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  1. Les mots du silence « Si tu ré-inventais la terre Romprais-tu l’épée des supplices Contiendrais-tu les crues de la haine Changerais-tu les soupçons en bienfaits ? Andrée Chedid De longues pages de mots entremêlés s’effeuillent comme une robe imprimée, crayons de couleurs signés de pleurs, chapelet lilial venu crocher d’autres maux. Au transept, les pierres ne crient pas, elles suintent de larmes au cœur des âmes s’efforcent d’être de roc, bien que fragiles, patinée
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  2. L’ensorcellement de la voix libère le voyage vers la lumière. Pour atteindre la clarté, randonner différemment. Ne plus s’attacher au singulier enlacer le pluriel. Ne plus observer l’arbre comprendre la forêt. Observer, observer encore nuancer les couleurs, écouter, humer, goûter, caresser, raisonner, se hisser, assimiler, grimper… Un soir, atteindre La lueur de la lune. Rejoindre un arbre plus haut puis poursuivre.
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  3. Dans mon habit noir Dans mon habit noir, ô chair secrète de mon âme, Il est des oiseaux perdus au vol funèbre, Des pays sauvages, qui de nos pas s’alarment, Des gouffres immenses jaloux de leurs ténèbres. Ils vont, fragiles, dans un ciel profond et muet, Dans les mémoires inertes où nulle chose s’attarde, Où les regards se figent dans les vents inquiets Emportant au loin leur silhouette blafarde. Ils ont des yeux de givre qu’un reflet anime, Les
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  4. Une seconde erre et s'attarde. Elle emporte sur ses ailes incolores un songe, un fantasme, de vieux souvenirs devenus indolores Delà les nues, drôles d'ectoplasmes, j'ai trouvé le silence pour écrire sous la lampe les bagages s'échappent on en retrouvera plus tard sur d'autres quais de gare et dans d'autres secondes Elle enfante au prix d'erreurs des minutes longues comme des heures et des heures aussi courtes que les petits bonheurs J'ai rappelé l'enfance qu'elle vienne me border en son s
    14 points
  5. Sous l'ombre de la courbure des nuits, Les corps s'étendent sur la pierre mouillée. La douce fourrure des mousses s'égare Sur les joues imberbes des lendemains. Dans les sillons des heures creuses, Des mains étreignent la brume diaphane. Sous l'édredon du purgatoire hivernal, Il flotte d'anciennes odeurs égarées. Mais déjà, l'aube tisonne la braise matinale. L'horizon en fanal se défroisse et s'ébroue Avant d'engloutir dans sa gueule l'opacité. Sur la frange écumeuse du jour naissant Émerge le contour flouté d'un
    14 points
  6. Ami, regarde comme la mer semble étouffée Sens nos pieds se perdre dans la morte-eau Ainsi naissent les cernes cendrés du monde Même si nous tentons de dégoupiller les mots Ces verbes à l'ourlet de nos lèvres closes Ces adjectifs saignants de nos vies vécues Au revers de la langue Le velours étouffé des mutismes Sur l'estran sableux des phrases Ami, écoute ces nombreux ruissellements Vois comme ils s'écoulent entre les pierres Ainsi nait la salive de nos si
    14 points
  7. Bien au-delà de la nuit et de ses feulements étranges, il est une immense galaxie aux parfums de bêtes dans les granges. Une fée au travers des nuages s'enfuit, à cheval sur des rêves violets elle vit sans son cœur depuis longtemps, mais palpite encore sur les ailes oranges d'un coucher de soleil qu'elle a brodé toute seule à la force de ses cils en clignant des yeux si souvent sa robe n'est plus qu'un haillon mais du bout de sa baguette magique sans doute, magique peut-être, elle essaime encore des étoiles
    14 points
  8. J’implore l’espace Et les tenailles de la tristesse Qui ne retiennent pas les larmes Je vous parle de symphonie Là où les sens sont en émoi De l’autre côté de la pénombre Dormir bien sûr Dormir dans la sécheresse de la providence Se laisser entraîner mortels barbares Tyrans fourbus sans riposte L’adversaire n’est que désespoir Dans les yeux défaillants Sur les flancs De l’oiseau blessé Les prières glissent sur la lumière Mais le vide n’a pas d’écho Pour ceux qui n’ont pas d’épices D
    13 points
  9. La nature ignorée par les années de fer Repose dans l’attente en flagrant désespoir Devant l’arbre immobile au-delà des frontières Tracées entre le temps et les ombres du soir Automne ô ma beauté dont les larmes amères S’écoulent lentement tu nous fais entrevoir Ô rousseur ton sein nu sous les formes altières D’une terre inconnue prompte à nous décevoir Nul ne sait quel regard se porte sur les tombes Ni les sourdes douleurs du soleil disparu Ainsi vont la folie et l’élan qui retombe Quelques lambeaux d’amour dérive
    13 points
  10. Lune d'automne Sombre et silencieux, chemine l'automne, sous de gros nuages et de maigres cieux; quand les cloches sonnent, lourdes de présages.. Au clair de la brume fouille de mes yeux des plafonds liquides où ne brille qu'une lune pleine et bleue dans un grand ciel vide. Et ce ciel morose se détache et tombe sur l'enfant mort-né quand l'averse arrose et tache la tombe des mortes années. Triste fin de règne: Octobre sanglote, larme et pluie mêlées quand la vigne saigne, que l'arbre grelotte, ocrant les allées
    13 points
  11. Painting by Vitaly Stroynov Chemins du nord aux longues endurances au pays où s’attardent les cohortes de pluie Une splendeur de lumières longilignes se dérobe aux courbes de la terre Tant de rivières lourdes de sombre limon où la lune ne vient jamais boire Les lacs somnolent, grouillant de secrets Les vents déchirent les forêts comme des toiles battant sans fin les arbres fous Le soleil s’y découpe en tout petits éclats pris aux aubes des rudes saisons Les nuits tranquilles ont des plis de moire tandis qu’à
    13 points
  12. Dans l’antre de mes nuits aux moiteurs animales, Il est un feu étrange innommable et pervers, Brûlant en mon tombeau la bile de mes vers Pour une fée transie de violes lacrymales. Son murmure fatal déride mes ténèbres Où viennent se glisser serpents et élixirs, Ils ne s’attardent pas à briser le porphyre Pour rejoindre mon corps plus pourri que funèbre. Là, des roses naissent aussi bleues que ses lèvres, Embaument notre alcôve envasée par les chancres, Nos baisers coulent noirs en une sorte d’encre Qui pétrifie n
    13 points
  13. Citadelle de lumière Douce vallée du M'Zab, en songe visitée, Qu'un ciel immense et bon combla de ses largesses ; La foi de tes enfants se pare de sagesse Et le désert lui-même veille sur tes cités. (Une, deux, trois, quatre et cinq) Sur les doigts d'une main je les avais comptées Beni Isguen la sainte et quatre autres cités. Mais ELLE m'a choisi, et j'ai, comme envoûté, Poussé sa lourde porte, toute en tronc de palmiers. Ceinturée de murailles et de remparts très hauts, Témoignages viv
    13 points
  14. Dans le silence de la gare déserte, les trains sont toujours en partance. Sur les quais, des regards éperdus oubliés par des voyageurs en transit. Le temps d’un halètement fugace, les aiguilles de l’horloge se figent. Des lèvres fanées se distendent ; des bruits de pas pressés s’effacent. Dans le fracas des départs hâtifs, les bouches irradiées pleurent des promesses en couperets sur des lendemains improbables.
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  15. Lettre îlienne « Qui voit Molène voit sa peine ; qui voit Sein, voit sa fin ; qui voit Ouessant, voit son sang » Proverbe breton. A l’orée du jour le ciel cisaillé d’oiseaux, l’océan embrumé d’Iroise, entre ciel et terre pélagiques, j’observe par la gerbière un jeune homme courbé, en équilibre sur son porte-plume, voyelles et consonnes ballerines. « Pas un jour n’est trop grand Pour accueillir votre amour Pas un jour n’est trop petit Pour affermir mes sentiments Et je flâne de l’un à l’autre Comme ces cerfs-volants instables Qui tracent des chemins i
    12 points
  16. Quand l’automne ôte l’oripeau, Quand frissonnent les louveteaux Dans la ténébreuse forêt ; Quand le givre aux orgelets blancs Fige les mots des revenants Sur quelques sentes émaciées ; Quand le soleil en vieil archange Bénit les fruits tombés des branches Pour l’écureuil, le sanglier… Les châtaignes, les châtaignes, Les châtaignes dans la cheminée, Les châtaignes, les châtaignes, Les châtaignes vont nous régaler ! Ça sent bon la bûche de chêne, Les petits chèvres des Cévennes, Le fantôme
    12 points
  17. Impalpable. L'odeur de la bougie qui s'éteint, Minuit ôtant le bas de l'ennui, Cet air paisible et souterrain Borde le drap du bleu de la nuit. La lune est bien plaine ce soir Et l'aventure est forestière, Mon coeur me chante ses victoires Sous l'oeil des gâte-bois d'hiver. Et le ciel balaie les étoiles Acclamant le clair de lune, Je paierai pour mettre les voiles, Entendre siffler la callune. L'odeur de la bougie me revient Et l'ennui embrumé s'en remet, Mes rêves toiseraient bien les tiens Comme tu sais me lever des ar
    12 points
  18. La terre ensevelit les fleurs oubliées, Elles ont des larmes que l’on ne voit pas, Des pluies étranges venues de leur passé Dans les caresses mauves des longs frimas.
    12 points
  19. Sang d'Encre Je panse ma vaine solitude Dans le vert des yeux de mon chat Scrutant avec exactitude Mes faits, mes gestes et mes choix. Majestueuse aux pattes fines, Elle sait découdre ma blessure, Fixer l'automne qui me mine De l'ardeur qu'elle me susurre. Je n'entends souffler que le vent Et quelques mots dans la nervure, Les feuilles ont la couleur du sang Et sa truffe veille mes ratures. Je panse ma vaine lassitude A la hauteur de ses sauts amusés, Dans le noir de son attitude, Au rythme de son coeur cérusé.
    12 points
  20. Aube rose aube bleue selon des aléas atmosphériques solaires lunaires zodiacaux hypothétiques glisse de l’anthracite vers l’orangé à travers de grises roselières étranges Dans une ambiance diaphane l’étang symbiotique libère ses amarres fluides s’éloigne vers l’oubli du voyage Lové sur une plage aux effluves quasi maternelles un halètement discret se propage dans l’instant détend ses membres flasques jusqu’à exploser dans un sang
    12 points
  21. « Une fois la tempête passée, tu te demanderas comment tu as fait pour la traverser, comment tu as fait pour survivre. Tu ne seras pas très sûr, en fait, qu'elle soit vraiment achevée. Mais sois certain d'une chose : une fois que tu auras essuyé cette tempête, tu ne seras plus le même. Tel est le sens de cette tempête. » (Haruki Murakami – Kafka sur le rivage -) Tous les parapluies, les paravents se sont fracassés sur les écueils. Ridicules, croyant braver les intempéries et la pluie et le vent, le tonnerre divin, le tonnerre de B
    12 points
  22. La brise hisse les nuages pour que la nuit soit pure mille miroirs brisés au sang des soies reflètent des corps nus si pleins de cicatrices il suffisait d'un rien juste de toi à moi, un peu plus de tain une tartine de pain le son du clavecin tes mains sur mes seins les volets grands ouverts des yeux sur la colline bienveillante la laine des moutons comme des fleurs de pissenlit accrochée çà et là et cette odeur de bois La lune bleue a un regard d'enfant elle remplit avec patience les encrie
    12 points
  23. J’IRAI J’irai par les chemins De tes dédales creux Rechercher tes hivers Et y jeter le feu, Afin que la lumière Fasse fondre en ton cœur, Les gelées de rigueur Jusqu’au printemps timide. Nos coquilles âmes sœurs S’ouvriront pour marier Nos solitudes vaines Après nos retrouvailles. Je t’attends et je tends Mes larmes à mes joues, Pour que tu viennes boire L’amer et puis le doux, Sur la peau de ma vie Qui s’offre à ton regard. Agnès BELLIER
    11 points
  24. Sur une coquille de noix il vogue en solitaire, timonier au gouvernail de ses rêves sur les courbes si douces des lagons bleus et des sables de corail Ses cheveux d'or flottent sur un coussin de soie Il dort. De son univers il ne ramène rien ni ce petit caillou blanc au fond de sa poche ni ce coquillage rose qui lui chante la mer ; ils restent sur le sable de sa plage secrète Un jour, peut-être, mais peut-être jamais, il aura envie de raconter ses beaux voyages où l'aurore pén
    11 points
  25. Ses souvenirs de Colombier Sont les ailes d’un milan Sur fond de blanc De feuillus d’or éclatant la nature De pieds bleus En ronds de sorcières ou cercles de fée De monnaies du pape en bouquets D’iris violets dans des carreaux Saturés de reflets À son arrivée Un coq crie sur un tas de tuiles Des chiens hurlent se répondent Les murs s’écroulent Les roues créent des fanges Gorgée d’eau troublée Un œil de bœuf éclaire un bric à brac De meubles cassés De pneus de tôles défoncés Les rid
    11 points
  26. Trois femmes nues ont frappé à ma porte. Je les ai fait entrer près de ma cheminée, Elles se sont assises sur le canapé ; Leur ai offert du thé en quelque sorte. Nous avons abordé sans faux-fuyants La question de fond du sens de notre vie Après la mort de Dieu dans un monde ravi Par la prolifération du temps. La femme la plus nue, toute épilée, Témoigna sans façon des méditations Inspirées d'après elle au feu des passions De pensées rabougries qu'il faut plier. Celle qui arborait poils duveteux Et ticket de m
    11 points
  27. Il y a des ardeurs qui faute d’aboutir Se fracassent au mur de toute lassitude Dans le temps corrupteur qui détruit le désir Et transforme l’amour en marais d’inquiétude Puis il y a les mots qui sont de repentir De vaine soumission et de sollicitude Pour espérer encore et ne plus en souffrir Qui n’aboutissent pas dans leur mansuétude Que faire alors sinon en prendre son parti Un beau jour se lever et dire avec tristesse Je m’en vais maintenant puisque tout est fini Non son cri me retient j’oubliais la tendresse
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  28. Sur un banc Parc Saint-Martin Un vieil homme Barbe longue et canne en main Regarde devant lui Deux pigeons picorant Quelques miettes de pains… Sur les gravillons Parc Saint-Martin Deux pigeons Picorent un peu de pain Sans regarder de leurs yeux ronds Le vieil homme pleurant Comme un petit garçon… Quatre coups retentissent à la cathédrale Les deux pigeons s'envolent Le vieux avec un peu de mal Quitte des yeux le sol… A demain dit-il, Mais les pigeons sont loin…
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  29. Allégorie de l'hiver - Michel Simonidy Un petit bonheur, une fleur tardive qui flirte, mutine, entre les herbes rares. Un petit morceau de printemps têtu qui rit aux éclats au jardin terni. Avant que le givre ne brode de dentelles sa jeune corolle, elle offre un jupon de pétales tendres au vent qui soupire d'aise et s'affriole, las des feuilles mortes. Un petit bonheur pour le coeur plaintif dans l'étreinte grise de l'aube automnale.
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  30. Observe l’arbre caresse-le des yeux obéit aux lignes de ses larges mains. Observe l’arbre pénètre le secret le brun labyrinthe écaillé de sa peau. Observe l’arbre suinte à sa sève sirote ses sentes absorbe son sang. Observe l’arbre intègre la force imprime le besoin de fières racines. Observe l’arbre apprends ses peines saisis ses tourments assimile ses rires. Observe l’arbre les tons de ses feuilles printemps à l’aube
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  31. On restera assis les pieds ballants les yeux explosés de lumière nous le saurons plus tard seulement quand tout se tait Yeux fermés portes closes étrange fenêtre chargée de mémoire le visage On a son corps tendu sa parole physique dans le miroir la lenteur de l’avenir alors que le soleil décline La vie est brève qu’en dis-tu intime proximité ? dont je sens le poids sur mon dos un vol d’oiseaux nous emporte Que cherchons-nous ? la forêt humaine c’est nous le vent notre respiration Les ombres du parc notre demeure écrivent sur nos visages l’en
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  32. Le poète est menteur c’est une fort bonne chose Car toujours de soi-mêle être toujours épris C’est se mordre la queue en poussant quelques cris Faire tourner un manège où le gris prend la pose Bien sûr l’émotion est son creuset précieux Mais ce foyer humain a besoin d’oxygène Et c’est au grand air qu’il trouve son haleine En coupant par les champs sous le regard des cieux. Même en bandoulière son coeur reste un oiseau Qui veut de tous les charmes éprouver la teneur Vous le voyez là-bas à genoux dans un choeur Demain d’
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  33. Sentier perdu sous la grisaille Ruiné dans l’ultime bataille Vestige ô combien calciné D’une saison abandonnée Pauvres ramures endeuillées Où quelques feuilles esseulées Connaîtront bientôt l’hallali Dans le morne jour qui pâlit Comme j’aime ce doux frisson Apaisant comme une chanson A la vue des buissons qui meurent Dans une ineffable torpeur Ô combien d’éternels regrets Peupleront mon jardin secret Lorsque ces airs de fin d’automne S’éteindront dans la brume atone
    10 points
  34. OMISSION Les naufragés de la dérive Ici ailleurs s’échouent se brisent, Sur le revers des absences Au large des cœurs et des sens. Des bateaux partis en croisières Ont frôlé ceux de la misère. Les cris des mouettes s’unissaient Aux sons des rires, des pleurs mêlés. Des mains ont offert des déserts Où manquait l’eau du nécessaire. Elles ont acheté les rivières, Troqué la pluie, le vent, la mer. Tous les sinistrés s’en balancent De la courbe de la croissance. Les jeux
    10 points
  35. J'ai entrouvert mes ailes blanches Dans un jardin abandonné, L'aurore se mouillait la frange Cherchant ses étuis de rosée. Tout n'était que miel et romance, D'oisifs rayons se chahutant, Tu volais à moi...Quelle chance ! Par les rayons du jour naissant. Toute parée de joies secrètes, Fardée d'azur évanoui, Tu m'as dit : -"viens sous les clochettes !" En un éclair je t'ai suivie... Un ruisseau badin et flûtiste Qui enlaçait toutes les fleurs, Nous invita sur cette piste A tournoyer
    10 points
  36. L'aube se tient au milieu des collines, d'humeur paresseuse, enroulée de brumaille. Les heures nuiteuses furent creusées d'insomnie et de noeuds à défaire. Et me voilà, brouillonne, jupon fou, bouche pâle, comme surgie d'une longue bataille. J'envie l'insolente légèreté des oiseaux. J'ai le coeur en pagaille et toi, tu n'es pas là. Où sont mes joies, mes rires, mes ailes et mes brassées de rêves... Suis-je restée l'enfant sans la force de naître dans la froide rumeur du vent ...
    10 points
  37. Un Neandertal intime « J’ai le ventre percé A y faire entrer une pierre, un cimetière, toute une nation J’ai les poumons en feu Et le vent ne s’y engouffre pas, explosent Mes dents perdent pied, se déchaussent, bec et seuil cimentés Mon bâtiment s’abîme et je n’ai plus d’outils Dans leurs yeux des armes et des machines Des entailles, la planète dépecée Et à l’intérieur du lieu sacré, clef de voûte maintes fois arrachée L’animal éventré, œil pour œil, rassemble ses petits Ils sont des milliers et sous le poids de leur règne Même
    10 points
  38. À tout vent Sur les sentiers de l’instant L’aube transpire Les cendres de l’enfance Sombre utopie Que la brisure de la neige Sombre utopie Que le cuivre repoussé Dans les ouragans Le long des berges incandescentes L’orage à la sortie de la forge Ecroule les amours Comme des fruits courbés Par la fatigue de l’insomnie Ce n’est qu’une ébauche Qui éclate dans le blanc des yeux Et qui oscille inlassablement Ce n’est qu’un météore Dans le cristallin Dans l’arche de l’existence.
    10 points
  39. Ce fut le premier matin à sortir de l'enfance une fièvre se dispersant dans le regard lointain des oiseaux Au plus haut du voyage l'obsession de nos rencontres l'eau de la lumière sur son sein et le chant incohérent de l'écume dans mes poumons L'aurore était accessible car nous aimions entendre la caresse de l'océan dans son élan vers les étoiles faisant confiance imprudemment à la force noire de ses frissons Nous écrivions une histoire avec la grammaire du passé Car la profondeur d
    10 points
  40. Sur la voie tracée, mes chairs résistent Et pour ne pas céder, j’ouvre les vitres Des interdits traquent mes envies Une feuille vient de tomber Et l’oiseau qui s’était posé fait demi-tour Dans le rétroviseur, ils dansent un automne Je devrais peut-être m’arrêter Dans le coffre, mes bottines ont séché La terre encore attachée s’asphyxie Sur mes genoux, il est écrit sept heures J’irai acheter du pain et des croissants de lune Dans le dernier virage, la forêt fait place J’aperçois déjà les lumières de la ville Le porta
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  41. Mon pinceau s'agite, tout fou, entre les herbes hautes. Il y a trop de vert je plante quelques fleurs par petites touches, un arbre, un petit pont de bois, un oiseau j'ai beau tout tenter tu surgis toujours derrière un fourré silhouette familière c'est bien toi je ne le voulais pas tu renverses l'eau et je me noie. Drôle d'aquarelle … (J.E. Novembre 2020)
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  42. Vous savez que je rêve, en dépit de mon âge Que je veux oublier, car ce vil importun Vient peser sur mon corps du soir jusqu’au matin Pour me faire savoir que je dois rester sage Arguant quelques travaux, faisant la sourde oreille Je poursuis mon chemin en meublant mes journées De nouvelles envies, mille curiosités Qui font du quotidien un temple de merveilles A mes yeux fatigués j’offre des perspectives A mon jardin d’hiver des touffes de laurier A mes amours d’antan, des bouquets de pensées A ma mémoire lente, des li
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  43. Comment imaginer que l'homme est un bredin Qui brocarde sa vie tout en branlant du chef Alors qu'au bocage les lueurs du matin Témoignent sans un cri d'un amour bien trop bref ? Le barde heureusement à l'âme baladeuse Crapahute en riant, le gentil croc mignon, Dans les sentiers perdus lors des minutes creuses Où les fées dissipent le pleur nauséabond. Une troubadouresse à la voix de stentor Lui envoie du très lourd sans en faire des caisses Vers l'avant de l'Avent en ménageant ses ors. Et je vous prie de croire, au no
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  44. Un matin de septembre Comme un matin de janvier Le cœur gris. Le cœur froid La peur vissée au ventre L’arène. Là, les autres. A travers la vitre, Maman. Des regards, Azur, pers, Amande, noisette… Des visages, Rose goret, jaune poussin, Fauve lionceau, brun faon… La voix, au centre, Claire, amicale, Aux ocres articulations : Voyelles solaires, Consonnes gris-perle Echanges saphir Lecture topaze Calcul émeraud
    10 points
  45. Assis là sur un banc il se fond dans l’azur Entre les roseraies près des statues antiques Figé le nez au vent qui le gifle d’air pur Mité de silence en oublie claques et cliques Sans adresse et kopeck le bec dans l’eau des pluies Niché dans sa guenille et son âme en lambeaux Oublie jusqu’à son nom et puis les contrées fuies Traversées sans souliers l’étoile au paletot L’automne a beau lui verser au creux de la paume Le rubis la topaze et le spleen qui embaume Ses yeux voient à revers une route sans fin Dans son cœur un
    10 points
  46. Le tendre velouté des choses de la vie M'est précieux secours depuis que Dieu mourut Et ta peau sur ma peau me rappelle la mue Quand fruits de la passion mûrissaient nos folies. Bien sûr, j'aurais aimé aller au paradis, Et mon âme ravie chanter avec les anges Loin d'un corps défunté retournant à la fange D'un monde qui souvent refusait l'utopie. Retrouver mes amis dans l'au-delà des cieux, Je ne vous cache pas que c'eût été sympa, Mais voilà qu'ici-bas le bien reste le mieux. Alors si m'en croyez, mes ribauds et riba
    10 points
  47. Un jour, Un jour peut-être Un grain de folie Viendra me saluer Se glissera Entre ces doigts songeurs Portant une tête inquiète Restée aux portes Du délire. Au bord du gouffre Dont elle aspire le vertige. Ah! quitter la terre ferme Aux vulgaires raisons Pour un vol délirant Dans cet écran noir Support de tous les possibles Y inscrire en flamboiements Tourmentés Des chemins inattendus Frôlant les précipices De nos rêves tendus Vers les absolus Qu’ils fécondent D’autres songes.
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  48. La lande gronde sous la douleur du ciel ; dans la blessure se maudissent les hommes. La lande est rase ; elle pleure la rosée ; dans le désert se perdent les idées. La lande est grise des combats du soleil ; dans le tourment se pendent les damnés. La terre est noire des cendres du bûcher ; c’est au couchant que brûlent les pensées. Des arbres torses prêchent aux temps oubliés ; c’est sous l’écorce que la sève renaît. Des troncs se courbent sur le dos de l’hiver ; c’est au chaos que paraissent les die
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  49. Monotonie Le soleil a brûlé mots et belles promesses, Au revers des saisons vient la monotonie. Les matins éblouis et les soirées d’ivresse Couchent sur terre une douce litanie. Je n’aime que le rouge des feuilles meurtries Jonchant le sol d'éclats engourdis Et qu’importe la solitude et son ciel gris, Les nuages défaits ont chassé l'érudit. De l'amour et ses habitudes sans gloire Le temps emporte les feuilles sans violence, C'est le prix qu'il en coûte à tant vouloir Espérer le couchant d'un ciel de Provence. Le soleil a brûlé m
    10 points
  50. Tout s’est perdu au gré du temps de ses méandres Les feuilles à terre font un bock dru de sang La lune est de fiel le soleil mourant ! Bois siffle ces âmes où macèrent les cendres Ternie est la rime que brune est la plume ! Bacchus éperdu tu cèdes à Tapiola La chair âpre des bois moisis aux crocs des brumes Ton trône transi blanc fantôme planté là Accorde ton la ou saisis la corde ! Automne qui pue cauchemars en hordes ! Ci-gît et se décompose l’immonde po
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