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Popular Content

Showing content with the highest reputation since 09/23/2019 in all areas

  1. 10 points
    L'eau nue bleutée me grise m'enveloppe lèche ma peau mon corps glisse et se laisse couler au fil de tes mots les algues frémissent ondulent s'étirent lascives et légères cheveux de sirènes qui m'accrochent sous la caresse de l'eau qui brasse embrasse baiser mortel Eclaboussés d'écume ensemble enlacés nous dansons inexorablement vers le fond
  2. 10 points
    Un jour il murmura « Je m’en irai demain. Aujourd’hui c’est trop tôt, je ne suis pas certain de tenir sur mes pieds, de pouvoir avancer, la route est escarpée, je ne veux pas glisser. » « Ma tendre, pars devant, lui dit-il, je ne peux, te faire attendre ainsi ; tu es jeune et moi vieux. Commence donc sans moi et je te rejoindrai ; bientôt je le promets, je te rattraperai. » Puis il mit doucement, dans le creux de ses mains leurs plus beaux souvenirs, leurs espoirs, leurs refrains, les rêves que pour elle il avait pu forger, sûr que ses doigts pliés sauraient les protéger. Alors elle partit, confuse, en éclaireur, explorer d’autres lieux, les yeux teintés de peur. Pour qu'il puisse la suivre, elle se retourna fréquemment en chemin, timidement flâna. Puis enfin, un matin, presque distraitement, éblouie par la force du soleil levant, par les fleurs dans les champs, ou le chant des oiseaux, ou le rire du vent, ou le vert des roseaux, son rythme accéléra. En longeant les buissons, elle entama un air, celui d’une chanson qu’il lui avait apprise, et ses poings desserra, involontairement, lorsqu’elle ouvrit ses bras. Des paumes de ses mains, de ses doigts étendus rien ne put s’échapper, rien ne sembla perdu, et la chaleur du jour qui vint les caresser illumina les mots qu’il lui avait laissés. Les ressentant ainsi imprimés sur sa peau, elle comprit enfin le sens de son cadeau, et jusqu’à son sourire une larme coula. Demain serait sans lui, pourtant il serait là.
  3. 9 points
    _ Elena Volovna voulez-vous m' épouser ? ( l' éthylisme amoureux aujourd'hui me rend ivre ) mais un triste détail vous interdit de vivre : sur votre jolie bouche une mouche posée La femme du portrait dés que le jour se lève promène son fantôme au milieu de mes rêves et une apparition nébuleuse et liquide vient compliquer ma vie d' un songe extralucide Peu à peu me gagnait cette absurde vision qui plongeait mon esprit dans un grand désarroi; son souvenir glaçant menaçait ma raison tant son étrangeté m' avait saisi d'effroi Dans les rues du vieux Prague nous étions égarés Des nuages flottaient sur les toits de la ville et au bleu succédait une nuit empourprée, qui constellait d' éclats les rives fluviatiles Des miroirs scintillaient, façades lumineuses Leurs œillades terribles étonnaient nos prunelles, ravies de ces chimères aux clartés prodigieuses mais la nuit nous happait, possessive et charnelle * Cette nuit liquoreuse arrachée à l' ivresse découpe au clair de lune des îlots de toitures qui tournant vers le ciel leurs sombres écorchures baignent mon cœur de leur insondable tristesse. Poème offert à @Charles Boveaud
  4. 9 points
    Le soleil a germé Dans ma voix un matin J'ai grignoté les ombres Seule, un couteau à la main Humant l'air du soir ; j'ai compris Le silence et la lune La perte et l'oubli Éperdue de moi-même Quand l'amour s'est enfui
  5. 9 points
    Traces La nuit s’infinitise ouvre les lampes les berges tanguent ivres mortes d’insomnie avant l’aube endormie la tâche lasse ________________ MM / oct 2019
  6. 9 points
    Une larme est là sur la vitre en train de rire aux éclats collée aux gouttes de pluie on dirait qu'elle pleure le vent s'est levé, indolent, il a sauvé tant de feuilles mortes dans les corbeilles à papiers les poètes damnés ont fait l'escorte écrivent-ils encore tout en haut de leur phare ? dans la forêt aux quatre vents, enveloppée de ses cheveux roux, mélancolie brasse les ancolies et là, sur la vitre, la pluie en gouttes fines pleure, comme un chagrin qui s'estompe on dirait que les larmes rient. C'est un soir de septembre où se mélange l'infini sur les vitres. (J.E. Sept,2019)
  7. 8 points
    Juste un papier Juste un papier Là, échappé de ta main Où tu n’as jamais écrit Là, juste là sur le trottoir Juste un papier qui s’en va Et qui ne dira jamais rien Le vent l’emporte Au travers des passants Au travers de leurs regards De rue en rue et il a plu Juste un papier là nu Sous un ciel qui s’est perdu Un papier froissé de ta main Va seul sans lendemain Et il a plu tant plu Papier froissé papier perdu Les passants ne sont plus là Le ciel s’en est allé ailleurs Il ne pleut plus Il ne pleut plus Un papier ailleurs
  8. 7 points
    Je guette sans relâchel'éclosion des fenêtres quand les aubes préfacent l'immense baie des jours quand les roses défleuries enlacées par la nuit se défroissent lentement en quête de nouvelle vie Et un rêve encore chaud m'ensoleille toute nue et m'étreint le désir de caresser le monde La ténèbre s'enfuit et je sais tout mon être traversé d'espérance j'ai le coeur déployé mendiant des heures douces C'est mon pays d'ailleurs c'est ma Terre Promise Je sais ne pas avoir ainsi veillé en vain et la graine d'amour va germer au matin dans la chaleur du pas de porte avant toute rumeur humaine avant l'ébriété du vivre ta main est dans la mienneô bonheur auroral
  9. 6 points
    Bien plus fort Qu’un coup de fouet Le ciel s’obscurcit Sur les semailles De l’automne La solitude du ciel N’est que chimère Pour les hirondelles Esclaves des voyages à venir Nos prières s’obstinent Pour combattre le feu Et dans le silence Faire de l’onde Un spectacle L’angoisse n’est plus pour demain Demain les grappes en sommeil Ne seront qu’espérance Guirlandes de lumière Et source d’harmonie.
  10. 6 points
    Grand meeting dans les champs Aujourd'hui c'est la fête Des insectes, en fait, Le salon des volants. L'exposition est prête : Papillons frémissants, Libellule à facettes, Mouches évidemment. Et puis ce grand moment Que tout rampant souhaite : La course des piquants. Déjà certains volètent, Guêpes, moustiques, taons, Les abeilles discrètes. Des fourmis se répètent Les applaudissements. Départ assourdissant ! Le frelon passe en tête Très vite en vrombissant Au ras des pâquerettes.
  11. 6 points
    Sur le sable mouillé la course est enivrante Mais il faut fendre l’air car le vent est contraire Le rythme des foulées en phase méditante Fait oublier le temps de toutes les colères Je ne crois plus en rien mais est-ce que me tentent Cette mer oublieuse et le désir de plaire Je m’y jette déjà tu vas être contente Car le temps a passé sur bien d’autres misères Et voilà dans l’effort comme un autre moi-même J’aspire à devenir un homme responsable Qui voudra répéter s’il le faut des je-t’aime Jusqu’au bout de la digue à caresser encore Des lubies du passé en courant sur le sable Je te revois en vie quand j’étreignais ton corps
  12. 6 points
    Dans la rivière, j'ai plongé mes mains les lignes s'en sont allées au fil de l'eau sur mes paumes lisses il ne reste plus rien. Seul, entre mes doigts, le parfum du curaçao. Assise sur la rive, sous les bigaradiers, mes rêves sont partis au fil de l'eau et mes poupées aux yeux fermés voguent vers l'eldorado. Dans les roseaux les orgues se sont tues au vol agile des libellules Il est resté longtemps, surtout au temps des crues, à cet endroit, un tourbillon glacé de pleines bulles. Quelquefois, par temps clair je reviens ici pour confondre le ciel et l'eau et le sourire de ma mère revient me faire froid dans le dos. De son pays imaginaire elle m'appelle étrangement en peignant ses cheveux clairs aux reflets de lune d'argent. Dans la rivière, j'ai plongé mes mains les lignes s'en sont allées au fil de l'eau sur mes paumes lisses il ne reste plus rien. Seul, entre mes doigts, le parfum du curaçao. (J.E.octobre 2019)
  13. 5 points
    Tu te souviens de grand-père sa collection son musée des curiosités mais quel bonheur de courir entre les étagères et lui qui nous grondait toujours un peu il devait trembler à chaque fois que nous passions avec nos tracteurs en plastique remorques bien accrochées qui se pliaient dans les virages sans jamais rien casser sauf une fois ce drôle d’animal au bec de canard avec des doigts palmés une queue de castor des pattes de loutre et des griffes ! un nom à coucher dehors ornithorynque au début tu te souviens on a cru à une plaisanterie de grand-père il avait dû découper des morceaux de faux animaux on a pris le bâton de colle et le bec s’est remis en place il ne nous en a jamais parlé on n'a rien dit et les cornes de licornes tu te souviens il nous avait raconté avoir rencontré un homme qui descendait d’un bateau ancré dans le ciel j’ai longtemps scruté le ciel il nous arrivait d’en prendre chacune une et de jouer à Zorro et au capitaine Garcia ah oui je me souviens aussi il avait accroché un tableau au bout du long couloir un énorme pamplemousse il disait que c’était un soleil juteux et c’est vrai que l’ampoule lui donnait cette vie je prenais mon élan parfois en pédalant de toute mes forces j’avais l’impression que j’allais décoller et atterrir dedans le tracteur se transformait parfois les quatre roues devenaient fer à cheval je galopais à droite au fond il y avait une porte secrète c'était notre histoire nous y entrions parfois avec une lampe torche il y avait des milliers d’objets et tout brillait c’était son atelier il réparait il transformait il inventait comme ce vieux sèche-cheveux grand-mère l’avait jeté en criant haut et fort que l’électroménager d'aujourd’hui ne valait décidément rien ! grand-père l’avait démonté et l’on pouvait lire dans sa boutique « envol-oisillon » quand je lui ai demandé à quoi il servait ? il m’a répondu regarde cette balancelle juste de l’autre côté de l’étagère le petit sort de son nid vient jusqu' ici du bout des pattes encouragé par maman hirondelle je surveille j’appuie sur le bouton de l’appareil il souffle plus assez pour les cheveux mouillés de mamie et il vole pour la première fois ça sert à ça un « envol-oisillon » il nous émerveillait et nous étions deux aventurières dans son monde qu'il aimait tant partager grand-père était extraordinaire tu te souviens une dernière fois non, ne pleure pas il a gravé nos deux noms sur un morceau de palmier qu'il avait planté au milieu de sa vitrine préférée il disait que les îles lointaines qu'il appelait les trésors du tout proche l'avait déposé à ses pieds un matin de pêche et que nos initiales y étaient déjà écrites bien avant que nous ne prenions forme dans l'espace du ventre de maman grand-père je pourrais écrire des « Tu te souviens » toute la nuit et celles qui suivent tu te souviens toi aussi ?
  14. 5 points
    Lovées dans les marais Aux cauchemars englués Serpents sifflants, savourant Les hurlements des damnés, Nous déchirons les rêves De nos crocs acérés, Nous pétrifions les chairs Par nos regards, horrifiées. Nous sommes filles de Lucifer, Orgueilleuses gargouilles Que sculptent les vanités. Hérissées de vipères, Ivres de volupté, Jaillissantes des enfers, Jouissive cruauté, Nous terrifions les tornades, Affolons les ménades, Miroir des ténèbres De l'humain son reflet. Nous sommes filles de Lucifer, Orgueilleuses gargouilles Que sculptent les vanités. https://www.cineclubdecaen.com/peinture/peintres/caravage/tetedemeduse.jpg
  15. 5 points
    Oyez gentils messieurs , oyez mes gentes dames L'histoire d'un macho de campagne, D'un phallocrate des bois et des prés Auquel le conteur refuse de s'associer. J'ai honte de vous la narrer, car moi, Le troubadour de l'amour courtois, Je sais combien nos douces et tendres amies Aiment dans la chose un peu de poésie. Lui, le rustaud, devant un corps gracile Se voyait déjà, sans autre codicille Et forme de procès, le mettre sur son bout. Avec amour, cela ne rime pas du tout ! Jamais il ne roula une pelle, mais se prit des râteaux Accompagnant le son de ses appeaux, Tant il est vrai que les filles ne se détendent pas À l'écoute du chasseur sur sa proie. Heureusement que le bon Dieu Veille à ce que chacun dans la chaleur du pieu Puisse danser le guilledou Et faire grincer du lit les lattes d'acajou. Oh ! Elle n'était pas bien belle La Marie-Thérèse qui vivait pêle-mêle Avec sa tribu de tant de frères et sœurs Mangeant sur le bon pain un baratté de beurre. Aussi rêvait-elle le soir sur son bat-flanc À un homme direct, sans faux semblants, Qu'elle aspirerait dans son trou Caché par la nature ès touffe de ses poils roux. Je m'en excuse auprès d'icelles Attendant le prince charmant qu'elles Imaginent poète susurrant à l'oreille Les mots suaves de miel, bourdonnants de l'abeille. La Marie-Thérèse, bestialement, sans gel aucun, Accueillit en son antre le bout du Germain. Lui pensa sans vergogne l'avoir niquée ; Et elle, comme une andouille, de l'avoir enfourné. Mais dans ce sordide malentendu Au cœur de leurs sauvages tête-à-cul Ils gueulaient, c'est pas Dieu possible, comme des gorets Qu'on eût gavés de glands et d'aigre petit lait. Comme vous cette engeance me dégoûte ! Pourquoi de mon cerveau, jusqu'à la dernière goutte, Tirer des vers à la métrique amère Servant des souvenirs dont je ne suis pas fier ?
  16. 5 points
    La lave Dans le ventre A coulé J’ai cru avoir grandi Que le manque d’amour Ne creusait plus mes joues Planquée dans les flaques de boue Ce soir Pour la première fois Je n’ai plus espoir Heureuse J’irais nager Dans Le Ciel Noir
  17. 4 points
    L’île de Notre Dame L’île de la Cité L’an deux mille dix-neuf, lundi, quinze avril ****** La Seine allumait les miroirs de Lutèce. Les bateaux-mouches avides creusaient avec rudesse L’âpre ressac des flots. Notre Dame filait, Son âme en retenue, son temps toujours compté. Les quais et leurs lumières jouaient les amoureux, Les ponts livraient à l’onde les clefs des cœurs joyeux, Amours sous cadenas d’un furtif temps rêvé. Les bacs des bouquinistes rabattaient leurs clapets Sur Claudel ou Péguy, leurs pléiades au secret Poussant vers les octets les signes et les papiers. Jamais repue d’images, guettait La Tour d’Argent, La flèche et ses dentelles l’enivraient du couchant. Paris aimait son île, tout sifflait son printemps, Notre Dame faisait Pâques et livrait tous ses chants. Affairés, les badauds s’agrégeaient en troupeaux, Piétinaient le parvis, le bronze point zéro, Buvaient avec régal le temps de s’agiter, Les images en rafales, les yeux du cœur bandés. Les porches et les deux tours jaillissaient vers le ciel Portaient les yeux si loin en tournis éternel, Les fleurons de lumière retraçaient leurs ogives Entre chien et loup, leurs ombres en vertige. Les fiers burins artistes nous livraient le gothique De Viollet et Hugo, purs génies romantiques. Paris aimait son île, tout sifflait son printemps, Les branches en chorale de volées d’arcs-boutants, Les faucons paradaient, piaillaient en doux amis, Les gargouilles, les chimères leur disputaient les nids. Chaque saint pouvait vivre en proportions divines Dans un porche, une voute en harmonie sublime. Moyen-âge et gothique résonnaient dans les pierres, Tout pouvait être réel, tout se vivait chimère, Le passé inventé se mêlait au présent, Le présent virtuel voulait être ardent, Les pouvoirs et la foi volontiers encordés, Dieu et cette beauté cherchaient à s’accorder. Paris aimait son île, son passé et son âme, Notre Dame avouant tant de rides et de larmes. Dieu y recevait le peuple, les gardiens de la foi Dès ses premières pierres, les esprits et les rois. Des énergies humaines aux si lourds sacrifices, Les pierres et le temps livraient leurs cicatrices, Des pierres et des bois aux ogives vénérables, Des règnes et des fois les futurs improbables, Les temps s’entrechoquaient entre dimes et guignes. Que lira-t-on plus tard, les pierres ou des signes ? Notre Dame témoignait, dressait ses huit cents ans, L’île de la Cité la conviait aux mille ans. Paris aimait son île, son âme et son passé, Si grande Notre Dame, pierres d’éternité, Paris aimait son île et voulait la garder. _________________________ MM / 04 2019
  18. 4 points
    Si j'étais Dieu je caresserais les nuages, Consolerais le diable au plus fort de la nuit Quand il pleure sa transe et que je lui souris Entouré de saint Pierre en son aréopage. Une araignée céleste au fil d'évanescence D'une toile d'azur enchanterait le ciel, Vibrato de l'aulos, flûte providentielle, Sous une pluie de fleurs en leur divine essence. Un rouge-gorge vif me suivrait pas à pas Et dégusterait à la fortune du pot Des vers luminescents qui ne sont jamais trop À aérer la terre au jardin d'ici-bas. J'abdiquerais mon trône et son monothéisme Sans regret superfétatoire en me disant Que la vie avec toi au risque des vivants Vaut bien de sacrifier ce superbe égoïsme. S'il faut parler de mort, nous irions tous les deux En Afrique, au cimetière des éléphants Qui garderait mémoire auprès de nos enfants. Et s'ils nous oubliaient, n'y verrions que du feu !
  19. 4 points
    Au cœur du jardin arc-en-ciel Où se blottit la maison blanche Planent un doux parfum de miel Et le silence du dimanche. Derrière les fins rideaux soyeux L’enfant-porcelaine s’endort. Une cascade de boucles d’or Protège ses rêves joyeux. Des pétales de lumière Glissent sur ses joues de velours Puis sur le livre de prières Gardé en main avec amour. Dans cette pénombre bleutée S’élève un parfum de rose, Offrant une ambiance sacrée À la petite chambre close. Récit-guimauve au goût de miel Pour fuir la terre et ses tourments. Petit mensonge pour croire au ciel Et m’y baigner paisiblement. Ainsi, Dans la petite chambre close Disparait la marche du temps Et un soupir au parfum de rose Brise mes chaînes et mes tourments.
  20. 4 points
    Là-bas oui là-bas Très loin de la connaissance La musique déracine Le cri des abîmes endormis Au-dessus des lits des rivières Se croisent les doigts affûtés Par l’espoir que les lumières Aux soleils couchants Brouillent les yeux mouillés C’est en entier Que les miroirs mystérieux Reflètent les naufrages Crevant ainsi les yeux des colombes Incroyable gouvernail Enivrante tristesse La robe des ouragans S’amarre aux sanglots de la mémoire Ne faudrait-il pas attendre Attendre encore un peu Avant la récolte.
  21. 4 points
    Le sein blessé d’une épingle (Ghazel) *** J’ai pleuré le vent que fait l’ivoire en ton suc L’aube épine blesse le sang et le genêt J’ai perdu l’éperdu de ton flanc havanais Le matin fait silence du vernis caduque *** La patience des sonates m’a fait grand duc De Reichstadt, de Lauzun, d’Enghien ou d’Epernay Un brandebourg m’a fait lansquenet de perruque *** Hussard soudard, homme de troupe au fil carmin Au cœur de bien des ventres j’ai plongé poignard Sans que le goût du malheur dont j’étais grognard Vint égarer la cape noire qui ombrait mon chemin *** Sur mes yeux crevés qui pose deux baisers liards ? * ***
  22. 4 points
    La chanson des mieux avant Tu veux que je te dise Que c'était mieux avant? J'avoue que l'analyse Me laisse indifférent. Les augures prédisent Depuis la nuit des temps La fin d'un monde en crise, Un désastre imminent. Les maux qui colonisent Le monde actuellement Suivent et actualisent Ceux du monde d'avant. Les femmes qu'on méprise, Le travail des enfants, La noirceur des chemises, Le führer des allemands. Peuples qu'on tyrannise, Esclaves que l'on vend, Persécutions d'églises, Massacres d'innocents. Même si j'ironise, L'ancien est rassurant, Docile à l'analyse Et plutôt conciliant. Le présent fragilise, Nous pousse vers l'avant. La confiance s'épuise, On doute des enfants. Si tu veux que je dise Que c'était mieux avant, Gomme les heures grises Et rends-moi mes vingt ans.
  23. 3 points
    C'est de Sacramento où le fleuve éponyme Donne à l'American River un rendez-vous Que je traçais ma route au tréfonds d'un abîme De tristesse infinie et l'âme au garde-à-vous. Dans ma Lamborghini, je n'en menais pas large, Nulle part où crécher par cette nuit torride Que ne jugulait pas la fraîche clim de barge Cristallisant mes pleurs tout au long de mes rides. Il fallait me purger, direction Montana, L'esprit et le larfeuille en la ville fantôme Au milieu du désert prisé de la mafia, Las Vegas de fortune, où la thune s'empaume. Réservant une suite, y déposant ma peine, Je courus m'essayer dans cet endroit maudit Sur des bandits manchots qui jouent de la déveine D'un pauvre enfant de riche en proie au rififi. Une femme au sein lourd rendit ma queue légère, S'offrit de soulager en bonne compagnie L'argent qui me pesait et m'assignait à terre, Moi qui ne savais plus m'amuser dans la vie. je sautai trois de ses copines pour la route Et au petit matin sans demander mon reste, Ma caisse m'emporta vers la frontière, toute ! Traversant le Rio, fuyant comme la peste. Dans ma folle équipée, me fut donné à voir Non loin de mes rancœurs, et sur les bords de l'eau La loutre et son petit, gravés dans ma mémoire, Tendresse d'un instant dénouant l'écheveau. J'épousai le Mexique et une Mexicaine. Nous eûmes trois lardons, une fille et deux gars Que je chéris depuis. Finie la prétentaine, For l'envie qui me tient d'aller sur la Volga. Les gars de la marine pourront bien se brosser, Je souhaite aujourd'hui dépenser mon argent Avec mes marmousets et à Guadalupe Faire de la plongée sur l'île aux flambergeants. Comprends mon cher ami qu'il vaut mieux être riche Si on est dépressif ; que le pauvre est plus pauvre De ne pas être riche. Préfère donc la triche À l'honnête trépas. Rien ne rime avec pauvre.
  24. 3 points
    Grand père Cet arbre figé à l'automne, Saura-t-il renaître au printemps, Ou restera-t-il labyrinthe inachevé, Les branches en filtre-ciel. Grand père est assis, Les épaules basses, Comme sous la sérénité d'une évidence, Penses-tu qu'il sera debout, Pour ton prochain anniversaire? Ou qu'il restera assis, La tête lourde, Sous l'évidence de sa vie presque achevée. Comme une vague s'échouerait, Son regard déposé sur la fenêtre, Se perd dans ce rideau de bois, Sa cabane de vieux jours. Le filtre-ciel semble apaiser ses pensées lentes. Grand père vit au rythme des bourgeons, Des feuilles mortes, Attendant la dernière chute, La plus douce, Celle dont il ne saura se souvenir.
  25. 3 points
    Tu me parlais des cerisiers sauvages dont tu guettais les premières fleurs, dès que tu en apercevais une, tu prenais ton sac à dos rejoindre le chemin qui devenait blanc avant la fin de la soirée et puis, tu as grandi, tu es venu creuser la rivière qui recevait leurs pétales, tu as pris tout les graviers, tu as taillé le rocher, tu as déplacé le courant, tu as détruit les regards amoureux, tu as coupé les cerisiers, les parois de ton intérieur se sont habillées de machines croqueuses, dévoreuses, hautes et géantes, mais ce matin tu te souviens, à fleur de peau, les parois que tu croyais solides craquent, s'effilochent, une vieille peinture écaillée, les cerisiers refleuriront si tu reviens vers eux.
  26. 3 points
    La chanson du tueur en série - chant 1 - La plainte des victimes La chanson du tueur en série - chant 2 - Une enquête à la peine La chanson du tueur en série - chant 3 - Un aveu dérisoire Chant 4 La Révélation Avec la mort d'Homère, aveugle et inspiré, Cet aède génial, ce vieillard légendaire, Des quais du port d'Anvers, la lumineuse bouée, S'inachevait l'histoire au grand dam des dockers. Heureusement pour moi, au cœur du Cotentin, Un barde du bocage, en un texte apocryphe, Termina la chanson, du dialecte par'chin Que je maîtrise bien, dont je connais la griffe ! Marc Hiver y narrait comme belle Milouze Résolut son enquête en recevant l'aveu Du bon géant barbu à la tête de blues Dans la salle d'attente, urgences des murs bleus. L'inspectrice véloce en sa féminité Durement arrachée au sort de la naissance Ne serait pas encline à se laisser berner Par un féminicide et ses excuses rances. Lors, elle recueillit de la bouche tordue Cette douleur d'un homme en proie au seul souci De savoir si au bloc, à un fil suspendue, La femme survivrait. L'enquêtrice comprit. L'enquêtrice comprit que l'amoureux transi Débarquant sur Terre recherchait une fille Qu'il se croyait promise hors de sa galaxie Et que depuis des jours, ne trouvait cette fille. Milouze saisit aussi que l'autoproclamé E.T. s'imaginait dans la peau d'un Oreste — L'enfer sur la Terre, climax de l'épopée — Sauver son Eurydice et fuir comme la peste. Dans son délire, quid des victimes, mobiles, Si passées le Léthé ne vivent que des ombres Qu'on ne peut molester dans le monde si vil Des cauchemars de nuit qu'un clair de Terre obombre ? Dans la déposition qui s'autodétruirait En fumée sous les yeux d'une hardie policière ; Quand le noble barbu en douce s'enfuirait Avecque sa compagne en traversant l'éther ; Milouzette, à l'aune de sa propre expérience, Sourirait en pensant aux esclaves terrestres Pour qui serial killer — en médiatique transe — Devient superhéros, mais sans statue équestre ! Transsexuelle Milouze, aux dires de Shakespeare, Notre vie n'est qu'un rêve éveillé et, pour peu Que nous en jouissions tous du meilleur et du pire, Nous nous réveillerons sans monter jusqu'aux cieux. FIN
  27. 3 points
    La porte s'est ouverte et tu es apparue En cet instant le ciel nous offrait huit années. Huit années pour s'aimer et pour se déchirer, Huit années de lumière et d'ombre mariées. La porte s'est fermée et tu as disparu. Un soleil s'est montré,un soleil s'est caché, Et cette nuit venue dans mon coeur est restée.
  28. 3 points
    Tu es pareille à la première étoile née au crépuscule, Tu es pareille à l’alcyon volant au-dessus des mers écumeuses, Tu es pareille à l’astre solitaire fendant les eaux sombres des océans célestes, Tu es pareille à l’aube salvatrice délivrant des affres de la nuit, Tu es pareille à la rose de sable que caressent les doux rayons du soleil d’hiver, Tu es ces neiges éternelles qui alimentent les fleuves du monde, Tu es cette source intarissable jaillie des entrailles de la terre, Tu es cette eau pure qui cascade sur des rochers moussus, Tu es ce fleuve impétueux qui traverse des contrées arides, Tu es cette immensité bleue où se mire le firmament, Tu es ces trésors enfouis dans les temples du monde entier, Ô ma douce moitié ! Tu es pétrie de cette glaise du désert, Une glaise couleur de chair, couleur de sang, Pure comme l’or, Fraîche comme la rosée, Odorante comme les roses d’Ispahan, Belle comme le Nil. Ô ma chère moitié ! Mon cœur ne bat que pour toi ! Ton sourire me met en émoi ! Mon amour pour toi est toujours là, Éternel, incommensurable Comme le sable Du Sahara !
  29. 2 points
    Quand le sang dit tout le prix de l’amour Quand l’incendie vous conduit à la mort Quand le non-dit est l’ami du remords Quand samedi me suis remis à jour Quand tout est dit sont omis les détours Quand je maudis l’ennemi en mon corps Quand me dédie à mes amis d’abord Quand je mendie à demi-troubadour Alors le temps fuit je deviens instable Alors c’est la nuit des matins aimables Alors je m’ennuie et retiens mon souffle Mais tu me suis et tu viens à ma table Et je m’enfuis et un rien me camoufle Le paradis est le terrain du diable
  30. 2 points
    Dans la cour de récréation de tes poèmes Espiègles complices, la Mort et la Vie Jouent avec toute la légère insouciance Des enfants ivres de l’instant En subtile magicienne De la musique des mots Tu t’éclipses dans tes ellipses Infatigables Inépuisables Personne qui sache mieux que toi Suggérer Juste ce qu’il faut Puis s’absenter Avec une élégance Sans égale
  31. 2 points
    J'ai repris le ciel, il était vide et les étoiles pleuraient, ma mémoire est vieille et mes souvenirs blanchissent, il devait y avoir du bleu et aussi du rose, des arbres allongés dans l'herbe, des superpositions pour les années qui passent, une Terre qui tourne et des images qui brillent, c'est le soleil qui se cachait derrière, j'ai repris le ciel quand il ne restait rien et les étoiles scintillaient dans leurs reflets de larmes, mes mains sont vieilles et mes rides s'épanouissent, il devait pourtant y avoir du bleu et aussi du rose, des feuilles quand la saison était chaude, des envies pour les années à venir, une Terre qui tourne encore et des images qui s'unissent mais, ce n'est pas le soleil qui se cache derrière, je ne sais pas ce qui se cache derrière et si je tremble, je m'approche, si je me retourne, je vais entendre, un froissement sûrement, mon genou fléchira et mes doigts gelés ramasseront dans le bac à sable l'étoile qui m'a vu naître, c'est le ciel qui me reprend.
  32. 2 points
    Je suis allée là-haut dans les champs voir les nuages, les troupeaux de nuages roses – et le soleil se couchant. J'étais heureuse au début. Ça sentait le blé coupé et les fleurs un peu plus fanées que la veille. Silencieuse, je contemplais les oies sauvages. C'est à ce moment que, le coeur gros – comme s'il était en pierre ou en cage – je me suis sentie vieille – parfois c'est trop le monde. On s'y fracasse l'âme. J'ai murmuré dans la lumière Où est ma place ? Où est ma place ? Et malgré tout, le monde veille – il entend nos petites prières. Alors le vent, avec sa soie m'a répondu Là ! Dans mes bras. Entre mes mains tu es pareille aux oiseaux, aux arbres nus... Je suis rentrée à la maison en chantant. Pour le vent, pour les pucerons, pour les vaches couleur vermeil toujours triste, oui mais Chantant.
  33. 2 points
    La pluie a la couleur du gris Du jaune transparent Je te sais, là-haut, trôner en maître Et palpitant en moi À goûter la raison ; je n'oublie pas mon être Lune autant que soleil Galet précieux ; pierre polie En couleurs je vois le Monde Et je te vois aussi Frère, soeur, ou ami Pardonne mon tranchant ; écoute mes silences Et je me fais douceur Dans ta main, je me repose Loin des affres de la peur ; je contemple ton âme J'entends pulser ton coeur Je ne joue par pour gagner ; j'apprends aussi à perdre Chaque jour goûte le rêve Et si ma solitude éclate parfois en pleurs C'est que je t'aime Sans connaître ton nom. S.N 16/10/2019
  34. 2 points
    Mon ami, mon frère, Christian tout simplement. Que ce soit dans les rues de Bordeaux ou d'Alger Où nous avons ensemble tant de fois voyagé, Ton souvenir en moi toujours reste vivant. Que de routes communes, avons- nous parcoures A rechercher de l'or que nous n'avons pas eu ! Plus tard, de ces périples je sus l'utilité, Ce qu'en fait nous cherchions, c'était notre amitié. Avoir deux fois vingt ans, la vie t'a refusée. Et ce jour de Novembre quand tu nous as quittés, Dans le ciel de Marseille brillait celui d'Alger. Je me souviens de toi et de tous nos combats. Et, si comme je le crois mes pensées vont à toi, Sache que malgré le temps mon coeur ne t'oublie pas.
  35. 2 points
    Douleurs Dans une cage sale Un singe dort Et s'il ne tremblait pas, Je dirais qu'il est mort. Un enfant tend sa main À travers les barreaux. Le singe est dans un coin, Il réprime un sursaut. Le singe ne dort pas Mais on dirait qu'il pense. La tête sous son bras, Il regarde en silence. L'enfant essaie encore De toucher son pelage Mais le singe le mord Et grimpe dans sa cage. Muet et immobile Pendant que l'enfant crie, Il voit la foule hostile Se rapprocher de lui. Un homme vient d'entrer Un fouet à la main. Il frappe à la volée Sur l'animal qui geint. Il gît sur le plancher, Pourtant il n'est pas mort. Le corps ensanglanté, Je crois qu'il pense encore.
  36. 2 points
    Cette nuit tu es venue T’abriter dans mes rêves Troubler ma vieille quiétude Et mon corps amoureux Cette nuit tu étais nue Et m’as offert tes lèvres Comme un tendre prélude Au commerce des cieux Ce soir je m’étais consolé Bercé par les mots d’un enfant Versés par l’écho d’un géant Ce soir je m’étais exaucé J’en avais oublié ces nuits Et ton sourire qui s’évanouit Je croyais les avoir enfouis Délaissés au tréfonds d’un puits Ce jour tu as su revenir Dans un sourire qui se joue du temps Dans un soupir qui s’ajoute indolent A la longue liste des souvenirs J’en avais oublié ces jeux Ces rêveries au toit du monde Ces mots faisant notre faconde Ces heures à devenir nous deux Ce matin-là tu t’es enfuie Me laissant seul avec ces lignes Me laissant le message insigne De me remémorer ces nuits J’en avais oublié ces cris Et ces sursauts désespérés J’en avais oublié l’oubli Et les espoirs inachevés Cette nuit tout sera fini Tu vivras à travers ces pages Tu laisseras dans ton sillage La douceur d’un après-midi
  37. 2 points
    Il nous faut tous les océans Pour jeter l‘ancre Et toute l’encre des océans Pour assouvir la soif des buvards Aucun navire ne peut comprendre Toutes les taches épaisses Que les vagues innocentes Impriment sur les galets des plages Et nos cœurs en écharpe Ne jouons pas les alchimistes C’est en promenade D’allées en venues De remparts en citadelles Que les chaines Loin des murailles Se briseront Le temps n’a pas de couleur Seule la blancheur du vent Autorise la prière Et l’écume de nos sommeils.
  38. 2 points
    @Carine, Bien beau ce régionalisme que je ne connaissais pas. C'est aussi ça la poésie : aller plus loin que la palette étroite de la communication ! Et hop ! Un coeur.
  39. 2 points
    L’attente Que le soleil calcine les jours étirés, Que les étoiles laminent les nuits, Les derniers orphelins attendent. Ils tressent d’anciens songes défaits. Les heures expirées se décomposent Éventrées sur le fil ténu de l’incertitude. Derrière les fissures inavouées des mots, Dans les fractures béantes des écrits, Les espoirs déçus se ramassent à la pelle.
  40. 1 point
    Sonnet qui aurait pu être dédicacé à Maupassant.
  41. 1 point
    La poésie politique est une grande tradition, du pamphlet à la polémique, de la satire au grotesque. Ici vous faites place au cri du cœur, avec la justesse des âmes sincères.
  42. 1 point
    Bonsoir @Seawulf, J'aime beaucoup ce poème, fort, vrai et sans faux semblants, un manifeste d'humanité, à méditer, bravo !
  43. 1 point
    J'ai ressorti mon Don Quijote de la Mancha en langue espagnole tellement votre texte est abondant, curieux. Vous nous avez créé un plateau de Castille avec des eaux troubles de songes. Incroyable.
  44. 1 point
    Il m'a rappelé Rick Tuss celui-ci, probablement à cause des références au monde du spectacle. Votre plume est gourmande, les images sont très riches, j'aime beaucoup ! Il y a vraiment de belles trouvailles ("mourir sur cerne", entre autres) et c'est tout un monde qui se dessine dans vos mots. Au niveau structure, c'est tip top, les conjonctions rendent l'ensemble très fluide. La syntaxe de la cinquième strophe m'a toutefois surprise par l'absence de verbe après le deuxième "tantôt". Pour résumer en reprenant vos mots "coup de cœur !"
  45. 1 point
    Panne de commentaire, le cœur me sauve pour dire, sans pouvoir l'expliquer, que j'ai aimé !
  46. 1 point
    @Aubussinne Mille feuilles poétiques que l'on prend plaisir à croquer sur lequel se superposent en strate les effets du temps et les émotions qu'il sécrète.
  47. 1 point
    Je commence à être en panne...
  48. 1 point
    IL n'y a rien de plus agréable en poésie que la désorientation.
  49. 1 point
    Nous rejouons la dévoration, nous fabriquons notre mythe Nous défions les augures, nous courbons les Titans ! Bonjour @Gabriel Montigny, il s' en passe des choses dans ce texte ! Le narrateur ,par une secrète alchimie de la matière et dont sa partenaire sera l' élément déclencheur, (la première strophe décrit un rituel) pénètre un tableau ,(vraisemblablement et au vu des éléments une allégorie mythologique,) qu'il se propose ni plus ni moins de recomposer à la mesure de ses envolées et de sa propre vision, revendicatrice et triomphante, se posant en démiurge contestant les mythes fondateurs établis . A mon sens et quoique le thème de la peinture puisse aimanter notre approche du texte, le narrateur est donc surtout, avant d' être un artiste , un rebelle qui aimerait refaire le monde depuis son origine. (la mythologie est métaphorique). Ainsi le dessin que font nos orbes -> ce vers me plait particulièrement ,remplaçons dessin par dessein, toute la suite se tient parfaitement , le dessein (projet) est métaphorisé par le dessin (son expression formelle) et encore d' autres choses à voir.....
  50. 1 point
    @Joailes Ah, c'est un joli bordel ! Moi, j'ai besoin d'un espace net pour laisser vagabonder mon esprit dans les contrées bordéliques de mon cerveau . Je coupe à cœur !

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