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Popular Content

Showing content with the highest reputation since 03/24/2019 in all areas

  1. 16 points
    Dans le craquement d’un silence, des cris sur le marbre glacé. Dans les larmes gelées, des lendemains sans bagage. Derrière les masques de carnaval, du sable plein la bouche Tandis qu’au fond de nos poches traînent de vieux arcs-en-ciel oubliés
  2. 10 points
    C'est le douze ! sur mon trente-et-un de la louze, je terrifie mon regard d'un mascara noir. Sur mes lèvres rose-espoir se croquent des notes aux saveurs mélonautes*. Tandis que je crécelle mes plus hauts décibels au macro-pascal de l'extrême, et que "L'amour est enfant de bohème", inonde les ondes sylphides, j'entends les choristes du huitième frapper le plafond d'un balai perfide. Aujourd'hui, rien ne m'attriste, j'ai rendez-vous. Je dévale, l'escalier qui n'en finit plus de colimaçer. Neuf fois trois cents soixante degrés plus bas, sur le palier de serge le concierge, je concède un millimètre virgule trois de nylon beige à la porte ultime, sabotée au rabotage qui me sépare de mon destin. J'enjambe un chien bâillant sous ma maille, le cabot désinvolte qui laisse parfois ses crottes, sur les bienveillants "bienvenus" de la résidence "Les dahus". Alors de magnifiques jurons résonnent en échos polyphoniques, suivant une trajetoire plus qu'aléatoire, le long des couloirs acoustiques. Les parties communes en miroir se disputent le privilège, de chasser "Exquineige", le toutou bien-aimé du pépé du premier. Les yeux du vieillard se remplissent de larmes, de belles grosses gouttes humides, qui font renoncer dare-dare à lui imposer comme drame la perte de l'animal stupide. Je salue le voisinage, offrant mes mots au vent, pas certaine à vrai dire que le corps de ma phrase à l'allure compressée fût saisie de tous. Mes bas se filent, sur la chaussée escarpée. Feux rouges-baisers et rapides convenances, inconduisent un chauffard de circonstance. L'escarpin chausse à volonté le pas pressé. Le passage piétine, sous pieds-épris, Mon rendez-vous approche son heure de gloire. L'enjambée joue de la rue en cogne-trottoir, Il apparait la mine réjouie. Je termine contre son coeur ma course folle, Il me gâte de sa bouche dont je raffole. * Nom propre du Grec melos chant mélodieux et nautes navigateur, inventé pour faire une rime même pas utile, ce mot a cependant un vague rapport avec l'histoire, sans la faire avancer, il ne la fait pas reculer non plus.
  3. 9 points
    L'averse a crevé le ciel violente en stridentes griffures Des larmes de prunus roses jonchent la rue mouillée la nuit froide et apaisée s'est posée sur nos draps fatigués Viens Dormons maintenant ------------
  4. 9 points
    la chandelle s'est éteinte de mes iris à la béance retrouvée s'échappent des images et des sons où sont les instants de passion chavirant les amitiés les sentes que les corps transformaient en parcours de sens l'aube bleue a recouvert de feuil les sentiments anamorphose que l'illusion du temps assèche mes iris dévastés par l'absence renient le passé fragmenté sous ma main les lignes noircies s'évaporent
  5. 9 points
    Dans une poignée de lendemains, à la renverse peut-être dans les journées qui se baissent les unes après les autres, le dos plat, ta bouche jusqu'à la mienne. Comme l'éclipse, celle qu'on attend aux solstices, celle qui allume la lumière dans l'abysse de ta pupille, faîte d'ombres et d'incendies ; je te tiendrai dans ma main. Givre à bout de lèvres, vapeur, comme une fumée de cigarette peuplée d'incandescences, nos étincelles comme nos langues dessineront des contrées inconnues. Au bout de l'hiver, une porte qui s'ouvre ; et sur la voie qui nous y emmène je sens ton regard planté dans mon dos - j'aime le goût du métal de ton couteau.
  6. 9 points
    La sueur de lune dans ton cou, est-ce le bruit de la nuit en équilibre sur ton épaule ? Est-ce les pas de mon sang dans le sable noir ? J'ai déjà bu tes paupières. Je m'arrête devant ce tracé au khôl de tes rêves. J'ignore la force d'un baiser, je la traduis en mots, ceux de l'ombre, que m'offre la poésie.
  7. 9 points
    Ce baiser tant langui, je l'ai chanté aux anges, J'en ai parlé aux fleurs qui bordaient mes sentiers, Aux peintres de la mer qui rêvaient de mélanges, Aux saisons, aux oiseaux, à la nuit étoilée. Ce baiser espéré, je le craignais sans doute, -Pour un poète en noir l'espoir n'est pas permis- Il a suffi de toi, lumière sur ma route, Pour y croire à nouveau et chasser mes "tant pis". Ce baiser m'a surpris; te prenant par la taille, L'appel de ton parfum ne montrait que ta joue. Un mot à peine né de mes sombres entrailles Soudain s'effilocha comme un pleutre miaou... Ce baiser libéré, l'index mis sur ta bouche, Cet ineffable goût, ces scellés de l'été, Ces plis d'ailes moirées sur tes lèvres farouches, Cachaient nos deux prénoms dans un nid d'oiselets...
  8. 8 points
    Un coté trés branchies, l'autre un peu désuet ; Palpitant des hanches, l'écaille franche et la carpe palmée, sur une île perdante, je l'ai trouvé dans un filet filant. Un squelette d'os et d'arêtes équitablement répartis. Sa moitié non négociable d'humanité, un mètre quarante de trempette sous un buste scaphandrier, en fait une belle créature ne méritant pas la friture. Au matin de nos délices une pulsion prédatrice, un désir Ichtyophage serraient mes entrailles cannibales. Un délicieux songe en carnage me servait l'animal, jusqu'aux limites anthropophages de ses formes abdominales. J'envisageais en secret son destin en assiette, quelques sauces épicées, un brin de ciboulette. Une rondelle de citron pour régime piscivore, faire revenir deux p'tits oignons des restes carnivores. Dès lors son chant ne me retint qu'un temps, Je ne suis pas tant mélomane aux saveurs bouillantes qui m'affament ; J'ai donc mangé mon siron, de la caudale jusqu'au melon. Sur mon île perdante je suis perdue, je pleure ma gourmandise. L'idiot, en cuisson, me fit un don... Une superbe queue de poisson me mua en femme-thon. Un grand blanc de l'océan me pourchasse en prétendant, me tourne autour, me fait la cour, me prédate la péremption m'imagine en digestion, en comestible pour moitié thermosensible et sans pitié, Il pourrait bien me dévorer. J'ai pris pour tunique un pouple homochromique, en garde-robe céphalopode, il camoufle mes charmes alimentaires sous sa coquetterie vestimentaire, brouillant les réseaux trophiques, il me cache dans ses mystères. La mer polissonne son ciel qui poissonne, ses étoiles qu'on harponne et ses bouquets d'anémones. Les sillages fendent la toile, le souffle du vent, le bruit des voiles, et la dangereuse proximité des marins, blessant mon âme, tranchant mon sein.
  9. 8 points
    La poésie est un jardin métaphysique. Cris en thèmes et pensées, groupés en florilège. Dans tout poète vit le Dieu ésotérique, d' une armée de symboles qui s' avancent en cortège. Il pleut des sortilèges sur ces morceaux de landes. Les colonnes du ciel se brisent à chaque instant. Des systèmes s' effondrent, des cartes et des légendes; Et des pans de mémoires sont prisonniers du temps. Tu es pourtant l' enfant d' un miracle stellaire: La rencontre d' une âme ,captive d' un maléfice, et d' un astéroïde à des années lumière; Fragment d' éternité au bord d' un précipice. j' ai bu à ton calice . Mais jusqu' à l' hallali, avais soif d' adultère, et pour tromper l' ennui; je peignais des girafes aux couleurs de l' oubli. l' amble est notre allure, pour enjamber la nuit . L' espoir s' évanouit dans la fuite des jours. nous confions au jusant l' espérance blessée, mais la marée montante nous ramène toujours, en vagues souvenirs, l' écume du passé. ------------------------------------------------------ Brisons le pentagramme, comme prévoit le rite : En saisir une branche ; percer l' œil ténébreux! Mais lui depuis longtemps, avait fui son orbite. L' œil sur la pyramide est de la poudre aux yeux...
  10. 8 points
    J'ai poursuivi ton ombre chinoise dans la lumière ai bridé mes désirs une laisse autour d'hier accrochée toujours à cette même rengaine du temps qui passe sans plus jamais fleurir plus jamais de printemps dans mon jardin d'hiver
  11. 7 points
    Océane « Viens au-dessus des mers, Des grandes mers, Des mers à l’horizon chimérique... » Fernando Pessoa Au soir des langueurs Clapotis et clameurs Profonds et ronds, Perturbent les fonds ; Ils roulent, se déroulent, Aux récifs s’enroulent, Au phare ronronnent, Et en mon âme résonnent. De vague en vague, Tourbillonne et divague, La muse océane à l'humeur Volage, qui engerbe mon cœur ; Bises et tempêtes, fraîches mélodies, Toutes semblables au corps d'Elodie. A ce fracas étourdissant d’un soir Je n'ose dire tout à fait au revoir ! Belle hirondelle des mers, A l'envol éphémère Tu te perds en mystère, Entre l'Atlantide et Cythère…
  12. 7 points
    Tu n’as pas deviné le bruit dans mes silences ni le goût de la nuit que j'avais sous la langue j'ai bâti un empire de brindilles et de sons j’en crains encore l’écho… Sous les draps et les pulls mon corps qui rapetisse le dessin envoûtant des chocs d'astéroïdes avais-tu deviné ? Je me souviens avoir mordu ton épaule il faisait sombre et tu me touchais là où je ne suis plus grand chose j’ai pris le vent comme on s’enfuit au matin qu’est-ce que tu en penses peut-on seulement guérir d’un amour météore ?
  13. 7 points
    Du temps qu'il reste S'assoir aux bords des falaises Là Tout près des flots Où s'annonçait la joie Mais les pleurs nourrissent l'angoisse Du nouveau-né L'étoile s'approche plus près de toi Tu ne la vois pas Voici venu ton tour de faire du feu Avec les restes humains L'espoir tendu aux enfants Leur a été repris aussitôt Quelle envie pénètre sous l'écorce Des arbres qu'on abat ? La chute projette son ombre sur le temps qu'il reste Les vagues elles aussi Avant de repartir Murmurent leur nom à l'oreille des animaux Que nous allons abattre Fidèles au cœur qui saigne Tombent les dernières feuilles sur la cendre L'explosion a bien eu lieu Il suffit Pour l'entendre De s'approcher du soir A pas de loup Quand le nord s'affole Sous le pas des ours affamés L'alcool brûle au cœur des montagnes qu'on allume : Un outrage aux femmes en guerre Le parcours des nuages Provoque la révolte des nuées Où l'eau perd son nom et ne sait plus couler De quel or payera-t-on son retour à la source ? Près des lacs s'affairent les derniers oiseaux migrateurs Les voilà en partance pour Aldébaran Ils ne reviendront plus ! On a percé les mystères de la matière Ceux du cœur restent entiers La fin Elle-même s'éteint Avec le feu Qu'elle porte et qui la ronge
  14. 7 points
    Je meurs sans cesse dans un dédale de mensonges, ces rives aux parois glissantes où vous êtes retourné pour d’autres levants, et moi vêtu de mes chimères, j’assoiffe ma mort à lui faire croire que je l’aime, à lui faire croire qu’à cette brune au teint si sévère, je lui prendrai ses lèvres. Alors, ivre des heures qui se défont au tictac infernal des horloges, comme un mendiant sage, je me suis mis à peindre en mon imaginaire des mers étranges, bercées par des chants mystérieux, des amours infinis où les corps en un duel sans cesse renouvelé, s’évanouissent chair contre chair. J’ai peint des lustres aux nuits prudes pour qu’elles s’illuminent d’amour dans les vergers secret du futur. J’ai peint le chant de la vague, pour oublier tous ces sanglots. J’ai peint ton miroir à la lumière d’un abat-jour, mon éternelle aimée, pour que ne cesse le jour. Mais je meurs en ce chemin creux qui me regarde, plein d’indifférence, je meurs à force d’être cet autre de moi-même, cet étranger forçant ma porte, et venir mélancolique en tout mon être. je meurs des absences, d’un abandon, de ce cri que fut ma naissance, de ce duel incessant de la nuit et du jour, je meurs des sanglots d’une rose qui m’avait souri, je meurs de la prime jeunesse d’un printemps que des vents assassinent, je meurs du jour adolescent qui vient habillé de ses cendres, de cette pluie tiède, sur ton visage ,comme mille larmes, je meurs de vos voix en-allées sur l’ourlet grave de mes nuit blanches. Je meurs sur ton front, mon petit, et mes lèvres se meurtrissent de te livrer à ce monde égoïste, et moi de partir. Je meurs au soleil insolent, de ce vent capricieux si bavard qu’il éveille le songe, je meurs sur ta bouche, tes reins, dans le jour indifférent qui n’a que faire de nous, je meurs au front sans teint de l’ennui, de sa terrible chute dans la mémoire, je meurs dans les soupirs étonnés des amours clandestines, je meurs du murmure des amants naufragés, de leurs yeux tristes où je me suis perdu, je meurs, pauvre poète et c’est l’oubli qui fait son lit, je meurs et le temps se fissure déjà entre nos mains ,je meurs, et toi la mort, mon inconnue, que me prendras tu encore, vois-tu il me reste une larme, elle est prisonnière de mon cœur, elle est celle de la dernière heure, elle est joie et délivrance, elle est amour, ma consolation.
  15. 7 points
    Le cri d’un cœur tambour scarifie l’espace d’un instant, Le monde bulle où l’oxygène manque, Deux mains s’épouvantent A se crisper les sangs L’ablution des mots est ma prière des morts Je flotte, spectral dans l’éther du songe Le ventre ouvert à ma douleur éponge C’est ton prénom le fanal qui mène au port Dans la lumière de tes yeux qui me découpent Ma peau se déchire telle une gangue Lambeaux d’enfance au goût de mangue Nef astrale ensanglantée jusqu’en poupe Je vogue en déroute aux défunts projets Écartelé entre l’abside de tes reins Et le triforium funeste aux vitraux d’airain Que fait un avenir qui danse le contre-rejet Danser avec la Mort le pas de deux du corps Ne me fait pas plus peur que cela Elle peut bien faucher, la gueuse, là J’ai mangé le soleil de ta chair d’or J’ai déchiré de mes dents tes coutures J’ai puisé la source des Dieux dans tes yeux Tu m’as donné Pandore et le feu Et l’espoir dedans mes blessures Déjà l’aube mange le crépuscule, avide Un battement de cil fait l’étendue de ma nuit Je nais enfin au monde, illuminé de bruit Tu me remplis et tu me vides Toi mon astrolabe, ma carte des cieux Tu égrènes les étoiles en poussière de vrai Ton souffle cosmique disperse le bon grain et l’ivraie Il me brûle les yeux J’ai aboli l’espace et le temps Je ne vis que dans cette seconde Où tu as été, tu es et tu seras monde L’univers constellé où je t’attends
  16. 7 points
    Souvent, dans le café des petits bonheurs, Je navigue à travers tous ces visages en fanal. Des tasses gisent sur des tables en formica, Des verres vidés s'accumulent en vaines oboles. Je pourrais vous parler de la vieille patronne Égarée dans le morne pays de la mélancolie, Une gueule cassée de la vie, mais si belle, Reine d'un royaume aux licornes borgnes. (Et elle danse…) Il y a aussi cet homme obèse assis au comptoir. Ses rires se perdent dans les replis adipeux ; Ses pleurs s'étirent en longues apnées graisseuses. Sa peau fatiguée crache des blessures boursouflées. (Et il rampe…) Sans doute faut-il aussi évoquer ce molosse édenté. Vautré sur une antique banquette en skaï craquelé, Il lèche consciencieusement des mots inarticulés, La langue engluée dans des carcasses goudronnées. (Et il lutte…) Comme un ultime voyage, larguer un dernier poème Dans ce rade perdu qu'est le café des petits bonheurs. Sous les lunaisons arrive le gris cortège des malaises. Le verbe écumeux surnage dans une mer confuse. (Et je me noie…)
  17. 6 points
    Un cerveau se fige sur les reflets bleutés du temps qui s’enfuit lorsque surgit dans sa cuirasse rigide un cavalier fier qui pourfend les idées fixes de sa lance de glace A sa suite les rondes rodomontades morales auréolent l’aurore de certitudes givrées juchées sur une barrique à longues oreilles qui chavire lentement entre chien et loup Sous leurs souffles carnivores le matin chauffe au bain marri quelques lambeaux de souvenirs qui s’effilochent se désagrègent et dansent sur le sourire ingénu de la douce dure farouche et pure Dulcinée
  18. 6 points
    Air de cour à Proserpine Toi la mort si dure et si douce Lieuse de contradictions Ta main nous attire et nous pousse Pleins de désirs et d’aversions Vers ce rire qui nous fascine Dès que l’on quitte le berceau Nous faisons partir la machine Qui nous penche dans le tombeau Toi belle invisible araignée En tissant chacun de nos traits Parmi la toile déployée Tu nous peins nos divers portraits Oserai-je trouver l’audace De plonger au fond de tes yeux Un regard qui serait tenace Et de tes durs secrets curieux Toi la pâle et fine embaumeuse Qui fardes le front de nos morts Et dérobes l’âme brumeuse Dans le creux de tes corridors Je voudrais ma tendre amoureuse Connaître vivant tes trésors Pouvoir boire à ta chair poreuse Dans les envers de nos décors Vaincue à mes amours malsaines Ton orgasme fatal serait L’abreuvoir final de mes peines Le flash fixant ton lourd secret Ainsi prise en photographie Ton image me sourirait Et du monde qui me défie De par ma bouche je rirai !
  19. 6 points
    Il était debout devant moi à quelques pas dressé comme un rocher silhouette immobile à l’allure tranquille Mains endormies dans la moiteur de ses poches enfouies il était attentif à la tendresse d’une couleur Savait-il le regard vert en averse parcourant sa nuque sentait-il sa morsure en gravure d’eau-forte sur ses épaules Entendait-il ce souffle un peu accéléré qui se mêlait troublé à l’obscur d’un alentour grisé Respirait-il ce parfum épicé à peine exhalé qui montait insidieusement jusqu’en son intime contour Seul sur son île Il attendait la vague et son ressac les yeux noyés dans un pastel acidulé Il me sembla que je le connaissais
  20. 6 points
    Dans ta poche, quelques clous de girofle et des graines de cardamome mon môme de la cannelle dans tes cheveux des étoiles de badiane dans tes yeux et ce piment sur tes lèvres qui brûle de fièvre, jamais je ne m'en sèvre Ta peau poivrée, salée aux baies de la passion ne connaît pas décembre au parfum de gingembre sur cette plage safran aux vagues de fenouils tu m'a fait goûter aux zestes de yuzu dans un champ de baobabs sur des tapis de paprika là était le sésame des graines de la paix tu m'as prise … au dépourvu. (J.E. Avril 2019)
  21. 6 points
    les rideaux s'agitent moites, impatients les arbres palpitent dans l'air du temps sur ma colonne vertébrale ta cascade rugit et finit en râle au fond de la nuit c'est ton souffle chaud au parfum sablé du désert qui pique mes yeux et ma peau et puis cette douce rivière qui coule le long du coteau effaçant le médiocre ! ô le grain de ta peau qui tinte et le teinte d'ocre ! La musique de tes poumons d'exil résonne à mon oreille les larmes sèches de tes cils emplissent la seille. Nue dans ce van aux couleurs de blizzard j'attends le sirocco ses parures de brocard ses griffes, et ses caresses sur mon dos. (J.E. Avril 2019)
  22. 6 points
    Tu t'es rangé du côté du silence je discerne ton dos lui aussi, il est muet et assise sur le lit je me cajole de comptines celles qui dans la nuit allumaient la lumière j'ai toujours huit ans devant les corps qui se taisent.
  23. 6 points
    Il nous a manqué l’odeur mouillée de la rue la liberté canaille de se tenir par la taille et à bouche que veux-tu Il nous a manqué les frissons des salles sombres l’excitation dans le noir les soupirs dans l’ombre l’écran reflet des regards Il nous a manqué les chemins bleus d’étincelles aux rivages du fleuve où les odeurs tièdes s’émeuvent sous les réverbères du ciel Il nous a manqué le sable chaud sous nos doigts brûlant nos peaux aux abois une table au soleil un verre frais de vin vermeil Il m’a manqué la nuit et tes bras refermés sur mes seins blancs assoupis ton ventre enfin assouvi sur mes reins fatigués Il m’a manqué pouvoir crier notre amour au grand jour à tous ceux qui ne savaient pas Il nous a manqué une tranche de vie Celle que l'on aurait voulue celle que nous avions rêvée celle que nous avions goûtée Juste assez pour ne pas supporter de vivre séparés
  24. 6 points
    Qui des ormes dira le silence brisé Ciseau sur l’établi, copeau de chèvrefeuille Aux confins des oiseaux, les sarments oubliés Gouge qui blesse tant, sève rouge du deuil Et ces fruits amers qui portent la rosée Tenon, frère en mortaise à la saignée du seuil Quand meurent en gerbes jaunies les blés liés Un missel déposé sur un petit cercueil …
  25. 6 points
    Un ange solitaire pleure sous les étoiles défuntes. Chacune de ses larmes engendre un astre avorté. Il erre dans un triste cosmos au froid trépassé. Les cieux laissent perler une ultime complainte. Les ailes de cet être jadis si glorieux sont brisées. Sales et inutiles, elles s’agitent dans la poussière. Des plumes s’envolent dans une escapade solitaire. Le moribond exhale un ultime souffle de sacré. Un parfum ranci de paradis flotte autour de lui. Créature orpheline abandonnée là par son Dieu, Elle repose aux côtés de son glaive poreux. Ses yeux délavés finissent de vomir le paradis. Pour la lente agonie d’un ange, quelques vers Crachés à la face du Père en guise d’oraison. Que ces rimes claquent et soient profanation, Un ultime blasphème pour embrasser l’enfer.
  26. 6 points
    Que le crépuscule ce soir me semble solitaire, Il emporte silencieux, en lui, tous mes jours fanés Et son long soupir se drapant d’ombres austères Se répand à chaque battement d’un cœur usé. Je suis un peu lui chaque fois que le jour s’éteint, Et lorsqu’il bascule lentement, au gouffre de la nuit, Il n’y a plus d’ombre, de lumière, sur mon chemin, Ni le doux chant du merle où bat si fort la vie. Souvent, prolongeant son effort par un ciel clair Et que la nuit attend dans son écrin secret, Je repense à cette route bordée de nos hiers, A tous ces printemps se voilant d’immenses regrets. Demain il reviendra, lorsque tout s’apaise, Étreindre de nouveau un songe retenu, Ce feu qui n’est plus que cendre sous la braise, Des jours anciens, en nos âmes, contenus.
  27. 6 points
    A cause du coucou dans les taillis chantants, Je me prends pour la brise au sermon de mes pas, Avril ouvre ses malles et la pluie de printemps A troublé les vergers, les allées et les bois. L'aurore vient plaider sur les troncs rose-ardoises, La rosée donne un bal, ballerine d'eau pure, Les tutus de fleurs bleus à mon bâton pavoisent, Là, quand la nuit s'endort, elle oublie ses parures. Un reste d'oreiller a roulé dans la pente. Oh! je vois le sommier aux cent têtes de mort Taillé dans le bois noir, baldaquin d'épouvante; Sur la table moussue, ai-je droit au trésor? Ah! que mon cœur quadrille! Aux morilles! J'y ai cru et bien non, aucune sauvageonne... Les songes sentent fort dans le bidet des souches, L'endroit paraît suspect, la forêt maquignonne Ses fantômes farceurs œuvrant entre les couches. Je contemple le sol, pierrier d'amours maudites; Une vesse de loup près des stèles pourries Enfume au fard des loirs la funèbre guérite Formée de trois sapins sanglant une harpie. Je m'approche et soudain, comme au seuil d'un autel, Deux offrandes en noir, sœurs de la noble fange, Ingénues du vallon, rescapées du grand gel, Épongent le fossé suant un livre étrange... Mon couteau s'émoustille! Aux morilles! Je les cueille enivré par l'oracle-tabou, Ma musette les veut, elle attendra un peu, Se vouer aux parfums des alcôves d'Anjou Ne vaut pas leurs appas plus que mystérieux. Ô lugubre terroir! Sagesse des résines! Liturgie des bois morts! Compost et fumaisons! Ondées des oraisons au doigté des latrines! Ô terre! Azur! Soleil! Merci du champignon! Bon sang! Quand on y va, surtout pas en faire onde... Je donnerai mes coins qu'à mon meilleur fayard, Et elles seront là, les coniques, les rondes, Brunes et bonnets clairs pour me dire au revoir... Tu iras aux morilles! Aux morilles!
  28. 6 points
    L'orée de la nuit se pare d'ocelles dorées de jour quand valse mon souffle sur ta peau, là sous le ciel de mes draps. Revêts ton costume d'amant. Hâte-toi, j'ai l'amour en farandole. Renie le sommeil, là sous la tutelle de mes caresses. Vois, l'aube érafle mon sein, vite abdique au creux de mon bras. Revêts ton costume d'amant, contre avec moi les lueurs livides. Achève ta transe hyaline, épelle moi tes rêves. Attise, gémis, gifle mes envies. Elles virent rouges incarnats. Revêts ton costume d'amant. La fadeur des ombres ondule agonisante. Livre toi à ma régence charnelle, et tyran du pays que camoufle mes draps, je bannis l'aube et son éclat. L'épaisse torpeur se lasse, elle meurt en frissons denses sur ta peau de bal.
  29. 6 points
    Donnez-moi le temps l'air voile épais sur le pont je jette mon corps ici au bas du ciel comme un passage secret syllabes à peine prononcées dissoute ma pensée est un escalier J'ai faim de l'amour du blanc lunaire vers l'horizon mêlé j'ai besoin de temps de la main qui s'ouvre se resserre Derrière elle je me cache j'appréhende m'ouvre et me ferme dans un lit.....ouvert s'il ne me ferme en eau profonde Je suis le "bateau ivre" aux mains de chair l'esprit et la colombe la bouche tendue aux lèvres de velours oubliant de compter les heures suspendues Jolies mains d'écrivain effilochées Le voyageur ne voit pas ta métamorphose quand le soleil couchant vient jouer du piano les buées pressent en arc en ciel l'écho halluciné de ce qui aurait pu être j'en aime l'immobilité l'espérance au bout des doigts
  30. 5 points
    Ça ne pouvait pas t’arriver. Oh ta vie filait sur les rails D’un bonheur fermement rivé ! Aucun obstacle, aucune faille, N’achopperait ton devenir. Tu t’es écroulé ébahi ; Tu n’as vraiment rien vu venir. Qui s’attend à être trahi ? Je te répondrais qu’il existe Des natures guettant la chute, Des assemblements égoïstes Que rien n’émeut ni ne rebute. Ces couples nourris de méfiance Sont, eux, à l’abri du vertige. « On ne peut pas faire confiance A ce point à quelqu’un, tu piges ? » Oui, c’est bien ce qu’elle t’a dit ; Oui, tu l’as vraiment entendu. Tu restes encore interdit Par cet implacable attendu. La sentence claque, raisonne, Te crucifie, te nargue et scande Cet air auquel tu t’abandonnes, Qui telle une obsédante bande, Tourne et retourne son refrain Maléfique dans ta caboche. Tu t’enivres de ton chagrin ; La douleur t’agrippe et s’accroche, Se désaltère de tes larmes, Marque et imprime sa morsure Dans ta chair, distillant ses charmes Pour se nourrir de tes brulures. En entier elle te domine, T’aspire, te sèche, te lape. Tu es soumis à sa doctrine : Elle te gouverne, te happe. Tu décolles sous son soleil Noir qui te dévore la peau. Tu cauchemardes dès l'éveil ; Tu ne trouves plus de repos. Tes jours ressemblent à tes nuits : Tourmentés, hoquetants, roides, Tu les enquilles, les conduis, L’âme remplie de cendres froides. Tout t’ébranle, cris ou murmures. Tu voudrais que cela s’arrête ; Tu te jettes contre les murs Pour taire l’orage en ta tête. Tentes-tu de rester debout, Tu tombes recroquevillé, En proie à un délire fou. Ventre tordu, l’esprit vrillé, Tu t’imagines avec un flingue, Cerné par des ombres de sang, Acculé, pris dans la seringue, Bouche dans le canon, pressant Pour en terminer la détente ; Ou ton arme tournée tu vises Ce blond fantôme qui te hante, Te poursuit, t’obsède et attise La furie dévorant tes tripes, Érinye gloutonne et vorace, Munie d’un dard de Guêpe guipe. Tu y penses quoi que tu fasses ; Tu cours dans ta prison mentale Sans frein, sans fin, sans fond, sans cesse. Ta désolation s’emballe Dans cette effroyable kermesse. Chaque jour se creuse le gouffre Dans lequel hagard tu t’enfonces. Ce mal atroce dont tu souffres Aux mains d’orties, aux dents de ronce, Ce vautour qui rejoue avec Toi le drame de Prométhée Tu sais où il trempe son bec, D’où surgit le pus sécrété : Orgueil blessé, amour perdu. Les deux s’épaulent, se chevauchent, S’épient, bataillent, s’évertuent A réclamer leur tour de chauffe. Ils sont à eux seuls l’armada Parfaite, quasi invincible, Valent mille Torquemada Et ne ratent jamais leur cible. Pourtant tu vois, je te l’intime Tout moment à son apogée Son plafond, son sommet, son cime Le menant à son hypogée, Son sépulcre, son trou, sa tombe. Oui tout s’efface, tout s'occis, Tout se décompose, tout tombe. La douleur trépasse elle aussi. Tes nuits reformeront des nuits ; Tes jours rattraperont leur cours ; Tu goûteras même l’ennui, Pour son plaisir ou son secours. Elle ? Allons donc ! Je t’informe Que tu te perds sur une plaine : Brûle cette figure informe. Je te livre, va, son domaine : Entre l’au revoir et l’adieu Se loge son ombre diffuse ; Dans quelque recoin insidieux Plane sa présence confuse. Je vais t’affirmer autre chose, Tu en seras très étonné : Dans peu, l’affaire sera close. Ce spectre sera cantonné, Cloitré, muselé, contenu Tel un cheval pris au lasso. Je te dis la vérité nue. Indifférent à ses assauts, Tu ne craindras plus ses sacs ; Affranchi, enfin à labri Des remugles de son ressac, Tu te déblayeras des débris Torpide de ta vie d’antan Dissous en écume vétille. J’en resterais là en mentant Sur ces lendemains qui scintillent, Si je négligeais d’apporter Un léger bémol tout de même A cette harmonie colportée : Tu n’en sortiras pas indemne, Pérorant sur un char narquois. Croiras-tu ton cœur amnésique ? « Ton cœur qui bat pour qui pour quoi ? » Tu connais l’air et la musique, La rengaine de la chanson. La survie réclame sa note Elle aussi, son dû, sar rançon Avec la foi d’une dévote. Tu proscriras les mouvements De ce cœur las en asthénie. Tu banniras ses battements, Les rejetant jusqu’au déni. Tu ne joueras plus l’équivoque Et lamineras un sourire. On te verra dur comme un roc ; Sur toi rien n’aura d’empire. Le désir tu le toiseras ; Tu ne t’abandonneras plus. C’est le prix. Quand tu croiseras Une femme qui t’auras plu, Tu réfréneras ton élan, Tu dénonceras l’imposture, Annihileras ton allant Pour cette vilaine figure, Cette silhouette bossue. Tu te forceras à louper Cette douceur entraperçue Dans sa démarche chaloupée. Oui, je sais : au premier abord, C’est verser un tribut bien lourd Pour consacrer un triste sort. Garde-toi d’un regard trop court Ou d’un myope visionnage ! L’œil est souvent incompétent Qui ne dépasse pas l’image. Rappelle-toi donc que le temps Est juste : S’il prend, il rembourse Sa créance aux êtres qui savent Attendre et respecter sa course. Lui seul limera tes entraves, Et absorbera tes brulures. Par cols, par sentes, par étapes Lentement ou a tout allure, Il fixe le rythme et le cap. Je peux te parler de la sorte. Entends-moi, je te suis de près. Car j’ai franchi les mêmes portes : Je suis toi quelques moi après.
  31. 5 points
    Un jour sur les joues d’aubes enfantines, Quand le silence jettera son encre d’écume, Je viendrai déposer un dernier baiser Et la rumeur qu’enfantent les vents pressés Se fera douce et d’une clarté sereine. Tu remonteras d’où je suis venu, D'où je meurs, d'où j’ai haï parfois.
  32. 5 points
    On ne m’y reprendra plus, non, non, non ! J’ai compris, tout saisi la chose en entier. J’ai lambiné, escargoté sur ces salades, Mais j’y suis, terminé de gober la becquée. Maintenant ce sera non : je dirai oui Mais ce sera un oui-non ou un non-oui Ils ne chopperont pas l’embrouille sur le coup. Je vais les avoir à la surprise, jésuiterai pas Ça va être massacre à la tronche heureuse. Le temps qu’ils câblent, ce sera trop tard : Ils auront cru le oui et c’est le non qui les aura cuits. Le oui c’est une rose qui se fane vite ; Le non c’est du cactus bien têtu. Je tiendrai bon, les crocs dans les mots laids, Je ne lâcherai rien, aucun quartier, tout en bloc. Et quand je me ferai gauler, je bâtonnerai. Oh, il peut se pointer le curé de la raison, le père OK, Je suis prêt à jouer à cache-cache dans son église ; J’ai le souffle le long et de la fuite dans les idées. On verra s’il tient la déroute l’asthmatique ravi. Faudrait déjà qu’il me déloge de mon refuge refus. Je suis muraillé confort, édredronné en troupe ! De quoi tenir debout le siège sous mon pavillon Du N-O-N flottant fièrement au vent contraire. J’ai des vivres, des rations pour chacun : Tous ces non enfouis que j’ai conservés et stockés, Et mes silences coupables prêts à se racheter et se sacrifier. Ça va faire du bruit, du ramdam nom de non. Qu’ils ne cherchent pas à m’enfumer non plus, Avec leurs diplomates, les misters Yes assermenteurs, Les bavards du compromis, les traiteurs de traités, Les Talleyrand du peut être qui ne quittent jamais le oui. Je ne parlementerai pas, je les éclabousserai de silence. Inutile de me mettre dans les pattes les Mata-à -oui : Je ne me laisserai pas embobiner par les charmeuses, Les aguicheuses, les señoritas ou donzellas du Si, Dames optimes masquées, agents doubles du conformisme. Je sais bien comment ça va finir. C’est du recraché. Ils m’englueront dans la dinguerie poisse, Portraituré en torturé divagueur idiot, Hurluberlu incohérent, dépressif perpétuel ; J’aurai droit au tarif groupé dans le catalogue jobard. Calme-isolez moi dans la folie, ça me va, je prends. Moi je sais que c’est eux qui sont normaux.
  33. 5 points
    Aucune parole ne pourra s'approcher De l'infini du ciel et de l'éternité ! Même l'instant présent recouvert de dorures N'est qu'une esquisse imparfaite, un trompe l'œil habile Pour masquer le mystère, Sous des airs de trompette triomphants et joyeux, Un coin du voile mystique tente de nous séduire, Mais c'est ailleurs qu'il faut chercher la source vive, La main offerte, le désir plein d'ardeur, C'est ailleurs qu'il faut se convertir ! , hors des chemins connus, Oser le chant réciproque de l'âme pour faire reculer le néant, C'est ailleurs que le soleil éclaire nos vies de passants démunis.
  34. 5 points
    Je voudrais habiter tes souvenirs Quand tu allais, col Claudine et Vichy Jouant sur le pavé les hétaïres Timide, de ton pas irréfléchi … Tes quinze-vingt ans d’herbe tendre et folle A rêver les hommes Ivanhoé Une Noëlle aux quatre vents luciole Sur un vélosolex Janique Aimé … Je voudrais te rencontrer dans ces livres Que tu arpentais les étés Sagan Quand tes jambes rendaient les garçons ivres J’aurais été sur un banc, élégant … Te cherchant dans les dunes du regard Feuilletant un Roger Martin du Gard ***
  35. 5 points
    La journée est pesante sur la terre durcie, Je monte, le dos courbé, parmi les épineux, À cause des tourments sous mon front chagrineux De leurs tiges griffues à peine me soucie. Pas à pas, lentement, dans les feuilles roussies, J’arrive au belvédère, sous les nuages en feu. Dans le soir approchant, assoupie, bras en creux, Des rêves enveloppent mes tempes adoucies. Une forme trapue à l’horizon lointain Dessine vaguement son contour incertain, D’un galion perdu est-ce la silhouette ? Dans ses flans rebondis il renferme un trésor : Le cœur de mon aimé bien plus cher que de l’or, Que j’appelle ici bas en prière muette…
  36. 5 points
    Ne regardez plus le fleuve Cela fait déjà bien longtemps Que le reflet s’est évanoui Avec la senteur de la terre Qui cruellement trésaille C’est à force de persévérance De naître et de disparaître Que le prisme du désir Assomme le chemin de l’aurore Pourquoi offrir l’ouvrage en sacrifice Sans se retourner Comme si demain n’existerait pas Ni demain Ni nulle part ailleurs Le fatalisme n’est pas de mise Et les fleurs nous sont comptées Pour hériter d’un éternel firmament.
  37. 5 points
    Je brave la savane éparpillée en quadrupède de fortune, parmi les cubes empilés, un dessin de clair de lune. Où est passé le tatapome ? Je n'en connais ni l'apparence, ni l'origine, mais du sommet de ses trois pommes, elle le réclame, elle me bassine ! Ses petites lèvres toutes sucrées me chatouillent la volonté. J'abdique, noyée sous le flot de ses baisers, je reprends mon inspection acharnée. La chasse à la bête extraordinaire et mes efforts spectaculaires, n'apaisent en rien le mini-tyran qui réclame son tatapome, aux reliques de mes tympans. J'interroge la Commedia dell'arte, Arlequin n'y est pour rien, Polichinelle se fait la belle, Scaramouche se cache chez les Lyonnais, Guignol et Gnafron. Toujours pas de tatapome... Madame Quiquenet alertée, met de l'ordre en coulisses, rendant à César son Ave, et à Napoléon son juron. La caserne et la fusée toutes deux implantées, aux frontières imaginaires d'une Afrique colonisée par le Schtroumpf costaud, la Schtroumpfette et Gargamel. Des légos abandonnés glissent sournoisement sous le canapé, pas de tatapome... De grosses larmes viennent inonder des joujoux alternatifs, des doudous compréhensifs me regardent avec des pupilles de savants-télépathes. Je vais périr de ce naufrage. Soudain, la fée Orthophonie me prenant en pitié, articule de sa baguette, une formule qui contrepet. Le tatapome se popotame, Mes oreilles n'en croient pas leurs yeux, Jadis la chimère amphibie est aujourd'hui le mammifère posé sur l'étagère. À Anoushka...
  38. 5 points
    Le désir tangue, oui, viens, écossons nos frissons, Le vent frémit de toi et surprend l'horizon A craqueler la mer d'où se gerce la lune. Cambre-toi! Goélette embardée d'épiderme hibiscus, Deux voiles à languir, Aphrodite et Bacchus, Te stimulent soudain d'un délice d'écume. Cambre-toi! Badiane éperdue, ton corps sur l'océan... Un arc au fil de l'eau, soupirs et sillons blancs, Tire à flèche d'anis et calque les étoiles. Cambre-toi! Irruptions à fleur d'eau d'un joug flibustier, Dessaisie des torpeurs, la vague en bustier Par la houle t'absout d'un salto boréal. Cambre-toi! J'aime en toi la salve de tes seins, jeunes mousses, Barreurs, debout, dressés, pointés sur la Grand Ourse, Quand la proue vient percer la fumée des résines. Cambre-toi! Prise par les Tritons, nue, prends garde aux sirènes, Goéland éjecté par la queue des baleines, Tu retombes plus loin sur la lame marine. Cambre-toi! Je te retiens au vent, mon cœur à l'abordage; Quand bascule ton front dans les flots exégètes, Tes cheveux déployés tels des filets se jettent S'égouttant sur le pont, étendoir à nuages. Cambre-toi! Et je passe mes mains sous ta coque flexible, L'ancre nous a scellé à nos jeux infaillibles, Et nos doigts s'unissant à la pêche fantôme, Tu remontes à tes reins crabes et anémones. Cambre-toi! Vois, le rivage au loin, un jardin, des collines, Des tons bien plus changeants, un port, celui de Smyrne, Déjà tu te languis à te mouvoir plus belle. Cambre-toi! Un balconnet renaît de ses roses perdues, Sa treille s'entortille à tes membres tendus, Avril grappé d'ardeurs fait rougir tes aisselles. Cambre-toi! S'avivent les oiseaux au cocktail des abeilles. Tremblant d'âme et de corps et anse à ma corbeille, Bouche-baies tu gémis entre stupre et stupeur. Cambre-toi! La tonnelle loue l'ombre et les rayons captifs, Les œillets, les iris, et les lilas lascifs, Incarnent sur ton ventre un banquet pour noceur. Cambre-toi! Et je m'en vais flâner coursé par tes lianes, J'entrouvre ton bassin, agachon pour Diane, M'offrant un peu plus haut son beau plateau d'agrumes. Cambre-toi! Je les presse empressé en pressentant ces proies, Fruits choyés du Levant aussi mûrs que l'émoi, Aussi chauds des tétons que mon dard rouge enclume. Cambre-toi! Sous l'arcade, à l'abri, des violettes fautent, Des brèves de catins, de la prose Rimmel; Un ruisseau vient chanter s'écartant sur tes ailes Puis revient au secret empli de jolies notes. Cambre-toi! Je te retiens encor', je reviens à tes seins, Puis à ton nombril, marche, avant le grand tremplin Qui me propulse en toi, des reins jusqu'à ta bouche Pour monder nos baisers un par un à la louche. Cambre-toi! Prends, ailleurs, près des monts, ta source aux galets d'or, Rejoins-moi, regagnons, le torrent Messidor, Ô jets de cascatelle au vapeur de mesclun! Cambre-toi! Ô val audacieux qui tonne à l'échancrure! Dans sa saga creusée à l'ubac des tortures, Tu éclabousses au rut entre râle et embrun! Cambre-toi! Inaccessible endroit! Danger pour l'acrobate! Une crique aux lutins dans son siphon m'épate Me laissant deviner la halle aux tubéreuses. Cambre-toi! Sous ta voûte endiablée par le cri des ténèbres, Le soleil se transforme en sorcier sans vertèbres Qui danse et jette au feu des bûches sirupeuses. Cambre-toi! Feuilletée tour à tour en effleurant tes pages Ou copeau impulsif rétif au rabot sage, Tu sens venir vers toi une étrange impression. Cambre-toi! Maculée d'un plaisir révulsé mille fois, De fiel en élixir, hérissée par le froid, Notre tendre agonie prépare l'immersion. Cambre-toi! Jeune vigne en coteau, onguent sur tes versants, Fertile contrée d'or, les blés pour du pain blanc, Caracolent d'un mal, éboulis d'ambre, quand, Quelque secousse en toi éructe et te disloque. Cambre-toi! Séisme et jouissance aux cimes enfumées, Fendillement d'orgasme ainsi catapulté, Sur la lave en fusion, ma furie des trachées, S'extirpe du démon, d'un volcan ventriloque!... Cambre-moi!
  39. 5 points
    J'habite un manoir, sur un lac gelé où un empire se mire, noir et doré. Un monde de miroirs dans une chambre étriquée où un empire expire, doré et noir. les mains dans les moufles les pieds dans les patins je n'ai plus que ma bouche qui parle à mes mains le souvenir s'essouffle … il gèlera encore demain. Me reviennent ces hauts sapins d'hiver sur les pentes abruptes blanchies à la chaux, une fente de lumière, des noëls gracieux avec des parfums lourds et légers comme des cadeaux. En levant les yeux plus haut, sur le ciel clair, où des nuages peureux frissonnent encore comme des songes éphémères, j'ai vu l'avril sur les toits où les oiseaux picorent en attendant la nuit au fond du square brille encore un réverbère majestueux comme un cauchemar c'est l'heure de changer de dortoir Et puis toi, derrière le miroir, comme une ombre dans le couloir un visage superposé au mien comme un reflet bleu de sapin bien au-delà du tain le miroir se brise te voilà reparti pour sept ans de malheur balance ta valise pleine de vides garde le lac gelé au fond de tes yeux ils sont si bleus dans le reflet des vitres de ce train qui t'emmène au-delà du miroir tu entrevois le bonheur va-t-il t'attendre à cet arrêt ? Le temps ne compte pas le cadran de ta montre est fêlé les aiguilles sont arrêtées elles patinent d'impatience sur le lac gelé du temps qui n'a pas d'importance tu m'attends sur un quai de gare sans rendez-vous il est tôt, il est tard ou peut-être encore temps .. ? j'en ai marre d'avoir froid je n'ai pas réfléchi, tu n'as pas réfléchi nous ne sommes pas de glace, gare à nous ! je mangerais bien une glace sur le quai, à midi, en pleine lumière une glace qui fond, éphémère dans le chocolat de tes yeux toi derrière le miroir ou ton reflet, comme une lumière pour m'apaiser ai-je rêvé ta présence à mes côtés ? Les manoirs sont toujours hantés. Le lac continue de geler les fantômes sont des espèces protégées dans l'impitoyable fontaine les larmes continuent de couler … Le train est arrivé. Tu es là, sur ce quai brillant comme un miroir, et au fond de tes yeux je vois mon reflet. (J.E – avril 2019)
  40. 5 points
    Dessillement Le feulement du silence, écume d’un soleil rouge, la nuit semble se dissoudre. Naissance d’inaudibles rumeurs ; l’étonnement sur la lampe du jour, plafond parcouru d’insectes, froissement d’ailes, déchirure translucide dans l’énervement des doigts, refus des lignes tracées. Des voix lointaines se heurtent à la mouvance des dunes, aux grillages lumière à demi brisée, comme un appel aux ancrages de l’âme. Souvenance du silence, louange des mains sur la rugosité de l’arbre... Et l’eau chante l’appel de la soif. Désert, désir du chant, des psalmodies rythmées aux palpitations de peau sous l’orage corail du sang. Louange de la peur à l’œil du félin qui tire la griffe, nacre acérée, reflétée dans le coquillage au souvenir de mer. Et le vent violent visite l’automne de l’arbre, effleure le sexe des feuilles frémissantes au chant de leur brisure. Un peuple d’oiseaux s’éparpille, jette myriades de cris vers les touffes d’oxygène ; l’eau devient trop lourde aux outres poreuses des nuages. La pluie pleure le mercure tiède d’un été mourant, ouvrant à peine ses yeux brumeux vers les glaciers, où dorment les songes comme au bois dormant. La louange se love aux graines du mystère, se pose durement dans l’âme des prophétesses... La louange s’allume au creux de l’ombre où demeure la Présence, rubis de pourpre à l’aurore du monde !
  41. 5 points
    J’ai brisé le sablier du temps Égaré ma seconde d’éternité Il me faudra bien une autre perpétuité À courir les plaines désertes Pour la chercher Ainsi soit-il. J’ai perdu le nord La tête, le cœur et le ponant J’ai perdu encore Plus que ton corps Tout mon occident Ainsi soit-il. Je chercherai dans l’eau vive des tombeaux Dans les pierres froides des ruisseaux Dans le glacis des errances le souffle de tes derniers mots La chaleur de tes derniers flots Ainsi soit-il. Tu es dans les regards d’enfants Tu es dans le rire des moineaux Tu es dans la main qui se tend Tu es dans mon crédo Confíteor Deo omnipoténti Ainsi soit-il. Tu n’auras jamais le silence de Dieu Tu ne seras jamais ni le corps ni le sang Donné à la multitude Parce que je demeure sans rémission De mes péchés Ainsi soit-il. Mes larmes sont tes vitraux Mon cri ta voûte Mon corps ta nef Mes ongles griffent l’amertume du regret Quand les bras m’en tombent Ainsi soit-il. Demain sera cathédrale Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, mes dimanches Samedi me dira où repose ton jouir J’en ferai le gisant de porphyre En criant : Dieu est mort ! Ainsi soit-il. Jadis couche avec déjà Adieu baise avec reviens Je fais du temps une partouze Où bons apôtres ils sont douze À faire ripaille des tripailles de mon dégoût Ainsi soit-il. Sculptés dans la pierre de Jaumont Un ange au regard cave, une gargouille à la langue qui pend Gravés dans la fuite des ans Princesse des deux lunes et son voyou gitan Ils parcheminent leur vélin de sang Ainsi soit-il. Quand tout sera poussière Et mémoire détissée L’arpège de nos bières De lierre et de lys blancs Sera la rivière où viendront rêver tous les amants Amen.
  42. 5 points
    Tu fais labour comme personne... Je moissonne un soupir dans la plaine impatiente Distribue à la terre un grain d'envie latente. Le sillon de ta peau accueille mon épi, Désaltère ma soif au rêve de ton puits... j'aime t'entendre me dire tu fais labour comme personne... Je sème d’est en ouest tes collines vestales Arrose chaudement les frissons étourdis, Et le mistral soufflé par l’envie animale Attise le feu des soupirs esbaudis… j'aime t'entendre me dire tu fais labour comme personne... Je tracte un abandon sur deux berges goulues, Dépose la rosée au suave bonbon… La nuit a vu parmi ses ombres farfelues L’aval glissant le val pour épouser l’amont ! j'aime t'entendre me dire tu fais labour comme personne... Tu promets une vigne aux fruits apyrènes, Je bois ce pur nectar en toute dé-raisin ! Enre mes doigts rougis une liqueur s’égrène : L’ambroisie attendue au détour des câlins ! j'aime t'entendre me dire tu fais labour comme personne... tu fais labour comme personne…
  43. 5 points
    Lune blanche, arbres frissonnants, L'ombre chinoise de ta silhouette Habille la clairière et pirouette Dans des reflets d'argent, Les hautes herbes du pré Grésillent de grillons Tu ouvres un blanc sillon, La brise adoucit la chaleur de l'été. Ta main lente et sensuelle Dénouant ses attaches Lentement se détache Ta robe sans bretelles Langoureuse caresse Elle glisse sur tes reins Tu laisses errer ta main Sur eux, tout en tendresse Suavement se déhousse Ton corps dans son entier, Mais recouvre tes pieds Qui dansent sur la mousse.
  44. 5 points
    Sordide nuit sans transparence, où le clocher au ventre cuivré devance de quelques secondes, les regards qui se ferment derrière les portes, tandis que les clés tournent des têtes aux traversins greffés, aux oreilles en plumes d'autruche. L'ange aux pieds nus et aux pupilles dévastatrices abrite en un même brun, grâce et désespoir, ombre et lumière. L'enfant disparaît à l'utérus du monde et ne boit plus le lait de l'humanité, il dépose le sac, la colle et la rue dans des rêves colorés, les grands sont des géants naviguant sur des drakkars volants, ils ont des mains de mille dieux, et chaussent des bottes de mille lieux, pour lui offrir en guise de bouclier, de tendres baisers. Le ciel couvre les songes d'une douce laine de nuage. Il dort sur le perron d'une église protectrice, comme si la foi parfois, prenait le pas sur la misère. Le pas cette nuit est celui des ténébres, Voici venir l'infâme, le croque-mitaine en escadron, la mort en barillet. La milice porte le drame et fauche. Que ce noir m'est inconnu, si profond qu'il engloutit l'âme d'un enfant endormi. Demain le silence Sera la fleur terne, le fruit amer, l'eau croupie, le chien ne comprenant plus son humain, Les yeux noyant leurs larmes, dans des coeurs reniant leurs noms. Le vide cruel voudra oublier Qu'il fut un jour l'homme. Dans la nuit du 23 juillet 1993, un groupe d'hommes encagoulés a ouvert le feu sur une cinquantaine d'enfants des rues qui dormaient sur les marches de l'église de Candelária, à Rio de Janeiro. Huit garçons et filles ont trouvé la mort. (Amnesty international)
  45. 5 points
    Combat Dans mon cœur Se meut Un coton de chaleur. Bouge et palpite Je me Sens de dynamite ! Dans mes veines s'exhale un parfum de tendresse Un parfum de passion pour toi belle déesse S'échappent de mes mains le son d'une caresse Et la vague fraîcheur d'une belle promesse... Dans mon cœur S'échauffe Un nid plein de douceur. S'ouvre et s'ébat L'étoffe Rougit d'haut en bas ! Que tu puisses venir arroser l'abondance D'un feu qui volontiers se permet redondance Que tu puisses chanter ma folie ma démence Et que tout près de moi tu fignoles ta danse... Dans mon cœur S'ébroue Le drap blanc de bonheur. Crève le froid Le trou ! Dont j'étais la proie ! Que tu viennes enfin chargée de ta tendresse Dénudée de tourments et de quelconque stress Laisse‑moi t'enlever dans ton lit d'innocence Recouvert de parfum et de drôle d'essence ! Dans mon cœur Sourit Un berceau cajoleur. Chante le jour, La nuit ! Tout mon grand Amour !
  46. 5 points
    Amours papillonnants , chers à l adolescence , Sous vos ailes graciles , que d' extases à venir ! Chrysalides florales où nous irons cueillir d' exquises fleurs diaphanes ,tendres opalescences ... J' aimais lire sur tes lèvres ,d' aimables crispations. Mais tes yeux affolés révélaient des naufrages. Ton sommeil agité en était le présage : Le désespoir couvait sous de sourdes pulsions. Princesse obsidionale, condamnée à errer sur des contrées où nul n' y pourrait te rejoindre; ivre de solitude, j' ai rêvé pour t' atteindre, de fouler ces rivages où tu vivais prostrée. Un Cercle veillait sur ce monde asymétrique. La poésie s'offrait en bouquets d' hyperboles . d' élégantes spirales s' opposaient aux symboles d' une géométrie froide et labyrinthique. Moi, losange déchu entouré d' isocèles, sais qu'au milieu du gué, Il faut choisir son camp. Chaque pas en arrière est une fuite en avant. Le triangle est gardien d' un monde parallèle. La vie après la mort ,(existait-t-elle avant...?) Honni soit qui espère, ce monde est imposture. Pour avoir ignorer sa froide quadrature, l' amour humain repose sur des sables mouvants.
  47. 5 points
    dans ce petit bazar qui ne paye pas de mine on trouve de tout j'aime à m'y perdre avec mon grand panier vide j'y ai trouvé un clair de lune cassé un rayon de soleil refroidi un éclat de rire trois larmes des fleurs fanées une tulipe toute nue un miroir sans réflexion un genou sans réflexe une photo avec juste un prénom un livre sans début, un morceau de parquet qu'un grand vizir avait foulé … en fouillant bien j'ai même trouvé la fin du livre sans début un élastique vert deux feuilles de chêne un parfum de santal enfermé dans un sachet une bulle d'amour oubliée au rayon des mouchoirs. Au rayon des épices j'ai trouvé le bonheur j'ai laissé mon calice j'y ai trouvé un cœur. Dans ce petit bazar qui ne paye pas de mine on trouve de tout Et je m'y perds … (J.E. Mars 2019)
  48. 5 points
    La menthe s'éveille au petit bois où les violettes bâillent, emplies d'émoi les couleurs s'éparpillent le musée est ouvert ! Les senteurs dansent le quadrille sur les grands prés verts les palmes se tendent au-delà des ruisseaux des fleurs de légende rosissent dans leurs flots. Les sources sont d'eau claire, jaillissantes en cascades de larmes. Les yeux de la batelière reflètent des exils pleins de charme. Et tout ce ciel qui s'étire sur les rêves endormis propose un nouvel empire aux bouches endolories elles s’entr’ouvrent aux arbres roses. Le ventre des collines se pare d'or, avec des je t'aime qui se déposent sur le bec des oiseaux en plein essor et puis s'ouvrent tout en grand, donnent des baisers chauds avant l'été. La sève monte, c'est le printemps … et si nous nous en allions Aimer ? Le bal a commencé adieu les as de pique les dés sont jetés sur la piste fleurie naît la musique le noir est emporté Les bourgeons turgescents au petit bois emplis de sève et d'hémoglobine baillent de réveil et d'émoi. Avec l'Amour, point ne badine ! (J.E. Mars 2019 ) (photo perso.)
  49. 5 points
    Au printemps Dans les champs, Il est temps ! On entend Le grand vent, Annonçant Les amants De l’été. Et l’été, Les beaux blés Assoiffés Mais dorés, Sont coupés, Engrangés Au grenier, Pour l’automne. C’est l’automne Monotone Qui frisonne, Nous étonne Car il tonne Et ronchonne, « L’heure sonne Pour l’hiver ». Et l’hiver, Dans la terre De ma serre, On se sert, Pour me faire Tout de vert, Les prim’vères Du printemps. Un an !
  50. 5 points
    Pétris par l’absence, ces lendemains hasardeux, Toutes ces nuits à reconstruire inlassablement Quand le cœur bat trop fort, mais à contre-courant, Tant de paroles, de visages si douloureux. Ravivés en de vagues pensées, vos sourires, Ce geste banal que vous faisiez de la main, Ces quelques regards complices perdus en chemin, Ce trop vieux paysage avec ses soupirs. J’ai tant de fois jeté mes genoux à terre, Les yeux brouillés d’une fontaine de je t’aime, Posé mes lèvres sur des fronts de bohème, Cherché dans les plis du temps l’aube prisonnière, Tout ceux à qui d’un geste j’ai dit au revoir Mais qui ne se sont hélas jamais retournés. Aux horloges de ces heures, ces fleurs fanées, J’ai dû alors mourir souvent de désespoir Et sur la douce apesanteur de vos cheveux, Votre main en allée aux caprices des vents Où va sur vos tempes roses comme un battement, Bâtir l’inaccessible d’un songe courageux, Puis partir dans tes bras sombres, Ô fille brune, M’enivrer d’un poison, de tes lèvres pales, Te serrer très fort sous ton funèbre châle Et ne plus verser de larmes d’infortune. 21/03/2019

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