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Marc Hiver

Un arrière-goût d'enfance

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Marc Hiver
Posted (edited)
Citation

Nouveau : le recueil de mes poésies déjà publiées sur Accents poétiques. (PDF)

 

Tombejourde.jpg

       La Pelouse, Mouliherne, Maine-et-Loire Photo MH

 

Pour l'adulte, amoureux des souvenirs d'enfance,
Celle-ci est source de toute nostalgie.
Que la vie semblait belle à la clarté des sens !
Qu'elle devient sinistre au détour de mes nuits.

 

Chagrin ! Il me revient ce matin où cochon
Fut sorti de sa bauge afin qu'il sacrifie
Son corps gras d'épluchure et son regard tout rond
À son égorgement, holocauste maudit !

 

Le paysan pervers, se réjouit, l'infâme,
Des cris de son pourceau résonnant alentour.
Reflète-toi, bourreau, dans les yeux de ta femme,
La Circé charcutière aux maléfiques tours !

 

Étonnants souvenirs ! Quelles nobles histoires
À lire au plus profond de nos vertes campagnes !
Poète du dimanche, ô purge nos mémoires !
Et substitue tes mots pétillant de champagne.

 

J'ai entendu le veau séparé de sa mère
Ses pleurs fendre l'âme, partant à l'abattoir
Afin que nous puissions des laitages amers
Régaler nos enfants matin, midi et soir.

 

Je salue sur l'autel de mes jeunes années
Ce lapin gigotant accroché par les pattes
Qu'on vidait de son sang d'un œil énucléé,
L'autre s'écarquillant devant les psychopathes.

 

— « Mais de tes vacances au creux du Maine-et-Loire
Fais-nous encor' rêver de ton cœur grenadine,
Le cheveu gominé quand t'allais à la foire,
Du paradis perdu, des douceurs angevines ? »

 

Je repense à la chatte horrifiée quand Mimi,
D'un geste criminel, écrasa sur le mur
Une à une ces petites boules de vie,
Et qu'importait la mère et sa progéniture !

 

— « Mais s'il fallait sauver un peu de tes vacances,
Quid de toi ? »

 

                            Je revois les élingues des mioches
Visant un vol d'oiseaux, ô la cruelle offense
D'un monde sans pitié, je ne sais quoi de moche.

 

                                              ***

 

J'ai le cœur tristounet, mais demain nouveau thème !
Je te promets des anecdotes bien plus gaies
Qu'il sied de raconter au trop-plein d'un poème
Gavé de ces clichés que l'on offre sans frais.

 

Edited by Marc Hiver
  • Aimé 2

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Eathanor

Voilà qui nous change sacrément des facéties dont vous êtes coutumier.

Un poème au goût étrange pour une lecture avant de partir rejoindre Morphée.

  • Merci 1

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Marc Hiver
Il y a 13 heures, Eathanor a dit :

Voilà qui nous change sacrément des facéties dont vous êtes coutumier

Man, il y a plus d'un genre où sacrifier à la poésie ! Moi, j'aime le music-hall.😎

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Joailes

Déjà dix ans que j'ai rencontré avec bonheur le Maine et Loire et ses petits villages ... une bonne odeur de terroir m'est venue en lisant ce poème un peu tristounet, mais bon ! J'attends le thème plus gai promis ce soir ... 😉 

  • Aimé 1

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Julien Ertveld

Moi, c'était le Morvan et la ferme en contrebas où l'on allait chercher le lait et aider à certains travaux des champs, ainsi que, parfois  aux sacrifices nourriciers. Mais en ces temps reculés, les Vegan n'existaient pas.  Je retrouve donc en ton pème un peu de cette enfance et l'âme éternelle de nos campagnes. Et, Hop! Un coeur.

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Jeep

Ce poème nous renvoie à une époque pas si lointaine où la souffrance animale était visible et infligée avec la parcimonie de la nécessité, innocence cruelle du prédateur vis à vis de la proie. Toute autre est la situation actuelle où le crime est multiplié industriellement dans le secret des abattoirs de masse, réifiant l’animal et niant même son existence dans l’insensibilité collective, revanche sociale puisque les plus pauvres peuvent désormais accéder au privilège de manger de la viande et organisation du profit au détriment du bien-être des animaux.

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Gabriel Montigny

On sait depuis  "Une Charogne" de Baudelaire,  à quel point la laideur est une beauté qui nous ressemble dans sa cruauté.

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