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Showing content with the highest reputation since 08/20/2020 in all areas

  1. Painting by Corinne Rubens Sous la peau des femmes de l'humus tendre une douce langueur mais aussi parfois un troublant émoi qui presse les veines de belle vigueur Sous la peau des femmes des parfums féconds de fruit et de fleur et tant de sueurs pour chaque désir Un sang qui accourt empourprant la chair Des frissons impurs qui désossent l'âme brûlent ses nervures de sombres jouissances Sous la peau des femmes s'ouvrent tant de cris effilés de larmes
    14 points
  2. Je tourne un peu la tête et je sais où s'en va le silence. Il caresse la mer. Il gravit la colline et fait le tour de l'île. Après l'orage, il s'accroche au soleil. Il longe un peu la plage. Il est pareil au vent. Il baisse un peu les yeux avant de repartir, puis il revient vers toi. Il invite la nuit et ferme ta fenêtre. Il penche un peu la tête et il retient son souffle, une dernière fois. Il effleure ton cou et tes rêves, comme un baiser qui vient mourir dans tes cheveux. Comme un serment
    14 points
  3. Quand les archets seront plus doux sur l'âme des violons entre les branches des chataigniers on ira en forêt on écoutera le silence le souffle des lyres sur les rus où saignent les absences Des doigts effilés balaieront les nuages et le ciel s'agrandira de sept ambres les hellébores lentes, les pensées et primevères, fleuriront dans les bruyères au nez des crocus jaunes et des arbres aux faisans ... Les physalis secrets aux cœurs accrescents sortiront de leur cage aux premiers souffles de vent.
    13 points
  4. La nuit passée à lire et au petit matin Le miracle du chant d’un oiseau sur la ville Qui doucement s’éveille au-delà du jardin Un chant dans le silence et les arbres tranquilles Je guette les instants où s’arrête incertain L’intervalle en suspens posé entre deux trilles Et cherche à percevoir provenant du lointain Les premières rumeurs qui traversent les grilles Je me tiens solitaire à l’écoute des rues Elles hésitent encore à rompre l’harmonieuse Indécision de l’heure où la vie retenue Va bientôt m’envahir de sa for
    13 points
  5. il suffit d'un dimanche silencieux au soleil de midi d'une rue pavée à l'ombre des platanes d'une librairie cachée sous un balcon en fleurs d'ein Flaneur in Berlin* passant là nonchalamment d'un reste de sérénité à l'aube de l'automne pour qu'un poème s'auréole sur une feuille volante tachée de ronds de café Berlin, le 7 septembre 2014 *en allemand = un flâneur à Berlin (Il s'agit également du titre d'un recueil de textes de Franz Hessel)
    12 points
  6. L'Évadée du Harem Au jardin secret du sérail Une odalisque danse nue Sans bijoux d’or ni de corail Ne gardant pour seule tenue Qu’un voile fin sur ses seins pâles Où de fines perles de pluie Font de chatoyantes opales Tandis qu’elle tourne dans la nuit Circassienne au teint de lait Raptée de quelque voïvodie Elle est captive en ce palais Enfer aux airs de paradis Elle fut, encore adolescente Maudite de trop de beauté Jetée en pâture, innocente Elle découvrit la cruauté Un triste jour, elle
    12 points
  7. Encore des cristaux de fleurs matinales sous le givre de nos bouches ; dans l'hypogée des songes, ils attendent parmi les bruyères sanguines de l'aube. Faut-il se dédire du velours de nos voix, cueillir l'ombre entre nos paupières ? Prier à tâtons sous le linceul, un genou dans la tourbe enfiévrée, de la limaille comme seule obole. Au dernier labour des heures bleues, que notre pas jamais ne se dé robe.
    12 points
  8. Quand le jour s'achève, Quand soudain le rêve Borde mon chemin, Comme protégé, J'aime au vent léger, Te donner la main. Suivre la prairie, Jusqu'aux métairies, Joyeux riverains, Les yeux dans le ciel, Croire en l'hirondelle, Te donner la main. Sous les grands feuillages, Dans les bois sauvages, Espiègle sylvain, Le long des mélèzes, Je veux luth aux fraises, Te donner la main. Courtiser les monts, Les fleurs du vallon, Berger haut-alpin, Boire à
    11 points
  9. Il y a dans ma mémoire... Il y a dans ma mémoire des chemins Aux mille visages d’automne Aux traits fins comme des fils d’or Et des lumières boutant l’obscurité Des feuilles aux sons cristallins Des papillotes défroissées de nuit, Des mains puissantes et tranquilles D’hommes forgeant la matrice du rêve. Il y a dans ma mémoire des chemins Aux yeux de jade ouverts à l’enfance Des goélands chorégraphes martelant le sol Des badauds ébahis stoppant leur fuite en avant Et encore tant et tant de l’invisible, L’
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  10. Musique Maestro musique s’il vous plait Que je n’entende rien rien que cette sonate Qui me fera pleurer maintenant je le sais Quand elle sonnera sous la lueur d’Hécate Ce n’est qu’un souvenir vos lèvres incarnates S’offrirent tendrement pour un baiser parfait Que je n’espérais pas mais vous me l’accordâtes En écoutant cet air tant il vous transportait En remerciant Ludwig et ses notes prenantes Je vous pris dans mes bras brûlant d’une passion Que le piano avait rendue bouleversante Le morceau terminé au retour du si
    11 points
  11. L’autre jour Je circulais dans Neuilly Quand je fus tout ébahi Je vis Hubert Et sa Rover Je vis Edward Et sa Jaguar Je vis Inès Et sa Mercedes Je vis Henri Et sa Ferrari Je vis Leticia Et sa Lancia Je vis Louis Et sa Maserati Je vis Marie-Sabine Et son Aston Martin Ils me virent tous Moi, Bertrand Et ma Trabant
    11 points
  12. Ma tête tourne comme un manège de chevaux de bois Tant de rêves comprimés jaillissent des cartons des orgues de barbarie J'ai en bandoulière des chansons d'amour sur l'archet du crépuscule et parfois, la nuit des poèmes gris Ma tête tourne comme un manège de cheveux de comètes ai-je vécu seulement ou bien tout inventé ? Quand je penche la tête pour faire un peu de place mes rêves s'échappent et tombent dans le vide Ma tête tourne et l'orgue dé
    11 points
  13. Rêves Nébuleuse endormie aux confins des silences, c'est un vaste néant où je vais disparaître; sans pouvoir à l'instant où je cesserai d'être aviver de ce ciel les trop pâles nuances Quand d'un œil triste et froid la lune nous observe, et flotte infiniment l'immense nuit d'été, sombre et surnaturelle,ombre pourpre et bleutée où s'agrège en secret la matière des rêves De l'invisible j'ai entre ouvert une porte; Les esprits vont et viennent et passent sans nous voir occupés d'un ailleurs qu'on ne peut concevoir
    10 points
  14. Des Aveux pour Septembre. J'ai pensé l'amoureux au bord du gouffre, le coeur vaporeux, les doigts qui souffrent. J'ai invoqué l'amer et pour me satisfaire des airs solitaires au plaisir de ta chair... J'ai pansé l'amour fou, celui qui désarme, que j'aime plus que tout, lui seul a du charme. Tu voulais des aveux un jour de Septembre, je renais dans tes yeux, dans la nuit qui se cambre. -Epicene-
    10 points
  15. Bonheur explosé. Un grand éboulement intérieur et rien n'est écarté des plus âpres ravages. J'ai laissé l'écorce trop longtemps refermée. Les larmes ont rebroussé chemin jusqu'où pousse l'obsession. Si j'écris loin de moi dans l'écho oublié c'est que l'espoir y résonne plus fort. Ma chandelle est morte je n'ai plus de mots qu'au nombre de deux : encore aimer aimer encore
    10 points
  16. Comme tout est calme, ici, de nouveau, Un silence murmure : tu es absent ! Et là, plus profond, en un vieux caveau, Je pense à toi qui toujours l’attends. O comme la lumière est pâle, Faiseuse d’ombres, elle heurte les pierres, L’ombre court, étendant son châle, Elle s’est jointe à mes prières. Ma mère, est-ce là le seul chemin, Cette vaste et singulière nuit Où vont se perdre tous nos chagrins, Et se fondre aux sources de l’ennui.
    9 points
  17. Ton visage pleut sur les herbes hautes et revient l'odeur de terre mouillée qui prépare l'automne et les chemins de solitude qui vont bientôt tendre leurs bras La maison sur châssis aux gouaches vives bâtie de passions et de larmes, abandonnée dans les acalyphas avec sa longue table déserte et ses lits vermoulus où le temps s'est perdu, n'est plus qu'apparence La nuit a tendu sa toile démesurée sur le jardin sauvage où un saule muet désespère Sous son corset de soie, une
    9 points
  18. J'aimerais — mais n'est-il pas trop tard — Quand la lune se brise En rayons sans reflet sur des nuages noirs Foutrement sur la frise Des manques alarmés Vers tant de ridicule où mon corps se délite À rire de tout faute de se sauver Et pourtant je sens bien que m'habite Un commencement d'amour — Amour du commencement — Comme un cri pas si sourd Fors ma bouche qui te ment. Alors je dis — au risque de tout perdre — Qu'à l'horizon bouché des rêves d'Artémise Ton sourire, arrachant de mes deux yeux la merdre, Sublime
    9 points
  19. Empreinte Quelle est cette empreinte Caressante et sans mensonge Qui sur la ramure des blessures S’agite puis semble sombrer Comme un soir perdu Quand virevolte un regard Et que la solitude se creuse Le pas ne sait plus son fardeau Il est ce passé où les couleurs se diluent Dans les soupirs du temps Alors le cœur bat plein de devoir Puis bat plus encore Pressé d’écorcher la lumière
    9 points
  20. Comment dire adieu après tant d’années ? Toutes ces pulsions nocturnes inavouées, Tous ces instants collectionnés à la hâte, Consommés dans de vaines jouissances, Puis ensevelis sous d’infâmes souillures. La matrice des illusions est en surchauffe. Dans les circuits siliconés à moitié fondus, Des clichés interdits en strates stériles ; Des vieilles bobines éventrées de films. La machine à rêve crache des cauchemars. Une ombre s’enlise dans la lueur des écrans. Une main tremblante s’accroche à l’horizon ; Un doigt hésita
    9 points
  21. Parages sauvages Nature étrangère Minée par l’attaque Des rus des orages Sud de mars de lune Fougères de plastique froid Dans l’ombre du soir Fondant au levant La voix rauque du vent Pousse les brumes Dans le creux des traverses Leur écume s’étale Bascule aux crevasses V
    9 points
  22. J'allais sur les chemins où chante le grillon,A la tombée du jour quand les trilles du merle Ont cessé de jouer à la nuit qui déferle Comme le fleuve en crue recouvre le sillon.C'est ici que s'abrite un tout jeune oisillon Que la chute du nid expose en une perle Quand de ses mains la nuit roule le jour et ferle Sa dernière voilure à son mât d'artimon.Et le vent qui frissonne, oubliant la nichée, Ne voit pas l'oisillon et son aile brisée. Il n'entend pas ma voix pas plus que ma colèreQuand je lui dis tout bas de se montrer clément, De retenir son bras cruel et délétère. Qu'il
    9 points
  23. Ça va tu vas en classe et c’est un truc de ouf Et la nouvelle prof t’as vu si elle est djomb Je te jure ma vie c’est vraiment pas la pouf Qui fait son bla-bla-bla c’est carrément la bombe Ta coupe de cheveux on dirait une touffe Tu te prends pour Neymar je te pousse tu tombes Tu peux te la péter et faire du barouf Tu crois qu’avec la glu on pécho les colombes Allez en quatrième on n’est pas si fortiche À faire le zozo on s’en prend plein les miches Et t’es pas beau à voir quand tu vas au tableau La question à la gomm
    9 points
  24. – J’y vais … Tu viens ? Tu rêves ?! – Attends ! – Quoi ? – Regarde … – C’est beau ! – Reste un peu … – C’est loin … Tu entends ? … – C’est longtemps ! – Les hirondelles … – C’est vrai qu’elles vont mourir ? – Tu n’as pas froid ! – Il va neiger, là-haut, dis ? – Je sais pas La brume … Tu restes ? ... – Je sais pas.
    9 points
  25. L’entendez-vous, le bruit de l’espoir qui se brise ? Quand le rêve d’être aimée, sauvagement se défait, que le songe d’être à deux pour voir les aubes poindre soudain s’évanouit. Ô cette envie de vivre chaque saison, cuirassée de ciel bleu, qui perd son chemin… Et ce désir d’enfanter les sangs futurs qui se heurte à l’impossible... C’est un bruit terrifiant plus vaste que la mort. Un cri de pierre frottée aux fenêtres du cœur. Une plainte évadée de la chair qui naufrage comme un râle de mer dans l’aigu du silence. L’entendez-vous, mon âme,
    9 points
  26. Tant va la flèche au cœur qu’à la fin je m’en lasse Au bout d’un jour chéri incendié des rayons D’un soleil empathique au trajet des layons Qui traversent ma vie et mon cœur et m’enlacent Oublieux de la peur des fatales crevasses De l’appel des corbeaux dans l’éclat des moissons De l’amère vendange au son de ma chanson Du piège qui me lie au défaut de cuirasse Je me sens étranger aux appels insistants Des aigles affamés dont l’envol éclabousse Le corail de l’azur de remous persistants Et ne cherche qu’à fuir pa
    9 points
  27. Nos mains enlacées disent leur bonheur de s’unir Nos âmes contemplent muettes l’au revoir imminent, Laissent rouler quelques larmes à travers nos sourires L’invisible pour l’esprit que seul le cœur ressent Me noue la gorge parfois, souvent Cheminement sans fin dans l’étreinte de la brume À chercher à tâtons l’interrupteur de l’être Constellant de questions le silence nocturne Cœur tourné vers le ciel, la justesse pour seul vœu À scruter les nuages, leur arrachant l’aveu Qu’une paix harmonieuse sourit au-dessus d’eux La paix de ceux qui savent que l’on
    9 points
  28. Girl in the Meadow by Lorraine Skala Je marche au hasard entre les herbes blondes avec ma robe bleue au froissé insolent, ramassant des parfums d'armoise et d'alchemille qui infusent lentement entre chair et peau. Le soleil tout entier se loge dans ma gorge où il s'aromatise de doux bouquets tiédis. Aucune brûlure, à peine une flamme que j'attise à l'envi avec mon propre souffle comme un petit brasier de joie
    9 points
  29. Les morts n’ont rien dit de la terre que l’on verse, Comme autant de souvenirs en nos mémoires. La terre humide, la terre qu’un ciel noir confesse Sous la cendrée, a mis les cœurs en nonchaloir. Ils avancent, leur terrible certitude Des choses immobiles sculptant le silence, Qu’au phare de la nuit, de ses habitudes, Le temps, celui qui fut, n’est plus qu’absence. Et pensant d’antiques et lointaines lumières, Leurs yeux creux tournés vers d’aveugles fenêtres, De leurs mains glacées en la pose familière, Creusent d’infinis vid
    8 points
  30. le ciel sentait à fleures la mer écrasait ses ailes sur les rochers j'avais envie de crier mais le cri se collait à mon corps et fondait. des journées entières j'ai marché avec ton sourire entre mes mains à la fin je l'ai abandonné sur un banc et j'ai caché ton silence dans une feuille sèche puis je me suis enfuie. depuis le ciel est mort dans la nuit de mon œil et mes mains pleurent agenouillées.
    8 points
  31. Johann Füssli - Silence - 1801 Ma douleur au bord de lèvre nerfs vrillés qui tant supplicient. Eclairs dans la chair jusqu'à l'oeil épargné comme une damnation insensée. Rien ne se laisse voir sous la face impassible. Ma souffrance aux minuscules dents, tu es laide et invisible. Je te crains, je te hais, ennemie infatigable. Je suis là, pâle, différente, je maquille mes pleurs, je hurle pour appeler ma mère comme au temps de l'enfance et je presse chaque jour le pas vers la nuit car seul le
    8 points
  32. Mon amour Mon arbre de vie Dans le champ de l'ultime sommeil Ma lande vivante Couleur Carmin-de-sang vif Au dernier instant de mes souvenirs En exil de toi Comme si Le sucre manquait au miel La fleur aux fragrances et à l'abeille désorientée Qu'importe l'épaisseur du fil Sur la tresse du temps Même fragile Je serai là pour toi Brûler la mémoire Ne garder du passé Que le reflet des flammes sur le verre brisé
    8 points
  33. Peu à peu se perdent les chemins trois pas là ne mènent plus nulle part qu’à des souvenances errantes au gré d’humeurs paresseuses vapeurs solennelles au goût d’éternelle absence seule l’hirondelle avec le chant de la mer tracent de douces heures sur les rives d’un cœur à marée basse passe l’ombre ultime un naufrage d’antique augure chaque instant est l’ultime embrassade du sort.
    8 points
  34. Au cœur d’un nid douillet de lettres midinettes, Quelques mots ont éclos et cousent la rosée, Un prénom, plus hardi, s’attribue la becquée D’un stylo imbibé d’une encre violette. Sur la page du jour loin des carreaux de givre, Une jolie fillette au toucher hésitant Câline un C couffin, une lune en croissant, Puis un L envolé de libellule libre. Advient un E chétif, bout de peigne édenté, Le M est magistral, deux monts, cimes marbrées ; S’essouffle encor le E ébouriffeur d’écume. Le N nargue Nelson route N
    8 points
  35. je t'ai respiré profondémentpour que tu restespour que nous puissionsnous déshabiller de nos corpset nus comme des ombres chauds faire l'amour directement avec nos âmes se moquer de la mort parce que on n'avait plus besoin de la fin si le commencement n'existait pas. je voulais que tu restes un peu comme par hasard nous assurer la sortie quelque part dans les coulisses du monde que tu restes pour te dire mille fois adieu que tu me poignardes mille fois par nuit tout en écoutant mon rire à chaque fois que je meurs de toi. je voulais que tu restes pour t'apprendre à s'e
    8 points
  36. Les cigales ont déserté les midis défraîchis dans les collines tendres où le thym a blanchi il y a comme un silence inattendu les écorces se taisent, lèvres cousues delà le temps, dans l'ombre des allées, tu m'attends là où je ne voulais pas aller dans le creux des nids où explosent les orages les oiseaux se sont échappés de leur cage Je viens, ta voix m'entraîne j'ai toujours cru au chant des sirènes et j'aime le long chemin jusqu'à toi je jette mes comment, mes pourquoi tu m'attends sur ta rive incendiée de songes je viens pour
    8 points
  37. J'essore un peu mon coeur et le jette au fond de mon sac noir. "Là, tiens-toi tranquille, tu me pèses beaucoup trop lourd!" Puis, je prends le pli des gestes ancestraux : je me rimmelle, me blushe et me crayonne. J'accroche à mes épaules la première robe, celle qui me corsète d'anthracite. Mon coeur se débat dans sa tanière de cuir. Je lui cloue le bec en refermant le zip. J'enfile pour finir mon sourire de miel et de lait. Je suis cet éphémère qui s'ombre avec méthode. " Tu n'auras pas ma peau aujourd'hui, c'est écrit dans ma b
    8 points
  38. Chez tata Lara Tata Lara Tatouille Sûr qu’on mangera La rare ratte à touille On méritera Sa bonne ratatouille. bis C’est une vraie experte Qui se lève aux aurores, Comme elle a la main verte Elle cultive un trésor, Un jardin de Provence A l’orée d’un maquis, Où dame Providence Offre ses meilleurs fruits, De merveilleux légumes Sans maltraiter la terre, Avec quelques agrumes Pour les siestes d’hiver. Mais voici la saison Des tomates bi
    8 points
  39. Je m’emberlificote à retrouver ton sens De l’embrouillamini dans lequel tu t’engages Vers tarabiscoté qui surgit dans la page Et vient tarabuster mon souci d’élégance Tout ce salmigondis de rimes en puissance Et ce galimatias qui revient à la charge Crainte du pataquès se glissant à la marge Vous qui m’interloquez par votre outrecuidance Je me sens serviteur devant votre arrogance Verbes dominateurs qui me forcent la plume En taillant mon poème à l’égal d’un costume Dans lequel à l’étroit j’écris la poésie C
    7 points
  40. Te souviens-tu Sasha quand arrivait la nuit Et ses jeux de clarté au travers des persiennes Que les vantaux filtraient dans les nuits parisiennes Animées par les feux des autos sans un bruit Seuls ces jeux de lumière offraient à ton esprit Cette imagination à ces soirées anciennes Sur les murs de ta chambre ondulaient des gardiennes Elles veillaient sur toi avant que ne s'enfuit La dernière voiture et ses phares allumés Tu plongeais à nouveau dans les obscurités Que l'absence des feux rendait à nouveau libres Les jeux d'ombres fuyaient rep
    7 points
  41. J'avais rendu visite à ma vieille cousine Qui joue de l'olifant sur le deuxième anneau De Saturne où vivent ses amis, les robots, Cénobites joyeux arborant bonne mine. Moi, j'avais apporté les boîtes de sardines Par elle demandées venant de Concarneau De la conserverie rue Grange des pourceaux À partager au gré des ondes séraphines. Des robots de cuisine débarquaient les verrines Qui accompagneraient maints célestes tourteaux De cet espace-temps infini et si beau Quand les lunes d'avril dardent du feu l'épine. J'i
    7 points
  42. Ce matin J'ai posé le papier sur la table de la cuisine, et j'ai allumé le gaz, pour me faire un café. Je n'ai pas trouvé le stylo. Je suis sorti dans le jardin et j'ai dit bonjour à la salamandre aperçue la veille, sous la pergola. Une escadrille d'hirondelles rasait les murs de ma maison. Les papillons batifolaient. J'ai suivi un lézard, et j'ai picoré deux ou trois framboises, bien mûres, dans le potager. J'ai cherché le soleil dans les pins. J'ai respiré le parfum envoûtant de
    7 points
  43. L'écolier embarrassé - Jean Geoffroy - 1908 Ton angoisse te noue le ventre face à l'immaculé tableau N'aie crainte, petite graine frêle, tu vas germer vers la lumière Je serai là pour y veiller N'écoute pas les sots railleurs Ta page blanche est poésie Elle attend que tu y dessines un peu de ce toi qui pétille Je t'extrairai du fond du puits où tu t'enroules dans tes peurs Tu pourras hisser haut tes rêves aux chemins que je t'apprendrai
    7 points
  44. Fragile la grappe de glycine dans ta main vide comme un raisin qu'on assassine sur des lèvres avides Fragiles les mots d'amour dans ton cœur esseulé comme des belles de jour au parfum de terre remuée Fragile le temps à la fenêtre sur tes tempes brûlantes où déjà s'enchevêtrent des lianes sanglantes Fragiles les lieux, toujours, où s'incrustent les souvenirs dans les yeux des troubadours sur des ailes de lyres Fragiles, enfin, les horizons quand la brume s'éparpille
    7 points
  45. La poète habillée a perdu son habit Elle marchait autour de l’étang vêtue d’une robe Qui prenait des allures de biche Elle galopait sans se retourner Et les baies sauvages qu’elle prenait pour des fruits mûrs Se sont attardées sur sa peau aux mains violettes Elle n’avait pas de dessein et pourtant dans un entrefilet Il est écrit qu’elle avait sur le flanc une empreinte Qui ressemblait à celle d’un poème d’Anna Et à chaque fois qu’elle meure, elle renaît Et le frère attristé voudrait se jeter à l’instant choisi Mais la vie ne choisit
    7 points
  46. Il s’étend tout au long du rivage et des criques Sempiternel sentier à jamais magnifique Du matin jusqu’au soir il surplombe la mer Cajolant ses couleurs épousant sa lumière Par temps gris et couvert les eaux tumultueuses Sont le reflet d’un ciel aux teintes ténébreuses Effrayante alchimie d’une terreur larvée Notre chemin côtier apparaît délavé Sous un ciel mitigé l’horizon éventé Tel un vaste blason aux fasces argentées S’étend à l’infini au gré des traînées blanches Défigurant des cieux qui dans la mer s’épanchent
    7 points
  47. Signes indistincts pleurs chaos des sentiments Sillage de lumière instinct vers le passage Chemin du labyrinthe et tous les manquements Terribles et poignants les erreurs du message Le linceul sur le sol des remords des amants La mer est en furie au loin sur le rivage Murs vent ciel brume et vie et vie absolument Ordre défaite main qui couvre le visage Poussière dans les yeux porphyre et améthyste Prenant tous les regards sur la dune écroulés Corps aux membres sanglants et aux têtes de Christ Fêlure de la nuit l
    7 points
  48. Toutes ces mains qui tissent la nuit Aux bagues d’or emperlées d’opales et d’améthystes Avec le fil des doutes égoïstes Des promesses envolées et des larmes enfuies Avec la laine épaisse des regards levés
    7 points
  49. Les soirs indolents, insolents, aux parfums de santal, lanternent sous la véranda verte L'été s'éternise entre les pierres brûlantes où pleure un ruisseau bordé de cresson la solitude est légère comme une libellule aux ailes nacrées où je rêve tes yeux Tu n'as ni nom ni visage, mais tes lèvres d'arbouses m'invitent et souvent, au crépuscule, surgissent sous le ciel anthracite Je ne bouge plus, c'est l'heure exquise où ta voix roucoule les mots que je traduis à ma guise Quelque part, d
    7 points
  50. Directrice de charme Son regard vous désarme Parfois un rien vulgaire Elle a tout pour vous plaire A contempler sa frange Elle n’a rien d’un ange Et si cela dérange N'y voyez rien d’étrange Elle aime argumenter C’est sa tasse de thé Grande comédienne Pourquoi pas un peu chienne Toujours beaucoup de classe Son allant vous enlace A jamais ne vous lasse Toujours elle fait face Superbe est sa dégaine Tant qu’elle ne dégaine La gâchette facile Elle sait jouer des cils
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