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    Gabriel Montigny

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Showing content with the highest reputation since 04/20/2019 in all areas

  1. 14 points
    L'averse a crevé le ciel violente en stridentes griffures Des larmes de prunus roses jonchent la rue mouillée la nuit froide et apaisée s'est posée sur nos draps fatigués Viens Dormons maintenant ------------
  2. 12 points
    dans des gouffres solaires, au milieu des éclats de rêves, parmi le rebond des heures, aux déglutitions du ciel, le crayon peut toujours s’abreuver ; sur les éclopés de l’amour, sur les coïts éphémères, sur ces infirmes de la chair, sur tous ces corps asexués, le crayon peut toujours résonner ; dans des bouches orgiaques, au milieu des foules solitaires, parmi les échos des silences, aux larmes de l’éphémère, le crayon peut toujours vibrer ; sur la nuque tendue de l’aube, sur la nudité des choses, sur la plèvre usée du réel, sur ce poumon fatigué des jours, le crayon pourrait un jour se briser.
  3. 10 points
    Ce soir je suis de silence de plaintes muettes sur la page blême de l’absence Mon âme s’évade lentement sur les voies embrumées de vos mémoires tortueuses Sourcillerez-vous au souffle solitaire de son passage
  4. 9 points
    La poésie est un jardin métaphysique. Cris en thèmes et pensées, groupés en florilège. Dans tout poète vit le Dieu ésotérique, d' une armée de symboles qui s' avancent en cortège. Il pleut des sortilèges sur ces morceaux de landes. Les colonnes du ciel se brisent à chaque instant. Des systèmes s' effondrent, des cartes et des légendes; Et des pans de mémoires sont prisonniers du temps. Tu es pourtant l' enfant d' un miracle stellaire: La rencontre d' une âme ,captive d' un maléfice, et d' un astéroïde à des années lumière; Fragment d' éternité au bord d' un précipice. j' ai bu à ton calice . Mais jusqu' à l' hallali, avais soif d' adultère, et pour tromper l' ennui; je peignais des girafes aux couleurs de l' oubli. l' amble est notre allure, pour enjamber la nuit . L' espoir s' évanouit dans la fuite des jours. nous confions au jusant l' espérance blessée, mais la marée montante nous ramène toujours, en vagues souvenirs, l' écume du passé. ------------------------------------------------------ Brisons le pentagramme, comme prévoit le rite : En saisir une branche ; percer l' œil ténébreux! Mais lui depuis longtemps, avait fui son orbite. L' œil sur la pyramide est de la poudre aux yeux...
  5. 9 points
    Les arènes sévillanes, au soleil si sanglant la foule castillane, au vermeil si troublant le sable crisse et ploie sous le poids de mes ans, ans si brefs, sans griefs, je viens m’offrir, trottant J’hume l’air, chaud de cris, d’écume je transpire je respire déjà le métal qui au pire abrégera longtemps mes poussières d’empire c’est de la musique et des chants qu’il tire l’ire l’éclat picador des banderilles vampires Arène séguedille en rouge véronique il neige des mouchoirs, blancs ourlés de tragique le sang chaud coule de mon échine titanique je mugis, je frémis, je charge si héroïque Le pantin de lumière dans son pauvre habit m’esquive en riant de sa cape de bandit J’ai mal, si mal que j’en ris Pourquoi l’arène tourne t elle ainsi? ... Je galope dans les eaux du Guadalquivir l’écume rafraîchit mon poitrail l’ombre des oliviers pétrit le soleil le vert des pâturages encense l’orage Dieu, que les nuages sont beaux à mourir de pluie et que cette Io est lumineuse… Je la voudrais… La couvrir Percer ses flancs assurer ma descendance voir mon sang ivre par delà mes années … Mais l’orage gronde les éclairs de métal zèbrent et me sabrent… J’en ai vu un me … plonger dans la gorge sous les … cris Que je n’entends presque plus…….. Est ce mon sang qui bouillonne? Quand je ploie sous les ans suis-je si vieux déjà? Ai je perdu mon temps? Le ciel me blesse Io… Ma génisse… J’en gémis… je vois des moulins à vent leurs ailes dévoilent la porte d’azur J’ai peur à présent J’ai soif … Le vieux cheval fatigué traîne la carcasse, Qui dans l’arène creuse un sillon, une trace Et de son mufle éteint pend une langue rose Constellée de grains de sable d’un convoi morose *************
  6. 8 points
    Tendresse ou tant d’adresses échouées Qui butent Dans le creux de ta main dans cette paume tiède, Broyés Ces bouts de corps qui je le crois T’appartiennent Main qui malaxe minutieusement, doucement Ce corps hurlant De désir, appel qui malmène Tendresse ou tant de restes fragiles Tu me fais mal, se dissimule Froidement sous la peau, la graisse Du corps pénétré, glacé La chouette effraie elle observe De son regard perçant, Voluptueuse Blanche, luminescente Tendresse ou tant de herses Apres coup que puis-je donc faire De ces sensations De cette extinction De cette effrayante et nocturne épopée, Oh mon Dieu … j’ai tant aimé
  7. 8 points
    Ma testostérone a de la mémoire elle se souvient des chants d’hormones que moissonne le printemps Elle se souvient des soies de Chine et du Japon des ocres d’Afrique et des turbans L’échancrure d’un tissu la goutte de sueur l’exotisme d’une épice dont le souvenir ravive des odeurs plus intimes des vins de soleil, des cuissons mijotantes J’aime les blés tendres J’aime les blés mûrs J’aime la terre meuble et le carrelage où les jambes des femmes se mirent dont on rêve le flou quand s’estompe l’image de leur passage luisant Les premières langueurs quand vient le vent pollen des désirs, achèvent d’accomplir la propagation sublime J’ai pour cibles tes amours naissantes aux vagues de l’ennui J’ai pour crible le tamis des mosaïques où ton regard se perd J’ai pour bible l’index de ta table des matières Je suis voyeur, aussi voyant à l’occasion voyou de circonstances voyageur impénitent sur les chemins du plaisir accoudé à un vieux tram nommé désir Et je n’ai pas de scrupules à te prendre la main pour implorer ton pardon quand dans mes courses vagabondes je dérive de toi…
  8. 8 points
    Crois-tu qu'il se cache derrière les buissons? La garrigue est bien belle et l'asperge sauvage Sous les pins oiseleurs veut taire encor' son nom... A en croire le vent, il revient de voyage. Un sentier dépouillé des vieilles oraisons, S'est ouvert aujourd'hui lors d'un écobuage, Le berger de mes rêves y revoit ses moutons Forçant têtes baissées cet étrange passage. Par là, où mène-t-il? Voilà quelques rayons... Mais, qui vois-je là-bas à l'écart des ombrages? Ah!...mais c'est le printemps et tous les papillons Dans un jardin d'iris aux mille et un corsages!...
  9. 8 points
    Un coté trés branchies, l'autre un peu désuet ; Palpitant des hanches, l'écaille franche et la carpe palmée, sur une île perdante, je l'ai trouvé dans un filet filant. Un squelette d'os et d'arêtes équitablement répartis. Sa moitié non négociable d'humanité, un mètre quarante de trempette sous un buste scaphandrier, en fait une belle créature ne méritant pas la friture. Au matin de nos délices une pulsion prédatrice, un désir Ichtyophage serraient mes entrailles cannibales. Un délicieux songe en carnage me servait l'animal, jusqu'aux limites anthropophages de ses formes abdominales. J'envisageais en secret son destin en assiette, quelques sauces épicées, un brin de ciboulette. Une rondelle de citron pour régime piscivore, faire revenir deux p'tits oignons des restes carnivores. Dès lors son chant ne me retint qu'un temps, Je ne suis pas tant mélomane aux saveurs bouillantes qui m'affament ; J'ai donc mangé mon siron, de la caudale jusqu'au melon. Sur mon île perdante je suis perdue, je pleure ma gourmandise. L'idiot, en cuisson, me fit un don... Une superbe queue de poisson me mua en femme-thon. Un grand blanc de l'océan me pourchasse en prétendant, me tourne autour, me fait la cour, me prédate la péremption m'imagine en digestion, en comestible pour moitié thermosensible et sans pitié, Il pourrait bien me dévorer. J'ai pris pour tunique un pouple homochromique, en garde-robe céphalopode, il camoufle mes charmes alimentaires sous sa coquetterie vestimentaire, brouillant les réseaux trophiques, il me cache dans ses mystères. La mer polissonne son ciel qui poissonne, ses étoiles qu'on harponne et ses bouquets d'anémones. Les sillages fendent la toile, le souffle du vent, le bruit des voiles, et la dangereuse proximité des marins, blessant mon âme, tranchant mon sein.
  10. 7 points
    Je vous avais aperçu Un soir où flânait le silence, L’heure était timide et succombait, Sur vos lèvres jouaient les mots D’où mouraient les rêves. Il me vint ce pénétrant souvenir, J’étais assis à l’angle d’un marbre rose, A l’enclos où passent nos mémoires. Je vous avais aperçu, si pâle, l’air jouait un refrain mélancolique, la nuit n’était qu’un sanglot, Vous étiez mon passé, Vous étiez mon jumeau.
  11. 7 points
    Prendre un autre chemin habité d’infinis Se mouvoir dans ton souffle, s’enrouler dans tes voiles Un esprit, un toucher, et pourquoi pas une âme Recréer nos images, nos amphores du vivant Si denses, si lourdes, où ne glisse nul vent Il est l’heure, il est temps Le ciel fait le beau pommelé de sang Le sable blond s’écoule de la main des enfants
  12. 7 points
    silence précieux au-dessus d'une fleur en-deçà d'un océan sur le battement d'un cœur à la paroi d'une falaise même le coquillage se tait pour que tu écoutes l'écho (J.E. Mai 2019)
  13. 7 points
    Je voudrais être un soir indolore de province Bleu, la marque du sang Un voile tiède qui mange la cathédrale Chair, la marque du vent Je voudrais être un soir ténu de capitale Blanc, le mur des fusillés La joue posée contre les collines Noirs, les toits dentelés Je voudrais être le fouet de la grande marée Vertes, les larmes d’écume Les cloches englouties au tocsin des mémoires Bronze, la peine assouvie Je voudrais être le cri de la forêt primale Soleil des profondes mendicités La luxuriance des beautés qui agonisent Lune des boisseaux de stériles promesses Je voudrais être le chant des dunes de seins blonds Sable de ta rugosité intime L’oasis que fait le diable au voyageur damné Lèvres, le carmin de mes nuits sans toi Je voudrais être le monde, le monde entier Couleurs, le battement de l’horizon Tu en serais le centre, le centre crucifié Sanguine, mon âme d’épines couronnée Je ne suis qu’un homme qui marche Ténèbres, phare de mon immobilité Mes pas sans trace en liseré de secondes Lumière, de rose en chapelet de pétales morts Je ne suis qu’une âme, un âme à dos d’âne Fauve, le croassement moqueur des ailes noires Le bûcher des étoiles obscurcit l’éternité Ébène des matins où mes mains ne te saisissent pas Je ne suis plus rien que l’idée même Argent des algues qui te font chevelure Plus rien que mon murmure Vieux de n’avoir pu te bercer
  14. 7 points
    C’était comme si le ciel grenadine jouait aux pommes d’amour Comme si des buissons de soleil se riaient des diableries d’un enfer vert à pleurer les larmes chaudes du pourpre des hibiscus Ce soir de mai vers *Hienghène * Nord de la Nouvelle-Calédonie. Village de Jean-Marie Tjibaou
  15. 7 points
    Un amour de littérature Quelque chose de pur je ne sais comment dire un petit caillou bleu aux reflets de saphir que l'on jette en adieu Je ne veux pas te perdre Un peu comme un nuage qui garderait en lui ses larmes nourricières pour ne jamais mourir au dessus des déserts où crèvent les mirages Je ne veux pas te perdre Un amour violoncelle de pleurs et de dentelles qu'un archet trop sensible si doucement caresse l'accouchant de ses cris en tremblant de tendresse Je ne veux pas te perdre Un amour si étrange deux âmes enchaînées prisonnières sans cage deux corps encerclés sans barreaux ni bagages sans habits de rechange Délivre moi du mal qui met ton coeur en berne brise la bacchanale de mes rêves d'aubaines brûle la boucle infernale qui incendie mes mots Je ne veux pas te perdre
  16. 7 points
    Je bois, oui je bois le verre levé Lèvres entrouvertes Pas l’absinthe mais l’amnésie Juste pour le sommeil Il me faut dessiner la lune Les paupières closes A genoux j’aspire la vague enroulée Que vous avez divisée Que j’ai recousue L’absurde du sel contre la joue D’une vie antérieure J’ai écrasé les coquillages sur la plage Avalé au compte gouttes le couloir de la nuit Le noir explorant mon propre ventre Les grains de sable semés à mes pieds On ne peut pas mettre un couvercle sur la mémoire Egratignée elle divise le jour et le sommeil Les fantômes n’aiment pas que nous errions à leur place J’ai appris à désaimer l’inverse de ce qui est A laver les vitres du soleil couchant Que mes larmes ternissent On apprend à frotter les mains des mots colorés Les ramenant au visage Trop rêches elles s’adoucissent Réconciliées elles balayent les traces des festins Sous les draps il faut jeter sans regarder Les miettes aux fenêtres En-dessous les oiseaux picorent et se meurent Condamnés à avaler ce que nous sommes
  17. 7 points
    Chairs niées Les lévriers crevés tachaient l'ardoise grise leur sang ruisselait en chapelure de cendre sur les carreaux la terre bavait des torrents d'odeurs de marguerites échevelées et nues coeurs jaunes déchiquetés de chaleur Les ombres ont couru s'imprimer sur les murs obèses elles lèchent les parois de leurs lèvres glacées enjambent les hauteurs malgré leur nudité S'envolent avec elles les noirs lambeaux de peine morceaux d"amour cousus des fils de leurs chaines Au loin le ciel se couvre de pierres de pluie Les nuages boivent à corps perdus ces fumées de la nuit bulles de mousse de suie Dans leur ventre les enfants qui ne sont pas nés se pareront des habits des fantômes salis dans leur ventre les enfants qui riaient plisseront leurs yeux détruits par des soleils trop blanchis L'ardoise a crevé les carreaux du temps l'église laisse échapper la chapelure des âmes lévriers des vents
  18. 7 points
    Les pluies sont acides dans mes soleils noirs - à l'abri sous l'ombrelle, je vis mes orages mes ébats le corps troué par l'éclat des aubes disparates. Mes nuits ont des cils où l'on voit à travers rideaux d'ombres constellés de lumière.
  19. 6 points
    *** Ton coquelicot dans l’odeur des herbes Tache de Renoir, en soleil d’été Tes cheveux liés, dans ma main, en gerbes Ton plaisir ouvert, d’amour endetté Tache de Renoir, en soleil d’été Touche de pinceau, collines couvertes Ton plaisir ouvert, d’amour endetté Tes envies blessées j’en pleure les pertes Touche de pinceau, collines couvertes Là j’ai vu ta fleur sous le vent gésir Tes envies blessées j’en pleure les pertes Le jus blond toison houblon de désir Là j’ai vu ta fleur sous le vent gésir S’enivrer de rose et virer aux rouges Le jus blond toison houblon de désir Coule de ton sexe en larmes de gouges S’enivrer de rose et virer aux rouges Faire d’un dessin ce qu’est un sillon Coule de ton sexe en larmes de gouges Des gouttes longeant ta chair vermillon Faire d’un dessin ce qu’est un sillon Esquisser d’un trait tes hanches superbes Des gouttes longeant ta chair vermillon Ton coquelicot dans l’odeur des herbes ***
  20. 6 points
    D’un ciel trop bleu je suis partie j’ai laissé la voiture sous le soleil une lettre sur le tableau de bord dans mes mains un livre Je me suis évadée du regard de l’homme j’ai fermé les yeux j'ai mis mes mains dans mes poches juste pour le contact de la peau serrant les poings j’ai regardé d’autres hommes ils m'ont pris la main j’ai senti la glace parcourir mes veines ma parole s’enfouir dans cet espace clos qu'est ma bouche J’ai avalé mon corps le mouvement de mes doigts la pluie pour éteindre le feu Ecrire pour ne pas mourir Je me suis trompée de folie la phrase se dérobe la phrase prend corps à l’arbre me ligote sous les paupières closes se dessinent les formes le dessin de ses yeux le nez long et droit le tremblement de la bouche les cheveux démêlés par le vent filaments transparents écheveaux du temps Les phrases se lisent à haute voix déliez-moi les mains que je puisse écrire des pages blanches jetées au vent tels des cerfs-volants
  21. 6 points
    Il pleut en berne sur leur silence pas l'ombre d'un oiseau sur le quai où ils attendent Tout ce qui paraît humain déjà est d'une beauté autre ils savent qu'ils n'y aura pas d'aube quand le jour se présentera En vain la lumière se pose sur la surface des vivants si lourd est le sommeil des choses indifférent,le passé consent Ils disent qu'ils nous ressemblent ces fantômes qui nous hantent entre l'éclair de la naissance et l'horizon éphémère du couchant
  22. 6 points
    on aurait pu s'aimer sur le lac de Sainte Croix* une nuit d'hiver, en plein mois de mai un jour de printemps ou de novembre on a préféré se désirer à toutes les bises de décembre et aux brises d'été jouissant du désir puissant inassouvi d'un fantasme on a résisté, on n'a pas existé mais qu'est-ce qu'on s'est aimés ! Sur la banquise d'un automne glacial on s'est retrouvés sur la banquette d'un quai de gare banal en train de rêver au lac de Sainte Croix ... quand ton genou a frôlé le mien on s'est reconnus, je crois. (J.E. Mai 2019) * Le lac de Sainte Croix (Alpes de Haute Provence) existe réellement, je n'aurais su l'inventer. Quoique …
  23. 6 points
    i Tiens ! Les mouches pètent et les chats volent bas, Mais ce matin d'hiver notre amour reste intact Innervant de partout notre ardeur au contact ! Que pleurent les British s'il pleut des chiens, des chats... Hier nous errions, sans nous connaître encore. Soudaine rencontre d'un soir d'éternité Où nos peaux, nos odeurs, l'une à l'autre frottées... Mon hypothalamus s'émut de leurs accords ! Tu m'as d'abord ouvert la porte de chez toi ; Puis celle du frigo pour un petit souper ; Ensuite, et fort repus de nos premiers baisers, La porte de ta chambre à nos cœurs en émoi. La visite amoureuse, elle s'est poursuivie De découverte en découverte. Pour ce tendre jardin, nous avions la main verte Et tu m'ouvris ton corps sur le bord de ton lit. Un violon sur le toit Accompagnait notre aventure, Soulignant à l'envi la moindre appogiature Et les arabesques de notre quant-à-soi. Enivrés de plaisir, de paroles et de vie, Amours débutantes qui n'en finissent pas ; Entracte délicieux à lire de Kafka Un fragment qui traînait sur ta table de nuit. Alors tu m'expliquas qu'il n'y a rien d'absurde Dans La Métamorphose. Je comprends tout, tu éclaires si bien la chose Qu'au quatrain, rime riche, « absurde» embrasse à « Kurde » ! Tire la chevillette, ouvre toutes tes portes, Cherra la bobinette et tu diras : qui c'est ? Pourtant de notre moi, qu'est-ce qu'on s'en fichait, De Narcisse blessé au temps des amours mortes ! Plus que nue, pas trop vierge, ô ma belle odalisque ! Filant sur nos désirs, nous nous étions charmés. Remettons le couvert, à moi de t'inviter : Si d'un homard du jour, nous partagions la bisque ?
  24. 6 points
    le froid déverse son trop plein d’ennui tout est pâle et je n’ai rien dit le froid n’entend rien et ne se plaint tout se fige et tu n’as rien dit le froid a son langage, il est le nôtre l’amour se glace et je t’aime encore **
  25. 6 points
    peut-être écrire à la fenêtre en regardant les toits en me frottant les doigts peut-être écrire de tout mon être au cuir des courroies en guettant mes proies peut-être écraser l'araignée du matin, caresser celle du soir aux pattes encore plus noires ou l'inverse le long d'une averse noyer le désespoir et puis, peut-être, balancer tout un mal-être dans les mots écrits à la fenêtre en regardant les toits en me frottant les doigts comme si j'avais froid. (J.E. Mai 2019)
  26. 6 points
    S’en retourneront Aux îles fécondes De nos vendanges Nos amours Et plus encore S’enlaceront nos corps Au verrou d’étranges lueurs Puis mon amour Puis mon amour L’on s’aimera à l’aube fraîche Nous aurons délaissé Ces vents chargés de chagrin Aux pilastres de notre église Tu reviendras Et je reviendrai D’un sommeil courageux Et nous serons encore nous deux
  27. 6 points
    Inspirer des parfums de spleen, Expirer des relents d’expiations, Marcher sur un sol qui s’effrite, Courir sur la lame de la vie… Surtout ne pas sentir ses pieds saigner, Ne pas humer l’odeur rance de la peur, Presser son cœur à le faire pleurer, Étouffer son âme dans les larmes… Se baigner dans le lac des amours déchus, Percevoir cette eau qui poisse la peau, Écouter le ruissellement sur les pores, Se noyer dans les reflets brisés du réel… Courir sur la lame de la vie… Y trébucher et éventrer son Idéal. Étouffer son âme dans les larmes… La voir agoniser, vidée de toute sève. Se noyer dans les reflets brisés du réel… Dormir dans le lac des futurs éclatés.
  28. 6 points
    Un poète autrefois Chantait la biche au bois, Puis à la période de rut Il s'en allait aux putes. Ce poète qu'on cocufia Pleurnichait : ne me quitte pas Et de cogner la femme aimée, Pulsion féminicide, avant de la tuer. Des poètes ringards se la jouent troubadour, Aujourd'hui font la cour à l'idéal amour. Dans un glauque glamour, ils encagent leur proie En y fétichisant du corps quelques appâts. Mais moi, ma douce amie, dans nos jeux à la con, Je sais tous tes trompe-couillon ! Je t'aime même si tu pètes Au lit, à l'acmé de nos fêtes !
  29. 6 points
    dans la boîte bleue un nuage et une promesse de l'aube dans la boîte rose les ibis sacrés deux rêves lointains dans la boîte verte une émeraude dans la boîte jaune du sable déserté des miettes de madeleines une caresse sur ta main dans la boîte orange des crépuscules dans la boîte violette un parfum et des bleus des rubans et des couettes des jours heureux dans cette grande boîte incolore aucun souvenir encore, l'amour en transparence la pluie sur la vitre et puis, dans cette petite boîte rouge, un cœur qui bat. Choisis ! (J.E. Avril 2019)
  30. 6 points
    Experte en dissimulation, un camouflage d'apparence, versifie les transparences, dédommage en collatérales intentions, les marges irrégulières d'une vie pas singulière. Nul jour ne se tord, pas de spirale ni d'entonnoir, du filer droit jusqu'à la mort. Plus de lignes que de perchoirs. Du lisse sous les cils, camoufle l'iris docile au prisme conditionné, en paquet de bien-pesé. Camouflet sous l'entonnoir, le vide invisible remplit le plein de ta vie qui se vide. Coule le temps, l'espace, le monde tout s'effondre. Le passé qui se défile sous l'orage de mon ricil camouflé de deuil, l'oeil gèle sous la paupière brûlante. Une fumée hurlante, un brouillard morbide, sombre et enfante un squelette d'existence. L'ectoplasme cherche la chair, le gras, la pulpe, le généreux, tout ce qui permet à son anatomie de retenir encore l'envie. La brume pond ses larves de cendre à la commissure d'un rictus-illusion, salivant sa noirceur spumescente lèchée avec les restes d'une architecture de destin. Elle se délecte. "Saleté ! je sais trop ce qu'est la mort, ton odeur est désespoir, ta promesse épouvante ! Au delà de toi, un fantôme en miette s'effrite dans mes bras, tandis que je le berce, sous le voile obscur un coeur bat, un coeur riche d'amour, un coeur d'homme. Demain, le soleil brillera ! Encore. Tu ne seras plus qu'une ombre, une cicatrice camouflée" Tu vois, Tu n'es pas dans cet ailleurs, tu peux t'échapper quand ils parlent trop fort. Debout est une illusion nous ne sommes plus forts que rien, pourtant le peu de nos coeurs croise nos yeux au delà, ici, tu es chez toi ils ne viennent pas.
  31. 6 points
    Entre deux accords d’une guitare enjazzée ta bouche aventureuse incendiaire et mendiante ravive un feu apaisé Elle épouse le chemin humide familier où est né le brasier qu’elle réveille d’un rien pour un ultime regain Nos mains entrecroisées sous la table réclament nos âmes enlacées font renaître les flammes. de notre étreinte passée Le nuage de ta cigarette et Django s’envolent tous les deux au-dessus de nos têtes pour un dernier flamenco.
  32. 6 points
    Nous ne jouirons plus ensemble De la maison et du jardin En divorçant pour de vrai ce matin. Quand réentendrons-nous le bruissement des trembles ? Nous ne jouirons plus ensemble, Le notaire est très clair. La jouissance commune des biens après séparation Est déconseillée, car l'indivision, Fût-elle amoureuse, aurait un goût amer. Perçait il ton secret et ce pour quoi je tremble ? Nous ne jouirons plus ensemble, Tous ces massifs plantés, cette statue de marbre, Où nos années de paix reposent sous les arbres. Alors, avant d'en référer au tabellion Qui ne peut comprendre, si nous allions Une ultime fois au jardin Pour jouir l'un de l'autre et, ce faisant, de bien Danser le dernier branle à l'ombre de nos trembles ?
  33. 6 points
    Rien ne saurait remplacer ta chaleur Dans les chairs je ne vois que ton absence Je suis Prométhée voleur de feu, danseur sacré je t’offre la canopée fruit de mes entrailles De ces jambes forêts sans racine ne restent que des écorces vides C’est la braise de nos mots le silex de nos phrases qui feront briquet du brasier Ces fleurs vénéneuses entrevues sous l’étole des tissus moqueurs sont nos humus fertiles Les larmes de nos ventres pleurent de plaisir du quotidien dévoyé de nos rires qui mordent le temps, au sang… Et le regard qui respire ne fait que s’inspirer pour former l’épure qui nous fait nous aimer Encore un peu de vent qui soulève les robes de celles qui ne t’arrivent pas à la cheville Encore un peu de sang pour nourrir le langage qui défait les corsages en un rien de temps Nos corps ont perdu depuis longtemps leur sagesse au profit des coups de sang des coups de fesses corps devant, corps de liesse corps serrés de cambrures Ces images ne sont que le lien qui unit dans son cri le souffle rauque de nos âmes insoumises éperdues d’absolu droguées d’emphase Demain le printemps accouchera d’un autre été de saveurs Pour toi ma bien aimée je repartirai en chasse pour que s’enlacent la trame impossible de nos rêves croisés le drame impossible de nos destins crachés dans ces flammes paisibles à l’innocence violée Ils ne servent qu’à tisser l’écheveau cavalier de sillons rectilignes qui conduisent tous au point de fuite que l’horizon promet Alors le temps peut couler ses jours heureux nous ne vieillissons pas sous son harnais nous craquons juste des allumettes……
  34. 6 points
    Un jour sur les joues d’aubes enfantines, Quand le silence jettera son encre d’écume, Je viendrai déposer un dernier baiser Et la rumeur qu’enfantent les vents pressés Se fera douce et d’une clarté sereine. Tu remonteras d’où je suis venu, D'où je meurs, d'où j’ai haï parfois.
  35. 5 points
    Franz Kafka avec son oeuvre La métamorphose m'a permis d'aborder une situation avec une certaine conscience des pièges. Les situations changent, elles sont plus ou moins faciles, mais cela aurait été le cas de toute manière, une vie ça bouge. L'amour pour un être cher ne change pas. Ma conscience remercie Kafka. Le cuir épistolaire frotte ses mots privés de gravité. Jeux de tambours organiques, sur la cavité-crâne cônique d'un cratère fragmenté. À l'insu d'une syntaxe désaxée, l'orthographe flotte au bord d'un gouffre de papier. Le tube acéré d'une plume ailée taille le verre d'une muse cornue, pour mieux s'y trouver. Torture, rature, mâchouille et met en boule... Sous le coton qui s'file pas bon, s'affaire à la sphère, l'aéro-nerfs en pelote, et les tricots d'airs en cercles hallucinogènes. Pi varie, charivari aussi, dedans. Ça spirale, ça vrille, ça prend son élan psychique au contact mouvant d'une géométrie psychédélique, où les courbes fondantes se confondent sans s'identifier. L'issue en nie l'existence. Le tout, dans cet alambic neuronal distille une pensée d'ingredients semi-concrets, semi-fantasmés. Agitation de lumières et d'ombres que composent les humeurs profondes, dans le même abstrait. Tourne et retourne, le bon coté de l'entonnoir. Sang froid, Glacé, Cryogénisé, les poles dans les veines extra-polent en orbite le cortex subliminal. Tout ce qui suit aussi, le reste s'en déduit. ... Allo Commandant Huston, Une armure et ... Des cookies ... Tu veux des cookies ? Ou Un café propulsé, arabicastronaute divague sur la tasse polymorphe, la faïence perd sa cohérence moléculaire. ... Dedans le liquide s'envoie en l'air, dehors il s'en tape le cul parterre. ... Reprise de contrôle ? Combat téméraire ? Fuck, les récepteurs aux fonctions aléatoires. ... Qu'est ce que c'est ce truc ? Pour sûr une chose qu'il n'a pas ... mon poète préféré.
  36. 5 points
    Nuit d’encre « Of what is past, or passing, or to come » William Butler Yeats Sur le bleu de vos nuits Aux courbes dorées Votre corps inanimé Aux lèvres satinées S’enflamment de rouge sang. Vos hanches blanchissent De fugaces traits lunaires S’acoquinent de frissons Pour le moins invisibles Aspérités ombrées Requiem incessant Promenant ses louanges De point en point Au cœur de votre cœur Tout enveloppé D’une vie ensommeillée. Le front à terre Terrassée de douceur Enfantant la douleur, J’écorne votre mort Toute artificielle Et cependant si réelle Si actuelle Peut-être même Infiniment factuelle. Je ne sais qui de nous deux Vit ou simplement se meurt. Se peut-il qu’il y ait un peu des deux Ce quelque chose d’insaisissable Comme un et un font deux Comme un baiser Façonne les amoureux ! Se peut-il vraiment Qu’un rêve exista Plus que le temps d’un instant Bien au-delà du temps d’une absence Mais en deçà des pas du retour Juste le temps d’inspirer Puis de songer à respirer Ce si long petit moment. Peut-être même Fût-il si bref, si court, Ce temps-là, voyez-vous, Qu’il advint furtivement Bien avant le temps qui compte Juste avant celui de s’allonger Tout serti qu’il est, prêt à s’endormir Un brin réajusté, avant tous les avants. Et puis, et puis, oui, En quelques secondes Que dis-je, une fraction de seconde Peut-être un centième de seconde Sans doute à peine une nanoseconde, Juste avant cet avant, Oui tout avant, C’était là, Tout simplement !
  37. 5 points
    Il y a douceur infinie D’apprivoiser les petits riens. Ils laissent au sable de la vie, L’empreinte d’or du quotidien. - quelques éclats de petits riens - Parfum troublant et enivrant Des larmes chaudes de l’orage. Elles se déversent au foin dormant Et embaument ce grand naufrage. Au ciel, le vol de l’hirondelle, Fidèle au retour du printemps Et au rosier, la coccinelle, Qui plaise à Dieu, revient à temps. Entre la porte et la poignée, Se balance le piège mortel : Un fin napperon de dentelle, Brodé la nuit, par l’araignée. Le silence du matin feutré, La douce et fidèle Mama, Le froufrou de ses petits pas Et l’odeur du premier café. Regard-océan de l’enfant, Rejoignant nos tristes rivages. Ses doux embruns d’un autre temps Bercent nos âmes et ses orages. Bien d’autres petits cailloux blancs, Sur le chemin du quotidien... Mais nous courons après le vent Et bien souvent ne voyons rien. Petits riens temporels. Souvenirs éternels. Il y a sagesse infinie, D’apprivoiser les petits riens. Ils laissent au sable de la vie, L’empreinte d’or du quotidien.
  38. 5 points
    Aviss à la populace ! « Le café de René devient le pub de Renée dès lundi grande soirée d'ouverture ! » hurle le perroquet hirsute, complètement dépressif réduit en boîte à musique remonté une dernière fois qui s'extasierait encore sur un oiseau qui parle ? Un vieil oiseau, de surcroît ! Le boulevard s'éveille dans le bruit des poubelles et dans les oreilles de René, le cafetier il est cinq heures c'est prouvé, ça ne se passe pas à Paris, donc tout s'éveille et sans Dutronc . le coq bat des cils et secoue ses ailes il ne réveille plus personne, même pas lui. Il n'est plus dupe il vomit son dernier cocorico à mille lieues de sa ferme dans la cacophonie des réveils il y a un faible écho Renée n'arrête pas de renifler René ne sait pas si elle est enrhumée ou allergique à ses coups de trique Alors que le dernier réverbère s'éteint le percolateur vrombit déjà depuis une heure avec de petits jets de vapeur René en a déjà bu plusieurs tandis que Renée a ses langueurs Le vin blanc est au frais Renée prend place derrière la caisse la journée peut commencer une dernière fois, comme si de rien n'était. René réveille son vieux perroquet qui crie à qui veut l'entendre, avec sa voix à pierre fendre : « venez tous chez René le café a coulé, il faut le boirrrrrre ! » Dimanche soir, je sais, personne ne va me croire, je suis passée devant j'ai nettement entendu le perroquet et le coq lâcher leurs derniers cris je les ai vus quitter le navire tandis que René les regardait en buvant un café il leur a dit « encore deux affaires à régler et j'arrive » Il a embrassé Renée dans ses rêves de néon a caressé encore une nuit ses bas nylon un bel au-revoir plein de tendresse un tatouage éternel sur la peau des fesses Il se sentait léger, René, libéré ! Le boulevard avait trop changé avec le coq et le vieux perroquet retapés sur une île au milieu des caféiers, il a ouvert le café de René. Son meilleur client, Robinson venait tous les vendredis … Quand j'ai reçu sa carte postale de par-delà les océans je n'y ai pas cru moi non plus ! Et pourtant … cette fois-ci, je n'ai pas rêvé. Dans l'enveloppe il y avait un billet aller pour le café de René. Sans réfléchir, j'y vais. (J.E. Petites histoires ordinaires – mai 2019)
  39. 5 points
    Je me suis voulue béance Je me suis rapiécée avec des trous J’ai cousu bout à bout l’absence J’ai saigné du dedans Les arbres s’étaient pendus J’ai bu mon propre sang
  40. 5 points
    A filer l'haleine du soir, Oh!...voici qu'entre les mains douces Du printemps encor' jeune pousse La maison rit au reposoir. Fière épousée d'un chèvrefeuille, L'élue sauvage du hameau, A l'heur' des nids pour les oiseaux, Toute parée ouvre son seuil. C'est là, dans un coin de piété, Âtre d'amour frais, ô merveille! Qu'une vierge de bois surveille Le nid sous l'aisselle embaumée. Signe, sagesse ou euphorie, C'est au nichoir de nos prières Que les angelots sans volière Ouvriront leurs ailes à la vie. Bénis soient la manne aux becs fins, Les rouges-gorges apparus! Le parfum rare du salut Tourne et vole autour du jardin. Ô mai des lilas et des roses! Badinons avec le muguet! Entre la vierge et le bouquet, Un tel bonheur nous prédispose Au soleil toujours sur nos âges, A la rêverie, à l'augure, Celui d'un enfant dans l'azur Dessiné à fleur de nuage...
  41. 5 points
    Mes yeux vides aujourd'hui se sont trompés d' orbites. Arpentant des trottoirs où je n' ai plus d' adresse, mon chagrin est l'enjeu d' une course-poursuite: Dissoudre dans l' oubli un trop-plein de tristesse. Courant après des ombres qui courent après la mienne, j' emprunte des chemins mais ne les rends jamais: Tragédie circulaire où la raison s' aliène, à cerner un soi-même qui n' est plus, désormais. Un singulier bestiaire obsède mon sommeil. Imagerie occulte, absurde jusqu' au bout: Golem aux doigts griffus, un lycanthrope veille la glaise où les défunts sont enterrés debout. La splendeur anthracite d' une mer de lithium, s' irisant dans le bleu de grandes baies vitrées, enfante de petits chevaux d' aluminium, métalliques purs sangs d' un carrousel nacré. Frondaisons végétales d' un chaos ordonné, mais où les héliotropes pleurent un soleil absent: Des asphodèles, ivres de Méditerranée, sont les mauves rampantes d' un tertre efflorescent. Ce siècle est visionnaire, et tout y est étrange. Dans sa fuite en avant l' histoire se fissure . Ce drame psychotrope, né d' un curieux mélange d' ivresse et de torpeur, m' effraie et me rassure....
  42. 5 points
    Il me faudrait toujours la lumière en mon sein Pour y voir en de profondes et noires ténèbres Un peu de toi, le jeu un peu fragile de mes mains Frôler ton ombre délicate et funèbre, Il me faudrait, quand les matins s’éternisent Au deuil de mes nuits assoiffées de lumière, Ranimer nos ivresses en l’aube apprise S’abreuvant à l’encre d’aimables chimères. Alors, dans l’air souillé, au fond de mon caveau Où l’ennui crie si fort qu’il en fissure les murs, Où être si las sans même un simple sursaut, Sans baiser tes lèvres aux vagues murmures, Je te verrai revenir, nue, sans le voile Du temps passé, avec ses éclats de rire, Son horrible mensonge qui se dévoile, Tu me donneras le premier de tes soupirs.
  43. 5 points
    Cette nuit j’ai claqué La porte A la lune Mon cœur versait Des larmes de sang D’une vieille plaie. Pas la force d’entrebâiller La porte A l’amour-insomnie Mon âme En convalescence Implorait la paix. Face à mon hémorragie d’amour La lune impuissante Laissa la place au soleil.
  44. 5 points
    Lourd tombeau de mille réveils Sevré d'agapes minérales, Est-ce un mort bougeant ses orteils Venu du monde de cristal? Récital joyeux de libelles Sous les vestiges qui amassent Les salaisons originelles Sorties des becs verseurs de glace. Eaux des patiences liturgiques Fouillant les écluses glacières, Fourmillements d'ondes gastriques Se faufilant entre les pierres. Sur l'herbe tendre, l'eau repose, Après avoir bordé son lit, Un jardin de gravillons roses Et des petits dés de granit. Là, des guirlandes d'eau scintillent, L'hiver oublie ses engelures, Le perce-neige et la morille Se partagent les encolures. Sur la glissoire des chamois, Les bouches s'ouvrent le matin Pour bâiller jusque dans le bois Un air frais gencive au sapin. Le soleil miaule, le quartz tinte, Maternité des sources sages, Eau captive à rebrousse-plaintes, Le printemps tient les essorages. Ô premier rire en son berceau! Sous les draps bleus et transparents, Le ruisseau prend son pouce à flot Et nous fait voir sa jeune dent.
  45. 5 points
    Petite caverne noire par-dessous le bureau On y entre à quatre pattes, jambes traînantes, dos rond L’enfant y a installé un petit porte manteau Dans une coupelle s’entasse joliment des bonbons Flottant merveilleusement par-dessus le bitume L’arbre courbé s’ajuste à la grâce des mouvements Des adolescents frêles qui bien souvent s’enrhument Accroupis sur la terre, devisant gaiement Triste bureau aux murs jaunis et néons allumés Cloisons épaisses protégeant des morsures du temps Il ne subsiste alors que la ronde des pensées Les mots sont au travail offrant un paravent Petits bouts de sauvegarde, lieux sacrés et magiques Abris douillets ou rudes, peu importe l’intendance Je cours sans cesse après, marathon fanatique Cette solide cabane que de divin j’encense
  46. 5 points
    Un cerveau se fige sur les reflets bleutés du temps qui s’enfuit lorsque surgit dans sa cuirasse rigide un cavalier fier qui pourfend les idées fixes de sa lance de glace A sa suite les rondes rodomontades morales auréolent l’aurore de certitudes givrées juchées sur une barrique à longues oreilles qui chavire lentement entre chien et loup Sous leurs souffles carnivores le matin chauffe au bain marri quelques lambeaux de souvenirs qui s’effilochent se désagrègent et dansent sur le sourire ingénu de la douce dure farouche et pure Dulcinée
  47. 5 points
    Ça ne pouvait pas t’arriver. Oh ta vie filait sur les rails D’un bonheur fermement rivé ! Aucun obstacle, aucune faille, N’achopperait ton devenir. Tu t’es écroulé ébahi ; Tu n’as vraiment rien vu venir. Qui s’attend à être trahi ? Je te répondrais qu’il existe Des natures guettant la chute, Des assemblements égoïstes Que rien n’émeut ni ne rebute. Ces couples nourris de méfiance Sont, eux, à l’abri du vertige. « On ne peut pas faire confiance A ce point à quelqu’un, tu piges ? » Oui, c’est bien ce qu’elle t’a dit ; Oui, tu l’as vraiment entendu. Tu restes encore interdit Par cet implacable attendu. La sentence claque, raisonne, Te crucifie, te nargue et scande Cet air auquel tu t’abandonnes, Qui telle une obsédante bande, Tourne et retourne son refrain Maléfique dans ta caboche. Tu t’enivres de ton chagrin ; La douleur t’agrippe et s’accroche, Se désaltère de tes larmes, Marque et imprime sa morsure Dans ta chair, distillant ses charmes Pour se nourrir de tes brulures. En entier elle te domine, T’aspire, te sèche, te lape. Tu es soumis à sa doctrine : Elle te gouverne, te happe. Tu décolles sous son soleil Noir qui te dévore la peau. Tu cauchemardes dès l'éveil ; Tu ne trouves plus de repos. Tes jours ressemblent à tes nuits : Tourmentés, hoquetants, roides, Tu les enquilles, les conduis, L’âme remplie de cendres froides. Tout t’ébranle, cris ou murmures. Tu voudrais que cela s’arrête ; Tu te jettes contre les murs Pour taire l’orage en ta tête. Tentes-tu de rester debout, Tu tombes recroquevillé, En proie à un délire fou. Ventre tordu, l’esprit vrillé, Tu t’imagines avec un flingue, Cerné par des ombres de sang, Acculé, pris dans la seringue, Bouche dans le canon, pressant Pour en terminer la détente ; Ou ton arme tournée tu vises Ce blond fantôme qui te hante, Te poursuit, t’obsède et attise La furie dévorant tes tripes, Érinye gloutonne et vorace, Munie d’un dard de Guêpe guipe. Tu y penses quoi que tu fasses ; Tu cours dans ta prison mentale Sans frein, sans fin, sans fond, sans cesse. Ta désolation s’emballe Dans cette effroyable kermesse. Chaque jour se creuse le gouffre Dans lequel hagard tu t’enfonces. Ce mal atroce dont tu souffres Aux mains d’orties, aux dents de ronce, Ce vautour qui rejoue avec Toi le drame de Prométhée Tu sais où il trempe son bec, D’où surgit le pus sécrété : Orgueil blessé, amour perdu. Les deux s’épaulent, se chevauchent, S’épient, bataillent, s’évertuent A réclamer leur tour de chauffe. Ils sont à eux seuls l’armada Parfaite, quasi invincible, Valent mille Torquemada Et ne ratent jamais leur cible. Pourtant tu vois, je te l’intime Tout moment à son apogée Son plafond, son sommet, son cime Le menant à son hypogée, Son sépulcre, son trou, sa tombe. Oui tout s’efface, tout s'occis, Tout se décompose, tout tombe. La douleur trépasse elle aussi. Tes nuits reformeront des nuits ; Tes jours rattraperont leur cours ; Tu goûteras même l’ennui, Pour son plaisir ou son secours. Elle ? Allons donc ! Je t’informe Que tu te perds sur une plaine : Brûle cette figure informe. Je te livre, va, son domaine : Entre l’au revoir et l’adieu Se loge son ombre diffuse ; Dans quelque recoin insidieux Plane sa présence confuse. Je vais t’affirmer autre chose, Tu en seras très étonné : Dans peu, l’affaire sera close. Ce spectre sera cantonné, Cloitré, muselé, contenu Tel un cheval pris au lasso. Je te dis la vérité nue. Indifférent à ses assauts, Tu ne craindras plus ses sacs ; Affranchi, enfin à labri Des remugles de son ressac, Tu te déblayeras des débris Torpide de ta vie d’antan Dissous en écume vétille. J’en resterais là en mentant Sur ces lendemains qui scintillent, Si je négligeais d’apporter Un léger bémol tout de même A cette harmonie colportée : Tu n’en sortiras pas indemne, Pérorant sur un char narquois. Croiras-tu ton cœur amnésique ? « Ton cœur qui bat pour qui pour quoi ? » Tu connais l’air et la musique, La rengaine de la chanson. La survie réclame sa note Elle aussi, son dû, sar rançon Avec la foi d’une dévote. Tu proscriras les mouvements De ce cœur las en asthénie. Tu banniras ses battements, Les rejetant jusqu’au déni. Tu ne joueras plus l’équivoque Et lamineras un sourire. On te verra dur comme un roc ; Sur toi rien n’aura d’empire. Le désir tu le toiseras ; Tu ne t’abandonneras plus. C’est le prix. Quand tu croiseras Une femme qui t’auras plu, Tu réfréneras ton élan, Tu dénonceras l’imposture, Annihileras ton allant Pour cette vilaine figure, Cette silhouette bossue. Tu te forceras à louper Cette douceur entraperçue Dans sa démarche chaloupée. Oui, je sais : au premier abord, C’est verser un tribut bien lourd Pour consacrer un triste sort. Garde-toi d’un regard trop court Ou d’un myope visionnage ! L’œil est souvent incompétent Qui ne dépasse pas l’image. Rappelle-toi donc que le temps Est juste : S’il prend, il rembourse Sa créance aux êtres qui savent Attendre et respecter sa course. Lui seul limera tes entraves, Et absorbera tes brulures. Par cols, par sentes, par étapes Lentement ou a tout allure, Il fixe le rythme et le cap. Je peux te parler de la sorte. Entends-moi, je te suis de près. Car j’ai franchi les mêmes portes : Je suis toi quelques moi après.
  48. 4 points
    Laissez-moi m'asseoir à la fenêtre des songes, en attendant, J'y verrai l'antique madone et l'enfant sur ses genoux Tout inondé du soleil matinal, J'entendrai au loin, l'appel chantant des sources Et celui des âmes égarées au fond de la vallée, Dans un profond silence venu des cathédrales, Je connaîtrai la fusion de l'homme et la nature, Je graverai en plein ciel quelques mots d'une chanson Pour traverser l'infini, Laissez-moi m'asseoir à la fenêtre des songes, juste un instant, Je ne ferai aucun bruit, j'inviterai les ombres, Et je chuchoterai même des histoires Pour endormir les revenants.
  49. 4 points
    je crois me souvenir ce soir, dans les ruines, de ton sourire il faisait toujours chaud près de toi je crois me souvenir ce soir, dans les cendres, de tes lèvres il y avait toujours de l'eau dans ta bouche je t'entends qui respire mais je suis seule et chaque soir, pour gagner un empire, je respire les fleurs du mal. Je crois rêver sans souvenir je caresse des pétales qui es-tu ? Quelle fleur me fait tant de mal ? Je crois marcher sans chaussure je souffre encore le souvenir qui suis-je ? Quelle fleur me fait tant de mal ? Je t'entends qui respire mais je suis seule et chaque soir, pour gagner un empire, pas mieux, pas pire … je respire tes fleurs de mâle. (J.E. Avril 2019)
  50. 4 points
    L’attente Que le soleil calcine les jours étirés, Que les étoiles laminent les nuits, Les derniers orphelins attendent. Ils tressent d’anciens songes défaits. Les heures expirées se décomposent Éventrées sur le fil ténu de l’incertitude. Derrière les fissures inavouées des mots, Dans les fractures béantes des écrits, Les espoirs déçus se ramassent à la pelle.

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