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Popular Content

Showing content with the highest reputation since 06/02/2020 in Posts

  1. 15 points
    Un petit cerf-volant à fil abandonné rêvait encore le vent dans l'ivresse des nuages à l'arôme salin au nacre des coquillages une main l'avait lâché au ciel de l'océan poivre et sel il a vite dérivé sa voile déchirée quand la nuit est venue il a épousé une étoile qui avait filé Qui a rattrapé l'autre ? Je ne le saurai jamais sur le sable nonchalant il est resté un fil transparent comme une toile d'araignée dans la rosée à l'aube d'un dimanche des aigrettes blanches ont envahi le pré le vent s'est couché ma main était vide le cerf-volant m'avait quittée et il restait du bleu dans le ciel impavide l'écume était livide. (J.E. Juin 2020)
  2. 14 points
    C'est l’œil du vent qui choisit la passion ou la tendresse mais pour aimer la vie il faut défeuiller la nuit Son baiser est un échange qu'il soit de fleur ou de pluie si fines sont ses lèvres que leur caresse me suffit Pour chaque pétale qui tombe une tache de couleur sur la terre endormie Et sur le front d'une colombe l'infini
  3. 14 points
    les mots filent à bon train des trains bon à rien juste à évider les lettres juste à semer des vers des vers vers nulle part vers ailleurs dans ces trains de 1ère classe des bourgeoises aux rires édentés des notables en baudruches évidées des 1ères sans classe à classer dans les inclassables les mots glissent sur les rails ils regardent les paysages les friches industrielles du siècle les campagnes émiettées ils repèrent les failles où se perdre dans une rime trop libre où dérailler sur une métaphore ils scrutent les doutes comme si des peut-être comme si mais en fait non
  4. 14 points
    Je t’avais entendu si grave l’autre jour Qu’un paysage m’avait murmuré ses yeux. L’aube rousse avait ce refrain d’adieu ; Savais-tu combien sont cruelles les amours ? Quand je me morfonds sous un vieil arbre, Il pleure des feuilles mortes et tout n’est qu’ennui. On dirait soudain qu’un ciel s’évanouit ; N’est-il plus ici qu’une voûte de marbre ? Je t’avais entendu si près d’hier Que les choses fanées chantaient de doux airs, Comme un cœur qui en l’autre se dévoile. Il pleure des notes, d’étranges musiques, Des chagrins de roses perdant leurs pétales, Un piano dans les soirs chimériques.
  5. 13 points
    Tout se prolonge, tout est mort, mais vit encore, La lumière filtre l’écran noir des songes, Le temps s’est mis à caresser ce qu’il ronge Dans les sillons étranges où tout s’endort. Vois l’écume rouler, et venir, soumise, la mer, En ses flots, ramener sur ses blonds rivages L’éternelle jeunesse qu’abrite son ombrage, Vois dans ses rides ces lendemains qui furent amers. Entends d’adorables cantiques où tout se presse, Toi l’enfant dont le regard s’étonne souvent, L’heure attelle au souffle ses grand chevaux blancs, Ils viennent, harnachés de funestes promesses. Leur image vibre toujours, là, sous mon front, Encore plus à la fleur éclose, au beau matin, Quand, sur leurs naseaux fumants que caresse ma main, Le temps a fui déjà sous de lourds plafonds. Vois cet arbre aux formes douloureuses et étranges Que coiffe un ciel trop bas et désuni, Son tronc fouillant la terre, ses racines sans vie, Et la mort que l’éclat de tes yeux dérange. (Source de l'image : anonyme)
  6. 13 points
    la cloche de mon rire est rouillée. les pensées sommeillent aux contours de mes pupilles. sombre présence, je suis la prison de toutes les couleurs. je voile et je dévoile. j'avale les derniers fils de l'aube. tout se soumet à mes embauches ombrées. d'une seule traite ma main devient coupable d'une tache de rouge. la pluie m'inspire, la peur de moi-même j'expire. lentement un cocon se déchire et sur la toile un bout d'intimité au gout d’hémoglobine. le pinceau tombe. ma soif s’immortalise. la toile est achevée.
  7. 12 points
    J’eus rêvé de plénitude, D’un calme déportant les marées, D’une halte sur mes habitudes Au courant de tes vœux bien ancrés. J’eus serré si fort le mot tendre Que de certitudes je fus blessée, Parce qu’il me suffit de t’entendre Comme je veux te sentir empressé. J’eus rêvé d’un temps fort, D’une émotion belle aiguisée, D’un rien, d’un silence à l’effort, De ta vie à mes pages épuisées... Sauras-tu vivre aux pas de la lune, Jour pour jour et nuit contre nuit ? Comme le sable se languit sur la dune, Sans vague à l’âme et sans bruit.
  8. 12 points
    Sculpture by Luo Li Rong Je bois toujours l'étoile nouvelle et trempe ma lèvre au flux du vent. Mon iris s'exaspère encore parfois des mensonges du monde mais je referme avec soin le grand ciel de mes peurs. Les semblances d'amour sont toutes mises en terre et mon cœur, rubis sombre, se vide de ses fièvres. Je suis venue par le chemin rompu de ma chair fragile pour trouver sur ta nuque tiède un jardin comme une grâce. J'ai marché de nuit sans douter de l'aurore, ta main, juste ta main, comme ultime repère.
  9. 12 points
    Dans le contre-jour des instants fugaces, Se reposer sur le bord des rivages assoiffés, Puis tout repeindre au sang des moussons, Sentir sous ses pieds la rondeur des galets. Est-ce donc cela que croire ? Dans le reflux des froissements nomades, Gratter l'azur émaillé au couchant des heures, Puis traire les mamelles des saisons encalminées, Boire jusqu'à la lie ces équinoxes moribonds. Est-ce donc cela qu'espérer ? Dans le lit inavoué des rivières secrètes, Se suspendre aux cernes des jours anciens, Puis s'éveiller entre les cuisses d'une nymphe, Renaître encore une fois à ce monde infrangible. Est-ce donc cela que vivre ?
  10. 11 points
    Faudrait-il entreprendre une nouvelle vie, Emprunter des chemins aux issues incertaines, Laisser derrière nous les désirs et envies Que nous avions nourris puis quittés à grand peine, En sachant qu’à la fin disparaît le défi, Puisque tout s’engloutit dans une mort certaine, Le saut dans le néant auquel pas un n’obvie Et qui rend l’espérance insignifiante et vaine? Il ne reste, si nous voulons sauver la trace De ce qui fut notre être en reflet des pensées Habitant notre esprit avant que tout ne passe, Que les mots, mots sacrés, libres et insensés, Mots d’amour, de regrets, de la dernière chance D’être toujours un peu, si peu, une présence. La lecture qui a inspiré ce poème
  11. 11 points
    Entendre le crissement des pas erratiques de pâles vagabonds lunaires sur la neige fondue des oublis. Deviner derrière les boréales arctiques, dans les reflets de nos vertiges, la crête argileuse du monde. Sentir dans les chairs consumées, les os séchés s’émiettant dans l’océan inachevé. Voir dans l’argile des attentes, les fantômes des heures éventrer l’omerta des nuits. Dormir enfin sur la ramure perdue d’un rêve, lové dans le silence des racines avant l’arrivée d’un matin chagrin.
  12. 11 points
    C’est l’heure ultime fin de longue route la rampe étincelle sur un front de mer désert où ne demeure qu’un vent des sables affairé à disperser les ombres dissoutes dans les sueurs qu’il faudra bien absoudre amers figés ces lunes allumées sous l’azur en émoi au pied des vagues d’opales les lèvres du ciel s’ouvrent sur la scène vide un décor sidéral entame le récit d’un drame abyssal tout de fièvre et de pourpre quand le rideau nocturne descend sur le silence la voici la vraie vie j’applaudis.
  13. 11 points
    Le p’tit poème du coin d’la rue Ne paye pas de mine dans le haut du pavé il est perdu et on l’assassine Moi aussi j’ai de la peine Mais je mets du sucre dessus Quand il fera chaud Ça fera du caramel Et un petit poème Avec des mots superflus Des mots simples, Des mots d’la rue posé là, sans réfléchir, se faufile toujours entre les âmes perdues C’est comme dans le champ Quand tu cours dans le vent Avec ton filet de mousseline Tu relâches les papillons sitôt prisonniers C’est eux qui choisissent La lumière ou l’obscurité Et ils se posent sur des mots Au parfum de réglisse Ton poème s’éclipse Toi aussi tu as de la peine Mais tu sais, les papillons Sont éphémères La vie aussi Alors , au coin d’la rue Entre un chardon Et une fleur sauvage Un poème naît dans un bruissement d'elles. (J.E. juin 2020)
  14. 11 points
    Cabine de plage quelque part en Cotentin Aux beaux jours nous irons retrouver les nuages Qui filent sur l'azur d'un éternel printemps Où la fraîche du soir respire à tous les âges Quand l'idéal été est bercé par le vent. Aux orgues de la vie qui se la jouent mineur Tempérant le clavier d'un soleil en bémol, Je mesure l'espace à l'écho des rumeurs De la mer sous la houle agitant l'onde folle. Parfois tout s'assombrit et alors le temps pète. Les algues des rochers blanchissent sous l'écume, Nous nous réfugions, trempés, le cœur en fête, Sur le haut de la grève. Une cabine en bois Déshabille la joie de nos corps qui présument Combien l'éclair d'amour s'émancipe des lois.
  15. 11 points
    l'appel à l'envol est là. la lumiere, heureuse de s’évader, oublie son bourreau crépuscule. un cocon se déchire pour faire sortir un papillon. blessures nécessaires, féminité dans la chair, le tout saupoudré de la couleur de la simplicité. sincère. c'est la métamorphose du fragile. le temps se gave des nouvelles secondes colorées et le passé s’émiette, lépreux. rêves en coulées de sève mon vide sera nourri.
  16. 10 points
    les mêmes signes les mêmes distances. entre nos âmes la nuit beaucoup de nuit quelqu’un creuse une larme dans un tiroir quelques lignes inachevées et un crayon. j'essaye de déchiffrer ma douleur entre deux silences respire un souvenir chaque histoire commence avec il était une fois. au bord de la nuit reste accrochée une araignée bientôt la distance va rentrer dans une autre saison.
  17. 10 points
    Le Coeur en Balance D'une évasion au désir poison, De ta fine sagesse au coeur tendre, Du mien en Balance une confusion, Sonder mes lettres et me rendre... Plonger nue dans l'eau claire Et changer le jour contre la nuit, T'écrire le ciel couchant sur la terre Et l'ardeur de mes démons de minuit. J'ai pris sur moi tous les silences Même ceux que j'attache en ton nom, Rien ne se perd et tout s'en balance Pour un oui comme pour un non. J'ai pris sur moi toute l'indécence Certes, tu l'adores mais loin de toi, J'aime l'agonie en toute résistance Mais tu te plais ainsi, loin de moi. C'est un coup de passion en liberté Où le jour me couche son tourment, Une pensée, peut-être une vérité, Mais tu sais que jamais je ne mens. -Epicene-
  18. 10 points
    Oisif, oxymore pérégrin Salin, sur de sapides récifs Esquif, sous tornade et gros grain Serein, sous le stress des actifs Rétif, aux mouvements contraints. Babil au discours éloquent, Causant de sentes tranquilles, Frasil sur les efforts flottant, Parant les écueils hostiles, Subtil, esquivant les courants. Ric-rac pour te réveiller tôt, Héros des tâches cul-de-sac, Bivouac à la vue des travaux, Bourreau des actes opaques, Hamac, havre entre deux bouleaux.
  19. 10 points
    Aller conquérir « Maintenant, tout à l’horizon du long voyage, La falaise des vérités monte à toute vue, (…) » Marcel Thiry Aller conquérir l’au-delà En saisir les étoiles D’une main tendue comme un arc Au firmament lilial Et là se déchirer l’âme Comme l’on jette son cœur Dans la bataille des mots Pour une cuisse galbée Un manuscrit retrouvé Un plat mijoté ! Oui, allez toucher du doigt l’au-delà Pour savoir comment c’est là-haut Pour palper l’impalpable Pour imaginer ce qui nous regarde Constamment, éperdument. Pour se rassurer un petit peu Si peu que ce soit juste ce qu’il faut Histoire de mieux imaginer L’impensable, Celle qui nous alitera Un mois d’un jour d’une heure Souvent de nuit Avec ou sans Dieu, Suivant mon index quelque part ici Dans ces vastitudes froides Cyanosées de peur Au pied de l’inconnue La mort… Glas silencieux Qui précède les adieux, Un baiser posé Sur un front glacial ! Au dernier carré Du dernier parcours, Une pierre gravée « Vivez la Vie ».
  20. 10 points
    Chemins vos lourds chevaux sont en peine fantômes chagrins que trop de pluies enchaînent Dans l'impasse des aubes blanches la poussière enterre l'âme vide de leurs champs Chemins aux caprices galopants où la mousse s'étend sur de longues vagues de pierre La cendre de leurs songes a noirci la lumière sans abri le passé a éteint le vent sauvage de leurs crinières Ce sont des astres vagabonds à l'orient de sable fin en quête d'un cri profond dans leurs espaces orphelins
  21. 10 points
    Alors que le crépuscule descend lentement sur les courbes douces des collines j'aimerais te serrer dans mes bras à l'endroit avec l'aide du vent au parfum de brindilles jouer pour toi une symphonie dans l'éventail de fleurs du midi Il y aurait des lavandes bleues, du thym des couchers de soleil l'odeur café pain grillé des petits matins et puis des oiseaux sur la treille. Dans le jardin tout petit, il y aurait le ciel, des mots dans des pots de miel, des chansons de farandoles, l'arôme d'un gâteau de cannelle et puis des cris joyeux. Toi,tu reviens de l'autre monde, les semelles souillées, soldat égaré de choses immondes les yeux révulsés, à l'envers Je me tais, j'écoute tes sanglots. Ici, dans le jardin tout petit où le ruisseau chante la guerre est finie Je te serre dans mes bras à l'endroit. (J.E. Juin 2020)
  22. 10 points
    Enfin ! voici ces vers qui ne sont que pour toi. J’ai recueilli ton cœur, semis du mois de juin, Le fêter aujourd’hui c’est éclairer demain ! Incomprise encore la clarté de tes lois Alors que ton silence aime à tendre les mains. Naïve et rêveuse en romance de rosée, Aguichant le rayon qui brûle le rameau, L’âme en dentelle fine excelle à l’écheveau, Invite un brin de brise et court l’eau pianotée, Nacelle aux feux chétifs, tu trilles au creux des flots….
  23. 10 points
    Plumes - Cyril Rolando - Amour homéopathique ? Portion congrue de tendresse chétive? Je ne veux plus d'un coeur qui ne sait pas s'ouvrir ni d'un désir fuyant blême et avaricieux qui se dilue en étreintes hésitantes. Et pourquoi pas la tombe où ne luit plus la peau ? Non! Je veux des trouées de passion dans la nuit et le balancement des corps souverains, des tambours, des sueurs, des langues triomphantes, des gerbes incandescentes à brûler les scories de tout l'irrationnel charbonneux et stérile. Je jette mes jours murés d'affligeante amertume et me tresse un chemin d'herbes folles et de vent!
  24. 10 points
    Brûlez donc la chandelle, disait-on autrefois, Je l'ai donc brûlée des deux bouts à la fois ! En vapeurs étranges, sur des couches sommaires Des rives du Yang Tsé aux faubourgs du Caire. Les belles dames d'alors passaient après la pipe D'opium proposée sans beaucoup de principes, Et seulement enfin nous adorions leurs lèvres, Essayant d'atténuer la brûlure des fièvres. Sur des jonques fumantes amarrées par vingtaines, Nous rêvions d'océan et de mers lointaines. L'ange qui me plantait dans la veine l'aiguille Ne rêvait quant à elle que de quitter les îles. Dans ce brouillard épais que fabriquait mon âme J'errais tel un clébard flairant le macadam, Mais les routes empruntées au sortir de ces rêves, N'étaient que des sentiers aux lacets sans trêves. Et ces chemins étranges me menant à la mort Ne me laissaient en bouche que de rares remords. J'ai largué en passant trois quarts de ma vie Qu'en aurais-je donc fait en votre paradis ? Mon souvenir de vous se résume à une chose : Vous m'avez oublié, que mon âme repose...
  25. 9 points
    Océane-moi ! « Ce qu’apporte le flot s’en retourne avec le jusant » Proverbe breton « Laisse-toi prendre dans ces mots Comme dans une algue marine Qui va sa vie au gré des flots » G.Perrec Langue de terre découpée ancrée face à l’Ouest toute de fragrances fleuries elle ceint d’éclats, l’ample infini. Ici l’océan vient se désensabler et laisse émerger un miroir édenté frappé au plomb zénithal. Sertie de dents graniteuses noircies par les vagues à l’estran coiffées d’un rose minéral déchirées par le noroît septembral elles s’effilochent en ce bout de terre à tout jamais cimetière marin où s’ensommeille la croix des veuves. Et j’aperçois tourbillonnant des linceuls de goélands venus bousculer nos certitudes au clair des vastitudes nues de leurs éternelles complaintes. Ô terre de mission, ici, l’homme imite l’oiseau il y marche de guingois, la peur au ventre le tenaille ! Ecoutez, comme la poésie s'enrobe aux éléments muets et indomptables aux silences bruissants d’inquiétudes aux gémissements embrumés. Voyez, comme la poésie se terre, à l’horizon hors de portée de mains dans l’impasse au bout de terre inaccessible où s’expose l’immuable beauté insolente. Là-bas, l’archipel de Bréhat pas de fard, pas de rides tonalité agapanthe et echium un corps toujours parfait des courbes à faire pâlir les designers toutes, signent un paysage d’exception, Et Dieu, peut-il rester tout à fait humble ? L’homme, cet étrange étranger tente vainement d’épouser ce corps, qui sans grandiloquence exulte ! Et je vois l’un d’eux se pencher au-dessus, la tête dodelinant comme un enfant pousser tendrement l’archer du violon et j’entends s’élever une monodie de la pointe de l’Arcouest et s’ennoblir les larmes de l’océan.
  26. 9 points
    Je voulais te parler d'amour à l'orée de tes attentes sur les hanches de la nuit dans la fraîcheur des pins Tandis que la lune dessine des arabesques sur ton visage ton sourire est un poignard une vague d'acier géante elle m'engloutit j'ai peur soudain de ne pas savoir les mots que tu attends je plonge dans tes yeux pour y chercher l'étoile alors tu me parles d'amour à la limite de mes désirs et soudain tout s'arrange dans la fraîcheur des pins nos corps embaument la sève et chuchotent l'amour Les mots deviennent inutiles sur les hanches de la nuit. (J.E. Juin 2020)
  27. 9 points
    Émile marche à pas comptants dans la garrigue et dans les bois. Il marche depuis bien longtemps, mais redécouvre à chaque fois que l’arrivée est le départ. Émile marche tous les jours, se rend au village voisin, vingt kilomètres sans détour, que les vignes aient du raisin ou que le soleil soit blafard. Émile marche pour marcher, sans grande précipitation, pas question de se relâcher, le mouvement est sa mission, nulle place pour la paresse. Émile marche, car il faut que le temps compte et la distance franchie tient à l’écart la faux c’est un acte de résistance, un pied de nez à la vieillesse. Émile, je marche parfois dans les traces par toi laissées. Lorsque je le fais, je me vois à ton âge un jour les tracer et je souris comme une enfant. Émile je te connais peu, mais tu ouvres pour moi des voies un jour tu sais, si je le peux, j’espère être un peu comme toi, marcheuse à quatre-vingt-dix ans.
  28. 9 points
    J’avais mis mon plus bel habit. Volaient en un ciel noir Des corbeaux aux vols songeurs, Le jour était à sa fenêtre Et bavardait son existence, J’avais le cœur au bord d’un ruisseau, Mon sang filant aux souvenirs en allés. Vibraient en l’air d’anciens rêves Et mes mains pleuraient, pleuraient. Petit garçon qui, par le miroir brisé, Sent la lame indécise et froide, Ou s’apprivoise des silences, Petit garçon, tu resteras encore, Puisqu’il faut vivre et attendre l’heure, Les rides agrandissant leurs sillons, Mêlant à la solitude d’étranges musiques, Et des colombes aux ailes blessées. J’aurais bien voulu mourir à l’âge d’un printemps, Creuser à l’ombre d’un vieux tilleul L’éternelle et douce mort, mon écueil, Et voir les colombes en des cieux oubliés Chasser tous mes noirs corbeaux.
  29. 9 points
    j'ai trouvé un ancien poème je l'ai regardé il m'a regardée j'aime tout ce qui ne me rappelle pas une douleur. depuis quelque temps je ne sens plus les hommes seulement sous l’épaule gauche c'est comme si j'avais un morceau de vie oublié.
  30. 9 points
    Elles sont loin, maintenant, les cases de ton village, Et le grand baobab, gardien des propos sages, La terre que tu foulais de tes pieds nus d’enfant Au milieu du troupeau, la tête pleine de chants. Tu as grandi, tu as compris…et tu as fui, Tu es allé à la conquête de ta vie, Laissant derrière toi tes vieux parents, tes frères, Le puits sans eau, les champs, la disette, la misère. Et tu as découvert au bout d’un long chemin Que tu as fait à pied en quémandant ton pain L’humiliation, la peine, la cruauté, le mal, Des poisons attirants tenant lieu d’idéal. Comme un mirage de bonheur, Pour supporter les privations, Dans les fumées et les vapeurs S’est arrêtée ta migration. Ton corps inerte se dévoile Abandonné sur le gravier Dans la froidure sépulcrale D’un crépuscule de janvier. On voit tes yeux aux cils baissés, Sur tes lèvres un léger sourire, Tu sembles heureux d’avoir trouvé Un coin tranquille pour y mourir. I.L.B.
  31. 9 points
    Il croit au sang de l’étoile et toi le sang de la croix un croissant de lune sur l’étoile croît une croix va croissant vers l’étoile en symboles s’envolent les saints aux mains rougies par le sang des autres, des contraires, des différents, des innocents, des sans croix, des sans étoiles, des sans lune en croissant bougies et chapelets épelés et versets déversés et lamentations aux barbelés et dévotions aux appelés ils croient ils croissent en croix ils coassent en croissant sur le sang
  32. 9 points
    Au plus fort de la nuit avant que l'aube pointe J'ai entendu un bruit comme de l'eau qui suinte, Mais c'était du sang frais qui perlait de mon cou. La chauve souriait et je me sentais mou ! La vieille écarlate d'avoir pompé ma vie Semblait une blatte incrustée sur mon lit Cherchant à me trouer de ses dents de malheur Pour un autre souper sur mon corps en sueur. Ô point de poésie au feu de la mitraille Quand mille petits dards écorchaient à l'envi Ma peau en crucifix, pénétrant mes entrailles ! Je suis un rescapé, car j'écrasais l'engeance, Surmontais mon cafard pour stopper la folie D'une âme défuntée en pleine résurgence.
  33. 9 points
    J’entendais le cochon qui grognait dans la soue Dans son auge on versait le lait de la baratte Ce jour j’étais heureux et riche de cent sous Que l’on m’avait donnés pour peler les patates Sol en terre battue et vieux murs de torchis La poêle sur le feu où cuisaient les châtaignes Ma grand-mère debout mais moi j’étais assis Qu’elle puisse servir selon la mode ancienne J’étais sur la bancelle ainsi qu’un petit roi Le feu de cheminée craquait derrière moi Et me chauffait le dos alors qu’il faisait froid J’escaladais le lit à la fin du repas J’y revois l’édredon et son odeur de plumes Et j’aimais m’y glisser en suivant ma coutume
  34. 9 points
    Je vous ai vu sourire ici même un beau soir, Je ne vous connais pas, qu'importe, voyons, j'offre, A ceux qui d'une aurore ont enrichi leur coffre, Un peu de mes rayons qui s'échappent du noir. Vous, le jeune prêtre, sur cette île aux enfants, Si Marseille, le Vieux, y célèbre un office, Il paraît qu'en ces lieux, d'un étrange interstice, L'offrande de l'Esprit c'est vers vous qu'elle tend. Je ne vous connais pas, mais j'avoue sans pâleur, Vos airs de discrétion plus tendres que serviles, Ce grand art d'écouter les sujets les plus vils, Votre œil humant le vrai penché en doux-parleur. Ah! Monsieur le curé, en vos gestes placides, L'inclémence s'incline et je sais vos préceptes, Bien souvent malmenés, abonnés aux tempêtes, Or, vous restez ouvert malgré les flots acides. Je vous revois encor sourire et puis sourire, Le front juste timide et quelque peu rougi, Par les mains apposées à trop prier la nuit Pour guérir tous les cœurs et combattre le pire. Vous implorez les ors, les sacres d'autrefois. Un hymne s'est perdu et c'est par une action Que vous nous éclairez avec la Tradition En pèlerin rêveur portant la Sainte Croix. La jeunesse embrasse ce noble sacerdoce. Le salut n'est-il pas d'emporter ce Panier Cueillir les fruits du ciel, les fleurs de vos sentiers, Où l'enfant peut jouer loin des bêtes féroces ?... Cette église s'enchante et s'embaume de roses, Une source a jailli hors des riches reliques, Votre foi aussi pure et certes catholique, N'égale votre amour changeant la pierre en prose. De vous, m'a-t-on parlé ? Une brise, un matin, La sonate d’iris, l'hirondelle et l'azur, M'ont soufflé ce secret : ...l'âme, votre doublure, N'est autre qu'un baiser tombé dans votre écrin. Au Père Alain Ottonello Le Panier, juste derrière le Vieux Port, est le plus vieux quartier de Marseille et sans doute le plus pittoresque.
  35. 9 points
    Mère et fille - Claudia Tremblay - Je cherche si souvent la soie de ton sourire cet absolu secours toujours triomphant aux heures les plus amères comme aux instants bénis Reçois ce jour où l'on t'honore le même amour que tu versas dès mon premier berceau et infailliblement pour tous mes pas tremblants au chemin du grandir
  36. 9 points
    Lucid Awakening by Kat Shevchenko Il y eut les coups frappés aux portes des colères et mon cœur disloqué objet sacrificiel Nous étions consumés en proie à des passions dans l’impossible grâce C’était irrespirable tragédie carcérale Nous dormions entêtés de faux sommeils sombres tout le corps aux aguets comme un fauve qui feint si pétrifiés d’adieux répétés et vengeurs que nous n’avons pas vu étinceler la lame qui trancha la question de survivre à ce drame Mes pensées tourmentées ont nourri ma fureur déflagrations muettes tenaillées par la peur mais … j’ai survécu, je crois, à la dernière salve C’est l’heure des mots rescapés de l’éboulis des pleurs au gisement du mal Je ne redoute plus ton ire épouvantable Je suis toujours debout tandis que tu recules au bord du précipice où tout s’achèvera.
  37. 9 points
    Adéquate adhésion les rhinos font des bulles Mais foi de limaçon l’imposant carnaval Tire à hue et à dia en gros tintinnabule Pour tirer les crapauds de leurs fosses nasales L’identique hérisson à fortes tentacules Importe du blé dur pour nourrir un cheval Amoureux d’une laie aux dons d’animalcule Mimant le mérinos en parade nuptiale Si vous vous figurez dans ce zoo illicite Inculquer aux manchots la prose d’Héraclite Quand tombent en miroir des plumes de hasard Vous pourriez aussi bien ce serait insolite Inviter l’Ami Fritz puisque c’est le bazar À changer la cigogne en grue hétéroclite
  38. 9 points
    Les yeux du renard Jettent des soleils Dans le noir Tu n’y crois pas? Viens avec moi Dans la forêt Tu verras Entre les arbres La nuit S’étoiler
  39. 8 points
    Bousculade A ma mine de bouffées délirantes et à ses cieux estimés trop gris, j'emprunte des rives courantes sur mes lignes de vie aguerrie. J'aime les pulsations percutantes et même les héroïnes festives, je vis d'aventures pétillantes passagères et attractives... Je ne traque ni l'amour, ni le jour, n'existe que si le tant est permis, mais garde le recueil d'un séjour lorsque je t'écris, mon ami.... J'intercepte les rais d'un soleil me charmant d'ardentes conditions puisqu'auprès d'un toi s'éveille tout l'art d'un risque de passion. -Epicene- Juin 2020
  40. 8 points
    Le soleil glisse derrière les murs Allonge sa lumière sur la baie Offre Des oiseaux chanteurs Aux musiques des dunes Un parfum de tiaré dans l’herbe foulée Comme une note de piano pénétrée de silence La voix de mon exil devine mes pensées Je descends vers l’océan Au revers des minutes Le sable brillant Hypnotise les ombres
  41. 8 points
    Lorsque tes yeux brillants sont plongés dans les miens Déversant la lumière des reflets de ton âme Tout mon être palpite du seul souhait qui l’emplit Je veux te voir comblé d’un bonheur infini Je t’aime. Mon vœu le plus précieux est que tu sois heureuse Que ta vie soit sertie de moments magnifiques Que tu sois transportée par ces forces mystérieuses Vibrant dans les nuances d’un sentiment unique Je te souhaite l’amour sans limites Cette vague irrésistible qui décuple l’énergie Et te portera loin dans ce qui te passionne, Torrent d’inspiration pour l’œuvre de ta vie Je te souhaite l’amour à la pureté sacrée Dont le halo s’élève bien au-delà des hommes Du moment que tu sens la chaleur dans ton être Peu importe le cœur où sa source vient à naître Je te souhaite d’accueillir la beauté du voyage, Te voir sauter pieds joints à bord du train en marche Cheveux ébouriffés, riant et essoufflée Libre. Et prête à savourer Car tu es un trésor, pépite d’humanité Et tu mérites de voir les plus belles couleurs Se peindre dans ton âme, Bouillonner dans tes veines et sourire dans ton cœur Toi, miracle qui bourgeonne dans les sillons du monde Le feu sacré des astres scintille sous ton écorce Te voir fleurir, vivante, sous le jour qui t’inonde C’est tout ce que je souhaite, et ce de toutes mes forces. Je serai présente pour toi Où que te portent les vents traversant l’existence Tu n’as qu’à tendre la main pour rencontrer mes doigts Et ma simple volonté d’attiser ton bonheur, que nul souffle n’érodera Où que me portent les vents qui gonflent les voiles des cœurs Je manifesterai partout, sans cesse, en ton honneur La passion incontenable que tu m’as inspirée Depuis nos premiers mots mêlés sur un parvis Depuis nos premiers gages et l’électricité De notre première étreinte et du premier je t’aime Depuis nos larmes de joie et le premier poème A l’image du regard sauvage et intrépide Pour lequel l’horizon ne peut se résumer à une unique route, Un unique paysage, Un seul point de lumière au creux d’un ciel limpide A l’image du soleil qui se saurait briller seulement pour une personne Que ton sourire rayonne Alors que tu t’envoles célébrer chaque seconde, La multiplicité des sentiers à tracer, La vasteté du monde. Écrit le 24 Février 2020 par Charlotte Dubost / Poésie des rues
  42. 8 points
    La maison déserte J’ai gravi des collines et descendu des pentes D’un pas lent et serein, j’ai avancé, confiante, Pour arriver, enfin, au seuil de ta maison. Je revois cette façade aux roses à foison, L’allée, sur le côté, bordée de chèvrefeuille Au mille petits soleils comme un signe d’accueil Qui rappellent à mes yeux, à mon cœur, à mes sens Des parfums oubliés, les senteurs de l’enfance. Je retrouve le coin où était ton panier Celui que tu prenais au pied de l’escalier Et que tu remplissais de légumes et de fleurs Que tu me présentais avec joie et candeur. Mais les volets sont clos et la porte fermée : Dans une contrée lointaine tu as déménagé. Les toiles d’araignée oscillent aux fenêtres, La balançoire attend dans les branches du hêtre. Une chaîne rouillée ceint la grille du fond, Massifs, haies et parterres sont tous à l’abandon. Il ne reste sur place que le doux souvenir Du bonheur disparu et des anciens fous rires… Dans ton nouveau pays es-tu enfin heureuse ? Remplis-tu ta demeure de ta belle voix joyeuse ? Je reste silencieuse devant la maison vide Qui attend ton retour dans son écrin placide. I.L.B.
  43. 8 points
    Quand l’ombre se noue au miel du tilleul, Que n’importent plus les remords du temps, Dans ce parc de juin pour les cheveux blancs, Je m’en vais guider les pas de l’aïeul. Ce fringant monsieur au teint polisson, File les années sans d’autre douceur Qu’un petit baiser, la tierce majeure, Sans avoir recours au diapason. Le récit des vents loue son beau visage, Garde ses printemps sous son oreiller Et ce cœur qui bat dans les champs de blé Ouvre grand la main aux ruées sauvages. Sa paume, fragile, autrefois d’airain, M’offre en vérité un duvet de pêche Qui grise mes doigts vaniteux et rêches Épongeant mes jours d’insolent gamin. Ses yeux n’oublient pas les rais de l’enfance, Les nuits d’histrion dans les foins fermiers, Du premier amour à fleur déliée, Les parfums si doux de l’insouciance. Pour lui chaque rose a sa belle histoire Comme les cailloux quand il se confie Pour fuir le docteur au cœur rabougri Qui redoute tant l’ultime éteignoir. Il évoque en l’air la belle cueilleuse, Celle qui viendra l’été sous la treille A son dernier souffle à fleur de sommeil Pour presser son âme aux nues liquoreuses… Mais ce soir on danse et on fait la fête, Il m’entraînera sur la piste bleue Avec une étoile et un châle heureux Dans le trémolo d’une nuit guinguette !
  44. 8 points
    Soleïade Ô ces soleils glacés que le matin cristalle Dans le musc étonné de nos mots en bataille Cheveux mêlés, odeurs rythmées Satins chamarrés et chauds, souples, en apnée La nuit m’était complice au détour de nos peaux Et je brûlais ambrée au ruisseau de tes mots La barque de nos rires s’égrenait, soleïade Prunelles enflammées, adoucissait nos peurs Les vautours pouvaient bien s’arracher nos silences L’instant nous murmurait Ces perles exquises de la pluie, de la vie De la flambée du jour Bien au-delà des larmes que la mort m’avait prises
  45. 8 points
    En vagues, tes cheveux, comme une houle noireS’échouent en bord de cœur à ma plage vidée,Qui ensable d’autant ma mémoire ridée,Roulant les souvenirs en marée dérisoire.Autour de tes rochers, écueils de poésie,Tourbillonnent tes maux en mots entrelacés,Dans le sable émouvant des amours effacésOù je sauve les miens de leur douce amnésie.Mais lorsqu’en rose et nuit, le soir s’en va couchantLes fantômes du jour au grain de peau salée,Mon âme troubadour s'inspire de ton chant.Et dans le clair-obscur voilé du vieux menhir,La peur du lendemain devient un souvenirAu doux tapis de fleurs en senteur exhalée.
  46. 8 points
    Résignée Sous un ciel de drames perpétuels Tu enfonces le clou, Epousant la solitude Plus douce encore En victime de ce monde et ses abîmes, Emportant toute latitude. Le tracé de tes pas Dessine une de ces rives éternelles, Plus furtives, tranchantes qu'autrefois Où s'inscrivent l'infini, la démesure, Pour ne plus dire que c'est toi. Et tu colportes quelques mots, Qui vont, que j’examine, Ta voix n’est plus, pas un écho Mais l’encre de ta Chine... -Epicene- Juin 2020
  47. 8 points
    Et là-bas, vers le mont sombre, tout disparaît de la vue. Les silhouettes bleues des ombres toutes empreintes ont perdu On dirait qu'une main squelettique a broyé les arbres et les fleurs pour laisser place à des statues antiques d'un horizon noir et vainqueur La nuit s'installe, secoue ses paillettes il semble que la terre ait disparu derrière une nouvelle planète aux yeux fatigués et battus toutes couleurs se confondent en nuances étranges, en pertes de contours alors, nos âmes deviennent vagabondes dans un monde devenu sourd. (J.E. Juin 2020)
  48. 8 points
    explore-moi:premièrement découvrela trace de la côte cassée.le labyrinthede femme commencée et inachevée.
  49. 8 points
    Leurs cœurs ne battent pas Et leurs membres sont froids. Leur sourire est sans vie Sans chaleur, sans envie, Dans un élan figé Pour toute l’éternité ! Mais au-delà du temps Et de l’usure des ans, On voit qu’ils sont épris, A tout jamais unis. Plus trace d’inquiétude Loin d’eux la finitude. Immobiles et sereins Dans l’air pur du matin, Visages doux et lisses Leurs bouches en calice, Leurs torses approchés, Leurs mains entrelacées… Dans un manteau de marbre Derrière un rideau d’arbres, Leur amour est de pierre Pampres, acanthes et lierre : Emmêlé dans ces rets, Il dure à tout jamais. I.L.B.
  50. 8 points
    Ulysse. Breton ! Drôle d’idée que de mourir à Aix-En-Provence. En fait, non. Une manière de tirer ta révérence. En Ulysse, tu as fait ton dernier beau voyage. Maintenant, tu vogues vers de nouveaux paysages. Nous sommes là, tout en haut de la grève. Jusqu’à l’horizon s’étend une mer imaginaire, chahutée par la douce houle de l’univers. Au loin, le soleil des crépuscules se lève. Du regard, nous suivons cette barque improbable. La laissons s’éloigner doucement au-delà du visible. Le cercueil évite les écueils et disparaît derrière les grands sables. Hatoup ! Tu files à la découverte de continents inaccessibles. Nous tes enfants, souffles du vent de ta vie Nous te guidons en direction de ces paradis. Un matin au Nord, un soir au Sud. À l’Est à midi et à minuit, cap à l’Ouest. Bon vent Papa. L. ROUSSELOT

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