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Parfois le jour me nuit


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Poésie des rues

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Ne pas s’endormir

Ne pas franchir le seuil
De cet état
A la pureté vierge de la moindre loi
Rester là pour un temps
Qu’on change en infini
Rester là sous ce trait de lumière qui fuit
Rester là soustrait aux griffes de l’inertie
Soustrait
Aux roues de l’engrenage et à l’anesthésie
Plus rien n’entrave le souffle, l’écoute et l’épanchement
Rester là secrètement dans une fissure du temps

 

État de grâce à la fois si fragile et puissant
État de grâce où tu sens
Ton cœur
Où tu sens le miracle en toi te soulever
Au-delà de ta gorge nouée par l’émotion,
De ton souffle saccadé
Au-delà de ton corps pris dans l’immensité
État de grâce où tu saisis
Plongeant la main en toi à travers les orages
De quoi peindre un hommage

 

État de grâce où Terre et Ciel s’embrassent
Comme unis
L’éternité mouchetée de poussières en fusion
Communion
Toile sombre transpercée
Des éclats flamboyants de nos rêves qui se brisent
Mais ne s’éteignent jamais

 

Le mystère enivrant d’un abîme insondable
Où résonne l’écho profond et immuable
De quelques mots sertis
Dans une âme qui fleurit

 

Se révèlent les forces qui font tomber les murs
Fragilisent les verrous
Et crochètent les serrures à l’intérieur de nous

 

Immensité sacrée dont le silence céleste
Envahit de beauté l’esprit qui se déleste
D’un brouillard de pensées
Immensité souveraine qui frappe de vertige
Celui qui prend le temps de regarder vraiment
Quand le chaos se fige

 

Sans voix sous la grandeur
Intense vérité au ton perforateur
Transpercé de lumière
Tu respires densément et le divin opère
De la plus subtile brise qui se perd dans la nuit
Aux décharges dans tes doigts
Les étoiles ne mentent pas

 

Tu peux fermer les yeux car le ciel t’a laissé
De quoi retrouver ton chemin hors du songe
Tu peux fermer les yeux car le ciel se prolonge
En une marque apposée sous ta peau qui palpite
Un trésor incrusté au fond d’un cœur à vif
Pacte taché de vermeil
Le battement d’une promesse que tu n’oublieras pas
Au réveil.

Ecrit par Charlotte Dubost, 23 Mai 2020

  • Aimé 4
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Edualc

J'ai tout d'abord été séduite par le titre que je trouve génial. Puis, un peu effarouchée par la longueur du poème, j'ai poursuivi quand même. Et j'ai été récompensée par cette impression d'état de grâce que dégage le tout. Un état qu'il faut savoir accueillir, et savourer.

  • Aimé 1
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  • Administrateur
Eathanor
Il y a 16 heures, Poésie des rues a dit :

Tu peux fermer les yeux car le ciel t’a laissé
De quoi retrouver ton chemin hors du songe
Tu peux fermer les yeux car le ciel se prolonge
En une marque apposée sous ta peau qui palpite
Un trésor incrusté au fond d’un cœur à vif
Pacte taché de vermeil
Le battement d’une promesse que tu n’oublieras pas
Au réveil.

Ne serait-ce que pour cette fin, je vous laisse un cœur. Mais outre le titre, nombreuses sont les images venues me séduire tout au long de ma lecture : les griffes de l’inertie, l’éternité mouchetée de poussières en fusion ou encore la vérité au ton perforateur.

  • Aimé 1
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Darius

un peu surpris par ce mélange de vers libres et de vers qui se répondent parfois par la rime qui casse un peu parfois l'envol poétique.

  • Aimé 1
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Seawulf
Posted (edited)
Le 30/06/2020 à 18:20, Poésie des rues a dit :

Plus rien n’entrave le souffle, l’écoute et l’épanchement
Rester là secrètement dans une fissure du temps

 

Le 30/06/2020 à 18:20, Poésie des rues a dit :

Le mystère enivrant d’un abîme insondable
Où résonne l’écho profond et immuable
De quelques mots sertis
Dans une âme qui fleurit

 

Le 30/06/2020 à 18:20, Poésie des rues a dit :

Immensité sacrée dont le silence céleste
Envahit de beauté l’esprit qui se déleste
D’un brouillard de pensées

 

Le 30/06/2020 à 18:20, Poésie des rues a dit :

Tu peux fermer les yeux car le ciel t’a laissé
De quoi retrouver ton chemin hors du songe

Un très beau travail d'écriture avec un titre prometteur. Beaucoup de profondeur dans les mots.

Edited by Seawulf
  • Aimé 1
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Vianney Roche-Bruyn

Un excellent titre pour un texte profond et bien senti. J'aime beaucoup l'ambiance apaisante qui se dégage de ce texte. On sent vraiment une profonde paix nous envahir !

  • Aimé 1
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Poésie des rues

Merci pour ces retours, @Edualc, @Eathanor, @Darius, @Seawulf et @Vianney Roche-Bruyn, j'en suis très honorée, merci pour vos lectures, malgré la longueur, qui n'a pas su vous décourager ! Heureuse de constater que les images et l'atmosphère que je cherchais à transmettre par ce poème soient arrivées à destination 🙂

@Darius: désolée que vous ayez senti la présence des vers libres comme une rupture dans le poème, dans l'écriture je préfère généralement faire passer une sensation ou un message, même si je ne trouve pas de rime adaptée comme support (bien qu'il soit vrai que les rimes catalysent la puissance poétique), plutôt que de vouloir faire une rime à tout prix, en utilisant des mots qui ne correspondent pas exactement à ce que j'essaie de transmettre. J'espère que la lecture de ce texte a tout de même été pour vous un agréable moment !

Amitiés !

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