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Marion

De la vague au marin

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Marion

Un matin de juin comme une rose bleutée, 

Se levait un ciel d'un rose un peu voilé, 

L'embrun se rapproche comme une toile déployée

Le vent souffle au Nord et le port est serein. 

 

En ce matin de juin comme une promesse salée

La corde se dénoue d'une bitte assez rouillée, 

Le Marin a fière allure, son navire qui dansait, 

Lui offrira pour sûr le plus beau des lendemains. 

 

Il se prépare sur le pont de sa petite noix, 

Qui ressemble à un vieux bois blessé par la boussole, 

Un fruit vieilli d'un temps où la mer et le sol, 

S'aimaient au rythme d'une marée en émois. 

 

La mouette rit de cette affaire avec cynisme, 

Son envole est un jugement presque divin, 

L'iode, dans sa narine, est un parfum

D'une Calypso farouche avec une pointe d'exotisme. 

 

Mais le Marin s'en fout comme de l'Albatros poète, 

L'Ars de la première vie où l'Âge d'or des hommes,

C'est cette aigue-marine portée comme une amulette

Qui joue le courant, bien cachée dans sa paume. 

 

La perle d'eau coule sur sa joue tannée par la houle, 

Et son coeur est serré dans sa cage d'os ensablé, 

Ce n'est ni le balancement ni l'horizon qui le soûle,

Et le rend aussi peu là qu'il n'est présent pour naviguer. 

 

Non, il pleure les temps passés sur le retour, 

Avec une certitude d'une présence à l'arrivée, 

Il se dit que de rentrer il n'y a rien et le détour

L'éloigne plus de ce qu'il a tant aimé. 

 

Alors sur le pont un pied passe par-dessus bord, 

Avant que la hanche entière ne cherche à couler, 

Et dans cet acte la vague vient doucement caresser 

Sa peau de maudit, de perdu, de mal-aimé du sort. 

 

Reviennent les souvenirs d'un frisson de jeunesse, 

Qui lui semblait avoir la même vigueur, 

Puis ce regard bleu comme l'océan en liesse, 

L'appréhension, le risque et l'amour sans peur. 

 

De la vague au marin voilà ce qui le retint, 

Le Marin rentra au port non sans tristesse mais avec une chaleur

Qui lui rappela qu'ici retentissent les cris forts des haleurs 

Et qu'une existence survit dans le murmure de l'air marin. 

  • Aimé 3

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Seawulf

Un texte poétique comme un ex-voto. Une vie marine avec ses marins absents. L'albatros sait tout cela. Les hommes, parfois se souviennent. 

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Marion

Merci beaucoup pour votre lecture 😀

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