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Popular Content

Showing content with the highest reputation since 05/01/2020 in all areas

  1. 17 points
    Je ne sais… « Si la saison faisait peau neuve tous les ans Alors on guérirait de n’avoir pas changé » G. Audisio Je ne sais ce que veulent dire tes mains Qui effeuillent l'arbre nu et cherchent l'ombre Au fond de la nuit baignée de lumière que tu éteins D'un revers de paume gantée de flanelle sombre. Je ne sais ce que veulent dire tes doigts Qui se crispent dans le ciel d'opale perlé de froid, Enserrent un nuage qui en trombe pleure d'effroi En voyant de si près tant de signes maladroits. Je ne sais ce que veulent dire tes yeux Ciselés de diamants, au vague à l’âme Dionysien, Trop hyperbolique pour discourir même avec les Dieux Déclame la lune, effrayée de l'absence de lien. Je ne sais ce que veulent dire tes lèvres Lippues et chuchotantes au rouge gloss tiède, Des mots indiscrets s'en échappent qui t’enfièvrent, Cédilles crochues poétisées en cœur de lied. Je ne sais ce que veulent dire tes mots Qui s'assoupissent au creux de larmes silencieuses, Intarissables perles marbrées, billets a tempo Qui se glissent à l’ouvroir de ta voix, miséricordieuse ! Je ne sais ce que veulent dire tes nuits endormies Au creux de toi-même, qui en chien de fusil Interroge de pourquoi les non-dits ! Polysémie Silencieuse, théâtre de nos deux corps préhensiles. Je ne sais ce que veulent dire tes gestes Qui semblent appeler au secours du haut d'une tour, Imprenable, qui sait… mais il est tard. Et je reste Près de toi, et je rassemble mes forces par goût d'amour.
  2. 16 points
    Au loin tintent les grelots des rêves. Ils racontent les arrondis de ton nom, Révèlent la dépouille de tes lèvres, Les ossements de tes baisers figés. Juste une dernière fois, espérer Me frotter contre le crépuscule des nuits, Trébucher sur le seuil de ton souffle, S'égarer dans le velours de nos gorges. Sous l'arche des étreintes endormies, Parmi le souffle des haleines éperdues, Mon pas fatigué d'archéologue sélénique Soulève la limaille froissée de nos corps. Des oiseaux cendrés déchirent un ciel laiteux. Quelque part, un grand orgue parait pleurer. Mon bras usé moissonne des terres stériles, Tout en mâchonnant des graines rassies.
  3. 15 points
    Aveu filigrane, élan diaphane je pianote et brode en fils de couleur mes arabesques en solo n'entends-tu pas la mélodie pauvre dentelle de croque-note que je martèle crescendo Je voudrais que ma plume sarbacane souffle mes voeux dans le vent et que volent jusqu'à toi en écume courtisanes ces aigrettes de printemps virevoltant une folle sardane Je voudrais être ta fée Morgane qui porte en toi la sourdine l'élan diaphane du poète peut-être même ta Catwoman et que sous ton toit s'enracine mon aveu en filigrane Je t'imaginerais alors dans le silence qui sourit en cascade d'arpèges au creux de la nuit qui protège jouir d’ un instant de répit
  4. 15 points
    L’invisible « J’appartiens au silence à l’ombre de ma voix » J.Cayrol Vous n’entendez-pas ce long souffle rauque de cet homme ici allongé blessé de vie qui s’éprend soudain de silence, sans acribie, pour quitter les rivages de la ville glauque. De l’air ! De l’oxygène, voilà ce qu’il lui faut, il en manque tellement. A peu consommer on s’épuise. On s’use à vouloir en trouver ici ou là. Et voilà que s’envolent les mots ! Et l’homme sans voix, salue et s’en va, il part. Echappe au monde et à lui-même, marche de guingois, oiseau affaibli, blême, si semblable hélas, à son existence ici-bas. Portefaix aux épaules fatiguées, patenôtre sans remords, sans ailes, en désaccord avec les idées de son temps, trop accores, dit-il. Et passent les ans, saints et apôtres ! Il s’en va, là où personne ne l’accueillera vers une nuit sans fin proche de la terre dans un sillon paysan creusé en jachère observer les constellations baignées d’auras. Il pense aux blouses blanches, à leurs mains cachées, leurs yeux esseulés, dans un visage absent. Il songe aux petites gens de métissage à la voix chantante. Il pleure des étoiles d’airain. Il parle aux petits enfants qu’il n’a pas eu, leur invente des historiettes, conte la solidarité, la justice bienveillante, l’amour et l’amitié. Dit en conscience, ce que le noir de sa peau, a tu. Lui le rescapé, le sans nom miraculé, s’enfonce dans l’obscurité, seul, happé par un trou noir, s’évanouit au clair de lune, brasillement d’espoir futile fait d’ombres inutiles, au champ de ronces.
  5. 15 points
    À l’ombre de ta bouche, Juste quelques pelures de mots Sur l’orbe de ton silence. Il reste Ces frissons en torsades, Quelques flaques de souvenirs Égarées dans l’amer d’un regard. Ces paysages rongés de fièvre, Là où gisent des nymphes rouillées Oubliées derrière des murets de lierre. Dans tes échancrures irisées, L’hémorragie du sang des jours Sur le buvard de nos sentiments.
  6. 14 points
    Va, le vent, va… J’ai aimé une rose, Dans un soir qui descendait D’un vieux rêve Et le vent me disait Combien il sait les choses, Jusqu’à écouter pleurer Les roses. Où vas-tu le vent, Vers cette aube indécise Qu’un ciel noir oppresse, Pleure-t-elle aussi Comme pleurent les roses ? Va, le vent, va, Dis-moi dans quel jardin Les fleurs ne meurent jamais, Va, le vent, va, Avec tes grands lévriers blancs, Ce n’est qu’un chagrin Qui s’en va au fond des mémoires, Oublie les roses, Oublie autant que l’oubli, Demain n’est plus déjà Et la lumière s’est faite ombre Entre mes bras
  7. 14 points
    La Voyageuse Sous l'horloge précieuse du temps Là où l'aiguille fixe le continent, Seule, elle rêve éperdument D'une odyssée, d'un contre-temps Et de l'indice furtif de carignan, L'envie sème bien des arguments. L'ombre d'un soupçon dans le regard, Elle embarque son grain de folie, Fait preuve à la carte de l'épisode, De ses règles dans l'aérogare Où les souhaits qu'elle fait à l'oubli Se lient d'une mise en fraude. La voyageuse connaît l'abstrait, L'art du désir aux cent frontières, Veilleuse nocturne qui s'égare, L'aurore maquille ses attraits Et son goût pour la fronde côtière Quand le jour supplante ses retards. -Epicene- Mai 2020
  8. 14 points
    J’emprunte des canauxAux berges incertainesOù certaines auberges,De leurs volets bleus clos,Teintent en touches finesD'une patte sereineUne toile de serge,En l’eau qui serpentine,Comme peinte au couteau.Le courant sous les souches,Tourbillonnant manège,Affole quelques feuillesOù se pose une mouche,Radeau pour l’orpheline.Des oiseaux en cortège,Et aussi noirs qu’un deuil,Survolent une fouineQui regagne sa couche.La lumière est étrangeAinsi que de là-hautTomberait doucementUne poussière d’ange,La brume s’illumine...Et là ce doux tableauSemble prendre le vent,Comme une frêle cange,En l’aube opaline...
  9. 14 points
    Lore, mon grain de folie « J’aime les heures sombres de mon être, où s’approfondissent mes sens » R.-M. Rilke* Je viens me perdre dans tes vastitudes Créatives et inattendues, toi Drapée d’une blouse blanche entrouverte Laissant transpirer ton corps nu Éraflé de couleurs aux pinceaux Aveugles sous le néon éclatant de blanc. Chevelure noire coupée à la garçonne Yeux émeraude teintés d’or Tu te courbes vers la toile de lin Au sol, clarté impudique, Allongée tu t’enroules sauvagement, Et tout pigmenté de couleurs primaires Ton corps d’albâtre Dessine des abstractions Instinctives et distordues, Au rouge carminé de tes lèvres Au bleu outre-mer de tes seins A l’effloraison de l'abricot terre de sienne, presque glabre. Minuit, atelier à Traben-Trarbach Cité Art Nouveau baignée par la Moselle La nuit quelquefois tu y plonges Miroir lunaire aux ombres vinicoles Tes formes se saoulent d’air mouillé Tu veux faire l’amour Me dis des mots essentiels Avant que de se perdre Dans les ombres des toits Observer le monde grouillant Les lumières instables Les gyrophares de la Polizei Et chichonner avec tes amis. Tu chantes Joan Baez Here’s To You Hymne de jeunesse Contre l’injustice et pour la vie En pleine guerre froide Et tes yeux s’étoilent au firmament Quand t’écoutes Samba Pa Ti de Santana Avant de t’assoupir sur mon épaule. Odeur âcre et sucrée Filet d’air frais Quatre heures, on rejoint La longue toile granuleuse groggy au sol, Tu mets du rouge vermillon Sur tes pieds, imite un rat d’opéra, Toupille furieusement dessus Et tombes de fatigue. Tu ne crois pas en Dieu, Tu veux faire cesser la guerre du Vietnam Tu mets un 33 tours, hymne américain Décibels déchirants de Jimmy Hendrix Sur guitare sèche agonisante, Tu m’offres ton tee-shirt rose Faites l’amour pas la guerre On ne se promet rien On inonde le monde d’idées Saugrenues et colorées Comme nos fringues hippie-chic ! On court dans le combi Volkswagen, Tu glisses une cassette dans l’autoradio « Voulez-vous coucher avec moi » En dodelinant de la tête Ton regard s’évanouit et sourit « Et leurs yeux se fermaient comme des roses, et les nuits de l’amour emplissaient leurs cheveux* » Ai-je murmuré à ton oreille. Nous ne faisons plus qu’un jusqu’au petit matin Et tout enrobés d’or crépusculaire Tu me dis, passe quand tu veux Avec ton accent inimitable et si plaisant. Tschüss !
  10. 13 points
    écris-moi un seul mot de tristesse de joie au hasard. écris-moi presque rien et moi dedans.
  11. 13 points
    Je connais une fleur si douce Au coussinet de brume thaïe, Plus qu’un royaume où se retroussent Les jardins secrets de l’Altaï. Le satin rouge d’un couchant Est un sorbet les soirs de brise Avec tout l’or du firmament Mélangé au jus des cerises. Tes lèvres Tes lèvres J’ose m’y approcher Tes lèvres Tes lèvres Si près de mes baisers C’est un petit dôme enchanteur D’un velouté d’île perdue, Des perles de grenade au cœur D’une friche aux marées venues. Des framboises aux sucs bombés Tombées des nuits et des moussons, Que de parfums nés à Bombay Quand vient la moue, fruit de saison. Tes lèvres Tes lèvres Purs joyaux des forêts Tes lèvres Tes lèvres Au confit d’alizée Sous des tropiques languissantes, J’ai vu les canaris chanteurs Tisser leur nid d’eaux murmurantes, Lier mille baisers flotteurs ! Je veux ta brunoise de fraises, Longer l’esquif, zester l’été, Éclaireur, cueilleur de fournaises Ouvrant ta volière argentée ! Tes lèvres Tes lèvres Si belles à croquer Tes lèvres Tes lèvres Refuge pour damné Tes lèvres Tes lèvres Bien qu’un jour j’en mourrai !....
  12. 13 points
    L’un est deux « Je veux m’évanouir comme un météore. Pourquoi alors cet atermoiement ? Je ne la laisse pas seule. Pas encore » Hugo Claus Sur la paume de vos mains, je vois la lumière du ciel refléter votre visage aux larmes sèches. Je vois des cris, des tempêtes inapaisées, je vois des yeux clairs qui boivent le bouillon, je vois aussi, des doigts fins désaccordés. Se peut-il qu’il y ait des nuits sans jour et se faisant que la joie serve ses contraires, car sans cœur, bien sûr, il n’y a de destin enviable ! Comment pourrait-il en être autrement, lui, que j’imagine homérique, sorte d’aède immature, s’entiche de mots hauts et sonores comme des cors pour faire frémir, dit-il, les chairs tièdes de jeunes femmes pas encore « déniaisées » ! Insuffisamment sans doute, au clair de notre temps… Mais qui s’exclamerait aujourd’hui Pucelle comme Jeanne ? Trahison de cœur, coup de poignard, confiance bafouée, délitée, vilipendée, jetée aux orties avec l’eau du bain. Votre cœur saigne ! Vous rêvez de cors à corps formant aubades aux lueurs matinales au gré des saisons. Vous rêvez encore au temps qui passe tandis que vos corps s’effaceraient au pavillon de chasse. Sonne et résonne le sexe, mais dussé-je bien l’avouer, qu’il faut être deux pour aimer de la sorte ! Friandise lovée comme une exquise douceur, un caramel fondant ! Ne pourrait-il comprendre, les temps d’aujourd’hui et avec eux, les corps qui se rapprochent, plus tôt, beaucoup plus tôt… Et votre corps délaissé, au cœur saigne abondamment, hémorragie invisible, au trou béant. Et qui d’entre nous peut résister à quelque gourmandise bien mise. Peaux parcheminées d’une écriture sensuelle que des doigts musicaux démêlent en arabesques sanguines. Et d’ajouter au bonheur, des dents suaves, mordilleuses et follement envoûteuses. Les oppositions sont des alliances, sans jour pas de nuit et pas de nuit sans le jour. Noir et blanc sont voués à exulter plus qu’ils ne s’opposent. L’un disparaît, l’autre ne vit plus. L’un vit, l’autre naît, voire renaît. Vous et lui, en somme, formez le ferment de vos oppositions, la synthèse de vos complétudes et cela n’est pas seulement onirique, mais se décline comme une tragédie hellène au rythme de la comédie de boulevard ! Il vous prend par la main pour y lire Des ouvrages incertains à l’odeur de désirs, Moisissures nobles oubliées, fins élixirs Au nectar de vos lèvres rouge cachemire !
  13. 13 points
    Sur les grandes écorchures matinales, Nos nuques en sueur s'assoupissent enfin. Même si nos corps se livrent au dernier brûlis, Le sillon d'un ongle sur une peau refuse d'abdiquer. La tourbe nocturne est encore humide. Par delà les mousses bordant notre lit, Des lacs sans rivage comblent nos béances. Une paupière mi-close est avalée dans les fougères. Au creux des étoiles échancrées entre nos songes, Nos sexes racontent ces longues nuits démâtées. Au cœur des ramures ourlées d'aubes immobiles, Nos langues disent ces salives sur des plaies immergées. Alors ne restons plus sur le seuil de nos orages. Récoltons nos caresses déposées sur le corail. Chevauchons nos spasmes dans un souffle éperdu Car il nous reste tant de chemins à débusquer.
  14. 13 points
    Sur le carrousel le cheval, piaffant, a dit au revoir à ton cœur d’enfant. La fête finie, le manège est clos, les canetons d’or ont perdu leur flot. Un fanion voltige, à la roue s’accroche, on dirait l'appel d’un dernier reproche. Mais regarde bien, c’est un sac plastique que le vent mauvais agite, erratique. Le lieu est désert, on l’a bâillonné, même les oiseaux l’ont abandonné. Tout est illusion, tout est dans tes yeux, tourne les talons et oublie ce lieu. La barbe à papa n’aura plus jamais le picotement qui te consumait. Princesse enfuis-toi loin de cette arène, rends-la comme toi, à jamais foraine.
  15. 13 points
    La lumière blafarde au néon fin de vie Sur ton visage exsangue scintille de la sorte Que des riens douloureux t'entraînent jusqu'aux portes De la male fortune, ô toi qui fus marrie. La mort paraîtra douce après ton agonie Qui te prit dès l'enfance au berceau assassin Vers des années de plomb pour un triste destin, Car le plaisir d'amour jamais ne t'a souri. Des souvenirs fâcheux encombrent ta mémoire Et tu souffres du mal des maudits de la Terre Sans un bras pour t'aider, abandonnée des hoirs. Mais moi, le troubadour, je veux que ton passage Ici-bas soit connu et que ces quelques vers T'escortent dans l'oubli qui signe nos mirages.
  16. 13 points
    Regarde la voilure tissée de pétales de rose aux doigts de l’aurore fée capitaine qui dort encore et qui déjà égare la nef dans les sables du jour au tourbillon du temps ce vieux carillon qui moisit au ciel de mutité indécente en ce désert liquide où le vent ranime les avatars d’un cœur mienne breloque je voudrais oiseau être picorant le millepertuis m’enfuir par ces passages trésor mes secrètes amours enchanté libéré de la vie la vie qui se vit j’entends quand on en compte mille tours les tourments heureusement il y a la musique du vent la Parque qui défait les rais d’or de sa résille recoud dé à dé une camisole d’Arlequin va tu vas bien la mer étale ses baisers sur l’estran va ta résilience pieds nus mains vides dans les bras le jour qui lève.
  17. 13 points
    Lorsque tu t’abandonnes aux frissons de pampille, Sur ta couche dorée où la nuit se maquille, Envoûtant les bédouins, Ton corps, dunes blondes, élaguées par les vents Désensable tes reins de fourbes ornements Au parfum oasien. Tu t’offres nue enfin au secret du henné, Le vent de tes soupirs et l’arôme du thé, Le sablier des âges, Par les sombres nuées parviennent jusqu’aux camps Pour ôter les keffiehs, décoiffer les turbans, Des bergers de passage. Ils ont vu dans tes yeux, cité blanche aux toits verts, La médina d’amour, l’oracle du désert, La couleur du prophète, Tandis que les fatmas autour d’un encensoir Incantent les défunts sur tes longs cheveux noirs Pour parer la tempête. Comment calmer tes seins dardant sur la Grande Ourse ? Le courroux du désir, la fureur de ta source, Le scorpion rédempteur, Saignent tes plaintes bleues, libèrent les harems, Où tes mains exhortent ton ventre de carême A l’orgasme sauveur. Le marabout connaît ton point d’eau anonyme, Ce temple de fraîcheur, ce nectar de l’abîme, Repaire du serpent ; Ô reptile sacré ! Sa morsure est fatale, Tu commences à jouir en silence létal Dans la soie du caftan. Quand le venin mortel te prendra par plaisir La lune odalisque allaitera le nadir Pour pailleter tes oui Les sources jailliront sous d’anciens mausolées, Tes lèvres auront le miel, la grenade et le lait Pour ton bel Aïssaoui !
  18. 13 points
    Les réveils belle étoile encore colorés de désir dans les draps d'orchidées sauvages ainsi, a-t-on dormi l'aube baille il est temps d'ouvrir les yeux l'oiseau chante depuis longtemps déjà et cherche l'éperdu le bruit blanc se soulève et achève le dernier rêve dans un long frisson de souvenir de peaux je fuis tes yeux de rivière alanguie éperdue d'infini comme si de rien n'était, comme si de rien ne sera j'échappe à tes bras à l'aimant de tes hanches au souvenir fulgurant de ton cri j'aime ton silence soudain je redeviens vestale les belles de nuit ferment leurs pétales il est matin nouveau, nouveau jour le ciel est mauve est-il encore temps de faire l'amour ? L'amour n'a pas de couleur on y pense les yeux fermés l'amour n'a pas d'odeur mais tout ça c'est des mensonges les matins sont vermeils les cerisiers ont du sang sous la peau les lys rougissent à l'horizon des songes et rien n'importe plus, à cet instant, que le parfum des caféiers qui exhalent leurs drupes … Tout devient rouge comme ces fleurs orientales aux robes pourpres le rouge est la couleur de tout du vent, du sable et peut-être, après tout, de l'amour ? Allons ! Nous n'étions pas dupes viens sous la tonnelle écouter le violon qui s'éloigne rengaine ton archet essuie tes yeux rouges c’était juste une nuit de printemps la sève monte dans les arbres on serait capables de faire des serments ! On avait fait les colonies en culottes courtes et puis, voilà nos corps nus les nuits qui s'écourtent on n'a plus quinze ans. Souviens t' en, seulement prends la route des mots ceux qu'on écrit plus tard, sous l'abat-jour d'une étoile colorée de désir au souvenir de nuits belle étoile. Oui, tout fout le camp même les feux les feux de camp bois ton café garde l'étoile ... (J.E. Avril 2020)
  19. 13 points
    Même Ailleurs Il pleut dans son cœur et même ailleurs, Là où la détresse fit rage, au céans de ses instants, Ni larmes ni brève remise, juste le goût voyeur S'arrimant aux soins de ces rêves déroutants. L'attitude d'une vie porte ainsi ses regrets, Il pleut dans son cœur et même ailleurs Il n'y a plus de place pour vivre de son plein gré Ces quelques parts d'amour en tailleur... Des mots, des rives retenues et ses frayeurs, Les nuages l'esquissent et s'en veulent, Il pleut dans son cœur et même ailleurs, Dans la plaie de sa chair il se sent seul. Mais là où ses lèvres se sont touchées, Pas une béance, une note solitude et sa ferveur Ou l'audace d'une attitude retouchée, Il pleut dans son cœur et même ailleurs. -Epicene-
  20. 13 points
    C’est le mystère entier des nombres inconnus Qui gisent en silence à la croisée des branes D’où surgit l’univers de désirs incongrus Quand le temps est fini dans l’esprit des arcanes Et parmi tous ces heurts au hasard de ses mues Lumineuse et lactée la galaxie insane Vient nous fournir le luxe et l’abri bienvenu D’une planète bleue aux saveurs océanes Dans d’autres dimensions j’imagine des frères Exploitant l’énergie issue d’un trou de ver Qui comme nous sont seuls sous un ciel éternel Ils pensent ingénus aux lois intransigeantes Qu’imposent pour leurs vies de nouvelles constantes Dont les valeurs croient-ils seraient universelles
  21. 13 points
    Je me souviens encore des vacances d'été Passées au rythme doux de la blondeur des blés. L'odeur des confitures fumantes dans le cuivre De bassines laissées sur la flamme un peu ivre. Là ces pommes vertes et si délicieuses, Que nous frottions dans la sente poussiéreuse, Pour que quiconque ne vît que nous avions volé Un des fruits du tonton en ses si beaux pommiers. Je revois ces femmes harnachées de jupons, Rejoignant les hommes suant durs aux moissons, Leurs lourds paniers d'osier portés à bout de bras, Arrachaient un sourire à ces braves forçats. Je me souviens des vaches aux champs abandonnées, Que nous allions, héros, enfin récupérer, Attendant calmement l'ultime traite au soir, Nous leurs trouvions alors de doux regards d'espoir. Les cousines aimaient lorsqu'entre chien et loup Au gerbier nous allions bras dessus et dessous. L'odeur de la journée passée à s'amuser S'entremêlait aux foins nouvellement coupés. La table était dressée sous un grand appentis, Au clocher onze coups avaient bien retenti. Les filles et les gars fatigués de ce jour Arrivaient frais lavés, mais le pas un peu lourd. Le cidre en carafe, la lueur des bougies, La tête du cochon et son brin de persil. La lame des couteaux perçant en chaque main Et le signe de croix qu'on trace sous le pain. Malgré la fatigue, les langues se délient, Les regards se croisent et les bouches sourient, Et bientôt le tonton sortira l'élixir: La bouteille de gnôle et viendront les rires. Demain dès matines, ils rejoindront les champs, Nous dormirons encore, privilège d'enfants. Mémé est aux fourneaux, droite dans sa cuisine, Sur la table de bois patientent nos tartines... (photothèque personnelle )
  22. 13 points
    Je viendrai demain manger ta lumière au ponant déchirer la dentelle de tes vœux voler la poussière des légendes et le bois sec des tourments Je viendrai toujours à l'aube quand le bleu des envies se morfond dans l'iris de tes yeux et que meurent toutes les chansons toutes sans exception Je viendrai encore même mort ou si vieux de jardins que les roses m'auront oublié dans l'ingratitude des rouges et l'indifférence des mois meurtris Je viendrai si tu veux orfèvre des perles de rosée maquignon des cavales folles orphelin d'un avril et cependant les mains tachées d’opprobre dans l'amertume cannelle d'un serment Trois plumes de ciel dans les nuages tiroirs une boite à sel dans l'armoire qui se fait gendarme sous un horizon de redoute à la barrière d'un retour.
  23. 13 points
    les jeunes mères accouchent dans la boue les aubes saluent les naissances de leur couchette d'orties. à tout prix ces peuples nomades frappent aux portes d'acier des siècles aux croisements de ces frontières des chemins sataniques ces enfants rebondissent sur les routes germées de vent ils cherchent en vain un toit leurs espoirs finissent sur un seuil mutilant sous les fenêtres en feu et sang. misère misère du temple de dieu aveugle et indifférent.
  24. 12 points
    Un petit poème va bientôt mourirA peine posté sur Accents poétiquesIl paraît pour émouvoir ou divertirIl brille de mille feux, c’est une réussiteOu agonise dans l’indifférence des regards sourdsTrop faible, trop court, trop maigre pour toucherIl se prépare à disparaître pour toujoursPlus vite que les autres qui savent aguicher… Viennent les commentaires, en une ronde enjouée Qui disputent le dithyrambe à l’amitié Parfois cruels, parfois blessants Souvent justes, et puis rassurants L’auteur s’en flatte, il les goûte de ses yeux gourmandise S’en délecte, s’en ravît les déguste, friandises Pour d’autres rien ne vient que le silence Sentence d’une audience qui l’assassine d’indifférence … Un petit poème va bientôt mourir A peine posté sur Accents Poétiques Car bientôt il s’enfonce, va se flétrir Étouffé par l’amas composite de centaines, de milliers de poèmes qui en rang d’oignons forment farandole inarrètable, flot continu dans la moiteurs des cerveaux naissant comme champignons Massacrent leur prédécesseurs en soldats inconnus … Il me vient cette idée atroce Si Baudelaire revenait de sa fosse Et venait poster ici « L’Albatros » Combien de commentaires lui feraient noce? Et quel éditeur viendrait ici lui faire négoce? Lui, ce géant, que dis-je ce colosse Verrait le sort féroce, en perdrait son sacerdoce.. Et dame! Son bijou finirait comme les autres, dans un cul-de-basse-fosse!! * **
  25. 12 points
    Né sous une mauvaise étoile Que faisons nous ici, quelle est notre mission ? Moitié d'enfant promis à ce destin amer au petit matin froid j'avais une ambition: Entre l'os et la peau ajouter de la chair Pâleur surnaturelle et maigre silhouette gaspillant ma jeunesse au hasard des chemins Sept du mois de novembre; Année de la comète, la lumière du jour passe à travers mes mains Dans les plus hautes herbes s'égarent les oiseaux de sombres avenirs l'effroyable présage et comme un vent mauvais fait ployer les roseaux dans mes paumes blessées me cache le visage Et tandis que le vent fait claquer les fenêtres et que de lourds nuages menacent de crever je maudis ,O combien, ce ciel qui m'a vu naître quand des gouttes de pluie, plus qu'on en peut rêver glissent le long des vitres ......et le ciel dégringole cordes et hallebardes sur moi précipitées Dégueulez caniveaux et débordez rigoles et vous, coulez couleuvres, souples et argentées J'ai désigné, furieux, la nature marâtre C'étaient de ces orages qui essorent les cieux tout sillonnés de foudre en brefs éclairs bleuâtres que je suivais des yeux, pensif et silencieux (GB-le 28052020) Texte offert à @Thierry Demercastel
  26. 12 points
    Paradis d'artifice Une autre rouge s'élance dans la nuit Quelques canards sauvages filent vers d'autres cieux La toile tendue, ils sont foule les yeux Qui, suspendus à la prochaine pluie Se lèvent. Et dans l'esprit se lève alors aussi Ces sourires ne sont-ils pas radieux ? Comme une parabole d'enfant dieu L'image d'un Éden reconquis En dents de scie. Palmures éphémères Nées du pinceau ardent d'un peintre pointilliste Geysers d'étoiles sorties à l'improviste Cendres bientôt, et qu'engloutit la terre Avant que l'homme, revenu du grand soir Ne plante ses asphodèles au jardin du devoir
  27. 12 points
    Je cours sous les baleines De mon vieux parapluie Cherchant à perdre haleine Ce qui reste de lui. Pas de mon parapluie! De ce beau Madrilène Qui laissa derrière lui Un nuage de phalènes... Et moi sotte Madeleine Sous ce vieux parapluie Je pleure ce beau silène Sous la lune qui luit...
  28. 12 points
    Lorsque je serai parvenu au bout de cette page je n’aurai encore rien saisi à ce paragraphe terrestre. J’aurai fait mine de comprendre les inconséquences des uns les insignifiances des autres et mes évasions solitaires. Car j’ai vécu seul en poésie non pas pour sa seule mesure non pas pour sa seule musique mais pour ce qu’elle a mis en tropes ! Grâce à elle j’ai connu les longs et lents vols de nuit au rythme des ailes de l’albatros sur le portant de ma plume. Pour mes randonnées diurnes ce ne sont pas mes fines ailes qui m’ont empêché de marcher mais mes griffes de paresseux ! Alors, par peur du ridicule, pour ne pas trop me déhancher, j’ai préféré pour me déplacer, le flegme de la bicyclette. Elle m’a porté un peu partout à l’allure du touriste et si je l’ai contrainte à grimper c’est pour jouir de la descente. Je l’ai aimée pour le plaisir égoïste de la saveur des yeux mollets après l’effort des dures montées pour me hisser au-dessus des hommes. J’ai vénéré ce moment délicieux où les mollets sont si douloureux et la vision tellement brouillée qu’il vaut mieux faire une halte. Là, le bonheur est de se poser dos à la route le regard offert à la démesure du chemin accompli à la digestion des rampes sournoises. Quelle joie de prendre le temps d’écaler sa renaissance face à la gigantesque amplitude et à la grandeur du paysage ! Enfin rassasié de grands espaces il suffira, les mollets légers et la vue claire retrouvée de se délecter de la descente à tombeau ouvert… Misanthrope dégustant ses yeux mollets au sommet du col de la Croix de Fer (73) - Photo Papy Adgio
  29. 12 points
    Pour faire une bonne poésie, Il faut pleurer tôt dès le matin, Touiller sa souffrance avec les mains, Et se prendre un râteau à midi. Pour faire une bonne poésie, Il faut se vautrer dans son passé Et se la jouer désespéré Dans une foutraque nostalgie. Je n'ai pas de conseil à donner, Mais laisse-moi t'abreuver du spleen, Ce dernier verre du condamné. Lors, sur la meetic Voie Happy end*, Du char glorieux où tu fais mine De rien, Ève apaisera ta peine. * En bas latin [c'est toujours bon de se référer à l'Antiquité, fût-elle tardive)] se dit Voie Appienne. D'ailleurs, ça rime mieux avec peine.
  30. 12 points
    C’est un monde d’herbes follesDe graminées tout terrainQui se moque du gazonLes merles le savent bien.Mon saule pleureur a construitUne pergola sur la rueOù se bécotent gamines et gaminsAu bord de la terrasse, la lavande se lie au romarinLa monnaie du pape s’est couchéeSur la corbeille de la mariéeSur le mur, la vigne vierge s’effaroucheD’une brise qui est venue l’embrasserIl y a des salades qui poussent sur mes trottoirsUn chèvrefeuille galope sur un muret sans finUne pie chamaille le vieux chat tout noirAu sol les fourmis racontent une histoireLa trace perdue d’un monde sous-terrainUn rosier portillon sort ses griffesPour une facture dans le courrierDans le cerisier les fruits s’éclatentPhilosophant sur mon transatJe fais salon au fond du jardinJ’ai débouché ma cave, saouléJusqu’aux derniers voisinsLe cadran solaire grappille une dateUne muse nue sur une natteM’a donné sa main
  31. 12 points
    Elle lui offre ses galaxies Ses soleils en aciéries Ses forges, ses glaives et ses ruses Ses larmes d’étoiles se perlent en mots Ses armes de voiles se tendent de beau De son désir naissent les Dieux apaisants Qui enfantent les mondes Nés du feu et de l’envie Qui dans l’espace font la ronde Et brillent au delà de leurs vies Elle connaît ce chemin pavé d’embûches au bout le mal d’aimer qui fait tant de bien la douleur du gésir que l’on fait sien Et l’autre qui a fait le mi-chemin pour un oasis pour un demain… Elle n’a rien fait d’autre que de le croiser Mais l’on sait toujours quand on est au bout du chemin que le désert reverdit demain n’est plus un ennemi C'est la promesse du présent à l’ombre du vent… Ses baisers auront alors le goût des épices de l’alcool qui enivre du tanin soulignant la ligne de ses lèvres désir en frontispice chaleur d’un bistrot, deux regards qui se délivrent en faïence de Sèvres Sa main sur ta main posée, tu boiras son âme nectar de feu qui te damne…. Son nuage ne te fera pas d’ombre dans un ciel étoilé Tu lui montres ta voie ta voie lactée par sa fraîcheur embaumée par ses vapeurs embrumée Pour dire un « je t’aime » le joli théorème a bien deux inconnues qui, de l’enfer aux nues peut aller vous porter sur un météore sillage entre les doigts Ou bien vous faire griller aux forges de Vulcain dans un bien bel écrin Que sent-on dans le sillage d’un orpaillage? l’odeur du rire des anges volages? le goût de la pluie au bruit de cristal? le parfum de la mer aux cris des goélands? Tu as depuis longtemps enjambé le pont des supplices de l’Alma enzouavé et trouvé pile ton calice...
  32. 12 points
    Oublions-Nous Puisqu’on ne s’écrit plus que de dos, De plaies en césures l’on s’en veut De ne vouloir qu’à demi-mot, Le coeur aguiche et fait ses aveux. Il parait qu’on oublie tout, Puisqu’on ne s’écrit plus que de dos, Que le soir vire ainsi nos atouts, Coups d’encres graciant nos peaux. Les mains s’emparent aussi du beau, Aime-moi simplement quelque part Puisqu’on ne s’écrit plus que de dos, Laissons nos voeux se chercher dans le noir. Et tu me laisses ton empreinte, Près de ma terre, loin de mes mots, Entre rigueur longue est ma crainte Puisqu’on ne s’écrit plus que de dos. -Epicene-
  33. 12 points
    A la lumière du désamour « Ce fut un bel été, fade, brisant et sombre » Y.Bonnefoy La lumière est cette virgule incongrue qui forme des points sur le mur d’à-côté et strie le parterre de rosacées près du square où s’épient, sans exclamations, les amants bécoteurs d’un jour ! Ils fuiront l’orage avant qu’il n’arrive, à l’instar de ces enfants courant dare-dare pour aller cueillir le goûter.
  34. 12 points
    A l’usine à poèmes, j’ai oublié de pointer Non aux cadences infernales, un peu de liberté Je ne veux pas devenir fonctionnaire de la plume, de la muse,je ne suis gestionnaire Il me vient des envies d’escapades Et de l’Olympe je cesse l’escalade je sens du vent dans les voiles l’envie de voguer vers les étoiles sans me fendre d’un compte-rendu pas la moindre ligne attendue … A l’usine à poèmes, j’ai oublié de pointer Non aux cadences infernales, un peu de liberté Je n’ai plus rien en stock je vais aller boire des bocks mon plan de travail est vide rien à proposer à vos regards avides s’effondre ma courbe de production et plutôt que de me fendre de vers de mirliton Je choisis le silence je n’entre pas dans la danse … A l’usine à poèmes, j’ai oublié de pointer Non aux cadences infernales, un peu de liberté pas d’objectifs, pas de carnet de commandes au risque de me mettre à l’amende pas d’inspiration, pas de transpiration pas d’allitération, pas d’énumération mes ailes de géant ne m’empêcheront pas de marcher de me promener, de faire dans la vie mon marché et déjà je sens qu’on m’apostrophe comment, aujourd’hui pas de strophes? … A l’usine à poèmes, j’ai oublié de pointer Non aux cadences infernales, un peu de liberté non, décidément ce soir au bout de la nuit écrire une quelconque ligne m’ennuie dans les bras de la vie je veux m’étourdir au risque de ne pas me faire applaudir chers collègues poètes me voici en congé je vous laisse le cœur allégé de l’écriture je suis en RTT tant pis si je ne suis pas rétribué!! ...
  35. 12 points
    Planté sur la plage j’épiais tes mains délicatement drapées de laine occupées à calligraphier le ciel d’amples majuscules de vastes palindromes de savantes litotes puis à raturer de ta plume l’orthographe belliqueuse d’une bise de novembre Dans la douceur de l’âtre tes mains au soir plus douces ont susurré sur ma peau de subtiles anaphores de délicates métaphores et de poétiques licences facétieuses et mutines qui ont décimé sur mon corps soumis les conjugaisons du verbe aimer et leurs saveurs enchanteresses. Tes mains sur la plage du Touquet (62) - Photo Papy Adgio
  36. 12 points
    Obtempérance Le ciel détient sa revanche, te désirer en silence est un tandem qui s’épanche, un deal*, un manque de chance. Je veux saisir ton affection et me coller contre ta peau, peut-être saisir ton attention et me réjouir de quelques mots. Vois-tu, chaque jour qui passe est une lutte contre toi, contre tes maux de passe mais ton sourire est à moi. Le ciel détient la vérité, quelques caresses désarmées, j’emporterai ma liberté et les promesses que j’aimais. -Epicene- *accord,marché
  37. 12 points
    Un bouquet de fleurs coupées Posé là sur un banc, Marguerites et centaurées Semblent faner le temps. Le vert usé des lames N’attire plus le passant, Tout près de belles dames Surveillent les enfants. Rires, glissades et pleurs Autour du toboggan, L’on commère de bon cœur Les tous derniers cancans. Un vieux nourrit les biches, En sa main quelques glands, À son front une guiche Ornée de cheveux blancs. Le clochard se prélasse À la douceur du vent, Ses pauvres yeux rêvassent Au vol d'un cerf-volant. L’eau de l’étang déchirée Par l'aile d’un bruant, Semble soudain inspirer Les couleurs du couchant. Une femme sur le banc Tient entre ses doigts serrés Comme on tient un enfant, Un bouquet de fleurs coupées... Pour faire plaisir à Epicene, acrylique sur toile...
  38. 12 points
    Tant que tes yeux seront de feu Que je pourrai m’y perdre Dans un sentier de traverse J’aurai des rêves d’émeraude Le cœur en carrés verts Les nuages dans la pâleur D’une estampe floconneuse au bleu d’une rizière Et la gravité d’un cri d’été Quand les colibris assoiffés s’assemblent aux ravenales Et s’enivrent au creux des palmes lisses
  39. 11 points
    Le Vainqueur Barbare La belle suppliante offrait ses mains d’ivoire Au seul Maître des Clans, le grand Roi des Sarmates Qui toisait les captifs du haut de sa victoire Faisant claquer ses torques d’or sur sa peau mate Il avait écrasé l’armée des infidèles Dont les vains étendards gisaient, abandonnés Tout au long de leur fuite en cette citadelle Cet ultime refuge où ils étaient cernés L’orgueilleuse cité n’abritait plus alors Que ces soldats battus, des enfants, des vieillards Les femmes firent don de leurs lourds bijoux d‘or Espérant par ce geste apaiser les pillards Quand la porte s’ouvrit dans les hauts remparts sombres Une clameur jaillit des guerriers abhorrés On vit sortir alors un long cortège d’ombres Portant des plats d’argent couverts d’anneaux dorés Biches narguant la meute aux regards prédateurs Elles s’étaient avancées, belles, dignes et fières Vestales convoitées par de vils gladiateurs Elles chantaient en marchant, psalmodiant des prières Sur sa chaise curule, assis devant sa tente Lui dont le nom faisait trembler jusqu’à Byzance Les regarda venir, de leur procession lente Voulant sentir la peur qu’impose sa présence L’escorte aux queues de loup flottant au bout des lances Fit s’arrêter les femmes à dix pas de son trône Alors l’une d’entre elle, impériale élégance Poussa les fers croisés, Reine des Amazones Aucun garde n’osa pourtant la retenir Les farouches guerriers aux longs colliers d’oreilles Qui rasaient des cités, crucifiaient pour punir Etaient soudain frappés d’une beauté sans pareille La fille s’avança, elle ne portait pas d’or Mais le cruel Khagan sentit brûler son coeur La fière citadelle offrait son vrai trésor Il sut, victorieux, qu’il n’était pas vainqueur Gao T. Kanth
  40. 11 points
    Le désert dans la ville Le désert est entré dans la ville, personne ne sait comment Quelqu’un parlait d’un mort, on ne le connait pas Personne ne l’avait vu, il venait de, on ne sait d’où, on ne sait pas. Avant, on savait comment c’était, le jour d’après, on ne sait plus. Sans plus un souffle, la rue s’est vidée de ses badauds, des mains tendues Jusqu’au marché, vers les ruelles, sur les boulevards, les avenues, Seules les cloches à chaque heure dans les églises qui se sont tues Tristes rappellent les rendez-vous qui ne se rendent plus. Plus aucun zinc pour le café, plus d’accolades, plus de troquets, Plus d’écran noir, ni de ballon, aucune romance en rengaine Les arcades ne sont plus qu’arches, couloirs de vie pour courants d’air, Paupières baissées, lumières éteintes, aucun écran de promotions. Plus d’étalages de paroles, des gouailleries, des quatre saisons, L’apothicaire a sa croix verte, la seule lumière sans solution. Comme un serpent et par devoir, un tram se glisse sur les rails Sans passagers ni directions, quelques autobus roulent par hasard. Ce jour-là, le désert est entré, le silence s’est posé sur la ville, La place est devenue dalles, la fontaine sans ses eaux est nue, Derrière les grilles, les statues se languissent des regards Et des caresses des mains qui lissent leur marbre adouci. Le printemps est entré dans la ville, les herbes folles entre les pavés, Les chevreuils qui détalent, dans les gazons, les pissenlits échevelés, Sur les branches les écureuils puis le ciel bleu et ses moutons, Sur les bancs verts roucoulent hautains et enfin seuls tant de pigeons. La vie est sortie de la ville, dans chaque maison s’en est allée, Les fronts collés sur le carreau, quelques étroits mètres carrés, Ou corps très las ou poing levé, le jour guetté par l’araignée Aux corps vissés et fatigués, sous objectifs, l’écran fliqué. Enfants bannis, enfants battus, accompagnés par leur écran En guise d’école sans aucun jeu, sans amitiés et amours vains Entre quatre murs grands autonomes tristes et en pleurs, Sans mouvement, sourdent de ces anges leur malheur. Vibrionnés et anonymes, biens des vieux s’en sont allés, Devenus chiffres ou lignes livides sur un dossier pré-imprimé Pour mettre en ordre tous les sacs à dégager et à brûler Après le désordre de la débine, des pleurs meurtris si éloignés. Derrière des murs, des vies résistent, des vies se battent, En blanc, en bleu réclament encore du temps, des bras, des masques Virent les apnées des profondeurs en rangs serrés Pour épargner à chaque trachée le grand hoquet. Le bruit dut revenir dans la ville, presqu’illicite et étranger, Faut travailler pour bien manger et s’abriter d’un petit loyer Pour vivre, en vert en rouge, chairs d’archipel disséminées Toujours aux ordres dans les désordres des décibels gouvernés. Le désert est entré dans les vies, les saints de glace à la mi-mai Moitiés d’ouvrage, moitiés d’écoles, moitiés de transports, Moitiés de temps, moitié de visages, mains dans les poches, Recul vers l’autre, maigres paumes en l’air qui doivent attendre. La vérité est entrée dans les vies de la ville remplie De tant de chairs fragiles et de bras que l’on use, Que personne ne regarde, que personne ne voyait, Leur vie est entrée dans l’utile pour choisir entre la vie et la mort. Avant, on savait comment c’était, le jour d’après, on ne sait plus. __________________________________ MM / 24 05 2020
  41. 11 points
    Je ne renonce pas à aimer j’ai donné ma parole aux hommes épris de solitude prestement j’accède à l’œuf coloré des mots pour percer la coque de l’habitude je ne renonce pas à briser l'enclos écrire des symphonies pour les oiseaux pour les bateaux je largue les amarres de ma peau pour reconnaître le soleil d’une vie simple camper sur le sable chaud de l’étreinte tu te déshabilles c’est comme un astre qui mue éblouissements une fleur m’attend à la première caresse la musique de la nuit m’entoure à la première fatigue je ne renonce pas à aimer j’ai donné ma parole aux hommes épris de solitude.
  42. 11 points
    La robe à pois est revenue ce matin Elle a ouvert en grand la porte interdite qui conduit au frais jardin de mousse rose où deux oiseaux tendrement buvaient leur prose en lissant du bec leurs plumes anthracite Le tissu a volé sous les tourbillons Un vent pervers attirait des invités le marquis rêvait d'une blonde vertu et, papillon assurément affamé regrettait aussi l'autre étoile perdue Les oiseaux amoureux s'étaient accouplés Non loin d'eux on retrouva la robe à pois une dame à licorne, en agacerie l'avait posée près d'une table de bois couverte d'une grande tapisserie Le Mistral s'est sauvé en cambrioleur Gagnant il a soufflé toutes les bougies qui brûlaient sur une flaque de liqueur un matin volé en fine stratégie il avait voulu y noyer son bonheur
  43. 11 points
    Ce matin est un poème des mots qui se réveillent les pieds dans l'eau un accent de soleil quelques voyelles sur la peau Ce matin est une abeille qui caresse la lumière en balançant ses ailes pour une goutte de miel sur mes lèvres endormies Ce matin est un fruit un printemps sauvage aux couleurs païennes le nectar d'une grappe qui mûrit dans mes veines Ce matin est un pari l'aube chante de toutes ses branches ce qu'un écho lui a promis la voix du silence et les yeux de l'oubli
  44. 11 points
    Ta maison est à l'endroit de nos rencontres j'aime le vent qui siffle entre ses doigts le même qui chante à ton souffle et fait tanguer mon cœur sur des délices de tempêtes le soleil joue sur les fenêtres de cordes où brillent l'acajou et ta fleur de marin je viens écouter tes voyages que tu murmures sur mes lèvres nous sommes nus sur la bruyère et nos jambes s'emmêlent de mauve striées ta voix est de ces chants coulés aux cordes d'une harpe qu'on écoute en pleurant la gorge serrée dans une écharpe Nos yeux se rencontrent delà la douleur nous retrouvons le parfum des roses et enlevons une à une les épines de nos cœurs on se sent tout chose l'écho bavard secoue sur les falaises des mots gris acier ; nos cris se taisent instant d'éternité (JE mai 2020)
  45. 11 points
    Voeu de Nuit Tu as conquis mes paupières plus d’une fois Heures tardives marchandant mes plages, Frontières naissantes d’un sommeil de croix, Comment pourrais-je oublier tes rivages ? Dis-moi Que la lune succombe, qu’elle t’indiffère, Qu’elle je l’adore et que toi tu la préfères, Moi je la sublime et l’attends patiemment Comme tu te joues de moi et de mes amants. Pourquoi Naît-il cet éternel recommencement ? Cette nuit j’aimerais me pendre à tes songes, T’offrir une pensée ou un renoncement, Te conter l’encre dans laquelle je me plonge. Je sais Que tu reviendras demain et le jour d’après Et tu t’attarderas pour qu’enfin je te trouve, Camelot tu m’ennuages ou m’effraies Et ma plume sous l’oreiller te retrouve. -Epicene-
  46. 11 points
    L'amour ne me doit rien. J'entame le périple Vers la mer asséchée, les terres inondées Quand l'utopie s'estompe à force de rêver Aux gemmes du futur en facettes multiples. Prisez le matin calme et les soirs de l'ennui, Ne m'escagassez point avec vos ritournelles De pleurnichailleries alors que l'hirondelle Loin de nos nostalgies vole au gré de l'envie. Je veux des jours meilleurs qui ne reviendront pas ; Un soupçon de bonheur à l'entrée de mes nuits ; Qu'un pangolin vengeur que vous aviez rôti Vous bouffe les poumons sur un tas de gravats. Car pour moi l'idéal ne me quitte jamais Où que j'aille, en enfer, ou bien au paradis, Pourvu que mes panards, libérés des soucis, Me portent sans vergogne et me foutent la paix. J'ai connu des jambons moins salés que le fiel D'un seul mot hypocrite en l'âme sclérosée Des gandins raffinés ridiculement nés Alors que je suis là à m'empiffrer de miel. L'hydromel coule en moi, partagé avec vous, Les amis de passage assis sous la tonnelle À boire et à manger les baies de nos venelles Trafiquées par mes soins à l'ombre des jaloux. Un peu ivre sans doute, à force d'apophtegmes Sous forme poétique — on fait ce que l'on peut — Nous attendrons la fin pour qu'enfin les trop peu Prouvent s'il n'y a rien, qu'il faut garder son flegme. Les cucurbitacées — je pense à la citrouille — Se transformeront tous en carrosses dorés Et moi qui te caresse avec mes doigts de fée, Je monterai ton sein en si blanche panouille. Alors je le demande : as-tu quelque raison De reprendre une vie qui se brique et se broque À ne rien apporter fors ces pauvres breloques Accrochées en misère aux fonds de pension ? Le Styx n'est pas profond, mais suffit à noyer Les chagrins aspergés d'un vinaigre de messe Que tu croyais propice à excuser tes fesses Qui se baguenaudaient sans savoir où coucher. La lune s'effondre sur la Terre maudite, Le soleil déglingué refusera qu'on tourne Étourdi de bamboche avant qu'il nous enfourne Dans sa gueule béante au terme de l'audit. Pourquoi persévérer à jouer petits bras Dans les bras d'un Morphée qui se moque de toi ? Ouvre donc la fenêtre et chante sur les toits Avec des compagnons en tenue de gala ! Vise la Grande Ourse, sept étoiles s'y plaisent, Espérant tout de rien, pour que la Voie lactée, — S'il n'y a rien derrière à se tenir caché- Ne soit pas décrochée du clou de la cimaise. Ma galaxie et moi, nous ne ferons plus qu'un, Poussière blanchâtre des tendres abatis Que n'écornera plus au risque de mes cris La joie des entre-deux, le désir du coquin.
  47. 11 points
    j'attends le premier rayon de soleil du dernier lever du soleil le soleil devient chaud, tout chaud regarde-le à 6h32- le premier rayon de soleil dans le temps. à 7h20 il rentre dans les nuages. sur le lieu de l'instant je compte les coupures de lumière et les pensées commencent à se taire. dans le bruit de la vie une autre pierre commence à sortir de la terre.
  48. 11 points
    La nuit renonce à son fusain, A ses penchants de chat-huant, Qu'elle en oublie ses riverains Nous berçant nus sur le couchant. Ô désir de baiser plénier ! Halo voyageur ! Ton quartier De lune où gémit la chandelle, Inonde mon croissant défunt Impatient d'unir nos parfums Montés dans la même nacelle. Nous vibrons comme deux oiseaux Dans un jus de rêve éolien, Ta bouche a le grain de l'alto Dont je dispute, musicien, La jolie plainte fuselée, L'absoute, sur ta lèvre ailée, Où sont suspendues les griottes, Sucs funèbres des partitions, Quand mon violon joue sa lésion A chaque pincement des notes !... Soudain, l'étau brûlant, mon corps Te veut tailleuse de désir, Le chant devient ma mise à mort Ton chantre ailé prêt à jouir, Dans un hanchement furieux, Grave ses épîtres en feu Tandis qu'un jet de mains tremblantes Élance un silex souffle court Entre tes seins en contre-jour En sueur de grisou naissante !... Un gouffre invertébré jaillit, La syncope d'onction ondoie, Et le silence est en saillie, Aigu, pour élire ta voix ; Quelques syllabes se souviennent, La gorge chaude des hyènes, Du tutoiement des douves noires Où régnaient d'étranges nageuses Chantant la pandémie soyeuse Autour d'un bûcher laminoir ! Alors, le jour verse tes larmes Sur mes songes de mauve azur, Mes roses distillent ton charme : Toi, sur la luisante ramure ! Ai-je ton âme sous la feuille Comme cette perle de deuil Coincée au matin des arômes ? Réveils des gentianes bleues ! Ton front m’éclaire avec tes yeux Où dort ce long-courrier fantôme !...
  49. 11 points
    Et au gris des carreaux poussiéreux à souhait, Une araignée se meut en fil de pattes soie Et vitraille le soir où un petit reflet, Éclaire doucement la chaise où tu t'assois. Laines entre les doigts, pelotes de couleurs, Les mains qui magiciennent au jour qui s'éteint, Ridées de trop d'ennui et de lasses douleurs Qui font vivre l'instant et craindre le matin. Entend-on le réveil qui du coin du buffet, Tiquetaque le temps comme des gouttes d'eau ? Le temps s'évanouissant, lui même stupéfait Du bruit étourdissant du silencieux tableau... Huile sur petit panneau de bois et mauvais cadrage photo, mais bon..
  50. 11 points
    Fret frotte ferraille tremble et bringuebale sa rouille ses tags ses lettres crissent et se rongent chemin de fer les mots du rail aiguillent des phases et s'effilochent en train d'enfer convoi dangereux derrière mots tristes tombe la phrase garde barrière des jours heureux Sont-ils parallèles alphabets de fuite l'essai en friche la voie perdue d'un poème ?

Association régie par la loi du 1er juillet 1901, Accents poétiques vise à promouvoir les auteurs littéraires méconnus ou peu connus à travers la publication de recueils à compte d’éditeur. En offrant un forum de poésie à toutes les personnes désireuses de partager leurs muses, nous souhaitons également permettre à toutes les plumes de s'ébattre librement en ligne dans un cadre ouvert mais néanmoins garant d'une certaine qualité littéraire à travers les sélections de notre comité de rédaction.

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