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Joailes

Le cri sans écho

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Joailes

Les immortelles vivent en bouquet

sur le piano

les éphémères viennent et volent

et s’en vont mourir à l’ombre

près des roses fanées.

Le vase est clos, inutile

la vase engloutit et jubile.

Dans une coupe à l’onyx sombre

un œil de chat, des dents de requin

de drôles de rideaux corrodés d’ombres

et des mains de caresses derrière le baldaquin.

Les larmes flamboient au soleil comme des sequins

et le vieux chien aspire son dernier crépuscule

sur les feuilles pourries de son linceul

à la fontaine sèche,

à la source tarie.

Les immortelles vivent en bouquet

sur le piano

elles absorbent l’odeur de la mort

les éphémères viennent, vont et volent

et s’en vont mourir à l’ombre

sans témoin

sans écho.

 

Il restait un cri

et en ouvrant la porte,

il s’est enfui

nul n’empêche le cri de s’enfuir

celui-ci n’a pas d’écho.

(J.E. juillet  2019)

  • Aimé 1

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Jeep

J’aurais intitulé ce beau poème « Le vase », tant il évoque par sa forme graphique proche d’un calligramme et par le fond une vanité du 17ème siècle.

  • Merci 1

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Pierre Brandao

je suis assez d'accord avec @Jeep; la forme et le fond du poème ressemblent bien à un calligramme de "vase". Et le poème me parle...

  • Merci 1

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Tristamourir

Un autre émerveillement comme seule vous pouvez le faire. J'aime beaucoup le sujet traité avec  grande dextérité poétique . Merci pour le régal.

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Joailes

@Tristamourir  eh bien, si c'est pas de l'écho, ça ! 🙂

 Mille mercis, 

mille mercis

mille mercis

mille mercis ...  

 

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Gabriel Montigny

C'est l'ombre formidable de Cronos qui engloutit ce poème, quand un décor comme les bons décors de théâtre, dit ce qu'il faut savoir de la scène.

  • Merci 1

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Seawulf
Le 17/07/2019 à 22:13, Joailes a dit :

Il restait un cri

et en ouvrant la porte,

il s’est enfui

nul n’empêche le cri de s’enfuir

celui-ci n’a pas d’écho.

J'ai bien aimé cette poésie entre immortelles et éphémères autour d'un piano sans oublier le vase ! 

  • Merci 1

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