• La coupole dorée

     

    La coupole dorée est notre bibliothèque virtuelle accueillant l'ensemble des poèmes sélectionnés par notre comité de rédaction au sein du forum public "À l'ombre de vos vers". N'est pas ici le tout venant. Seuls figurent ici des vers où la qualité stylistique se marie à une orthographe irréprochable.

  • La sélection du mois

    • Flot d'humains charrié sans discontinuer
      Sang métissé coulant dans les avenues
      Globules masculins et féminins à nu
      Orgasme du néant jusqu'à en hurler
       
      Les artères grises expulsent un air vicié
      Sur le macadam résonnent les envies
      Les passants avancent en pas d'agonie
      Danse macabre des foules condamnées
       
      Les débris de l'enfance jonchent les trottoirs
      Dans les caniveaux flottent les âmes perdues
      Elles s'accumulent dans les égouts en crues
      Un vagabond s'en saisira comme mouchoir.
        • Merci
        • Aimé
      • 8 réponses
    • J'ai pris le train comme courir quand il est midi
      empilée dans des vêtements d'Atlantique
      j'ai filé mon rêve le long des rails
      une nuit de voyage où l'on perd ses repères
      une traversée blanche
      presque une musique le sifflement de la vitesse
      les vibrations un plaisir annonciateur

      Il fallait voir la mer et ses ponts
      il fallait aimer les jambes et la couleur
      les chaussures et le cadencement
      la langue autrement
      le mouvement des lèvres tout autour
      le menton volontaire
      la main que l'on souhaite animale et subtile
      comme un chien cherche son maître

      Il fallait remplir le corps
      planté dans l'air marin
      je pensais les mots élémentaires
      je prétextais le froid de mes bras inarticulés
      pourchassant le baiser
      je marchais droit devant
      la mémoire murmurante
       
       
        • Merci
        • Aimé
      • 13 réponses
    • Tout tremble
      Sans trembler vraiment
      Le soir descend
      Avec son trop plein d’ombres
       
      Et je danse dans les bras
      Amoureux du vent
       
      Et je glisse sous le jour
      Vers ces nuits lumineuses
      Où des lunes s’abandonnent
      Sur de vieux abat-jours
       
      Au loin l’absence s’en est retournée
      Au plus profond de ma mémoire
       
      Et la rivière de son long souffle
      Caresse l’écueil des jours
       
      Ô que les nuits sont douces
      A t’attendre toi ce vieux nuage
      Qui embrasse toutes mes lunes tristes
        • Aimé
      • 6 réponses
    • L’Argile des mots

      Il y a le noir puisqu’il me fait t’écrire
      Cette ombre-soie qui fait lumière
      Lorsqu’elle effleure ton regard

      Il y a l’ocre où tremble le chagrin
      Tels ces jardins après la pluie
      Quand chaque larme est un pendant d’oreille
      Dans l’éclaboussement du soleil

      Il y a le bruissement des livres
      Le froissement, le murmure
      Ces fragrances d’épices des pages que tu tournes
      Dont tu dévoiles à voix haute le secret, le sacré

      Il y a le chant de ta bouche
      A peindre, à embraser, photo volée
      Ses rocailles et ses velours
      Son rire de geai, sa danse fauve

      Il y a la brûlure des écrits
      Leur bouquet de joie
      Leur fleuve tendre
      Leurs arabesques
      Et cette encre de sang
      Profonde, impérieuse, messagère !

      Et puis Toi, le passeur de paroles…
        • Aimé
      • 7 réponses
    • J'irais bien fouler ton sol
      J'irais bien mêler mes empreintes à celles qui te hantent.
      Et puis j'achèterais un cornet de jujubes
      Tu sais, comme celles que vendait le boiteux au fond du cours.
      Le cours, j'irais m'y pavaner, comme avant.
      Et puis en marchant, j'écraserais les boules des ficus
      J'adorais le bruit qu'elles faisaient sous mes semelles.
      Les pigeons aux aguets se bousculaient
      Pour se délecter des graines libérées.
      .
      J'irais bien me transporter là-bas.
      55 Avenue de la plage.
      Le retour, de la plage à la maison, en plein midi ...
      La peau brûlée par le sel,
      A l'abri du soleil,
      Parasol ouvert comme large ombrelle
      Accueillant une grappe d'enfants insouciants.
      Rires aigus et cris fusant
      Sous la douche au jet dans le jardin.
      Odeur de grillades chez tous les voisins.
      Et puis le meuglement lointain du bateau de treize heures.
      L'heure de la sieste.
      .
      J'irais bien vérifier si tout est encore là.
      Ma maison. Ses persiennes qui grinçaient.
      Mon école. Sa cour ombragée.
      Le cimetière. Et mon frère qu'on a laissé.
      J'irais bien vérifier si la mer se souvient de moi.
      Si le sable a gardé mes pas.
      Si le vent chante la même chanson
      Entre les feuilles des micocouliers.
      J'irais bien voir qui habite chez moi.
      Je monterais à la terrasse, et de là,
      Je verrais la mer.
       Et le bateau s'en retourner.
        • Merci
        • Aimé
      • 14 réponses
  • Les poèmes sélectionnés pour 2018