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Nomal' sland

Par-delà le lien et le râle, (fragmentations sans repère)

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Nomal' sland
Posted (edited)

1

Un escabeau cheval éborgne un boiteux lampadaire.

Qui pourrait arbitrer cette échauffourée prolétaire ?

Des restes d’oubli, la pipe au vent, nuagent leurs écrins de fumée ;

Un attroupement de sel monochrome l’évasion du bitume ;

 

L’échelle stroboscope un canard laqué dans une mare d’huile,

En laquelle des articles dépêches lofent une brise infuse,

Accaparant l’air du temps, comme une mouche

Arabesque le vertige dans la danse de ses ailes.

 

Le vent refuse d’en vanter la paresse égrillarde,

S’abîme dans un lancinant chagrin ancillaire,

Geint et se lamente qu’on ne lui fesse pas la bise.

Ailleurs, s’il y a, il trouvera un second souffle.

 

2

L’aurore laïque à la gaieté blonde et langoureuse

Épouvante une lumière nonne en extase de clarté.

Un demi sel, marlou maquereau loueur de trottoir

En recherche d’indulgences dit c’est propre c’est net.

 

De la terrasse de l’estaminet émane l’odeur plastique

Des lianes caoutchouteuses multicolores, criardes,

Enlierrées autour des chaises Scoubidou paillardes

A peine assouvies par l’ondée qui leur fit du graingue.

 

Ces rejetonnes délurées des caquetoires jansénistes

Font le pied de grues à poireauter sensuellement :

Ils viendront bien se lover en leur creux hospitalier

Ces recalés de l’abstinence en l’absinthe d’épreuve.

 

 

3

Le ciel béat cicatrise de la course des nuages taxis

Et solde ses zébrures sous la douche tzigane

D’un soleil soufre, enluné par les étourderies diamants

Des lumières en nage harponneuses des frisottis océanes.

 

 

C’est un matin dans une robe de soirée qui s’en va border

Dans ses passades adultères le chemin verrou d’aventure,

Ses bras monotones forment une queue de silence effarouchée

Qu’un coup de sourire grisou sablera de son sel immobile,

 

L’escadron des amours incongrues lâche ses chiens de chasse :

L’hallali des molosses aux milles baisers de poivre

Huluberute son rituel au son des corps déchirés de jouissance.

Que pleuve la semence des jours fertiles sur le hourra de nos cadavres

 

Edited by Nomal' sland
  • Aimé 3

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Guest

Pas évident ! ☺

Quelquefois on pense capter l'idée qui sous-tend l'affaire mais il nous faudrait le logiciel adapté car nous sommes au delà du jeu de mots....

Vous aimeriez Ferré que ça ne m'étonnerait pas.

Prudence, vous avez peut-être trop déstocké !

J'ai bien accroché sur ce quatrain avec quelques doutes sur la compréhension....Du coup, j'ai un peu mal au crâne.

 

Le vent refuse d’en vanter la paresse égrillarde,

S’abîme dans un lancinant chagrin ancillaire,

Geint et se lamente qu’on ne lui fesse pas la bise.

Ailleurs, s’il y a, il trouvera un second souffle.

 

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Gilliatt

Bonsoir @Nomal' sland, que dire après cette lecture ?, cela ressemble à un puzzle dont on aurait forcé les pièces à coups de marteau, à moins que ce soit un poème écrit par un logiciel, puis  '' humanisé '' par un poète facétieux, ou alors la conséquence de la rupture soudaine d'une soudure du réservoir principal de mots du Grand Larousse, en tous cas c'est magnifiquement fait, unique et inattaquable ! Bravo ❤️ !

  • Aimé 1

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Jeep

Je prends ma mine de plomb de gentleman bitumineux grâce au grisou du temps qu’il fait pour vous décocher un cœur surréaliste bon à croquer de cadavre exquis.

  • Aimé 1

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Nomal' sland
Il y a 12 heures, Surfeur a dit :

J'ai bien accroché sur ce quatrain avec quelques doutes sur la compréhension....Du coup, j'ai un peu mal au crâne.

 

@Surfeur

Désolé, mais pour celui  là, un aspirime ne sera d'aucun effet.😁

Il y a 12 heures, Surfeur a dit :

Prudence, vous avez peut-être trop déstocké !

En gros, c'est à peu prés ça 😁😁W

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Gabriel Montigny

Il y a là tant d'invention qu'on en a le vertige mais je ne gâche pas mon plaisir à cherche le sens interdit sans doute.

Au carrefour de l'orphéon, je me laisse porté par la musique, et là où sa pète c'est du tromblon, là où sa glisse c'est du feux d'artifices, mais toujours le plaisir et la gourmandise des mots, toujours la saveur, la saveur des jeux d'émaux.

  • Aimé 1

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Nomal' sland

@Gabriel Montigny

Merci pour ce commentaire qui relevé avant tout la musicalité de mon texte. Moi qui ne sait pas accorder deux notes ensemble, c'est le plus beau compliment que je puisse recevoir.W

 

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Filae77
Posted (edited)

@Nomal' slandvous êtes un génial manieur de mots , j' ai commencé à essayer de comprendre la première strophe avec mon peu de cervelle

 

Un escabeau cheval (sorte de marchepied pliant)   éborgne  boiteux lampadaire -(lampe de bureau de marque Boiteux ?)

la pipe au vent (tuyau de ventilation)   leurs écrins de fumée  (écrans ? de fumée)

 

le pire est que chaque vers a une signification et chaque mot est à sa place ....  

un cœur

Edited by Filae77
  • Aimé 1

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Diane
Il y a 18 heures, Nomal' sland a dit :

L’escadron des amours incongruEs lâche ses chiens de chasse :

L’hallali des molosses aux milles baisers de poivre

Huluberute son rituel au son des corps déchirés de jouissance.

Que pleuve la semence des jours fertiles sur le hourra de nos cadavres

 

Mais bon sang mais c'est bien sûr !!!  😁

 

Sinon, W. je vous soupçonne d'écrire vos textes de façon "normale" dans un premier temps, puis de les 

retranscrire ensuite dans votre jargon personnel ...non ?

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Nomal' sland
il y a une heure, Filae77 a dit :

 

le pire est que chaque vers a une signification et chaque mot à sa place

Bonjour @Filae77

Merci pour cette remarque. Plus que le vers lui même, j’essaie de travailler sur la cohérence interne du quatrain en flirtant avec  la rupture de la lecture. Il se peut que je puisse basculer dans le vide, c'est l’écueil  du procédé mais  la prise de risque est stimulante.w

 

Bonjour  @Diane

il y a une heure, Diane a dit :

des amours incongruEs

je suis toujours impressionné par votre science de l’orthographe et de la conjugaison. Vous êtes prof ?

Pour répondre à votre question

il y a une heure, Diane a dit :

Sinon, W. je vous soupçonne d'écrire vos textes de façon "normale" dans un premier temps, puis de les 

retranscrire ensuite dans votre jargon personnel ...non ?

Pas par  Hasard, si mon pseudo est Normal'sland. 

 

je suis un évadé chronique de la normalité. L'écriture est la passeuse qui m'aide à franchir la frontière sans me faire repérer.

 

Je travaille quasi systématiquement a partir d'une amorce qui me traverse l'esprit.je m'abandonne à une image, une expression,  et la suis sans contrôle même, et surtout,  dans ses tournants incongrus.

 

Si le territoire où j’atterris est propice à la construction poétique, je m'installe et compose  et décompose  jusqu’à ce que l'articulation du poème m'apparaisse définitive et que celui ci  puisse marcher sur ses pieds sans boiter.

 

ce peut être un bref séjour, un coucou fugace ou un lieu de villégiature dont je ne parviens plus à m'échapper (comme c'est le cas actuellement dans la conception de ma saga  "Augustin Paslà").

 

Quoi qu'il en soit, c'est et ce sera  toujours une retraite  de liberté .W

 

 

  • Aimé 1

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Diane
il y a 44 minutes, Nomal' sland a dit :

 

Bonjour  @Diane

je suis toujours impressionné par votre science de l’orthographe et de la conjugaison. Vous êtes prof ?

 

Je fus. Il m'en reste de lourdes séquelles comme vous l'avez remarqué 😁

 

il y a 47 minutes, Nomal' sland a dit :

Pas par  Hasard, si mon pseudo est Normal'sland. 

 

je suis un évadé chronique de la normalité. L'écriture est la passeuse qui m'aide à franchir la frontière sans me faire repérer.

Je vois je vois. L'écriture mène à bien des choses, pas certain toutefois que l'on passe toujours inaperçu......^^

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Frédéric Cogno

Vous êtes un façonneur de verbe. Vous lire demande certes un certain effort mais votre univers est bien là et me grise à chaque fois. Bravo pour ce travail poétique singulier.

  • Merci 1

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Natacha Felix

Ces mots ne manquent pas de sel...
Vos textes sont à la poésie ce que le kaléidoscope est aux lunettes de vue 🙂
J'avoue que je ne comprends pas toujours tout, mais vous stimulez tour à tour imagination, cœur et cerveau, aussi vous lire est toujours un plaisir.

Je repasserai mettre un cœur lorsque j'en aurai un de disponible 🙂

 

  • Merci 1

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Joailes

@Nomal' sland je vous avoue que, saoulée par votre texte, je n'ai pas lu les commentaires.

Ils ont aimé ?

J'essaie de comptabiliser mes cœurs, s'il m'en reste un, vous serez celui-là. 

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Nomal' sland
il y a 58 minutes, Joailes a dit :

je vous avoue que, saoulée par votre texte, je n'ai pas lu les commentaires.

 Bonsoir @Joailes

 

Je voulais appeler mon poème Bateau ivre,  mais ça aurait foutu Rimbaud bordel.W

il y a une heure, Joailes a dit :

Ils ont aimé ?

Je crois que pour certain(e)s, je ne suis pas loin de la camisole de farce.W

😁😁😁

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Guest
Posted (edited)

En poésie, on est quelquefois surpris par le regard des autres sur un poème composé.....Ils ressentent au travers des mots d'autres émotions que celles dévoilées par l'auteur. Je pense que pour vous, il en est de même....après traduction évidemment...☺

 

"L’échelle stroboscope un canard laqué dans une mare d’huile,

En laquelle des articles dépêches lofent une brise infuse,

Accaparant l’air du temps, comme une mouche

Arabesque le vertige dans la danse de ses ailes."

 

Si dans cette affaire, j'ai décrypté un oiseau de mer se débattant pour échapper à la marée noire avec les articles de journaux qui vont bien ....C'est magnifique surtout  par le derniers vers qui permet une analogie entre la danse des ailes de la mouche et peut-être....celles du canard avec cet effet stroboscopique qui a frappé votre imagination.

 

Si j'ai faux, ben c'est moins magnifique et je continue à chercher comme les copains ☻

 

Edited by Guest
Répétition

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Nomal' sland

Bonjour @Surfeur

Il y avait une idée de pollution et d'emprisonnement  dans ce quatrain.  je n'avais  à l'esprit précisément la marée noire mais votre interprétation n'en fait que ressortir  plus intensément mon idée première.

j

Il y a 1 heure, Surfeur a dit :

une analogie entre la danse des ailes de la mouche et peut-être....celles du canard

 j'ai  cherché à perturber le regard , en cachant un dessein dans un autre dessein par une ambiguïté offrant une liberté de choix car selon que l'on y voit les ailes de l'un ou de l’autre, la danse  revêt une symbolique opposée.

C'est un peu le même principe que pour cette image : Que voyez -vous

Une jeune fille  ou une vielle femme ?

illusion la vielle femme et la jeune fille.jpg

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Eathanor

J'ai l'impression de nager en plein surréalisme en lisant ces vers. Il est donc difficile de détacher un sens certain. Mais il est certain que j'ai apprécié.

  • Merci 1

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