection D'une tour en épistilbite Dont les cristaux pour un presbyte Sont du bon goût la viciation.
  27. 2 points
    L'étoile soumise aux caprices du berger Poursuit sa longue course sur des terres sacrées, Regarde ! c'est le signe, l'horizon s'illumine Et les enfants rejoignent leurs rêves d'Orient, L'étoile au bout d'un fil les guide en dormant Au pays des sables mouvants et des roses immortelles, Les enfants maintenant s'abandonnent à la nuit pour fuir leurs tourments et leurs étranges peurs.
  28. 2 points
    Je t'expliquerai L'incroyable de l'attente L'imperfection du chiffre Qui mélange la forme du cercle A la multitude de l'eauQui s'écoule statique Dans le murmure Sculpté de l'empreinte L'équation de l'onde est impalpable Et l'étreinte impossible La confusion est dans le reflet Puisque élargi l'espace S'imprègne et reste muet Personne ne s'évade du sillage Formé par les sanglots Le piège est sans retour Pour qui ne marche pas Dans l'ombre des fougères.
  29. 2 points
    Ô Eve, ma jumelle M’amuse, ma Muse Fécondée au Ciel Où tout profuse : Elle court sur les oiseaux Puis nage à grande brassée En inspirant plus que trop Dans les mers agitées ; Elle navigue sur les chants De ces quelques poèmes Remontant à la surface du Temps En menant sa vie de bohème ; Elle s’envole par tous ces mots Et retourne danser au vent Avec ses amis, les oiseaux Les nuages et le Soleil se levant. Ô Eve, ma jumelle M’amuse, ma Muse Fécondée au Ciel Où tout profuse : Elle se sent un instant Être le coton duveteux, La lumière éclairant Le moindre de ses cheveux ; Elle se sent un instant Être la rondeur du camaïeu bleu, Le Temps et le Soleil se couchant Dans le moindre de ses cheveux ; Puis elle consume la nature, Dans les battements de son coeur, En s’enivrant du lyrisme pur Quand il vient son heure. Ô Eve, ma jumelle M’amuse, ma Muse Fécondée au Ciel Où tout profuse : Ivre dans les bras de la Mort, Sur une barque au milieu des nuages Ne sachant rien de son sort Mais elle lui sourit, toute sage.
  30. 2 points
    @Fleur de poème, Il ne manque que de faire sonner le chophar, cette corne de bélier, pour accompagner l'étoile de berger. Sinon, bravo !
  31. 1 point
    Il pleuvait un peu on a joué aux cartes on s'ennuyait à deux on faisait bailler le chat et dormir les jubartes alors j'ai déverrouillé la malle et j'ai ouvert le bal le bal masqué (ohé ohé si vous voulez) le chat a miaulé, nous aussi. Avec nos loups on a dansé dans la lumière des réverbères au p'tit matin on était virés et le chat ronronnait. Ouf, j'ai eu peur ! Pour une partie de cartes, on aurait pu rater une affaire de cœur ! (J.E. Juillet 2019)
  32. 1 point
    C'est très joli, une vraie prouesse. J'aime beaucoup. Poésie captivante. coup de coeur.
  33. 1 point
    Bien vue cette timidité des amants.
  34. 1 point
    En fait les préludes ont lieu après .... Très joli texte joailes.
  35. 1 point
    Quelqu’un disait à propos du baise-main:"Il faut commencer par quelque chose!". Eh bien avant d'apprécier l'esprit d'un personne, on peut se laisser séduire par sa plastique. Et je sais de gentes dames qui apprécient d'abord la belle prestance des messieurs avant leur esprit. Je ne vois pas où se trouve la misogynie dans le fait de savoir reconnaître la beauté là où elle se trouve. Ne confondons pas tout. Je suis sans doute un affreux macho, qui d'ailleurs s'assume en temps que tel, mais pas un misogyne. J'aime trop les femmes pour cela Et pas seulement pour leur plastique. Mais bon, je comprends que l'on puisse en parler, alors je reçois volontiers les critiques, lorsqu'elles sont constructives. En toute amitié littéraire..
  36. 1 point
    Voilà de la vraie poésie, où le savoir sert pertinemment l'idée en de belles envolées. Très beau.
  37. 1 point
    C’est une faute @Jeep, je ne sais pas quel raisonnement grammatical j’ai tenu intérieurement mais c’est un loupé . Je suis bien une femme.
  38. 1 point
    Pas d'écho... Pas d'écho... Pas d'écho... Pas d'écho... Pas d'écho...
  39. 1 point
    Si Eve vous amuse, moi elle me séduit et je lui offre donc un cœur
  40. 1 point
    @Filae77, Bravo ! Tu n'es pas tombé dans le piège ! Et merci de lire mes poèmes. 93 mots trouvés (liste non exhaustive) : abacule accule adminicule animalcule anticorpuscule antiparticule articule auricule bascule bouscule calcul calcule calicule canalicule canicule caracul caroncule cicatricule circule clavicule corpuscule crépuscule cucul cuculle et bien sûr : cul N.B. "encule" ne fait pas partie de mon vocabulaire. Je le laisse à certains pornographes qui sévissent sur AP.
  41. 1 point
    Écrire un poème et le publier, Pourquoi?
  42. 1 point
    Par une nuit sans lune Sous un ciel sans étoile Cette nuit où la brune Déployait tous ses voiles Nous marchions à pas lents Côte à côte, intimidés Nous allions, errants. (Mais le jour a chassé Ce délicieux moment). Ses longs cheveux flottaient Sur ses rondes épaules Tendre, elle me souriait. Un moment sa tête frôle Mes cheveux ébouriffés Emmêlés par le vent. Et dans le noir, doucement Elle fredonne un chantant Un doux chant de l’amour Sa voix s’élève grêle Murmurant pêle-mêle « Et puis il y a l’amour Avec au creux de l’âme Cette boule indécise Sous la brume flottante Du tendre souvenir, L’étoile imprécise attire Hors de son orbite Le cœur météorite Et le vent rend tremblantes Des notes suaves et douces Où l’âme va se poser Comme sur une mousse. » Et doucement sa main, Venue prendre la mienne Sur la mousse un moment Lentement nous entraîne A regarder le ciel et Dans le firmament rechercher Lointaine et incertaine Filante et indécise L’étoile imprécise.
  43. 1 point
    Dites moi que c'est de l'humour... Dites-le moi je vous en conjure...
  44. 1 point
    A refaire tous les jours, non !?
  45. 1 point
    Bonjour @Filae77, merci pour ce commentaire agréable et pertinent, oui il y a des moments semblables à des frôlements d'ailes qui deviennent des souvenirs majeurs, c'était un jeune roitelet, je crois. Bonjour @Carine, merci du compliment, les oiseaux m'ont toujours fait rêver. Bonjour @Marc Hiver, Nietzsche t'accompagne !! , me voici doublement flatté, et oui, nous donnons souvent un sens à des signes apparemment bons ou mauvais qui dépendent en fait de ressorts qui nous échappent. Mais l'enchantement était bien là Bonjour @Jeep, merci de ce gentil commentaire,
  46. 1 point
    @Jeep, Et j'ajouterai qu'il ne faut pas traduire : To be or not to be par : être ou ne pas être, mais par : être ou n'être pas !
  47. 1 point
    Bonsoir @Joailes, petite histoire pas si ordinaire que çà, la pêche à la mouche du brochet est une des plus sophistiquées qui soient... Toujours aux frontières du surréalisme, vous nous contez une histoire cohérente dans un contexte improbable, l'effet est délicieusement étrange, tout en restant guilleret comme une comptine, il y a du Lewis Carroll dans ces quatrains où se mêlent douceurs et âpretés. J'adore,
  48. 1 point
    Bonjour @Eathanor, Que voilà un texte fort, incontestablement urbain (finies les échappées Nivernaises), et à la résonance bien actuelle. Je note des métaphores et raccourcis savoureux , notamment comparer des urnes à des hygiaphones (également translucides) et le pouvoir 'petit-patron' est bien figuré en costumes 3 pièces dans toute sa caricature.-> 'ridicules pantins Or des signes en apparence dérisoires et volontairement minorés -> itération de 'juste quelque' annoncent inéluctablement le naufrage de la dernière strophe -> 'chute ,tombe'. Du grand @Eathanor, concentré , nerveux et incisif (Ps: si dans la bataille je me prends un pavé, je choisis sauce roquefort )
  49. 1 point
    @Frédéric Cogno, Népenthès est le mot clef sans lequel une communauté de poètes ne serait pas complète. Et ton poème, sa forme cristallisant son contenu, ravivera la mémoire de certains d'entre nous qui l'auraient oublié !
  50. 1 point
    Toujours de très beaux vers teintés d'une certaine tristesse mais en espérant que le fait de les écrire, met un peu de baume "aux lueurs désespérées de votre mémoire" ...

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