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  • La coupole dorée

     

    La coupole dorée est notre bibliothèque virtuelle accueillant l'ensemble des poèmes sélectionnés par notre comité de rédaction au sein du forum public "À l'ombre de vos vers". N'est pas ici le tout venant. Seuls figurent ici des vers où la qualité stylistique se marie à une orthographe irréprochable.

  • Our picks

    • Dans cette seconde qui s’éternise 
      Passablement blessée 
      Dans cet instant qui me chavire 
      Soudain ravissement
      Il est une aile qui m’électrise
      Celle de l’oiseau lové 
      Dans les branchages de notre vie
      Que nos mains tissent, souvent 
       
      Puisqu’il m’est souvent insensé 
      D’apaiser mes terreurs
      De t’offrir sereine un baiser 
      De quitter ma torpeur 
       
      Alors viens 
      Aime-moi encore répare les miroirs brisés arrose chaque jour les fleurs 
      Ramasse ce grand fracas silencieux et fait de tout ce désordre 
      Un abri
        • Merci
        • Aimé
      • 18 replies
    • je n'ai plus les mots pour te dire
      quel soleil s'est éteint 

      il a suffi d’un courant d’air 
      pour que file ma mémoire

      paumes ouvertes je suture mon pauvre ciel
      d’onguents de rêves, d’épingles de pin 

      raconte-moi encore 
      le goût qu'avaient les mûres sauvages
      le ciel polisson, la tristesse des nuages 
      j’ai perdu le refrain 

      je n’ai plus les mots pour te dire
      je n’en ai pas besoin

      le vieux monsieur porte une casquette
      c’est l’époque des cerises 

      mon visage a  vu fleurir de multiples sourires
      malgré le rude hiver et les pousses de pluie

      raconte-moi encore
      l’odeur du soleil quand il danse sur ta peau
      les orages déçus, la tendresse d’un mot
      j’en tricote un refrain
        • Aimé
      • 13 replies
    • Il se fait tard, la source enfante le ruisseau,
      Et l'étang, orphelin, prend ce tuteur sauvage
      Tel un embryon noir enlacé de roseaux.
      Noctambule, l'aulne parraine le présage
      Tandis que s'évase l'homélie du crapaud
      Dans le balbutiement des lugubres remous.
       
      Non loin, comme un écho, par des airs odorants,
      Bruissent les filous, les fifres forestiers,
      Incantations feuillues des mirlitons chantants;
      Le chantre rossignol, ménestrel inspiré,
      Rassure la menée d'un jeune cerf méfiant
      Pendant que les bois morts font du chantage aux loups.
       
      La troublante forêt réunit les sylvains
      Au pied d'un très vieux chêne enchâssé aux aïeux,
      Près d'un rond de sorcière ils vont main dans la main,
      Danser tout barbouillés de champignons gris-bleus,
      Fardant les ténèbres d'une moire d'étain
      Pour la farandole des rats et des hiboux.
       
      J'ai les sens ahuris, j'aime l'ivresse obscure,
      C'est un colin-maillard avec l'antre infini;
      La douce nuit m'étreint, d'un baiser me susurre,
      Sous l'aisselle d'Orion sa complainte enfouie,
      Son doute originel et son autre blessure
      Chantés par les poètes et les pauvres d'esprit.
       
      Alors que toi, tu dors. La nuit loue tes soupirs
      Comme une jolie fée en docile menine.
      La fenêtre ouverte pour les anges à venir,
      Tes longs cheveux de fièvre avec le vent peaufinent
      Les parfums dénoués qui s'en iront mourir
      Sur le toit des collines où la lune sourit.
       
      Le songe costumé te prendra par la taille
      Pour une nuit d'amour sans aucun candélabre,
      L'ombre caressera tes émois en écailles
      Qui sans fin brilleront comme l'éclat du sabre,
      Invitant tes fantômes à de tendres chamailles,
      J'en serai le témoin sur ta couche fleurie...
       
        • Aimé
      • 18 replies
    • La route filait droit dans la brume
      Sur le cd Pablo Casals jouait
      Une suite de Bach
      Et son jeu âpre et désuet
      Ardent comme un soleil catalan
      Embaumait mon matin

      Les arbres déchiraient la soie laiteuse
      Comme des figures de dragons
      Couronnés d’incertain
      Vieux, aussi vieux que danse le monde
      Menaçants des racines jusqu’aux cimes
      De manger le ciel
       
      Les mains crispées sur mon volant
      Je regarde.
       
      Pourquoi ?

      Pourquoi faut-il incessamment
      Que je voie le réel
      Au prisme des mots
      Et que ces mots trahissent ?
       
      A-t-on jamais entendu une musique embaumer ?
      Un jeu de toucher
      Un jeu de violoncelle
      Peut-il brûler ?
       
      Quelles peurs m’inspire l’état des choses
      Sur cette route
      Ce matin
      Tous les matins
      Pour que m’ effraye la réalité ?
       
      Ne puis-je voir dans cette route
      Rien d’autre
      Qu’une route ?
      Un ruban d’asphalte ?
      Au lieu du chemin d’un destin
       
      Les métaphores me mangent la tête
      Jusqu’à la folie
      Dès le matin, dès que je m’éveille
      Ma tasse de café
      Vide
      Est le cercle fermé de ma vie
      Où ne subsistent que les traces brunes
      L’écume
      Sur les parois
      Du breuvage englouti…
       
      Impossible de me raser
      Sans que le miroir
      Ne réfléchisse
      Impossible de regarder sans cadrer
      Impossible de parler sans construire
      Impossible de penser sans imaginer
      D’imaginer sans créer
      Les mots sont des images
      Les images, des mots
      Il faut composer
      Organiser le monde
      Emprisonner le réel dans une composition
       
      Pour quelle illusion ?
      Qu’importe puisqu’elle est partagée
      Et naît d’un clavier
      Jusqu’à toi
      Qui lis
      Et entres
      Dans ma tête
      Mais tu n’y percevras rien
      Que tu n’y apportes…
        • Aimé
      • 43 replies
    •  Afin que tu fusses la seule dans mes yeux, je voudrais oublier toute image, marcher en
      aveugle, les paupières closes, la canne blanche des souvenirs érigée dans la mémoire.
       
       Je voudrais masquer au monde mes phalanges aux tiennes pareilles, toi qui sais le
      tremblement des feuilles mortes sur tes paysages nus. 
       La survivance de mes mains réveille les climats calmes sous l’hiver corporel.
       
       Toi dont les perce-neige en fourmilières traversent la chair, dont la mouvance prépare
      l’orage à l’outre horizon du silence...
       
       La grisaille douce du silence où les mots se libèrent de l’objet qu’ils désignent. La seule
      exigence est musicale, à l’heure où les mots meurent en syllabes sous l’inflexion de ta
      voix.
       
       L’âme en flammes nuance des ombres, quelque part, entre tes yeux de ciel, le galbe délicat de tes seins.
       
       Toi, toujours, dont les colombes chantent à peine, nidifiant dans le creux de mes mains.
       
       Femme de nacre à la source aurifère où je trouve cet hors du temps, soudain perçu. 
       je tire les amarres, maudissant l’ancre qui nous tient encore à la muraille du monde.
       
       Femme naissante, tournée comme une aurore sur mes yeux en pluie, ta beauté ineffable
      colore de pourpre les ruches, encercle d’or mes abeilles bruissantes.
       
       Tu reviens, nageuse, à la surface des draps, fuyant le tourment du sommeil, accrochant
      tes gestes aux rives de mon île, ivre encore des fleurs d’alcool au jardin sans arbre, nue comme ta véracité !
       
        • Aimé
      • 13 replies
  • Les poèmes sélectionnés pour 2019

  • Les derniers commentaires

    • Julien Ertveld
      Le songe d'une nui d'été et ses étrangetés évoque les soupirs distillés par Shakespeare
    • Fleur de poème
      Un poème plein de sérénité  où la nature est à la fois réelle et peuplée d'êtres dotés de pouvoirs mystérieux " la farandole des rats et des hiboux ", j'ai l'impression de plonger dans le monde de l'enfance ( soit dit en passant très proche de la poésie). Un texte comme toujours très réussi !.
    • Outrehorizon
      Comme André Breton je cherche l'hors du temps et l'invisible aux bouts de mes doigts, et les pommes d'or derrière l'horizon... Merci Filae pour vos commentaires judicieux.
    • Filae77
      Bonjour @Outrehorizon,  un cœur pour ce formidable concentré de beauté (moi qui étais encore sous le choc du 'malvenu',) (travail d' orfèvre oui, mais au départ il y a le génie de l' idée) ,l' ensemble est vaguement étourdissant , par son inattendu sémantique (expression  que je dois à @Gabriel Montigny) et  surtout un coté 'toile d' araignée' , où le lecteur dés les premiers vers sait qu'il n' en réchappera pas. Claude vous êtes vous mis en tète d' inventer 'L' Outre poésie ' ?     
    • Outrehorizon
      Merci Seawulf pour vos appréciations. Pour moi, en effet, la poésie est de l'orféverie. La spontanéité ressemble au diamant brut. Il faut revenir sur les mots, non seulement, mais au cœur, jusqu'aux arcanes du vécu, du ressenti.   Merci aussi à Diane, qui passe comme un baume, une plume bienveillante sur mes poèmes.   Merci Joailes d'apprécier ainsi mon poème   Toujours, Gabriel, tes paroles sont justes et émouvantes... J'aimerais lire encore tes mots dans un message, faisant écho à mes propos...   Et puis merci encore à Frédéric, à Nomal'sland, à Ladouce, à Carine, à Jeep et à Eathanor, où je ne peux rien rajouter à leurs commentaires.   Merci à tous de m'avoir lu avec tant d'intérêts.   Claude
    • Eathanor
      Je m'incline devant une telle merveille qui mériterait bien deux cœurs. Vous lire est ici un pur nectar. Merci pour cela.
    • Jeep
      Et que dire de l’emploi magnifique de l’imparfait du subjonctif au début du poème!
    • Carine
      Quand à moi c’est ce vers en particulier qui résonne fortement en moi bien que je sois également séduite par l’intégralité de ce poème, bravo. 
    • Ladouce
      Que dire de plus : absolument magnifique. Un coeur bien sûr ! Merci @Outrehorizon
    • Nomal' sland
      Bonjour @Outrehorizon   j'ai relu plusieurs ce texte, non pour en capter la compréhension, mais pour le pur plaisir de lecture.W

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