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Popular Content

Showing content with the highest reputation since 01/27/2020 in all areas

  1. 18 points
    Je connais des printemps plus violents que l'hiver, La sève empoisonnée pour une fin du monde Où l'amour et la mort dans une folle ronde S'enracinent au sol patati pataterre. Moi, votre alter ego d'une vie nécrosée Par la faim et la soif d'une autre apocalypse — Foutre mur argileux privé d'ocre et de gypse — Je sens que tout défaille en proie à la nausée. Ne reste que la peur quand l'angoisse s'éteint D'avoir oblitéré la charogne à venir, For le souffle du vent et ma main qui t'étreint, Ôtant tes falbalas toujours de mauvais goût, Et pourtant ton parfum sans l'ombre d'un soupir Nous transporte un instant en l'ailleurs du dégoût.
  2. 17 points
    Dans la froidure des grandes villes dortoirs, Jusque dans les ruelles aux poumons bétonnés, Je traîne mon spleen, épave mélancolique, Au bout d'une laisse toute de cuir décoloré. Dans l'air flotte une odeur de nuages évaporés. Entre les lumières exsangues de lampadaires falots Il peut se mesurer jusqu'à l'extension des silences. La ferraille nocturne gémit sous mon pas traînant. Alors que j'avance le long de façades indifférentes, Des rêves floutés crépitent sur les trottoirs. Dans le caniveau écument des reflets séléniens Comme pour cacher ces éclats d'attentes brisées. Sous les ombres des vacarmes nocturnes, Las de moissonner en vain des champs d'étoiles, Fatigué de trébucher dans ces haillons de suie, Je me suis assoupi sur la margelle de mon existence.
  3. 15 points
    Je suis née sans grand bruit d'un linceul de rêves et le soleil d'ambre baise à nouveau ma terre j'ai démêlé mes peurs pour que s'ouvre la fleur sous le miel bouillonnant je cherche pour y dormir un flanc chaud et profond un coeur dont j'apprendrai les plis les plus secrets un beau front tendre et frais où reposer mes lèvres dans un calme abandon
  4. 14 points
    Tu es la soie de la brume elle écharpe mon épaule Même dans le silence où se déchirent les cris Tu es le vert celui de la pomme Il niche dans tes yeux diamants propres à tailler les miroirs Tu es la promesse faite au monde le serment que les enfants croient éternel La vérité saigne par tes dents celles là déchirent les replis du serpent Tu es ce qui me tient, ce qui me tue ce souffle d'un rien quand je viens dans ta rue L'aube blessant l'envie du matin hanté du rêve qui rêve qu'il revient Tu es la mort annoncée et le baiser d'une rose la larme fanée fendant la couperose Tu es la vie qui promet, le sable lié la virgule du regret, le regard du hunier Tu es opprobre et mausolée marbre sanguin aux nervures corail Le tombeau et le berceau par lesquels je suis né tu me feras poussière et poussière je serai De t'avoir tant aimée au jardin d'Eden d'avoir pleuré tant et si bien Qu'un fleuve est né souverain à fleurir mon désert d'un chemin
  5. 13 points
    Lorsque le ciel brouillon s’épaissit et se grise, ne retenant des monts, des traverses, des vals que de vagues contours, le besoin primordial de chaque bouffée d’air retrouve son emprise. Le souffle se fait court et la bouche s’entrouvre, tandis que les chemins se fondent, nébuleux, en une voie sans rive aux écueils anguleux, qu’une opacité dense obscurcit et recouvre. Le superflu s’enfuit avec la transparence, débarrassant les sens de leurs vains oripeaux et l’esprit, profitant de l’étrange repos, s’épanouit au sein de sa simple existence. Puis la lumière choit sur le temps à genoux et le ciel cathédrale, où le poids des prières des épaules s’envole en perpendiculaires, murmure à l’horizon « ô vivre, que c’est doux ».
  6. 13 points
    L’appliqué Je suis l’appliqué de l’appli, J’entreprends et je fais et avant m’organise, mon écran, mon vélo, seulement deux outils, voilà mon entreprise, mes yeux pour regarder mes muscles intrépides dans de puissants mollets. Je livre le chaud, le froid, les jus et même le liquide je cours sur les pavés, sur l’asphalte, je roule, Je suis l’appliqué de l’appli, Je ne suis que rapide. Je livre, je livre, et tous les jours, je livre. Voilà un beau métier. Un numéro, une page, me voilà autonome libre et responsable, civique et appliqué au service du clic le pouce au garde à vous j’ai traversé la rue pour ne rien quémander je paye ma gabelle quand je touche quelque euro un à un quelques points quand je peux pédaler. Je suis l’appliqué de l’appli, Je ne suis que rapide. Je livre, je livre, et tous les jours, je livre. Voilà un vrai métier. Mon vélo droit aux pieds, j’attends seul dans la rue, au gel, au chaud, au sec, au vent ou à la pluie saisis vite sur l’écran l’adresse indiquée par celui qui est pressé d’avaler dans sa boite la pitance de l'esclave d’un robot asservi à une plateforme par un clic d’inconnue. Je suis l’appliqué de l’appli, Je ne suis que rapide. Je livre, je livre, et tous les jours, je livre. Et voilà mon métier. Dans les hauts escaliers, je grimpe et je souffle je sonne et je donne, échange deux clics d’euros sans regard ni poignée, essoufflé, je dévale rivé sur mon guidon conquérant de la rue j’enjambe les trottoirs et brûle chaque feu pour rechercher le spot chaque digit compté. Je suis l’appliqué de l’appli, Je ne suis que rapide. Je livre, je livre, et tous les jours, je livre. Voilà un dur métier. A ma trentième course, hagard et épuisé, j’ai traversé la rue, m’a-t-on dit, le salut un jour pas comme un autre et ma roue éclatée j’ai fracassé mon cadre, mes os au carrefour, mon écran bleu sans signe, la croix rouge en secours, mon appli silencieuse, sans course et sans euros. Je suis dyssocial de l’appli, Je ne suis plus rapide. Je suis libre, libre, je suis seul, estropié. Sans droit dans ce métier. Sans employeur, bien abusé, je suis atome du macadam précaire des métiers pour personne, sans point de mire, les fins de mois avec mépris , ma pensée égarée dans un siècle ancien, tâcheron minuscule d’invisibles plateformes pour de discrets profits, conquête des algorithmes. Je suis dyssocial de l’appli, Je ne suis qu’immobile. Je suis libre, libre, je suis seul, invalide. Oublié, dans la rue. ________________________ MM / 02 2020
  7. 13 points
    Debout mon petit grain réveille-toi et pousse, comme le fait la mousse à l’abri d’un grand pin. Nourris-toi de la feuille, au profond de la nuit qui en hiver sévit et le sous-bois endeuille. Allez, prends donc racine, et tel un champignon caché par un vieux tronc, dans cette terre fine en silence survis. Accepte la pénombre quand les jours tu dénombres, puis au printemps, surgis ! Grandis, lance une branche vers le ciel azuré et consens au baiser du soleil qui s’épanche. L’été n’est pas si loin ; le sens-tu qui arrive dans ce bleu qui ravive la couleur du sainfoin ? Fleuris, mon petit grain, ne sois pas si timide, car sur ce champ aride un automne certain viendra bientôt s’étendre et les gelées auront de ta souche raison si tu t’y laisses prendre.
  8. 13 points
    Tel est ton visage Allongée, tu es là sans rien dire, impénétrable comme des gouffres sans fin, dans le calme d’un jour qui s’étire. Ton visage n’est pas celui des défunts, il est celui des douleurs, des vertiges, apportant des parfums sombres, et d’étranges fleurs sur leurs tiges se courbant mollement sur leurs ombres. Il est celui de pâles sanglots voilant à peine le silence, et d’inutiles mots, tant le vide est immense. Il est celui des adieux déchirés, d’un baiser froid, de mains serrant un chapelet qui court entre les doigts. Il est celui d’une berge, et toi de l’autre côté, laissant son noir cortège s’évanouir, muet. Il est celui de l’absence insupportable, celui de draps qui s’ennuient, d’une assiette en moins sur la table, d’une simple photo jaunie.
  9. 12 points
    AURORE Les phares d'une auto déchirant la pénombre, sculptaient dans les ténèbres un grand théâtre d'ombres, fantômes qu'habillaient guenilles et haillons. Faut-il croire en ce Ciel,le seul que nous ayons ? Quand se dissipera la fumée des chandelles seul dans l'obscurité d'un azur sans étoiles la poésie sera la langue dans laquelle J'appellerai la muse afin que se dévoile l'aurore au doux visage qui de son œil vibrant tirera sur la nuit le blanc rideau des rêves, laissant les âmes vagues et l'horizon tremblant dans la pale clarté du matin qui se lève. Aux premières lueurs quand s'éveille la terre, que les ombres s'enfuient et qu'on voit l'aube poindre, vient l'instant où se croisent les lignes de lumière et les lignes de vie sans jamais se rejoindre. Un halo lumineux s'empare des fenêtres où les rideaux lui font un habit de dentelles; se pose sur nos fronts avant de disparaître dans un ciel vaste et beau où l'âme est éternelle (GB.21.02.2020 )Poème offert à @Charles Boveaud
  10. 12 points
    Aux râles des nuits lugubres les oiseaux sursautent en haut de l'échelle, empaillés au grenier ils effraient d'autres oiseaux ceux qui viennent de la tempête les girouettes grincent des dents à travers un interstice une étoile brille un phare, peut-être, pour éviter les écueils, ou un arbre roussi d'écureuils. (J.E. Février 2020)
  11. 12 points
    Gabriel Montigny

    K.

    µµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµ Je puise et je m’épuise Aux Orphées de la nuit Des rêves qui se brisent En d’étranges saillies Je roule et je m’enroule En roue d’Ezéchiel La chrysolithe coule Sur les larmes du ciel La Genèse s’écrit Sur le pourtour d’un œuf Séphiroth retranscrit Couronne d’un plus neuf Car l’harmonie de l’être S’exprime par les nombres L’Un divisé fait naître Et le monde et ses ombres L’ombre idéale éclaire L’amphithéâtre vain Lucifer en enfer Est devenu Malin Bien malin qui peut dire Si le rempart tiendra Dualité de cire Cachet de l’au-de-là Au matin l’hypostase Éclaire le débat En mystiques extases Au repos du Shabbat µµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµ « Vere, Tu es Deus absconditus, « Deus, Israël. » (Isaïe, 45, 15) ——————–
  12. 12 points
    Elle me dit Je sais qu’elle a des ailes./ Et que son vol m’emporte parmi les prés sans fin / et des mers sans rivages. Rafael Alberti Dis-moi des mots sans parler Juste du bout des yeux. Fais-en surgir un requiem Une voix de lumière Un ange de vie, des chœurs ! Qu’ils transcendent le jour En nuit étoilée de je t’aime. Dis-moi des choses convenues Et puis envole-toi vers les cieux. Prend place au creux de la lune Chante-moi une poésie lyrique Des notes syllabiques Comme une ode de cristal. Dis-moi encore des mots Au goût sucré Pimentés de rêves fous De fines bulles de champagne Comme une musique New-Age Comme une bonne nouvelle. Chuchote-moi des baisers inachevés Lovés au cœur de tes lèvres. Aspire au bout de tes doigts Des mots inventés. Caresse ma peau pour qu’ils en disent plus Silencieusement, doucement Comme une étole de soie. Ne dis plus rien, juste ton souffle Comme un écrin de verdure Une clairière oubliée Un alizé échappé Un vol d’oiseaux dansant ; S’il te plait chéri, mon corps Ensauvage-le d’amour !
  13. 12 points
    Il aime être éveillé quand la vie dort encore. Au creux de son silence, au front de son absence, il peut la contempler loin de sa côte accore, balancer des pensées et dessiner des stances. La douce obscurité de sa grâce enveloppe ses rêveries d'un voile, un vernis protecteur. Le soleil le révèle et ses vers s’y achoppent, ses mots valsent bien mieux sans violent projecteur. Il est un temps pour tout, aussi quand l’aube arrive, il se réjouit du jour en rejoignant sa ronde, avec nous il y vague aux nervures des rives, mais au bras de la nuit, il danse, seul au monde.
  14. 11 points
    Là des roseaux coupés s’étalent rectilignes, spectateurs assidus des bûchers dans les vignes. Leurs compères dressés fredonnent au revoir aux ceps qui trop âgés ne seront pas taillés. Ici un figuier nu lentement se balance sur fond bleu en dentelle, une impudique danse qu’ont fuie les hirondelles. J’entends en le croisant qu’il sifflote gaiement « je verdirai bientôt ». Là des arbouses rouges, badinent dans la boue. Le promeneur novice les prend pour un instant pour des fraises sauvages qui de lui se gaussant ont surgi des sentiers à l’écart de l’été. Ici un lit de thym se dessèche toujours alors qu’il a tant plu au cours des derniers jours. Il résiste à mes pas et de mots embaumés me chantonne en craquant « cueille-moi au printemps ». Ici, là et partout, l’hiver pique la peau et piquette les champs de grands amas de blanc. La chaleur est partie, mais la nature rit ; tout se meurt et pourtant tout chante tout le temps.
  15. 11 points
    Toi qui as mal à marcher, Qu'on entend de loin grincer, Car de cartilage a pu Même quand t'es pas d'revue, L'important, c'est l'arthrose L'important, c'est l'arthro o se, crois-moi ! Si l'arthroscopie amère Voit des genoux de pépère ; L'acide hyaluronique, Impuissant, te faire nique, L'important, c'est l'arthrose L'important, c'est l'arthro o se, crois-moi ! Infiltré de cortisone, Pour un temps, tu as la bonne Et saute comme un cabri La haie vive et ta Marie, L'important, c'est l'arthrose L'important, c'est l'arthro o se, crois-moi ! Quand tu sais qu'à la clinique Un chirurgien sadique À la scie et au marteau S'occupera de tes os, L'important, c'est l'arthrose L'important, c'est l'arthro o se, crois-moi ! Maladie nosocomiale, Tu me guettes, peau de balle, Alors je garde ma canne En chantant, malgré la panne, L'important, c'est l'arthrose L'important, c'est l'arthro o se, crois-moi ! La chorale de l'EHPAD, De nos fauteuils — tous en rade — Reprend en chœur ce refrain De ceux qu'attendent la fin, L'important, c'est l'arthrose L'important, c'est l'arthro o se, crois-moi !
  16. 11 points
    J’ai voulu courir J’ai voulu prendre de l’élan J’ai gravi les sommets J’ai lancé des javelots Écouté leur sifflement J’ai crié pour en perdre l’écho Je me suis suspendue aux arbres J’ai construit des balanciers, des échelles, des moulins à vents J’ai semé des haricots, de la magie, des fleurs sauvages J’ai planté des lianes, des ficelles et des catapultes Rien Je suis retenue par ce fil Je suis prisonnière d'une planète qui enterre
  17. 11 points
    J'ai mendié la lumière Quelques bribes de rêves encore sur la joue Là où le soleil ne se lève plus Que pour les balles et la misère J'ai tant prié le ciel Qu'il s'est fendu en deux Tu marchais dans un silence immense Là où l'oiseau ne se pose plus Entre les gravats et les bombes Reste le rire clair d'une enfant Dans la boue et le ventre vide Elle joue là où tu ne sais plus J'ai mendié la lumière Pour l'amour qui ne cesse de s'éteindre J'ai tant prié le ciel Que tu m'es apparu
  18. 11 points
    LACRIMOSA (Je n'ai pas assez d'yeux pour pleurer ) Tout ce qu'un grand ciel gris peut contenir de larmes.... Le jour était pluvieux, l'après-midi maussade; la bruine assez légère, mais persistante et froide. Dans sa chute mouillée dégringolaient les âmes qu'à force d'incartades on expulsait des cieux; comme l'obscurité les cachait à mes yeux les mains que je tendais n'en n'attrapaient aucune et sur ces eaux pluviales où se noyait la lune une lumière triste éclairait un flot sombre. Un firmament éteint se mêlait à la nuit quand de vastes nuées jetaient dans la pénombre tout ce qu'un vaste ciel peut contenir de pluie. En quittant ses éthers, l'eau devenait poussière, et gagnait des faubourgs enténébrés de nuit, que trouaient çà et là les feux d'un réverbère, quand le ciel ruisselait implacable et sans bruit. Une flaque de lune épandait ses clartés; ocelle translucide et rosace de verre où se mirait un ciel liquide et fragmenté, et brillait faiblement son halo de lumière, semblable à un miroir ovale ou circulaire qui poserait sur l'eau un ultime reflet.
  19. 11 points
    L'ombre s'endort à travers les miroirs peuplés de regards bienveillants tu apparais soudain et tu me tends la main la lumière ruisselle le long de nos échines nues nos cris se font silence il bruine sur nos rêves de je t'aime perdus. (J.E.février 2020)
  20. 11 points
    Elle avait la tristesse qu'ont les reines En exil, aux mariages étrennes Fermoir en or d'une cour d'Espagnols Clos d'infantes, ses barreaux, rossignols Elle avait cette solitude grise Que le soleil, impuissant, ne dégrise Nostalgie des forêts de vert profond Où l'absence des pluies même morfond D'élégance parée telle une clef Jusques au sourire désemparé Si personne ne voyait ses blessures J'en sentais moi, pauvre fou, les fissures J'ai mis en elle tant de rhapsodies Qu'elles en sont devenues incendies Sa vie des crépuscules permanents Qui meurt, renaît, quand nous sommes amants A mes bleus d'amour elle succomba Qui dira les affres de son combat Et j'ai pu lors projeter sur la toile Les vers d'un ver amoureux d'une étoile Un jour le roi fera battre tambour Pendre le poète en haut de la tour Et brûler ses rimes au nom du crime Et des vautours je serai pantomime Sur ma fosse refleurira la rose Ô de mes vers elle en sera la prose Et pour les reines qui la cueilleront En sera le rouge au creux des prisons...
  21. 11 points
    Il est dans le regard de l’enfant qui sourit, Aux mots doux et chantants des lèvres de sa mère, Quand dans sa bouche il prend le sein qui le nourrit, Saluant le sommeil d’un regard éphémère. Il brille dans les pleurs d’un devoir accompli, Au sortir de l’enfer d’une jeunesse amère, Ses plaies larguées au vent pour croquer un repli, Après qu’il soit parti dire adieu aux chimères. Il se lit dans les yeux d’un sincère amoureux, Ses vives prunelles ont guetté la réplique A l’heure suspendue aux moments vaporeux, Où se couvre l’amour de son voile angélique. Il est dans cette ivresse aux multiples couleurs, Quand les chemins choisis courtisent ses bordures, C’est le temps des valeurs aux instants enjôleurs, Dans un cœur résolu le bel âge perdure.
  22. 11 points
    Ce qui est merveilleux, ce n’est pas le feuillage c’est l’ombre qui éclabousse ton visage à l’aplomb du soleil présent dans le verre du poème à boire pour être être alerte dans le blanc et le noir.
  23. 10 points
    Dans un halo de nicotine Guinsbarre compose comme il repose Dedans sa trappe de satrape Un nirvana pour Messaline Chantant tes amours pèlerines Quoi qu’innova Casanova Ton antique amant romantique Et ses luxures florentines L’ivraie latine qu’il te serine A demi mot en demi ton Dessine une ride coquine Sous tes paupières amandines Quand le souffle de tes narines L’encense de subtile essence Envoûtant ses grands yeux gourmands Tel un faune qui te taquine Que sa patine se devine Qu’il te recense à contresens Captation en pleine oraison Au seuil de l’iris tourmaline Es-tu blondine ou bien rouquine Lorsque son profil se faufile Telle une tresse et te caresse Sur tes mamelles muscadines Ronronnent tes langueurs félines Signe des temps qui te détend Ses mors forment des anneaux d’or Sur tes collines assassines Câline aux impudeurs mutines Qui adore qu’on la dévore T’entreprendre sans se méprendre Comprendre tes soifs libertines Qu’il chemine sur ton échine En t’accostant de côte en côte Transfuge au somptueux refuge Sur ton bassin de popeline Au seuil des algues sauvagines Ce compère perd tout repère Mystère déroutant cratère Abri des voiles sarrasines S’il profane cette officine Nulle promesse en cette messe Ni serment nécessairement Dans le jeu des lèvres sanguines Océan aux ardeurs lutines Disparaître est aussi renaître Son chant du cygne enchante un signe Digne de ta voix cristalline Mi-sirène mi-chérubine Quoi d’étonnant qu’il ne détonne Ton corps offert demande encore Tout lustré de sueur saline Tel colibri qui te butine De fleur de cœur à cœur de fleur Quand tu t’embrases où il t’embrasse Dans tes mâtines levantines Sur fond de luth ou mandoline Sans trop retard dirait Ronsard Dans son ramage d’un autre âge Car la rose était Eglantine
  24. 10 points
    A petits pas d'enfant j'entrerai dans ta vie aux matins clairs et bleus aux soirs voluptueux J'élargirai le temps avec des mots d'amour et ma main dans la tienne dessinera un nid où grandira demain Je quitterai la peine de mes sombres voyages pour habiter ton coeur et tes yeux et ta chair Je prendrai dans mes bras tes cris sourds et tes peurs il faut garder vivante la part de lumière pour tenir à distance de nos précieux bonheurs l'effritement du monde les jalouses colères Je poserai ma tête et mes cheveux défaits sur ton épaule nue quand le sommeil vient tout mot devenu vain Nous fleurirons nos nuits des plus tendres offrandes J'entrerai dans ta vie me hissant à tes lèvres avec tant d'espérance si tu veux bien de moi
  25. 10 points
    "Mes chansons c’est ma solitude et mon irréalisable besoin d’amour que je donne à tous. Il n’y a pas un mot, pas un vers qui n’ait sa raison d’être profonde et douloureuse" (Jean-Roger Caussimon) Le brouillard enveloppe le quai un vieil albatros claque des ailes les vagues se retirent sonne la corne de brume d'où vient cette chanson sincère et haletante qui martèle les tympans entre douces marées et tempêtes enivrantes ? Il s'émiette sur le sable, des paillettes de révolte les ombres se régalent et dévorent en silence les paroles de chansons qui sombrent dans l'oubli Jean-Roger et Léo en pleurent encore enlacés dans l'amitié sans faille ils filent le vertige à la quenouille des mots, ceux qui braillent pour les sourds et les aveugles ; le drapeau noir des insomnies flotte encore au lapin agile (J.E. Février 2020)
  26. 10 points
    Sur la plage un enfant de quatre-vingt-quinze ans Allait se ressourcer dans une eau un peu froide Au bout du Cotentin où des nuages blancs Font la nique au ciel bleu, filant en escouade. Mais sur une autre mer vole son souvenir, Au son du casino qui à Châtelaillon, Non loin de La Rochelle, espace d'un soupir Quand il avait douze ans, enchanta le garçon. Ces vacances de rêve au rythme du vélo, — Une occase de roi — le transportait enfin D'une maison petite à l'océan trop beau, Savourant sa famille, oubliant Phalempin. Son père, musicien, y faisait la saison ; Sa mère aux environs vendait des bigoudis, Mais il manquait encore au tableau sa chanson, Celle qu'on voit danser de Narbonne à Paris. Deux ans avant la guerre et neuf avant Trenet, La Mer des golfes clairs à la Libération Après cette tempête en proie au vent mauvais Qui souffla pour un temps sur sa génération. Les enfants des enfants devraient se rappeler Que leurs parents ont eu une vie avant eux Et gardent dans leur cœur les bouffées du passé Nourrissant à l'envi ce qui rendra heureux. Ainsi vont les années pour qui sait les goûter. L'hiver peut être doux d'amitié et d'amour Quand le désir est là que la vie fait danser, Si l'on veut la rêver, l'accepter sans détour.
  27. 10 points
    Au matin bleu « L’étonnant est ordinaire ! » Au matin bleu des paupières lourdes je chagrine des larmes de mots et couette le ciel d’apostrophes (parenthèse de souciance) Au clair de mon cacao la bouche en cuillerée je lis mon canard déjanté de faits d’hiver saisissants - grelottants et désinvoltes - de vies importunes Une fille aux seins légers flétrit au soleil blanchâtre d’un banc inoccupé de tout, sauf d’Elle. Les oiseaux piaffent ! Les lézards grenouillent croassant des chants barbares aux sauts de têtards. Minuscules individus noyés dans la mare Par mon velux jette des yeux enfiévrés vois une enfant de fourrure avec un Azawakh son bédouin miraculé Le temps s’efface à l’horloge des aiguilles de pins sève d’étoiles filantes colle une tête au firmament à l’œil de la nuit Les étoilent s’éteignent le soleil revient. Points d’exclamations en gestation
  28. 10 points
    Je suis né mendiant devant une porte close je n'ai qu'un oeil pour voir passer le vent l'autre pour inventer les couleurs du silence Je connais les pièges de l'espérance son chant qui danse sans l'accord du présent J'ai compris le chavirement de l'horizon ses frissons sur le dos de l'océan la déroute de mes songes d'enfant devant l'impatience du feu des volcans J'avoue ne pas prévoir la douleur de la pervenche quand l'aube se fait attendre les sanglots des oiseaux derrière les barreaux de la nuit la profondeur des orages et la masse de leurs lambeaux la fontaine qui tarit dans le ventre du néant Me suffit la grâce des algues au fond du ruisseau la dérive des ombres quand la lumière s'impose les paroles d'une poésie blanche qui racontent les vertiges et la délivrance toutes les réponses de mon imagination aux questions que la mort me pose Mais par-dessus tout les passerelles transparentes entre l'amour et la vie en mouvement
  29. 10 points
    Cette nuit j'ai rêvé des vergers de Provence, J'étais fils du soleil dans la plus belle allée, J'étais le compagnon de la brise d'été, Nous caressions les fruits avec insouciance. Je me suis réveillé sur un nouveau dicton, Qu'il n'y a plus d'hiver pour tuer la vermine, Qu'on saute le printemps car l'été se radine, Que l'automne s'oublie, c'est la fin des saisons.... Ne comptez pas sur moi au hasard des gargotes, Pour croquer une pomme au goût de vieux frigo, Une fraise bling-bling, Eve des pays chauds, En dehors des saisons ce n'est que de la flotte. Enfin! réagissez! Suivez bien les saisons! Vibrez avec l'abeille enivré de ses sucs, Veillez sur les lunes comme un hibou grand-duc Et cajolez la terre en chantant les moissons! Ainsi, au mois de mars, courtisez la morille; Avril bénit l'agneau ou pêche le brochet, Au joli mois de mai le radis rose est prêt, La cerise en juin attend les jeunes filles. En juillet, sur le port, il ne faut pas manquer La langouste sacrée, le thon et la sardine, Au mois d'août, le coulis des framboises divines, Celles qu'on va cueillir les lèvres parfumées. En septembre, il fait bon, poète des aurores, Savourer la tomate en dernière épousée, C'est l'émoi où l'été prend soin de tout donner S'excusant à pas lents de nous quitter encore. Aussi, avant de choir, gorgée de voluptés, Perdue en plein soleil, oubliée des cueilleurs, Convoitée par la guêpe et le moineau quêteur, La pêche s'offrira au chasseur assoiffé. Vient l'automne opulent qui dilue les arômes, D'octobre sous la pluie, grand peintre des vallons, On joue à cache-cache avec les champignons, La conférence au coing, serment du jus de pomme!... Novembre, plus austère, assume l'oraison, La trompette de mort vient hanter les clairières, Le Beaujolais rieur fait danser les chaumières, La grive saluera les champs de potirons. Puis, l'hiver se taira, vieux briscard des garennes, Il gardera ses truffes pour les fins connaisseurs, Les comtés affinés se couvriront de fleurs, La bécasse viendra pour les rois et les reines. Les huîtres de décembre auront toujours raison, Oui, déniaisez Noël avec des fruits de mer, Au soleil des citrons, l'an neuf n'est pas plus cher, Alors, dés février, suivez bien les saisons!....
  30. 10 points
    Il fait soleil ce matin je t'attends A la porte tu m'embrasseras dans la cuisine tu m'enlaceras puis nous sortirons déjeuner dans ce petit bistrot qui nous est familier tu me raconteras ton boulot en me disant j'en ai plein le dos que pourtant tu ne quitterais pour rien au monde tant il est ta vie seconde nous rentrerons tranquillement tu me diras j'ai envie de toi je sourirai devant ton air matois et comme toujours nous ferons l'amour Je t'attends il fait soleil ce matin
  31. 10 points
    La lune teintée de cuivre boutonne le soir morose Et le vent frais taquine La forêt spectrale Qui tremble et se grise de ses lents sortilèges Mes rêves blessés tour à tour grelottent et s’enfièvrent d’agonisants désirs de larmes de navrance La nuit est pleine et dense L’hiver gifle les bois Mon âme inapaisée cherche un havre où dormir et mes chairs lactées si souvent dévorées sont toujours renaissantes de tendresses recluses Aux cieux dispersés aux horizons voraces je murmure, craintive, l’énigme d’où je viens
  32. 9 points
    La lumière sourd sur les contours des poings desserrés, des doigts dépliés. Ne pas la retenir, la laisser courir, qu’elle glisse sur les cicatrices. Effleurer, caresser, une peau, des pensées, le moment offert, indomptée par l'hiver. La lumière sourd sur les contours et se fait feu dans les creux.
  33. 9 points
    Notre Père qui êtes odieux que Ton Nom soit starifié que ton Arène vienne Que Ta Volonté surfaite sur la terre comme au ciel nous donne aujourd’hui notre haine de ce jour Pardonne-nous nos défonces, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont défoncés. Et ne nous souhaite pas la tentation, mais délivre nous du Mail, Omen. Je crois en Vieux, le Père tout-puissant, créateur du ciel et du parterre. Et en IBM son Fils unique, notre Seigneur, qui a été génétiquement modifié par le Saint-Esprit, est né de la mère porteuse Marie, a souffert sous Bill Gates, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu en discount, le troisième jour est ressuscité des soldes, est monté en tête de gondole, est assis à la droite de Vieux le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les clients et les torts. Je crois en l’Esprit-Saint, à la sainte Église Cybernétique à la communion des internautes, à la rémission des péchés, à la résurrection du désir, à la vie éternelle, Omen. On vous salit, dans ma rue, pleine de graisse; le Saigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et fœtus, le fruit de vos entrailles, est vendu. Sainte Mère porteuse, de la merde des Dieux que nous sommes Pondez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de votre mort, Omen. Omen: A phenomenon supposed to portend good or evil; a prophetic sign.
  34. 9 points
    À la grâce d'un homme que nous connaissons peut être. Sous la toile des paupières d'hôtes froids, où S'essouffle, au seuil d'un oeil, la peau nue d'une âme des rues, l'oiseau fou s'abîme et charme un charme par la cime. Les parapentes éphémères à l'ombre de nuages migraterres, abritent des regards de chagrin dans un jardin aérien. S'envolent alors les autrefois. Le coeur ventru d'un sac de couchage, chrysalide immobilière, mi-chair misère, que la nuit nymphose aux racines d'un reverbère, métamorphose le suaire hétérocère. Matin glas au cimetière. Les cheveux fins des feux follets obsolètes s'unissent à la croix sans tunes d'une fosse sans pépettes. L'autre monde s'autotombe à la grâce désinvolte du carré des morts petits que recouvre sa récolte. Le chrysanthème narcissique, leurre de terre et d'oubli, se mire l'oeillet en pensant "c'est la vie". Au sommet d'un cyprès, l'oiseau fou a cessé de chanter.
  35. 9 points
    Je vais comme on s'absente marcher sans but face au vent aux lueurs phosphorescentes des clepsydres où s'écoule le temps seule, j'irai comme on revient d'un voyage sans souvenirs noircis sur les grèves où quelque magicien dépose l'immortalité de la posidonie je resterai dans ce mirage de couleurs en attendant l'aube douce sur mes paupières sans bouger, dans ce berceau berceur, comme autrefois, dans les bras de mon père. Et puis j'irai dormir, vaincue par le sommeil, sur la paillasse sombre où grouillent les vers tu m'inonderas de chaud soleil et de rêves oranges aux réveils outremer je vais comme on s'absente … (J.E. Février 2020)
  36. 9 points
    Des fleurs palpitent sur le devant de la scène La brise bat sur les verrières En charriant de douces haleines Comme si, déjà, se dérobait l'hiver Les boucles de soie regorgent de soleil là, gravite l'azur entre les tresses Les roses descendent les collines vermeilles incendiant le ciel avec maladresse les flammes rampent sous tes pieds engloutissent tes larmes et t'apportent l'oubli sculptant soudain un vieil alisier un visage apparaît et … sourit. Un fol espoir t'enlace de son châle comme une caresse, le geste d'un oiseau, sur le sable dessine des initiales et dans le ciel, d'étranges faisceaux Partager en toute solitude ce spectacle divin qui enivre les yeux vers un chemin d'infinitude, peint les paupières d'un nouveau bleu Le cœur dit soudain que ce n'est plus l'hiver il batifole, bat sans rencontrer de vitre et il s'élance dans le ciel couvert de primevères tandis que toi, poète, retourne à ton pupitre dans la paix des cannelles et du rideau usé tu goûtes ce silence aux vapeurs étranges tu prends la plume et respires, le dos un peu voûté, le parfum des absinthes et des oranges et tu oses mettre un vinyle au son si désuet pour écouter le temps qui passe en dedans à travers des voix qui ne font que passer entre les brindilles du nid où tu te sens géant. (J.E. Février 2020)
  37. 9 points
    Le ciel est dans l’étang ses berges de roseaux plumeux lui font un bel écrin Le grand manteau céleste enroulé de nuages baigne ses gris, ses bleus dans le vert des vasières où brèmes et panots ondulent lentement Le murmure du vent vient sculpter l’onde calme de jolies arabesques puis va s’évanouir dans les quenouilles d’eau Une pluie printanière fait buller le miroir La chevelure des saules se dénoue d’allégresse Un paradis qui s’offre à mon cœur reposé de tout petits clapots gentiment qui me bercent L’étang boit l’eau divine et j’attends Dame Lune ma confidente belle Elle versera son or en gouttes de lumière troublant la somnolence de cette petite mer où la sarcelle d’hiver aime à mouiller son aile
  38. 9 points
    Mes soleils ont un goût orangé Comme une pelure automnale Qui se déposerait sur la langue. Mes soleils racontent les hivers Comme un oxymore enneigé Qui fondrait sous les mains. Mes soleils conspuent l’horizon Comme un long sommeil décati Retenu par une charnière rouillée. Mes soleils sont des ombres Comme des épouvantails boueux Sur le champ de la conscience. Mes soleils ondulent en plissures Comme les vertiges du monde Sur le lit des évidences.
  39. 9 points
    Elle porte un carré Plongeant Un décolleté Mirobolant Comme un miroir qu’elle aurait posé De manière éternelle dessous elle Et mes yeux coincés sont comme mes mains Croisées sur mes genoux Elle a tant Deux chiens entendent un sifflement Ils n’iront pas la voir Il niera pas tout court Elle le sait Elle n’épousera pas le marquis Et dans ce jeu de cartes Château de courtepaille Ni mère ni paire Ni famille ni titre Je suis le valet Un atout qu’elle ignore
  40. 9 points
    Ô le matin Ô le matin, aux nefs de l’absolue clarté, Renaissance des choses en allées, en mon cœur, Murmure sorti de l’ombre d’où rien ne meurt, Sourire évanescent, en l’aube, attardé. Mon souffle emporté, sur tes lèvres, retenu Sur la sente fragile où vont tes instants, Tes éclats de rire entre les fissures du temps, Aux rives où vont naissant nos rêves inconnus. Matin d’hier, brume légère et délaissée Aux pluies tièdes, sous tous mes ciels adolescents, Est-ce toi, revenant chaque fois au front de l’enfant, Marchant toujours sous l’arche éternelle des nuées. Ô le matin, échappé de l’heure si brève, Silencieuse sous son masque de givre, Tes ailes toujours se brisent au vent trop ivre Et l’on dirait que tout meurt quand tout s’achève.
  41. 9 points
    Attendre à la fenêtre l’oiseau qui se prélasse sur la large main ouverte de la brise en goguette Murmurer le mot de passe le répéter le répéter encore jusqu’à ce que l’oiseau se niche à portée de chuchotement Attendre qu’il goûte au silence lui chanter le doux poème des heures blondes qui rêvent de zénith d’air pur et de chaleur Lui susurrer d’aller siffler à tue-tête ce chant de bonheur et d’espérance aux âmes égarées et abandonnées dans les vastes déserts humains Rester longtemps et même un peu plus à déguster la douceur du pays rasséréné Laisser la fenêtre béante aux odeurs de l’été et attendre patiemment le retour de l’oiseau Attente du retour de l'oiseau près du Rhône et des monts du Bugey depuis le château de Vertrieu (38) - Photo Papy Adgio (bien sûr !)
  42. 9 points
    Le temps pourrait s'arrêter là mais il poursuit sa route le sable est murmure sous tes pas un varech balbutie sur ta bouche divine que je devine sur la mienne en vagues de silence aux senteurs d'encre bleue des mots qu'elle abandonne sur un mouchoir brodé le temps pourrait s'arrêter là mais il poursuit sa route sur nos lèvres qui se taisent en un long baiser (J.E. Février 2020)
  43. 9 points
    Oser le vent C'est s'enfuir à nouveau là où l'aube ne se meurt jamais Où le soleil bruisse comme un parterre de fleurs Sauvages comme tes mains qui dansent Au fil du ciel s'abandonner encore Aux promesses du printemps qui vient te bousculer Écouter les murmures que ton regard avoue L'innocence Oser le vent C'est s'enfuir vers un ailleurs qui n'existe qu'entre nous Parmi les poèmes et les vagues de la mer Qui te ramènent à bord d'un bateau de papier Il reste des feuilles vierges à noircir de mots Auréolés de joie de mystères et d'abandon Il reste du blanc à colorer de fresques Et du noir sur les joues à jouer dans la suie Si tu me cherches Je suis là où va ce que vole le vent
  44. 9 points
    je voudrais encore descendre dans les profondeurs de mes lectures connaître le vertige d'une découverte lumière où la petite aube translucide le travail de la nuit poser dessin essaimant ses courbes volatiles sur le blanc le noir de la pensée retrouvée
  45. 9 points
    Le printemps va soulever la terre et draper les épaules nues des collines de promesses poignantes et de moires émeraude De beaux enfantements raviront bois et prés Des jonchées de naissances dans le chant des oiseaux Entre les seins du jour des tourbillons de sève dans la tiédeur féconde Mon cœur en est déjà tout frémissant d’attente
  46. 9 points
    En équilibre entre deux mondes, un océan de pierres t’enserre. Pas de noms sur les tombes. Chacun chez soi, et toi, sur un fil de rasoir, les pieds saignant de ne pas avoir. Cherche la rondeur. Elle est au bout des heures. Marche, marche, jusqu’à la fin du désert. Espère que le fil ne soit pas circulaire.
  47. 9 points
    Tu as plongé mon visage Dans le bleu fou de la nuit Je démêle les nuages que j'ai à chaque doigt Le ciel est froissé de tendresse des enfants endormis Je te chante des sourires à collectionner qui font fuir le brouillard Tu ramasses mes humeurs sur la chaise du salon J'ai l'âme tisane contre ton coeur un peu froide
  48. 9 points
    Les arbres dépouillés des forêts de janvier Paraissent des fagots pour écorcher le ciel Et leurs reflets tremblants dans le fleuve d’acier Les griffes de géants qui enfoncent leurs ailes Le train longe la Seine au rythme intensifié Des bielles sur les rails qui est comme un rappel D’un voyage passé où je n’attendais qu’elle Et remonte le temps d’un amour crucifié Nous arrivons bientôt en gare de Rouen Qui fut aussi ma ville et le fil de mes jours Dont je conserve encore un souvenir ardent Et dans chaque tunnel les vitres obscurcies Me renvoient son visage et me disent aussi Qu’elle restera en moi et en vie pour toujours
  49. 9 points
    Le temps toujours s’en va et tout vibre pourtant Mes roses au jardin hélas sont indifférentes, Le vent d’ici m’étreint, je ne suis qu’un passant, L’aube au chant funèbre semble impatiente Et la pluie verse à l’agonie des choses Ses musiques éternelles, sous mes persiennes, Et mes roses, à l’ennui, leur dernière pose, Un murmure de leurs lèvres musiciennes. Le silence par ici est soudain apparu, La pénombre est déjà là, en errance, Comme ces voiliers, de la mémoire, revenus Cherchant un port au ciel plein d’adolescence. Ô mes roses, où sommeille la première rosée Perlant sur vos pétales, au premier matin, Où est ce parfum que vous avez délaissé Quand l’aube trébucha sur ses yeux éteints.
  50. 9 points
    On a tant pleuré séparés les lumières éteintes les oiseaux par centaines, sans chant, sans ailes collés sur du béton les larmes des fontaines dans les soleils blancs loin derrière les immeubles de vents où les tilleuls se morfondent une étoile s'effiloche sur un balcon fragile sans horizon un voyageur égaré, las, regarde les larmes brillantes ici et là dans les flaques sordides d'un terminus sans bras, sans pieds statufié, sans bornes sans toit on a tant pleuré d'absences dans les banlieues hagardes qu'on ne reconnaît plus les janviers d'autrefois les larmes sont taries viens, tout contre mon cœur juste une nuit raconte encore les soleils de ta cité d'or (J.E. Janvier 2020)

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