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Popular Content

Showing content with the highest reputation since 10/14/2019 in Posts

  1. 10 points
    J’ai voulu sortir la poubelle, mais elle était vide. À l’intérieur de la maison, pas un bruit ne résonnait. Les fenêtres ouvertes laissaient passer une brise qui s'enfuyait aussi tôt entrée, faisant frémir les rideaux. Dans la huche, un morceau de pain sec s’ennuyait, l’âtre de la cheminée était tapissé de déchets. Un oiseau, sans doute. Un son m’a interpellée. Des voix dans le jardin. Je me suis approchée de la porte. J’ai écouté. Je n’arrivais pas à comprendre ce qu’elles disaient. Le rire des enfants, dans la rue, les couvrait d’un voile. Peut-être étaient-elles étouffées par les feuilles mortes jonchant le sol. Je me suis mise à chantonner. Les voix et les enfants se sont tus. Je me suis tue aussi. Dans le silence, j’ai respiré profondément, lentement, compté mes souffles. Des mots sont sortis, violemment de ma gorge, des mots oubliés, enfermés, enterrés. Ils se sont cognés au plâtre des murs, soulevant la poussière, rebondissant comme des balles de flipper, me heurtant en revenant à mes oreilles. Leur écho formait un nuage de chaos qui m'a couverte de bleus. Je n’ai pas crié. Je n’ai pas pleuré non plus. Je me suis éloignée de la porte, laissé le silence reprendre ses droits, fermé les volets. Et j’ai enfin compris que personne n’habitait chez moi.
  2. 9 points
    La nuit je marche à l'amertume. Rues au goût âcre de lune, Je vais et je viens où je hume, Odeur de mort sis à la brune. Le matin, sautant sur des flaques De désespoir crasseux, je troque Mes hauts d'avant contre la plaque Tectonique au bas qui me croque. En plein cagnard, coupe à pique, Traquant et briquant mon désir Abrité au creux d'une crique Bordée des pans de dinguerie. Rugit le vent de nos fous rires Du cimetière où tu pourris.
  3. 9 points
    Qu'il soit de Venise ou de Baccarat de Murano ou encore de Bohème un cristal est à lui seul un poème si pur si fragile à la fois ne souffrant la brisure pas même une fêlure qui viennent détruire et faire voler en éclats sa lumière J'aime ce verre aussi fin qu'une femme cristalle-moi car tu y bois mon âme * A votre santé et bon week-end à vous tous !
  4. 8 points
    sur tes lèvres d'iode j'ai cueilli un baiser de varech et d'algues sans serment et sans ruse juste un instant de luminescence dans les vagues de tes yeux ourlés de parasols bleus j'ai cueilli un coquillage de jaspe aux nuages de poivre aux arômes d'océan j'ai marché longtemps avec ma si belle solitude gardant sur mes lèvres la saveur des éternelles marées (J.E.novembre 2019)
  5. 8 points
    Je Te Cherche *** Dans le hiéroglyphe d’un paysage Dans la divine énigme de l’Architecte Dans le triangle d’obédience Dans le Destin cornu d’une immense vague Dans l’inconnaissable rectifié Dans l’énigme qui se pose et dans le Sphinx qui se repose Dans les ruines de l’avenir et les fondations du passé Dans l’étrange et le rite Dans la lune qui s’étoile Dans les astres qui s’étiolent Dans l’imperfection des chef d’œuvres Dans l’emphase d’un souvenir Et le silence conquis *** Je Te Cherche *** Au milieu des oiseaux qui font saigner le ciel Au détour d’une prison dont le voile s’écarte Au chevet des tisons dont l’ocre s’habille Au zénith des horizons de bitume Aux flamberges des oripeaux capturés Aux bouquets de fleurs décapitées Aux rivières de sève que le malheur répand Aux souffles nocturnes des tiédeurs de mirage Aux virages révoltants des consciences amères Aux tangos salis de nostalgies bancales Aux berges des mensonges qui ne trompent que soi Quand Dieu lui même s’enfuit pour pleurer son dépit Et que le Diable s’émeut des regrets de lumière *** Je Te Cherche *** Dans chaque femme qui s’ouvre aux quatre-vents indociles Dans chaque été blanc comme une religion Dans le lin, dans l’écru, dans la jute et le cardan Dans les ciels fauves qui brûlent le regard des chevaux fatigués Dans les fontaines des princesses qui espèrent en se mirant Que le Temps s’endort sans la trêve d’un rêve éconduit Dans la pureté des intentions de la vieillesse Dans l’absolu qui n’existe pas et que l’on feint d’aimer Dans la fatigue d’un espoir battu en brèche Dans le sourire d’une putain honnête et le cri d’un agonisant Dans la course éperdue d’un désir que rien n’arrête Pas même le remords Et qui s’affranchit de la mort fiancée *** Je T’Ai Trouvée
  6. 7 points
    La pluie ne s’arrêtait, singeant la lune blafarde Réfugiée dans un coin poussiéreux du grenier Je songeais en souriant qu’en la peau d’une vieillarde Je pourrais me glisser juste pour la beauté Je pense à celle des mots, la majesté du verbe Le talent quand en fleur se transforme une gerbe La joliesse d’un baiser qui soulage du malheur La promesse d’un poème pour conjurer la peur Dans ma vieille malle en bois j’ai déniché des sons Qui comme un baume devait calmer ma déraison C’était des mots-oiseaux qui chuchotent le beau La tristesse ou l’effroi quand on le prononce, haut Tirant sur une bretelle coincée sous la dentelle De robes en chiffon coincées sous le veston D’un fantôme disant ces syllabes dociles Rappelant à mon âme des écrits bien fragiles Une charmante araignée aux pattes délicates Tissant en acrobate de larges fils de soie A combattu mes maux en m’offrant une cravate Durant un déjeuner entièrement champenois À ma grande surprise j’ai furieusement aimé Cette cocasse bête résidant dans le bois D’une malle trop vieille, d’un temps déjà passé J’ai observé sans crainte son beau petit minois Après ce doux moment d’une infinie tendresse La dame arachnéenne a guéri mes phobies En m’habillant de mots d’une grande délicatesse L’implacable détresse a déserté ma vie
  7. 7 points
    Dans le coin d'une table, je m'endors froissée sous le pli noyé d'un vieux pull en poil à gratter. Il ratisse la conscience-girouette (poil à la tête) du hublot-glouton de ma machine à boulons (poil au menton). -Au musée de l'absurde- La vache se place sous les boutons, elle digère à ciel ouvert la voie lactée offerte en merveille aux yeux scientifiques ... et un peu dégueulasses des marchands de crevasses. Tandis que la nourrice mécanique lèche la plaie métallique, la panse des marchés de l'entraille baille impudique. Incrédule, la bite à Dudule est plus obscène que la vache à mécènes. Les âmes négociables (un peu lâches) se tournent (pathétiques) vers la ministre numérique scotchée au hasard sur le plasma d'un écran transdiffusé en orbite. Elle s'esclaffe d'une bouche empruntée à ses marionnettes psychotropes, puis déclare dare-dare que la bête philanthrope se dévoue tout entière à la cause financière, et que sa chair en affaire, ne souffre d'aucuns maux à se retrouver ventre à l'air. La coquine serait presque heureuse (selon la dame connaisseuse) d'être une star dans sa crasse, de baigner dans ses restes, d'exposer son raz le bol alimentaire à la main salutaire d'un "jusqu'au coude" aux gants blancs. En latex... [Warning] -Donc- Me voici rassurée... J'aime quand on me dit ce que j'ai besoin d'entendre pour surtout ne rien y faire. Le linge sale est lavé ! Je vais me rêveéiller pour toujours. Endormie la compassion ! La réalité tente un cri : La vache à hublot Horreur ! Douleur ! vous êtes des détraqués... Moi je bêle au musée de l'absurde, entre le mouton noir et le coq-ovin je ne dis rien. Le dahu broute sur le dos de l'ami croute l'hypocrâne juteux de la dinguotte qui radote, La blouse blanche à la tête chercheuse harponne le petit chien laborantin, jeté en pâture à la torture. On ne sait plus trés bien (Mémoire d'ovin) qui aboie, qui est humain ? Sur les épaules sans tête s'agite la masse immonde d'un autre monde. Les portes de l'enfer s'ouvre au bac plus douze qui va m'éblouir par une question : Elle demande donc au chiot apeuré, (Ami du bon sens ici commence ton calvaire.) "Saleté ! Pourquoi tu veux me mordre Pourquoi tu ne veux pas te laisser faire." Quelqu'un aurait il la réponse ?
  8. 7 points
    Dès potron-minet, le ciel nocturne s’éclaircit peu à peu. Le voile indigo se lacère. Les derniers lambeaux de nuit s’effilochent, flottent entre ciel et terre et se subliment à l’horizon, en vapeur rose-orangé. Au petit matin s’éteignent les dernières étoiles. Chant de coq qui fuse du haut des terrasses badigeonnées à la chaux vive. Braiment d’une ânesse qui tire sur une corde attachée à un anneau rouillé. Les premières lueurs du jour glissent sur le faîte des palmiers, sur le crépi des murs chaulés, sur les colonnes ceignant les patios, réveillant les oisillons prostrés au fond des nids. Les portes grincent, les huis s’ouvrent. Des silhouettes se meuvent dans les ruelles d’où s’échappe la nuit, par pans entiers, chassée par le jour. Enfin, le soleil vermeil noie tout dans un éclat de lumière d’argent. Lumière qui ruisselle. Ruisseau lumineux, qui bouillonne qui blanchit d’écume, qui déborde, qui clapote, qui murmure, qui chante, qui rugit et gronde, qui inonde la pierre, le sable, les murs, et les terrasses. On ne sait plus si la lumière dévale du ciel, ou si elle jaillit du sol tel un geyser, fusant vers les limbes de l’azur.
  9. 7 points
    Une p’tite chanson. Oh, Paradis ! Au Paradis j’m’emmerde un peu Ici le ciel est toujours bleu Et tous ces anges qui sourient Ça fini par m’filer l’tournis Oh, Paradis ! Au Paradis c’est pourtant chouette Partout y’a des water-closets Pas moyens d’pisser dans les haies En regardant le soir pleurer Oh, Paradis ! Au paradis t’as des nanas Qui t’chantent des Ave Maria Quand tu leur proposes pour un’ nuit De faire un tour au Paradis Oh, Paradis ! Au Paradis y’a pas d’hiver Y’a pas de givre sur les pierres Y’a pas de pierres sur les chemins Y’a pas de chemins pour demain Oh, Paradis ! Au Paradis y’a un vieux type Qui se prend pour un archétype Paraît qu’c’est lui qui a tout fait Il y a dix milliards d’années Oh, Paradis ! J’crois pas que j’vais renouveler Mon bail pour l’éternité J’dois avoir la tête à l’envers D’prendre le Paradis pour l’enfer Oh, Paradis ! Demain c’est sûr j’me casse en d’ssous De Lilou voir l’troisième dessous M’affoler entre ses guibolles Quand la musique devient folle Oooh, l’Paradis !
  10. 7 points
    Je guette sans relâchel'éclosion des fenêtres quand les aubes préfacent l'immense baie des jours quand les roses défleuries enlacées par la nuit se défroissent lentement en quête de nouvelle vie Et un rêve encore chaud m'ensoleille toute nue et m'étreint le désir de caresser le monde La ténèbre s'enfuit et je sais tout mon être traversé d'espérance j'ai le coeur déployé mendiant des heures douces C'est mon pays d'ailleurs c'est ma Terre Promise Je sais ne pas avoir ainsi veillé en vain et la graine d'amour va germer au matin dans la chaleur du pas de porte avant toute rumeur humaine avant l'ébriété du vivre ta main est dans la mienneô bonheur auroral
  11. 6 points
    Quand son patin s’accrocha, il la saisit au bras, Son gant au sol ramassa. On crut à son aplomb, à son à-propos, Mais sans voir l’air faux Qu’il montrait à son insu alors qu’il paraissait galant. L’amant dont on disait, du moins la lady dans son manoir, « So charming, so smart, what a man! » Apparaissait sous son vrai jour Quand, brutal, il la battait la laissant au sol Ainsi qu’un tas à l’abandon. Nous avions pour son sort du chagrin Mais impuissants nous n’y pouvions mais, Sinon accourir pour la sortir du mauvais pas où il la plaçait. Voilà la mini saga d’un salaud qui paraissait attachant Mais qui tous nous trompait.
  12. 6 points
    Le ciel claudique À l’aplomb du soir Entre une pluie Un pleur Un brouillard Un au revoir Quoi faire de ce silence De la brisure qui s’étend D’absences en absences Des proches aux confins ? Quoi faire du bleu Qui désormais Sur la palette Sèche en lèpre monotone ? J’en lèche d’un œil souvenant Les plus beaux reflets Les plus chantants Et c’est Ailleurs qui se dessine Sur le buvard chagrin du jour Et c’est Autrefois qui lancine Au mitan de mon cœur trop lourd
  13. 5 points
    Hu(mort)istiquement vôtre DCD je vous laisserai RIT d’AC de sous si… Mais aussi de beaucoup de CD Ecoutez-les parfois 13 MU en mémoire de moi ! A mes deux anges Pour toujours Tout mon amour…
  14. 5 points
    Tu te souviens de grand-père sa collection son musée des curiosités mais quel bonheur de courir entre les étagères et lui qui nous grondait toujours un peu il devait trembler à chaque fois que nous passions avec nos tracteurs en plastique remorques bien accrochées qui se pliaient dans les virages sans jamais rien casser sauf une fois ce drôle d’animal au bec de canard avec des doigts palmés une queue de castor des pattes de loutre et des griffes ! un nom à coucher dehors ornithorynque au début tu te souviens on a cru à une plaisanterie de grand-père il avait dû découper des morceaux de faux animaux on a pris le bâton de colle et le bec s’est remis en place il ne nous en a jamais parlé on n'a rien dit et les cornes de licornes tu te souviens il nous avait raconté avoir rencontré un homme qui descendait d’un bateau ancré dans le ciel j’ai longtemps scruté le ciel il nous arrivait d’en prendre chacune une et de jouer à Zorro et au capitaine Garcia ah oui je me souviens aussi il avait accroché un tableau au bout du long couloir un énorme pamplemousse il disait que c’était un soleil juteux et c’est vrai que l’ampoule lui donnait cette vie je prenais mon élan parfois en pédalant de toute mes forces j’avais l’impression que j’allais décoller et atterrir dedans le tracteur se transformait parfois les quatre roues devenaient fer à cheval je galopais à droite au fond il y avait une porte secrète c'était notre histoire nous y entrions parfois avec une lampe torche il y avait des milliers d’objets et tout brillait c’était son atelier il réparait il transformait il inventait comme ce vieux sèche-cheveux grand-mère l’avait jeté en criant haut et fort que l’électroménager d'aujourd’hui ne valait décidément rien ! grand-père l’avait démonté et l’on pouvait lire dans sa boutique « envol-oisillon » quand je lui ai demandé à quoi il servait ? il m’a répondu regarde cette balancelle juste de l’autre côté de l’étagère le petit sort de son nid vient jusqu' ici du bout des pattes encouragé par maman hirondelle je surveille j’appuie sur le bouton de l’appareil il souffle plus assez pour les cheveux mouillés de mamie et il vole pour la première fois ça sert à ça un « envol-oisillon » il nous émerveillait et nous étions deux aventurières dans son monde qu'il aimait tant partager grand-père était extraordinaire tu te souviens une dernière fois non, ne pleure pas il a gravé nos deux noms sur un morceau de palmier qu'il avait planté au milieu de sa vitrine préférée il disait que les îles lointaines qu'il appelait les trésors du tout proche l'avait déposé à ses pieds un matin de pêche et que nos initiales y étaient déjà écrites bien avant que nous ne prenions forme dans l'espace du ventre de maman grand-père je pourrais écrire des « Tu te souviens » toute la nuit et celles qui suivent tu te souviens toi aussi ?
  15. 5 points
    Lovées dans les marais Aux cauchemars englués Serpents sifflants, savourant Les hurlements des damnés, Nous déchirons les rêves De nos crocs acérés, Nous pétrifions les chairs Par nos regards, horrifiées. Nous sommes filles de Lucifer, Orgueilleuses gargouilles Que sculptent les vanités. Hérissées de vipères, Ivres de volupté, Jaillissantes des enfers, Jouissive cruauté, Nous terrifions les tornades, Affolons les ménades, Miroir des ténèbres De l'humain son reflet. Nous sommes filles de Lucifer, Orgueilleuses gargouilles Que sculptent les vanités. https://www.cineclubdecaen.com/peinture/peintres/caravage/tetedemeduse.jpg
  16. 4 points
    Je me suis vu à l’intérieur de moi-même, en une même solitude, les sons et les couleurs s’étaient dilués et nous étions là sans rien nous dire, nos regards étaient étranges, fixés sur nous-même. Nous tentions de nous prendre la main mais sans y parvenir, tant nous étions immobiles, et pourtant en moi l’autre n’en finissait pas de venir, il avait des sourires qui s’étaient perdus dans les soirs funambules, des filles tristes avec dans les yeux des amours qui se fissurent. Il avait dans sa main la main de celle qu’il n’a pas vu mourir, celle qui lui donna le jour. Il avait quelques désespoirs engloutis sur des mers étrangères, où les marins ne vont jamais, si ce n’est pour y mourir. Il avait dans ses bras des tas de fleurs qui n’entendaient plus ses pleurs, des jours éclatants dans la cendre des printemps. Il avait, je crois, là sur son cœur, une lettre jamais écrite, des mélancolies à en crever. Il avait des nuits d’infinie solitude, à creuser le silence pour ne plus l’entendre. Il avait des rues où s’évanouissent les cœurs et les corps, sur le quai d’un port. Il avait tant de soleils qui se sont tu, tant de lunes où souvent il s’était perdu. Il avait cet enfant, ce frère qui ne sut jamais le gout des oranges, sur son front le dernier baiser meurtri d’une mère. Il avait dans sa tête le cri de de la terre, des robes de mariée s’évanouissant dans les soirs funèbres, puis s’agenouillant, là tout près de moi, je le vis pleurer, je sentis sa main dans la mienne, tremblante et si fragile que tous les deux nous nous sommes, sous le règne du temps, entre l’ombre et la clarté, endormis.
  17. 4 points
    Alanguie ici bas sur la morne étendue de beige et de cendres C'est ta main qui vient jouer à m'écrire un souvenir, un soupir ou le vent Je te tends la joue et je m'envole avec pour seul ami le sable Je me mets devant toi, nue, comme une page vierge où tu peux dessiner ; La silhouette d'un enfant échevelé ou le récit fantasque d'un bateau de pirate Je laisse ta peau devenir mon radeau, mon mouroir ou mon île Et je m'envole encore, entre ailleurs et toujours, Je ne suis qu'un poème de travers et qui n'a jamais, jamais de fin.
  18. 4 points
    Retournement Coup de bèche d’automne dans le temps retourné L’âme reçoit la nuit Insatiable du jour délivre ses racines pour engranger demain en de simples atomes
  19. 4 points
    Si j'étais Dieu je caresserais les nuages, Consolerais le diable au plus fort de la nuit Quand il pleure sa transe et que je lui souris Entouré de saint Pierre en son aréopage. Une araignée céleste au fil d'évanescence D'une toile d'azur enchanterait le ciel, Vibrato de l'aulos, flûte providentielle, Sous une pluie de fleurs en leur divine essence. Un rouge-gorge vif me suivrait pas à pas Et dégusterait à la fortune du pot Des vers luminescents qui ne sont jamais trop À aérer la terre au jardin d'ici-bas. J'abdiquerais mon trône et son monothéisme Sans regret superfétatoire en me disant Que la vie avec toi au risque des vivants Vaut bien de sacrifier ce superbe égoïsme. S'il faut parler de mort, nous irions tous les deux En Afrique, au cimetière des éléphants Qui garderait mémoire auprès de nos enfants. Et s'ils nous oubliaient, n'y verrions que du feu !
  20. 3 points
    Pas tout à fait perdue. -Le Plateau ?- Entre un rock fort et un chèvre chaud, le Larzac insurrectionnel ? "Les coordonnées vous seront dévoilées aléatoirement dès l'instant où vous aurez loupé l'embranchement" Première Loi de Finagle : Si une expérience marche, quelque chose cloche. -Triangle et brumes- Lerab Ling, entre un roc redondant et Les Rives, gauches et droites, d'un néant géant, à ne plus voir le serpent. Ride the snake Plumes de brouillard, Ride the snake à couper au couteau (terreur !). To the lake Soudain, the ancient lake <Pause> Un message éphémère sur le smartphone de lutins ordinaires Latitude Longitude Une adresse c'est bien aussi, non ? Re-soudain ! Là ! Un arbre et.. Un autre... Un sentier ? (Tiens, il y a ça ici ?) Incroyaux ! (Oui ça existe ! On en rêvait, ils l'ont fait.) Bienvenue à Taxi Zombie, il n'y a plus qu'à... Dîtes-moi, dis-je moi, à ceux qui sont dans le truc, que fêtons-nous là dans ce trou ? Silence narquois, s'ensuit Que suis-je bonne, pensé-je abasourdie, tendant la sourde oreille J'ois mes suspensions qui couinent sur les racines, dégommage, enfumage, virage, cailloux, et Pierre, me dit qu'ils sont nombreux derrière. Procession dans les bois, cherche Cicerone. Feux follets et phares luciolent le ventre de la forêt, son oesophage cabossé avale mon reste d'illusion. Ça va encore être long... Ils suivent, ne voyant aucune autre raison à ma présence dans l'antre de l'ogresse over fuller, qu'une teuf boeuf. Au temps des raves, planquer un cadavre se complique. -Sherwood- Une heure du matin. Un jeune bonnet blanc sort de l'ombre (bonnet noir), un chapeau lui sert de guichet. Il sollicite pour l'organisation, un don peu importe. -Rencontre du troisième type- Étoiles et lumières. Pas qu'un peu ! Une musique puissante, un boucan d'enfer, la grande verte couve notre belle jeunesse, plus libre que ivre. Éphémère la cité farouche se fonde en quelques heures. Helitreuillage ? Soucoupe volante ? Ils jonglent, dansent, chantent, tous évadés, hors de portée. Il me faut partir, Taxi Zombie fait tourner le compteur. Une heure trente de route pour rentrer, <Lecture> Ride the snake si ma radio vient à m'lâcher, C'est sur je vais flipper. Riiiiide t.e .na.e...... Ufologue confirmé Presque égarée.
  21. 3 points
    Le soir descend je monte dans la plus haute tour je dégage un morceau de colline défigurée avec mes doigts enchevêtrés il reste des arbres qui giflent les fenêtres des maisons, des araignées aux plafonds un ou deux rats et un chat noir aux immenses yeux jaunes lumières blafardes et trompeuses le soir descend je suis montée dans la plus haute tour fermer le soupirail la brume était déjà épaisse ces volets bleus qui me font de l’œil toujours fermés la vie n’est plus tout n'est que cendres comme le soir qui n'en finit pas de descendre dans la grisaille de novembre. Ici a vécu Landru. Les souvenirs ont des écailles ils sont froids ici on se caille il reste un vieux panier d’osier avec des pommes carrées des oranges bleues et amères et des raisins rectangulaires le soir descend je termine ma ronde les escaliers deviennent glissants ce manoir est hanté et c’est tant mieux chaque soir je fais ma ronde, les revenants ne sont pas embêtants ils ne viennent pas souvent ils glissent dans le noir dans des reflets agonisants avec des chaînes et tout le bazar quand j’étais ado j’étais gothique comme eux j’ai purgé mon cœur amoureux en buvant de la menthe en jouant au diabolo maintenant je suis peinard j’suis le gardien du manoir de temps en temps j’étends mes draps blancs ils claquent dans le vent ce qui fait fuir les villageois alors j'ai la soirée pour moi j'ai encore du travail Ce qui me donne le plus de mal, c’est d’entretenir mes chaînes avec de l'huile que je garde toujours sous le coude ; heureusement elles ont un traitement anti-rouille elles m'auraient filé la trouille on a déjà assez de citrouilles, juste après octobre c'est une horreur. Ici a vécu Jack l'éventreur. Quand, avec André et Aline, on regarde de vieux films d'horreur dans le sous-sol on invente toutes sortes d'histoires et après on s'amuse à se faire peur. Ici a vécu un écrivain. (J.E. Horribles petites histoires – novembre 2019)
  22. 3 points
    Quand il était enfant sa mère lui avait appris qu'il fallait être poli et qu'un sourire ne coûtait rien. Il l'avait écoutée. Parce qu'il l'aimait et qu'elle était sa mère. Et parce qu'elle avait raison, un sourire ne coûte rien. Lorsqu’il rencontrait des gens dans les magasins, dans la rue, ou dans sa cage d’escalier, il essayait de se souvenir de ses mots et de sourire. Il le fit d’abord par discipline, ensuite par habitude. Puis peu à peu il découvrit les conséquences de son sourire. Le voisin triste du deuxième semblait moins morose. Il arrivait même parfois qu'il n'eût plus l'air triste du tout. Le petit garçon du rez-de-chaussée s'agitait en spasmes de délice. Derrière le fauteuil roulant sa mère regardait avec bonheur celui qui avait provoqué cette allégresse. À l'âge de dix ans, fort de cette découverte, il décida de sourire avec intention. Il se mit à sourire tout le temps, à tout le monde. Dès que son regard en croisait un autre, une onde le traversait. Elle prenait naissance dans son estomac, montait le long de sa poitrine, grimpait sa gorge, puis relevait le coin de ses lèvres avant d'envahir son regard. Il souriait jusque dans les yeux. Il se sentait super héros. Il avait un pouvoir, celui de donner de la joie par son sourire. Et la joie qu'il donnait lui donnait de la joie. *** Il avait douze ans quand il réalisa un matin qu'il n'avait pas vu le voisin du deuxième depuis quelques jours. Il demanda à sa mère si elle l'avait aperçu. Elle le fit asseoir à la table de la cuisine pour une discussion. Il apprit devant une tartine beurre cacao que l'homme s'était donné la mort. Son sourire n'avait pas suffi, la tristesse l'avait emporté. Il fut bouleversé. Bouleversé par la mort de l'homme, bien sûr, mais aussi par sa propre défaite. Il n'était plus un super héros. Il ne l'avait jamais été. Il se demanda s'il aurait dû faire plus, s'il aurait pu faire plus. Il passa des heures à considérer la chose avant d'aboutir à sa conclusion. Sourire ne suffisait pas. Il fallait aussi écouter. Il se mit alors à écouter tout le monde, avec attention. Rien ne lui échappait. Il fut si bon dans son écoute qu'il devint bientôt le récipient de toutes les confidences. Celles de ses copains et celles de ses amis. Celles des copains de ses amis. Celles des amis de ses copains. *** Avant son quatorzième anniversaire il avait accumulé des milliers de secrets. Il était en possession d'une collection imposante de douleurs, souffrances, frustrations, ressentiments, trahisons, incompréhensions. Il avait aussi appris que les gens n'écoutent pas. Et qu'ils partagent rarement leur bonheur. Le goût de cette injustice commença à se mélanger dans sa bouche aux goûts déplaisants de tous les secrets dont il était le gardien. Il fut de plus en plus souvent pris d'un intense besoin de tout recracher. La colère s'installa. Il arrêta de sourire. Il arrêta d'écouter. Peu à peu il perdit ses copains et ses amis. Ou peut-être est-il plus juste de dire que ses copains et ses amis le perdirent. Peu importe en fin de compte, il les avait perdus et il était perdu. Il avait appris que ce qui semble vrai n'est bien souvent qu'une illusion. Que ce fil qui le liait aux autres n'existait que dans son imagination. Que les mots mentent. Il était à présent seul, seul avec tous les secrets. Il n’alla plus en cours et sa chambre devint une chambre d'écho dont il ne sortit plus. De temps en temps la pensée l’effleurait qu’un jour peut-être il rencontrerait quelqu'un qui lui sourirait et qui l'écouterait. Bientôt. Il fallait que ce soit bientôt. Mais bientôt ne vint pas. *** À l'âge de quinze ans il décida de se débarrasser des secrets une fois pour toutes. De se débarrasser du mauvais goût qui envahissait maintenant complètement sa bouche. De s'alléger. Il trouva dans la table de nuit de sa mère un petit flacon de délivrance. Il avala les cachets d'apesanteur un à un, il s'allongea et il attendit. Il se dit qu'il n'avait que quinze ans mais qu'il savait déjà. Il savait que l'espoir est une sale chose. Il savait que rien n'est vrai que ce qui dure. Il savait que rien ne dure. *** Il se reposait dans la chambre d'hôpital quand elle tapa à la porte. Elle entra doucement, s'approcha du lit et s'assit en silence sur une chaise. Les mains croisées, les yeux baissés, elle attendit qu'il lui adresse la parole. Il l’observa attentivement. En la détaillant sans mot dire il se rendit compte qu’en dépit des heures passées en classe avec elle il la voyait aujourd'hui pour la première fois. Il n'avait jamais croisé son regard. Elle n'avait jamais partagé avec lui ses secrets. Il réalisa que personne ne la regardait jamais. Après quelques minutes de silence il la remercia d'être venue le voir. Elle lui répondit qu'elle regrettait de ne pas être venue plus tôt, chez lui, avant tout ça. Il essaya de la rassurer en lui disant qu'elle n'aurait pas pu savoir, qu'elle ne le connaissait pas. Elle lui répondit qu'elle savait. Qu'elle le connaissait. Qu'elle avait vu. Qu'elle voyait tout. Puis elle lui sourit, d'un sourire qui sembla jaillir de son estomac comme une onde et illumina ses yeux. Et il se mit à tout lui raconter. *** Quand il se retrouva à nouveau seul dans la chambre après son départ il ne put cesser de repenser à sa visite. Son image lui semblait comme gravée sur ses rétines. Ses mains croisées. Son regard baissé. Puis son sourire. Son sourire. Son sourire. Il se dit qu'il avait quinze ans mais qu'il ne savait rien. Que l'espoir n'était pas vain. Qu'un moment pouvait être vérité. Que peu importait sa durée. Il avait quinze ans et il la voyait. Elle avait quinze ans et elle l'entendait. Ils pouvaient avoir quinze ans ensemble. Il n'était plus seul.
  23. 3 points
    C'est de Sacramento où le fleuve éponyme Donne à l'American River un rendez-vous Que je traçais ma route au tréfonds d'un abîme De tristesse infinie et l'âme au garde-à-vous. Dans ma Lamborghini, je n'en menais pas large, Nulle part où crécher par cette nuit torride Que ne jugulait pas la fraîche clim de barge Cristallisant mes pleurs tout au long de mes rides. Il fallait me purger, direction Montana, L'esprit et le larfeuille en la ville fantôme Au milieu du désert prisé de la mafia, Las Vegas de fortune, où la thune s'empaume. Réservant une suite, y déposant ma peine, Je courus m'essayer dans cet endroit maudit Sur des bandits manchots qui jouent de la déveine D'un pauvre enfant de riche en proie au rififi. Une femme au sein lourd rendit ma queue légère, S'offrit de soulager en bonne compagnie L'argent qui me pesait et m'assignait à terre, Moi qui ne savais plus m'amuser dans la vie. je sautai trois de ses copines pour la route Et au petit matin sans demander mon reste, Ma caisse m'emporta vers la frontière, toute ! Traversant le Rio, fuyant comme la peste. Dans ma folle équipée, me fut donné à voir Non loin de mes rancœurs, et sur les bords de l'eau La loutre et son petit, gravés dans ma mémoire, Tendresse d'un instant dénouant l'écheveau. J'épousai le Mexique et une Mexicaine. Nous eûmes trois lardons, une fille et deux gars Que je chéris depuis. Finie la prétentaine, For l'envie qui me tient d'aller sur la Volga. Les gars de la marine pourront bien se brosser, Je souhaite aujourd'hui dépenser mon argent Avec mes marmousets et à Guadalupe Faire de la plongée sur l'île aux flambergeants. Comprends mon cher ami qu'il vaut mieux être riche Si on est dépressif ; que le pauvre est plus pauvre De ne pas être riche. Préfère donc la triche À l'honnête trépas. Rien ne rime avec pauvre.
  24. 3 points
    Grand père Cet arbre figé à l'automne, Saura-t-il renaître au printemps, Ou restera-t-il labyrinthe inachevé, Les branches en filtre-ciel. Grand père est assis, Les épaules basses, Comme sous la sérénité d'une évidence, Penses-tu qu'il sera debout, Pour ton prochain anniversaire? Ou qu'il restera assis, La tête lourde, Sous l'évidence de sa vie presque achevée. Comme une vague s'échouerait, Son regard déposé sur la fenêtre, Se perd dans ce rideau de bois, Sa cabane de vieux jours. Le filtre-ciel semble apaiser ses pensées lentes. Grand père vit au rythme des bourgeons, Des feuilles mortes, Attendant la dernière chute, La plus douce, Celle dont il ne saura se souvenir.
  25. 3 points
    Bien plus fort Qu’un coup de fouet Le ciel s’obscurcit Sur les semailles De l’automne La solitude du ciel N’est que chimère Pour les hirondelles Esclaves des voyages à venir Nos prières s’obstinent Pour combattre le feu Et dans le silence Faire de l’onde Un spectacle L’angoisse n’est plus pour demain Demain les grappes en sommeil Ne seront qu’espérance Guirlandes de lumière Et source d’harmonie.
  26. 3 points
    Tu me parlais des cerisiers sauvages dont tu guettais les premières fleurs, dès que tu en apercevais une, tu prenais ton sac à dos rejoindre le chemin qui devenait blanc avant la fin de la soirée et puis, tu as grandi, tu es venu creuser la rivière qui recevait leurs pétales, tu as pris tout les graviers, tu as taillé le rocher, tu as déplacé le courant, tu as détruit les regards amoureux, tu as coupé les cerisiers, les parois de ton intérieur se sont habillées de machines croqueuses, dévoreuses, hautes et géantes, mais ce matin tu te souviens, à fleur de peau, les parois que tu croyais solides craquent, s'effilochent, une vieille peinture écaillée, les cerisiers refleuriront si tu reviens vers eux.
  27. 2 points
    Se peut-il que vous ne pondissiez plus demanda le coq entre ses dents, sentant venir le vent, à sa poule sur la paille Ne vous inquiétez point, répondit cette insolente je pondrai bientôt lors que vous chanterez à nouveau l'heure d'été. (J.E. Novembre 2019)
  28. 2 points
    La rose s'est éclose À la nuit d'obsidienne Dans chaque éclat encore C'est ta main qui se dispute Les faveurs du soleil Moi je compose entre les fils de pluie Je te tisse un sourire Pour quand tu ne peux plus Aux récifs j'escalade vers une aube hasardeuse Elle est d'opale et de givre Je suis de glace et de suie Et ton corps dans ma paume est un morceau d'argile
  29. 2 points
    Près de mon lit où j'aimais vivre, grand-mère chantait ; c'est mon plus beau souvenir. Les maladies infantiles ne m'ont apporté que du bonheur : angine, rougeole, varicelle et autres jours bénis où je devenais si importante que grand-mère venait chanter à mon chevet et qu'elle faisait monter ma fièvre. Je ne voulais pas guérir, de toutes façons, elle me faisait mourir. Elle avait des yeux pervenche, un parfum de poudre de riz et des robes dépouillées, je la trouvais si belle, elle chantait comme Fréhel.* Près de mon lit où j'aime vivre, grand-mère chante encore, elle est toujours assise à mes côtés dans sa splendeur , c'est elle qui a fait battre mon cœur. Je n'ai plus ces maladies infantiles ; les autres, elle n'a pu les soigner ; elle est montée au ciel entre deux de mes guerres. Elle n'avait plus la force mais elle est restée. Dans ma chambre tapissée de langueurs, de cicatrices et de vieux navires engloutis, elle chante encore pour moi et ne me demande pas mon âge. J'entends sa voix, mais ne vois plus son visage. De l'entre-deux guerres, elle agite ses pervenches, ses yeux reflètent le désespoir et je me revois, si petite dans mon grand lit, pleine de fièvre suspendue à ses lèvres. Et ses chansons me reviennent … (J.E. Octobre 2019) Fréhel : une chanteuse, dite Pervenche, du Paris de la Belle Epoque qui chantait, entre autres, « la java bleue ».
  30. 2 points
    Au beau pays d’Aquitaine Je courtisais autrefois Sa très belle Châtelaine. Et puis, un beau capitaine Se pointa souventes fois Au beau pays d’Aquitaine. Avec allure certaine Il séduisit aux sous-bois Sa très belle châtelaine. Depuis, l’âme en quarantaine, Je demeure tout pantois Au beau pays d’Aquitaine. J’y pleure comme fontaine Car chaque jour je n'y vois Sa très belle châtelaine. Je pars en terre lointaine Y trouver un contrepoids Au beau pays d’Aquitaine. Sa très belle châtelaine.
  31. 2 points
    Mon île cernée d’une mer indolente Aux terres brûlantes et insoumises Aux crépuscules irradiés Mon île aux parfums des étoiles Mon île parsemée des ailleurs égarés Aux multiples visages enroulés dans les vagues A la poitrine gonflée par l’attrait de l’azur Mon île aux cheveux ondulant sur la grève Aux sentiers déflorés par les pas du silence Aux rochers dessinés par les lueurs de l’aurore Mon île au large des nuits blanches et des souvenirs perdus Aux yeux gobant le ciel pour un rêve absolu Mon île au carrefour des lumières Aux promesses des siècles dérivant à jamais
  32. 2 points
    Marée noire Témoignez de l'effondrement des couleurs, Les unes dans les autres, Juste au creux du monde, Dans le crépuscule de soi. L'extinction d'un feu, Assistez à l'embrasement du râle, Peu probable que le réel y survive, Cela n'était pas souhaité. Le ciel croupit sous les prières, Et il reste un désir, Hurlant plus haut que les foules, L'espoir que cet instant n'existe pas. Parce qu'il ne s'agit que d'une heure, Une heure aux reflets de milliards de secondes, Une heure où le temps dévore, Une heure où il reprend sa place, Et démembre les soupirs. Et s'estompant à la faveur de ses reflux, Cet instant a la saveur des marées noires.
  33. 2 points
    Je comprends votre dilemme. Mais vous avez fait le bon choix : taper aurait pu être mal pris, alors que "se la faire" est beaucoup plus poétique !
  34. 2 points
    Un vent violent dévêt les arbres de leurs feuilles. L'hiver, d'un noir linceul recouvre mes espoirs. Ma vie emprunte au ciel ses vêtements de deuil Et pleure comme la pluie ruisselant des trottoirs. Dans la sombre prison de décembre enfermé, Mes rêves de l'été par le vent balayé. Hier dans la lumière, tout me semblait possible, Aujourd'hui dans la nuit, tout devient inutile. Au bout du noir tunnel quand l'été sera là, Avec la lumière mon espoir renaîtra. Par ce piège implacable me laisserai happer, Puis l'hiver reviendra pour tout recommencer.
  35. 2 points
    Petit clin d'oeil @Thierry Demercastel ! " Chi va pianu va sanu E chi va sanu va luntanu. "
  36. 2 points
    J'ai repris le ciel, il était vide et les étoiles pleuraient, ma mémoire est vieille et mes souvenirs blanchissent, il devait y avoir du bleu et aussi du rose, des arbres allongés dans l'herbe, des superpositions pour les années qui passent, une Terre qui tourne et des images qui brillent, c'est le soleil qui se cachait derrière, j'ai repris le ciel quand il ne restait rien et les étoiles scintillaient dans leurs reflets de larmes, mes mains sont vieilles et mes rides s'épanouissent, il devait pourtant y avoir du bleu et aussi du rose, des feuilles quand la saison était chaude, des envies pour les années à venir, une Terre qui tourne encore et des images qui s'unissent mais, ce n'est pas le soleil qui se cache derrière, je ne sais pas ce qui se cache derrière et si je tremble, je m'approche, si je me retourne, je vais entendre, un froissement sûrement, mon genou fléchira et mes doigts gelés ramasseront dans le bac à sable l'étoile qui m'a vu naître, c'est le ciel qui me reprend.
  37. 2 points
    Laisse tes tics tranquilles et rime elle avec luit.
  38. 2 points
    Quand le sang dit tout le prix de l’amour Quand l’incendie vous conduit à la mort Quand le non-dit est l’ami du remords Quand samedi me suis remis à jour Quand tout est dit sont omis les détours Quand je maudis l’ennemi en mon corps Quand me dédie à mes amis d’abord Quand je mendie à demi-troubadour Alors le temps fuit je deviens instable Alors c’est la nuit des matins aimables Alors je m’ennuie et retiens mon souffle Mais tu me suis et tu viens à ma table Et je m’enfuis et un rien me camoufle Le paradis est le terrain du diable
  39. 2 points
    J'en ai marre d'être fauché Alors ce soir j'ai décidé De la revendre au plus offrant D'en tirer maximum d'argent. Je vais vendre mon âme au diable Pour des revenus appréciables, Mais d'abord je dois le trouver Pour pouvoir bien la négocier. Pour pratiquer la messe noire Sur le corps nu d'une sorcière Il me faut chercher la commère Et par ces temps c'est sans espoir. Donc, il me reste à invoquer Les démons et leurs associés. J'implore gentiment Satan Mais celui-ci n'a pas le temps Il reste muet tout le temps, C'est contraire à ce qu'on prétend. Je réclame alors Lucifer, Il serait perdu en enfer Car aussi ne sait que se taire Lui non plus ne manque pas d'air ! Alors c'est avec Belzébuth Que je ferai cette culbute. Peut-être que je le rebute Il n'est pas là pour qu'on discute. Je vois son avocat affable Qui me dit qu'il n'est pas solvable. Priant incubes et succubes, Je m'aperçois que l'on m'entube. Mais où sont donc passés ces diables? En fait, il sont tous introuvables Me répond un brave exorciste Redevenu bon athéiste: Voyez-vous je suis sur la paille Car plus personne ne déraille Et votre âme ne vaut plus rien Au marché des dévots et saints.
  40. 2 points
    Dans la cour de récréation de tes poèmes Espiègles complices, la Mort et la Vie Jouent avec toute la légère insouciance Des enfants ivres de l’instant En subtile magicienne De la musique des mots Tu t’éclipses dans tes ellipses Infatigables Inépuisables Personne qui sache mieux que toi Suggérer Juste ce qu’il faut Puis s’absenter Avec une élégance Sans égale
  41. 2 points
    Je suis allée là-haut dans les champs voir les nuages, les troupeaux de nuages roses – et le soleil se couchant. J'étais heureuse au début. Ça sentait le blé coupé et les fleurs un peu plus fanées que la veille. Silencieuse, je contemplais les oies sauvages. C'est à ce moment que, le coeur gros – comme s'il était en pierre ou en cage – je me suis sentie vieille – parfois c'est trop le monde. On s'y fracasse l'âme. J'ai murmuré dans la lumière Où est ma place ? Où est ma place ? Et malgré tout, le monde veille – il entend nos petites prières. Alors le vent, avec sa soie m'a répondu Là ! Dans mes bras. Entre mes mains tu es pareille aux oiseaux, aux arbres nus... Je suis rentrée à la maison en chantant. Pour le vent, pour les pucerons, pour les vaches couleur vermeil toujours triste, oui mais Chantant.
  42. 2 points
    La pluie a la couleur du gris Du jaune transparent Je te sais, là-haut, trôner en maître Et palpitant en moi À goûter la raison ; je n'oublie pas mon être Lune autant que soleil Galet précieux ; pierre polie En couleurs je vois le Monde Et je te vois aussi Frère, soeur, ou ami Pardonne mon tranchant ; écoute mes silences Et je me fais douceur Dans ta main, je me repose Loin des affres de la peur ; je contemple ton âme J'entends pulser ton coeur Je ne joue par pour gagner ; j'apprends aussi à perdre Chaque jour goûte le rêve Et si ma solitude éclate parfois en pleurs C'est que je t'aime Sans connaître ton nom. S.N 16/10/2019
  43. 1 point
    @Seawulf j'aime votre élégance dans le mot ; comme @Jeep j'ai pensé à ce magnifique sonnet de Félix Arvers : Mon âme a son secret, ma vie a son mystère,Un amour éternel en un moment conçu :Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire,Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.Hélas ! j'aurai passé près d'elle inaperçu,Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire.Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre,N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre,Elle suit son chemin, distraite et sans entendreCe murmure d'amour élevé sur ses pas.À l'austère devoir, pieusement fidèle,Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle" Quelle est donc cette femme ? " et ne comprendra pas.
  44. 1 point
    Bien vu à remplacer par palais ou manoir selon la fortune de la lady en question
  45. 1 point
    Un seul instant, "au terme de l'amour", suffit à chambouler...
  46. 1 point
    Voilà une fable peu affable. Le poème insecticide est-il de notre temps? Triste époque que celui de l'enterrement des blattes et du cafard.
  47. 1 point
    Et dire que certains affirment que le mariage ça rime pas à grand chose ! Jolie marque d'affection que ce discours versifié.
  48. 1 point
    _ Elena Volovna voulez-vous m' épouser ? ( l' éthylisme amoureux aujourd'hui me rend ivre ) mais un triste détail vous interdit de vivre : sur votre jolie bouche une mouche posée La femme du portrait dés que le jour se lève promène son fantôme au milieu de mes rêves et une apparition nébuleuse et liquide vient compliquer ma vie d' un songe extralucide Peu à peu me gagnait cette absurde vision qui plongeait mon esprit dans un grand désarroi; son souvenir glaçant menaçait ma raison tant son étrangeté m' avait saisi d'effroi Dans les rues du vieux Prague nous étions égarés Des nuages flottaient sur les toits de la ville et au bleu succédait une nuit empourprée, qui constellait d' éclats les rives fluviatiles Des miroirs scintillaient, façades lumineuses Leurs œillades terribles étonnaient nos prunelles, ravies de ces chimères aux clartés prodigieuses mais la nuit nous happait, possessive et charnelle * Cette nuit liquoreuse arrachée à l' ivresse découpe au clair de lune des îlots de toitures qui tournant vers le ciel leurs sombres écorchures baignent mon cœur de leur insondable tristesse. Poème offert à @Charles Boveaud
  49. 1 point
    Un bien beau poème qui renvoie à la douce nostalgie de l'enfance
  50. 1 point
    Une atmosphère dérangeante flotte au-dessus de ces lignes. Ajoutons un cela un soupçon de mystère et tout est là pour me plaire.

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