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  1. Eathanor

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Contenu populaire

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  1. 10 points
    Le monde est noir profond, l’avenir semble éteint La vie s’est retirée ne laissant que des ombres La lune s’est drapée d’un immense manteau sombre Les couleurs sont parties jusqu'au petit matin. Je suis enveloppée par la nuit de satin, Je vais de pièce en pièce dans la froide pénombre Mon cerveau s’est défait de tout ce qui l’encombre Je regarde sans voir, dans un miroir sans tain. Quand le sommeil me fuit, je plonge en moi, je fouille, Et soudain par hasard dans les éclats de rouille Je trouve comme une pépite, une perle qui luit. C’est une fleur délicate aux étamines dorées, Une couronne de mots dont je me suis parée Pour qu’enfin reste en moi l’espérance qui fuit.
  2. 9 points
    pour la version musicale, je n'ai pas trouvé le moyen d'encoder le mp3 dans un format de fichier requis. @Eathanor, une solution ? Cependant, si un musicien de cette belle contrée poétique est inspiré par ce texte, je serais heureux d'entendre une version chantée ! LE FOU ET SA REINE (texte - Pierre Brandao ; musique et interprétation : Yug Cougar) Je suis ton fou, tu es ma reine, Me ferai plus cavalier que ton roi Le tour des mots fait que ma peine A meurtri le pion de mon désarroi Je suis ton fou, tu es ma reine, Me ferai plus cavalier que ton roi. J’épouse à l’orée des silences Le châtiment d’un poète maudit Toi sur les blanches tu t’élances Oubliant la passion et l’interdit Reste le souvenir, Reste le souvenir… Si ma défaite se déchaîne Au risque de provoquer ton effroi Supplie qu’un soleil de phalènes Adoucisse le feu de mes pourquoi Je suis ton fou, tu es ma reine, Me ferai plus cavalier que ton roi. Je me bats sur un territoire Mais je sais le combat déjà perdu Il reste cette belle histoire Sur l’échiquier le fou est descendu Je suis échec et mat, Je suis échec et mat… Au jeu d’ouvertures tu mènes, Stratège remarquable au regard froid Tu abats les pions dans tes chaînes Pour le plaisir de terminer par moi Je suis ton fou, tu es ma reine, Me ferai plus cavalier que ton roi. Rangeons le plateau dans l’ armoire Afin que les regrets soient moins amers Ton fou à l’haubert dérisoire N’écoutera pas l’appel de la mer… La folie c’est aimer, La folie c’est aimer… Je suis ton fou, tu es ma reine, Me ferai plus cavalier que ton roi Le tour des mots fait que ma peine A meurtri le pion de mon désarroi Je suis ton fou, tu es ma reine, Me ferai plus cavalier que ton roi. Pierre Brandao
  3. 8 points
    Le ciel strié de gris renonce à donner vie Seul le vent groupe à l’adret les oiseaux dispersés dans le grelottement d’eaux glacées, de pampres rouillées En ce jour de printemps coule au ralenti le temps Mon souffle dans les feuilles d’ivraie n’éveille aucun écho, le paysage se tait Seul le chuintement lancinant d’un ruisseau accompagne ton absence
  4. 8 points
    Il est fatigué de faire le clown, de dessiner sur sa bouche des lèvres factices aux commissures rieuses . Le crayon dévie parfois et dessine une larme sous l’œil de l'ami Pierrot sur un nuage de mots parme. Il ne peut s'empêcher de faire pleurer les petits enfants quand son cœur n'est pas gai il ne peut les tromper le clown fond le maquillage coule sur toutes ses armures de peintures il s'inscrit au chômage aux sans domicile fixe sans ce sourire démesuré qu'il ne sait plus dessiner, il est perdu il pleure sans rouge à lèvres et n'a plus besoin de crayon pour dessiner sa larme la maladie de clown qui manque d'amour n'est pas reconnue dans le fichier des longues maladies elle est incurable Les clowns meurent de chagrin un joli chagrin caché dans leurs pirouettes et quand ils sont trop fatigués ils balaient leurs larmes d'un geste de la main pour offrir leur coffret d'étoiles ils envoient avant de partir leurs paillettes leurs tours de magie, leurs beaux sourires rouges à lèvres et tous ces rires d'enfants qu'ils ont gardés au pavillon de leurs oreilles pour les lancer de très haut. Et la terre résonne de ces rires là … Plus tard, beaucoup plus tard, ce sera la journée internationale du clown On se souviendra de lui une fois par an, un jour précis, ça le fera sourire un beau sourire sans maquillage et ça le fera rire sans crayon, sans rouge à lèvres. (J.E. Mars 2019)
  5. 8 points
    Là où la lune boit la colline, les lilas bleus, les murs de pierres sèches Près du saule pleureur sur le puits de granit Un simple caillou fait vibrer des cercles de joie L’instant a un goût d’éternité Elle sait les mains ne se frôlent qu’à travers des barreaux Mais elles sculptent les arbres morts, insufflent la vie
  6. 8 points
    Rendez-vous où tu sais pour ce que tu sais. Je viendrai avec des jonquilles ces « jolies jupes de filles » comme tu les nommais. Te souviens-tu mon aimée ? Elles sont belles cette année, d’un jaune peu imaginé. Je les mettrai dans le vase rouge près de notre photo de mariage. Sans aucun doute, tu les aimeras et peut-être tu me pardonneras. Je n’aurais jamais dû partir et te laisser seule souffrir. La maladie m’a toujours fait peur, je ne supporte pas les douleurs, les miennes comme les tiennes. Tu attendais que je revienne, mais j’étais parti loin, très loin, je ne voulais pas être témoin de ta souffrance, mon amour. Mais je viens en ce jour poser des fleurs sur ta tombe. À ton cri muet, je succombe. (ceci n'est que pure fiction) (Photo personnelle)
  7. 7 points
    Quand le corps n’existe plus Courbé tel un roseau Habillé de chair Il n’y a plus bruit ni odeur Les ombres s’échappent Voleuses encapuchonnées Le jardin n’a plus de secret D’un geste de la main Quelques cristaux de couleurs Dans la nuit de ton visage Illuminent le ciel Et de la vie, le manque ! Ma robe s'en est allée Sous la dépouille La chair voilée de cire Dans le vent flotte le ruban De velours était la peau De marbre l'aile s'est posée Une statue semble rêver Sous les graviers de l'allée Les pas sont toujours là Crissent les mots de l'oiseau Se tendent les baisers Contre l'épaule le rêve fige
  8. 7 points
    Sous une fine pluie froide, le tramway s'approche. Un chien maladif au poil jauni urine à mes pieds. Sur le quai, autour de moi, des voyages suspendus, Tristes attentes éborgnées par le silex des heures. Sous une fine pluie froide, le tramway s'arrête. Un vieillard édenté se marre en tendant la main. Les silences argileux fuient dans les angles morts. Des flaques boueuses reflètent l'échine des nuits. Sous une fine pluie froide, le tramway redémarre. Quelques origamis d'âmes traînent à même le bitume. Certains crânes chauves rêvent de cheveux d'ange. Le deuil des humeurs s'écrit sur les phylactères. Sous une fine pluie froide, le tramway s'éloigne. Un vieillard maladif caresse un chien édenté. Et tandis que résonnent les tambours de l'univers, L'horizon s'ébroue avant de s'effacer sous la lune.
  9. 7 points
    Marcheurs aveugles des ténèbres, vos tombes s'ouvrent sur l'horreur ! Vous claquez de l'os sous vertèbres, époux vantards sortant leurs coeurs. Épouvantables nuits en pleurs qui voit remplir le cimetière, de la chair qui rage et qui meurt. Aujourd'hui ! la mort se libère. Cliquetis de ballets dentaires, vos maxillaires de mordeurs cherchent le vivant que l'on sert, de sa viande vous amateurs vous régalerez à pas d'heures. Et puis vos corps pourris de vers besognerons en dépeceurs. Aujourd'hui ! la mort se libère. Plus rien ne retourne à la terre. Elle rode de bonne humeur, sournoise elle enlève le frère aussi sûrement que la soeur. Les cadavres, eux, n'ont pas peur de leurs lendemains à refaire. Leurs destins errent dans l'erreur. Aujourd'hui ! La mort se libère. Mourante la terre terreur, privée de vie en nouvelle ère, mille croix pour mille splendeurs. Aujourd'hui ! La mort se libère.
  10. 7 points
    Le long des fissures courent les silences déchirés. Puis l’embrasement sonore, chevauchée escaladant les heures. Sur les murs résonnent les images. Sur les façades dégoulinent les incendies. Au bord du rift, là où dansent les fantômes, des bouches muettes s’ouvrent sur le vide en parterres éclos. Puis le temps suspendu, juste une dernière respiration et ce CRAQUEMENT en échos lumineux sur les murs.
  11. 7 points
    La pluie s'agenouille et bricole Dans le pré aux goitres visqueux, Prenant des tubes et des fioles Pour les remplir à qui mieux-mieux. Et son fameux orgue aquatique Mime des sons au flux de l'eau, Chaque débit sort la musique Des petits trous sur les roseaux. Flatté, crapaud dit sa sifflote, Caché dans l'herbe aux aquarelles, Ce qu'il attend? ce qu'il complote? Écoutez-donc ses ritournelles. Miasme amphibien, pilaf des pluies, Les flottaisons bègues rebullent, Le crapaud donne aux clapotis Son vague-à-l'âme et ses pustules. Glougloute un pilotis d'argile, La vase proute à l'eau goulue, Là où la pluie devient nubile, Le crapaud pleure ses verrues...
  12. 6 points
    Encore un jour sur Terre, c’est un jour comme les autres La pureté de l’aube ruisselle au creux des cœurs L’âme du monde nous enveloppe, unit son souffle au notre Tout est un et nos liens respirent la grandeur La paix dans le silence du matin que l’on cueille Comme la fleur qui scintille couverte de rosée Les torrents d’émotions mêlés au fond d’un œil Qui s’ouvre et réalise que la vie est sacrée Des couleurs innommables éclatent partout autour Comme un feu d’artifice figé à l’apogée Placées en embuscade à chaque recoin du jour Elles agrippent ton cœur et l’emmènent valser Les Hommes comme ces couleurs, d’une diversité folle Potentiels infinis de rencontres, de partages Sous les forces mystérieuses dont nos vies s’auréolent On trouve de quoi s’aimer et rire en plein naufrage La bonté spontanée qui réveille la bonté Le rayon d’un sourire qui fait naître un sourire Comme un souffle d’espoir sur des braises oubliées La foi en l’être humain survit quand tout chavire Retrouver son essence dans le flot du mouvement Entendre son corps rugir dans la joie de l’instant Sentir vibrer la terre, se mêler à la pluie Et l’embraser d’un coup, d’une explosion de vie Empoigner chaque défi ornant notre horizon Que ce soit dire un mot ou bien gravir un mont Et dans l’éternité d’une seconde en chute libre Conquérir le frisson de se sentir revivre Lorsque le monde s’éteint, rencontrer au hasard La lumière d’une étoile où convergent les regards Des âmes qui interrogent en silence l’infini Épris de la beauté d’un rêve qui les unit Happé par un voyage aux nuances absurdes L’œil se ferme doucement avec la certitude Qu’au seuil du lendemain qui lui sera offert Luit un jour comme les autres, bien extraordinaire Écrit en mai 2018
  13. 6 points
    Et puis le silence Cape sombre sur les épaules Me recouvre de bas en haut Du cœur Suffoquant le palpitant des pensées Non par ta gées. Et puis le silence Linceul vicié sur les froidures M’empoisonne les lèvres Écho muet Tombé sur le trottoir de l’abandon So li tu de Et puis le silence Vacarme de calme sur les non-dits M’entoure me prend me vole Éclat de rien Brisure de larme jamais consommée É cla bous sure… Et puis ce silence… (extrait de "Le coeur a ses saisons", Poèmes de Pierre Brandao et photos de Michel Bourriau, Ed. Edi'lybris, 2014)
  14. 6 points
    Mes rêves habitent les commissures de mes pensées, Enveloppent chacune de mes pores avant de s'évader. Mes rêves sont marins et s'échouent sur les récifs de la réalité. Mais phoenix couleur perroquet, ressurgissent toujours des cloaques des quotidiens malmenés. Ils voguent, volent, voltigent, volutent Pour renouer avec la quintessence de leur liberté. Je suis leur port d'attache, leur âme sœur, leur génitrice, Ils sont mon âme, mon originalité, ma génialité. En symbiose, nous éclairons les pas gris de la Vie, Les parvis tristes et mornes des emplis de désillusions. Dans mes contrées, nous sillonnons au-delà des vagues à l'homme Et répandons des effluves oniriques dans les méandres obscurs des quotidiens bafoués.
  15. 6 points
    Si vous me demandez à raison d'une humeur De quel étonnement il s'agit de transcrire, De quel bord de l'envie ma plume en mal d'écrire Vient puiser le moment...je dirai: la lenteur. Celle-ci s'est trempée dans le bain de mon sang, Le train de vie nous broie, j'ai choisi le silence, Balisé, palpitant, quand je suis en partance, Il faut mourir un peu pour exprimer l'instant. Et quelle échappée belle! Quelles démangeaisons! Ça m'arrive parfois dans ce monde dortoir, Je m'éveille aux aguets conscient de tout revoir En étirant mes sens chevillés aux saisons. Ne vous y trompez pas, les ténèbres font l’œil, La chose est devant vous, cordon à abat-jour, Si elle afflue en blanc vous liant à l'amour, C'est que c'est presque fait, que vous ôtez le deuil. Revivez d'émotions! Que de choses bavardes! Au delà des discours, au delà des signaux, Sur les rails de votre âme, un seul élan prévaut, Un souffle pour aimer la beauté qui musarde. Vous verrez qu'il est bon, amoureux d'un nuage, De courir n'importe où à qui veut bien l'entendre, D'en parler aux enfants, eux seuls peuvent comprendre, Ce joli intérêt vous nommant marque-page. Et là viendra un mot, écrin dépoussiéré, Mais clamé, mis à nu, sur son champ implacable, Admis à ses odeurs, j'en ferai mon vocable, Un orifice noir sans cesse ovationné. Par lui d'autres naîtront toujours très parfumés, Verbes couineurs de miel, tonalités de fruits, Chrysalides, terroirs, cartilages des nuits, Des mots opulents, onctueux, épicés. Des mots tout habillés, tissus d'ailes d'abeilles, Encor' poudrés d'un bal que donnaient des miroirs, Scintillants et légers plus lisses que l'ivoire Qui glissent en fuyant toute phrase- corbeille. Enfin ceux qui crieront en travers de la gorge, Des mots écartelés ou serrés dans les fers, Aux consonnes blotties dans le froid de l'hiver Qui dans la nuit des loups ont dormi sous les porches. Verbes striés de buis, des mots crève-la-faim, Douleurs et pillages, boursouflures des vents, Mots dont les syllabes tremblent s'entrechoquant, Comme les os glacés d'un mendiant du matin. Squelettes et linceuls, vieil écho des civières, Catastrophe éructée, hâtifs coupeurs de têtes, Mots tombés des gibets où hurlaient des tempêtes, Débris d'une cité emmurant des rapières. Tous ces mots exilés, qu'ils soient pauvres ou riches, Du scorbut édenté qui scande l'invective Aux voyelles chantées par les sources d'eau vive, Viennent pour la pensée qui est restée en friche. Comme un jus de chansons qui sait rendre immortel, Nectar des poètes pressé tout contre voix, Avec ou sans rime je boirai à la joie D'accueillir la musique aux franges bleues du ciel. Quand tombera la neige, attendez-vous à août, Les oiseaux sont passés à minuit moins le cœur, Si une dame vient, apprenez-la par cœur, C'est la douce folie qui a envie de vous. Si vous me demandez à raison d'une éthique, Si la douleur fait mal, si j'ai perdu la tête, Je vous répondrais bien en tant que pré-poète, En dresseur de frissons friand de mots épiques. C'est un long rituel que de faire un poème, N'entendez pas par là une combinaison De mots sciemment choisis pour les ors des salons... Les mots viendront à vous, évidez vos je t'aime.
  16. 6 points
    Mon enfant… « On dit ceci, on dit cela ; mais c’est l’âme qui suit un tout autre chemin. On ne sait pas tout ce que l’on déchaîne. Je suis venue ici avec ma petite lampe… Elle ne s’est pas éteinte malgré le vent dans l’escalier… Au fond, que faut-il en penser ? » Maurice Maeterlinck Mon enfant à quoi songes-tu ? Tes yeux de sel se craquellent Ta bouche se désénerve Devant l’inobservable… Mais te dis-tu, il n’est jamais trop tard Pour poser son sac, là ou ailleurs, Qu’importe ! S’étirer, panser ses maux Rejaillir et frémir de frissons frissonnants Endiabler son regard d’une lueur Faire cesser la fêlure, cautériser A la cire et porter une ombre Sur le passé, d’une longue main noire Inconsolable de sueur poisseuse ; Vomissures qui installent le temps Dans le présent antérieur… Mon enfant à quoi songes-tu ? A l’ombre fuyante, désarticulée Qui se perd en rubans déchirés! Distance extrapolée, immatérielle, Qui agonise au pied des stèles Inhumaines d’humanité naissante Enfouies dans le cortex de l’histoire Éteules fuligineuses… Marquants indélébiles qui flambent Au soleil froid des hivers chauds… Mon enfant à quoi songes-tu ? Enchâssée à une déferlante spectrale Ton ombre s’échappe du fantôme. Desquelettisée, elle tombe… De jaspe, harassée, elle se relève… Allez comprendre ! Allez savoir ! Ce que nous réserve certains jours Plus clairs que d’autres, trop blancs, Au matin noir de nos insomnies.
  17. 6 points
    Sous la pluie de Buenos Aires Où les mots caressent son dos Où la vie explose dans l’air Bien trop chaud au coeur du tripot La musique Chute le long des reins Dans les yeux plantés dans les yeux Où la peur frémit à l’amour Où le feu apparait envieux Bien trop loin des lueurs du jour La musique Enveloppe les reins Dans ces corps serrés dans la nuit Dans leur jeu ivre de lumière Dans leur sort jeté à l’envie Dans l’aveu des regrets d’hier La musique Frissonne au bas des reins Dans les pleurs de l’accordéon Dans la nuit diatonique Dans les pleurs du bandonéon Dans la nuit soudain statique La musique Meurt où se cambrent les reins
  18. 6 points
    tant de portes ouvertes vers les devenirs les battants se sont refermés noyant dans les béances les traces du devenu si le tempo s'apaise les images se faufilent tourbillonnent de portail en portail incrustent ma chair de leur illusion naît ce que je suis un rameau devenu arbre d'où les branches crient le poème
  19. 6 points
    Après deux jours d'absence de silence et d'abstinence je ne reconnais plus les murs quelqu'un a changé les tentures la tapisserie et le vieux buvard où je m'épanchais ont disparu. C'est drôle une forêt quand les arbres sont inversés le ciel s'est agrandi, des troncs balafrés ont été coupés, a-t-elle tourné la terre ? Ces bourgeons turgescents n'étaient pas là hier. On s'attache si vite à un décor le cœur à gauche, à bâbord j'avais laissé la porte ouverte tant pis ce n'est donc plus moi qui habite ici j'étais de passage comme partout je mets toujours tout chez ma tante, au clou. Dans une cachette secrète heureusement j'avais laissé des cahiers blancs et de quoi d'autre m'encombrer ? Je les ai noués dans un nuage abandonné et suis repartie, sur la pointe des pieds en riant en pleurant une main derrière, une main devant. Le désert est plein de surprises les poèmes se construisent au gré du temps, au gré du vent j'emplirai d'autres cahiers blancs et puis ils changeront de ports le cœur à droite, à tribord entre le sable et l'eau la brise au fond des pipeaux et la forêt où chantent encore des oiseaux multicolores. Vraiment très doucement, imperceptiblement je palpe du bout de mes doigts le désir des amants. (J.E. Mars 2019)
  20. 6 points
    Après Grenade et le chemin de l’hacienda, parcourant la montagne des petits villages blanc, je découvre les cimes de la Sierra Nevada. Le son de quelques clochettes portées par le vent, Près de moi hennit le plus beau des Alezan. Ma Lotika je t’en prie, ne soit pas jalouse Cuando yo hablo avec la belle andalouse. (1) Maria, elle est pour moi como mi hermana,(2) c’est elle qui nous emmènera vers Alméria. En allant à la mer au village de San José, partout, d’innombrables serres recouvrent la terre. Là où de tout pays on y vient travailler, le jour aura-t'il ce goût de l’agrume amer ? Estacion del tiempo en Andalucia, (3) espoir de vie meilleure gracias a la vida. (4) Cuando se va el sol, se viene la sombra. (5) A l’ombre de ton sommeil tu me retrouveras. (1) Cuando yo hablo = quand je parle (2) como mi hermana= comme ma soeur (3) estacion del tiempo= station du temps ou halte du temps (4) gracias a la vida= merci à la vie et clin d'oeil à la chanson de Violetta Parra https://youtu.be/w67-hlaUSIs (5) cuando se va el sol, se viene la sombra= quand le soleil s'en va l'hombre arrive. (photo que j'ai prise en Sierra Nevada)
  21. 6 points
    Je ne sais d'elle que le chant d'une mer profonde ses ondes qui bercent les ombres dans la nostalgie d'un soleil blanc Que le souffle du sable sur la pierre de son silence la couleur aveugle de ses cendres l'évidence monotone de mon absence J'entends dans le lointain le souvenir d'un écho qui s'éteint le bruit invisible des branches le monde qui s'endort dans sa légende la charnière grinçante qui ferme le temps Je sais encore toutes les lueurs de l'enfance les pluies du soir et la danse du vent les rayons du jour sur une peau en souffrance la promesse des étoiles dans les eaux grises d'un étang Avant le fin ultime des roses dans la poussière d'un printemps je respire et me repose dans la transparence de l'instant
  22. 6 points
    Il fallait bien que ça m'arrive les mots me manquent tu es sur l'autre rive où s'éloignent les calanques j'aurais voulu dire je t'aime simplement où s'en vont les poèmes sans dénouement ? Il fallait bien que ça m'arrive ce balbutiement cette approche craintive cet aveu ardent j'aurais voulu écrire des mots chimériques t'offrir un sourire un amour authentique mais il fallait bien que ça m'arrive les mots me manquent perdues nos mémoires vives de saltimbanques autrefois, souviens-toi tu riais de voir ma plume parée d'un bel orfroi et jaillissant d'écumes j'en termine, je dis je t'aime encore une fois peut-être le système a-t- il eu raison de moi ? dire je t'aime silencieusement c'est un poème sans argument. (J.E. Février 2019)
  23. 5 points
    Résurrection Hissée debout sur la potence, Elle est damnée, pieds et poings liés, Le jour fécond vient en avance, Pour lui faucher son cœur altier. Venez, venez ! Là, suppliciée, Tendez sébile, venez sans risque, Mendiants, manants et toi geôlier, Venez mirer belle odalisque. Elle sourit, ses cheveux dansent Malgré son teint tout anémié, Elle rayonne dans le silence Dans ses haillons de boue souillés. Epaules nues et sans souliers, Crachez sur cette douce hérétique, Hier flairée par le limier. Venez mirer belle odalisque. Bientôt sera la délivrance La floraison des amandiers, L’amour toujours et la naissance Du frêle feuillage des peupliers. Bientôt viendra son chevalier, Et les aubades, et la musique, Dévaleront les escaliers, Venez mirer belle odalisque. ENVOI Curieux peut-être que vous riez De ces topoï certes archaïques, Mais si vous êtes aventuriers, Venez mirer belle odalisque. (A l'occasion du Printemps des poètes, je me suis amusée à m'essayer à la forme très codifiée de la ballade (isométrie (octosyllabes donc trois strophes de huitains), rimes similaires et disposition imposée (ababbcbc), refrain et envoi avec une apostrophe.) en respectant le thème proposé: LA BEAUTE. )
  24. 5 points
    Enfin me poser sur tes lèvres reines, Cueillir joliment candide ou mutin, Tes petits bijoux dans la rose-écrin, Naître papillon courtier des troènes. Semer tes cheveux avec ton haleine, Verger mis à nu, miel des lavandins; Suivre l'abeille jusqu'à tes beaux seins, Nid d'impatientes, duché des pollens. Glisser sur ton ventre et prendre tes hanches, Câline calèche amie des fleurs blanches, Longer languide ta gangue d'iris, M'écumer d'amour en ton île infante, Y noyer mes ailes à ton clitoris, Mourir, étrennes poudrées et fondantes!...
  25. 5 points
    Hallebardes criardes ont grêlé dans le noir des reproches de cuivre des chœurs torrentiels des estocs boueux Le gué sur mon âme ce matin submergée a noyé le sentier qui courait vers tes yeux puis escortait tes nuits la brume sur mon cœur fragile dès l’aube agite des regrets des remords indistincts sur le gris du décor le parfum de la pluie entre par la fenêtre se gonfle s’apaise s’évanouit enfin dans l’arôme du café un soleil blond et rieur éclaire ton sourire sur la berge revenu se hâle à l’avenir sur le sable séché
  26. 5 points
    M o t s « Avec les mots on ne se méfie jamais suffisamment. » Louis-Ferdinand Céline Il y a de jolis mots Petits et grands, Comme des oripeaux Qui passent le temps. Il y a de vilains mots Qui ne trouvent place Ni auprès des marmots Ni dans leurs classes. Il y a de bons mots Câlins et tendres Aux rêves nouveaux Que j'aime entendre. Il y a tous les mots D'ici ou d'ailleurs Qui chassent les maux Pour un monde meilleur.
  27. 5 points
    Face à la noirceur du tableau Je fais sans blanc J’efface les mots qui ne rentrent pas Dans les rangs Je déclame ce qu’attend le public Et j’attends, menotté Que la voix qui me donne la réplique Finisse par me noter Personne ne le dit mais chacun le sait au fond On est tous des éponges Sans exception Imbibées des mêmes mensonges Enfermés entre ces murs Où l’intelligence se mesure Par la capacité à stocker Ingurgiter, recracher, oublier Tout ça je le déteste Impuissance, détresse, colère Assimilés à des tests Enfer scolaire Je traverse les jours mâchoires serrées Incarcéré dans une routine Stérile comme une terre désertique Dont ceux qui questionnent les fondements Sont traités comme des hérétiques Sortis de la chaîne de production On récite tous les mêmes leçons Ça suscite quelques questions Qu’on a appris à ne pas poser Peut-être qu’un jour une bonne secousse Ressuscitera les opinions Les mêmes jours se succèdent et je m’aigris Je ne compte plus les tours de cadran Dans ces bâtiments froids et gris Je m’habitue à faire sans blanc Quand j’apprends mes leçons Je voudrais être consentant Mais peu ici le sont Là-dessus, je crois qu’on s’entend Élèves mais pas élevés Plutôt soumis et formatés Par les non-dits sous les cahiers Obéir et se prosterner Face aux lois de la hiérarchie Suivre les ordres sans insister Opiner car « c’est ainsi » Se sculpter le masque adéquat Pour réussir ses premiers pas Vers la place qui nous attend Elle aller s’assoir sagement Briller des monts vertigineux De l’érudition superflue Manipuler des mots creux Pour discourir sans contenu Ici l’enfance et ses trésors S’enterrent sous la discipline J’ai voulu contempler leur mort Sans taire mon spleen Sous les théorèmes d’imposture J’ai aperçu se profilant Un futur bien trop obscur Pour faire sans blanc Ecrit en decembre 2018.
  28. 5 points
    Eau fuyante Eau fuyante Pourquoi fuis-tu? Eau pleurante Eau pleurant Pourquoi pleures-tu? Je fuis le temps Qui m'épouvante Je pleure l'amant Et son amante. Eau courante Eau courante Où t'encours-tu? Eau chantante Eau chantante Que chantes-tu? Je cours par devant Celui qui m'aime Je chante un chant Pour qu'il me vienne Eau riante Eau riante Pourquoi ris-tu? Eau murmurante Eau murmurante Que murmures-tu? Je ris à celui que j'aime Car il est gai Lui murmurant "je t'aime" En froufrous de galets. Eau dormante, Eau dormante Pourquoi dors-tu? J'ai dans mes flancs Qui s'ensommeille J'ai mon amant Et je le veille.
  29. 5 points
    Il y aura toujours des notes de piano sur le bord de la fenêtre Il y aura toujours le chant de l’orage déclarant l’amour à la terre Sur les pétales de roses le musicien et son archet La nudité qui donne vie L’orage à venir anime le pouls La maison intérieure endormie J’ai dans la poche quelques cailloux à compter La distance entre l’éclair et le grondement du tonnerre Le silence fait sa route Un vide du cœur avant la rupture des eaux Tout près du ciel on ne voit pas la chasse aux étoiles Les nuages sont cratère gorgé de flèches Ici est un jardin suspendu Une bouche ouverte vers le monde Sur la fragile chaise je m’assieds les jambes sur la table Dans cette position je pense autrement Je pense autrement la forêt Le sol et le plafond Le couvercle au-dessus de ma tête Les mouvements de l’espace qui se tait
  30. 5 points
    L'enfant des forêts dans l'immensité de la ville s'est trompé cent fois aux fenêtres trompe l’œil croyant y voir la lumière un peu de chaleur il s'est cogné le front aux façades de leurres sa bouche s'est fracassée sur les tours de verre les robots lui ont fait si peur, en proie au vertige des bétonnières il a fini par s'agenouiller au fond d'une cathédrale sale où les visages semblaient plus doux il ne savait pas prier ni même pleurer la lourde porte s'est refermée dans le silence glacial quel était ce grand corps crucifié nu comme lui ? Il a levé les yeux dans les siens et s'est blotti contre ses seins il a reçu les messages codés dans les rameaux de buis avant de les voir sécher il a compris l'enfant des forêts avait semé des cailloux Dieu merci il est vite rentré chez lui parmi les chats sauvages et les renards aux pelages flamboyants de soleil mais il n'a plus jamais dormi pareil il a ramené dans ses yeux la peur, la méfiance, l'indifférence des hommes lui qui savait la fidélité des loups. (J.E février 2019 – Légendes urbaines -)
  31. 5 points
    Une nervure anthracite dans la baie d'Acoua Une laque blanche, un frisson de *kwassa glisse sur la vitre veinée d'ondes noires A l'étrave la clarté de la lune jaillit en écume Le dialogue du feu et de la mer dans le bleu métallique fissuré d'éclats a l'haleine des fruits mielleux, le parfum doucereux des îles, le râle régulier d’un moteur étouffé par le battement des coeurs à l'unisson de l'espoir et de la peur * Kwassa Kwassa : embarcation dans laquelle s’entassent les migrants des Comores pour gagner l’eldorado Mayotte. 70 kilomètres entre Anjouan et Mayotte constituant un des plus grands cimetières marins
  32. 5 points
    Une harpe écoule doucement ses notes enchantées, Gouttes perlées troublant mon âme étonnée, Ô rêves, par ces accords délicatement éveillés, Tout serait si simple, si toujours vous ne me harceliez. Une voix chante les lys, le brocart, et les fées, Légendes celtiques, les autres mondes ici révélé, Cette musique lave mon âme de la tenace réalité, Anime les oeuvres de Waterhouse, Rossetti et Millais. Mes larmes, dont je n'ai pas honte, se mettent à couler, Pour ce monde si merveilleusement évoqué, Où musicalement, cette noble Dame m'a invité. Ô mes rêves, je peux enfin vous vivre éveillé.
  33. 5 points
    c'est un antique chemin, déjà presque oublié, Bordé de digitales, de ronces, de genêts. L'air est lourd, embaumé de maintes fragrances, le vol des abeilles, seul, souligne le silence. Un ruisseau file parfois, dans d'anciennes ornières, Né d'une source perdue, près d'un champ en jachère. Des arbres trés âgés agitent leur ramure, Tout doucement, sans le moindre murmure. Soudain, toute moussue, voici la pierre levée, Majestueux portail, d'un endroit enchanté, Une clairière magique, si bien dissimulée. Le gazon sauvage pousse partout, fine chevelure, Dont des fleurs blanches, sont toute la parure, Ici, un cercle de champignons révélateur, Montre de ce théâtre, qui sont les acteurs: Dryades et nymphes y viennent danser, Sous l'oeil bienveillant d'une royale entité; D'immenses sapins, tout drapés de lichens, Marquent l'endroit sacré, où siège la souveraine. Ô visiteur, étonné et frappé de respect, Dans cette salle de bal tu n'es qu'invité, Baisse donc la voix! ici l'on doit chuchoter.
  34. 5 points
    Pourquoi ce silence de sable sur la dune ces cris assourdis d'outre-tombe ce grand château aux tours crénelées ces battements de cœurs ballottés au fil de l'eau dans les douves humides ont résonné longtemps sur les murs en ruines. La mer l'a avalé il ne reste rien sinon la nuit peut-être qui ne durera pas pourquoi ces mélopées de brume qui rendent le cœur triste si triste à en mourir on pourrait croire que le printemps ne reviendra jamais ces bouquets d'algues comme des chevelures mortes le désir est venu puissant comme un raz de marée nous nous sommes dévorés dans ce silence de sable sur la dune il n'en est rien resté sauf des hameçons des leurres et le souvenir étrange d'un amour immuable de sable. Sur une photographie sépia dans une bouteille à la mer retrouvée un siècle plus tard sur l'autre rive par un pêcheur pêchant par là il avait les mêmes yeux que nous et nous a reconnus dans les débris de ses souvenirs. On a fini punaisés sur la paroi de sa cabine. (J.E. Février 2019)
  35. 4 points
    J'aime murmurer une aube quand le mer , en descendant emporte les épaves sombres de mes pas errants Quand le silence est humide ses doigts de sable sur la peau nue de ses ombres transparentes C'est alors que le mystère se lève la mémoire retrouve son eau qui brille appelant la lumière d'un sourire d'enfant Par un détour du temps l'horizon étire sa naissance et défait les accents graves de tous les chagrins du monde
  36. 4 points
    La rue marche à pas rapides Au bout des longues vues Et le premier sourire De la première venue Celle qui passe fluide Les bras les jambes nues Amour transi liquide Tout en haut du building Une poussière invisible Qui semble ne jamais dormir Ne jamais dormir Ne jamais dormir Une poussière invisible Tout en haut du building Ne jamais dormir Ne jamais dormir
  37. 4 points
    Celui qui doute Aux épaules meurtris Par de capricieuses Epines odorantes Sera le lien épanoui Entre la curiosité Et le témoignage De l’intégrité du crépuscule Le regard À l’heure tardive Se souviendra et consumera Le désespoir Du tâcheron fatigué À force de retour Demain il faut y croire Naîtra un bouquet d’estompes Incandescents Demain coupable Fera long feu.
  38. 4 points
    Les filles me surnomment el conquistador parmis les taxis je suis matador. Chicas aiment me tenir compagnie du matin à la tombée de la nuit. Bringuebalant sur creux, bosses et pavés, ma monture tremble de toute part. Porteños, Guaranis en passagers, je les déposerais devant les bars dans le Barrio Belén de Escobar. Je suis Horacio jeune chauffeur de bus celui qui connaît toutes les astuces. Puerto Madero et casa Rosa ma tournée finira à la Copa. Mes belles me surnomment el conquistador parmis les taxis je suis matador. Chicas aiment me tenir compagnie du matin à la tombée de la nuit. Je gare mon sube, à Caminito les façades reprennent des couleurs, Une belle fille m'invite pour un tango je lui ai gardé une place dans mon cœur.
  39. 4 points
    Lorsque amoureux nos yeux éclosent, nous quittons nos mues addictives. La morsure oublie l'aube vive, où les corps désertés s'exposent. Doux quand la lumière repose, l'élan quitte la peau lascive. Lorsque amoureux nos yeux éclosent, nous quittons nos mues addictives. Nos paupières drapées de rose, polymorphes de chairs captives, pour de mornes pudeurs tardives nos rêves se métamorphosent. Lorsque amoureux nos yeux éclosent.
  40. 4 points
    Si notre planète mère Avait un visage éphémère Ce serait celui-ci. Un visage de paix qui puise sa force Dans les rêveries bleues des océans Dans l’avenir verdoyant de nos forêts Dans le jaune du soleil toujours plus puissant Dans les oranges de la mécanique du temps Dans les rouges des passions qui animent les continents Dans le rose de tes joues à toi, mon amant Qui en moi suscitent tellement de sentiments. Oui, si notre planète Terre Avait un visage mystère Ce serait celui-ci. Un visage de toute beauté qui puise sa sérénité Dans cette ribambelle de couleurs, Arc-en-Ciel diadème qu’une seule femme peut porter, Toi Gaïa, Dont le visage est magnifié En ce printemps en plein émoi. NB: texte écrit à partir de l'image de l'affiche dessinée par Enki Bilal pour le 20è anniversaire du Printemps des poètes.
  41. 4 points
    Ici on n’attend pas de toi Que t’exprimes quoi que ce soit Contente-toi de laisser la voix Prendre les rênes de ton stylo plume Sans faire de vagues Sans ratures, sans accroc, sans rancune Point d’exclamations Sans même que t’aies à y penser Tu verras ta vie inscrite à l’horizon Point de réflexion Une voie cimentée cueillera tes pas Ce sera facile, tu verras Alinéa Leçon numéro un C’est par ton travail que tu seras quelqu’un Enfin, c’est pas vraiment le tien Plutôt celui qui te possède Comme ta maison, ta voiture, ton écran, Ton plan épargne logement Faudra que tu trimes, pas le choix Accent grave C’est ça ou le chemin de croix Que les maux des marginaux pavent Plus saine est la route des esclaves Faudra que tu travailles pour payer le loyer, le câble Une nourriture passable, Payer ton essence, Et toutes tes assurances Payer le nécessaire Et ton confort sécuritaire Tu gouteras la saveur amère Des jours cadrés par les horaires Tu seras dans la course des grands Plus le temps D’aller poser quelques pensées Sur la sépulture de ta liberté Tu subiras les abus d’un chef abruti Qui te fera payer la nullité de sa vie Sacrifiée à l’ascension hiérarchique Grand parmi les microscopiques Tu travailleras, point à la ligne Bureau, guichet, usine A toi de choisir ton décor carcéral Et d’achever l’enfant en toi, car ses râles Remueront quelque chose de désagréable Dans ta conscience programmable Le soir tu t’écrouleras sur le canapé Pour t’abrutir devant des émissions et images détournées Si tu parles de capacité C’est en termes de giga-octets Tiret Car les cerveaux sont de plus en plus atrophiés Et les hommes de plus en plus assistés Tu vivras pour les week-ends et de courtes vacances Dépensant ton argent pour poursuivre une absence, Le reflet manipulé d’une vie rêvée Continue d’écrire, petit Virgule Le script de tes rêves est dicté lui aussi Majuscule Pouvoir, gloire, luxe, luxure L’égo gonflé de démesure Tu contempleras tout ça en salivant d’en bas Pas facile de prendre de la hauteur quand c’est la télé qui t’élève n’est-ce pas ? Aigri, tu ressentiras sûrement le besoin D’en vouloir à quelqu’un Deux points A défaut de fondements d’opinion Tu ingurgiteras quelques clichés faciles Pour cracher à chaque occasion Ton venin hostile Certains soirs au milieu des foules Une clope à la main et un verre dans l’autre Tu critiqueras le système de tout ton saoul Puis le lendemain t’iras faire le plein Et remplir ton cadi Vingt sur vingt Tu seras le meilleur élève du système qui t’a volé ta vie Tu continueras ton chemin sans trop de questions Point d’interrogations Insomniaque car tu dors la journée A voir les moutons défiler Un jour tu te réveilleras étourdi Vissé à une chaise A te demander où est passé le futur que tu t’étais promis Parenthèses Quand t’étais assez naïf pour penser que le bonheur suffit C’est la fin de la dictée Si t’as pas trop de fautes à ton actif On te lâchera quelques miettes, peut–être une maigre pension Point de subvention A défaut d’une somme décente Faudra que t’encaisses les remords Et les douleurs lancinantes Du cœur et du corps Tu t’éteindras en rêvant de remonter le temps Pour aller dire à l’enfant que t’étais Ouvrez les guillemets Bouche-toi les oreilles, écris ce que tu veux Et tâche d’être heureux avant d’être vieux Leur décor est un dédale Pour t’en rappeler l’envers Écoute ma voix : Elle apostrophe en vers Point final Écrit en janvier 2019
  42. 4 points
    Là où il restait encore un peu de l'odeur de tes nuits, J'ai veillé près du geyser de nos blessures charnelles. Large gueule éventrée, il déchirait nos lendemains. Comment aurions-nous pu nager à contre-courant ? Dans le souffle réticent de nos lèvres impudiques, Nous étions cette île fécondant l'onde amère, Cette floraison affleurant sur la crête de sable Juste là où nos serments furent jadis mis en terre. Sur le vertige pudique de nos nuques défroissées, Les caresses se montaient à cru jusqu'à nos béances, Des falaises suspendues à des mamelles brumeuses, Juste là où nos langues écorchées s'oublièrent. Là où il ne reste plus même l'odeur de tes nuits, Je veille près du geyser de nos blessures charnelles. Large gueule éventrée, il déchire mes lendemains. Comment pourrais-je nager à contre-courant ?
  43. 4 points
    La lune vacille au-dessus de la mer il n'est jamais trop tard pour écouter Mozart ou peut-être, jamais trop tôt les yeux occupés à se regarder à vouloir se garder tout bascule soudain l'horizon donne le vertige regarde-moi je te garderai garde-moi je te regarderai glissons dans la nuit sur la douceur de nos rêves à l'auberge bleue la musique adoucit les pleurs, nous réunit tous deux si loin, si près les oiseaux ne comprennent pas cette hésitation eux qui s'élancent ailes déployées vers les plus hauts sommets j'ai froid dans cette robe légère tu verses une larme dans le noir nous avons peur n'est-ce pas de la passion qui se profile le désir est trop fort nos mains se tendent malgré tout et nous avons la fièvre nous avons perdu le nord commençons doucement par une esquisse il faut calmer nos pouls la nuit peut durer une éternité sachons la faire durer le parfum de nos corps s'emmêle ils se ressemblent il faut bien du courage pour ne pas succomber là tout de suite. Et puis passent un ange et un nuage … Cette nuit est unique gardons-la juste pour nous trésor pour deux au-delà des tempêtes du temps. La musique s'est tue il va falloir parler occuper le silence allez, tu viens ? C'est un slow, ça tombe bien. On danse ? (J.E. Mars 2019 - )
  44. 4 points
    Viens à moi, un soir, habillée d’un lustre de lune, Quand les habitudes se feront si lasses et que nulle part, En toutes choses, aucun éveil en moi ne se fera, Que les fleurs naissantes, au jour qui les étreint, N’atteindront plus mon cœur dans son intimité, Viens à moi quand le jour n’aura plus d’adresse, Quand les souvenirs se feront lointains et douloureux, Et que de ces nuits étranges où l’on invente Tant de choses, je n’aurai plus la force d’animer Mes illusions comme un poison en ma poitrine. Amène moi vers ce miroir des habitudes Qui ne reconnaîtra plus, insensible aux larmes Où la nuit et le jour se confondent sans horizon, Où le passé, le présent, le futur ne font plus qu’un. Je serai alors ce mendiant devenu sage, Contemplant l’humanité s’en allant vers ces pays perdus. Viens à moi, n’aie crainte, je t’attendrai, Plutôt que le vin qui apporte l’ivresse, Viens à moi, consolatrice vision indolore des choses. Ne pas avoir été et ne plus être que pesanteur, Infuse en moi, comme une habile liqueur, La folie, jusqu'à en oublier ton triste nom, Qu’elle bavarde en mon pauvre cerveau, inondant Ce qui fut, pour oublier ce que je fuis des hommes. Viens à moi, au berceau de mon désespoir naissant, Quand flotteront les ombres déchirées de trop de blessures Et que le temps aura versé en moi l’histoire d’une vie, Viens me consoler, d’avoir un jour aimé passionnément.
  45. 4 points
    Sur ma paupière dort une larme d’automne. Doucement elle bat Au rythme des silences étoilés Tandis que le temps efface les douleurs du passé. Simplement elle s’offre Aux pulsations candides des comètes Dont le tic-tac du néant assourdit les mots blessés. Mes yeux sont condamnés à ne jamais brûler. Mes yeux Sont condamnés À ne jamais brûler… Sur ma paupière veille un chanteur monotone. Doucement il égrène Les cordes assoupies de la nuit rauque Tandis que le regard offre de ses mains le sourire. Simplement il respire La guitare endormie aux rêves bleus Alors que dans son dos la lune soupire impatiente. Mes yeux sont condamnés à ne jamais brûler. Mes yeux Sont condamnés À ne jamais brûler… Sur ma paupière close un souvenir fredonne. Doucement il s’en va Dans l’ombre des secrets inavoués Tandis que la raison se moque éperdument du cœur. Simplement il oublie Le pistil des peaux au seuil du désir La beauté du cri en offrande à la nuit rougissante. Mes yeux sont condamnés à ne jamais brûler. Mes yeux Sont condamnés À ne jamais brûler...
  46. 4 points
    La trompettiste est triste le saxophoniste l’entraîne sur la piste il lui souffle dans le cou elle en a marre des mots de vent toujours les mêmes amants elle a changé d'instrument en deux temps trois mouvements a aimé le chef d'orchestre qui déplaçait l'air avec ses grands gestes elle lui a mis le doigt dans l’œil lui a piqué son portefeuille et s'est retirée sur une île déserte dans une crique aux lueurs vertes elle s'est mise à écrire des romans en dérivant sur son catamaran elle trouvait ça marrant et puis l'hiver venu elle a écrit des crimes parfaits pour tous ceux qui n'avaient pas su l'aimer elle a supprimé le saxophoniste le premier sur sa liste le chef d'orchestre mis sous séquestre et qu'il était bon le vent sans leurs mots à tous ces gros machos ! Ses bouquins se vendaient bien elle choisit ses amants parmi les écrivains mais voilà ils lui soufflaient dans le cou des mots de vent des mots tabous pour en finir sans tambour ni trompette un policier venu lui conter fleurette sut lui parler enfin de l'éternité et lui passa la corde au cou, crime parfait. (J.E. Février 2019)
  47. 4 points
    Tout en haut des saisons le sang du vert approche Des frontières du froid et du gel de la roche. En clameur printanière, en bruissement de joie La sève remonte sur le parvis en bois. L'arbre s'impatiente au profond de l'hiver Sous l'arceau de sa branche une étoile se terre. Pendue au fil du jour, poussant sa balancelle Sa lanterne scintille d'ardeur et d'étincelles. Le mistral s'engouffrant sous mon manteau de laine Pétrifie l'atmosphère et l'allée du grand chêne. Le chemin se réveille attirant les bourgeons Qui palpitent au soleil sous les douillets cocons. Tout en haut du ruisseau la nature assoupie S'éveille en chants d'oiseaux, en promesses ravies. La fleur sommeille encor sous la neige tombée Ébrouant ses couleurs et sa graine germée. Silence interrompu par le foisonnement Des appels à la vie et des rires d'enfants Le printemps se prépare à naître dans les prés Par l'envol des saisons en lumière bleutée. Février 2015
  48. 4 points
    Déjà la lumière hésitait Il était temps de partir de ramasser tes ombres sous la ramée Ensemble nous avons regardé le silence nous éloignant , les yeux fermés Ultime chagrin de la beauté une branche morte sur l'herbe dorée Tes mots soupiraient une odeur de bois brûlé le frisson d'un soir au déclin de l'été Tu es parti par le chemin des brumes me laissant la lune pour éclairer l'orée
  49. 4 points
    la mer nous ramène toujours à l'écume les yeux blancs des anges Michèle Zwegers
  50. 4 points
    Agrippé aux plis de mon souvenir, Tremblotant tout autant qu'un tremble, Je te revois, je nous devine ensemble, Là-bas, dans ce jardin d'enfance Où tu écoutais mes silences, Toi le centenaire sans avenir, Celui que la pourriture désignait Aux dents glacées avides de sciures D'une scie servile fière de sa morsure, Dont les cris encore surgissent la nuit Sacrifiant mes songes aux insomnies, Dans cette vie crasse où je m'ennuie, Où le jour sombre sous d'acres litanies. Je voudrais sur la mort te gagner Pour que revivent mes petits bonheurs, Ceux qui, enfant, me caressaient le cœur.

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