Aller au contenu
Jeep

Texte brut

Messages recommandés

Jeep

Si je n’étais pas boulimique j’aurais vu

Que dans l’attente du bulbe il n’y a pas la fleur

Si loin le printemps est comme une illusion 

De la fête foraine je n’entends plus les flonflons 

Tu viendras dis promets moi

À la saison prochaine quand j’y pense

Mais ce n’est déjà plus moi juste cette ressemblance 

Qui t’avais portée à me croire comme on boit

Un lait tiède et douçâtre au goût d’autrefois 

Dans la cour de l’école tu te souviens 

Non je divague et les chemins perdus

Qui ne mènent nulle part hormis vers une extase supposée 

Mais bien vite oubliée dans le fracas des convulsions humides

Sont des labyrinthes pleins d’épouvante 

Je me ressource au désir du peloton d’exécution 

Comme une fin en soi dans un roman décousu

Dont rien ne se déduit qu’une étrange impression d’inachèvement 

La moulinette des sentiments broyés par l’indécision 

Je titube en pensant aux occasions perdues 

Dans la jungle imprécise où je m’étais égaré 

Les pensées ridicules et longuement mûries

Et l’accouchement final d’un enfant dénaturé 

Toute cette comédie toujours recommencée 

Dont la mise en scène est improvisée

Et qui sert de support à un destin supposé

Fait de tous les fragments épars d’un esprit convulsif 

Où s’entremêlent des bouffées délirantes et des éclairs de lucidité 

Je ne la renie pas je la vénère plutôt 

En l’absence d’un autre scénario dont je n’ai pas à imaginer la fin

La fin est ici implicite et vertigineuse 

Une chute dans un abîme indéterminé 

Vers d’autres atermoiements avant que le rideau ne tombe

Sur la scène désolée d’une existence baroque 

Aux contours inexplicables et par conséquent innocents 

Où je me serais vautré parfois avec délices 

Souvent avec regrets et désillusion 

Je plaisante en fait je ne suis rien

Qu’un échantillon d’humanité dérisoire 

Pris dans le flux des événements et des passions

Prêt à des sacrifices démesurés et à des calculs mesquins

Pour ne parvenir qu’à contempler de l’extérieur 

Ce qui ne pourrait advenir que par accident 

Dans le hasard impromptu qui est la règle courante

De tout ce qui régit mes amours mes détestations

Et cette impression prégnante d’inutilité 

À force de vouloir donner un sens à tout se qui se présente 

À vouloir désigner l’innominé

Alors que l’absurdité et l’absence de signification 

Règnent sur le monde qui m’entoure

Comme un jardin de plantes carnivores.

 

 

  • Aimé 1

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Association régie par la loi du 1er juillet 1901, Accents poétiques vise à promouvoir les auteurs littéraires méconnus ou peu connus à travers la publication de recueils à compte d’éditeur. En offrant un forum de poésie à toutes les personnes désireuses de partager leurs muses, nous souhaitons également permettre à toutes les plumes de s'ébattre librement en ligne dans un cadre ouvert mais néanmoins garant d'une certaine qualité littéraire à travers les sélections de notre comité de rédaction.

×
×
  • Créer...