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Sur la digue


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  • Administrateur
Eathanor

Quand le matin affûte la présence des absences,

que s’ouvrent les fenêtres sur les cœurs apathiques,

que les judas épient les cours aux miracles fossilisés,

je dessine une femme en forme d’évidence absolue.

 

Là où dorment les derniers amants des nuits éclopées,

statues figées dans le sel des larmes de l’abandon

comme une dernière salaison avant mise en souvenir,

je songe à cette femme en éclats d’idéal sublimé.

 

Quand sur le bord des yeux affleurent les vagues à l’âme,

que le goémon des amertumes se dépose sur les épidermes,

que l’écume des climats égarés se suspend aux errances,

je marche avec ma femme sur la digue de nos promesses.

  • Aimé 7
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il y a 8 minutes, Eathanor a dit :

que l’écume des climats égarés se suspend aux errances,

je marche avec ma femme sur la digue de nos promesses.

Elle me dit me prenant par la main

Viens ne pensons pas à demain
Aux anges je t´emmène
Digue digue don daine ...

 

Beau texte qui dépasse le quotidien..

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Seawulf
il y a une heure, Eathanor a dit :

Quand sur le bord des yeux affleurent les vagues à l’âme,

que le goémon des amertumes se dépose sur les épidermes,

que l’écume des climats égarés se suspend aux errances,

je marche avec ma femme sur la digue de nos promesses.

J'aime beaucoup ce beau passage. 

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Marc Hiver

@Eathanor,

 

Il y a 15 heures, Eathanor a dit :

je marche avec ma femme sur la digue

Heureusement que tu n'avais pas besoin d'une rime en u ! Le sens du poème en aurait été tout retourné. Je n'ai plus de coeurs en stock pour l'instant.

 

Edited by Marc Hiver
  • Haha 1
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Il y a 15 heures, Eathanor a dit :

 

Quand sur le bord des yeux affleurent les vagues à l’âme,

que le goémon des amertumes se dépose sur les épidermes,

que l’écume des climats égarés se suspend aux errances,

je marche avec ma femme sur la digue de nos promesses.

Rien que pour cette dernière strophe, vous méritez amplement un coeur ! 

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"Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend."

 

Votre beau poème, d'une profondeur touchante, m'a fait penser au superbe "Mon rêve familier" de Verlaine. Comme le suggèrent déjà Tristamourir et Joailes, gare au réveil cependant. Très bel oxymore dans le vers inaugural "Quand le matin affûte la présence des absences,"

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Je rejoins Danivan, oui Verlaine est là dans cette poésie.

 

Un coup de foudre pour ce vers, je n'irai pas jusqu'à dire, et "Dieu créa la femme",  mais prendre le crayon pour faire apparaître la femme de ses rêves, c'est fabuleux 🙂

Il y a 20 heures, Eathanor a dit :

je dessine une femme en forme d’évidence absolue

 

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Il y a 2 heures, Danivan a dit :

"Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend."

 

Votre beau poème, d'une profondeur touchante, m'a fait penser au superbe "Mon rêve familier" de Verlaine. Comme le suggèrent déjà Tristamourir et Joailes, gare au réveil cependant. Très bel oxymore dans le vers inaugural "Quand le matin affûte la présence des absences,"

Verlaine n'a semble t il jamais trouvé cette femme idéale rêvée.

Certains pensent que ce poème fut écrit pour sa cousine Elisa adoptée par ses parents, dont il fut amoureux mais qui l'éconduisit, 

d'autre que ce fut adressé à sa propre mère avec laquelle il eut cependant une relation conflictuelle.

Il se maria, par convenance, puis divorça de sa femme avec laquelle il était violent ( dejà)

On connait la suite de la vie sentimentale tumultueuse et violente de Verlaine avec Rimbaud;

 

 

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Natacha Felix

Ce que les choses sont et comment le regard qu'on porte sur elles peut les changer pour les rendre plus supportables, c'est ce que je vois dans ce poème, à juste titre ou pas.

Les images décrivant "l'état des lieux" sont sans grand espoir et dénotent l'incapacité, l'insuffisance (cœurs apathiques, miracles fossilisés, nuits éclopées, statues figées, climats fossilisés). Par contre les vers 4 et 8 sont limpides et du domaine de l'irréel (absolue, sublimé), font appel à des notions qui n'existent pas ou plus. Le dernier vers est celui de la lucidité, les deux mondes se rejoignent sur la digue, la présence de mouvement (marcher) introduisant une notion d'équilibre et de précarité.

C'est très bien construit, les images sont fortes et sombres (j'ai adoré l'image de la salaison par le sel des larmes), le contraste flagrant et la progression des vers en fin de strophes bien menée.

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Julien Ertveld

La digue des promesses, dont l'étroitesse vous fait choir à chaque faux pas d'une vie de couple dans le marécage des non-dits, au pire des mensonges, mais sur laquelle on ne cesse pourtant d'avancer plus ou moins côte à côte.

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Christian Bello

un truc de ouf que beaucoup d'entre nous aimeraient pouvoir écrire, enfin je parle pour moi, mais quand le subliminal sublimé par ce poème rencontre le réel, cela permet de renforcer toutes les digues malmenées par les notes salées de nos vagues à l'âme

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  • Administrateur
Eathanor

Assez pris ces derniers jours par mon activité professionnelle, je ne réagis que maintenant, mais un grand merci à chacun pour vos commentaires ainsi que le respect qu'ils savent témoigner pour ces vers.

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