• La coupole dorée

     

    La coupole dorée est notre bibliothèque virtuelle accueillant l'ensemble des poèmes sélectionnés par notre comité de rédaction au sein du forum public "À l'ombre de vos vers". N'est pas ici le tout venant. Seuls figurent ici des vers où la qualité stylistique se marie à une orthographe irréprochable.

  • La sélection du mois

    • Les fleurs ont rejoint les feuilles mortes, les noix
      l'eau a séché dans le vase des enfants
      tu t'es assise sur le muret de pierres
      près des frayères perdues
      plus loin que la transparence de l'eau
       
      Dans leur deuil de paille
      les blés regrettent
      la fin de l'été
        • Aimé
      • 7 réponses
    • Cet enfant immense
      suspendu aux feuilles de la pensée
      sans nom et sans parole
      juste son odeur de poudre de riz
      tout en silence
      ne gonfle pas mon ventre
      Esquisse de coton
      ton visage séparé en deux
      qui es-tu ?
      à l'usage des mains qui se tendent
      criant l'espérance
      et ma voix jusqu'à toi
      Impalpable, je suis là à te chercher
      yeux fermés, fenêtres closes
      dans mon tout dernier rôle
      hier mon corps a changé de place
      sur papier de soie
      la bouche ouverte en offrande
      Ma main ramenée en gouttes de lait
      se fait blessure heureuse
      ne finit pas de compter
      les mois et les jours
      du temps qui se dévide
      infinie solitude chargée d'attente
       
        • Aimé
      • 9 réponses
    • J'ai descendu la rivière
      ramassé les rêves échoués sur les rives
      sur un nénuphar fringant
      qui jouait du vent
      dans son pipeau
      miroirs glacés des ailes
      de libellules
        • Aimé
      • 19 réponses
    • De longues mains noueuses
      Entre elles enchevêtrées clapotent
      Le long de bras ininterrompus
      Frémissant à la brise océane.
      Ils s’agitent au gré des heures
      Au côté des corps endormis et cyanosés
      Tout parsemés d’émeraudes
      Où seuls les doigts respirent
      Où seules les phalanges bruissent !
      Vagues anamorphoses où repose l’étrave
      Déchirant la dentelle de nappe bleue.
      Passages d’œillades, éclats furtifs
      Crépitements d’étoiles ensoleillées,
      Du sillage émerge des légendes oubliées…
      Inattendus, les échassiers, les courlis et les sternes
      Spectateurs inlassables, s’égayent et s’égosillent.
      Déchirures stridentes apprivoisées par la vastitude,
      Horizon à portée de main et cependant lointain !
      Et l’homme dans tout ça, cet animal si petit
      Ici, en son royaume sans cesse renouvelé.
      Et l’homme dans tout ça, ce penseur inégalé
      Ici, en son temple, saisi de tournis,
      Ne voit-il pas poindre la déraison ?
      Et ses frères et tant d’autres
      Hommes allongés, couchés en mer
      N’engendrent-ils pas la beauté de l’âme ?
      Ne sécrètent-ils pas le sel de la vie
      Celui-là même qui retient l’eau du corps
      Lorsque nos cœurs affrontent le désert ?
      Sel offrant à tes lèvres ce goût inimitable
      Que je reviens déguster, empaqueté de tendresse
      Et que trop souvent nous taisons,
      Allant les quérir ailleurs, dans d’autres bras
      Dieu sait pourquoi, des temps durant.
      Alors, veux-tu bien prendre ce livre,
      Me lire l’amour et fermer les yeux !
      Et le silence vois-tu s’endormira, 
      Oublieux de nos prénoms…
      Mais le silence n’est pas la mort…
      Viens ! N’aies pas peur !
       
       
        • Aimé
      • 9 réponses
    • À l'abri du bosquet qui coiffait la colline,
      Sur le chant d'un oiseau tu te couchas plus belle,
      C'était la fin du jour sur la portée câline,
      Ton dos couvrît le sol quand se tut la sittelle. 
       
      Le doux silence vint nous scellant un langage
      De baisers inconnus à cent feux à la ronde,
      Je te faisais l'amour, nous étions seuls au monde,
      Rien que le vent curieux derrière le feuillage. 
       
      Pour nous ficeler d'or et dans ce merveilleux,
      Une brise au long fil passa tout doucement 
      Sur les plus jolies fleurs, dans l'entrebâillement,
      Faisant sur nos poignets un lien des plus précieux. 
       
      Emporté dans l'élan, je te levai au ciel,
      Je te fis tournoyer à portée de la buse,
      La grâce de tes yeux renversant l'Éternel,
      Ce n'était plus deux proies mais une valse-ruse;
       
      Et dans leur folle chute avant l'ultime à-coup,
      Retrouver le soleil adoubait le mois d'août,
      Quand un nuage chut, victime d'une crampe,
      Il hissa ton regard sous les feux de la rampe. 
       
      Fine éclipse de larme éprouvée par sa course,
      Cet émoi recueillit l'enlacement des sources,
      Et derrière l'orgasme, crique aux rinceaux de mer,
      Une étoile dormait sur un édredon vert...
       
       
       
       
       
        • Aimé
      • 9 réponses
  • Les poèmes sélectionnés pour 2018