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Gilliatt

Juillet 2019

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Gilliatt

Afin qu'il soit écrit qu'en ces jours de Juillet,

La roue du temps finit de faire un tour complet.

 

Quand le peuple a bondi à la gorge du Mal,

Il a vaincu au cri de l' Hymne National.

 

Deux siècles et leurs petits, ont vu pousser la graine,

De la Démocratie aux vertus souveraines,

 

Mais par fourbes trahie, la voici qui chancelle,

Sa pâleur signifie ; aux gueux plus de chandelle,

 

Aux ouvriers vaincus, le salaire trentenaire,

Aux paysans fourbus, l'entaxement des terres,

 

Les fauves sont repus, nourris mieux que nos frères,

De troupeaux éperdus, aux gigots forfaitaires,

 

Le Droit est contordu, entre des mains de fer,

Équilibre rompu, porte ouverte aux enfers,

 

Nous sommes prévenus, gardés à vue dehors,

Par des cloques binaires, sans âme ni remords,

 

Les machines sans âme ont des voix de sirènes,

Elles ne servent personne à part le Roi de Haine,

 

Qui enfume les vents de mensonges éhontés,

Faisant porter son joug aux humbles effarés,

 

Il prend leur pauvre argent pour leur faire expier,

Leurs pauvres joies d'enfants aux plages tarifées.

 

Nul ne sait maintenant de quoi sa vie est faite,

Le monde est languissant et les âmes inquiètes.

 

Mais je sais et je sens, monter une marée,

Déposant aux ronds-points, ses prémices dorées,

 

Ils ont fait d'un édit, contraignant, un de plus,

Leur emblème serein, ironie bienvenue,

 

D'un renouveau plus sain, d'une claire volonté,

Ils se donnent la main pour mieux recommencer,

 

Ils ne sont pas malins, au Malin ils s'opposent,

De Justice leur faim, ils tirent une autre gnose,

 

Et le cœur sur la main ils font face aux armures,

Sous un mince gilet leur sang bat la mesure,

 

Ce combat imposé verra bientôt ces âmes,

Louées par le poète dont la plume est une arme.

 

Toi qui cherches le vent de tes voiles alanguies,

Vois ces gueux, leur talent, de mettre en jeu leurs vies,

 

Ils montrent ingénument aux Maîtres leurs sanies,

Ils sont le cœur battant de la Démocratie.

 

  • Aimé 1

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Filae77
Posted (edited)
il y a 43 minutes, Gilliatt a dit :

Mais je sais et je sens, monter une marée,

Déposant aux ronds-points, ses prémices dorées,

Bonjour et bravo @Gilliatt, je suis séduit par ce texte déclamatoire aux riches raccourcis, et  notamment par son parallèle astucieux entre 1789 et le contexte social actuel,qui reproduit  le schéma oppresseurs et opprimés ,(toutes proportions gardées.) je note que le vocabulaire descriptif (gueux ,maitres ,armures) est celui qui s' applique au temps jadis, pour souligner la permanence de la lutte par delà les périodes.

La beauté et l' élégance pleine d' enthousiasme de vos rimes ne doivent pas faire oublier la tragique et glorieuse vérité  exprimée.

A mon sens , votre poème serait une sorte de Marseillaise matinée de  Jean Ferrât 

 

Mais je sais et je sens ->  Magnifique de détermination

Edited by Filae77

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Joailes

Vos vers parlent, @Gilliatt d'une douloureuse actualité et rien qu'en cela, ils ont quelque chose d'admirable. 

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Gilliatt

Bonjour @Filae77, merci pour ce chaleureux et riche commentaire,  j'ai évolué activement dans toutes les classes de la société et j'ai vu disparaître, une à une nos libertés, il n'en reste plus beaucoup.

La question du Bien Commun, aujourd'hui est devenue celle du Bien de l'Economie, ce qui nous conduit inéluctablement à l'esclavage,  à l'échelle mondiale cette fois.

La prochaine étape sera de créer ''La Pathologie de la Protestation'', la chimie et les algorithmes  seront, ( sont déjà ), les entraves discrètes mais implacables de demain, donc de nos descendants...

Comme à bord du Titanic, les plus motivés sont les ''troisième classe'', mais toutes sont concernées.

 

Bonjour @Joailes, merci pour ce commentaire qui visiblement vient du cœur, il me touche vraiment, c'est vrai, l'actualité est brûlante et c'est aujourd'hui la Fête Nationale, je pense fraternellement à ceux et à celles qui ont été estropiés pour avoir osé protester  ❤️

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Eathanor

Au-delà de la forme, soignée comme vous savez le faire, il y a ici le fond. Chacun a une lecture du monde  en fonction de ses origines et de son vécu. La mienne peut retrouver la vôtre sur certains points (le Bien Commun devenu Bien de l'Economie). En revanche, je ne jette pas le bébé avec l'eau du bain en pensant que le Droit dans son ensemble serait aux ordres des riches et des puissants. De même, je ne partage pas la croyance de certains voulant qu'un riche ou qu'un homme politique soit de facto un salaud de par cette condition même. Enfin, j'ose le dire, les prémices dorées qui fleurirent aux  ronds-points peuvent revêtir le meilleur (plus de justice, d'égalité, ...) comme le pire  la dictature par les bas instincts, comme les réseaux sociaux savent nous les montrer dans toute leur crasse.

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Gilliatt

Bonjour  @Eathanor, merci de cette lecture attentive et constructivement critique, le sujet mérite qu'on s'y penche un peu, au moins en cette période de célébration du 14 Juillet.

J'ai écrit çà d'un jet, sans note ni longue réflexions préalables, j'étais juste déçu du silence presque total de nos élites intellectuelles et morales face au lent mais inexorable naufrage de la démocratie, qui n'a jamais été parfaite, je sais.

Alors voilà, quant au Droit, je me bat actuellement contre un fournisseur qui veut m'imposer un produit différent de celui pour lequel j'ai signé un contrat, il a plus d'avocats que moi, c'est mal parti 🙂 

 Faire mention des vertus des remèdes ancestraux et éprouvés est sanctionné par la loi, cette même loi qui reconnaît les brevets sur le vivant, y compris nos légumes traditionnels, la liste est longue..:)

Après mes années maritimes, j'ai créé un chantier naval, puis j'ai continué toute ma vie à créer des entreprises, je vais très bien, mais je me souviens qu'en 1992 le smig que je payais à mes ouvriers était à peu près le même qu'aujourd'hui, d'où le salaire trentenaire, la baguette était 0,90 F elle est à 6.53 F aujourd'hui, personnellement çà ne me gêne pas, mais je pense à ceux que ça gêne.

Je ne suis pas naïf, j'ai des amis médecins, banquiers, chefs d'entreprises, prêtre (1), prof d'université, écrivains, forgerons, ex tolards, gitans, flics, maçons, boxeurs, jeunes, vieux, de gauche et de droite, croyants athées etc...

Ce poème, bâclé, certes, est simplement mon ressenti face aux désastres qui approchent.

Par ailleurs, ceci étant dit, j'ai d'autres horizons que la vie publique et je reste serein, notamment grâce à la poésie et aux échanges extraordinaires que je découvre dans ce forum, merci !

 

 

 

 

  • Aimé 1

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