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Showing content with the highest reputation since 06/13/2020 in all areas

  1. 15 points
    C'est l’œil du vent qui choisit la passion ou la tendresse mais pour aimer la vie il faut défeuiller la nuit Son baiser est un échange qu'il soit de fleur ou de pluie si fines sont ses lèvres que leur caresse me suffit Pour chaque pétale qui tombe une tache de couleur sur la terre endormie Et sur le front d'une colombe l'infini
  2. 13 points
    Une ombre sur les rochers Sans laisse et sans collier Libre, vagabonde Au fil de l’onde Promène son mal-être Ou ne pas être Dans le torrent des sentiments Qui ont emporté ce qu'elle avait d' enfant L’ombre se perd Dans la rivière D’autres ombres Sans nombre Rejoignent le sanctuaire Des cœurs à jamais solitaires La douleur en laisse Assoiffée de tendresse Se fracasse contre les rochers Où gisent, inertes, les colliers. (J.E. juillet 2020)
  3. 12 points
    Entendre le crissement des pas erratiques de pâles vagabonds lunaires sur la neige fondue des oublis. Deviner derrière les boréales arctiques, dans les reflets de nos vertiges, la crête argileuse du monde. Sentir dans les chairs consumées, les os séchés s’émiettant dans l’océan inachevé. Voir dans l’argile des attentes, les fantômes des heures éventrer l’omerta des nuits. Dormir enfin sur la ramure perdue d’un rêve, lové dans le silence des racines avant l’arrivée d’un matin chagrin.
  4. 12 points
    Sculpture by Luo Li Rong Je bois toujours l'étoile nouvelle et trempe ma lèvre au flux du vent. Mon iris s'exaspère encore parfois des mensonges du monde mais je referme avec soin le grand ciel de mes peurs. Les semblances d'amour sont toutes mises en terre et mon cœur, rubis sombre, se vide de ses fièvres. Je suis venue par le chemin rompu de ma chair fragile pour trouver sur ta nuque tiède un jardin comme une grâce. J'ai marché de nuit sans douter de l'aurore, ta main, juste ta main, comme ultime repère.
  5. 11 points
    Doucement s'efface la colline comme une harpe qui s'incline dans la douleur du vent aux sanglots changeants les émeraudes s'éclipsent peu à peu nouant au santal leurs longs cheveux les parfums de miel s'estompent les chaînes de fiel se rompent Voici venir la nuit dans sa robe griotte elle joue un air de violon pour la hulotte d'une profonde mélancolie comme un amour promis ; à l'horizon une étoile s'allume, ramène un souvenir posthume est-ce un signe de tendrement ? Je tends mes mains dans le néant l'oiseau met la flûte à son bec ; s'exhale un parfum de fenugrec tandis qu'il se pose sur mon épaule la mélancolie m'envoûte sous son étole. (J.E. Juillet 2020)
  6. 11 points
    Au large de tes épaules Je mets le cap sur tes seins, Je m’en vais quitter ce môle Où j’entrouvrais ton bassin, Sur ton bas ventre brisant Près des récifs coralliens, Je succombe naufrageant Mon bateau de galériens. Je défie ta houle intime Et mon compas compatit, Mon navire se sublime Au bord de ton angle outil… Quand ma proue fait des prouesses Mes cartes t’écartent bien, Mon carnet déborde en liesse Au creux de tes méridiens. Moi le mousse émoussé Par ton corps sage d’écume, Le pauvre homme renversé En mille tessons de lune, Dans le fracas solitaire Je vois tes écueils pointus Tatoués d’un noir corsaire Avec l’ancre défendue ! Je suis pendu à ton Cook, Je parcours ton équateur, J’ai délaissé ma felouque Pour un perlier migrateur ! Pour tes hanches caraïbes ! Pour une idylle au trésor ! Pour ton grain sans diatribe Au fond de tes yeux Açores ! Au gré de tes vents contraires, Sur le pont concupiscent, Je divague marche arrière Jusqu’à ton gouffre béant, Sevré dans tes grandes fosses, Médusé par les courants, Je revois les flots féroces, Cinquantième rugissant ! Sombrant couvert de patelles, Le mât souillé de laitance, J’en ai la pieuvre formelle Par palier de jouissance ! Que d’épaves endormies ! Que de marins sur la grève ! Puissent les posidonies Me reposer sur tes lèvres. !...
  7. 11 points
    Le p’tit poème du coin d’la rue Ne paye pas de mine dans le haut du pavé il est perdu et on l’assassine Moi aussi j’ai de la peine Mais je mets du sucre dessus Quand il fera chaud Ça fera du caramel Et un petit poème Avec des mots superflus Des mots simples, Des mots d’la rue posé là, sans réfléchir, se faufile toujours entre les âmes perdues C’est comme dans le champ Quand tu cours dans le vent Avec ton filet de mousseline Tu relâches les papillons sitôt prisonniers C’est eux qui choisissent La lumière ou l’obscurité Et ils se posent sur des mots Au parfum de réglisse Ton poème s’éclipse Toi aussi tu as de la peine Mais tu sais, les papillons Sont éphémères La vie aussi Alors , au coin d’la rue Entre un chardon Et une fleur sauvage Un poème naît dans un bruissement d'elles. (J.E. juin 2020)
  8. 11 points
    Faudrait-il entreprendre une nouvelle vie, Emprunter des chemins aux issues incertaines, Laisser derrière nous les désirs et envies Que nous avions nourris puis quittés à grand peine, En sachant qu’à la fin disparaît le défi, Puisque tout s’engloutit dans une mort certaine, Le saut dans le néant auquel pas un n’obvie Et qui rend l’espérance insignifiante et vaine? Il ne reste, si nous voulons sauver la trace De ce qui fut notre être en reflet des pensées Habitant notre esprit avant que tout ne passe, Que les mots, mots sacrés, libres et insensés, Mots d’amour, de regrets, de la dernière chance D’être toujours un peu, si peu, une présence. La lecture qui a inspiré ce poème
  9. 10 points
    les mêmes signes les mêmes distances. entre nos âmes la nuit beaucoup de nuit quelqu’un creuse une larme dans un tiroir quelques lignes inachevées et un crayon. j'essaye de déchiffrer ma douleur entre deux silences respire un souvenir chaque histoire commence avec il était une fois. au bord de la nuit reste accrochée une araignée bientôt la distance va rentrer dans une autre saison.
  10. 10 points
    Le Coeur en Balance D'une évasion au désir poison, De ta fine sagesse au coeur tendre, Du mien en Balance une confusion, Sonder mes lettres et me rendre... Plonger nue dans l'eau claire Et changer le jour contre la nuit, T'écrire le ciel couchant sur la terre Et l'ardeur de mes démons de minuit. J'ai pris sur moi tous les silences Même ceux que j'attache en ton nom, Rien ne se perd et tout s'en balance Pour un oui comme pour un non. J'ai pris sur moi toute l'indécence Certes, tu l'adores mais loin de toi, J'aime l'agonie en toute résistance Mais tu te plais ainsi, loin de moi. C'est un coup de passion en liberté Où le jour me couche son tourment, Une pensée, peut-être une vérité, Mais tu sais que jamais je ne mens. -Epicene-
  11. 10 points
    Oisif, oxymore pérégrin Salin, sur de sapides récifs Esquif, sous tornade et gros grain Serein, sous le stress des actifs Rétif, aux mouvements contraints. Babil au discours éloquent, Causant de sentes tranquilles, Frasil sur les efforts flottant, Parant les écueils hostiles, Subtil, esquivant les courants. Ric-rac pour te réveiller tôt, Héros des tâches cul-de-sac, Bivouac à la vue des travaux, Bourreau des actes opaques, Hamac, havre entre deux bouleaux.
  12. 10 points
    Aller conquérir « Maintenant, tout à l’horizon du long voyage, La falaise des vérités monte à toute vue, (…) » Marcel Thiry Aller conquérir l’au-delà En saisir les étoiles D’une main tendue comme un arc Au firmament lilial Et là se déchirer l’âme Comme l’on jette son cœur Dans la bataille des mots Pour une cuisse galbée Un manuscrit retrouvé Un plat mijoté ! Oui, allez toucher du doigt l’au-delà Pour savoir comment c’est là-haut Pour palper l’impalpable Pour imaginer ce qui nous regarde Constamment, éperdument. Pour se rassurer un petit peu Si peu que ce soit juste ce qu’il faut Histoire de mieux imaginer L’impensable, Celle qui nous alitera Un mois d’un jour d’une heure Souvent de nuit Avec ou sans Dieu, Suivant mon index quelque part ici Dans ces vastitudes froides Cyanosées de peur Au pied de l’inconnue La mort… Glas silencieux Qui précède les adieux, Un baiser posé Sur un front glacial ! Au dernier carré Du dernier parcours, Une pierre gravée « Vivez la Vie ».
  13. 9 points
    REVEIL DE PLUME Tu rêves d’écriture De vers incandescents Traversés d’aventures D’amours bouleversants La plume te démange Est-elle à la hauteur De cet élan étrange Que tu sens dans le coeur? Si longtemps endormie Elle a le réveil lent Des beautés alanguies Aux gestes nonchalants Négligent, oublieux, Tu pensais être maître Du destin et du lieu. Aujourd’hui, la fenêtre S’ouvre sur un ciel gris Qui attend qu’on le peigne Que tu en sois épris Que ton courage vienne Songe que la tristesse Et les amours perdus Remuant des détresses Et les jours disparus, Loin de priver ta muse De magiques élans La fortifient, l’amusent. L’emmènent dans le vent Les images gigognes, Glanées sur le chemin Te forcent à la besogne N’attend pas à demain Va vite entre ses bras Car l’amour est si brève Et joints sans embarras Tes lèvres à ses lèvres
  14. 9 points
    Sous l'œil immobile de la salamandre céleste, Des galaxies s'agrippent au bord du gouffre. Même si quelques astres en errance surnagent, Le ventre nu de l'univers dessine sa reddition. Pourtant, solitaire, je flâne par les rues défaites. Un soleil falot se déverse sur le gris du bitume ; Des pigeons roucoulent aux terrasses des cafés ; Mais l'obole de l'été se refuse à nos jours frelatés. Dans les caniveaux gisent nos fractures muettes. Parfois, des vagabonds sélènes tentent de le saisir ; Elles se délitent alors sous leurs doigts d'albâtre. Ci-gisent les emplâtres posés sur nos mutismes. Fasse que jamais mon pas ne puisse se dérober. Parmi les longues rumeurs urbaines, j'avance. Des gênes inavouées dérivent entre les piétons. De larmes perlent sur le flanc de ma tristesse. Emmitouflés dans de grands rires solaires, Des citadins ravaudent leurs chairs usées. Ne vous arrêtez pas ; je ne fais que passer Sous l'œil immobile de la salamandre céleste.
  15. 9 points
    Le cadavre gisait au milieu de son sang. L'inspecteur Milouze sur la scène de crime Déclara tout de go qu'il connaissait la rime, Mais aussi la raison de ce meurtre sanglant. Seul un cénobite rompant avec les siens, À errer dans l'enfer de son vain solipsisme Succomberait au choc adjacent au séisme D'une perte de sens au traumatisme ancien. Le moine, c'était moi et l'on vint me chercher Lors du soleil levant où se priaient les Laudes Et je fus arraché à ma communauté. Milouze avait vu juste et, changeant de cellule, J'attends par mon procès de savoir comment rôdent Au cœur de l'esprit saint mes noires libellules.
  16. 9 points
    Essence d’été Chemin buissonnier Empreinte brûlée au pied des cathédrales Quelque chose pleure sous la pierre Il suffirait d’y poser la main Pour qu’elle se mette à sangloter Un fleuve roux court sous la peau Profond et dense, de cuivre et d’or liquide Il charrie dans son lit d’étranges chrysalides Des morceaux d’amanite, d’écorces ruisselantes Son chant est feu de brousse Son pas est Toucouleur Ses racines s’étendent à la croisée des jours Quand l’aurore palpite, rougeoie sous nos prunelles Avant de s’élancer vers d’autres alentours
  17. 9 points
    Lettre à vous « Qu’est-ce que l’amour ? La substance du songe » Kierkegaard Un ciel bleu Klee, empaqueté de ouate blanche. Des lèvres café crème, au bistrot du coin. Mur carmin, visage cireux et ronchon, le boss. Reluque le fessier au tablier blanc de la serveuse. C’est là, en ce lieu sans charme, que j’éprouve le besoin de vous écrire. Je ne vous connais pas et pourtant vous ne m'êtes pas inconnue, vous qui passez chaque jour, rue du cadran d'argent. Me voyez-vous, seulement ! Je vous observe quelques secondes chaque jour, au même endroit ou presque. Nous avons nos habitudes que nous ignorons. Et le temps passe, d'un pas à l'autre, le matin vous allez je ne sais où, souvent à l'opposé de moi, vous qui marchez sans le savoir à ma rencontre vers la fin de l’après-midi ! Peut-être, est-ce peu éloigné de chez vous, je ne sais que penser, vous qui depuis tant d’années passez, toujours seule, dans cette rue, sans un mot. Je vous regarde et vous vois si peu enjouée. Madame, vous qui pour moi, êtes sans prénom, juste un visage et le bruit de vos pas, je vous ressemble et ne le vous dis pas, mais le soir tombé, savez-vous que je vais flâner dans vos rêves pudibonds. Saurai-je un jour quel est votre petit nom, moi qui n'ai aimé de vous, furtivement qu'un frisson, qui passait de l'aube au crépuscule près de moi, comme une rosée lumineuse, en tailleur de soie. Demain, votre regard granité saphir, s'éclairera peut-être d'un signe venu bien tard, sans pour autant qu'il ne s'agisse d'une promesse, juste un petit geste, une parole, un peu d'ivresse ! Chaque jour, j’emporte avec moi comme un bien précieux, votre parfum. Bouquet floral aux notes de lilas - jasmin. Et je m’endors et songe à la serveuse aux lèvres rose bohème. Au boss de marbre, sans Carrare. Demain, nous nous croiserons et vous ne saurez rien de mes menues intentions qui resteront lettre morte.
  18. 9 points
    Océane-moi ! « Ce qu’apporte le flot s’en retourne avec le jusant » Proverbe breton « Laisse-toi prendre dans ces mots Comme dans une algue marine Qui va sa vie au gré des flots » G.Perrec Langue de terre découpée ancrée face à l’Ouest toute de fragrances fleuries elle ceint d’éclats, l’ample infini. Ici l’océan vient se désensabler et laisse émerger un miroir édenté frappé au plomb zénithal. Sertie de dents graniteuses noircies par les vagues à l’estran coiffées d’un rose minéral déchirées par le noroît septembral elles s’effilochent en ce bout de terre à tout jamais cimetière marin où s’ensommeille la croix des veuves. Et j’aperçois tourbillonnant des linceuls de goélands venus bousculer nos certitudes au clair des vastitudes nues de leurs éternelles complaintes. Ô terre de mission, ici, l’homme imite l’oiseau il y marche de guingois, la peur au ventre le tenaille ! Ecoutez, comme la poésie s'enrobe aux éléments muets et indomptables aux silences bruissants d’inquiétudes aux gémissements embrumés. Voyez, comme la poésie se terre, à l’horizon hors de portée de mains dans l’impasse au bout de terre inaccessible où s’expose l’immuable beauté insolente. Là-bas, l’archipel de Bréhat pas de fard, pas de rides tonalité agapanthe et echium un corps toujours parfait des courbes à faire pâlir les designers toutes, signent un paysage d’exception, Et Dieu, peut-il rester tout à fait humble ? L’homme, cet étrange étranger tente vainement d’épouser ce corps, qui sans grandiloquence exulte ! Et je vois l’un d’eux se pencher au-dessus, la tête dodelinant comme un enfant pousser tendrement l’archer du violon et j’entends s’élever une monodie de la pointe de l’Arcouest et s’ennoblir les larmes de l’océan.
  19. 9 points
    Je voulais te parler d'amour à l'orée de tes attentes sur les hanches de la nuit dans la fraîcheur des pins Tandis que la lune dessine des arabesques sur ton visage ton sourire est un poignard une vague d'acier géante elle m'engloutit j'ai peur soudain de ne pas savoir les mots que tu attends je plonge dans tes yeux pour y chercher l'étoile alors tu me parles d'amour à la limite de mes désirs et soudain tout s'arrange dans la fraîcheur des pins nos corps embaument la sève et chuchotent l'amour Les mots deviennent inutiles sur les hanches de la nuit. (J.E. Juin 2020)
  20. 9 points
    Émile marche à pas comptants dans la garrigue et dans les bois. Il marche depuis bien longtemps, mais redécouvre à chaque fois que l’arrivée est le départ. Émile marche tous les jours, se rend au village voisin, vingt kilomètres sans détour, que les vignes aient du raisin ou que le soleil soit blafard. Émile marche pour marcher, sans grande précipitation, pas question de se relâcher, le mouvement est sa mission, nulle place pour la paresse. Émile marche, car il faut que le temps compte et la distance franchie tient à l’écart la faux c’est un acte de résistance, un pied de nez à la vieillesse. Émile, je marche parfois dans les traces par toi laissées. Lorsque je le fais, je me vois à ton âge un jour les tracer et je souris comme une enfant. Émile je te connais peu, mais tu ouvres pour moi des voies un jour tu sais, si je le peux, j’espère être un peu comme toi, marcheuse à quatre-vingt-dix ans.
  21. 9 points
    J’avais mis mon plus bel habit. Volaient en un ciel noir Des corbeaux aux vols songeurs, Le jour était à sa fenêtre Et bavardait son existence, J’avais le cœur au bord d’un ruisseau, Mon sang filant aux souvenirs en allés. Vibraient en l’air d’anciens rêves Et mes mains pleuraient, pleuraient. Petit garçon qui, par le miroir brisé, Sent la lame indécise et froide, Ou s’apprivoise des silences, Petit garçon, tu resteras encore, Puisqu’il faut vivre et attendre l’heure, Les rides agrandissant leurs sillons, Mêlant à la solitude d’étranges musiques, Et des colombes aux ailes blessées. J’aurais bien voulu mourir à l’âge d’un printemps, Creuser à l’ombre d’un vieux tilleul L’éternelle et douce mort, mon écueil, Et voir les colombes en des cieux oubliés Chasser tous mes noirs corbeaux.
  22. 9 points
    j'ai trouvé un ancien poème je l'ai regardé il m'a regardée j'aime tout ce qui ne me rappelle pas une douleur. depuis quelque temps je ne sens plus les hommes seulement sous l’épaule gauche c'est comme si j'avais un morceau de vie oublié.
  23. 9 points
    Il croit au sang de l’étoile et toi le sang de la croix un croissant de lune sur l’étoile croît une croix va croissant vers l’étoile en symboles s’envolent les saints aux mains rougies par le sang des autres, des contraires, des différents, des innocents, des sans croix, des sans étoiles, des sans lune en croissant bougies et chapelets épelés et versets déversés et lamentations aux barbelés et dévotions aux appelés ils croient ils croissent en croix ils coassent en croissant sur le sang
  24. 9 points
    Enfin ! voici ces vers qui ne sont que pour toi. J’ai recueilli ton cœur, semis du mois de juin, Le fêter aujourd’hui c’est éclairer demain ! Incomprise encore la clarté de tes lois Alors que ton silence aime à tendre les mains. Naïve et rêveuse en romance de rosée, Aguichant le rayon qui brûle le rameau, L’âme en dentelle fine excelle à l’écheveau, Invite un brin de brise et court l’eau pianotée, Nacelle aux feux chétifs, tu trilles au creux des flots….
  25. 9 points
    Au plus fort de la nuit avant que l'aube pointe J'ai entendu un bruit comme de l'eau qui suinte, Mais c'était du sang frais qui perlait de mon cou. La chauve souriait et je me sentais mou ! La vieille écarlate d'avoir pompé ma vie Semblait une blatte incrustée sur mon lit Cherchant à me trouer de ses dents de malheur Pour un autre souper sur mon corps en sueur. Ô point de poésie au feu de la mitraille Quand mille petits dards écorchaient à l'envi Ma peau en crucifix, pénétrant mes entrailles ! Je suis un rescapé, car j'écrasais l'engeance, Surmontais mon cafard pour stopper la folie D'une âme défuntée en pleine résurgence.
  26. 8 points
    Silence au motel Une étrange bâtisse, le long d'une aire d'autoroute Intrigue bien des voyageurs empressés, sans doute De conclure leur passage pour un sommeil réparateur Et d'y lever le camp avant l'aube, de bonne heure. Ce motel, des plus particuliers, exige tout silence. Si les règles non conformes pour certains visiteurs Se voient enfreintes au goût de l'impertinence, Les secrets enfouis entre les murs de la demeure Assiégeront la paix de l'âme des personnes concernées Ainsi que celle des autres malheureusement présents. Troubler le repos de l'hôte, d'une unique parole égarée Causera bien des problèmes aux passants pourtant innocents Il se trouve que le gérant est muet, est-ce là son credo? Maudits sont les gens qui prononcent le moindre mot. La règle est pourtant simple, ici, le silence est maître Ce motel attire bien des curieux jusqu'à ses fenêtres Surtout des bandes de jeunes culottés et prétentieux. Mais si leurs bouches ne s'abstiennent en ces lieux. La pénitence sera sévèrement élevée pour ces malpolis Car ici, le silence se doit être maintenu dans chaque lit!
  27. 8 points
    au début j'ai pleuré. je ne savais pas comment appeler cette nouvelle solitude que tu m'as donnée pour l’amener quelque part n'importe ou chez moi. mais moi je n'ai pas de chez moi j'ai rien. je suis à la limite je suis à l’horizon comme une ligne morte entre ciels et terres. de nombreuses personnes seules m'ont demandé de dormir à côté d'eux je leur ai rêvé des champs et des pluies je leur ai rêvé des chiens sans chaînes j'ai leur ai rêvé tout ce que ils ont demandé. toi je t'ai rêvé chêne puis j'ai gelé dans ta cécité permanente.
  28. 8 points
    Martinets à tête grise - photo pinterest - Vers qui tournerons-nous enfin nos vains visages vidés de destin sans les cris familiers jaillissant du monde ? Quand la terre sans arbres deviendra une tombe, sans les sources aux courses furibondes, sans les fleurs pour l’enfance des fruits, nous serons nombreux à être chacun si seul parmi les rouilles des souffles éteints et dans les nids ensommeillés de faim, la mort viendra puiser son vil charroi d’ombres. Qui ramassera nos forces fracassées avant que le soleil ne nous fasse tourner cendres et que le sol se fende, lacérant nos chemins ? Nous avions dans les mains mieux qu’un rêve, bien plus qu’une vie et un noble avenir au bout de nos regards mais plus rien ne console des lambeaux inféconds laissés en héritage aux prochaines naissances. Il faudrait, je le crois, tant d’hommes comme toi qui, dans ce beau triomphe d’amour et de raison, dans ce geste si tendre où l’âme est délicieuse, sauveraient un oiseau d’un terrible trépas. Poème offert à Moïse
  29. 8 points
    L'amnésique nostalgique Matin mouillé de larmes, fertile en rêveries.... quand le regard s'aveugle à la blancheur des voiles; mais le temps sur l'histoire a tissé une toile, et nos paupières s'ouvrent sur l'aube d'un jour gris. Où est la poésie d'une terre natale quand les yeux interrogent un horizon muet? Ce passé qu'on appelle se dérobe et se tait mais toujours reste en nous la vision idéale d'un vaste et beau pays où fleurit la bruyère; ciel calme et vaporeux parcouru d'oiseaux blancs, de grands arbres courbés sous les vents dominants qu'embrase au point du jour un horizon solaire. Étendues de bois sombres et plaines ondulées, nuages en festons qui ombrent les collines; jaillissements d'écume pleins d'une onde opaline, roulant dans leurs méandres des mondes argentés. Eaux dormantes où se penche le saule pour pleurer, terres mélancoliques,anciennes et mystérieuses de chaos de rochers en forêts silencieuses. Nos souvenirs mêlés à la frange d'écume qu'abandonnent les vagues sur la grève en partant; avant de s'effacer dérivent lentement plus légers que des âmes enveloppées de brume. (GB le 07-07-2020) Poème offert à Muriel
  30. 8 points
    Me seront-ils donnés ces voyages enfiévrés entre les lignes d’eau et les crêtes sauvages des arrières pays où se cache l'amour... Je veux des souffles courts qui chahutent le cœur, des temps d’éternité à faire des pas de deux. Je saurai bien chasser tes humeurs trop grises, redorer la lumière au fond de tes abysses quand la peur te saisit de ne rimer à rien. Je ne te connais pas pourtant je sais déjà que tes bras tant me manquent et tes yeux et ta voix Tu prendras toutes mes heures, les plus tendres, les moins sages. Je te le revaudrai à nous griser sans fin. Tu es dans chaque mot qui appelle le suivant, ensemble ils te dessinent et te blotissent en moi. Je ne demande rien de très inaccessible, un demain balayé de routes déployées, d’escales lumineuses à l’abri des écueils où naissent les chagrins.
  31. 8 points
    D'où viens-tu voyageur, vers où ton pas grandit, J’arrive d’un hameau sis entre deux rivières Pour rejoindre ce pont vers le prochain lieu-dit, Pourrais-tu m’indiquer une voie conseillère. Continue ton chemin jusqu'à la chute d’eau, Cascade au large flux que les printemps redoutent, Juste après ces maisons qui forment un îlot, Là-bas tu trouveras des compagnons de route. Une marche sereine a pris notre chemin, C’est à nos derniers pas que le ciel se dévoile, Dans une aube au teint clair qui chante son refrain. Me voilà parvenu au pied de son palais, Cité aux doux reflets, semblable à une étoile, Escale dans mes nuits dont il est le relais
  32. 8 points
    L’orage de juillet entend prêter main forte, Comme des dés jetés, des grêlons en cohorte, M’avouent les mauvais sorts tombés ces derniers temps. Il grêle ainsi, mon dieu ! est-ce du gravier blanc Qui recouvre déjà notre ami disparu, Depuis peu exilé au bras de l’inconnu ? Je me souviens de toi…, tous les printemps farceurs Festoyaient à tes joues, m’invitaient doux noceurs, A poursuivre instamment les rêves les plus fous, A prendre du bonheur, un simple rendez-vous. Tu aimais cette vie et ses joyeux détours, Dans sa faveur bleu nuit, t’inspirer de l’amour Que tu communiquais sagement sans bruit Sur ton lieu de travail autour des moins nantis. Tu couronnais l’instant qui s’effeuillait en pause Si bien qu’auprès de toi, un écrin de soir rose Faisait jaillir des feux sur la ligne horizon ; La nuit saignait son encre à nos vers en sillons Qui n’en finissaient plus, ponctués de sourires, De réécrire au loin un monde d’avenir. Je me souviens de toi…, tes longs cheveux au vent Pour l’audace et le spleen te changeaient par moment En un preux chevalier au glaive sans courroux. La fleur entre les dents, tu parlais du mois d’août, Du sacre des lilas et de la nuit Saint-Georges… Toi, préposé des fées, ta fable en sucre d’orge Nous filtrait des clameurs et nos âmes, presqu’îles, Au large de tes yeux se détachaient fertiles Miroitant un lagon entre soleil et plage, Cachant mille trésors sous tes paupières sages ; En tes cils ajourés, ô filets d’estuaire ! Tu gardais foudroyant, des reflets, des lumières, Ton regard nous croisait, nous trouvions notre port, Furtivement nommé comptoir des météores ! Je me souviens de toi…, tes silences idylles, Le songe à peine éclos voguant sur la mer d’huile, Une brise, une muse, et une cigarette, Quelques instants à toi à perdre-goélette, Une bouffée d’ailleurs et savamment requise Pour t’échapper un peu sans vraiment lâcher prise, Avec un mot gentil à même deux sépales, Tu revenais toujours sans cesse pour l’escale Au chevet des amis pour un morceau de toi, Autour des résidents accrochés à ton bras. Pour le bonheur de tous, vraiment tu savais être, Ôtant tous les masques puis gommant tous les spectres, Tu étais disponible et à la bonne écoute, L’amitié recueillait ton parfum goutte à goutte… Je me souviens de toi…, tes carnets de voyage… Dans le creux du récit, on cueillait à la page, Quelques moissons sauvages et du sable poudreux, Des fleurs séchées au vent, l’herbier des amoureux… Tes courses feuilletées nous ravivaient l’odeur, Des pousses alanguis, des germes baroudeurs, Des ports, des salaisons, des marchés de sel gemme, D’un soir au restaurant quand tu lui dis « je t’aime » … Ô périple nacré dans les bras de ta femme ! Qui le plus de vous deux voyait l’autre en son âme ? Couchant le pouls blotti dans la clarté sereine, Vous puisiez votre amour aux secrètes fontaines D’où coulait une source acclamant vos desseins, D’où nageaient vos baisers, doucereux alevins !... Je me souviens de toi au barré de guitare, La musique invitait à rêver dans le noir. Tu nourrissais l’envie dans cet art supérieur De voir les instruments couler dans leur sueur. Tu t’épanchais parfois sur d’étranges concerts, Le rock devenu loi, des scènes sans laser Dévoilaient ton esprit d’un rideau plus rebelle Pour planter le décor à coup de décibel. Ainsi donc déployé dans les fins fonds des steppes, L’étendard du Pink Floyd flirtait avec Led Zep, Des grands shows en furie au nom des bergers Peuls, Improvisaient un bœuf au riff de Deep Purple, Reliaient à jamais le peuple à la musique Indiscutablement pour la vertu, l’éthique… Je me souviens de toi…, Où es-tu aujourd’hui ? Quel est ce trait d’union entre un corps et l’esprit ? Est-il vrai ce radeau dans la mer de nuage ? Croises-tu à présent tes amis au plumage ? Tout ce flot de tourments me trouble la vision, Viendront les réponses expulsant les questions… Pourtant, ce que je sais, suffit, et je m’enchante De sentir quelque fois, croyez-moi, je n’invente, Le bleu tressaillement d’un silence caduc, Une main m’effleurer les cheveux puis la nuque… D’écouter dans la note élaguée par la brise La dièse où tu renais dans l’obscure remise Qui sent bon le foin frais par la porte entr’ouverte, Le souffle des chevaux croquant les pommes vertes… Quand les feux de leurs fers prennent le mors aux dents, Quand les juments sellées s’empressent de hennir Par la simple intrusion d’un fantôme haletant, Ce n’est plus leur parfum…mais tes bijoux de cuir !... Voilà ce que je sens et depuis ton absence, Une becquée d’étoile est tombée sur Charance… Ta maison, ton jardin envahi par les taupes Se hissent aujourd’hui au cœur de l’isotope. Soupirs magnétiques, bourdonnements, murmures Florilège effilé dans l’indigo azur, Ping-pong, pleurs, dring, ding, deuil, écho, à-coup, appât… Cris, frissons, craquements, ondes, lueurs et voix, Ô éclairs cachotiers ! impact où tu t’endors, A l’isthme de ton râle il pleut des gammes d’or !... On me dit à présent de stopper ce poème, Que la vie et la mort sont deux vieux théorèmes, Et que je ferais mieux, parole d’incrédule, D’écrire autre chose de bien moins ridicule. La foi ne s’apprend pas dans vos nouvelles gnoses, Je dis que la rosée croit au charme des roses, Que des larmes à nos yeux, orbites au feu sacré, Brillent d’un lieu précis où l’âme s’est logée. Indicibles rayons ! Couperoses du ciel ! Que de chemins striés pour la vie éternelle ! Je me souviens de toi qui nous prenais de court, Tu as pris le chemin, j’en suis sûr, le plus court…
  33. 8 points
    J’aurais en mal d’elle un jour succombe Brusque le jour d’amour palombe Aile emporte au loin ma solitude De l’enfance blessée dans l’âme certitude Pour d’autres avancées réelle en sa tombe Une flamme balade ancienne trombe Lichens et mousses jamais en rectitude Et la mort retroussée licol servitude Sables où sont enfouis regrets désert Le vent levé miracle palme découverte L’instant d’une rencontre l’oiseau disert Mutation dans le temps monde univers Berce les plaies danse et recouvert Un éternel baiser lèvres bouche ouverte
  34. 8 points
    Si au temps du hasard, vous rencontrez l'amour, Dites-vous que la mort n'attend que ce beau jour Entre Tigre et Euphrate en Mésopotamie Pour jouer de la lyre au nom de la folie, Car l'amour et la mort sont jumelles de vie Et l'eau de la montagne à jamais vous envie, Se moquant du regain qui s'attache alentour Quand le torrent du nord déboule pour toujours. Alors, si m'en croyez, que d'un cœur bien trop lourd Au soir de la bamboche où vous aurez tant ri, On viendra vous chercher dans la ronde des sourds Qui dansent sans entendre et le corps en velours À fort rapiécer le manque d'un esprit Courant la prétentaine, aspirant ès retour.
  35. 8 points
    Promener sa douleur sur des espoirs fragiles s'effondrer en pleurs dans des encres indélébiles sur un cahier blanc Et, soudain, entre les lignes, le vol d'un goéland, le chant d'un cygne Soulever sa plume si légère et écrire un poème expatrié, en bandoulière dans un cristal de Bohême Et la douleur vous quitte doucement, se love dans les mots que se passe-t-il ensuite ? S'éclipsent les corbeaux il faut que le poème s'envole entre chien et loup ou à l'aube quand les paroles ouvrent leurs verrous la douleur rentre de promenade sur des rêves de sable noyée dans le chant des cascades elle est incroyable elle se transforme en jouissance Accroche ton poème à la patte d'un oiseau en partance qui emportera tes stigmates tu es sous les palmes tendres d'un jeune dattier au loin, tu regardes les cendres de tes amours embrasées et tu promènes ton plaisir de ces douleurs cicatrices en écrivant tes souvenirs mêlés de feux d'artifices Quelqu'un lit tes poèmes il comprend tes douleurs qu'il a écrit aussi lui-même, autrement. Il dépose un cœur. (J.E. Juin 2020)
  36. 8 points
    Bousculade A ma mine de bouffées délirantes et à ses cieux estimés trop gris, j'emprunte des rives courantes sur mes lignes de vie aguerrie. J'aime les pulsations percutantes et même les héroïnes festives, je vis d'aventures pétillantes passagères et attractives... Je ne traque ni l'amour, ni le jour, n'existe que si le tant est permis, mais garde le recueil d'un séjour lorsque je t'écris, mon ami.... J'intercepte les rais d'un soleil me charmant d'ardentes conditions puisqu'auprès d'un toi s'éveille tout l'art d'un risque de passion. -Epicene- Juin 2020
  37. 8 points
    Un calice de rose inondé d’aube blonde Frémit tout doucement devant les cierges d’or, Une île aux colombes t’enlace à bras-le-corps Te noyant sous les flots de ta robette oblongue. Est-ce un rêve nacré ? Le clapotis des psaumes ? Des sens en mignonnette à l’abri des orages ? Toute la lumière, le silence, t’engagent Vers les anges rieurs apparus sur le dôme. C’est une autre naissance au matin des merveilles, Un chant ovationné dans la fraîcheur des sources Où l’étoile truitelle a frayé dans sa course Sous son vivier d’amour, ton prénom qui sommeille. Ce ruisseau à tes pieds, clameur de l’oasis, C’est le fourmillement de toute la nature, Un conducteur secret qui libère et rassure A chaque feuillaison quand la mort nous envie. Courtisane bénie en accroche-rayons, Ton entrée dans les eaux, les paupières fermées, Deux pétales dormant sur la berge sacrée, C’est un nénuphar blanc au Jourdain sabayon. Et parmi les ondées, la buée de ton âme, Et jusqu’à ton sourire en digue de framboises, Volètent nos baisers délaissant nos cervoises Pour presser de ce jour le parfum qui t’acclame, Tes yeux ouvrant la brèche à des cieux qui s’enflamment !
  38. 8 points
    Le soleil glisse derrière les murs Allonge sa lumière sur la baie Offre Des oiseaux chanteurs Aux musiques des dunes Un parfum de tiaré dans l’herbe foulée Comme une note de piano pénétrée de silence La voix de mon exil devine mes pensées Je descends vers l’océan Au revers des minutes Le sable brillant Hypnotise les ombres
  39. 8 points
    La libellule aux anneaux de cristal Virevolte entre les joncs des marais. Ses ailes vibrent d'un son magistral Stationnaires sur l'onde animéeElle semble se mirer sur la surface. Quand soudain ricoche en dualité Son image sur l'onde de la glace, Si fine et si aisée d'agilitéL'amour est pareil à ce petit ange. Lorsqu'il virevolte dans notre coeur Il vibre de sensations d'échanges Aux amants qui frissonnent de bonheur.L'amour va et vient sur l'onde bleue Se pose pour mieux se déguster, il chuchote des promesses au creux De leurs oreilles finement ourlées (Tous droits réservés)
  40. 8 points
    Lorsque tes yeux brillants sont plongés dans les miens Déversant la lumière des reflets de ton âme Tout mon être palpite du seul souhait qui l’emplit Je veux te voir comblé d’un bonheur infini Je t’aime. Mon vœu le plus précieux est que tu sois heureuse Que ta vie soit sertie de moments magnifiques Que tu sois transportée par ces forces mystérieuses Vibrant dans les nuances d’un sentiment unique Je te souhaite l’amour sans limites Cette vague irrésistible qui décuple l’énergie Et te portera loin dans ce qui te passionne, Torrent d’inspiration pour l’œuvre de ta vie Je te souhaite l’amour à la pureté sacrée Dont le halo s’élève bien au-delà des hommes Du moment que tu sens la chaleur dans ton être Peu importe le cœur où sa source vient à naître Je te souhaite d’accueillir la beauté du voyage, Te voir sauter pieds joints à bord du train en marche Cheveux ébouriffés, riant et essoufflée Libre. Et prête à savourer Car tu es un trésor, pépite d’humanité Et tu mérites de voir les plus belles couleurs Se peindre dans ton âme, Bouillonner dans tes veines et sourire dans ton cœur Toi, miracle qui bourgeonne dans les sillons du monde Le feu sacré des astres scintille sous ton écorce Te voir fleurir, vivante, sous le jour qui t’inonde C’est tout ce que je souhaite, et ce de toutes mes forces. Je serai présente pour toi Où que te portent les vents traversant l’existence Tu n’as qu’à tendre la main pour rencontrer mes doigts Et ma simple volonté d’attiser ton bonheur, que nul souffle n’érodera Où que me portent les vents qui gonflent les voiles des cœurs Je manifesterai partout, sans cesse, en ton honneur La passion incontenable que tu m’as inspirée Depuis nos premiers mots mêlés sur un parvis Depuis nos premiers gages et l’électricité De notre première étreinte et du premier je t’aime Depuis nos larmes de joie et le premier poème A l’image du regard sauvage et intrépide Pour lequel l’horizon ne peut se résumer à une unique route, Un unique paysage, Un seul point de lumière au creux d’un ciel limpide A l’image du soleil qui se saurait briller seulement pour une personne Que ton sourire rayonne Alors que tu t’envoles célébrer chaque seconde, La multiplicité des sentiers à tracer, La vasteté du monde. Écrit le 24 Février 2020 par Charlotte Dubost / Poésie des rues
  41. 8 points
    Vous mourez et voilà que je bâille Vous rendez au silence sa monotonie A l’horrible sourire de la mort qui vient Vous mourez en moi Inoubliable cortège D’un souffle carmin et lent Vous mourez et voilà que je bâille Comme l’océan sous l’écume Et l’horrible sommeil au rêve évadé
  42. 8 points
    La tasse refroidie et le feu qui s'éteint, Les vitres embuées au châssis de poussière. Sur le bord du linteau, au vieux cadre d'étain Un couple se sourit en halo de lumière. Sa tête sur les bras et croisés en prière Sur la toile cirée où se fanent les fleurs, Les mots gravés là que ses doigts supplièrent D'une larme de sang s'écoulant de son cœur... "Acytoile sur lique", bombes à tags, couteaux et une pensée genou à terre à Soulages...
  43. 8 points
    La maison déserte J’ai gravi des collines et descendu des pentes D’un pas lent et serein, j’ai avancé, confiante, Pour arriver, enfin, au seuil de ta maison. Je revois cette façade aux roses à foison, L’allée, sur le côté, bordée de chèvrefeuille Au mille petits soleils comme un signe d’accueil Qui rappellent à mes yeux, à mon cœur, à mes sens Des parfums oubliés, les senteurs de l’enfance. Je retrouve le coin où était ton panier Celui que tu prenais au pied de l’escalier Et que tu remplissais de légumes et de fleurs Que tu me présentais avec joie et candeur. Mais les volets sont clos et la porte fermée : Dans une contrée lointaine tu as déménagé. Les toiles d’araignée oscillent aux fenêtres, La balançoire attend dans les branches du hêtre. Une chaîne rouillée ceint la grille du fond, Massifs, haies et parterres sont tous à l’abandon. Il ne reste sur place que le doux souvenir Du bonheur disparu et des anciens fous rires… Dans ton nouveau pays es-tu enfin heureuse ? Remplis-tu ta demeure de ta belle voix joyeuse ? Je reste silencieuse devant la maison vide Qui attend ton retour dans son écrin placide. I.L.B.
  44. 8 points
    Quand l’ombre se noue au miel du tilleul, Que n’importent plus les remords du temps, Dans ce parc de juin pour les cheveux blancs, Je m’en vais guider les pas de l’aïeul. Ce fringant monsieur au teint polisson, File les années sans d’autre douceur Qu’un petit baiser, la tierce majeure, Sans avoir recours au diapason. Le récit des vents loue son beau visage, Garde ses printemps sous son oreiller Et ce cœur qui bat dans les champs de blé Ouvre grand la main aux ruées sauvages. Sa paume, fragile, autrefois d’airain, M’offre en vérité un duvet de pêche Qui grise mes doigts vaniteux et rêches Épongeant mes jours d’insolent gamin. Ses yeux n’oublient pas les rais de l’enfance, Les nuits d’histrion dans les foins fermiers, Du premier amour à fleur déliée, Les parfums si doux de l’insouciance. Pour lui chaque rose a sa belle histoire Comme les cailloux quand il se confie Pour fuir le docteur au cœur rabougri Qui redoute tant l’ultime éteignoir. Il évoque en l’air la belle cueilleuse, Celle qui viendra l’été sous la treille A son dernier souffle à fleur de sommeil Pour presser son âme aux nues liquoreuses… Mais ce soir on danse et on fait la fête, Il m’entraînera sur la piste bleue Avec une étoile et un châle heureux Dans le trémolo d’une nuit guinguette !
  45. 8 points
    Early Earth by Don Dixon L'aile de la tempête n'est pas passée loin. L'amour nous désapprend. Il est fait de choses arrachées dans la hâte, obsessionnel et arpégeant avec ses longs bras fuselés qui ombrent de lumière le coeur et ses revers. La trombe marine a frôlé mes paumes ouvertes. L'amour nous agenouille à la nudité des stèles. Il coule avec l'agilité du sang. J'en porte le goût au coin de la lèvre. C'est un parfum sentinelle, celui des fleurs pieuses. La vague scélérate m'a pris mes heures bleues et mon âme, chavirée, en ton âme dort. Le jour est venu après bien des prières. Il faut s'aimer encore.
  46. 8 points
    Au-delà de la dune on ne voit que du bleu Celui de l’océan nappé d’or et frileux Qui se fond au lointain avec celui des cieux Litanie de pastels pour le plaisir des yeux A nos pieds que du sable, étendue vaste et claire Qui s’étend jusqu’à l’eau rugissant de colère Les rouleaux lancinants claquent avec ferveur Murailles déchaînées aux intenses clameurs Ourlés dans la lumière ils déferlent sans fin Grondements incessants jaillissements d’embruns Plus au loin l’océan et son étroit sillon Qui scintille au soleil en mille croisillons Symphonie éternelle aux accents infinis Fringante allégorie d’une fronde impunie Cette mer qui nous cingle au gré de son écume Laisse à tout rêvasseur un parfum d’amertume
  47. 8 points
    Résignée Sous un ciel de drames perpétuels Tu enfonces le clou, Epousant la solitude Plus douce encore En victime de ce monde et ses abîmes, Emportant toute latitude. Le tracé de tes pas Dessine une de ces rives éternelles, Plus furtives, tranchantes qu'autrefois Où s'inscrivent l'infini, la démesure, Pour ne plus dire que c'est toi. Et tu colportes quelques mots, Qui vont, que j’examine, Ta voix n’est plus, pas un écho Mais l’encre de ta Chine... -Epicene- Juin 2020
  48. 7 points
    Dans le monde invisible où sont les fils ténus Qui font notre destin au hasard de nos vies Je t’aurais rencontrée et je t’aurais tenue Bien serrée dans mes bras quand tu m’aurais suivi Et nous aurions goûté ensemble sous les nues Les plaisirs de l’amour au gré de nos envies Je t’aurais admirée intelligente et nue En découvrant en toi tout ce qui me ravit Le monde parallèle où tu étais présente Est maintenant exclu de mon propre univers Un éclair a suffi pour que tu t’en absentes Dans l’infini possible un jour imaginaire Je te retrouverai tu liras mon poème En nous reconnaissant tu me diras je t’aime
  49. 7 points
    Sortilège J'ai le regard pour la fascination, Lune de tes occultes empreintes M'éprouvant de cartes passion, Frappée de l'ardente complainte. Je prendrai l'amulette de ton cou Pour veiller sur le charme rompu, Laisse-moi m'éprendre de ton pouls Et de ses cabales impromptues... Les grimoires de ton ciel déganté Dénoncent mes trajectoires privées, Dès lors que je t'écris, c'est tenter, Pour mieux encore te peaufiner. J'ai caché quelques éclats de nuit Où le maléfice s'inscrit à l'enfer De tes doigts impliqués de minuits Les étoiles se dégriffent de que faire ? -Epicene- Le 2 Juillet 2020
  50. 7 points
    Le petit moulin. Je suis un lutin un petit moulin ; Jadis, nous étions une armée protégeant les affamés. Nous défiions les vents et narguions les tempêtes, nous résistions aux ans et traversions les siècles. De toutes nos forces, nous écrasions le grain et dissipions les chagrins. Nous faisions rire et danser la foule ; Mais par un triste matin de houle, nous avions été décimés par la modernité. Avec l'honneur du vaincu, mon socle de granite a survécu. A mes pieds oubliés, par la ronce déchirée, ma meule, tel un gisant, repose dans la lande d'Ouessant. ROUSSELOT

Association régie par la loi du 1er juillet 1901, Accents poétiques vise à promouvoir les auteurs littéraires méconnus ou peu connus à travers la publication de recueils à compte d’éditeur. En offrant un forum de poésie à toutes les personnes désireuses de partager leurs muses, nous souhaitons également permettre à toutes les plumes de s'ébattre librement en ligne dans un cadre ouvert mais néanmoins garant d'une certaine qualité littéraire à travers les sélections de notre comité de rédaction.

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