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Jean Luc

Des rêves plein mes jours

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Joailes

Merci pour cette poésie. 

Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront : « Il est l'heure de s'enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

 

Baudelaire, Le Spleen de Paris, XXXIII

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Eobb

Les poètes mélangent les dimensions parfois, comme si chacune d'elle avait sa propre vibration, comme si le poète la ressentait avec la sienne pour en faire une autre et le tout devient unique comme l'est votre poème-oiseau-pierre-vent.

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Lina

Vos jours sont peuplés de visions magnifiques, qu'en est-il de vos nuits ? Une écriture vive et prenante 😊

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Muriell
Il y a 4 heures, Jean Luc a dit :

Sur les draps blancs d'un ciel bas.

J'enlève sa robe à ma maîtresse Destinée

Que je pose au bord du vent qui l'emmène,

Et je m'enivre de poésie avec elle.

 

Un coeur sans hésitation, quand déjà bien séduite par ma lecture, ces vers me laissent songeuse. Que j'aime ! Merci.

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Seawulf
Il y a 10 heures, Jean Luc a dit :

Au-dessus des mines de sang des Enfers

Une flûte sauvageonne chante pour Vénus,

Court après les cygnes amoureux traversant

Les visions folles des poètes,

ces verriers du rêve qu'ils sont...

Une mise au monde de tamaris se dessine 

Sur les draps blancs d'un ciel bas.

J'enlève sa robe à ma maîtresse Destinée

Que je pose au bord du vent qui l'emmène,

Et je m'enivre de poésie avec elle.

Belle poésie. J'aime particulièrement la deuxième partie. 

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Aubussinne
Il y a 12 heures, Jean Luc a dit :

J'enlève sa robe à ma maîtresse Destinée

Que je pose au bord du vent qui l'emmène,

Et je m'enivre de poésie avec elle.

 

Une très belle gravité.

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Evenos

ici la nature songe comme un fil à plomb perdant la notion du vide de la verticalité

une sorte de tragique sérénité

merci

@Evenos

 

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LKazan

… Un poème qui rejoint mon florilège personnel, avec une altération toutefois, d’ordre grammatical dans le titre ; « plein » n’est-il pas ici dans sa forme invariable ?

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Diane
il y a 26 minutes, LKazan a dit :

… Un poème qui rejoint mon florilège personnel, avec une altération toutefois, d’ordre grammatical dans le titre ; « plein » n’est-il pas ici dans sa forme invariable ?

Je pense que oui c’est une coquille j’ai corrigé.

 

Sinon joli texte oui.

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Frédéric Cogno
Il y a 14 heures, Jean Luc a dit :

Les visions folles des poètes,

ces verriers du rêve qu'ils sont...

J'adore. Exquise lecture. Bravo!

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Jean Luc

Merci à tous, et aussi pour la correction d'une faute inadmissible dans le titre, c'est très juste.

Edited by Jean Luc

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O Salto

Vos nues font le délice de nos têtes fleuries !

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Mohand

Ivresse et inspiration. Merci pour ce joli couple.

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Gabriel Montigny

Il y a comme une résurgence de source, celle de Lautréamont bien sûr, qui fait des mots des sulfures dont le parfum se doit d'être vénéneux. Il n'y a pas de poésie sans risque.

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