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Aubussinne

Perce-neige

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Aubussinne
Posté(e) (modifié)

Perce-neige

 

 

J’ai demandé à l’hiver

aux aubes de se lever

de retisser leurs soies

pour étirer les jours

d’éclore mes paupières

et quitter mes tisons.

 

J’ai demandé au jour

de faire fuir la glace

de laisser la rosée

goutter au fil des herbes

d’éclore des corolles

en nuées de lumières.

 

J’ai demandé au froid

de m’offrir la beauté

de sa blanche première

aux fragiles clochettes

d’éclore la pionnière

dans ses tapis de neige.

 

L’hiver m’a écoutée

et je me suis levée

voler les perce-neige

au bord de la rivière

pour faire éclore leur liesse

au cœur de mon jardin.

 

La fleur m’a exaucée

et je peux l’admirer

dans sa terre d'offrande

elle propose chaque hiver

d’éclore mes paupières

mes yeux vers leurs réveils.

 

_____________________

 

MM / 09 01 2020

 

 

 

 

 

Modifié par Aubussinne
  • Aimé 8

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Invité

Puisse cette délicate fleur éclore bientôt dans des contrées moins favorisées !

Joli texte au demeurant.

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Jeep

The snow-drop (Samuel Taylor Coleridge)

Le perce-neige. Traduction personnelle 

 

Toi, fleur timide, n’aie plus peur,

N’aie plus peur de la force de l’hiver,

De la neige fondue, de la lourde averse,

Du silence de la nuit glaciale!

Depuis que Laure a murmuré sur tes feuilles

Un chant de puissante sorcellerie,

C’est à toi, tendre fleurette,  qu’appartiennent 

Les vents plus doux et les cieux sans nuages.

 

Ses yeux emplis de larmes par l’émotion,

Elle te regarda jusqu’à remuer tout ton être,

En traduisant la pensée de l’Esprit-

L’Esprit  tremblait maintenant en ardente sympathie 

Avec ta tremblante tige-

Et pendant que tu t’inclinais sur ton lit,

Par tendre et inconsciente sympathie,

Elle inclina sa tête tombante.

 

Elle pencha sa tête, elle étendit ses bras, 

Elle chuchota son air envoûtant,

La renommée sans hésiter entendit le charme 

Et t’emporta au pays des Piérides!

N’aie plus peur du Gel du Matin

Qui brillait sur ton lit de neige,

Car là bas, parmi les lauriers toujours verts,

Immortelle tu fleuriras.

 

Tes pétales s’enorgueillissent d’un blanc plus doux

Et le sortilège t’a tellement embaumé 

Que l’Amour distrait te prendra souvent 

Pour une fleur tombée de son myrte,

Puis, riant de sa jolie déconvenue,

Il courra avec quelque vent étésien 

Pour chercher la broussaille emmêlée

Où Laure allongée repose.

 

Tous ceux que distinguent l’Amour et la fantaisie,

Lorsque les yeux plus vulgaires sont clos par le sommeil,

Les génies du lieu les transportent 

Au-delà de la pente insurmontable 

Sur le vaste sommet large et uni

Où le Phénix cache son nid

Et où, surplombé par des cyprès,

Se dérobe le céleste Léthé.

 

Le souffle des branches ressemble au bruit de la mer

Elles sont entraînées par la Brise qui les agite lentement;

Et tous ceux qui étendent leurs membres au-dessous d’elles 

Oublient le trouble du souci de la mort,

D’étranges brumes s’élèvent le long des bords

Pour guérir les hôtes qui y sont parvenus

Et pour permettre à l’âme d’endurer à nouveau 

Son martyre terrestre.

 

Sur le bord cher aux elfes du clair de lune

Où poussent les lys tremblants dans le Zéphyr 

Qui se penchent pour embrasser leur plus douce image

Tremblante en dessous dans le courant:-

C’est là que transportée pendant la nuit repose Laure-

Un sommeil magique soulève sa poitrine:

Son bras blanc qui se promène sur la Harpe

Se tient prêt sous sa joue.

 

La Harpe suspendue par les chaînes d’or

De ce vent faible qui murmure alentour 

Se plaint en timide reproche 

Par des fragments de sons émis malgré elle:

La musique flotte, à demi perceptible,

Et ne fait que modeler le rêve des dormeurs:

Les AMOURS remémorés illuminent à nouveau leurs joues

De l’éclat du retour de la Jeunesse.

 

 

 

 

 

  • Aimé 2

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Eathanor
Il y a 6 heures, Aubussinne a dit :

La fleur m’a exaucée

et je peux l’admirer

dans sa terre d'offrande

elle propose chaque hiver

d’éclore mes paupières

mes yeux vers leurs réveils.

"Le pouvoir des fleurs" chantait Voulzy...

Votre poème est empreint d'une charmante douceur qui fait de cette lecture un moment très plaisant.

  • Aimé 1

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Joailes

De la douceur, on en a tellement besoin que je vous offre volontiers un cœur pour votre très joli poème, @Aubussinne

Il y a 6 heures, Aubussinne a dit :

J’ai demandé au froid

de m’offrir la beauté

de sa blanche première

aux fragiles clochettes

d’éclore la pionnière

dans ses tapis de neige.

 

  • Aimé 1

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Aubussinne

Merci beaucoup pour vos commentaires

à @Diane, il me plaisait après le texte Pyrocène  sur une terre brûlée de jouer le contraste d'une terre qui accueille toute vie

à @Jeep j'admire votre talent de traducteur de poésie, cela me paraît être l'enjeu le plus difficile en littérature, bravo et merci pour ce texte puissant que je découvre grâce à vous

à @Eathanor, la douceur m'a été offerte par le sujet, la découverte en sous-bois d'un champ de perce-neige sur une rive de l'Adour et le plaisir d'en transplanter dans mon jardin et de les retrouver chaque année.

à @Joailes , la vie bouscule dès fois violemment mais j'essaie souvent de cueillir ce qui me fait du doux et du bien.

Encore mille fois merci

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Danivan

 Ma pensée est un perce-neige
Qui pousse et rit malgré le froid
Sans souci d'heure ni d'endroit
Ma pensée est un perce-neige.
Si son terrain est bien étroit
La feuille morte le protège,
Ma pensée est un perce-neige
Qui pousse et rit malgré le froid. »
Charles Cros, 1842-1888. 

 

Ah ! Le perce-neige symbole de consolation et d'espérance au coeur de l'hiver. Votre poème le narre et le chante fort joliment.

  • Aimé 1

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Eobb

J'aime ce poème qui m'entraîne sur le bord d'une rivière à regarder les feuilles de l'hiver flotter et les fleurs blanches au coeur vert se balancer délicatement sous l'effet du vent, elles sonnent, peut-être, leur passage.

  • Aimé 1

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Invité

Moi j'aime cette communauté où toute sensibilité vient s'exprimer et où on y traduit Coleridge, on cite Charles Cros et on s'extasie des fleurs avec le sérieux de ministres et la conviction des souverains. Puissent ils prendre exemple sur vous.

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Seawulf
Il y a 18 heures, Aubussinne a dit :

L’hiver m’a écoutée

et je me suis levée

voler les perce-neige

au bord de la rivière

pour faire éclore leur liesse

au cœur de mon jardin.

 

La fleur m’a exaucée

et je peux l’admirer

dans sa terre d'offrande

elle propose chaque hiver

d’éclore mes paupières

mes yeux vers leurs réveils.

J'aime cette sensualité terrestre. 

  • Aimé 1

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Aubussinne

Merci beaucoup @Danivan pour votre bel écho de Charles Gros, je ne sais si les perce-neige peuvent consoler, ce dont je suis sûre c'est qu'ils me ravissent de leur modeste et présente beauté,

Merci @Eobb, ce souvenir d'un champ de perce-neige reste pour moi toujours sublime car il perdure et suis heureuse de le partager,

Merci @Gabriel Montigny, je ne ressens pas que les ministres et les souverains pensent à tapisser nos sols de fleurs, c'est une affaire de poètes qui parlent sur AP de fleurs entre eux et tant mieux !

Merci à @Seawulf , une terre non détruite rend le regard  vif et curieux.

Modifié par Aubussinne

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Troubadour

Comme ce perce-neige en hiver florissant 

Cet écrit dans nos coeurs  vit d'amour et de sang 

 

Bravo !

Modifié par Troubadour
  • Aimé 1

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Mohand

Très beau. Un plaisir de lecture.

 

Le texte raisonne comme un chant.

  • Aimé 1

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Aubussinne

MerCi @Troubadour pour votre écho poétique

Merci @Mohand pour votre vérité

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Natacha Felix

Un poème qui fait du bien, parce qu'il parle de l'essentiel : un bonheur simple, offert fidèlement par dame nature. Il suffit de savoir le saisir, et vos mots encouragent à le faire... Merci ! ❤️

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Aubussinne

Merci @Natacha Felix, la terre n'est-elle pas faite pour nous offrir sous les yeux la vie.

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Natacha Felix
1 minute ago, Aubussinne said:

Merci @Natacha Felix, la terre n'est-elle pas faite pour nous offrir sous les yeux la vie.

Bien sûr, mais encore faut-il ne pas l'oublier...

  • Aimé 1

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Frédéric Cogno

C'est un très joli poème qui scintille au soleil. C'est frais comme un printemps jouvenceau avec un côté mutin très plaisant. Bravo!

  • Aimé 1

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