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Gabriel Montigny

The macramé owl club

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Gabriel Montigny

Au club de macramé
On y patchwork le temps
Les ventres sont usés
De l’absence des mains

 

Les vins de courte joie
Vermeillent les étangs
Où s’endorment les eaux
Fétides Waterloo

 

Les vins de courte vue
Silencent les miroirs
Où les viandes crues
Dandinent leurs pompons

 

Le fils du temps perdu
La fille aux mains tendues
Tracent au mieux possible
Le loin, le sien, le leur

 

Viendras-tu la musique
Tout comme l’oiseau mot
Découper le tragique
De la vitre qui pleure?

 

Et le glas qui décompte
Rien que pour un été
La saison qui s’envole
La monnaie de l’obole

 

Prestation de sévices
Langue qui sait couper
Les malheurs d’artifices
Sentiments distingués

 

Un par un, ils s’en vont
La peau couleur savon
Le houblon qui demeure
Là où tombent les flèches

 

Les gris tissus se plissent
Cris multicolores
Les ombres s’en tapissent
Et restent anonymes

 

Et de cette impuissance
Qui ne peut les nommer
Dévore leur futur
Biffés d’une rature

 

Être est donc une chose
Avoir, moins qu’un état
La grammaire une arthrose
Il faut choisir son temps

 

Au club de macramé
On y patchwork le vent
Les ventres sont rusés
De l’absence, demain…

 

***

  • Aimé 4

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Diane
Il y a 12 heures, Gabriel Montigny a dit :

Être est donc une chose
Avoir, moins qu’un état
La grammaire une arthrose
Il faut choisir son temps

 

 

Oui....mais peut-on réellement choisir ?  

Un triste mais réaliste état des lleux...

 

  • Aimé 1

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Joailes
Il y a 19 heures, Gabriel Montigny a dit :

Viendras-tu la musique
Tout comme l’oiseau mot
Découper le tragique
De la vitre qui pleure?

... superbe, comme d'habitude. Et pas que la strophe citée, mais c'est celle qui m'a le plus plu. 

  • Aimé 1

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Nomal' sland

Bonsoir @Gabriel Montigny

 

J'ai lu et relu et relu  le texte. Chaque fois, je n'ai pu me dessaisir de l'image de pensionnaires d'une maison  de retraite et de de leur isolement . je ne sais si telle était la volonté d'origine ou si je me fourvoie dans cette  interprétation certains passages m'échappent je l'avoue , ce qui est accessoirement secondaire car le poème possède une envoutante beauté stylistique propre à la poésie totale et s'apprécie sans nécessité argumentaire.

  • Aimé 1

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Natacha Felix

Expérience étrange... la beauté de ce poème est saisissante, il est riche d'images originales et percutantes, mais j'ai ressenti un malaise à la lecture. Dérangeant et fascinant à la fois.

  • Aimé 1

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Gabriel Montigny
Le 14/09/2019 à 10:51, Diane a dit :

 

Oui....mais peut-on réellement choisir ?  

Un triste mais réaliste état des lieux...

 

@Diane Le regards sur les corps doit nous apprendre l'inéluctable qui nous attend, dès lors il se nourrit de cette patience.

Le 14/09/2019 à 18:14, Joailes a dit :

... superbe, comme d'habitude. Et pas que la strophe citée, mais c'est celle qui m'a le plus plu. 

@Joailes Merci d'être sensible à cette écriture plus exigeante.

Il y a 22 heures, Nomal' sland a dit :

Bonsoir @Gabriel Montigny

 

J'ai lu et relu et relu  le texte. Chaque fois, je n'ai pu me dessaisir de l'image de pensionnaires d'une maison  de retraite et de de leur isolement . je ne sais si telle était la volonté d'origine ou si je me fourvoie dans cette  interprétation certains passages m'échappent je l'avoue , ce qui est accessoirement secondaire car le poème possède une envoûtante beauté stylistique propre à la poésie totale et s'apprécie sans nécessité argumentaire.

@Nomal' sland Cher William, votre intuition est bonne, c'est en effet le matériau de base de l'écriture, ensuite les clubs de troisième âge et mon expérience personnelle et professionnelle ont servi de base. Ensuite, le mot que vous employez d'écriture de "poésie totale" me touche profondément. C'est l'ambition qui me porte. Quitte à m'éloigner des sentiers de confort.

Il y a 7 heures, Natacha Felix a dit :

Expérience étrange... la beauté de ce poème est saisissante, il est riche d'images originales et percutantes, mais j'ai ressenti un malaise à la lecture. Dérangeant et fascinant à la fois.

@Natacha Felix L'objectif ici est de produire cet inconfort, cette désorientation en refusant des musicalités attendues pour les couper à l'entrechoc d'une image inattendue. J'ai presque voulu un poème dodécaphonique, cherchant une dissonance dans l'harmonie.

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Frédéric Cogno
Le 13/09/2019 à 22:35, Gabriel Montigny a dit :

Être est donc une chose
Avoir, moins qu’un état
La grammaire une arthrose
Il faut choisir son temps

 

L'essentiel est exprimé.

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