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  1. 2 points
    Parfois je crois ranger au fond de moi-même, Au bout d’un grand escalier des mortes saisons, Un ciel bleu, un volet que l’on referme, En criant dans d’étranges silences, ton nom. Puis je vais, timide, en l’air secret du jour, En disant que la nuit, le jour, se ressemblent, Que le vent malin, emportant les amours, Ne viendra pas là où nous marchons ensemble. Mais de nouveau, lorsque parait la lumière, Ce matin dont la robe s’endeuille des heures, Je sens l’affreuse torpeur, son œil sévère, Et je m’enferme en de vieilles douleurs. Parfois je crois ranger au fond de moi-même, L’enfant nu qui ne voulait pas d’un éveil, Ce gouffre d’où je viens, où je vais mon terme Et l’ombre se penchant sur tous mes soleils.
  2. 2 points
    Je suis mort hier en un dernier sursaut, Ma lampe, au chevet, éclaire orpheline Au verrou tendre de ses lueurs opalines, Je m’en vais sans hâte cueillir le vermisseau. Le soir a trébuché sur l’aube détournée, Dans mes souvenirs lointains un enfant joue, Il a de grands yeux, des cheveux un peu fous, Sur ses lèvres s’en vont trop de baisers fanés. J’essaie souvent, mais en vain, de prendre sa main Pour taire mon ennui et l’agonie des choses, En l’étrange soupir des métamorphoses, D’éteindre mes soleils noirs, mais lui n’entend rien. Je suis mort hier, moi qui crus mordre l’azur, Mon front silencieux n’étreint qu’un abîme, Ce cortège funèbre qui à la tombe s’arrime Où je vis encore sous sa terrible armure.
  3. 2 points
    C’est vous, mon désert, à la pointe de mes jours, Ce ciel immobile dont les nuages ne sont plus, Cette nuit profonde qui d’un geste n’a pas su Trouver la lumière berçant d’infinis amours, C’est vous, le blanc et le noir quand ils s’enlacent, Cet orage où pleure un horizon là-bas Pour le gris de mes instants entre ses bras. Amour, est-ce dans la tombe que rien ne lasse ? O mon souffle aimé, pourquoi vous voiler Aux confins tourmentés d’anciennes tragédies, Vos lèvres se sont tues en mes insomnies, Vos yeux où dorment les rêves s’en sont allés. Comme la pluie pèse sur les rameaux fleuris, Leur douleur semble mienne en ce triste matin. Ne verrai-je plus ces cheveux, au vent des refrains, Adoucir l’instant de nos baisers impunis. Quelle saison ici murmure, quelle saison, Votre corps est si lourd qu’il en cherche l’oubli, Votre main a glissé sur le drap en ses plis, Mon âme en douleur a perdu la raison.
  4. 1 point
    ÉTERNEL RETOUR Froides étreintes de pâles lenteurs Sur cette ardoise infinie. — La lune tangue ! — — Le soleil fuit ! — Un voile de craie, en négatif, Demeure. Les gardiens de nuit s'illuminent De leurs sourires de farine. Puis fendent l'air D'étincelles, D'une foudre toujours silencieuse ! Rejoindre les mornes lueurs… Les vapeurs qui étouffent le majeur… Où les âmes en peine s'ennuient ; Où les carmélites ne prient Plus. Où les espoirs du paradis Sont nostalgiques ! Le narrateur muet se perd Dans le dédale du solitaire ; Les yeux rivés sur le plastique De son train fantôme pathétique. Fresque authentique, Anachronique, Que l'Ubermensch ne désire plus Pour son salut. « Zéphyr, Souffle les chandelles mélancoliques ! Que pleurent nos démons fanatiques ! Arrache le cœur De la lune ! Brule-le Au feu de midi ! Disperse les ombres du soir, Les ides redoutables ! Surtout, devient l'utopie De demain ! Ravive Nos vies ! De l'aurore naissante : Quand dorment les monstres et dansent Les enfants. Éclaire de ta sonate Le royaume des Carpates ! » Retour d'exil au point zéro Par l'antichambre d'obscurs héros. Les amants bannis demandent grâce Du fond de la lie des bonaces. Mais l' Éternel et ses chimères, À l'aube du premier jour sur terre, Se déploient à l'unisson Et le piano-boussole répond : « Il est trop tard ! » — Séchant sa peine du bout des doigts. —
  5. 1 point
    LE BAL DES SIRÈNES Les embruns sulfurés de la révolution Colorent en rouge et or les perles de mousson. Sur un fil infini qui rentre du Printemps Badinent des narcisses saturés d’occident. Je vois ta silhouette féline et vaporeuse Sécrétée, — lentement, — d'une tempête silencieuse. L’impétueuse hermine, sur ma peau d'amadou, S’épuise en cabrioles au pourtour de mon cou. Infusant tes agates, deux halos solidaires Recomposent les lunes d’un monde imaginaire. Les rossignols, les pies, — même les griffons d’un soir, Se pâment dans les reflets ambrés de ton radar. Le jeu des vents follets ensable les roseaux ; La Méditerranée met du sel sur tes mots. Un rayon de soleil capture mes atébas Qui serpentent et s’ébrouent devant tes nymphéas. Le serment des jasmins, dans les bouquets d’orties, Tinte comme la promesse des jachères ébahies. Invoquant les esprits sacrés de la nature, — Moi, — porteur de fruits, je veux la confiture ! Au détour d'un sentier, une armée d'amanites Veille, casquée de sphaigne, les pieds dans l’eau bénite ; Où salamandres-goules et hipposcorpions Font blanchir les marches de ton Parthénon. Étouffé par les saules, un écho cristallin Révèle la rivière qui chante près des jardins. D’un geste de la main, tu m’invites à te suivre ; — Je suis Félix Bardo à bord du Bateau ivre ! Brassées par les courants qui filent entre mes doigts, Les demoiselles s’accrochent à des vaisseaux de bois. Puis se laissant porter, là-bas, vers les eaux reines De l'Al-Kawthar, elles dansent au bal des sirènes. Je caresse, — timidement, — tes longs cheveux défaits ; Ils scintillent et s’envolent comme les plumes des fées. Tu m'esquisses un sourire, pareil au premier jour, Quand nous croyions, encore, aux vertiges de l’amour. Soudain, des foudres ébahies crèvent le ciel Et font choir les gargouilles des tours de Babel. Effarouchées, les biches, dans leurs manteaux de neige, S’activent près des grumes tel un laiteux cortège. Relégué à la nuit près du bois des soupirs, J’attends ma rédemption chez de nouveaux martyrs. — On dit que les cabots ne sont jamais fidèles Lorsque les panthères noires dégrafent leurs dentelles ! Chassé par les horreurs d’un dimanche de novembre, Je balaye du regard le plafond de ma chambre Pour trouver la réponse dans le vol des mouches. Mais Aphrodite n’est rien qu’une chimère farouche.
  6. 1 point
    C'est vrai ! Je n'hésiterai pas une seconde à employer mon cornet à pavillon ! Merci.
  7. 1 point
    La nouvelle version de notre communauté poétique a ouverte il y a seulement 4 jours. Il faut laisser un peu de temps pour que les premières interactions puissent se créer et que le nombre de personnes inscrites augmente. Grâce à vous tous, nous espérons voir Accents poétiques atteindre rapidement son rythme de croisière N'hésitez pas à être l'un de nos porte-voix
  8. 1 point
    Des mots simples(sans aucune connotation péjorative) pour une histoire tout aussi simple que touchante.
  9. 1 point
    SOLARIUM Comme d’un volcan au ventre gonflé de laves ivres, Méfie-toi du crâne bouillonnant à mille acides ! Quand les poisons des digitales transitent au corps, Ses fumées marquent l’âme de longs orbes de soufre ! Voit plus loin que le charivari des dionées Aux sourires saturés de mouches de lumière ! Portées par le roulement des tambours germaniques, Elles se gonflent et sécrètent du vinaigre de miel ! Fuit l'écho fatigué des bamboulas fantômes Qui balance, par paquets, les clusters sur orbite ! Un résidu spatial oscille selon l’aimant, Du vomi d’étoile souille le corbillard des anges !
  10. 1 point
    Elle peut tout imaginer l'horizon plus gris que la lumière du jour grises les voitures en contrebas grise l’éclaboussure des flaques d’eau Les insectes aux ailes mouillées prisonniers de la fente elle peut les entendre crisser alors qu'un papillon se brûle sous l'abat-jour En se penchant un peu elle ne voit pas elle dit que rien n’est visible mais entend les détails de la rue tantôt lisse à la manière d’un tronc élagué tantôt déchirée Cette ombre occupe mon dos je suis l’obstacle toujours devant toujours immobile elle voulait me quitter me devancer dans le sommeil La douleur devint lancinante quand elle prit ma place
  11. 1 point
    Il avait en ses yeux je ne sais quels enchantements De rêves inachevés, de visions éphémères, Comme des étoiles lointaines, filées au firmament Et des rayons de lune emplis de lourds mystères. Son pinceau animé par des délires amers Eclatait sur la toile en longs sanglots muets ; Le sang recouvrait le bleu de la mer D'où montait une plainte à peine imaginée. Quel combat livrait-il à son cerveau malade Qu'un poignard acéré avait frappé dans l'ombre ? Ses tableaux restaient toujours en rade Ancrés à jamais dans des couleurs sans nombre. L'atelier fut détruit un soir de cataclysme Dans des torrents de rouges assassins ; Sa douleur atteignit son paroxysme Et il mourut ainsi, le pinceau à la main.
  12. 1 point
    Derrière les feuilles naissantes les marronniers et les tilleuls les écureuils, le roux du panache le plus grand des frissons ne tardera à éclore mille pensées assaillent jusqu'à l'abîme au noir de velours On plante des tuteurs aux branches fragiles on enterre les cheveux au creux des troncs tourbillonne le fouet, natte immuable les oiseaux filent vers le nord une algue serpente à l'aplomb du soleil Depuis les marais où repose le sel c'est la guerre bêchent les pieds comme des crocs Voici mes mains sur ce front de sueur je plongerai où la fleur pousse au fond d'un miroir ivre qu'importe les bois aux saveurs barbouillées la grande scie a nettoyé la langue blanchie de l'hiver
  13. 1 point
    la mer nous ramène toujours à l'écume les yeux blancs des anges Michèle Zwegers
  14. 1 point
    Il était beau, Léon, le berger de la mer. Il gardait ses moutons à l'écume des nuits, seul comme un vieux loup qui hurle sa meute perdue aux soirs de pleine lune. Son visage buriné était plein de tendresse, et en ses yeux bleus d'une pureté absolue, j'avais décelé un petit je ne sais quoi d'espiègle. Il avait du chagrin, Léon, au fond de son cœur, parce que pour lui, l'aventure était finie. Il noyait son regard loin, très loin, bien au-delà de l'horizon, en silence. Quand il avait envie de raconter, il racontait de sa voix tendre et bourrue, ses voyages au-delà des mers, ses batailles avec les tempêtes, ses rencontres au bout du monde … C'était magique et je rêvais … Quand j'étais un peu triste, c'est lui, qui, malgré sa désespérance, me réconfortait avec ses mots salés … de marin. Il vivait dans sa cabane, au milieu de nulle part. Un soir d'hiver, une lame lui fut fatale ; acérée comme une épée elle le pourfendit et l'entraîna au milieu des flots. Peut-être avait-il espéré cela ? On ne retrouva de lui au milieu des rochers qu'une bouteille vide au verre dépoli … Son message s'en était allé … De bouchon il n'avait point mis. Tristement, l'âme endeuillée, je vins un soir d'éclipse totale caresser son ancre fichée dans le sable. Elle avait l'air d'une croix. Je me mis à lire quelques vers, et je priai pour mon Léon. Très distinctement, j'entendis dans le vent sa voix qui chuchotait : "Liberté … liberté …" Alors mes larmes ont séché et j'ai regardé loin, très loin, bien au-delà de l'horizon. Et j'ai vu mon Léon, porté par des baleines, qui s'enfuyait en clignant de l'œil, vers un monde meilleur, empli d'étoiles de mer.
  15. 1 point
    humilité du ruisseau il sait qu'il vient de la source qu'il deviendra fleuve avant d'être dévoré par les fauves de la nuit il sait aussi que les mots le feu dans les veines perdront toujours leur plumage au pied des vignes sacrées Michèle Zwegers
  16. 1 point
    il nous faut tenir debout comme l'arbre sous l'orage plus loin au bord d'un talus épuisés nous tomberons dans les jupons rouges des coquelicots Michèle Zwegers
  17. 1 point
    Vous ne volerez pas le printemps Ni l’été, son souffle son esprit Vous ne serez pas leur filtre Vous ne ferez pas mine D’y jouer de la lyre Tel Néron alors que le monde Brûle.
  18. 1 point
    Coursiers écoliers et robots bientôt Entrecroisent le matin crucial. Quelques (im)puissants esprits bots En ponctuent le souffle axial, Happé (s) aussi par des retraités en cavale. Leurs traces s’amoncellent au fil des moments f(l)ous Des rebus joyeux profilent en bas de leurs ébats Épars au royaume hagard Des velléités sans le sou.
  19. 1 point
    Trouées sur âme S’effacer par elles comme dessein(s) Recommencer ? Qui « elles » ? Genoux troués mains en l’air ! Jeans à /tiroir/ sans/ fond Collants/miroir/sans/tain Traquées de toute part Percing percés en guise de remparts
  20. 1 point
    Le front collé au ciel l'astre comme une source ombre - lumière noir et blanc paupières toujours baissées aveuglées, détournées sous les pupilles le même fil rouge frôle les rails de l'invisible si près du sol la main sur le feu d'une pente enneigée compte les gestes automatiques d'une horloge en fin de course J'attends le murmure des vents puis l'or du soir qui étincelle ivre de soleil c'est ainsi que je regarde le manège des ombres qui s'allongent lèvres closes ce grand miroir ne change pas immuable et secret enfile ses vieux habits de cendre pour un dernier tour
  21. 1 point
    Deux vélos sur leurs béquilles S'enlaçaient tendrement face à la mer Les rayons pleins de brindilles Guidons serrés comme deux frères. Un peu crevés par les chemins parcourus La selle chaude sous le soleil Ils attendaient que les amoureux disparus Enfin se réveillent . Il parait qu'avec des si On eût pu mettre en bouteille La ville de Paris Et toutes ses merveilles ; Alors, peut-être, mais rien n'est sûr, S'ils avaient été amphibies Au bout de l'horizon, sur mer d'azur, Auraient-ils rejoint l'infini ...
  22. 1 point
    Tout ce givre, comme un lointain plein d’adieu Ô les promesses et cette heure si tardive, Ô les promesses quand tout va et dérive, Tout ce givre, et je vais et je pleure. Tout n’est plus qu’ombre fragile Et la mort me tâte déjà, Tout n’est plus que trouble infini. Ô les beaux jours où je ne puis guérir Loin de tes lèvres mortes, Ô le parfum de ta peau Et ce tombeau où je vis encore Encore
  23. 0 point
    Un jour parmi tant d'autres, Une fête inutile aux flonflons muets, Pétards de pacotille, Cœurs qui s’essoufflent Aux souvenirs ; Feu sans artifice, Nuit boiteuse et sans béquille : Jour sans lendemain, Minutes sans secondes Larmes sans joie Ombres dans le dédale sombre Nuit de liesse tuée Innocents balayés Corps et cœurs explosés ... Ce n'était pourtant pas Un vendredi treize ...
  24. 0 point
    Il faut partir. C'est dit. Tu n'as plus le choix. Pourtant, ce jour tu t'es tenu bien droit, Ta valise à la main, le cœur fracassé. Tes racines tu voulais t'y accrocher, Mais tu regardes les côtes s'éloigner Tes yeux sont tout embués ... Tu pleures, dis ? On t'a laissé ce droit ; Tes amis ne reverras plus Tes pas ne fouleront plus la rue Où tu as grandi, aimé, appris Tu y laisses ta vie … Ici c'est la guerre, tout s'écroule de ton petit monde. Tu regarderas, plus tard, ému, sur la mappemonde ; Le bateau a pris le large, tu ne vois plus qu'un point Et ta gorge te fait mal et tu serres les poings … L'enfant ne comprend pas, il est si triste Il broie sa main dans celle du père. En piste ! Adieu, il ne reviendra pas. C'est l'heure ; Les paysages tatoués en son cœur, Il se calme et regarde l'eau ... Adieu, il est déjà loin l'horizon …