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Marc Hiver

Le rigodon

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Marc Hiver
Posté(e) (modifié)

La nostalgie m'épuise et l'avenir m'étreint,

Je hais les ressentis que m'imposent les arts,

Seul, l'air dans mes poumons comme un nouveau départ

Donne envie de vivre sans tout autre dessein.

 

Le présent, dans ma tête au vide des pensées

Quand s'étonne la joie émancipée des formes

Énigmatiquement comme une loupe d'orme

D'un rare orange-brun, parfait mon odyssée.

 

Tu vois le rigodon, provençal à deux temps

— Vivifiant, joyeux, simplicité champêtre —

M'entraîne vers la source enchantée de ces êtres

Qui ne pleurent jamais au rythme des charmants.

 

Des choses veloutées, j'entourloupe à loisir

Certaine couillonnade encerclant sans vergogne

Pour les asphyxier mes tendres-belles pognes

Caressant l'idéal où je voudrais gésir.

 

Dieu est mort— merci Nietzsche— il faut en profiter

Libéré de ce sens qui gangrène la vie,

Au profit d'un désir frétillant à l'envi

Jusqu'à ce que la mort dépose nos souliers.

 

Au souffle de ce vent emportant les soucis,

Par la barbe fleurie du vieillard enjoué,

Vers les vertes prairies où paissent les étés,

Je trouve encore en moi de l'émoi un abri.

 

Alors me direz-vous, délivrez ce message

Qui taraude l'esprit d'un vin qui n'est pas aigre,

Dans sa robe rubis et ses notes allègres

Se distillant au vert d'une âme de passage.

 

Je parle sans rien dire — à tout du moins je parle —

J'écris aussi sans fin en pensant aux amis

Qui me liront peut-être en ayant l'appétit

De partager l'entrain, refusant d'être marles.

 

Je retourne chez moi, car le fourneau m'attend

Pour la tarte au cassis sucrée du roux des îles

Que nous dégusterons au risque des alkyles,

Privés de l'hydrogène, en proie à l'air du temps.

 

Modifié par Marc Hiver
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Frédéric Cogno
il y a une heure, Marc Hiver a dit :

Je retourne chez moi, car le fourneau m'attend

Oups j’avais cru lire ...car le fourreau m'attend...!!! Encore une idée salace...Poésie qui te ressemble et je me réjouis puisque un gars du Cotentin entre chez moi dans la danse.

  • Haha 2

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Joailes

Soit, entrons dans la danse ...

Il y a 8 heures, Marc Hiver a dit :

Tu vois le rigodon, provençal à deux temps

— Vivifiant, joyeux, simplicité champêtre —

M'entraîne vers la source enchantée de ces êtres

Qui ne pleurent jamais au rythme des charmants.

... toute une époque bien de chez nous !

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Epicene
Il y a 9 heures, Marc Hiver a dit :

 

Je retourne chez moi, car le fourneau m'attend

Pour la tarte au cassis sucrée du roux des îles

Que nous dégusterons au risque des alkyles,

Privés de l'hydrogène, en proie à l'air du temps.

 

La tarte au cassis...hum, j'ai savouré en vous lisant @Marc Hiver

Merci du partage ! 🙂

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Esteldir

La chute m'a bien fait sourire !

 

Puissent ces alkyles honnis, par le dieu Nitrogène

Finir en doux alcanes qui réchaufferont mieux !

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Filae77
Il y a 22 heures, Marc Hiver a dit :

Tu vois le rigodon, provençal à deux temps

— Vivifiant, joyeux, simplicité champêtre —

M'entraîne vers la source enchantée de ces êtres

Qui ne pleurent jamais au rythme des charmants.

Bonjour @Marc Hiver, je salue ta belle poésie empreinte d'une mélancolie lucide. Je suis d'accord avec les commentaires précédents ,néanmoins

et personne ne l'ayant fait, je m'attarderai sur le 'Rigodon' qui donne le titre. En plus d'être un rythme de danse binaire, désigne également une 

séquence rythmique trés précise, jouée au tambour pour précéder une annonce publique ( garde-champêtre par exemple)

Ce qui me suggère  (et débordant le thème strict de ce texte) que la tradition poétique doit pouvoir se diffuser largement ( par  voie orale

pourquoi pas ainsi que le faisaient les bardes ...)   

un cœur bien sur

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Seawulf
Le 22/06/2020 à 10:37, Marc Hiver a dit :

Au souffle de ce vent emportant les soucis,

Par la barbe fleurie du vieillard enjoué,

Vers les vertes prairies où paissent les étés,

Je trouve encore en moi de l'émoi un abri.

 

Alors me direz-vous, délivrez ce message

Qui taraude l'esprit d'un vin qui n'est pas aigre,

Dans sa robe rubis et ses notes allègres

Se distillant au vert d'une âme de passage.

 

Je parle sans rien dire — à tout du moins je parle —

J'écris aussi sans fin en pensant aux amis

Qui me liront peut-être en ayant l'appétit

De partager l'entrain, refusant d'être marles.

Une poésie qui s'immisce avec brio dans les méandres philosophiques d'une vie d'homme. Un texte de grande qualité.

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